SECTION VII
De l’appareil de l'innervation.
L’appareil de l’innervation se compose d’une masse centrale et d’une partie périphérique. La première est le siège des phénomènes intellectuels et des passions affectives-, c’est en elle que retentissent les excitations venues du dehors et d’elle que s’irradient les incitations de la volonté. La seconde est formée par des cordons divergents qui sont les conducteurs intermédiaires des impressions et du principe incilo-moteur. Quoique les organes qui composent cet appareil aient, en apparence , une structure différente , la substance nerveuse qui en est la base est partout la même. Des tubes, des corpuscules nerveux, des vaisseaux et du tissu cellulaire, tels sont les éléments organiques qu’elle renferme.
Les recherches des micrographes modernes ont porté un grand jour sur celte étude. Il est cependant encore des points obscurs qui sont le sujet de dissidences. L’anatomie chirurgicale n’a point d’intérêt à poursuivre toutes les opinions énoncées; c’est pourquoi nous serons aussi sobre que possible, n’ayant d’autre but que de faire un exposé succinct qui puisse donner une idée générale de la structure de la substance nerveuse.
1° Des tubes nerveux. La dernière analyse de celle substance conduit à une fibre, à un tube de sept centièmes environ de millimètres de diamètre , dont les bords sont
iracés à droite et à gauche par deux lignes obscures sur le champ du microscope. Ce tube est uniforme dans toute son étendue et laisse s’échapper, par la surface de sa coupe, une matière comme huileuse qui se prend bientôt en une i masse grenue, en sorte qu’il existe réellement dans les tubes primitifs un contenu et un contenant ; le contenant a des parois transparentes et sans texture appréciable. On n’a point 1 encore trouvé de tubes ayant un commencement ou une fin ;
: ils paraissent donc s’étendre, sans solution de continuité , i dans toute l’étendue que parcourt l’organe nerveux où on l’examine.
Le micrographe ne peut constater celte disposition du ; tube nerveux qu'autant qu’il l’examine peu de temps après la mort. Quelques heures suffisent pour que la dorme des tubes s’altère ; le contenu se fragmente d’espace en espace ; de là une forme en chapelet , ce qui avait fait croire d’abord que les tubes nerveux étaient formés de globules juxtaposés. De plus, la substance intérieure se coagule dans ses couches corticales, en sorte que le centre reste transparent i au milieu de la partie coagulée qui est opaque. C'est celte partie transparente que Purkinje a considérée comme un filament et qu’il a appelée ctjlinder axis. Mais n’allons pas plus avant : les auteurs ne paraissent pas être d’accord sur l’interprétation de ce fait. Constatons seulement l’existence du tube nerveux isolé, homogène et continu à lui-même dans toute l’étendue de l’appareil.
2° Des corpuscules nerveux. Nous verrons qu’ils sont moins répandus que les tubes. D’abord considérés comme des cellules renfermant un liquide au milieu duquel était un noyau muni d’un nucléole et hérissées de pointes à leur périphérie , plus tard comme le point de départ de tubes venant se continuer avec ces prolongements, les corpuscules nerveux sont aujourd’hui des dilatations des tubes. Ceux-c sont, les uns larges , selon l’expression de M. Robin , les
autres minces ; mais ils ont les uns comme les autres des corpuscules en rapport avec eux. Les premiers appartiennent au système que Bichal appelait de la vie de relation, les autres à celui de la vie végétative. Quoi qu’il en soit de cette question , qui relève entièrement des recherches microscopiques, toujours est-il que certaines parties de l’appareil de l’innervation renferment des corpuscules nerveux dont l’ensemble forme un substratum finement granulé.
3° Les vaisseaux qui entrent dans la texture des divers organes de l’appareil de l’innervation se distribuent dans leur intérieur d’une manière particulière, qui sera exposée plus à propos à l’occasion des centres et des cordons nerveux. Quant au tissu cellulaire, il y présente deux formes : la celluleuse proprement dite et la fibreuse.