‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou, De l'anatomie dans ses rapports avec la pathologie externe et la médecine opératoireChapitre 21 sur 38 · SECTION VÎ · texte numérisé non relu

SECTION VÎ

Appareil génito-urinaire.

L’appareil de la génération et celui de la sécrétion urinaire se confondent à leur terminaison dans des organes communs, et à peu près destinés à la même fin. Les analogies qui les unissent chez l’homme et chez la femme intéressent le philosophe, mais ne sauraient être d’aucune utilité pour le chirurgien. Aussi, laissant de côté les points de contact entre telle partie de ce double appareil dans un sexe et telle autre partie dans l’autre sexe, exposerons-nous successivement l’étude des divers organes quand les particularités qui s’y rattachent ne seront pas identiquement les mêmes.

L’appareil de la sécrétion urinaire est distinct de celui de la génération dans les deux sexes, jusqu’au commencement de son conduit excréteur qui est l 'urèthre : la glande où l’urine est formée, le conduit qui la mène dans l’organe de dépôt, celte dernière poche enfin, la vessie, ont la même forme, la même texture, les mêmes usages. Les lésions dont ces organes peuvent être le siège ne présentent de difiérence ni dans leur nombre ni dans leur nature. Quant à leurs rapports, s’ils peuvent varier dans quelques points, c’est dans la partie topographique de cet ouvrage qu’il conviendra d’en faire ressortir les conséquences. Nous ferons remarquer encore que ces deux appareils si tranchés dans leurs premières voies au point de vue anatomique, sont également indépendants l’un

de l’autre quant aux maladies dont ils peuvent être affectés. L’organe de sécrétion de l’un est dans un état pathologique, sans que l’organe desécrélion de l’autre en ressente la moindre atteinte. Il en est de môme du conduit vecteur de l’urine, de l’ uretère, à l’égard du conduit vecteur du sperme, c’est-à-dire du canal déférent ; de même encore de l’organe de dépôt de celle-là ou de la vessie, à l’égard de l’organe de dépôt de celui-ci ou de la vésicule séminale. Au contraire, une propagation facile des maladies se fait dans tout l’appareil urinaire, dans tout l’appareil de la génération jusqu’à l’extrémité du conduit excréteur qui leur est commun dans le sexe masculin. La même lésion occupe souvent en effet le testicule, l’épididyme, le canal déférent, les vésicules séminales et la prostate ; des concrétions urinaires occupent à la fois le rein, l’uretère, la vessie et l’urèthre. Nous devons donc étudier les premières voies de ces deux appareils si distinctes sous tant d’égards, d’une manière isolée et successivement.

Le conduit excréteur qui leur est commun et qui est exposé à participer aux lésions des uns et des autres nous donnera l’occasion de compléter ensuite les considérations chirurgicales qui se rattachent à l’étude de ce double appareil. Il nous servira en même temps de lien et d’explication entre les maladies qui peuvent retentir à la fois et sur les voies urinaires et sur les voies génitales.

L’appareil génital de la femme a des caractères spéciaux, qui établissent la différence des sexes et se trouvent nonseulement dans les premières voies, mais encore dans l’organe de dépôt et le conduit excréteur. Il n’y a donc de commun dans le double appareil génito-urinaire que les reins, l’uretère et la vessie.

Nous sommes donc autorisés à diviser ainsi notre sujet : 1° Organes communs; ‘2° organes particuliers aux deux sexes dans l’appareil génito-uritaire.

APPAREIL GÉNITO-URINAIRE

Page 1