‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou, De l'anatomie dans ses rapports avec la pathologie externe et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 29 sur 42 · AO · texte numérisé non relu

AO

ponévrose qui recouvre le muscle pectine ; le sommet correspond à l’épine du pubis, dans l’angle formé par cette portion de l’os et le ligament de Fallope ; la base concave, longtemps considérée, mais à tort, comme étant un bord libre, forme la partie interne du pourtour de l’anneau crural. Ce ligament est devenu célèbre depuis que Gimbernat , anatomiste espagnol , a placé sur sa base le siège de l’étranglement de la hernie crurale, ce que l'on sait aujourd’hui être une erreur. Il offre beaucoup de variétés-, son étendue transversale est d’environ 22 millimètres. M. J. Cloquet l’a vu réduit à une toile celluleuse. Enfin une perforation peut s’y, produire sous l’influence de quelques efforts, et donner passage à des viscères. C’est là une variété de hernie dont M. Laugier a le premier constaté l’existence, en 1823, par l’autopsie. Plus tard , MM. Cruveilhier et Demeaux en ont rencontré, le second un, le premier deux exemples.

c. Au niveau des vaisseaux fémoraux, l’arcade de Fallope est jetée .comme un pont au-devant d’eux, et forme la base d’un triangle isocele dont les bords latéraux sont constitués, l’interne, par le muscle pectiné revêtu de son aponévrose, l’externe, par le muscle psoas-iliaque doublé du fascia iliaca. Des trois angles, l’interne, arrondi , correspond à la base du ligament de Gimbernat ; l’externe, très-aigu, à la réunion du ligament de Fallope avec l’aponévrose iliaque ; le postérieur, obtus, à l’éminence ilio-peclinée. L’aire de ce triangle ou Vanneau crural , est occupée par l’artère et la veine fémorales, un ganglion lymphatique et du tissu cellulaire.

Les vaisseaux sont situés dans l’angle externe, la veine en dedans de l’artère. Comme l’éminence ilio-peclinée leur offre, en arrière, une surface résistante, ils peuvent être facilement comprimés à ce niveau. La surface osseuse étant oblique en bas et en avant , on doit diriger la force en sens contraire, c’est-à-dire, en haut et en arrière.

DU MEMBRE ABDOMINAL

L’artère fémorale louche à l’aponévrose du muscle psoasiliaque en dehors , et est séparée par elle du nerf crural ; la veine, au contraire, est distante du bord concave du ligament de Gimbernat, en sorte qu’il existe toujours entre elle et lui un espace. Un ganglion lymphatique y esi constamment placé. Enflammé, il peut augmenter de volume jusqu’à être étranglé sur les lames aponévroliques qui l’avoisinent. Dans un cas de ce genre dont j’ai entendu Marjolin faire le récit, l’adénite avait donné lieu à une douleur locale vive, à des nausées et à des vomissements, de manière à simuler une hernie étranglée. L’opération de la kélotomie fut pratiquée, et l’erreur ne fut reconnue qu’à la vue du ganglion , qui était d’un rouge brun. Un débridement sur le ligament de Gimbernat lit cesser tous les accidents.

Au-dessus du ganglion lymphatique et au-dessous du péritoine, est une lame de tissu cellulo-libreux, tendue comme un opercule sur la partie supérieure de l’anneau, et qui a été désignée par M. J. Cloquet sous le nom de septum crurale. Ce n-’esl autre chose qu’une partie du tissu cellulaire sous- I péritonéal ou fascia propria, d’A. Cooper , qui présente quelques trous où passent des vaisseaux lymphatiques Les viscères qui font hernie le refoulent ordinairement devant eux.

Enfin le feuillet superficiel de dédoublement du fascia iliaea , qui recouvre, dans la région iliaque , les vaisseaux iliaques externes , se continue sur eux dans l’anneau crural , où il forme une cloison celluleuse placée de champ ; celle cloison, qui avail été vue par les auteurs , n’àvait pas été rapportée par eux à l’aponévrose iliaque. C’est en dedans d’elle que glissent les viscères dans la hernie crurale.

2° Portion abdominale de l’aine. Elle est formée de couches régulièrement superposées , et creusée d’un traiei oblique que parcourt le cordon testiculaire chez l’homme, le ligament rond chez la femme.

a. Aponévrose du muscle grand oblique, et orifice externe du canal inguinal. La première couche qui se présente, après le tissu cellulaire sous-cutané, est l’aponévrose du muscle grand oblique. Elle est formée de faisceaux fibreux resplendissants , juxtaposés parallèlement, obliques en bas et en dedans; quelquefois tassés en bandelettes parfaitement distinctes, ils interceptent alors des espaces au travers desquels on aperçoit les fibres charnues du petit oblique. Vers la partie interne de la région, entre l’angle et l’épine du pubis, celle disposition s’exagère, et donne lieu à l’orifice inguinal externe. L’aponévrose du grand oblique présente encore d’autres fibres qui coupent les précédentes obliquement en haut et en dedans et leur sont superposées; ces dernières partent de l’épine iliaque antérosupérieure et de l’arcade crurale, et ont été considérées par les anatomistes anglais comme formant une membrane particulière qu’ils ont appelée fascia intercolumnaris . 11 résulte de celte constitution que les faisceaux et les fibres circonscrivent des espaces losangiques plus ou moins larges. Leur agrandissement morbide, produit par des distensions de la paroi abdominale , offre une résistance moindre à la pression des viscères, et ouvre ainsi un passage aux hernies.

L’orifice externe du canal inguinal a la forme d’un ovale ou d’un triangle à base inférieure. Son grand diamètre est oblique en bas et en dedans, et a de 25 à 30 millimètres de longueur. Sa partie la plus large a environ 12 à 15 millimètres. Il est limité par deux bandelettes divergentes du muscle grand oblique, connues sous le nom de piliers, et distinguées en interne ou supérieur , externe ou inferieur.

Le pilier externe, étroit, se creuse, en dedans, d’une gouttière, au-dessous du cordon testiculaire. Il ne s’insère pas seulement à l’épine pubienne, mais encore sur la symphyse. Celles de scs fibres qui sont les plus externes se réfléchis-

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