SC
jbI
uk
DU MEMBRE ABDOMINAL. 625
Entre les deux feuillets du i'ascia superficialis , ou, pour être conséquent, dans son épaisseur, se trouvent des artérioles, des veines, des vaisseaux lymphatiques , des gan glions qui leur correspondent, et enfin des nerfs.
Les artères sont : la sous-cutanée abdominale, qui remonte obliquement vers l’ombilic; les génitales externes, qui se rendent en dedans au mont de Vénus , au scrotum ou aux grandes lèvres , et d’autres petits rameaux sans nom , dont les uns gagnent l’épine iliaque antéro-inférieure, les autres des ganglions lymphatiques. On devrait poser sur elles un fil, si elles étaient coupées pendant l’opération soit delà hernie crurale , soit de la ligature de l’artère fémorale. Les veines, au nombre de deux pour chacune d’elles, les accompagnent et vont se jeter dans la saphène interne. Quant aux vaisseaux lymphatiques, ils viennent de la moitié inférieure de la paroi abdominale, des enveloppes des bourses et du pénis ou de la vulve, des parties superficielles de la région fessière, de l’anus, et du membre inférieur. Us se rendent dans des ganglions dont le nombre varie de quatre à seize, et qui n’occupent que la région crurale de l’aine. Leur volume est en raison inverse de leur nombre ; cependant il est rare qu’à l’état sain il y en ait de plus gros qu’une noisette. Nous en retrouverons quelques-uns dans la partie supérieure de la région crurale. Ceux qui'sont rapprochés du pubis reçoivent plus spécialement les vaisseaux lymphatiques des organes génitaux externes et de l’anus ; ceux qui sont situés à la partie inférieure et externe de la région, les vaisseaux qui proviennent du membre abdominal. Voilà comment, selon le siège d’une adénite, on pourra soupçonner d’emblée où se trouve le point de départ de celle inflammation. Les diverses lésions dont les ganglions lymphatiques de l’aine peuvent être affectés obscurcissent, dans quelques cas , le diagnostic de certaines tumeurs de l’aine.
Les nerfs qui cheminent dans le tissu cellulaire sous-
AO
cutané proviennent du génilô-crural , de l’inguino-culané, de l’ilio— scrolal , branches du plexus lombaire. Ou trouve encore dans la portion abdominale quelques filets des derniers nerfs dorsaux.
C. Les parties profondes de la région de l’aine peuvent être étudiées dans trois groupes : le premier comprend celles qui sont au niveau ou au-dessous du ligament ilio-pubien ; le second celles qui appartiennent à la paroi abdominale; le troisième celles qui font partie du membre inférieur.
1° Ligament ilio-pubien et parties sous-jacentes. Désigné aussi sous le nom de ligament de V ésale , de Fallope ou de Poupart , arcade crurale ou fémorale , bord réfléchi de l’aponévrose du grand oblique , le ligament ilio-pubien est tendu à la manière d’une corde de l’épine antéro-supérieure de l’os des iles à celle du pubis. Il est, pour ainsi dire , le rendez-vous commun de la plupart des aponévroses de l'abdomen et de celles de la cuisse. On le considère habituellement comme une partie épaissie de l’aponévrose du muscle grand oblique; mais c’est une erreur, car il est constitué, indépendamment de quelques faisceaux de celle aponévrose , par des fibres propres qui partent de l’épine antéro-supérieure de l’ilium et se rendent, partie à l’épine pubienne, partie au-dessous de la crête peclinéale, sur l’aponévrose du muscle pectiné. 11 est plus épais au ,
niveau du fascia iliaca que partout ailleurs. Sa direction oblique d’une manière générale en bas et en dedans, l’est plus cependant dans le tiers externe que dans les deux tiers internes, en sorte qu’il a une courbure à concavité supérieure. Cette disposition est due à la tension qu’exerce sur lui l’aponévrose fémorale , tension qui est d’autant plus grande, que la cuisse est portée dans l’extension et la rotation en dehors ; d’où le soin de relâcher cet appareil aponévrotique, en portant le membre dans une légère flexion
DU MEMBRE ABDOMINAL
et la rotation en dedans, lorsqu’on pratique le taxis contre une hernie crurale étranglée.
En arrière du ligament de Fallope, c’est-à-dire en allant de la superficie vers la profondeur de la région, on voit sur le squelette un espace do forme triangulaire, que comblent, à letat frais, diverses parties, parmi lesquelles sont les vaisseaux fémoraux. Eu égard à ce dernier rapport , nous i allons examiner ce ligament, a, en dehors, b, en dedans, c, au niveau des vaisseaux.
a. En dehors des vaisseaux fémoraux, il adhère au fascia I iliaca, en sorte que, à ce niveau, la cavité abdominale se trouve fermée. Donc , les abcès qui sont en avant de l’apoi névrose iliaque ne sauraient fuser au-dessous du ligament dans ce point ; ceux, au contraire, qui sont en arrière peu- . i vent venir former une tumeur dans la partie crurale de l’aine en descendant dans le canal iliaque (on désigne sous ce nom l’espace qui est limité en avant par le liga- : ment de Fallope’, en dehors et en arrière par le bord antéi rieur de l’os iliaque, et en dedans par l’aponévrose iliaque, qui est tendue d’avant en arrière, comme une cloison, entre le ligament et l’éminence osseuse iiio-pectinée). Les viscères ne s’y engagent point pour faire hernie. Il est traversé par le muscle psoas-iliaque et le nerf crural.
h. En dedans des vaisseaux fémoraux, une partie des fibres du ligament de Fallope se contourne en bas et en arrière de manière à donner naissance à une membrane aponévrolique, connue sous le nom de ligament de Gimber- I nut. Elle a la forme d’un triangle dont le plan regarde en bas et en avant, par sa face inférieure, en liant et et: arrière, par sa face supérieure. Le bord antérieur se continue avec le ligament ilio-pubien ; le postérieur s’implante, nùn sur la crête peclinéale , ainsi que le fait remarquer M. C.-P. Robin (1) , mais de trois ou cinq millimètres plus bas, sur l’a-
(1) Thèse inaugurale. Paris , 1846.