‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 104 sur 128 · DE L AXE CENTRAL DU SYSTEME NERVEUX · texte numérisé non relu

DE L AXE CENTRAL DU SYSTEME NERVEUX

A l'iiUériciir de ces noyaux, et un peu en avant, existe parfois une petite tache légèreniont grisâtre : c'est la trace du oorps rhomhoïdal (de l'Iioninie).

Art. 1Y. — Du cerveau.

Le cerveau, partie principale de l'encéphale, comprend les deux lobes antérieurs de cet appareil, c'est-à-dire les hémisphères cérébraux, renflements allongés dans le sens du grand diamètre de la tète et de la cavité crânienne, accolés sur la ligne médiane, réunis l'un à l'autre, dans leur partie centrale, par une commissure transversale et par l'isthme encéphalique, dont l'extrémité antérieure pénètre par en bas dans la profondeur de leur substance. ( Voir surtout la figure 1 78, pour prendre une bonne idée de cette pénétration. )

FiG. '178(*).

L'ensemble de ces deux lobes représente une masse ovoïde, ayant sa grosse extrémité adjacente au cervelet, masse déprimée de dessus en dessous, profondément divisée en haut, en avant, en arrière par une scissure médiane antéro-poslérieure, recevant, dans le milieu de sa face inférieure, l'insertion des pédoncules cérébraux.

Cette masse, sept à neuf fois plus volumineuse que le cervelet, remplit le compartiment antérieur de la cavité crânienne; elle occupe ainsi la plus grande partie de cette cavité.

Elle offre à étudier sa conformation extérieure, sa conformation intérieure, et sa structure.

(*) Fig. 17^. — Coupe antèropostèrieiira d verticnle de l'enccplmle, pratiquée sur le côte de lu ligne médiane. — \,\. Isthme ()e l'encéphîMe. 2. Bulbe rachiilien. 5. Pititul)éi:ince auniiUiire. 4. Pédoncule cérébral. 5,6. Tiiheiciiles liigéiiiiués. 7. Couche optique. 8. Glande pituitaire. 9. Tige piluituiie. 10. N«rf optique. 11. Ceivelei. 1-2, 12. Hémisphère cérébral. 13. Ventricule de l'hémisphère. 14. Corps strié. 15. Corue d'Ammon. 16. Lobe olfactif. 17. Ventricule du lobe olfactif.

DU CERVEAL'. 653

^ I. — Conformation extérieure du cerveau.

Au lieu d'examiner l'organe en masse sous le rapport de sa confornialion extérieure, nous considérerons d'abord la grande scissiu'e interlobaire qui le divise dans sa longueur, et nous étudierons ensuite ses deux moitiés latérales ou les héinisp/tères cérébraux, ces deux moitiés constituant réellement deux organes symétriques.

1" De la scissure interlobaire (fig. 172, b).

Cette scissure règne sur toute la circonférence verticale et antéro-posléricure du cerveau, mais elle n'offre pas partout la même disposition.

Du côté de la face supérieure de l'organe elle est très profonde, et quand on écarte les deux hémisphères pour en découvrir loiite l'étendue, ou voit qu'elle arrive sur la face supérieure de la grande commissure dont il a déjà été parlé, c'està-dire le corps calleux. En arrière, elle se contourne entre les lobes postérieurs des hémisphères, mais sans répondre directement, par son fond, au bourrelet postérieur du corps calleux, au-dessus duquel une adhérence établie entre les deux moitiés du cerveau forme une espèce de pont. Mais elle s'enfonce en avant jusqu'au bourrelet antérieur de cotte commissure, en se prolongeant dans l'intervalle des lobes antérieurs des hémisphères pour gagner la face inférieure du cerveau. Examinée du côté de celte face inférieure, la scissure interlobaire se distingue très nettement en avant, où on la voit atteindre, venons-nous de dire, le bord antérieur du corps calleux ; mais en arrière, à partir du chiasma des nerfs optiques, qui marque la Hmile antérieure de l'isthme, celle scissure semble s'arrêter brusquement. C'est qu'elle s'élargit considérablement et se change en une vasle échancrure qui admet l'extrémité antérieure de l'islhme, ou plutôt elle se bifurque pour courir de chaque côté entre l'hémisphère et l'extrémité antérieure du prolongement médullaire, en croisant d'abord le nerf optique, puis en contournant les pédoncules cérébraux et les tubercules bigéminés, an-dessus desquels ses branches se réunissent cl se confondent avec la partie indivise de la scissure qui sépare les lobes postérieurs des hémisphères.

Il existe donc tout autour du point d'immergence de l'islhme dans le cerveau une ligne de démarcation bien tranchée: celte ligne de démarcation constitue, sur les côtés et on haut, une fente très profonde dans laquelle s'enfonce l'expaiision vasculaire connue sous le nom de toile choroïdienne ; on l'appelle fente de Bichat, ou gronde fente cérébrale.

La scissure interlobaire reçoit la cloison longiludijiale de la dure-mère ou la faulx du cerveau. Elle loge encore des vaisseaux artériels et veineux, parmi lesquels il faut distinguer la grande veine de Galien, qui s'élève du fond même de la scissure, après avoir conlourné le bord postérieur du corps calleux,

2° Des hémispuèkes cérébr.\ux.

chaque hémisphère ou chaque moitié latérale du cerveau représente un segment d'ovoïde, dans lequel on peut considérer quatre faces et deux extrémités.

65^ DE l'axe central du système nerveux.

La face supériewre, convexe, est couverte par la voîile du crâne, que fornien le frontal elle pariétal. — Vexterne, également convexe, insensiblement confondue avec les faces adjacentes, répond aux parois latérales de celte même cavité, c'est-à-dire à la portion écailleuse du temporal, au pariétal, au frontal et à l'aile du sphénoïde, — V inférieure, irrégulièrement mamelonnée, repose sur le sphénoïde. — V interne, plane, se met en rapport, dans la plus grande partie de son étendue, avec l'autre hémisphère, par l'intermédiaire de la faulx du cerveau ; c'est dans sa portion centrale et inférieure que s'opère la réunion des deux moitiés du cerveau, au moyen de la grande commissure cérébrale et de l'extrémité antérieure de l'isthme.

L'extrémité postérieure de l'hémisphère répond au cervelet, qui la déprime légèrement et dont elle est séparée par la cloison transverse de la dure-mère. — Ij extrémité ou le lobe antérieur se loge dans la fosse formée de chaque côté de l'apophyse crista-galli par le frontal et le sphénoïde.

En recherchant les particularités anatomiquesqui se dessinent sur ces différentes régions de la surface extérieure de l'hémisphère, on reconnaît : 1" sur la face inférieure, et d'avant en arrière, un appendice détaché constituant le lobule olfactif ou ethmoïdo.l, un sillon transverse nommé scissure de Sylvius, une éminence allongée appelée lobule mastoïde ; 2° sur tous les autres points, les circonvolutions cérébrales, saillies déprimées, contournées de mille manières, et séparées par des interstices plus ou moins profonds.

Nous allons procéder à l'étude de ces particularités dans un ordre inverse à celui de leur énumération.

1° Circonvolutions cérébrales (fig. 172. 173. 177). — Les circonvolutions cérébrales sont constituées par des plis de la surface extérieure du cerveau, ayant pour destination apparente d'augmenter considérablement l'étendue de cette surface. Ces plis, qui sont très profonds, présentent une extrême irrégularité ; leur ensemble figure à la surface des hémisphères un dessin qui rappelle la disposition des circonvolutions de la masse intestinale, d'où le nom sous lequel on les désigne. Leur nombre est considérable chez les Solipèdes, qui ne le cèdent en rien, sous ce rapport, à l'espèce humaine ; on en trouve un peu moins dans les Ruminants, moins encore chez les Pachydermes, les Carnassiers et les Rongeurs; ils disparaissent tout à fait dans les Oiseaux.

Les circonvolutions cérébrales, malgré leur grande irrégularité, offrent une disposition assez constante, aussi est- il possible de les décrire une à une pour ainsi dire. C'est un travail qui a été fait en anatomie humaine; mais nous ne le répéterons pas pour nos animaux domestiques, à cause du peu d'utilité d'une pareille description.

2° Lobule mastoïde (fig. 173,10). — C'est uuc forte éminence piriforme(l) occupant la partie postérieure de la face inférieure de l'hémisphère. Celle éminence, incurvée sur elle-même, présente .sa convexité en dehors. Son bord iiiicrne, qui répond au pédoncule cérébral, concourt à la formation de la graiicie feule cérébrale. Sa grosse extrémité est tournée en avant et bordée par la scissure de Syl-

{\) Elle répond à ce qu'on a voulu décrire chez rhonime sous le nom de lohc iiifcriertr de l'hémisphère.

vins. L'extrémité postérieure se perd insensiblement sur le côté interne du lobe postérieur de l'hémisphère.

Cette éminence doit être considérée comme une forte circonvolution en saillie. Elle est creusée intérieurement d'une cavité en cul-de-sac, qui constitue le tond de la partie postérieure ou réfléchie des ventricules latéraux.

3° Scissure de Syivius (fig. 173, 12). — On appelle ainsi une dépression transversale située en avant du nerf optique et du lobule mastoïde, dépression dans laquelle se trouve logée l'artère cérébrale moyenne.

U" Lobule olfactif ou ethmoïdal (flg. 172, 0. — 173, 13. — 177, 26. — 178, 16). — L'appendice désigné sous ce nom se détache de la face inférieure de l'hémisphère où il prend naissance par deux racines de couleur blanche, l'une externe, continue avec une longue circonvolution qui borde le lobule mastoïde en dehors; l'autre interne, plus courte, prenant naissance sur la face interne de l'hémisphère, en avant du chiasma des nerfs optiques: racines entre lesquelles apparaît une surface en saillie, de forme triangulaire, constituant le noyau extraventriculaire du corps strié (fig. 173, 11). Cet appendice, ainsi formé, se dirige en avant, et se termine par un renflement ovalaire, qui dépasse de beaucoup l'extrémité antérieure du cerveau pour se loger dans la fosse ethmoïdale.

Le lobe olfactif est creusé à l'intérieur d'une cavité, diverticulum du ventricule latéral.

On le regarde comme la première paire nerveuse crânienne; aussi devons-nous revenir sur sa description quand nous nous occuperons des nerfs encéphaliques.

§ II. — Conformation intérieure du cerveau.

En écartant l'un de l'autre les hémisphères cérébraux par leur face supérieure, on découvre, comme on sait, la grande commissure désignée sous le nom de corjjs calleux. Cette commissure s'offre donc la première à l'étude parmi les particularités de la conformation intérieure du cerveau.

Si l'on enlève ensuite, avec l'instrument tranchant, et au moyen d'une coupe horizontale, toute la portion des hémisphères qui recouvre cette commissure; si de plus on excise celle-ci dans une certaine étendue à droite et à gauche de la ligne médiane, on pénètre dans deux cavités symétriquement disposées au centre de chaque hémisphère. Ces cavités portent le nom de ventricules latéraux ou céi'éb7xiux.

Elles sont séparées, dans le plan médian, par une mince cloison, le septum lucidum, attachée au corps calleux par son bord supérieur, implantée par son bord inférieur sur \etrigone cérébral, sorte d'arcade impaire et médiane, sous laquelle existe le trou de Monro, c'est-à-dire l'orifice qu'on sait déjà être chargé d'établir une communication entre les deux ventricules.

Sur le plancher de ces cavités s'observent deux grosses éminences, le corps strié ctVhippocainpe, avec un cordon vasculaire, d'apparence grenue, formant le plexus choroïde cérébral, dépendance de la toile choroïdienne.

Il nous reste à signaler avec quelques détails les caractères anatomiques de louies ces parties.

656 m l'axk central du système nekveux.

r Du CORFS CALLEUX (fig. 179 et 177).

Le corj)s calleux leprcsenle une espèce de voiite jetée au-dessus des deux ventricules latéraux, en uiônie temps qu'une commissuie chargée d'unir les deux hémisphères. C'est un organe exclusivement propre aux inamniifères.

Celte voùle, entièrement constituée par de la substance blanche, allecle la forme d'un quadrilatère allongé dans le sens antéro-posiérieiu-, et présente ainsi à étudier deux faces, deux bo7'ds et deux extrémités.

La face supérieure, libre dans son milieu, qui répond au fond de la scissure

interlobaire , se trouve couverte à P'*^- *"9- droite et à gauche par la substance

des hémisphères. Elle est parcourue d'avant en arrière par deux cordons blancs, généralement fort délicats, désignés sous le nom de tractus longitudinaux du coips calleux, cordons accolés l'un à l'autre sur la ligne médiane. — La face inférieure est divisée par l'insertion du septum liicidum ou deux moitiés latérales qui forment chacune le plafond d'un des ventricules cérébraux.

Les deux bords latéraux au corps calleux sont comme perdus dans la substance centrale des hémisphères, où il est à peu près impossible de distinguer leurs limites.

lù'xtréndté postérieure apparaît dans le fond de la scissure interlobaire, après la destruction de l'adhérence généralement établie au-dessus d'elle entre les deux hémisphères, sous forme d'un bourrelet arrondi, se repliant en ;jcnou, par en bas, pour se confondre avec la partie médiane du trigone. Elle se prolouge hiiéralement au-dessus des cavités venlriculaires, en formant dcu.x angles

qui se perdent bientôt dans la substance blanche centrale du cerveau. Vex-

trémité antérieure se comporte d'une manière analogue entre les lobes antérieurs des hémisphères.

'2° Des ventricules latéraux ou cérébraux (Og. 176 et 180).

Les ventricules latéraux sont deux grandes cavités allongées, creusées dans les hémisphères, adossées l'une contre l'autre dans leur moitié antérieure

(•) Fig. 17S). —Le corps caUttix {on a enlei'c la parlie supérieure des liemisplières ccrébratix) — I. Centre ovale de Vimisseiis. -2, 2. Fibres tronsverses du corps CiiUeui. 3, 3 Traclus longitudinaux 4, 4. Cornes ou angk-s de l'exlicuiilé postérieure. 5, S, Celles de reilrtmilè auléijeure. °

(livcrgciiles dans leur partie poslérieure, qui se recourbe forlenicnt en arrière, en dehors et en bas, |)Our venir aboutir dans l'épaisseur du lobule niastoïdc.

Cette disposition permet de diviser les ventricules cérébraux en deux régions : l'une antérieure, l'autre postérieure ou réfléchie.

La région antérieure est sépaiée, dans le plan médian, du ventricule opposé par le septuni luciduni et le sommet du trigone,sous lequel existe le trou de Monro, c'est-à-dire l'orifice de communication du ventricule moyen avec les deux ventricules latéraux et de ces deux dernières cavités entre elles. — En haut, elle offre une paroi lisse constituée parle corps calleux. — En bas ou sur son plancher, on remarque, en avant, le corps strié, en arrière, la partie interne de l'hippocampe, dans le milieu, un sillon oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans au fond duquel flotte le plexus choroïde. — L'extrémité antérieure de cette région, occupée par la base du corps strié, se continue par une étroite ouverture dans l'intélieur du lobule olfactif. — La poslérieure est prolongée, sans ligne de démarcation, par h portion réfléchie iX^t la cavité venlriculaire.

Quant à cette dernièi e région, elle occupe la partie la plus déclive du lobe postérieur de l'hémisphère et représente un canal fortement recourbé, dont la concavité regarde en avant ; canal terminé en cul-de-sac dans l'épaisseur du lobule mastoïde. Sur le plancher de ce canal se dessine la partie postérieure de l'hippocampe et du plexus choroïde (1).

Une très fuie membrane, Varochnoïde ventriculaire, remplissant le rôle d'une séreuse, tapisse les parois de ces cavités ; membran(! étendue partout sur une couche de substance blanche, prolongée dans le diverticulum ethmoïdal, et continue, par le trou de .\Ionro, avec celle du ventricule moyen. Cette membrane sécrète une humeur limpide et transparente analogue au fluide céphalo-rachidien; mais cette humeur, dans l'état normal, est toujours fort peu abondante.

3° Dr SEPTUM LUCIDUM, OU CLOISON TRANSPARENTE (fig. 177, 24).

On désigne ainsi une mince lamelle médiane, dressée verticalement entre les deux ventricules cérébraux, allongée d'avant en arrière, élargie en spatule à son extrémité antérieure, terminée eu pointe à son extrémité poslérieure, insérée en haut sur le corps calleux, en bas sur le dos du trigone.

Sur les faces de cette lamelle, qui est formée de substance blanche, s'étend la membrane propre des ventricules latéraux.

On a décrit dans son épaisseur, chez l'espèce iiumaine, une étroite cavité venlriculaire; mais celte cavité ne paraît pas exister dans nos animaux domestiques.

4" Du TRIGONE CÉRÉBRAL (flg. 180, 3).

Encore appelé coûte à. trois ou à quatre piliers, le trigone cérébral rejjrésentc une pièce impaire et médiane de la charpente inlérieure du cerveau, concourant à séparer les deux ventricules ei servant de supporta la cloison transparente.

(1) Chez i'iiommc , les ventricules préseuleut une troisièrnc région, la cavilc digitale oc-

658 DE l'axe central du système nerveux.

Celle pièce, déprimée de dessous en dessus, alîecle la forme d'un Iriangle isocèle regardant en avant et en bas par son sommet; pièce jetée, dans le plan médian, au-dessus du trou de Monro et des couches optiques, séparée de ces dernières par la toile choroïdienne et les hippocampes, recevant sur sa face supérieure l'insertion du septum lucidum.

En arrière, c'est-à-dire du côté de sa base, le trigone se confond dans le plan médian avec le corps calleux, qu'il supporte; et il se prolonge de chaque côté par une lame répandue à la surface de l'hippocampe, formant ainsi la couche corticale de cette circonvolution profonde du cerveau, lame constituant, avec sa congénère, les piliers postérieurs du trigone.

En avant, c'est-à-dire à son sommet, le trigone se soude également avec le corps calleux, puis se divise en deux cordons ou piliers antérieurs (fig. il h, 17) qui passent en avant de la commissure cérébrale antérieure, et s'innéchissent on bas et en arrière en traversant l'épaisseur de la couche optique, sur les côtés du ventricule moyen, pour aller se confondre, par leur extrémité, avec le tubercule mamillaire. Ces deux piliers bornent en avant Vouverturc commune antérieure ou trou de Monro, au-dessus duquel le sommet lui-même du trigone se trouve jeté à la manière d'une arcade.

Le trigone offre la couleur blanche dans toute son étendue, couleur qui reflète une teinte grisâtre vers le sommet de l'organe.

5° Des hippocampes (tîg. ISO, 4).

Vhippoccunpe ou la corne cVAmmon (1) est une saillie aiioiigée, véritable circonvolution intérieure du cerveau, laquelle occupe en arrière le plancher de la région antérieure du ventricule latéral, et se prolonge dans toute l'étendue de sa portion réfléchie, dont elle suit exactement la courbure.

Considérés dans leur ensemble, les deux hippocampes rappellent assez bien la disposition des cornes utérines de la vache.

Par leur extrémité interne, ils se mettent en contacl l'un avec l'autre en dessous de la partie moyenne du trigone, au-dessus de la couche optique, qui s'en trouve séparée par la loilc choroïdienne (fig. 177, 9).

Leur extrémité externe occupe, dans le lobule mastoïde, le cul-de-sac de la portion réfléchie du ventricule cérébral.

C'est un noyau de substance grise qui forme la masse centrale de cette saillie ; mais elle est recouverte à sa superficie d'une couche corticale de substance blanche, prolongement des piliers postérieurs du trigone. Vêts le bord concave de l'hippocampe, cette lame blanche présente une espèce de lar^^e ourlet, de dessous lequel s'échappe le plexus choroïde; ourlet constituant une pt lite bandelette courbe

ancyrdide, niais elle n'existe pas même à l'état de veslige chez le cheval. Le chien et quelques aiUres animaux en offrent parfois un ludimcnt. Il paraît, du reste, que ce divorticnlc n'est pas inètnc constant dans l'espèce humaine.

(l) On l'a encore appelé grand hippocampe, en anatomic humaine, pour le distinguer du peiU Idppocampe ou crgut de Morand, loge dans la cavité ancyroïde ; mais cette dernière saillie n'existe pas chez nos animaux.

comme In corne d'Ammoii, plus large dans sa partie moyenne qu'à ses exlrémilés, et nommée la handeictte ou le tœniade riiippocumpe (1).

6" Des coups striés (lig. 180, 7).

Le corps strié ç%i une antre saillie du plancher du ventricule cérébral, occupant la région antérieure de cette cavité.

Cette saillie est piriforme, allongée obliquement d'arrière en avantet de dehors en dedans. Sa surface est lisse et régulièrement convexe. Sa base ou son extrémité antérieure répond au cul-desac antérieur du ventricule. Le Fig. 180(*). sommet ou l'extrémité postérieure disparaît à l'entrée de la portion réfléchie de la cavité ventriculairc. En dehors , le corps strié est limité par un sillon formant l'angle de réunion du plancher et du plafond du ventricule. En dedans, il est séparé de la couche optique et de la corne d'xVramon par un autre sillon dans lequel flotte le plexus choroïde, sillon oblique en dedans et en avant, au fond duquel on découvre la handelelte demi-circidaire (fig. 17^, 13) ; celle-ci est un cordon blanc aplati, qui se perd en dedans vers

le trou de Monro, et qui se contourne en dehors le long du nerf optique jusqu'à 1 centimètre environ du chiasma, en formant ainsi une espèce de lien circulaire autour de l'extrémité antérieure de l'isthme, lien sous lequel passent toutes les fibres de celui-ci pour gagner les hémisphères cérébraux.

Le corps strié doit son nom h sa structure. Il est constitué, en effet, par un épais noyau de substance grise que traversent les fibres longitudinales de l'isthme encéphalique, en allant s'épanouir dans les hémisphères, fibres qui apparaissent, dans plusieurs points de l'épaisseur de ce noyau, sous forme de stries blanches très nettement accusées.

Ce noyau profond, intermédiaire à l'extrémité supérieure de l'isthme et à la niasse principale de l'hémisphère, comprend toute l'épaisseur du plancher du ventricule latéral, et il vient faire saillie au dehors, sous la face inférieure de l'hémi-

(*) Fig. 180. — Partie antérieure des ventricules latéraux, ouverte par l'ablation du plafond {chez le chien). — 1. Corps caUeux. 2. Partie antérieure de ce corps calleux renversée en avant après la destruction du septum lucidum pour découvrir le trigonc (5,5). 4. Hippocampe, 5. Bandelette de l'hippocampe. 6. Plexus choroïde. 7. Corps sliié.

(1) Chez l'homme, la b.iridelelle de l'hippocampe est coDlinue clle-mOme avec une lame grise et festonnc-e, désignée sous le nom de <:orp? godronnc : celte lame ne se retrouve point dans les animaux domestiques.

660 DE l'axe central du système nerveux.

sphère, ciiU'c les dcuv racines du lobe olfactif, où il constitue ]enui/au cxlru-ventricidairc du corps strié, ainsi appelé par opposilioi! à l'éuiincnce ohlongue de l'intérieur du ventricule, que l'on désigne le plus souvent sous le nom de noyim intra-ventricnlaire du corps strié.

7" Des plexus choroïdes cérébraux et de la toile chouoïdienne (flg. 180, 6).

La toile choroïdienne est une expansion vasculaire dépendante de la pie-mère; expansion qui pénètre dans le cerveau par la grande fente cérébrale, en s'insinuant entre la couche optique et la circonvolution de la corne d'Ammon.

Cette toile, arrivée sous la bandelette de l'hippocampe, se termine par \q plexus choroïde., cordon grenu, rouge, qui est suspendu à son bord antéro-externe et fait saillie à l'intérieur du ventricule latéral.

Les plexus choroïdes du cerveau s'étendent depuis l'extrémité antérieure du corps strié jusqu'au fond du cul-de-sac do l'émineiice mastoïde. Dans la région antérieure du ventricule, ils occupent la scissure oblique que traverse cette région en dedans du corps strié. Dans la région postérieure, ils flottent en avant de la corne d'Ammon.

Leur extrémité antérieure ou interne, plus volumineuse que l'externe, forme toujours un petit appendice tout à fait libre. Ils s'unissent l'un à l'autre, près de cette extrémité, par un cordon intermédiaire qui traverse le trou de Monro, en passant sous le trigone cérébral.

Les plexus choroïdes sont formés, comme la toile choroïdienne, par un réseau de vaisseaux artériels et veineux. Ils sont souvent incrustés de substance calcaire et peuvent être le siège de kystes plus ou moins volumineux.

Les veines qui s'échappent de cet appareil vasculaire sont très volumineuses. En se réunissant, elles constituent la grande vei7îe de Gcdien, qui contourne le bourrelet postérieur du corps calleux, pour gagner la scissure interlobaire et s'élever vers le sinus de la faulx du cerveau.

§ III. — Structure du cerveau.

La structure du cerveau est certainement l'un des points les plus intéressants de l'étude des centres nerveux, car de sa connaissance approfondie dépend la solution des problèmes les plus difficiles de la pliysiologie du système nerveux. Aussi a-t-on cherché par de nombreux travaux à élucider cette organisation intime. Mais nous négligerons ici la multitude des détails secondaires révélés par ces recherches, pour nous borner à exposer les faits essentiels et fondamentaux.

Les deux substances entrent dans la texture des iiémisphères cérébraux, et toutes les deux sont exactement disposées comme dans le cervelet.

La substance grise s'étend donc sur toute la surface extérieure du cerveau, en se prolongeant dans les plis qui augmentent l'étendue de celle surface, et elle forme ainsi la couche corticale des circonvolutions cérébrales. Cette couche, il faut le remarcjucr, parfaitement analogue à celle des lobules cérébelleux, n'est pas homogène dans toute son épaisseur. On démontre qu'elle se décompose en plusieurs

couches secondaires, siratifiées, entre lesquelles existent des lamelles exlrèmement minces de substance blanche; c'est même une de ces lamelles qui forme presque parioiil la pellicule la plus superficielle des circonvolutions.

La substance blanc/ie constitue, dans la profondeur de chaque hémisphère, un noyau considérable, qui doit à sa forme le nom de centime ovale de Vieussens (fig. 176 et 177,1), noyau réuni à celui du côté opposé par la grande commissure cérébrale ou le corps calleux, envoyant un prolongement dans cha(iue circonvolution, présentant ainsi l'exacte disposition des masses blanches latérales du cervelet, avec lesquelles les noyaux des hémisphères ont encore cet autre point de ressemblance, qu'ils se rattachent aux pédoncules cérébraux comme les premières aux pédoncules cérébelleux. Mais cette dernière particularité, moins évidente que les autres, qui se saisissent au premier coup d'oeil sur les coupes horizontales et transversales du cerveau, ne peut être bien clairement démontrée que par les manipulations nécessaires pour démêler la texture intime de la substance blanche.

En étudiant cette texture sur des cerveaux durcis, par l'action de l'acide azotique surtout, puis lavés à l'eau pure et exposés à l'air sec pendant un jour ou deux, on reconnaît que la substance blanche cérébrale est entièrement formée de fines lamelles fibreuses, divergentes dans tous les sens, répondant par leur extrémité concentrique au centre de l'hémisphère, et aboutissant par leur extrémité périphérique à la face interne de l'écorce grise des circonvolutions.

Si l'on cherche comment ces fibres de la substance blanche des hémisphères se rattachent à celles de l'isthme encéphalique, on voit celles-ci se prolonger dans l'épaisseur du corps strié, où elles apparaissent soit sous forme de stries, soit sous forme d'un noyau allongé, connu sous le nom de double centre demi-circulaire de Vieussens, puis passer en dehors de la cavité ventriculaire et se plonger dans le centre ovale de l'hémisphère, où elles se continuent manifestement avec une partie des fibres qui le constituent. On a dit que ces fibres, au lieu de se perdre ainsi dans l'hémisphère, remontent d'abord sur le côté externe du ventricule latéral, à droite et à gauche, et s'inlléchissent ensuite en dedans, au-dessus de cette cavité, pour se réunir sur la ligne médiane, en formant ainsi le corps calleux. J'ai cherché cette disposition dans nos animaux domestiques, et en particulier chez le chien, dont le cerveau se prête fort bien à l'étude du corps calleux, mais sans avoir pu la rencontrer. Il m'a toujours semblé que les fibres transversales dont est formée cettegrande commissure se perdent, par leurs extrémités, dans la substance blanche des hémisphères, en se portant les unes en haut, les autres en bas; et j'ai cru voir aussi quelques-unes des fibres pédonculaires irradiées dans le centre ovale s'insinuer entre les extrémités des faisceaux du corps calleux, pour gagner la partie supérieure de l'hémisphère, sans se continuer en aucune façon avec ces faisceaux.

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