SECTION TROISIÈME
Les Ji^r/k représentent la partie périphérique de l'appareil de l'innervation. Ce sont des cordons ramifiés dans toutes les pailies du corps, ayant leur origine sur l'axe médullaire ou son prolongement encéphalique. Avant d'aborder leur élude spéciale, il faut prendre une idée sommaire des principales distinctions dont ils sont susceptibles, de leur naissance, de leur distribution, de leur terminaison.
Ces nerfs se divisent, eu égard à leur destination, en deux groupes principaux : i° les nerfs cérébro-spinaux on de la vie animale; 2" \es nerfs ganglionnaires ou de la vie organique.
%erts céréhro-spinau:^, ou de la vie animale. — Ils émanent directement de l'axe encéphalo-rachidien, et se partagent en deux groupes secondaires : 1° les nerfs erôniens ou e/îCf/j/ia/Z^wes, qui naissent de l'encéphale, et s'éciiappent par les trous de la base du crâne pour se distribuer presque exclusivement dans la tête; 2° \es nerfs spinaux ou racJiidiens, prenant leur origine sur la moelle épinière, et se rendant aux parties musculeuses ou légumeniaires du tronc et des membres, à travers les trous de conjugaison.
On sait, d'après ce quia été dit dans les généralilés sur l'appareil de l'innervation, que les fibres qui constituent ces cordons se distinguent, par leur point d'origine et leurs propriétés, en fibres éi origine supérieure ou à conductibilité centripète^ et en fibres à origine inférieure ou à conductibilité centrifuge.
Les nerfs cérébro-spinaux exclusivement formés de la première espèce de fibres prennent le nom de nerfs sensitifs, parce qu'ils conduisent les excilalions qui mettent en jeu la sensibilité du cerveau. On les distingue en nerfs de sensibilité générale et en nerfs des sensations spéciales; les premiers, préposés à la conduction de toutes les excitations autres que celles qui sont déterminées par la lumière, les ondes sonores, les particules odorantes; les seconds, ayant pour fonction de conduire exclusivement ces dernières.
Les nerfs qui ne coraiirennent que des fibres de la deuxième sorte s'appellent nerfs moteurs, parce que ce sont eux qui transportent dans les muscles l'excitation motrice spontanée née de la volonté.
Ceux qui se composent à la fois de fibres motrices et de fibres de sensibilité générale constituent les nerfs mixtes: c'est la catégorie la plus nombreuse.
Xerfs ganglionnah-es, oii de la vie organique. — Ces ueifs, qui représentent par leur ensemble le système du grand sympathique, forment, sur les côtés et en dessous du rachis, deux longs cordons rendus moniliformcs par la présence de renflemenis ganglionnaires, cordons à la constitution desquels concourent presque tous les nerfs cérébro-spinaux, et dont les ramifications, très souvent gan-
glionnaires elles-mêmes, sont destinées aux viscères du cou, de la poitrine et de l'abdomen.
Dans ces nerfs de la vie organique, se trouvent les deux espèces de tubes nerveux, c'est-à-dire les fibres à conductibilité ceniripèle, et les fibres à conductibilité centrifuge. Mais ces lubes ne paraissent avoir que des rapports fort indirects avec le cerveau, car la volonté n'a point d'influence sur les organes qui reçoivent du grand sympathique leurs fibres nerveuses ; de plus, dans l'état de santé, les excitations développées au sein de ces organes sont toutes réfléchies parla moelle, et ne provoquent en aucune façon l'activité spéciale de l'encéphale, c'est-à-dire qu'elles ne sont point senties.
Comme les nerfs du grand sympathique sont principalement formés de tubes minces, on doit peut-être chercher dans cette condition anatomique la cause des propriétés spéciales de ces nerfs ; ce qui tendrait encore à le faire croire, c'est que les nerfs cérébro-spinaux contiennent quelques-uns de ces tubes au nombre de leurs éléments, et qu'ils partagent avec les rameaux ganglionnaires la faculté de mettre en jeu le pouvoir réflexe de la moelle. Mais ce n'est là qu'une probabilité qui n'est appuyée par aucune preuve directe.
Quoi qu'il en soit, il est à remarquer que les caractères anatomiques et physiologiques spéciaux des nerfs sympathiques ne doivent pas les faire considérer comme un système indépendant du premier, c'est-à-dire des nerfs cérébro-spinaux. Les fibres constituantes des uns et des autres ont, en effet, une origine commune sur l'axe médullaire, ou plutôt celles des nerfs ganglionnaires émanent des cordons de la vie animale. Aussi, dans les considérations qui vont suivre, négligerons-nous cette distinction des nerfs en deux groupes.
Origine dcfs nei-fs. — On doit distinguer dans ces cordons leur origine réelle ou profonde, et leur origine superficielle ou apparente.
Celle-ci est représentée par le point d'émergence des racines des nerfs, racines ordinairement étalées en éventail, puis réunies, après un trajet généralement assez court, en un tronc unique, qui présente à sa naissance un renflement ganglionnaire si des fibres de sensibilité générale entrent dans sa constitution.
Quant à Vorigine réelle, c'est le point de départ de ces racines dans la profondeur même de l'axe cérébro-spinal. Elle n'est peut-être bien connue pour aucun nerf, même pour ceux dont les radicules se suivent assez facilement dans l'épaiS' seur des centres nerveux.
Distriiiiition des nerfs. — Les tfoiics nerveux, formés par les radicules dont nous venons de parler, sortent par paires des trous percés à la base du crâne ou sur les parois du rachis, pour se distribuer dans toutes les parties du corps, en se divisant en branches successivement décroissantes.
Celles qui, parmi ces branches, se ramifient dans les organes de la vie animale, suivent, en général, le trajet des vaisseaux profonds ou des veines sous-cutanées, etse trouvent toujours plus superficielles. Leur ramescence s'effectue d'une manière très simple, par émission successive des fascicules qui composent les troncs principaux jusqu'à épuisement complet de ces troncs. Presque constamment, ces branches accomplissent leur trajet en ligne directe; quelques-unes seulement, connue les rameaux des deux principaux nerfs de la langue, décrivent des flexuo-
66i!l DES NERF^.
sites très prononcées, dans le même but protecteur que les artères de cet organe. Des tmastomoses io\^ne\n quelquefois ces branches les unes aux autres; anastomoses assez souvent compliquées, unissant alors plusieurs nerfs entre eux, et formant ainsi ce qu'on appelle des yj/^a-^ys ; mais dans ces anastomoses, quelle que soit leur complication, il n'y a jamais fusion des rameaux nerveux qui se réunissent, mais simple accolement de fibres; celles-ci gardent toujours leur indépendance, leurs caractères et leurs propriétés spéciales. Ces anastomoses diffèrent donc essentiellement de celles des artères ; elles ne permettent point, comme on le remarque pour celles-ci, à deux troncs de se suppléer mutuellement, dans le cas d'interruption du trajet de l'un d'eux.
Les branches nerveuses destinées aux organes de la vie végétative, nées de ces deux chaînes sous-rachidiennes à la formation desquelles concourent presque toutes les paires de nerfs, se comportent, dans leur distribution, d'une manière un peu différente. Elles s'enlacent autour des artères, en formant sur ces vaisseaux des lacis plexiformes d'une disposition fort compliquée, et où cependant les fibres nerveuses constituantes se retrouvent absolument aussi indépendantes que dans les anastomoses ci-dessus in(li(iuées.
'B'eriiiinaisun des nerfs. — Deux opinions principales ont été émises sur le mode de terminaison des nerfs. D'après l'une, les fibrilles élémentaires de ces cordons se termineraient par des extrémités papillaires. D'après l'autre, elles formeraient des anses réticulaires en s'anastoinosant en arcade. Nous avons déjà dit que cette dernière opinion compte pour elle les faits les plus probants. Nous ajouterons qu'il existe cependant des exceptions bien avérées : entre autres ceWa ùes corpuscules de Pacini, petits corps globuleux placés sur le trajet de quelques nerfs, principalement dans le mésentère du chat, corpuscules gros comme un grain de millet, formés de plusieurs coques emboîtées les unes dans les autres, présentant une cavité centrale en forme de canal, dans laquelle pénètre et se termine, par un ou plusieurs renilements, une fibrille détachée du tronc nerveux.
Les membranes tégumentaires, les glandes et les muscles sont les tissus dans lesquels se terminent le plus grand nombre de nerfs. Il en existe très peu dans les tissus séreux et fibreux.
C'est dans la peau et dans les membranes muqueuses que se rendent la plus grande partie des fibres sensitives. Presque toutes les fibres motrices s'épuisent dans les muscles.
CHÂPITBE PREMIER.
DES NERFS CRANIENS 01' ENCÉPHALIQUES.
Les nerfs crâniens s'échappent de l'encéphale par paires, régulièrement disposées à droite et à gauche, et désignées par les épithètes numériques de première, seconde, etc., en les comptant d'avant en arrière.
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 665
Wiilis, se basant sur le norabre des perluis crâniens qui livrent passage à ces nerfs, les divisait en neuf paires, avec lesquelles il décrivait la première paire rachidienne, qui faisait alors la dixième des nerfs encéphaliques.
Cette division était passible de quelques reproches ; on voulut la perfectionner. ^ Haller commença par reporter la première paire rachidienne, ou les nerfs sousoccipitaux, dans sa véritable région; puis vinrent Sœmmerring et Vicq d'Azyr,qui dédoublèrent la septième paire de Wiilis et décomposèrent sa huitième en trois paires distinctes, d'après des considérations tirées des usages et de la destination de ces nerfs. Le nombre des |)aires crâniennes, leur ordre de succession et leur nomenclature se trouvèrent alors établis de la manière suivante :
1"" paire ou uerfs olfactifs répondant à la t" paire de Wiilis,
2' paire ou nerfs optiques 2° paire —
3* paire ou nerfs moteurs oculaires communs 3* paire —
4* paire ou nerfs palhéliques 4* paire —
5° paire ou uerfs trijumeaux 5' paire —
6' paire ou nerfs rnoteursoculaires externes 6* paire —
7* paire ou nerfs faciaux ( ^
8« paire ou nerfs acoustiques i ' l^*^"^'^
9" paire ou nerfs gIossoi)liaryngiens
10* paire ou nerfs pneumo-gastriques [g" paire —
11" paire ou aerfs accessoires ou spinaux )
12' paire ou uerfs grands hypoglosses 9'' paire —
Dans le tableau ci-dessous, ces nerfs se trouvent classés d'après leurs propriétés,
1° Nerfs des sensa- {''^'[' ''^^^'^'^' »" T "'■''''•
lions spéciales. . V'^'l' "P"''"'^' ^ paire.
' t nerls acoustiques 8* paire.
nerfs trijumeaux 5' paire.
uerfs glosso-pharyngiens 9 paire.
paire.
2" Nerfs mixtes double racine
\^uerls pueumo-gastnques 10
/nerfs oculo-moleurs communs 3"^ paire.
i nerfs pathétiques i" paire.
3° Nerfs moteurs à ) nerfs oculo-moleurs externes 6° paire.
racine simple. . . \ nerfs faciaux 7' paire.
I nerfs accessoires ou spinaux Il' paire.
\ nerfs grands hypoglosses 12' paire.
Un des caractères des nerfs crâniens étant la diversité, ils ne se prêtent point à une élude générale qui pcrmeltc de les considérer dans leur ensemble. Ce n'est guère que par leur origine qu'ils se rapprochent en quelques points. Aussi nous bornerons-nous ici aux considérations communes qui touchent à cette partie seulement de leur description.
Les nerfs crâniens procèdent-ils des trois principaux appareils qui composent l'encéphale, ou sont-ils fournis par deux ou même un seul de ces appareils ? Telle est la question que nous devons résoudre tout d'abord. S'il est évident pour tout le monde que l'isthme donne naissance au plus grand nombre des nerfs encéphaliques, et que le cervelet ne participe en rien à l'émission de ces nerfs, il n'y a
pas accord, parmi lesanatomistes, sur la part que prend à celle émission le cerveau proprement dil. Deux des paires crâniennes sont effectivement considérées par plusieurs auteurs comme émanant de ce dernier organe, pendant que d'autres les regardent comme des dépendances de l'isthme. D'après les premiers, dix seulement des paires encéphaliques apparliendraicnt à ce prolongement de la moelle ; les deux autres, c'esl-à-dire les nerfs optiques et olfactifs, proviendraient du cerveau. D'après les seconds, tous les nerfs crâniens sans exception naîtraient de la moelle allongée. Tâchons de démêler la vérité.
Il est certain que cette dissidence d'opinion, sur un point si facile à résoudre en apparence, a sa source dans un malentendu et ne porte point réellement sur les faits : ces faits restent les mêmes pour tout le monde ; il n'y a que leur appréciation qui varie. Rien n'est plus facile à prouver. Voyons en premier lieu ce qui regarde le nerf optique. Ce nerf, disent les uns, procède des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques ; il a donc son point de départ au cerveau. Sans doute, si vous considérez ces deux parties de l'encéphale comme une dépendance des hémisphères, ce qui est loin d'être prouvé, ce qui n'est pas, ni au poinl de vue de l'analomie, ni à celui de la physiologie. Les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques faisant partie de l'isthme, il est tout naturel de regarder celuici comme le lieu d'origine de la deuxième paire encéphalique. Quanta la première paire, ses fibres se rattachent également à celles de l'isthme, à travers les corps striés, comme nous le prouvons plus loin. JMais nous sommes loin de nier ses connexions avec les héniisphères i^voir la description de la première paire), connexions très intimes, en effet, qui ne sauraient néanmoins rien prouver contre notre opinion. Ainsi donc, tout en reconnaissant dans la disposition des racines du nerf olfactif des conditions toutes spéciales, nous admettons que l'isthme de l'encéphale est le point de départ commun de toutes les paires crâniennes, fait important et capital, constituant, pour la grande catégorie des nerfs encéphaliques, un véritable caractère de famille.
Parmi les autres points relatifs à l'origine de ces paires nerveuses, nous signalerons encore les suivants :
Tous les nerfs encéphaliques semblent en connexion à leur origine avec les faisceaux de l'isthme dont ils partagent les propriétés.
Tous sont également en connexion avec un foyer de substance grise placé dans l'épaisseur de l'isthme.
La plupart naissent par des filets convergents : les uns, antérieurs, venant du côté du cerveau ; les autres, postérieurs, venant du côté de la moelle.
Préparation des nerfs crâniens. — Quatre préparations sont nécessaires pour l'étude des nerfs crâniens :
V Un encéphale extrait après ouverture du crâne par sa base, et durci au moyen d'un séjour plus ou moins prolongé dans l'alcool on l'acide azotique très étendu. Cette pièce permettra l'étude de l'origine des nerfs (fig. '17.3).
2" Les nerfs superficiels de la tète, c'est-à-dire les nerfs auriculaires et les divisions du plexus sous-zygomaliquc, avec les rameaux sous-orbilaiics el nienlonniers, ainsi que les ramuscules superficiels des trois nerfs de la branche ophthalmique de la cinquième paire flig. 183).
3" Une pièce disposée comme dans la figure 182 pour l'étude des nerfs maxillaires. Pour
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 667
préparer cette pièce, on enlèvera la plus grande partie du masséter eu disséquant le nerf massélérin; le globe de l'œil sera extirpé, les apophyses orbitaires et zygomaliques excisées, les deux sinus maxillaires ouverts et la branche de l'os maxillaire inférieur sculptée comme dans la figure; on disséquera enfin lanaslomosc du nerf facial avec le nerf sous-zygomatique en faisant disparaître la glande parotide.
4" Les nerfs profonds, y compris ceux du globe de l'œil, préparation qui sera faite en suivant exactement les indications données pour les artères de la tête. (Se guider pour les détails sur les figures 185 et 181.)
Les nerfs pneumo-gastrique et spinal, qui ne sont pas compris dans ces considérations, seront préparés et étudiés en même temps que le grand sympathique. Nous reviendrons sur leur compte à propos de ce dernier.
1° Première faire, ou nerfs olfactifs (Og. 172. 173. 177. 178).
La première paire crânienne est constilU(''e par les lobes olfaclifs, dont l'extrémité antérieure laisse échapper un grand nombre de filets nerveux, traversant les irous de la lame criblée, pour se ramifier dans la parlic de la membrane pituitaire qui tapisse le fond des fosses nasales.
Chaque lobe olfactif est rattaché à l'encéphale par deux racines, l'une externe, l'autre interne, toules deux formées par de la substance blanche (fig. 173). L'externe commence par une circonvolution de couleur grise qui borde en dehors le lobule mastoïde ou lobe inférieur de l'iiémisphèrc. L'interne, suivie d'avant en arrière, se contourne dans la scissure inicrlobulaire, en avant du chiasma des nerfs optiques, pour se confondre avec les circonvolutions cérébrales. Ces deux racines circonscrivent un espace triangulaire occupé par le noyau extra- ventriculaire du corps strié, qu'elles embrassent. Il est facile de voir leurs fibres sur des cerveaux qui ont macéré longtemps dans l'alcool, se continuer en très grande partie avec celles du corps strié, et partant avec les faisceaux de l'isihme qui s'irradient et se tamisent à travers la substance grise des corps striés.
Après la réunion de ses deux racines, le lobe olfactif est constitué par une large j)andelette blanche qui se dirige en avant, en rampant sur la face inférieure de l'hémisphère, et qui se termine bientôt par un renllement ovalairetrès allongé, logé dans la fosse ethmoïdale. Ce renflement est formé de substance grise sur sa face inférieure, et de substance blanche sur la supérieure. On dirait un ganglion aplati, appliqué sur la bandelette blanche qui représente d'abord à elle seule le lobe olfactif.
On a déjà vu que ce lobe est creux à son intérieur, et qu'il communique avec les ventricules latéraux du cerveau. Cette particularité, jointe aux traits spéciaux de sa physionomie extérieure, pourrait, ce nous semble, faire naître des doutes sur la véritable nature des lobes en question. Il est évident que ce ne sont point des nerfs, mais bien des dépendances de l'encéphale. C'est pour nous conformer à l'usage que nous les décrivons ici comme la première paire encéphalique.
Les véritables nerfs olfactifs sont les filets qui naissent de la face inférieure du ganglion ou bulbe ethmoïdal, et qui traversent la lame criblée pour gagner la muqueuse du nez. Leur nombre est en rapport avec celui des trous ethmoïdaux. Très mous d'abord, très délicats, très faciles à déchirer, ils s'enveloppent, à leur passage dans ces trous, d'un névrilème extrèiiiement résistant qui leur donne une grande solidiié. Los uns descetuleut. en .se ramifiant, sur la cloison médiane du nez; les autres,
et ce sont les plus nombreux, se divisent sur les volutes ethmoïdales, où ils forment de fort jolis pinceaux plus ou moins picxueux, entremêlés aux divisions non moins intéressantes de la branche elhmoïdale de l'artère ophthalmique. Leurs extrémités terminales ne descendent point au-dessous du tiers supérieur des fosses nasales ; ils restent ainsi confinés dans le fond de ces cavités.
Les nerfs de la première paire encéplialirjue sont préposés à l'olfaction. Ce sont donc les nerfs de l'odorat. Ils reçoivent l'impression des odeurs et la transmettent ù l'encéphale. Ce rôle qu'on leur a lour à tour, et à plusieurs reprises, accordéon refusé, a été décidément mis en lumière depuis une trentaine d'années seulement.
2° Deuxième paire, ou nerfs optiùijes (fig. 173. 175 et 192).
Les nerfs delà vision présentent à considérer dans leur intéressante étude : leur origine, leur trajet, leur terminaison et \(im's propriétés.
On a beaucoup discuté, et certainement l'on discutera beaucoup encore sur ['origine des nerfs de la deuxième paire. Sans nous arrêter à l'appréciation des opinions qui ont cours dans la science sur cette matière, nous décrirons ce que nous avons été à même d'observer chez nos animaux domestiques.
Quand on examine par côté l'isthme de l'encéphale isolé du cerveau (fig. 175), on reconnaît sur la limite antérieure de cet appareil la bandelette blanche qui constitue le nerf optique. Étudiée à son origine, cette bandelette se continue de la manière la plus évidente avec le côté externe de la couche optique, où elle forme les deux renflements connus sous le nom de corps genouillés. Celte couche doit donc être regardée comme le point de départ du nerf de même nom. Mais comme le corps genouillé e.vterne touche le tubercule natis, et que l'interne est uni au tubercule tesiis par une bandelette de fibres blanches, il est à peu près certain, ainsi que le prétendent plusieurs auteurs, que les corps quadrijumeaux concourent à fournir les fibres constituantes des nerfs optiques.
D'abord large et mince, la bandelette optique s'enroule de haut en bas et d'arrière en avant autour du pédoncule cérébral, en se rétrécissant graduellement. Arrivée sur la face inférieure de l'encéphale, elle se change en un cordon funiculaire qui s'unit avec celui du côté opposé, en formant la commissure ou le chiùsma des nerfs optiques, fusion temporaire au delà de laquelle reparaissent les deux nerfs. Ceux-ci s'engagent ensuite dans le conduit optique pour gagner l'intérieur de la gaine oculaire et le fond du globe de l'œil.
Revenons avec quelques détails sur les rapports qu'affectent les nerfs optiques dans les différents points du trajet que nous venons d'indiquer.
Dans leur portion aplatie, c'est-à-dire vers leur origine, ils sont compris entre les pédoncules cérébraux et les hémisphères.
Depuis le point où ils arrivent librement à la face inférieure de l'encéphale jusqu'au chiasma, ils sont recouverts par la pie-mère, et ils adhèrent, par leur face profonde, à l'extrémité supérieure des pédoncules.
Le chiasma est logé dans la fossette opli(|ue, et reçoit sur sa face profonde l'insertion de la petite lame grise qui cloisonne en avant le troisième ventricule. Aussi cette lame est-elle généralement décrite sous le nom de racine grise des nerfs
NERFS CRAMENS OLi ENCÉPHALIQUES. 669
optiques. ^Jais, de toutes les connexions propres au cliiasma, les [jIus importantes sont certainement celles que chaque nciïcnirelient avec son congénère, au niveau de la soudure. Que deviennent les fibres de chaque cordon dans cette anastomose? Se croisent-ciles avec celles de l'autre nerf, pour se rendre à l'œil du côté opposé? ou bien s'accoient-elles simplement à ce nerf, et s'en séparent-elles ensuite pour gagner l'œil de leur côté ? L'anatomie démontre que les fibres du chiasma n'affectent point exclusivement l'une ou l'autre de ces dispositions. En les étudiant sur une pièce soumise à la macération depuis quelques jours, on constate effectivement que le plus grand nombre s'entrecroisent d'une manière très évidente, mais qu'une partie regagne le cordon optique correspondant au côté d'où elles proviennent. On voit, en résumé, que les nerfs de la deuxième paire sont composés d'une seule espèce de fibres en deçà du chiasma, tandis qu'au delà ils en présentent de deux sortes, c'est-à-dire des fibres provenant à la fois du côté gauche et du côté droit. C'est le plus grand nombre, avons-nous dit, qui s'entrecroise. On en trouve encore la preuve dans certains faits d'anatomie pathologique assez intéressants pour que nous en parlions ici. Dans le cas si fréquent de perte d'un œil, à la suite de la lluxion périodique chez le cheval, l'atrophie consécutive du nerf optique s'arrête le plus souvent au chiasma ; mais il arrive quelquefois qu'elle remonte au-dessus de l'entiecroisenient. On constate alors que c'est ordinairement le cordon opposé à l'œil malade qui a le plus souffert. Du reste, la disposition que nous venons de faire connaître n'est qu'un degré moins avancé de celle qu'on remarque dans certaines espèces : chez les poissons osseux, les nerfs optiques s'entrecroisent entièrement, même sans confondre ou mélanger leurs libres.
Au delà de leur commissure, les nerfs de la deuxième paire répondent aux parois du conduit optique, puis au muscle droit postérieur de l'œil, qui enveloppe chaque cordon comme dans une gaine. Ils sont en outre en rapport, dans l'orbite, avec quelques autres nerfs et des vaisseaux.
Considéré à sa terminaison, le nerf optique pénètre dans le globe de l'œil en traversant, vers la partie la plus déclive de son fond, la sclérotique et la choroïde, pour s'épanouir à la face interne de celte dernière, sous la forme d'une membrane que nous décrirons, dans l'apiiarcil de la vision, sous le nom de rétine. Avant de traverser le fond de l'œil, ce nerf offre toujours un rétrécissement bien prononcé.
V é.\.ui\e(\e h structure (\\\ nerf optique révèle quelques faits particuliers qu'il est bon de connaître, quoiqu'ils soient plus curieux qu'intéressants. On remarque, en effet, que la partie supérieure est entièrement dépourvue d'envelop|)e, pendant que l'inférieure, c'est-à-dire celle qui dépasse le chiasma, offre un double névrilème. Le feuillet externe de ce néviilème n'est qu'une dépendance de la duremère, sorte de manchon fibreux, attaché d'une part sur le contour du trou optique, d'autre part sur la sclérotique. L'interne, analogue au névrilème des autres nerfs, émane de la pie-mère et présente une multitude de cloisons qui séparent les unes des autres les fibres constituantes du nerf.
Pour rendre cette organisation très manifeste, on fait tremper celui-ci dans une solution alcaline pendant queUjues jours, et on le malaxe sous un filet d'eau, jiour chasser la substance nerveuse ramollie ; le nerf est ensuite lié à l'une de ses exlré-
mités, puis insufllé, lié au boul opposé, et exposé h la dessiccation. On peut alors, au moyeu de quelques coupes, montrer tous les canaux intérieurs qui logent les faisceaux de tubes nerveux, et qui dépendent du névrilème interne.
Quant aux /jro/^r/i^Vp's du nerf optique, nous n'en dirons rien, sinon qu'elles sont analogues à celles des autres nerfs des sensations spéciales. Il est donc exclusivement apte à transmettre à l'encéphale les impressions fournies par le sens de la vue. Les excitations mécaniques portées sur ce nerf ne déterminent aucune douleur.
3" Troisième paire, ou nerfs oculaires moteurs communs (fig. 173. 181).
Les nerfs de la troisième paire émanent des pédoncules cérébraux, près de la scissure inter-pédonculaire, à égale dislance à peu près du tubercule mamillaire et delà protubérance. Leurs racines, au nombre de sept à huit pour chacun, pénètrent dans l'épaisseur de ces pédoncules et peuvent être suivies jusqu'à la substance brune du /ocus nigcr.
De la réunion de ces racines résulte un tronc aplati qui se porte d'abord en
dehors, et s'infléchit presque immé- FiG. 181 (*). diatcment en avant pour s'engager,
avec la sixième paire et la branche ophthalmique du nerf trijumeau, dans le plus petit des grands conduits sus-sphénoïdaux. Le nerfoculomotcur commun arrive ensuite, par -\J l'hiatus orbitaire, dans le fond de la gaîne oculaire, où il se partage eu plusieurs branches destinées aux nmscles de l'œil énumérés ci-après :
|c releveurdela jiaupière supérieure, le droit supérieur, le droit inlenic, le droit inférieur, le droit postérieur, moins son faisceau externe, et enfin le petit oblique. Le rameau de ce dernier muscle est remarquable par sa grande longueur ; il gagne le lieu de sa destination en passant en dehors, puis en dessous du droit inférieur.
Les racines motrices du ganglion ophthalmique, fournies par le nerf oculo-moleur commun, parlent du point où ce nerf laisse échapper ce rameau du petit oblique.
Les nerfs de la troisième paire sont exclusivement moteurs, comme l'indiquent cl leurs connexions avec le plan inférieur des pédoncules cérébraux, et leur distribution exclusive à des organes conlracliles. Ils animent tous les muscles logés
(■^ Fif. 181. — ^erfs de l'œil. — 1. Branche ophtlialniique de la cinquième paire. 2, Nerf pulpebioiiasal. r>. N. lacrymal. 3'. Branche temporale de ce nerf. 4. N. sourciller. 5. N. oculo-moleur externe. C. N. palhe'tiqne. 8. 9, 10, 11. Branches de l'oculo-motenr commun, 12, N, maxillaire supcrieur, 13. Branches oihitaiies de ce ncrl.
NEUFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 671
dans la gaîne oculaire, moins le droit externe, le grand oblique, oi le faisceau externe du droit postérieur.
4° Quatrième paire, ou nerfs pathétiques (fig. 181, 6).
Le nerf pathétique ou oculo -moteur interne est le plus petit de tous les nerfs crâniens. Sa description ofTre la plus grande simplicité.
On le voit naître du ruban de Reil, immédiatement en arrière des tubercules quadrijumeaux, par deux courtes racines, qu'il m'a été impossible de suivre |)rofondément dans la substance de l'istimie.
Il se dirige en dehors, en bas et en avant, pour scMégager de la situation profonde qu'il occupe d'abord et s'accoler à la branche supérieure du trijumeau; il suit cette branche jusqu'à l'entrée des conduits sus-sphénoïdaux, et s'introduit alors dans le plus petit de ces conduits. Ce pertuis, qui lui est exclusivement destiné, l'amène dans le fond de la gaîne oculaire, d'oîi il gagne la face profonde du grand oblique, dans lequel il se ramifie, et auquel il porte le principe excitateur de la contractilité musculaire.
L'étude physiologique de ce nerf donne lieu à des remarques fort intéressantes que nous résumerons ici en quelques mots. Les deux muscles obliques de l'œil ont pour usage de faire pivoter le globe oculaire dans l'orbite, sans provoquer la moindre déviation, ni en haut, ni en bas, etc., de l'ouverture pupiliaire. Or ce mouvement rotatoire est tout à fait involontaire, et il ne s'accomplit que dans certaines conditions déterminées. C'est ainsi que « MM. J. Guérin, Szokalski, Hueck et Ilélie ont fait remarquer que, lorsqu'on incline alternalivement la tète à droite et à gauche pendant qu'on fixe du regard un objet quelconque, les globes oculaires décrivent autour de leur axe antéro-postérieur un mouvement de rotation inverse, qui a pour effet de conserver entre l'objet d'où partent les rayons lumineux et les deux réliaes un rapport constant. Dans ce mouvement rotatoire, le grand oblique d'un côté a pour congénère le petit oblique du côté opposé : ainsi, lorsque la télé se penche sur l'épaule droite, l'œil droit tourne autour de sou axe de dehors en dedans et de haut en bas, sous l'influence de l'oblique supérieur, tandis que l'œil gauche tourne sur lui-même de dedans en dehors et de haut en bas, sous l'in- (luencede l'oblique inférieur ; lorsque la tête s'incline sur l'épaule gauche, un mouveuïent inverse se passe dans les deux yeux. Cette rotation simultanée des globes oculaires autour de leur diamètre antéro-postérieur, pendant que nous inclinons la tète d'un ou de l'autre côté, est nécessaire pour l'unité de perception des images visuelles; si l'un des deux yeux reste immobile pendant que l'autre tourne autour de son axe, nous apercevons deux images, une supérieure qui correspond à l'œil sain, et une inférieure qui correspond à l'œil malade; ces deux images sont visibles lorsque la tête est verticale, et surtout lorsqu'elle s'incline du côté affecté; elles se confondent en une seule lorsque la tête .se porte du côté sain. » (Sappey, Anatomic descriptive. )
L'action involontaire des muscles obliques de l'œil dans ce mouvement roiatoiie appelle donc fortement ralicntion sur les nerfs que reçoivent ces muscles, et engage à rechercher les conditions particulières qui leur permettent d'agir, comme
moteurs excilanls, à l'insu de la volonté, quoiqu'ils appartiennent à la vie animale, ainsi que les muscles auxquels ils sont destinés. Dans l'état actuel de la science, on ne peut rien affirnier de positif sur un sujet aussi délicat. Il y a cependant deux remarques intéressantes à faire : c'est que le nerf pathétique est exclusivement destiné au muscle oblique supérieur, et que la longue branche émise par l'oculo-moteur commun pour l'oblique inférieur ne donne sur son passage aucun fdet aux parties voisines. Cette branche est donc aussi le nerf exclusif âe l'oblique inférieur, et peut être considérée comme un second pathétique.
5° Cinquième paire, ou nerfs trijumeaux (Gg. 173. 181. 182. 183. 184. 185).
Le nerf dont nous allons nous occuper maintenant a encore éié appelé par Chaussier nerf trifacial. Il se dislingue entre tous les nerfs crâniens par son énorme volume, la multiplicité de ses branches, la variété de ses usages et ses connexions avec le système du grand synqîathique. x\ussi exige-t-il une description aussi complète que possible, dans laquelle nous ferons entrer l'étude des gan<;lions céphalitjues du grand sympathique , ganglions qu'on doit regarder comme des annexes de la cinquième paire.
Origine. — Le trijumeau appartient à la catégorie des nerfs mixtes, car il possède deux racines: l'une sensitive, l'autre motrice.
Racine sensitive (fig. 173, 16 ; \SU, 7). — C'est la plus grosse. Elle émane de la protubérance annulaire, tout à fait en dehors, près du pédoncule cérébelleux moyen, et se dirige en avant et en bas pour gagner la portion antérieure du trou déchiré, où elle se termine à un énorme renflement semi-lunaire qui constitue le ganglion de Gasser. Aplatie de dessus en dessous, et plus large en avant qu'en arrière, cette racine est longue de 1 centimètre environ du côté externe; sa longueur est double du côté interne, à cause de la position oblique du ganglion qui la continue.
Si on la poursuit dans l'épaisseur de la protubérance, on voit les fibres de celle-ci s'écarter pour lui livrer passage et lui permettre de se dégager du plan profond qu'elle occupe d'abord. La manière dont elle se comporte dans ce plan profond a été jusqu'ici incomplètement étudiée. Voici à ce sujet des détails dont nous pouvons garantir l'exactitude. Cette racine se partage en deux ordres de fibres, les unes postérieures, les autres antérieures : les premières passent sous les faisceaux arciformes de la protubérance pour se continuer avec le corps restiforme; les secondes s'infléchissent en avant, et se confondent bientôt avec la substance grise amassée à l'intérieur de l'isthme, au niveau des pédoncules cérébelleux antérieurs, et au-dessus du faisceau intermédiaire du bulbe. Les fibres sensitives du trijumeau affectent donc la disposition convergente, comme celles de la plupart des nerfs encé|)haliques.
Ganglion semi-lunaire ou de Gasser (fig. 173, 18). — Ce ganglion, qui reçoit la racine sensitive du trijumeau, présente la forme d'un croissant dont la concavité est tournée en arrière et en dedans. Il est, pour ainsi dire, noyé dans la substance fibro-cartikigineu^e ([ui obture en partie l'hiatus occipito-sphéno-temporal, et qui partage cet hiatus en plusieurs trous particuliers. Sa face supérieure, recouverte par la dure-mère, envoie à cette membrane plusieurs lilets.
NERl'S CRANIENS OU ENCÉlMIAI.Inb'ES. 673
Le ganglion de Gassern'esl pas coiuiiiué par un lionc unique. Il donne naissance iuimédialemenl à deux grosses branches, dont l'une sort du crâne en passant par le trou ovale, perluisfornicpar l'Iiiatus sus-in{lif[né, pendant que l'autre se loge dans la scissure externe delà face intra-crànienne du sphénoïde, et se bifurque après avoir parcouru cette scissure jusqu'à l'entrée des conduits sus-sphénoïdaux ; d'où il résulte que le trijumeau est partagé, à sa naissance même, en trois branches : deux supérieures, la brandie ophthalmique de Wiilis et le nerf maxillaire supérieur, commençant par un même tronc, et une inférieure qui constitue le nerf maxillaire inférieur.
Racine motrice, ou petite racine (fig. 137, 17. 18û, 8). — C'est une bandelette aplatie qui émerge de la protubérance au côté interne de la racine principale. Ses fiibres composantes peuvent être suivies à l'intérieur du pont de Varolc avec assez de facilité; elles s'y comportent, ({uant à la direction, comme celles de la groîise racine, en se confondant avec la substance du faisceau antéro-latéral du bulbe. Partie de la protubérance, celle racine se dirige en avant sur la face inférieure du ganglion de Casser, qu'il croise en diagonale de dedans en dehors, et au delà duquel elle s'unit avecles fibres du nerf maxillaire inférieur delà manière la plus intime. Le nerf maxillaire supérieur et la branche ophthalmique ne reçoivent rien de cette racine. Il n'y a donc, dans la cinquième paire, que les nerfs maxillaires inférieurs qui possèdent à la fois la sensibilité et le mouvement, et qui représentent ainsi de véritables nerfs mixtes.
A. Braachc ophthalmique (fig. 181, 1). —Elle est la plus petite des trois divisions fournies par le ganglion de Casser. Nous répéterons qu'elle en procède par un tronc qui lui est commun avec le nerf maxillaire, et sur lequel nous reviendrons en décrivant ce dernier. Cette branche s'engage dans le plus petit des grands conduits sus-sphénoïdaux avec les nerfs oculo-moteurs commun et externe, et se partage, à l'intérieur même de ce conduit osseux, en trois rameaux qui gagnent le •ondde la gaine oculaire p-ar l'hiatus orbitaire.
Ces rameaux sont :
1° Le nerf frontal ou sourcilicr ;
2° Le 7ierf lacrymal ;
3" Le nerf nasal ou mieux palpébro nasal.
1" Xerf frontal ou sourciiier (lig. 181, Ix). — C'est Une brandie volumineuse et aplaiie qui se place sur la paroi interne de la gaîne oculaire, et marche presque parallèlement au muscle grand oblique de l'œil, jusqu'au trou sourciller, dans lequel elle s'engage avec t'artère de même nom. Indivise avant son entrée dans cet orifice, elle se sépare, immédiatement après en être sortie, en plusieurs rameaux qui rencontrent le nerf auriculaire antérieur et qui s'épuisent dans la peau de la paupière supérieure cl du front.
2° Xerf lacrymal (lig. 181, 3). — lise composc de plusieurs filets qui montent enlre la gaîne oculaire et les muscles releveur de la paupière et droit supérieur, pnur s'aller jeter dans la glande lacrymale. L'un d'eux (fig. 181, 3', et 19^, D) traverse la gaîne oculaire, derrière l'apophyse orbilaire, et se place d'avant en arrière sur la surface externe de rajiophyse zygomatique, où il se divise en plusieurs rameaux, dont les uns se mêlent avec ceux du nerf auriculaire anté-
fi7^; DKS ^ERFS.
lieiir pour former lo |)iexus de ce nom, landis que les autres se jettent directement dans les muscles et les légumenls antérieurs de l'oreille.
3" iv'crf paipéhi-o-nasal (li^'. 181, 2). — On le voit décrire une courbe, comme l'artère ophtlialmique, pour rentrer avec elle dans le crâne par le trou orbitaire. Après avoir parcouru la scissure etbmoïdale qui loge cette artère, il traverse la lame criblée et se divise en deux filets, l'un externe, l'autre interne, lesquels se ramifient sur les deux parois de la fosse nasale, dans la membrane pituitaire. Avant de pénétrer dans le trou orbitaire, ce nerf fournit une longue branche, qui rampe sur le plancher de l'orbite pour gagner l'angle nasal de l'œil, où elle se distribue au petit appareil lacrymal logé dans cet angle, ainsi qu'à la paupière inférieure (fig. 19/i, E) ; il donne encore un long filet au corps clignotant, et les racines sensitives du ganglion ophtlialmique, dont il sera question ])lus loin.
B. Nerf maxillaire supérieur (fig. 173, 19. 182, 15). — Ce nerf est la véritable continuation du tronc supérieur fourni par le ganglion de Casser. Aussi le prendrons-nous à ce ganglion même pour le suivre jusqu'à sa terminaison, regardant uu moment la branche ophihalmique déjà décrite comme une division collatérale du nerf maxillaire supérieur.
Remarquable par son volume, sa forme funiculaire et prismatique, ce nerf s'échappe de la section interne et supérieure du ganglion semi-lunaire, et occupe d'abord la scissure creusée sur la face interne du sphénoïde, en dehors de la gouttière caverneuse, recouvert à ce point parla dure-mère. Après avoir envoyé la branche ophthaimique dans le plus petit des grands conduits sus-sphcnoïdaux [grande fente sphénoïdale), il s'engage lui-même à l'intérieur du plus spacieux [ti'ou grand ro/^rf), arrive dans l'hiatus orbitaire, sous la gaine de l'œil, franchit, avec l'artère maxillaire interne, l'espace, rempli de graisse, qui sépare cet hiatus de l'origine du conduit sus-maxillo-dentaire, et parcourt ce canal osseux jusqu'à l'orifice extérieur placé sur le chanfrein. Là, il se termine par un ensemble de branches qu'on désigne, chez rhomine, sous le nom de rameaux sous-orhitaircs.
Dans son trajet, ce nerf fournit un assez grand nombre de divisions collatérales, parmi lesquelles nous désignerons plus particulièrement :
1° Un rameau orbitaire ;
2° Le grand nerf palatin ou palatin antérieur;
3" Le nerf stapkylin on palatin postérieur ;
W Le nerf nasal on spliénu-palatin ;
5° Les nerfs dentaires ^
A la suite desquels nous décrirons :
6" Les rameaux sous-orbitaires, ou branches terminales du nerf maxillaire supérieur.
1» Rameau orbîtaii'e (fig. 181,13). — Ce rameau prend naissance à l'intérieur même du conduit sus-spiiénoïd;d, et pénètre dans la gaîne oculaire, avec les divisions de la branche ophtlialmique. Il se partage prc'S(iue aussiiôl en deux ou trois filets très grêles, qui montent vers l'angle temporal de l'œil, en passant entre le cornet fibreux de l'orbite et le côlé externe de la masse des muscles moteurs de l'œil. Ces filets sont destinés aux paupières et aux téguments environnants.
MCKFS CRÂNIENS UU ENCÉPHALIQUES. 67.j
2" diraiid nerf i»alalîn, ou palatin anttrriciir (fig. 91,3). — Il liait du ncrl' maxillaire supcrieur au niveau de l'hiatus oihitaiie, par un tronc qui lui est comnuiu avec les branches nasale et slaphyline (1) ; puis il s'enfonce dans le conduit palatin avec Tarière palato-labiale, et suit cette artère jusqu'auprès du trou incisif, où il s'arrOle.
A son passage dans le conduit palatin, ce nerf donne naissance à deux ou trois l)ctits filets, qui s'échappent par des trous particuliers pour aller s'épuiser dans la partie antérieure du voile du palais (2).
Dans le reste de son étendue, c'est-à-dire sur la voûte du palais, le grand nerf palatin forme autour de l'arlèrc qu'il accompagne comme satellite un lacis plexifornie, dont la disposition rappelle celle des nerfs ganglionnaires. Les filets qui s'échappent latéralement de ce lacis sont destinés aux parties molles du palais, ainsi qu'aux gencives.
'.1° Xerf sfaphylin, ou palatiu postérieur (fig. 91,8). — Lcs filelS qui composent ce nerf sont très faciles à dissocier, et s'anastomosent fréquemment avec ceux du nerf précédent. Ils accompagnent l'artère staphyline dans la scissure de même nom, puisse contournent en avant de l'apophyse ptérygoïde, pour pénétrer dans le voile du palais, entre la couche glanduleuse et la membrane albuginée. On les voit ensuite s'infléchir en arrière et se ramifier soit dans les tissus nuiqueux et glanduleux du voile, soit dans les muscles pharyngo-staphylin et palalo-staphylin. Cette destination indique donc daiis ce nerf la présence de fibres motrices ; nous verrons plus loin d'où proviennent ces fibres.
W Xerf nasal, ou sphvno-paiatin. — Né du même tronc que les deux nerfs précédents, plus gros que le staphylin, de même volume à peu prèsiiue le palatin antérieur, le nerf nasal passe avec l'artère homonyme dans le trou nasal ou sphéno-palatin, pour pénétrer dans la cavité du nez, où il se partage en deux branches destinées à la membrane piUiitaire : l'une externe, l'autre interne.
5" Rameaux dentaires. — (À'S rameaux, destinés aux racines des dents supérieures, s'échappent du nerf maxillaire supérieur, dans son trajet intra-maxillaire; il en est même qui prennent naissance avant l'entrée du nerf dans le conduit osseux qu'il traverse pour arriver sur le chanfrein. Ceux-ci, analogues au nerf dentaire postérieur de l'homme, pénètrent dans ce conduit avec la branche-mère, et vont porter leurs divisions aux racines de la dernière molaire, quelquefois aussi de l'avant-dernière. Une partie d'entre eux se plongent directement dans la protubérance maxillaire, pour se perdre dans la muqueuse du sinus dont cette protubérance est creusée, après avoir fourni quelques filets périostiques.
Parmi les nerfs dentaires, qui naissent dans le trajet intra-osseux du nerf maxillaire, les uns vont aux molaires, les autres aux crochets et aux incisives.
Les premiers, ou les nerfs dentaires moijens, se séparent par groupes du tronc maxillaire à son passage au-dessus des racines des dents màchelières; ils pénètrent
(1) Chez riiomnie, ces trois nerfs procèdent du ganglion spliéno-paiatin.
(2) Ces fllets, indiqués dans la Ggurc 91, représentent le nerf pakUtn moijcn de l'homme. Souvent ils naissent d'un tronc commun avant l'entrée du grand nerf palatin dans son conduit osseux, et se rendent à leur destination par un pertuis particulier. Leur analogie avec le uerf correspondant de l'homme est alors complète.
dans CCS racines après un court trajet en avant, et donnent (|uclqucs minces filets à la membrane des sinus maxillaires.
Les seconds ne constituent d'abord (|u'ime seule branche, le nerf dentaire antérieur, né du cordon maxillaire un peu avant sa sortie de son conduit osseux. Celte branche, après un assez long trajet dans l'épaisseur des os sus-maxillaires, s'épuise en fournissant les rameaux de la dent canine et des incisives. Elle est toujours accompagnée d'un très mince fdet artériel.
6° Rameaux sous-orltitaires, ou branches terinînaics du nerf maxillaire supérieur. — Ces rameaux s'épanouissent sur le côté du chanfrein en un magnifique pinceau, qu'on doit regarder connue l'un des plus riches appareils nerveux de l'économie animale. Recouvert à sa sortie du conduit sus-maxillo-dentaire par le muscle sus-maxillo-labial, ce faisceau nerveux descend sous le muscle sus-nasolabial et le pyramidal du nez, vers les naseaux et la lèvre supérieure, qui reçoivent l'extrémité terminale de ses branches constituantes dans l'épaisseur de leurs tissus légumenlaires cl nuisculeox, branches légèrement divergentes et flexueuscs, anastomosées pour la plupart avec un gros cordon moieur fourni par le l';;cial (fig. 182, 15'— 183,5).
C. IXERr MAXiLLAiiîii; IlN'fép.ielr (fig. 182, 11. 185, 1). — A sa sortie du crâne,
FiG. 182 1*1.
cette branche nerveuse se irouve placée inimécliaicmenl en dedans de l'articulation
(*) Fig. 18-2. — Vue genernle ih's nerfs miixillaires sii/icrieiir el inférieur. [On a enlevé' Vœil après avoir fa il sauter, au moyen de trois traits de scie, les apophyses orliilaire et zygoina(ir/iie. Les sinus maxillaires ont été ouverts il l'aide de la gouge ou du rogne-pied, le masse'ter excise, et l'os maxillaire sculpte pour découvrir le nerf de même nom dans son trajet intra-osseux.) — i. Nerf facial. 2. Oiigine du nerf auiicuLiire postérieur, ô. Filet du muscle stylo-liyoïdieu. 4. Rameau du digasliiqne. f). Tioiic du nerf auriculaire anlérieur. 6. Origine du lilel cervical. 7. Plexus formé p.ir la réunion du facial et du nerf sou>-zygomali(|ue. 7'. Branche de ce plexus unie aux nerfs sous-orbitaires, iti'. — 11. Nerf maxillaire inférieur. 8. N. sous-zygoniatique ou temporal superficiel. 0. N. massélérin. 10. N. lingual. 12, i-. Rameaux dentaires. 15. N. niylo-hyoidii'ii. 14. N. Iniccal. — 15. Nerf maxillaire supérieur. 10. Ganglion sphéno-palalin. 17. N. stapliylin. — 18. Jrlère carotide primitive. 19. Tronc de l'occipitale. 20. Tronc de la carotide interne. 21. Carolide externe, li'i. Tionc de l'auriculaire postérieure embrassé par une anse du facial. 23. Tronc de la temporale superficielle. 24. Artère maxillaire intorue. 25. Tronc de la temporale profonde antérieure. 26. Rameau orbilairc de la donlaire supérieure. 27. Artère buccale. 28, Ai tcre dentaire inférieure.
NEUFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 677
lernporo-maxillaire. Elle se dirige, de là, en avant et en bas, passe d'abord entre les deux muscles ptérygoïdiens, puis entre l'inlerne et la face profonde du maxillaire, pour arriver à l'entrée du conduit maxillo-dentaire, dans lequel elle s'engage; elle en parcourt toute l'étendue, et en sort ensuite par le trou mentonnier, pour constituer une expansion de brandies terminales, tout à fait analogues à celles du nerf maxillaire supérieur et désignées sous le nom de nerfs mentonnière.
Dans le premier tiers de son étendue, le nerf maxillaire inférieur est aplati en bandelette. Il s'épaissit plus loin pour acquérir la forme funiculaire.
A son origine même, te nerf donne naissance h quatre branches :
\ " Le nerf rnassétérin ;
2° Le nerf buccal ;
3° Le nerf du muscle ptérygoïdien interne ;
k" Le nerf temporcd superficiel ou sous-zi/gomatique.
Après sa sortie d'entre les deux muscles ptérygoïdiens, il fournit :
5° Le nerf lingual ;
&" Lq nerf in)jlo-lujoidien.
Dans son trajet intra-maxillaire, il abandonne :
7» Les rameaux dentaires.
Triple série de nerfs collatéraux, que nous étudierons avant de décrire les branches terminales, c'est-à-dire :
8° Les nerfs mentonnicrs.
Le tronc de la division inférieure de la cinquième paire représente un nerf mixte, puisqu'il est formé de libres sensiiives et de fibres motrices. En est-il de même pour chacune des branches que nous venons d'énumérei? ou, en d'autres termes, toutes contiennent-elles des fibres des deux ordres? C'est une question sur laquelle la dissection des deux racines du nerf n'apprend pas grand'chose, car leurs fibres se confondent bientôt d'une manière si intime, qu'il nous a toujours été impossible de les suivre isolément dans chaque nerf. Mais l'étude de la distribution de ces branches, corroborée par les expériences physiologiques, éclaire celte question des plus vives lumières. Nous verrons, en effet, parmi ces branches, des nerfs destinés à des muscles, d'autres à des parties glanduleuses ou tégumentaires ; les premiers sont donc principalement composés de fibres motrices comme tous les nerfs musculaires ; et les seconds contiennent exclusivement dos fibres sensibles; ils sont privés du moins de fibres motrices soumises à l'influence de la volonté. C'est en décrivant chaque branche en particulier que nous signalerons ses propriétés spéciales.
r i\erf massétérin (fig. 182, 9. 185, 2). — Il se détache du tronc principal, en avant et tout près de la base du crâne, contourne la face antérieure de l'articulation t'Cmporo-maxillaire, et s'engage dans l'échancriire sigmoïde de l'os maxillaire p!)ur descendre dans l'épaisseur du masséter el s'y ramifier.
A son origine même, ce nerf fournit deux filets qui procèdent souvent d'un même tronc fort court, et qui montent dans le muscle crolaphite pour s'y épuiser : ce tronc n'est autre chose que le nerf temporal profond pnstt'r leur.
Avant de traverser l'échancrure corono-condylienne, il abandonne à ce même muscle crotaphite un petit rameau qui représente le nerf temporal pro fond moyen .
678 Dl-S NERFS.
La desiination do lotîtes ces branches prouve assez qu'elies sont motrices.
2" î^'erf ïiMccai ((ig. 182, 1^ et 185, /i)- " ^e "^rf, une fois plus gros que le précédent, naît du uiêine point, un peu au-dessous. Il se dirige eu avant, traverse le muscle ptérygoïdien externe, et gagne l'extrémiLc postérieure de la glande molaire supérieure, à partir de laquelle il se place sous la muqueuse de la joue, pour descendre jusqu'à la commissure des lèvres, en longeant la glande molaire inférieure et le bord inférieur du muscle alvéolo-labial.
Il donne des fdets très grêles au ptérygoïdien externe, à son passage à travers la substance de ce muscle.
Plus loin, il fournil à la portion orbitairc du crotaphite un très mince rameau, l'analogue du temporal profond anf prieur de l'iiorame.
Sur la glande molaire supérieure, il émet un faisceau de branches destinées à cette glande et au muscle alvéolo-labial.
Dans son trajet sous-muqueux, il laisse échapper, à diverses distances, des rameaux plus ou moins gros, pour la glande molaire inférieure et la muqueuse buccale.
Ses filets terminaux s'épuisent dans la membrane interne et les glandules des lèvres, près de la commissure.
Les filets envoyés par ce nerf dans les muscles ptérygoïdien externe et temporal sont sans doute moteurs pour la plupart. Mais les autres rameaux sont sensilifs ; ceux mêmes qui rampent sur l'alvéolo-labial ne font pas exception, car la portion sousmassélérine de ce muscle est animée par le facial tout aussi bien que la portion superficielle ou antérieure.
3° l\Ierf du muscle ptérygoïdien interne (fig. 185, 9). — Il forme, avec les précédents, un même faisceau qui part de la partie antérieure du nerf maxillaire inférieur. Après avoir croisé en dehors l'artère maxillaire interne, il descend entre le tronc nerveux d'oii il émane et le muscle périslapliylin externe, pour se rendre en dedans du masséter interne et s'éjmiser dans l'épaisseur de ce muscle.
Ce nerf, la plus petite branche du tronc maxillaire inférieur après le mylo-hyoïdien, excite les contractions du muscle qui le reçoit.
U" ]^erf temporal superOciel ou sous-xygomatique (fig. 182, 8. 185, 3). — Il naît du nerf maxillaire inférieur, à l'opposé du faisceau formé par les trois branches précédentes, c'est-à-dire en arrière. Placé d'abord au côté interne de l'articulation temporo-maxillaire, entre celle-ci et la poche gutturale, il se dirige ensuite en bas et en dehors, passe entre la parotide et le bord postérieur du maxillaire, sous le condyle, puis contouriie le col de cette éminence osseuse pour arriver en dessous et en dehors de l'articulation précitée, où il se termine par anastomose avec le facial.
Dans son trajet, il abandonne de nombreux et minces filets h la poche gutturale, à la glande parotide et aux téguments de la région temporale. Parmi ceux qui ont celte dernière destination, il faut citer particulièrement celui qui accompagne l'artère sous-zygomatique.
Le nerf temporal superficiel semble exclusivement sensilif. Sa section, avant son anastomose avec le facial, n'apporte effectivement aucun obstacle à la contraction des muscles qui reçoivent les divisions du plexus formé par colle anastoniose.
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 679
;V i\'err lingual, ou petit li;»'posios«ie (fig. 182, 10. 185,5). — Lc nerf lingual, principale branche du nerf maxillaire inférieur, qu'il éijale presque en volume, se détache à angle aigu du bord aniérieur de celui-ci un |)eu après sa soriie de l'inlerslice des muscles plérygo'ùliens. Pour ell'ectuer son trajet, qu'il accomplit en décrivant une légère courbe à concavité antéro-supérieure, il se dirige en avant et en bas, passe entre le inasséter interne et la branche de l'os maxillaire, et gagne la base de la langue, où il se place sous la muqueuse buccale. Il descend ensuite plus profondément, entre le raylo-hyoïdien et le kératoglosse, et contourne le bord inférieur de ce dernier muscle, en embrassant aussi le canal de AVharton, pour se plonger dans l'interstice qui sépare le génioglosse des muscles kéralo-glosse et basio-glosse. A partir de ce point, il se continue jusqu'auprès de l'extrémité libre de la langue, en décrivant des flexuosités, et en émettant sur sou trajet des divisions également flexueuses qui traversent toute l'épaisseur de l'organe, sans donner deramuscules aux muscles qui le constituent, ces divisions se terminant dans les papilles linguales moyennes et antérieures, et dans la couche charnue sous-jacente à la muqueuse, c'est-à-dire le muscle lingual supérieur.
Avant de pénétrer dans la masse de la langue, le petit hypoglosse fournit : 1° au niveau des piliers postérieurs de cet organe et en avant, de petits rameaux, parfois plexiformes, pour la muqueuse de la base de la langue ; 2" plus bas et en arrière, un ou deux minces fdets qui se portent sur le canal de Wharton et remontent, en suivant son trajet, jusqu'à la glande maxillaire ; 3° une branche sublinguale, dont les divisions se jeltent dans la glande de même nom et dans la muqueuse qui revêt les faces latérales de la langue.
Le lingual reçoit, près de son origine, le fdet (//mpcmo-lingual ou corde du tympan, branche du facial dont nous ferons bientôt la description. Ses divisions terminales se mêlent et s'anastomosent même avec celles du grand hypoglosse, dans l'interstice musculaire profond qui loge les unes et les autres.
La physiologie enseigne que le petit hypoglosse donne aux deux tiers antérieurs de la muqueuse linguale la sensibilité proprement dite d'abord, et de plus la sensibilité toute spéciale en vertu de laquelle cette membrane jouit de la propriété d'apprécier les saveurs. C'est là son rôle exclusif. Quant au filet moteur venu du facial et adjoint au nerf lingual, il participerait, d'après M. Bernard, à l'exercice du .'^ens du goût. Ses fibres iraient se porter à la couche charnue sous-muqueuse dont nous avons parlé, sur laquelle repose la base des papilles, et lui commuliiqueraieni la propriété d'agir sur ces papilles, en les adaptant, pour ainsi dire, aux substances sapides mises en contact avec elles.
6" i^erf mjio-hyoïdien (fig. 18'2, 13). ■ — La manière dont ce nerf est désigné indique sa destination et ses usages : il va au muscle dont il porte le nom et en excite la contractilité. Il prend naissance à l'opposé du précédent, et descend comme lui entre le muscle ptérygoïdien interne et l'os maxillaire, en adhérant assez intimement à ce dernier. Maisarrivé vers le bord postérieur du mylo-hyoïdien, il passe en dehors de ce umscle et se ramifie sur sa face externe, avec l'artère sublinguale, qu'il rencontre.
7° Rameaux dentaires (fig. 182, 12). — Il y en a de deux ordres : les uns.
pour les molaires, les autres pour le crochet et les incisives. Leur description ne coinporle aucune indication spéciale.
I\erfs iiicntoniBicr»t on Itrnnelies terminales du nerf maxillaire inférieur.
— Tout à fait analogues aux rameaux sous-orhilaires, ces nerfs forment un faisceau à ramifications divergentes et flexueuses, qui sortent du trou mentonnier pour se jeter dans le tissu de la lèvre inférieure, après avoir reçu une branche du facial (Gg. 182, 11'. 183, 6).
D. Des ganglions sympathiques annexés a la cinquième paire. — Ces ganglions, reliés par des filets de communication à l'extrémité antérieure de la chaîne du grand sympathicpie, appartiennent réellement au système spécial formé parcelle chaîne nerveuse, car lis possèdent et le mode de constitution et les propriétés des autres ganglions c|ui la constituent. Il faut donc que nous ayons un inoiif bien puissant pour lesdislraire de leur catégorie naturelle, et pour confondre leur description avec un nerf si différent d'eux-mêmes par sa nature et ses fonctions. C'est qu'en effet ces ganglions présentent d'intimes rapports avec les branches du trijumeau, rapports de continuité, rapports de contiguïté. C'est qu'on les trouve qiiel(]uefois soudés à ces branches et mêlés profondément à leurs fibres, (i'est ([u'enfin, dans certains cas, ils semblent même disparaître complètement, et que leurs filets d'émission ou de réception sont alors reçus ou émis directement par la cinquième paire.
L'étude que nous allons entreprendre sur chacun de ces ganglions justifiera pleinement ce que nous avançons. Nous la ferons précéder de quelques mots d'introduction relatifs aux faits généraux qui concernent tous ces petits organes.
Le nombre des ganglions sympathiques aimexés à la cinquième paire est susceptible de varier, non-seulement avec les espèces, mais encore avec les individus de même espèce. Chez nos mammifères domestiques, on en trouve assez constamment, mais non pas toujours, trois principaux placés sur le trajet des branches émanées du ganglion de Casser. Ce sont : 1° le ganglion ophtlialmique , dépendant du nerf de même nom ; 2" le ganglion sphéno-palatin, annexé à la branche maxillaire supérieure; 3° le ganglion otique, qui s'accole au nerf maxillaire inférieur. Les anatomistes en décrivent encore deux autres, le ganglion sous-maxillaire, et celui qu'on a désigné sous le nom de ganglion naso-palatin. Ces derniers n'existent pas à coup sûr chez les Solipèdes, et leur existence est tout au moins problétnatique chez les autres animaux domestiques.
Ces petits corps ont des caractères communs qui ont été fort bien indiqués par I\I. Loiiget, et que nous exposerons brièvement. Tous sont en connnunication avec le ganglion cervical supérieur |)ar un ou plusieurs filets généralement fort menus. Tous reçoivent i\n ou plusieurs ramuscules d"un nerf sensitif et d'un nerf moteur; ces raumscules, brandies afférentes des ganglions, sont considérés connne leurs racines. Tous enfin émettent de leur périphérie un nombre plus ou moins considérable de branches émergentes ou de ramifications, qui partagent les propriétés plus ou moins modifiées des deux ordres de racines. La description de chaque ganglion comporte donc, indépendamment des notions de forme, de situation, etc., l'indication de tous ces rameaux : rameaux de communication avec le ganglion
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 681
cervical supérieur ; rameaux afférents ou racines ; rameaux émergents. C'est un cadre qui s'applique à tous, et qui eu rend l'étude tout h fait méthodique.
r (>iaii;;iion ophtiiaiuiiquc. — La recherche de ce ganghou est facile, car il est coustauiment appliiiué coulre le uerf oculo-molcur commun, et soudé avec lui, pour ainsi dire, vers le point où prend naissance la branche du muscle oblique inférieur. Il dépasse rarement le volume d'un grain de millet, et est quelquefois si petit, (]u'il échapperait aux investigations les plus minutieuses sans le point de repère que nous venons de signaler.
Sa î^acine motrice est généralement formée de deux ramuscules fort courts, venant de la tioisième paire. Sa racine sensitive, beaucoup plus longue, procède du uerf palpébro-nasal; c'est ordinairement par l'intermédiaire de celte racine que le ganglion ophthalmique conmiunique avec le ganglion cervical supérieur, au moyeu d'un mince lilet qu'elle reçoit du plexus caverneux.
Les filets émergents partent de la partie antérieure du ganglion, et se placent autour du nerf opii(iue pour gagner la sclérotique en décrivant des flexuosité.s. Ils porieut le nom de nerfs ciliaires. Quelques-uns émanent directement du nerf palpébro-nasal, surtout quand le ganglion est rudimentaire. Leur nombre est indéterminé ; on eu coiupte ordinairement de 5 à 8.
Arrivés sur la sclérotique vers le fond de l'œil, ils traversent cette membrane et rampent entre sa f.ice interne et la choroïde jusqu'au cercle ciliaire, où chacun se divisa en deux ou trois rameaux qui s'anastomosent avec les rameaux des nerfs ciliaires voisins, en formant ainsi un plexus circulaire. De la concavité de ce cercle nerveux partent une série de divisions plexueuses elles-mêmes, qui se répandent dans l'iris, dont la propriété contractile est soumise à leur influence.
2° Gaugiion spkéno-paiatîn ou de Meekei. — Rien de plus variable (jue la disposition de ce petit organe, le plus gros des ganglions céphaliques. Voici celle qui nous a paru la plus constante :
En soulevant le nerf maxillaire supérieur à son passage dans l'espace qui sépare l'hiatus orbitaire de l'hiatus maxillaire, on découvre, accolé au bord supérieur du nerf sphéno-palatin, un long renflement grisâtre qui constitue le gangUon dont la docription va nous occuper.
(le ganglion, mince et allongé, irrégulièrement fusiforme, étranglé sur difl'érenls points de son étendue, renflé dans d'autres, ne tient pas au nerf sphéno-palatin par de simples adhérences celluleuses, ou seulement par quelques branches jetées d'un cordon à l'autre ; cette union doit être considérée comme une véritable soudure s'{)|)érant au moyen d'une intrication de fibres difficiles à démêler ; en sorte que le ganglion sphéno-palatin fait réellement partie du nerf de même nom.
Branches afférentes. — Il reçoit en arrière le nerf vidien, rameau composé qui constitue sa racine motrice et qui le rattache au ganglion cervical supérieur. Ce nerf sera décrit avec le facial qui en fournit la partie principale. Ses racines sensitives viennent naturelleuienl du nerf sphéno-palatin ; elles sont aii^si remarquables par leur nombre que [«ar leur volume, et se jettent également dans la partie postérieure du ganglion.
Branches émergentes. — On en reconnaît quatre séries :
1" Une série fort nombreuse de ramuscules qui se détachent à angle droit du
682 DES NEKFS.
bord supérieur du ganglion pour se porter vers la gaîue oculaire. La plupart semblent se perdre dans celte membrane fibreuse ; mais nous avons pu en voir quelques-uns la traverser d'outre en outre, ramper sur la paroi inférieure oi interne de l'orbite, et arriver au pourtour du trou orbitaire. Là ces ramusculet. s'unissent manifestement à d'autres fdcts venus du nerf palpébro-nasal, ei formeni un petit plexus dont les divisions semblent destinées aux vaisseaux ophihalmiques, et même à quelques muscles de l'œil, les obliques surtout ; parmi ces divisions, nous en avons reconnu qui vont s'unir au nerf du corps clignotant.
2" Une deuxième série venant du bord opposé. Ceux-ci établissent l'union du ganglion avec le nerf sphéno-palalin, ou bien se portent sur les nerfs palatins pour les renforcer en affectant une disposition plexiforme plus ou moins compliquée.
3° Un groupe naissant de l'extrémité antérieure et s'accolant immédiatement au nerf spliéno- palatin.
k" Un dernier faisceau se détachant de l'extrémité postérieure pour s'engager dans les deux grands conduits sus-sphénoïdaux.
Telle est la disposition la plus ordinaire qu'affecte le ganglion sphéno-palalin. Il nous est arrivé de rencontrer ce ganglion morcelle en trois petites masses reliées entre elles par de nombreux filets d'une couleur grise très foncée, et libres de toute adhérence avec le nerf sphéno-palalin. C'était la masse postérieure qui recevait le nerf vidien elles racines sensitives venues de la cinquième paire. La distribution des branches émergentes n'était, du reste, pas changée.
On remarquera, parmi les faits anatomo-phy.siologiques appartenant à l'étude de ce ganglion, que le nerf staphylin ou palatin postérieur tire de lui la propriété motrice qui lui permet d'exciter les contractions des muscles du voile du palais.
3" Ciangiion otique. — L'existence de ce ganglion n'est pas constante, à ce (ju'il nous a paru, car nous l'avons vu quelquefois remplacé par un petit plexus pourvu de quelques grains ganglionnaires presque microscopiques.
Quand il existe, il se présente sous l'aspect d'un petit renflement fusiforme placé eu dedans de l'origine du nerf maxillaire inférieur, sous rinseriion de la trompe d'Euslache. Pour le trouver, on n'a qu'à rechercher le point de départ du nerf buccal, auquel il est joint par des hlets si gros cl si courts, qu'on pourrait le croire soudé à ce nerf.
Ses racines sensitives sont représentées par les fdets précédents. Le nerf petit pétreux superficiel, venu du facial, en constitue la racine motrice. C'est du rameau sympathique salellile de l'artère maxillaire interne qu'il reçoit son fiiet de communication avec le ganglion cervical supérieur.
Parmi ses rameaux émergents, il faut citer un filet supérieur qui entre dans la portion tubéreuse du temporal, pour se perdre dans le muscle interne du marteau, et deux filets inférieurs d'un volume beaucoup plus considérable que le premier : ceux-ci se divisent en ramuscules nombreux destinés aux muscles ptérygoïdiens, à la trompe d'Euslache, et aux deux péristaphylins.
RÉsuMfi; PHYSIOLOGIQUE SUIS LA CINQUIÈME PAIRE. — Le irijumeau porte la sensibilité dans la peau qui recouvre la tète, dans les pau|)ières, le voile du palais, le palais, les fosses nasales, les sinus, les naseaux, dans la plus grande partie de la langue, dans lesglandes salivah es, les joues, la lèvre inférieure etla lèvre supérieure.
NERFS CRANIENS 0[I ENCÉPHALIQUES. 683
L'énorme pinceau, formé par les branches terminales du nerf maxillaire supérieur, donne à cette dernière les attributions d'un organe de tact très exquis.
La branche hnguale, ou le nerf pelil hypoglosse, représente |)our les deux tiers antérieurs de la langue l'instrument essentiel du sens du goût.
Par sa racine motrice, le nerf maxillaire inférieur provoque les contractions des muscles rapprocheurs des mâchoires, c'est-à-dire tous ceux qui composent la région massétérine, moins le digaslriquc. Aussi cette racine est-elle souvent désignée sous le nom de nevf masticateur.
La cinquième paire influence encore, comme le démontrent les vivisections et l'observation des faits palhologi(pies, la sécrétion des muqueuses et des glandes qui reçoivent des filets de ce nerf; indubitablement par une action réllexe qui procède de l'isthme, et peut-êlre du ganglion de Gasser.
On admet enfin que la nutrition des tissus, dans lesquels se ramifie le trijumeau, dépend de ce nerf. Mais il y a là une exagération; car si le mouvement nutritif se modifie au sein de ces tissus à la suite de la section de la cinquième paire, cet effet est dû certainement à la paralysie des vaisseaux capillaires, dont la coiitractilité est probablement animée par les fibres motrices organiques mêlées aux filets sensitifs de la cinquième paire.
Les ramuscules envoyés par la chaîne sympathique au ganglion de Gasser ne sont peut-être pas étrangers au rôle que semble jouer la cinquième paire dans les actes sécrétoires et nutritifs.
G" Sixième paire, ou nerfs oculaires moteurs externes (fig. 181, 5).
Le ncr f oculo-moteur externe prend naissance sur le bulbe rachidien, immédiatement en arrière de la protubérance, par cinq à huit petites racines convergentes, qui semblent s'échapper d'entre la pyramide inférieure et le faisceau latéral du bulbe (fig. 184, 9).
Il se dirige immédiatement en avant, franchit le pont de Varole, s'accole intimement au côté interne du nerf maxillaire supérieur, et traverse le conduit sphénoïdal qui loge déjà la branche ophthalmique df la cinquième paire et le nerf oculaire moteur commun, pour pénétrer dans le fond de l'orbite. On le voit s'épuiser entièrement dans le muscle droit externe de l'œil, après avoir fourni un petit ramuscule destiné à la portion externe. du droit postérieur.
7° Septième paire, ou nerfs faciaux (fig. 182. 183. 184).
Le facial est un nerf exclusivement moteur à son origine (1), lequel devient mixte dans son trajet par l'addition de plusieurs branches sensilives.
Origine. — Il émane du bulbe rachidien, immédiatement en arrière de la protubérance, et semble naître sur l'extrémité externe de la bandelette transversale
(1) Voyez plus loin la dcsciiption du grand nerf pétreux pour la discussion relative à la onslitulion du facial.
qui longe le bord postérieur de celte protubérance. Mais si l'on cherche à poursuivre son origine dans l'épaisseur du bulbe, on voit le faisceau unique qu'il constitue à son point d'émergence s'enfoncer dans le sillon de séparation creusé entre le pont de Varole et la bandelette sus-indiquée, puis traverser presque toute l'épai.sseur du bulbe, en passant entre le cordon latéral et la portion du corps restiforme qui se continue avec la grosse racine de la cinquième paire. Arrivé près du fond du quatrième ventricule, le facial se partage en plusieurs racines, les unes antérieures, les autres postérieures, lesquelles se perdent bientôt dans la substance de l'isthme. Il en est, parmi ces racines, quelques-unes qui restent isolées du faisceau principal dans toute l'étendue de leur trajet intra-bulbaire, et qui rejoignent ce faisceau vers son point d'émergence seulement, après s'être tamisées à travers les fibres mômes du corps restiforme (fig. \8k).
Trajet. — A peine séparé du bulbe, le facial se dirige en dehors pour s'engager, avec l'acoustique, qui lui est immédiatement accolé en arrière, dans l'hiatus auditif interne. Il s'enfonce ensuite à l'intérieur de l'aqueduc de Fallope, dont il parcourt toute l'étendue, en en suivant les inflexions, d'où résulte pour le facial un coude dirigé en avant, situé à quelques millimètres seulement de l'ouverture interne du conduit, et une courbe à concavité antérieure, décrite par le nerf à son passage derrière la caisse du tympan. Au sortir de l'aqueduc de Fallope par le trou stylo-mastoïdien, le facial, caché sous la face profonde de la parotide, continue à s'infléchir en avant, passe entre cette glande et la poche gutturale, et gagne le bord postérieur du maxillaire, oîi il sort de dessous le bord antérieur de la parotide, pour devenir superficiel, en se plaçant sur le masséter, immédiatement en dessous de l'articulation lemporo-maxillaire. Là il se termine par deux ou trois branches anastomosées avec celles du nerf temporal superficiel (de. la cinquième paire), formant ainsi W plexus sous-zygoinutique.
Distribution.— -a. Dansson trajet intra-osseux, le facial fournit successivement:
I" Le (jrandnerfpêtrcux superficiel ;
2" Le petit nerf pétreux superficiel ;
3" I^e filet du muscle de l'étrier ;
k" La corde du tympan ;
De plus il communique avec le pneumogastrique, au moyen d'un filet volumineux que nous étudierons sous le nom de :
5° Rmneau anastomotique du pneumo- gastrique,
h. Les branches ((ue le facial émet à son passage sous la parotide partent, soit de son bord supérieur, soit de son bord inférieur ; celles-ci sont :
6° Le nerf du stylo-hyoidien; . 1" Le nerf du digastriqiw;
8° Le nerf du grand l^érato-liyoïdicn ;
9° Le rameau cervical ;
10° Des filets pour lu poche gutturale et la parut idc.
Quant aux branches siqiérieures, elles comprennent :
M" Le nerf auriculaire postérieur ;
12" Le nerf auriculaire moyen;
13" Le nerf auriculaire aniérieur.
NERFS CUAT^IENS OU ENCÉl>U\Ll(,)Ut:S. 685
c. A cel ensemble de rameaux collaiéraux se joignent les branches terminales, formant par leur anastomose avec le nerf tempera! superficiel : \h° Le plexus sous-zygomatiquc.
A. BraKCHKS collatérales. — 1" Crand nerf pcti-env superficiel. —
C'est un rameau fort remarquable qui se détache du coude du facial pour se porter au ganglion de 3Icckel. J.'importance des particularités qui se rattachent à l'étude de ce nerf nous engage à porter une attention toute spéciale sur son origine, son trajet et sa terminaison, en avertissant toutefois que les détails dans lesquels nous allons entrer peuvent être négligés par l'élève.
Origine. Ganglion géniculé. — La manière dont le nerf grand pétreux superficiel se comi)orte à son origine est encore un fait obscur et controversé, sur lequel cependant la lumière commence à se répandre. Voici là-dessus l'opinion la plus en vogue : ce nerf naîtrait d'un petit renflement grisâtre, le ganglion géniculé, placé sur le trajet du facial, au sommet du coude que décrit le tronc nerveux après son entrée dans l'aqueduc de Fallope ; et la présence de ce petit ganglion sur la septième paire assimilerait le facial à un nerf mixte, dont la racine sensilive serait représentée par le nerf intermédiaire de Wrisbcrg, mince filet compris entre la septième et la huitième paire, émanant directement du bulbe pour se jeter dans la partie postérieure du ganglion géniculé.
Nous avons constamment trouvé ce ganglion chez nos animaux domestiques. Il existe, en effet, sur le coude du facial une très légère saillie conique, grisâtre, formée de corpuscules ganglionnaires que l'examen microscopique met facilement en évidence, et donnant naissance par son sommet au grand nerf pétreux superficiel. Cette saillie, fort |)elite, répélerons-nous, fait corps avec le facial, dont elle ne représente qu'une sorte d'intumescence. Nous n'avons jamais vu la délimitation nette et précise figurée à sa base dans la plupart des iconographies d'anatomie humaine.
D'une autre part, quand nous avons étudié, sur des pièces trempées pendant plusieurs semaines dans l'eau acidulée par l'acide azotique, la constitution du grand nerf pétreux, h son origine môme, nous l'avons vu formé de deux faisceaux très faciles à dissocier, l'un interne, l'autre externe : celui-ci se continue seul avec le ganglion géniculé; l'autre traverse le facial d'avant en arrière, puis s'infléchit brusquement en dedans pour remonter du côté de l'origine du nerf et se mêler à ses fibres ; mais ce faisceau conserve très souvent son indépendance jusqu'au bulbe, dans lequel ses fibres pénètrent isolément; il représente alors un petit tronc particulier simplement accolé à celui du nerf principal, et compris entre ce nerf et l'acoustique. Le grand nerf péireux ne procède donc point exclusivement du ganglion géniculé, puisqu'une bonne portion de ses fibres composantes, entièrement dépourvues de corpuscules ganglionnaires, émergent directement du facial. Quant au faisceau externe, la dissociaiion de ses fibres par l'action de l'acide montre très bien que la substance grise du ganglion géniculé se trouve située sur leur trajet presque exclusivement; et si l'on clierche à poursuivre ces fibres, comme celles du précédent faisceau, dans l'épaisseur même du facial, on reconuaîl qu'au lieu de se porter du côté de l'origine du nerf, elles semblent se diriger du côié de sa terminaison, circonstance remarquable (jue nous croyons pouvoir expliquei- eu
admeltani qu'elles provieuiieiu du iameaii anastomotique du piieumo-gastriqut , dont nous |>arleroiis plus loin.
Jl résuhe de celle disposiliou ([ue le nerf giaud pélreux naît du facial par deu-, racines réelles, iniimemenl accolées: rinlerne est évidemnieut motrice; rextcrm possède les corpuscules ganglionnaires d'une racine sensitive ; et le tronc ([u'elles forment à elles deux petit être regardé comme i\n nerf mixte.
Comme on le voit, notre manière d'envisager le ganglion géniculé diffère de; idées généralement admises, puisque nous le faisons appartenir exclusivement an grand nerf pétreux, et non pas à la totalité des faisceaux du facial. D'un autre côté le rfuneau intermédiaire de Wrisberg n'est plus pour nous la racine sensitive di: facial, aux fdjres duquel nous ne reconnaissor.s que la faculté motrice; ce n'es! môme pas celui du grand nerf pétreux .superficiel, dont il pourrait tout au plu: être considéré comme un filet accessoire. Chez le cheval, ce rameau, extrême ment ténu, ne se distingue point, ou se distingue mal , à son origine, des filets d{ la racine latérale du nerf acoustique; on le voit pénétrer dans l'aqueduc de Fal lope, et se diviser sur le coude du facial en plusieurs filets excessivement délié.s. qui se confondent avec les fibres propres de ce nerf ou avec le ganglion géniculé. Qu'il y a loin de celte disposition à celles qu'affectent les véritables racines sensilives vis-à-vis des ganglions placés sur leur trajet !
Pourquoi répugnerait-il d'admettre que ce mrf de Wrisberg n'est qu'une anastomose allant de l'acoustique au facial? Voudrait-on donner pour raison la différence si radicale qui existe entre les propriétés des deux nerfs? Mais la nature, en les rapprochant l'un de l'autre d'une manière si intime, ne semble pas avoir tenu compte elle-même de celte différence; et le pourcjuoi de cette anastomose pourrait s'expliquer par les connexions que la septième paire entrelient avec les parties actives de l'appareil de l'ouïe. N'est-ce pas le facial qui anime le muscle de l'étrier et, d'une manière indirecte, celui du marteau? N'est-ce pas lui qui tient sous sa dépendance tous les muscles de l'oreille externe? Dans l'état actuel de la science, il serait difficile de trouver le rapport fonctionnel qui peut exister entre les connexions de l'oreille avec le facial, et celles de ce dernier nerf avec l'acoustique ; mais l'esprit comprend ce rapport, et cela doit suffire.
L'opinion qui regarde le rameau de Wrisberg 4:omnie la racine sensitive du facial a été, croyons nous, surtout accréditée par l'impossibilité apparente d'expliquer autrement la sensibilité que possède ce nerf à sa sortie même du trou stylomastoïdien, c'est-à-dire avant de contracter aucune anastomose avec la cinquième paire; or cette sensibilité appartient exclusivement aux fibres du rameau de Ci)mmunication envoyé par le pneumo-gastrique, et non pas aux faisceau.x de constitution du facial, comme on le prouve en excitant ce dernier nerf hors de l'aqueduc de Fallope, après avoir détruit le pneumo-gastrique à son origine. Que si l'on veut absolument regarder le nerf intermédiaire comme un rameau distinct des filets originels du nerf acoustique; que si l'on lient à en faire un nerf scnsitif, on scia forcé, du moins, de reconnaître qu'il ne porte point t.a sensibilité au delà du trou stylo-mastoïdien, et que ses filcls se perdent tous dans les rameaux fournis par le facial dans son trajet inlra-os.seux. On sait, du reste, que M. Longet regarde ce nerf comme formant le petit pélreux superficiel et le filet nerveux du muscle de
NERl-S CRANIENS OU ENCÉPH ALlOlES. 687
l'éliior; mais il en fait une branche molrice destinée à animer le petit appareil musculaire de l'oreille moyenne. Son idée, fort ingénieuse, serait assurément soutenable s'il était possible de suivre le nerf intermédiaire à son origine jusqu'au cordon latéral du bulbe ; mais il n'en est pas ainsi mallieurousement, car ce petit I ramuscule n'apparaît que comme une dépendance des libres propres au nerf acoustique.
En résumé, le grand nerf pélreux superficiel procède du facial par deux racines, l'une motrice, l'autre sensitive, assin)ilables jusqu'à un certain point aux racines racbidiennes. La première est fournie par les fdeis de la septième paire. La seconde vient probablement du pneumo-gastrique et porte sur son trajet, coiume annexe, le ganglion géniculé. Quant au nerf de Wrisberg, peut-êire concourt-il à la lormation de ce ganglion, mais il n'en est pas à coup sûr la source principale.
Trajet et terminaison. — Le grand pélreux, après s'être détaché du facial, en formant avec lui un .-ingle obtus ouvert en dehors, s'engage dans l'hiatus de Fallope, petit pertuis creusé a'arrière en avant dans l'épaisseur du rocher au-dessus de la fenêtre ronde et du limaçon. Il arrive ensuite à l'intérieur du sinus caverneux, qu'il traverse, reçoit une branche du plexus gar)glionnaire baigné par le sang de cette cavité veineuse, se loge dans la scissure vidienne, puis dans le conduit vidien, et pénètre ainsi dans l'hialus orbitaire, où il se partage en plusieurs branches, deux le plus souvent, qui se jettent dans la partie postérieure du ganglion de Meckcl. Il constitue la racine motrice et le filet sympathique de ce ganglion.
T Petit nerf péfretix superGcîci. — Très mince filet se détachant du facial en dehors du précédent, et traversant aussi le rocher d'arrière en avant pour aller se jeter dans le ganglion otique, dont il représente la racine motrice.
0° Filet du lutiscie de l'étrler. — Le facial, à son passage au-dessus et en avant du muscle de l'étrier, adhère intimement à ce muscle et lui abandonne un lileî extrêmement court, peut-être même plusieurs.
^1° Corde du tympan (fig. 185, 6). — Ce filet, encore appelé nerftympanolingual, naît à angle très obtus du facial près de l'orifice externe de l'aqueduc de Fallope. Il pénètre dans la caisse du tympan par un orifice pariiculier, et se porte de la paroi postérieure de celte cavité à sa paroi antérieure, on décrivant une courbe à convexité tournée en haut, et en passant au milieu de la chaîne des osselets de l'ouïe, entre le manche du marteau et la grande branche de l'enclume. Puis il s'échappe de l'oreille moyenne par un conduit pratiqué sur la limite des portions mastoïdienne et pélrée de l'os temporal, se dirige en bas et en avant, et se jolie enfin dans le nerf lingual, après un court trajet accompli sous le muscle pléryj^oidien externe en dehors de la poche gutturale.
5* Rameau anastoiuotique du pneumo-gastrique. — ( l oyez la dcscriji^ lion de la dix iijnie paire.)
6" Nerf du stylo-hyoïdien (fig. 182, ?>). — 7° îVerf du grand kérato-liyoïdien. — 8"^ Xcrf du digastriquc (fig. 182, h). — Ces trois nerfs naissent par un faisceau commun, au niveau même du trou stylo-mastoïdien, pour se lamifier dans les muscles auxquels ils sont destinés, après un trajet descendant plus ou moins long sous la glande parotide.
088 MS NEiAKS.
9° Rameau cervical (fig. 182, 6. 183, 11). — Ce nerf prend son origine sur le milieu environ de la portion sous-parotidienne du facial, près d'une anse particulière jetée par ce nerf autour de l'artère auriculaire postérieure, cl souvent sur cette anse elle-même.
Il traverse ensuite la parotide de dedans en dehors et de haut en bas, pour descendre sur la face externe de celte glande d'abord, en dessous du muscle parolido-auriculaire, puis dans la gouttière jugulaire, logé alors sous la face profonde du peaucier du cou ou dans l'épaisseur de ce muscle, (pii reçoit ses divisions terminales près de l'appendice antérieur du sternum.
Dans son trajet, ce nerf communique avec les branches inférieures des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième paires cervicales par des rameaux qui le renforcent ; il envoie de nombrenx filets collatéraux dans la substance du peaucier.
10" Fîicts de la poche gutturale et de la parotide. — Remarquables par leur nombre et leur ténuité, ces filets ne méritent, sous les autres rapports, aucune mention particulière.
11" ixcrf auricuïaîre postérieur (fig. 182, 2). — Il prend naissance au niveau du trou stylo-mastoïdien, se dirige par en haut, sous la parotide, en accompagnant l'artère auriculaire postérieure, pour s'aller jeter dans les muscles postérieurs de l'oreille externe.
Ce nerf présente quelquefois à son origine une anse analogue à celle qui embrasse l'artère auriculaire poslérieure.
12° Xcrf auriculaire moyeu. — Lc plus soQvcnt, il nail du même point que le précédent, eu commun avec lui, pour ainsi dire, monte ensuite, en traversant la parotide, vers la base de la conque, et perce ce cornet cartilagineux, pour se distribuer dans le tégument intra-conchinien et dans les fibres contractiles qui tapissent en quelques points la face adhérente de ce tégument.
13° î^^erf auriculaire antérieur (fig. 182, 5. 183, h). — C'est le pluS groS
des trois nerfs auriculaires. Après s'être détaché du facial à l'opposé du rameau cervical, et après avoir traversé de bas eu haut le tissu parotidicn, il gagne la face externe de l'apophyse zygomatique, où il rencontre les divisions superficielles du nerf lacrymal; puis il se continue en avant sous le muscle pariéto-auriculaire externe, arrive sur la base de l'apophyse orbitaire, au niveau du trou sourciller, croise à ce point les branches terminales du nerf de même nom, puis descend verticalement en dedans de l'orbite jusqu'au-dessous de l'angle nasal de l'œil, où il se mêle aux divisions superficielles du nerf palpébro-nasal, et se termine enfin sur le chanfrein dans les muscles lacrymal et sus- uaso-labial.
Il abandonne dans son trajet de nombreux ramuscules aux muscles anléiicurs de l'oreille, au fronlo-sourcilier et à l'orbiculaire des paupières, dont il anime la coutraclililé.
Ce nerf est remarquable par les relations qu'il entretient avec les rameaux terminaux des trois branches du nerf ophthahnique (cinquièiûc paire). Quoiqu'il n'existe point de véritables anastomoses entre le nerf auriculaire antérieur et ces divers rameaux, on est convenu d'apiieler l'ensemble réticulaire qu'ils forment eu avant de l'oreille et sur le côté du front, plexus auriculaire aalc rieur.
NERFS CRANlEiNS OU ENCÉPHALIQUES. 689
BRA^CHES TERMINALES DU NEHE FACIAL , OU PLEXUS SOUS-ZYGOMATigUE
(fig. 183, 1, 1, 1). — 'Le facial, oii l'a vu, se termine par plusieurs bianche.'^, deux ordinairement, en arrivant sous l'articulation temporo-maxillaire ; lesquelles branches reçoivent alors le tejnporal superficiel. Après être devenues ainsi sensiiivo-
FiG. 183 (
&a//i^çce
motrices, elles se continuent sur la face externe du masséter, couvertes par le peaucier de la tète, auquel elles donnent quelques rameaux, et reliées entre elles par des branches anaslomotiques d'une disposition variée, sur laquelle nous ne devons pas nous arrêter. Quelle que soit cette disposition , du reste, on observe toujours le même mode de distribution, c'est-à-dire que les branches du plexus sous-zygomatique, en arrivant près du bord antérieur du masséter, se partagent en une série de rameaux divergents, qui passent à la surface des canaux vasculaires ou glandulaires situés en avant du masséter, pour aller se jeter dans le tissu des joues, des lèvres et des naseaux.
Parmi ces rameaux, l'un, supérieur, remarquable par son énorme volume, passe sous le muscle zygomato-labial, s'accole au bord inférieur du pyramidal du nez avec l'artère coronaire supérieure, et s'engage ensuite kous le sus-naso-labial, où il se joint aux rameaux terminaux du nerf maxillaire supérieur, avec lesquels il se dislribueaux tissus de la lèvre supérieure et des ailes du nez ((ig. 182, 7'. — 183, 2).
meaux superliciels de la branche lulerimiie de la troisième paire cerviiale. 10. Filet qui se rend au lume.m cervical du l'aciaL il. Rameau cervical du facial. — A. Veine jugulaire. B. Veine glosso-faciale. C. Vaisseaux maxillo-musculaires. D. Artère transversale de la face. £. Veine satellite de ce vaisseau. F. Artère glosso-faciale, on maxillaire externe. G, Artère coronaire inférieure,//. Artère coronaire supérieure, J, Glande parotide. K. Canal parotidien.
Un second rameau, inférieur, plus faible que le précédenl, suit la face interne du muscle maxillo-labial, pour aller se fondre, par son extrémité antérieure, avec le faisceau terminal du nerf maxillaire inférieur, et se ramifier, avec les fdets propres de ce faisceau, dans le tissu de la lèvre inférieure (fig. 183, o).
Entre ces deux branches principales existent une série de ramifications plus petites destinées au muscle alvéolo-labial. Au nombre de ces ramifications, il en est quelques-unes qui s'indéchissent sous la face interne du masséter, et gagnent la portion profonde du buccinaleur, où elles s'anastomosent avec des filets du nerf buccal.
D'autres ramuscules, situés sous la branche principale inférieure, s'épuisent dans le peaucier de la fiice , l'un d'eux après avoir contourne le bord inférieur du maxillaire pour gagner le fond de l'auge.
Fonctions du facial. — C'est le facial qui excite les contractions des muscles de l'oreille moyenne, de l'oreille externe, des joues, des lèvres, des naseaux, celles de l'orbiculaire des paupières et du peaucier cervico-facial. Par son filet grand pétreux superficiel, il porte aussi le mouvement dans la couche musculeuse du voile du palais, et l'on admet, comme nous l'avoiis déjà dit page 679, que son rameau tympano-lingual agit comme excitateur sur la couche charnue sous-muqueusc de la langue. Le facial exerce encore, sans aucun doute, son action sur la glande parotide; mais cette action est encore mal déterminée; peut-être se borne-l-il à provoquer les contractions des canalicules excréteurs qui s'échappent des lobules de la glande.
Il est à remarquer que le facial ne possède aucune influence sur le masséter; malgré ses rapports intimes avec ce muscle, il n'envoie pas le moindre filet dans son épaisseur.
Avons-nous besoin de dire que son anastomose avec diverses branches du trijumeau et avec le pneumogastrique, tout en donnant à ses rameaux de distribution une grande sensibilité, ne modifie en rien son mode d'action et ses propriétés, puisque, malgré ces anastomoses, ses fibres propres conservent leur parfaite indépendance?
8° Huitième paire, oo nerfs auditifs, oc neufs acoustiques (fig. 173. 18-4).
Préposé à l'exercice de l'ouïe, le nerf de la huitième paire affecte une disposition fort simple, que nous allons résumer en peu de mots.
Origine. — Le nerf auditif procède du bulbe par deux racines, une antérieure ou latérale, et une postérieure. Celle-ci (fig. \1U, 20) commence sur le plancher du quatrième ventricule, par quelques stries convergentes, à ce qu'on admet dans la plupart des traités d'anatomie humaine, stries qu'il nous a toujours été impossible de mettre en évidence chez nos animaux domestiques ; elle se dirige ensuite en dehors en contournant le pédoncule cérébelleux i)oslérieur, et se joint à la racine latérale sur le côté du bulbe. Quant à cette dernière (fig. 184, 11), elle représente un faisceau unique accolé à celui du facial, lequel faisceau s'échappe d'entre les fibres du corps restiforme.
Trajet et terminaison. — Ces deux racines se réunissent immédiatement en
N'EUl'S CRANIENS OU EN'CÉIMIAIJOUES. 691
un seul cordon peu consistant placé derrière celui de la septièuîe paire, avec leipiel il se dirige en dehors pour gai^^ner l'hiaUis auditif interne. Là, le nerf se divise en deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure, dont les faisceaux traversent les trous percés au fond de cet hiatus, pour pénétrer, ceux du premier faisceau dans l'axe du limaçon, ceux du second dans le vestibule et les canaux deniicirciilaires. La description de ces deux branches sera mieux placée dans l'étude du sens de l'ouïe.
9° NrUVIÈME paire, ou nerfs GLOSSO-PHARYXGIENS (llg. 184, 12. — 185, 10).
Le glosso-pharyngien est un nerf mixte qui porte la sensibilité générale avec la sensibilité gnstaiive dans le tiers postérieur de la langue, et qui excite les contractions des muscles du pharynx.
Oriijine. — Ce nerf prend son origine sur le côté du bulbe, en arrière de la huitième paire, par huit ou dix fines racines, dont les unes sont implantées sur le corps resliforme, pendant que les autres, moins nombreuses, s'échappent, comme les filets du nerf facial, de l'interstice compris entre ce même corps resliforme et le faisceau latéral du bulbe rachidien (1). Ces racines se réunissent bienlôi en un cordon unicjue, qui sort du crâne par un orifice particulier du trou déchiré postérieur, et qui présente à ce point un renflement grisâtre ovalaire, le ganglion pétreux ou d'^nrfer5c/^, dans lequel il est assez difficile de distinguer les filets ujoteursdunerf, c'est-à-dire ceux qui prennent naissance entre le cordon latéral et le cordon supérieur du bulbe (fig. 18i, 12).
Trajet et terminaison. — A peine sorti de la cavité crânienne, le glosso-pharyngien descend, en décrivant une courbe à concavité antérieure, derrière la grande branche de l'hyoïde, compris d'abord dans un repli de la poclie gutturale, puis entre celle-ci et le muscle masséter interne. Accolé, dans cette dernière partie de son parcours, à l'ai tère maxillaire externe, il longe avec celle-ci le bord postérieur de la grande branche hyoïdienne, et gagne la base de la langue avec l'artère linguale, en s'engageant sous le muscle basioglosse. Ce sont les papilles de la partie postérieure de la muqueuse linguale qui reçoivent les ramuscules terminaux de ce nerf.
Branches collatérales. — Il fournit dans son trajet :
1* Le rameau de Jacobson, très mince filet né du ganglion d'Andersch, se dirigeant par en haut, s'engageant dans un trou particulier de la portion tubéreuse du temporal, se distribuant surtout à la membrane de la caisse du tympan, et envoyant sur les nerfs pétreux superficiels deux rameaux de renforcement désignés sous les noms de grand et petit nerfs pétreux profonds.
(1) Celte dispositiou, très facile à mettre en évidence chez le cheval, nous semble propre à lever tous les doutes qui existent dans l'esprit d'un grand nombre d'analomistes sur la naturedunerfglosso-pharyngicn.il possède évidemment dès son origine des filets moteurs, ceux qui naissent au même niveau que le facial, et des filets sensitifs, ceux qui procèdent du corps resliforme. On peut, du reste, objecter aux personnes qui seraient encore tentées d'attribuer la propriété motrice du glosso-pharyngien aux branches anastomotiques jetées entre ce nerf et la septième paire, que ces anastomoses sont loin d'être constantes, et qu'elles manquent même toujours dans plusieurs espèces.
692 bES NERFS.
2" Des filc/sde communication uûcc le ganglion cervical super ienr, au nombre (le deux ou trois, remplacés quelquefois par uu rameau unique.
3" Une branche destinée au plexus carotidien, branche qui se dirige en arrière sur la poche gutturale, pour gagner l'extrémité terminale de la carotide primitive, d'où ses lilets se portent, avec ceux du sympathique, soit sur la carotide externe, soit sur l'occipitale, soit enfin sur la carotide primitive elle-même; cette branche communique par plusieurs anastomoses avec les nombreux rameaux sympathiques qui, du ganglion cervical supérieur, se portent à la surface de la poche gutturale, pour s'épuiser dans celte membrane ou aller rejoindre le bord postérieur du nerf grand hypoglosse.
k° Un rameau p/uu'yngien (fig. 185, 11), qui se détache généralement au niveau de l'artère pharyngienne et qui forme, avec les filets pharyngiens du pneumogastrique, sur la paroi supérieure de l'arrière-bouchc, en dessous de la poche gutturale, un plexus remarquable par son intricalioii.
10° Dixième PAiRt:, NERFS VACL'iis, keufs p^elmogasthiuies (fig. tSi. JSj. 191).
I.c nerf pneumogastrique est aussi remarquable par son étendue (jue par la mullipliciié des usnges phy^io!ogi(|UL•s qui lui sont dévolus. Il se prolonge, en eiïet, jusqu'au delà do l'estomac, après avoir envoyé dans ce viscère, dans l'œsophage, le pharynx, le poumon, les bronches, la trachée, le larynx, une nuiliitude de filets, qui tiennent sous leur dépendance les mouvements, les sécrélions et les phénomènes de pure sensibilité dont ces organes sont le siège.
Origine. — Le pneumognsirifjue est un nerf mixte, naissant en conséquence par deux ordres de racines que nous allons faire connaître successivement avant de passera l'étude de la distribution du nerf.
Racines sen&itives. — Elles sont constituées par huit à dix filets insérés sur le côté du faisceau supérieur du bulbe, c'est-à-dire sur le corps restiforme, dans l'épaisseur duquel il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, de les suivre. Ces filets, placés immédiatement en arrière des racines du glosso-pharyngien, se dirigent en dehors, sortent du crâne par un orifice particulier du trou déchiré postérieur, et se réunissent, à leur passage dans cette ouverture, sur un ganglion assez volumineux désigné chez l'homme sous le nom de ganglion jugulaire.
Racines motrices. — Un peu moins nombreuses que les premières et situées plus en arrière, ces racines s'échappent du bulbe rachidien sur la même ligne horizontale que le nerf facial et que les filets moteurs du glosso-pharyngien, c'est-à-dire sur la limite des faisceaux latéral et supérieur du bulbe rachidien. Il n'est pas possible de les suivre dans l'épaisseur de celui-ci mieux que les précédentes. D'autant plus longs qu'ils sont plus postérieurs, souvent anastomotiques entre eux, les filets qui forment ces racines motrices gagnent, en convergeant, le trou déchiré postérieur, qu'ils traversent par une ou deux ouvertures spéciales pour aller rejoindre le ganglion jugulaire, en dessous et en arrière duquel on les trouve appliqués, en compagnie du nerf spinal, qui en reçoit lui-même un certain nombre, soit à l'intérieur, soit en dehors du crâne. Nous reviendrons sur cette disposition dans la description du nerf accessoire de Willis.
NERFS CnANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 695
Trajet et rapports. — Au delà du ganglion jugulaire, le tronc du pneumogastrique reste intimement accolé au spinal dans l'étendue de 2 centimètres environ (1), puis les deux nerfs se séparent pour laisser passer entre l''<^- iSil"*). eux le grand hypoglosse, après quoi le pneumogastrique descend isolément derrière la poche gutturale, à proximité du ganglion cervical supérieur. Arrivé vers l'origine de l'artère occipitale, il croise ce vaisseau en dedans, s'unit plus loin de la manière la plus intime à la portion cervicale de la chaîne sympathi([ue, et le cordon unique qui résulte de cette fusion suit l'artère carotide primitive, au-dessus de laquelle il se trouve fcilué, jusqu'auprès de l'entrée de la poitrine. Les deux nerfs reprenant alors leur indépendance réciproque, le pneumogastrique pénètre dans le thorax un peu audessous du sympathique, en passant parmi les ganglions lymphatiques qui existent entre les deux premières côtes.
Dans ce trajet, les deux pneumogastriques afîectent à peu près les mêmes rapports ; il y a cependant quelque chose de spécial pour le gauche, qui répond à l'œsophage vers la partie inférieure du cou.
xMais une fois entrés dans la poitrine, ces deux nerfs se comportent d'mie manière un peu différente. Le droit contourne très obliquement l'artère axillaire de dessous en dehors et d'avant en arrière, i)our suivre ensuite, sous la plèvre médiastine, la face externe de la trachée jusqu'au-dessus de l'origine des bronches, où le nerf se termine. Quant au gauche, il passe bien aussi sous le tronc brachial; mais, au lieu de le contourner pour s'applicpier sur la trachée, il reste accolé à ce vaisseau et gagne la racine du poumon, après avoir croisé en dehors l'origine des deux aortes.
(•) Fig. 184. — Origine des nerfs ijui naissent du bulbe rnchidien, et en particulier celle du pneumogastrirjue et du spinal. — 1. Dulbi- lachidien. 2, '2. Pyiainide ilu l>ullje. 5. Extiemite aiilerieuie du faisceau latéral lormant un léger renflemeiil. 4. Fibres superlicielles arciloimes couvrant ce faisceau 5. Bandelette transverse fjui couvre sou extrémité antérieure. 6. Protuljerance auuulaire. 7. Racine sensilive du liijiinieau. 8. Racine mutrice du même. 9. Nerf oculaire moteur externe. 10. N. facial. 11. N. audilif. 12. N. glossopharyngien. 15. N. pneumogastrique. 14. N. spinal. Ces deux derniers ont été séparés l'un de l'aulre au delà du pneumogastrique.
(1) Oq ne trouve pas vers ce point le /(/crus gavgliformr di'ciit rlioz l'hommo. Il existerait dans le lapin d'après M. Bernard.
69Zl DES NERFS.
Lorsque les pneLimogaslri(|iies sont arrivés au-dessus de la bifurcation de la iracliée, ils se lerniineiit en formant \q plexus bronchique et l(?s cordons œsopliagiens, ceux-ci prolongés jusqu'à l'estomac et jusqu'au plexus solaire.
Distribution. — Les branches fournies par le pneumogastrique sur son parcours sont :
1" Un r(niieitu (innstomotique avec le facial;
2" Des filets ih counintnicut ion avec le ganglion cervical supérieur :
3° Un rameau pharijngien ;
ti° Le nerf laryngé supérieur ;
5" IJos filets (le communication avec le ganglion cervical inférieur;
6° Le nerf laryngé inférieur.
ISous passerons en revue ces divisions collatérales avant d'étudier les rameaux terminaux, c'est-à-dire :
1° Ceux qui forment le ^j/exMS bronchique;
2" Ceux qui constituent les cordons œsophagiens.
1>RAJNCHES COLLATÉRALES DU PAEUMOGASTRIQLU:. — 1° Rameau anastom»titiuc étendu du pneuniogasirique au facial. — Ce rauieau, qui présente UU volume assez considérable, part du ganglion jugulaire. Parfois même il nous a scud)lé qu'au nombre de ses radicules d'origine il s'en trouve quelques-unes en continuité directe avec les racines seiisilives du pneumogastrique. Ce rameau se dirige ensuite en avant, traverse la portion tubéreuse du temporal et arrive dans l'aqueduc de Lallope, où il aborde le nerf facial, près du point où celui-ci donne naissance à la corde du tympan. On voit alors un petit nombre de ses fibres s'accoler au nerf de la septième pnire, en remoniant d(i côté de l'origine de ce nerf, où elles iraient constituer, selon nous, une partie du grand nerf pélreux, celle qui présente à son origine le ganglion géniculê. D'autres libres descendent au contraire en suivant le trajet des libres propres du facial et se perdent au milieu d'elles; mais le plus grand nombre croi>(iit ce nerf et continuent leur trajet dans l'épaisseur du temporal, pour aller se distribuer principalementà la membrane qui tapisse le conduit auditif inicrne.
2" Filets du ga9i;;;!ion cervical inférieur. — TOLljOUrS très grèleS, ils viennent quelquefois du rawni;; plinryiigien.
?>° ]\'erf phar.vEsgîen ,lig. 185, 15). — Né du pneuinogastriquc au nive^ii! «'e la partie moyenne tlu ganglion cervical supérieur, le nerf pharyngien se diiig(,' en avant et en bas, rampe sur le côté de la poche gutturale et gagne la face supérieure du pharynx, où il se termine en formant un plexus avec la branche pharyngienne de la neuvième paire. C'est un rameau seîisitivo-moteur.
/i° Xerf lar.yngé . supérieur. — Plus volumincux qtie le précédent et né un peu plus bas, ce nerf suit un trajet et une direction analogues pour gagner le côté du larynx, où on le voit s'enfoncer dans le trou prati(|ué sous l'appendice du bord supérieur du cartilage thyroïde, pour aller s'épuiser en presque totalité dans la muqueuse laryngienne, à laquelle il communique une très grande sensibilité.
Avant de pénétrer dans le larynx, et même très près de son origine, il fournil un mince filet moteur aux muscles crico-pharyngien et crico-tliyroïdien, filet (|ui peut provenir, soit du pneumogastrique directement, soit plus .^ouveni du rameau
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQDES. 695
pharyngien ; c'est le nerf laryngé externe àQ^ anthropotomistes. On le voit quelquefois envoyer quelques divisions excessivement ténues au plexus carotidien.
5° Filets de communication avec le ganglion cervical inférieur. — Ilsne se jettent point toujours direcieuient dans ce ganglion ; quand le ganglion cervical moyen existe, c'est lui qui les reçoit. Ces filois ne présentent pas, du reste, la même disposition des deux côtés. Ceux: du pneumogastrique droit, au nombre de deux ou trois, sont extrêmement courts , mais volumineux. Quant au pneumogastrique gauche, il ne fournit ordinairement qu'un seul rameau long et grêle, qui se détache dans la région du cou, vers le point où le pneumogastrique commence à se séparer du cordon cervical du sympathique, et qui gagne le ganglion cervical inférieur en restant accolé, dans son trajet, au nerf principal.
6° Xerf laryngé inférieur (fig. 191, 27, 28). — Encore appelé récurrent o\x trachéal récarrent a Cdiuse de la disposition que nous allons faire connaître, ce nerf prend naissance dans la cavité thoraciqucpour remonter le long delà trachée jusqu'au larynx, dont il anime les muscles intrinsèques, moins un, le crico-thyroïdien. Les deux nerfs récurrents ne sont pas parfaitement symétriques à leur origine. Celui du côté droit se détache du pneumogastrique en dessous de l'artère axillaire, au niveau à peu près du tronc artériel dorso-cervical. Il se réfléchit immédiatement d'arrière en avant en embrassant l'origine de ce tronc, qu'il croise en dedans pour se placer contre la trachée, au milieu des principaux nerfs cardiaques, avec quelques-uns desquels il contracte d'intimes adhérences.
Du côté gauche, c'est seulement quand le pneumogastrique arrive près de la racine du poumon qu'il laisse échapper le récurrent. Pour se réfléchir en avant, celui-ci se contourne de gauche à droite derrière la crosse de l'aorte, et arrive sous la face inférieure de la trachée parmi les nerfs cardiaques, avec lesquels il communique comme celui du côté droit.
Les nerfs laryngés inférieurs se trouvent donc, à une distance plus ou moins prolongée de leur point de départ, mélangés aux cordons nerveux sympathiques qui constituent, par leur ensemble, le plexus trachéal f Voir la description du grand sympathique). Ils s'en dégagent bientôt pour sortir de la poitrine, toujours en rampant sur la face inférieure de la trachée, puis montent sur les côtés de ce tube cartilagineux, en dessous des carotides, dont ils se rapprochent peu à peu. Ces nerfs atteignent enfin le larynx, en pénétrant sous le muscle crico-pharyngien.
Leurs divisions terminales s'épuisent dans les muscles crico-aryténoïJiens postérieurs et latéraux, aryténoïdien et thyro-aryténoïdiens.
Sur leur long trajet, ils émettent des ramuscules collatéraux, ascendants comme eux, lesquels sont destinés à la muqueuse et à la couche charnue de la trachée, ainsi qu'à l'œsophage.
Branches terminales des pneumogastriques. — 1" Plexus bronchique (fîg. 191, 29). — Le plexus bronchique est formé par plusieurs rameaux qui s'échappent des pneumogastri(|ues à l'arrivée de ce nerf au-dessus des racines des poumons, rameaux entrelacés en réseau et ramifiés autour des divisions bronchiques, qu'ils suivent dans l'intérieur de l'organe pulmonaire. Ce sont ces rameaux qui donnent à la muqueuse des broiichos sa grande sonsibilité et (jui provoquent les contractions évidentes dont elle est le siège.
2° Cordons œsophagiens (fig. 191, 30, 31). — Après avoir émis les rameaux du plexus l)ronchique, chaque pneumogasiriquc se conlinue le long de l'œsophage par deux branches, l'une supérieure, l'autre inférieure ; ce qui fait quatre branches pour les deux nerfs. Les deux supérieures s'accolent et se confondent en un seul rameau, soit iuiniédiatement, soit après avoir accompli un certain trajet ; les deux inférieures se comportent de la même manière l'une avec l'autre : double anastomose d'où résultent les deux cordons (pie nous avons à décrire, cordons dits œfiop//ar/ier,s, à cause de leur situation.
Ces deux nerfs, placés entre les lames du niédiaslin postérieur, suivent l'œsophage, à une certaine distance, l'un au-dessus, l'autre au-dessous, abandonnent quelques ramuscules à ce conduit musculeux, s'envoient une ou deux branches de comnuinication, et traversent l'ouverture du pilier droit du diaphragme pour pénétrer dans la cavité abdominale.
l,' inférieur se termine dans les parois de l'estomac, en formant sur la petite courbure, h droite du cardia, un plexus très riche, qui jette le plus grand nombre de ses ramuscules sur le sac droit du viscère.
Le supérieur passe à gauche de l'insertion de l'iesophagc avec l'artère gastropulmonaire, et se perd dans le plexus solaire, après avoir envoyé sur le sac gauche de l'estomac de nombreuses divisions, mêlées aux rameaux sympathi(pies (pii entourent l'artère gaslricpie, et anastomosées autour du cardia avec celles du cordon inférieur. Il est fort difficile de suivre les fdels de ce cordon des pneumogastriques après leur arrivée au plexus solaire ; ou en voit cependant ([uelques-uns se rendre au foie, d'autres s'accoler aux branches sympathiques qui vont du plexus solaire au plexus de la mésentérique postérieure en suivant la petite veine mésaraïque ; sans doute que les autres se retrouveraient au milieu des fdets du trisplanchnique qui accompagnent les branches de l'artère mésentérique antérieure.
Fonctions du pneumogastrique. — Formé de fd)res des deux ordres, le pneumogastrique est un nerf sensitivo-moleur, siège de courants réflexes qui lui font jouer un rôle important dans plusieurs actes de la vie végétative, et qui le rapprochent ainsi du nerf grand sympathique, avec lequel on a vu du reste que la dixième paire entretient des connexions anastomotiques sur plusieurs points de son trajet.
C'est le pneumogastrique qui donne à la muqueuse du larynx l'exquise sensibilité dont elle jouit.
C'est lui qui met enjeu les muscles moteurs du môme appareil.
(rest à lui (pi'est due aussi la sensibilité de la muqueuse broncho-pulmonaire.
C'est lui qui excite les contractions des libres charnues de l'arbre trachéo-bronchique, contractions involontaires placées sous la dépendance du pouvoir réflexe.
C'est lui encore qui provoque les mouvements de l'œsophage et de l'estomac, mouvements également involontaires dus aux courants réflexes.
Peut-être agit-il d'une manière analogue, c'est-à-dire par actions réflexes, sur la sécrétion du suc gastrique et sur les fonctions du foie ; mais ce sont là des points sur lesquels la science n'est point fixée.
Il paraît prouvé qu'il n'exerce aucune influence directe sur les phénomènes essentiels de la respiration.
Il paraît prouvé aussi qu'il agit sur le cœur d'une manière énergique, mais
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 697
assez mal déterminée. On sait seulement qu'après sa section, dans la région du cou, les mouvements du cœur deviennent très précipités, et qu'on peut diminuer l'énergie de ces mouvements, ou même les arrêter complètement, en galvanisant le bout périphérique du nerf.
H" O.NZIÈMK PAIRE, OU NERFS SPINAUX, OU NERFS ACCESSOIRES DES PSEUJIOCASl RIQUES
(fig. 184. 191).
Le spinal est un nerf exclusivement moteur qui entretient, à sa sortie du crâne, des connexions si intimes avec le pneumo gastrique qu'on déviait peut-être, à l'exemple de Millier, décrire ces deux nerfs comme formant une seule et même paire.
Origine. — ■ Ce nerf présente cette disposition singulière, qu'il naît de toute l'élcnduedo la moelle cervicale, et qu'il remonte dans le canal racliidien jusqu'auprès du pneumo gastrique, avec lequel il sort de la cavité crânienne, par le irou déchiré postérieur. Aussi le décrit-on comme nerf encéphalique à cause de celle dernière pariiculariié, car il est plutôt nerf rachidien par son origine, ce qui, du reste, est suffisamment indiqué par le nom sous lequel ou le désigne généialement.
Dans l'intérieur du canal rachidien, le spinal représente un cordon long de 70 à 80 centimètres, chez les animaux de taille moyenne (l). Ce cordon commence par une pointe très effilée sur le bulbe ou renflement cervical de la moelle épinière^ suit cet organe par un trajet ascendant, en s'accolant immédiatement à son faisceau latéral et en passant entre les deux ordres de racines des nerfs cervicaux, arrive ainsi sur le bulbe rachidien et s'inlléchit en dehors, au niveau du trou déchiré postérieur, dans lequel il s'engage pour sortir du crâne.
Dans ce trajet ascendant, le spinal augmente graduellement de volume, car il reçoit de distance en distance des filets de renforcement nés du faisceau latéral de la moelle, comme l'extrémité radiculaire du nerf elle-même. Avant de sortir du crâne, il reçoit de plus quelques-unes des racines postérieures ou motrices du pneumo gastrique. Dans le trou déchiré, on le voit s'accoler au ganglion de ce dernier nerf, à la manière des fibres motrices des nerfs mixtes, et lui abandonner même quelques-uns de ses filets propres. (Voir la fig. 186.)
Distribution. — Le spinal, au delà du ganglion du pneumo gastrique, reste accolé au tronc de ce nerf dans l'étendue de 2 centimètres environ. Il s'en sépare en formant avec lui un angle aigu dont le sinus est occupé par le nerf grand hypoglosse, [)uis il se dirige en arrière, passe sous l'exirémilé supérieure de la glande maxillaire et du mastoïdo-huméral, gagne le bord postéro-supérieur de ce muscle, et le suit jusqu'en avant de l'épaule. Il remonte alors légèrement, croise cette dernière région sous la face interne du trapèze cervical et va se perdre dans le trapèze dorsal.
Il émet sur son passage : 1° un ou deux filets pour le ganglion cervical supérieur, filets toujours forts, procédant du spinal, par un petit lacis plexiforme, au point où ce nerf se sépare du pneumo gastrique; 2° vers la glande maxillaire, une grosse branche pour le muscle sterno-maxillaire; 3" un peu plus loin, un autre rameau
(I) Toutes proportions gardées, ce cordon est beaucoup plus court chez les autres animaux que dans les Solipèdes.
destiné à la poiUoii anléiieure du mastoïdo-huméral ; 4° une série de ramuscules qui sejeilenidansle trapèze cervical.
Dans son trajet, le spinal traverse la partie antérieure du plexus cervical superficiel, et reçoit des rameaux de renforcement des première, deuxième, troisième, quatrième, cinquième et quelquefois même sixième paires cervicales,
12° Douzième paire, ou nerfs grands hypoglosses (fig. 185).
Le nerf graml hypoglosse, ou simplement X hypoglosse, est un nerf exclusivement moteur qui anime les muscles de la langue.
Il prend son origine sur la face inférieure du bulbe rachidien, sur le prolonge-
FiG. 185 (*).
(*) Fig. 185. — Nerfs profonds de la tête. — 1. Nerf maxiUait'e supérieur à sa sortie du trou tle'chiré. 2. Tronc du nerf masseleriu. j. Tronc du nerf sous-zygomatique. 4. Nerf buccal, a. Nerf lingual. G. Corde du tympan. 7. Le ni'rf majilliiire inférieur coupé vers le point où il entre dans le conduit rnaxillo-dentaire. 8. Tronc du nei f niylohvcijJieii. !>. Nerf ptérygoïdieu. 10. Nerf glossopliaryngii'n. 11. Branche ph iryngienne de ce nerf. 1:2. Brunclie linguale du même 13. Nerf paeunio gaslrifjue. 14. Hameau laryngé supérieur de ce nerf. 1.5. Rameau pharyngien du même. 16. Nerf accessoire rie Willis ou spin.il. 17. Nerf grand hypoglosse. 18. Origine du cordon cervical du t:rand sympathique. 19. Le même api es sa réunion avec le pneumogastrique. — A. Artèie carotide primitive. B. A. ihyionlienne accessoire. C. A. ihyroluryiigienne. D. l'oint d'origine de la cirotide interne vaisseau caché par la poche gultuiale). E. A. occipitale. F. A. rarotide externe. G Artère maxillaire interne. H. A. pharyngienne (représentée infiniment liop volumineuse). /. A. maxillaire externe. J. A. linguale. A". Origine de la maxillo-musculaire. L. A. auriculaire postérieure, M. Tronc ou oiigine de l'artère temporale supei ficielle. O. A. dentaire inféiienre. P. A. temporale profonde postérieure. Q. A. Temporale prof mile antérieure, fi. Glande maxillaire. S. Canal de VVharton. T. Glande sublinguale. — La lettre N placée à l'extrémité supérieure de lu grande branche hyoïdienne ne se rapporte à rien; on ne doit point en tenir com|)le.
I NERKS RACHIDIENS. 699
ment de la ligne d'inseilion des racines spinales inférieures, par une douzaine de lilcls convergents. Ceux-ci traversent la dure-mère en deux ou trois faisceaux, qui s'engagent dans le trou condylien de l'occipital, où ils se réunissent en un seul cordon.
L'hypoglosse ainsi constitué communique, immédiatement après sa sortie du
i trou condylien, avec la première paire cervicale au moyen d'un rameau transversal
j qui a été représenté dans la figure 191, puis il passe entre le spinal et le pneumo-
i gastrique, descend sur la face externe de la poche gutturale, et se met alors en re-
i lation avec le ganglion cervical supérieur du grand sympathique, par de nombreux
filets qui forment en grande partie le lacis plexiforrae désigné sous le nom de
plexus guttural. Le grand hypoglosse croise ensuite en dehors l'artère carotide
externe, en se portant en avant et en bas sur le côté du pharynx et du larynx, reçoit
à ce point un grêle ramuscule delà première paire cervicale, passe en dedans de
' l'extrémité inférieure du muscle grand kérato-hyoïdien et de l'artère glosso-faciale,
qu'il croise très obliquement, se prolonge entre les muscles mylo-hyoïdien et basio-
glosse, envoie de nombreux petits filets sur celui-ci, avec un rameau au génio-
hyoïdien, et se tcrniine enfin par une série de branches analogues à celles du nerf
lingual et mêlées avec elles. Ces branches se réfléchissent donc par en haut, en
rontournantle bord postérieur du basio-glosse, etrampcMit dans l'interstice compris
eiiire ce dernier muscle et le génio-glosse. Elles se terminent tintes dans les muscles
(11' la langue.
M::i\I-\S 1\A Cil I DÎILNS.
On appelle nerfs rachidiens, ou encore m-rfs vertébraux ou s/jinaux, ceux qui émanent de la moelle épinière, et qui sortent du canal vertébral par les trous de conjugaison pour se porter aux organes.
On en compte Zi2 ou ^3 paires réparties comme il suit dans les cinq régions du rachis : 8 paires cervicales, 1 7 paires dorsales, 6 paires lombaires, 5 paires sacrées, et 6 à 7 paires coccyr/iennes.
Ils diffèrent des nerfs encéphaliques en ce qu'ils présentent entre eux la plus grande analogie dans les points fondamentaux de leur constitution. Ainsi tous prennent naissance sur les côtés de la moelle par deux ordres de racines, les unes motrices, les autres sensitives. Dans tous, ces deux ordres de racines se réunissent en traversant le trou de conjugaison pour former un tronc commun fort court. Dans tous, ce tronc se divise {)resque immédiatement en deux branches terminales : l'une supérieure, destinée aux muscles spinaux et aux téguments qui les recouvrent ; l'autre inférieure, se rendant dans les parties latérales et inférieures du tronc, ou dans les colonnes de soutien qui constituent les membres. Tous enfin envoient de \o.uv branche inférieure un ou plusieurs rameaux pour la formation du grand sympathique.
Les racines des nerfs spinaux oiïrent partout la même disposition; elles sont constituées, pour chaque nerf, par deux faisceaux de filets convergents, les uns supérieurs, les autres inférieurs, naturellement plus nombreux et plus forts quand ils appartiennent à des troncs volumineux, comme on le renKir(|ue pour ceux qui naissent des deux renflements de la moelle. L'axe commun de ces deux faisceaux affecte une direction transversale dans la plus grande partie des paires rachidiennes; mais celui des nerfs postérieurs s'incline en arrière, et d'autant plus, qu'on se rapproche davantage de l'extrémité terminale de la moelle.
Les filets des faisceaux supérieurs, ou les racines sensittues, plus forts que les autres, émergent du sillon collatéral de la tige médullaire.
Les filets des faisceaux inférieurs, ou les racines motrices, naissent à l'opposé, c'est-à-dire sur la face inférieure de la moelle, à une petite distance de la ligne médiane, sur la limite du cordon inférieur et du cordon latéral.
Ces filets ne se réunissent en un tronc commun qu'après avoir traversé la duremère, tronc extrêmement court qui occupe le trou intervertébral correspondani, et qui présente, sur sa face supérieure, un renflement ganglionnaire exclusivement placé sur le trajet des fibres sensitives, les fibres motrices lui étant simplement accolées et se trouvant mélangées aux premières seulement au delà du ganglion.
Après leur sortie de la gaîne méningienne, les faisceaux radiculaires des nerfs fournis par l'extrémité terminale de la moelle épinière parcourent un assez long trajet, dans le canal sacré, avant de se réunir définitivement et de s'échapper dans les tissus, (/est au faisceau commun qu'ils forment, par leur ensemble, à l'extrémité postérieure du canal rachidien qu'on donne le nom de queue de cheval.
Quant aux branches de distribution des nerfs spinaux, elles ne se prêtent point à des considérations générales à cause de la diversité qu'elles présentent. Nous allons les étudier successivement dans chacune des régions du rachis.
Art. I. — Nerfs cervicaux (8 paires).
Brandies supérieures. — lApremièrc passe par le trou supérieur de l'atlas en compagnie de l'artère cérébro-spinale. Elle arrive dans l'interstice qui sépare le petit oblique de la tèle des droits postérieurs, et se divise immédiatement en plusieurs brauchcs divergentes qui se distribuent dans les trois nuiscles sus-nonnnés dans l'extrémité antérieure du grand complexus, et dans les muscles cervico et temporo-auriculaires. Le rameau qui se porte à ces derniers organes monte en dedans de la conque, et s'épuise par plusieurs filets dans la peau de l'oreille externe.
La deuxil'me fournit immédiatement quelques ramuscules au grand oblique, sous lequel elle se trouve située, ainsi qu'au petit oblique. Elle se dirige ensuite en arrière, en se comportant comme les suivantes.
Celles-ci diminuent de volume de la troisième à la huitième. Toutes perforent les intertransversaires du cou, et se divisent en plusieurs rameaux destipés aux muscles et aux téguments de la région cervicale supérieure. Parmi ces rameaux, les uns superficiels, presque rudimentaircs dans les deux dernières paires, gagnent
NERFS clrvica.l:x. 701
la face interne du spléiiitis. Les au Ires, profonds et plus volumineux, croisent le Iransversaire épineux, et moulent, en se divisant, entre le grand complexus et le ligament cervical, jusqu'auprès du bord supérieur de cette grande lame élasti(|ue. Ils communiquent généralement ensemble par plusieurs filets, d'où le nom de plexus cervical profond donné par Girard au réseau qu'ils forment à la face interne du grand complexus.
Br»uchcs inférieures. — Ccs braiiclies uervcuses, dont le volume augmente de la première à la dernière, se divisent en deux groupes parfaitement distincts. J.es six premières couvrent de leurs divisions les parties latérale et antérieure du cou, ainsi que les muscles du poitrail. Ordinairement anastomosées entre elles au moyen de longs rameaux de communication, elles forment ainsi un vaste réseau nerveux traversé par deux nerfs importants, le spinal et le filet cervical du facial, réseau (lu'on a désigné sous le nom de plexus cervical superficiel. Les deux autres s'unissent avec les précédentes par un filet jeté entre la sixième et la septième; bientôt confondues entre elles, ainsi qu'avec les deux i)remières branches de la région dorsale, elles constituent en commun avec celles-ci \q plexus bracIduL
Sans nous arrêter davantage sur ladisposition de ce double ensemble plexiforme, nous passerons à la description de cha(|ue paire cervicale en particulier.
Premiljre. — Située profondément sous l'apophyse transverse de l'atlas, elle sort du trou antérieur de cette vertèbre, et accompagne l'artère et la veine occipitales, pour se placer immédiatement entre le petit droit antérieur et le droit latéral delà tète. Puis elle croise le grand droit antérieur et le nerf spinal, qu'elle sépare l'un de l'autre, arrive, en décrivant une légère courbe à concavité antérieure, près de la glande thyroïde, et se jette dans l'extrémité supérieure du sous-scapulo-hyoïdien, par plusieurs divisions terminales.
Près de son origine, cette branche inférieure du premier nerf cervical fournit des rameaux collatéraux aux trois nmscles droits. Plus bas, elle s'unit par un ou plusieurs filets do communication avec le ganglion cervical supérieur et le nerf spinal. Au niveau de la carotide, elle envoie en avant, sur le côté du larynx, un filet très grêle, divisé bientôt en deux ramuscules, l'un qui s'unit au grand hypoglosse, l'autre qui va se perdre dans le nmscle hyo-thyroïdien. Puis elle laisse échapper, du côté de sa convexité, plusieurs petits nerfs à trajet descendant, tous destinés au sous-scapulo-hyoïJien, ainsi qu'aux muscles sterno-hyoïdien et thyroïdien. L'un de ces filets, renforcé par un rameau de la deuxième paire, se distingue par sa grande longueur; on peut le suivre effectivement jusqu'auprès du sternum, où il s'épuise dans la masse charnue commune aux quatre muscles qui s'étendent de cet os au larynx et à l'hyoïde; sa disposition constante pourrait lui mériter le nom de nerf pré-trachélien.
Deuxième. — Elle descend sous le grand oblique, en croisant la direction du grand droit antérieur et en se ramifiant par de nombreuses branches. Nous indi- (picrons spécialement : 1° celles qui s'épuisent dans le grand droit antérieur, les l)lus courtes et les plus profondes; 2" Vanse atloïclienne, long et fort rameau superficiel, qui perce la portion antérieure du mastoïdo-huméral, pour se diriger en avant et en haut, sur la parotide, en contournant l'apophyse iransverse de l'atlas : ce rameau abandonne des filets au muscle parotido-auriculaire, ainsiqu'au peaucier
702 DES NERtS.
de la face, el se leniiiiie par deux branches priiici|)ales d'inégal volume : la plus forte remonte sur le côté externe de la conque; l'autre, située en arrière, gagne les muscles cervico-auricuiaires; 3" une autre branche superficielle, qui passe sur la jugulaire, vers l'embouchure de la glosso-faciale, et qui se divise aussitôt en deux rameaux : ceux-ci se dirigent en avant et accompagnent la veine glosso-faciale jusque dans l'auge, oi^i ils s'épuisent dans la peau et le peaucier; U° des fileis anastomnti(iues qui s'unissent aux deux branches du spinal; 5° des ramuscules de renforcement pour le filet cervical du facial; 6" deux branches de communicalion qui se rendent, l'une à la première, l'auire à la troisième paire, en rampant sur le muscle trachélo-sous-occipital; T un rameau profond, allant se réunir au filet pré-trachélien de la première paire et donnant directement quelques fines divisions au muscle omoplal-hyoïdien ; 8° une dernière branche qui prend naissance au niveau du trou de conjugaison et qui s'engage, avec l'artère vertébrale, dans le trou Irachélien de la deuxième vertèbre d'abord, puis des vertèbres suivantes, pour aller s'insérer sur le ganglion cervical inférieur du grand sympathique, après avoir reçu sur son passage des filets de renforcement émanés des troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième paires.
Troisième, quatrième, cinquième, sixième. — Chacune d'elles traverse lesinler- Iransversaires du cou par un interstice différent de celui qui livre passage à la branche supérieure correspondante. Elles gagnent ensuite la face interne du mastoïdo-huméral, où elles se divisent en rameaux profonds et en rameaux superficiels.
Les premiers se distribuent aux muscles profonds des côtés et de la partie antérieure de l'encolure. On doit distinguer parmi eux ceux qui font communiquer les quatre paires entre elles et la troisième avec la seconde. Très longs et très grêles, ces filets sont couchés sur le côté de la forte colonne musculeuse formée en avant de la tige cervicale par le droit antérieur, le long du cou et le scalène, où ils forment tantôt des arcades, tantôt des anastomoses par convergence. Ceux de la cinquième et de la sixième paires, en se réunissant sur le bord antérieur du scalène avec une branche du plexus brachial, constituent le nerfdiapliragmatique, dont il sera question plus loin.
Quant aux rameaux superficiels, ils gagnent la surface externe du masloïdohuméral, en traversant la substance de ce muscle ou en passant entre ses deux portions. Beaucoup plus nombreux et plus forts que les précédents, ils se distribuent soit en avant dans le peaucier du cou, soit en arrière dans le trapèze, soit en bas dans le masloïdo -humerai et le pectoral superficiel. Ceux qui vont à ces deux derniers muscles sont très longs et très volumineux ; ils représentent les branches susocromienne et sus-claviculaire du plexus cervical de l'homme. On remarquera que les filets postérieurs communiquent généralement avec le spinal, tandis que les antérieurs, en rencontrant fur la jugulaire le rameau trachélien du facial, lui abandonnent souvent quelques fibres anastomotiques.
Septième. — Branche énorme qui sort de l'interstice pratiqué entre les deux portions du scalène pour se jeter tout entière dans le plexus brachial. Elle reçoit communément un rameau anastomotique du filet diaphragmatique fourni par la sixième paire.
NERhs LOMBAIRES. 705
Huitième. — Plus grosse que la précédciiie, et se comportant comme elle. Elle fournit directement au ganglion cervical inférieur son rameau anastomotique.
Art. II. — Nerfs dorsaux (17 paires).
Ces nerfs, au nombre de dix-sept paires, se comportent d'une manière extrêmement simple, et à peu près identique pour tous; aussi leur description est-elle loin de présenter la complication des nerfs de la région cervicale.
Branches inférieures. — Elles présentent deux rameaux principaux destinés aux muscles spinaux et à la peau de la région dorso-lombaire. L'un monte vers le sommet des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, en passant entre le transversaire épineux et l'ilio-spinal ; l'autre se dirige en dehors, en traversant la substance de ce dernier muscle.
Branches inférieures. — Celles-ci sont plus considérables que les précédentes, et descendent dans les espaces des côtes, entre la plèvre et les intercostaux internes, ou dans l'épaisseur même de ces muscles. A l'exception de la première, dont la disposition est différente, on les voit passer d'abord sur la léte de la côte postérieure, pour gagner le bord convexe de la côte anlérieure, et le suivre jusqu'à l'extrémité de l'espace intercostal. Elles se terminent alors de la manière suivante : celles des côtes sternales traversent les muscles pectoraux, leur donnent des filets et vont s'épuiser dans la peau de la région sous-thoracique. Celles des côtes asternales se plongent dans les muscles abdominaux, en pas.^ant entre le transverse et le grand droit; elles fournissent également des filets cutanés pour la peau du ventre.
Près de leur origine, les branches inférieures communiquent avec le grand sympathique, par plusieurs filets pour la plupart.
Dans leur trajet, elles fournissent de nombreux et minces ramuscules aux muscles intercostaux. Elles donnent de plus, vers le milieu de leur longueur, un très gros rameau, la branche perforante intercostale, qui traverse les muscks costaux et descend sous le pannicule charnu, en se ramifiant, partie dans ce muscle, partie dans la peau. Les perforantes les plus antérieures s'anastomosent généralement avec la branche sous-cutanée thoracique du plexus brachial.
Quant à la première paire dorsale, sa branche inférieure se jette dans ce dernier plexus. Elle fournit néanmoins un rameau intercostal, toujours extrêmement grêle, qui se porte sur le muscle intercostal externe pour s'épuiser dans sa substance bien avant d'arriver sur le sternum.
La deuxième paire concourt également à la formation du plexus brachial; mais seulement par un rameau peu volumineux.
Art. III. — - Nerfs lombaires (6 paires).
Brandies supérieures. — Destinées aux muscles spinaux et aux téguments des lombes et de la croupe, elles sont plus fortes que les branches correspondantes de la région dorsale, et présentent une disposition analogue. Ainsi elles offrent
lOh DES NEKIS.
des rameaux supérieurs pour les muscles de l'épine, el des rameaux exlernes fort longs, qui traversent ces muscles pour se distribuer à la peau de la croupe.
Branches inféricuves. — La première, comprise d'abord dans l'inteivalle qui sépare la dernière côie de la première apopiiyse iransverse lombaire, cnire le carré lombaire et le grand psoas, se porte en bas et en arrière, entre le transverse et le petit oblique de l'abdomen, auxquels elle donne des (ilels, pour aller se perdre dans le grand droit. Elle fournit, au-dessus du bord supérieur du muscle petit oblique, une branche perforante pour la peau du flanc et la partie postérieure du pannicule charnu.
La deuxième, disposée de la même manière que la précédente, suit un trajet analogue, et se perd surtout dans la substance du petit oblique, par plusieurs rameaux. De l'un de ces rameaux émane quelquefois un grêle filet qui va s'unir à l'un dos nerfs inguinaux de la troisième paire. On ne doit point oublier, dans l'indication des branches émises par cette deuxième paire lombaire, deux nerfs pcrforanls, qui descendent en avant et en dedans de la cuisse pour se distribuer à la peau du flanc et de la région crurale interne.
La [roisième (1) marche également en dehors, au-dessus des psoas, qui reçoivent d'elle plusieurs divisions, et va se ramifier dons les muscles du flanc. Llle a aussi des nerfs perforants. IMais ces nerfs, desliiiés à la région inguinale, se comportent d'une manière assez intéressante pour mériter une mention particulière. Ils sont ordinairement au nombre de trois : un nerf inguinal interne et deux nerfs inguinaux exlernes. Tous trois s'engagent d'abord sous le péritoine, et se dirigent en arrière, en bas et en dehors, vers le canal inguinal, dans lequel ils entrent, en se plaçant l'un en dedans, les deux autres en dehors du cordon testiculaire. Ils abandonnent quehiues filets au crémastcr et aux muscles abdominaux, et vont enfin se ramifier dans les enveloppes tesiiculaires, le fourreau et la peau de la région inguinale. Souvent les deux nerfs externes se confondent en un seul tronc à leur arrivée sur le muscle crémaster. Quant à la disposition qu'ils affectent les uns elles autres à leur origine, elle est extrêmement variable : tantôt, en effet, ils ont chacun une origine distincte et traversent isolément, soit le petit, soit le grand psoas, soit l'interstice compris entre ces deux muscles. D'autres fois, le nerf inguinal interne et l'un des nerfs externes procèdent d'un tronc commun, au niveau du trou de conjugaison, le second nerf externe naissant alors isolément vers le bord externe du grand psoas. Le plus souvent, le nerf interne reçoit de la quatrième paire une branche de renforcement; il est même quelquefois enfièrement formé par cette dernière branche. Cette variété de disposition n'est point, du reste, l'apanage exclusif des nerfs inguinaux : nous avons pu voir la troisième paire fournir seulement ces trois nerfs et les filets des psoas, sans se prolonger dans les muscles du flanc.
La quatrième {branche fémoro-cutanée du plexus lombaire de l'homme) perce le petit psoas ou s'engage dans l'interstice qui sépare ce muscle de son congénère, le grand psoas. Après avoir rampé entre le péritoine et l'aponévrose lombo-iliaqne, elle arrive sous l'angle de la hanche et sort alors de l'abdomen; puis elle descend
(t) Représente les branches uhdomino- génitales cl fénwro-génitale de l'iiornmc.
NEUFS SACHES. 70o
Cl) dedans el cii avaiil du muscle fascia iata et se pioiongc, accompagné par les divisions de l'artère circonflexe iliaque, jusque sur la rotule, où elle s'épuise dans la peau. A son origine, elle abandonne : 1° un gros et court rameau pour le grand psoas; "2° une forte branche anaslomotique qui va concourir à la formation du plexus lombo-sacré; 3° un filet qui se joint au nerf inguinal interne fourni par la troisième paire : nous avons déjà dit que ce nerf émane quelquefois tout entier de la quatrième paire.
La cinquième et la sixième, beaucoup plus volumineuses f|ue les précédentes, s'unissent ensemble et avec les trois premières paires sacrées pour former le plexus nerveux du membre abdominal.
Toutes les branches lombaires inférieures comniuui([ucnl avec le grand sympathique, par plusieurs filets (jui passent à travers les faisceaux du petit psoas. Toutes communiquent entre elles, les ûl'ux dernières par une vérita!)le fusion, les cinf[ premières au moyen de branches auaslomotiques i)!us ou uioins voliunineuses qui sont loin d'être constantes.
Art. IV. — Xeiu'S sacués (.j paires).
Nous décrivons comme 7}erfs sacres non-soulemeni les quatre doubles cordons qui sortent par les trous latéraux de l'os sacrum, usais encore le nerf qui s'échappe du trou de conjugaison percé entre cet os et la dernière vertèbre lombaire.
Branches supcrîcHres. — Ce sont de petits rameaux engagés d'abord dans les trous sus-sacrés, gagnant les muscles logés sur les côtés de l'épine sacrée, et se terminant à la peau de la croupe.
Branches inférieures. — Gros troncs nerveux qui diminuent de volume du premier au cinquième, et qui sortent du canal sacré pour se porter en bas et en arrière sur les côtés de la cavité pelvienne.
La première, la seconde et la troisième se dirigent vers la grande ouverture sciatique, el se soudent en une large bande nerveuse qui constitue la partie pelvienne du plexus lombo-sacré, dont il sera question ci-après.
La quatrième el la cinquième cheminent sur le côté de la cavité pelvienne dans l'épaisseur du ligament ischialique, ou môme eu dedans de ce ligament. Réunies entre elles, à leur base, par un fdet anastomotique, elles ne communiquent point ordinairement, du moins d'une manière directe, avec le faisceau formé par les trois premières paires.
La quatrième constitue le nevi honteux interne, qui passe entre les deux racines du corps caverneux en contournant l'arcade ischiale, où il se trouve presque accole h celui du côté opposé. Ce nerf descend ensuite sur le bord dorsal de la verge, mêlé aux mailles du magnifique plexus veineux sus-pénien, et en décrivant des flexuosités qui lui permettent de se prêter à l'allongement du pénis. Arrivé à l'extrémité de cet organe, il se termine par de nombreuses divisions, dans le tissu éreclile propre à cette extrémité, ou dans la muqueuse qui la revêt. Chemin faisant il émet de très longues branches également flexueuses, dont les ramifications ultimes pénètrent dans le corps caverneux ou se rendent au canal de l'urèthre; bien avant sa sortie du bassin, il laisse échapper en arrière deux minces rameaux
dcyiiiiôi, aux musclos cl à la peau de la rôgioii liériiiéo-analt'. Ces rameaux, de même que le iieil" principal, reçoivent des liiets aiiasiomotiques d'une des branches ischio- musculaires du plexus loudîo-sacré.
La cinquième oonslituele nerf «/i«/ ou liéniorrhoidal. Ce nerf se porle vn arrière au-dessus du précédent, et s'épuise dans le muscle sphincter et les téguments environnants. Avant de sortir du bassin, il donne un rameau au releveur de l'anus.
Les cinq branches sacrées inférieures émettent, [)rès de leiu* origine, un filet plus ou moins grêle qui se porte dans le plexus pelvien ou hypogastrique. Les rameaux anastomotiques au moyen desquels elles conmiuniquent avec la cliaîne sympathique sont généralement gros, courts et inultiples.
Art. V. — Nerfs coccygiens (6 à 7 paires).
On trouve dans la région coccygienne deux paires de cordons nerveux, placés, l'un sous le muscle abaisseur de la queue, l'autre sous le sacro-coccygien latéral. Ces deux cordons s'élendent jusqu'à l'exlrémilé de la queue, en émettant sur leur trajet des filets musculaires ctcutanés. Ils sontformés par les branches supérieures et inférieures des paires coccygiennes, qui se réunissent de proche en proche, de manière à former deux nerfs.
Ces branches coccygiennes sont au nombre de six à sept bien distinctes. Elles diminuent de volu)ne de la j)remière à la deriiière. La première ne donne qu'un mince filet pour la formation de chaque cordon C(!ccygien ; elle s'épuise surtout dans les téguments et les muscles de la base de la queue.
Art. VI. — Kerfs composés formés par les brancbes inférieures des paires
RACIIIDIENiNES.
Nous savons déjà que ces nerfs représentent trois groupes : 1° le ncrfdiaphmgmatique ; 2" le plexus brocltial ; 3" le plexus fontbu-sacré. Nous les étudierons dans cet ordre.
§ ï. — Merf diapbragmatique.
Le nerf diapliragmalique est constitué par deux branches principales et par un petit rameau accessoire dont l'existence n'est pas constante. Celui-ci vient de la cinquième paire cervicale ; les deux autres procèdent, l'un de la paire suivante, l'autre du plexus brachial. Le rameau de la sixième paire perce le scalcae inférieur de dedans en dehors, fournit un fdet au plexus brachial, et descend obliquement en arrière, à la surface du nuiscle (|u'il a traversé, pour se réunir vers l'entrée de la poitrine au rameau du plexus précité. Cette dernière branche, plus courte et généralement plus forte, provient exclusivement de la septième paire cervicale.
Le tronc du nerf diaphiagmatique, ainsi formé, s'engage dans la cavité thoracique, après avoir reçu le ramuscule de la cinquième paire (quand il existe), passe en dedans de l'artère axillaire, avec le nerf j)nouniogastrique, et i cçoit, à ce point, souvent sinon toujours, un filet du grand sympal!ii(|ue. Puis il gagne le côté de la base du cauu', en rau)panl sous la plèvre, et atteint enfin le centre phrénique,
l'LExis uiîvciiiAr,. loi
après un lr;ijol de '2 décimètres au moins entre les deux lames du médiasliii postériem-, le nerf gauche dans !e médiastin proprement dit, celui du côté droit dans la cloison séreuse affectée spécialement à la veine cave postérieure.
31ênie avant son arrivée sur le centre aponévroiique, le nerf qui nous occupe se divise en plusieurs branches, dont les ramifications se portent à la périphérie du muscle diaphragme.
§ II. — Flexus brachial, (lly. 180).
Ce plexus comprend un énorme faisceau de nerfs situé entre la paroi thoraciquc et la face interne du membre antérieur, faisceau fourni par les branches inférieures des sixième, septième, huitième paires cervicales, et des deux premières dorsales, et principalement destiné aux muscles et aux téguments du membre de devant.
Mode de constitution. — La sixième paire cervicaie ne concourt à la formation de ce plexus que par le mince fdet qui provient de son rameau diaphragmatique. Les deux suivantes s'y épuisent tout entières. De même la première paire dorsale, sauf le très petit ranuiscule qui constitue le premier nerf intercostal. Quant à la racine fournie parla deuxième paire dorsale, elle ne représente qu'une assez faible partie de sa branche inférieure, l'autre partie servant à former un nerf intercostal as.sez volumineux.
On voit ces diverses branches converger l'une vers l'autre et gagner l'interstice compris entre les deux scalènes. Là, elles se réunissent en un seul faisceau, et se confondent en s'envoyant réciproquement des fibres et des rameaux, qui se séparent bientôt en un certain nombre de divisions, dontnou.s exposerons la disposition ci-après. On remarquera que l'entrecroisement des branches composantes du plexus brachial ne se fait point d'une manière confuse et irrégulière. Si le chevauchement des rameaux qu'elles reçoivent les unes des autres n'a pas lieu suivant un mode constant, il est loin, du moins, d'être inextricable. Aussi peut-on suivre facilement juscju'à une certaine distance, dans les divisions émises par le plexus brachial, les filets nerveux qui proviennent de telle ou telle paire rachidienne.
Ce fai.sceau d'origine du plexus brachial est très large et très court. Il se trouve d'abord compris entre le scalène supérieur et le long du cou. A son passage entre les deux scalènes, il contourne la première côte par son bord postérieur et répond en dedans h l'artère et à la veine vertébrales, ainsi qu'au filet nerveux qui accompagne ces deux vaisseaux, c'est-à-dire le rameau vertébral destiné au sympathique.
Mode de distribution. — Immédiatement après sa sortie de l'interstice des scalènes, le plexus brachial arrive sous l'épaule, près de l'angle scapulo-huméral. Là, il se partage en un certain nombre de branches, parmi lesquelles nous regardons comme impossible de distinguer des divisions terminales et des rameaux collatéraux. Aussi les décrirons-nous les unes après les autres, sans nous préoccuper de cette distinction, en commençant par celles qui vont au tronc, pour continuer par les branches destinées au membre. Ces dernières seront examinées dai]s l'ordre suivant : les plus courtes d'abord, c'est-à-dire celles qui se rendent aux rayons supérieurs du meujbic, et, en dernier lieu, les plus longues, ou celles qui gagnent le pied.
Toutes ces divisions sout iiomiiiêes et classées dans l'énumération qui va suivre : \° Brandtes diaphragmatiques ; 2° Brandie de l'oMcjulaù^e et du r/ioinbotde ; 3" Branche du grand dentelé ou tlioracique supérieure ; i" Branches des pectoraux ou thoraciques inférieures ; 5° Brandie sous-cutanée thoracique ; 6° Branche du grand dorsal; 1° Nerf axillaire ; 8° Branches de V adducteur du bras ou du grand rond ; 9° Branches du sous-scapulairc ; 10° Nerf sus-scapuUdre ; 11° Nerf brachial antérieur ou musculo-cutané ; 12° Nerf radial ; 13" Nerf cubito-cutané ou cubital; l^i" Nerf cubito-plantaire ou médian.
Préparation du ple-Xu» buacuial. — Ou placera ranimai en proniièic position, et on l'inclincra légèrement par côlc en abandonnant l'nn des membres antérieurs à son propre poids; puis on incisera les muscles pectoraux très près de leur inscriion, sur ce membre non fixé, et on les renversera par en haut, en les maintenant dans cette position jiar des érigncs à chaînettes, attachées supérieurement à une longe qui réunira l'extrémité des deux barres de suspension placées en diagonale. On aura soin dans cette opération de séparer le stcrnotrochiiiien du |)annicule charnu, en laissant ce dernier muscle se rabattre sur la table avec le membre antérieur. En déchirant ensuite la masse considérable de tissu cellulaire dans laquelle se trouvent noyés les nerfs du plexus brachial, ces neifs apparaissent bientôt, et peuvent être isolés avec la plus grande facilité. 11 est bon, dans cette dissection, de conserver les vaisseaux artériels. 11 importe aussi de conserver les branches perforantes intercostales pour observer l'anastomose de ces nerfs avec la division sous-cutanée thoracique.
Dans cette opération, on écarte considérablement du tronc le membre antérieur, et les rapports des nerfs se trouvent nécessairement plus ou moins changés; mais elle permet d'observer rensemble du plexus de la manière la plus parfaite.
Pour suivre les divisions des principaux nerfs de ce plexus, on se servira d'un membre isolé du tronc et, s'il est possible, avec les artères injectées. Les nerfs se présentent alors d.ius leurs rapports naturels, et peuvent être disséqués beaucoup plus aisément. Les figures 186 et 187 guideront l'élève dans la recherche de ces divisions nerveuses.
1" Branches diaphraouatiques, (Voir plus haut la description du nerf diaphragmatique.)
2° Bhancue de l'angclaire et du rhomboïde (fig. 186, 7).
entièrement fournie par la sixième paire cervicale, cette branche se dirige en haut, à la surface de l'angulaire. Elle se divise bientôt en plusieurs (ilets (jui s'épuisent entièrement dans la substance de ce muscle, et dans le grand dentelé et le rhomboïde. Le filet destiné à ce deiiiier muscle est grêle et très long; il traverse, pour gagner sa destination, la substance de l'angulaire.
3" Branche du grand dentelé, ou tuoracique supérieure (lig. 186, 8).
(jette branche, extrêmement remarquable, procède, par deux rameaux principaux, du faisceau commun à toutes les divisions du plexus brachial : l'un émanant de la sixième paire cervicale; l'autre de la septième; celui-ci traversant constamment le dernier faisceau du scalène supérieur avant de se réunir au premier. La branche unique qui résulte de l'union de ces deux racines est mince et fort large. Elle se dirige en arrière, à la surface du grand dentelé, en croisant la direction des fibres de ce muscle, et s'épuise dans sa substance, en envoyant par en haut et par eu bas des ramifications assez régulièrement disposées (iV. respirateur de Ch. Bell).
PLEXUS BRACHIAL. 709
V Branches des muscles pectoraux, ou thoraciques inférieures.
On en distingue cinq principales :
1" Une qui émane de la septième et de la sixième paires cervicales, de cette dernière surtout, et qui se porte à la fiice interne du slerno-pré-scapulaire, pour se ramifier exclusivement parmi les fibres de ce muscle, après s'ctro divisée en deux branches : l'une antérieure, courte et forte, l'autre postérieure, grêle et longue (fig. 186, IC).
2° Une seconde branche, provenant des nerfs brachial antérieur et cubito-plantaire, par deux racines réunies en arcade sous l'artère axillaire. Elle passe entre les deux portions du pectoral profond, et se termine dans le pectoral superficiel, après avoir fourni ([uelques lamusculcs au sterno-trochinien, par un filet mince et long qui se porte en anière à la surface externe de ce muscle (fig. 186, 11).
3" Les trois autres, destinées au stcrno-lrochiuien, naissent généralement du tronc qui conslilue la branche sous- cutanée thoracique. Comprises enlie le grand dentelé et le sterno-trochinien, elles se dirigent en bas et en arrière, et se jeiieut dans ce dernier muscle. L'une d'elles, plus longue et plus forte que les autres, suit le trajet de la veine de l'éperon.
5" Branche sous-cltanke thoraciqle. (t\eprésonlée cliez riiomnie par l'accps?oin:' du brachial cutané interne) 'lig. 186, 9).
C'est un nerf fort remarquable, né du plexus brachial par un tronc qui lui est coummu avec le cubital. Placé d'abord en dedans de ce nerf, il le quitte bieiilôt pour se porter eu airière, à la face interne du muscle long extenseur de l'avantbras et du |îannicule charnu. Dans son long trajet, il sert de satellite à la vein(! de l'éperon, au-dessus de laquelle il se trouve situé. On peut le suivre jusqu'au (lauc, oîi ses divisions terminales se perdent dans la substasice du peaueier. Celles qu'il émet sur son passage sont également destinées à ce muscle; elles s'anastomosent avec la plupart des perforantes intercostales, en formant à la face interne du paunicule cliaiuu un riche apj)arcil nerveux. L'une de ses branches se coulourne, avec un nerf perforant volumineux, sur le bord inférieur du grand dorsal, et se dirige en avant pjur se jeter dans la portion scapulo-humérale du peaueier.
fi" Branche du grand dorsal (fig. 18G, 6).
Formée par des libres qui proviennent eu majeure pai'lie de la huitième paire cervicale, cette branche se porte, en arrière et en haut, sur la face interne du grand dorsal, et s'épuise bientôt dans ce muscle. Elle est longue et forte.
7" NeRI' AXILI.MRE, 01 CIRCONFLEXE (li;,'. 186, 13).
(;e nerf, d"un voluiue assez considérable, est fourni directement par la huitième paire cervicale. Il se dirige en arrière et en bas, en rampant sur la face interne du sous-scapulaire, pour aller s'enfoncer dans l'interstice pratiqué entre
ce dernier muscle ol l'adducteiir du bras, où il croise rarlère sous-scapulaire Ou !e voit passer derrière l'arliculation scapulo-liuuiérale, avec i'arlère cir
Vu:. !8(! {-).
(*) Fig. 186. — Nerfs dit ptei lis hrncliial. — 1. RiHiieau tliaphrapinaliqno (le la sixième paire cervicale, fciiiniissant une hrancbe ;iii plexus Inacliial. 2. Sepliùnie paincervicale. 5. Hniliéme paire cervicale. 4-. l'icniière paire dorsale.
Vu Deuxième paire dm sale, (i.lîraiichcdii muscle giaiidilorsal.7. Blanche de l'angulaire cl diiihunilioVde.
8. Branche thoracique supérieure ou du grand denlelc, 9. Bianche sous-culanèe llioracirjue, doniianl naissance, près de son origine, .'i (rois brandies Iboiaciqnes inférieures. 10, 11. Deux autres branches Ihoraciques inférieures. 12.
N'erl' (le l'addurleur du bras. 15.
Nerf axillaiie. 14. Nerfs sous-scapuhiires. 15. Nerf sus-scapnlairc.
16. Nerf radial. 1". Nerf brarhiM antéiieur. IS. Nerf cubital. 10. Sa branche culanée interne. 20. Nei f médian. 21. Sa lirancbe anlibra- I hiale mnsculu-culanée. 2-2, 22, 22.
Eanieaux superficiels de celle branche. — A. Artère butiiérale. /(.
Artère radiale poslcrieure.
connexe, sVnf:^a£>;er enire îe r(!iirl ahdncleur du bras, le f^ros et le coiirl eMon-
PLEXi's rhachiaf.. 711
sciii's de l'avanl-bras, arriver sous io long abdiicleiir on grand scapulo-liuméral, et se diviser alors en plusieurs branches divergentes, destinées aux deux abducteurs, au mastoïdo-luiméral, et même aux tt'gumenls qui recouvrent la région antérieure du bras.
,\vani de s'engager dans l'interstice {|ui loge Tarière sous-scapulaire, il envoie des filets au muscle sous-scapulo-huméral.
8" Nerf de d'adducteur nu bras (Nerf du grand rond chez l'Iioinnie) (fig. 186, 12).
Il naît do la huitième paire cervicale, comme le précédent, par un même tronc, et se porte en arrière, sur le sous-scnpolaire d'abord, puis snr l'adducleur, dans la substance duquel il se perd par de nombreux lilcls.
9" Branches du sous-scapulure (lig. JSH, 14).
Ces branches, au nombre de deux, pioviennent généralement du tronc de la septième paire. Après un court trajet (n arrièie, elles se divisent en plusieurs ramuscules qui se plongent entre les libres du muscle sons-scapulaire.
10° Nerf sus-scapui.aire (fig. I8G, 13).
Très gros et très court, ce nerf est formé |iar Ll sixièm^^ cl la septième paires cervicales. Après un cour! trajet en arrière, entre raiigulaire d'une part, lesternopré-scapulaire et le sus-épineux d'auire part, il gagne l'interslico qui existe entre ce dernier muscle et le sous-scapulaire, et s'y plonge lin peu an-dessus de l'artère pré-scapulaire. Il se porte alors à la l'ace externe de Toniopliile après avoir contourné le bord antérieur de cet os ; puis i! passtî en traversde l'épine acromienne, et remonte dans la fosse sous-épineuse, pour se perdre dans le Ititlscle qui la remjilii. A son passage sous le sus-éj)ineux, il donne à ce miiscle plusieurs rameaux.
11° Nerf brachial antéuieur (Gg. Ifiti, 17). (Nerf musculo-clUanc chez l'homme.)
(^enerf procède delà septième et de la hniiième paires cervicales, descend à la face interne de l'articulation scapulo-humérale, et rencontre bientôt l'artère axillaire, (ju'il croise en dehors, à angle aigu. Il s'unit alors au nerf médian par une large et courte branche, qui passe sous Tarière préchée, et Tembrasse en formant une anse; puis il descend, en avant du nerf luédian, jns(|tr.lll niveau de la bifurcation du coraco-huméral, s'insinue entre les deux branches de ce muscle, et va se plonger par plusieurs rameaux, les uns ascendants, les autres descendants, dans l'épaisseur du coraco-radial. On le voit fournir aussi des filets au coraco humerai, avant son passage cnlie les deux branches de ce muscle. De plus, il concourt, par un petit rameau, à la formation d'une des thoraciques antérieures.
12° Nerf radial (fig. 186, 16. — 187, 3).
C'est à coup sfir le i>lus gros des nerfs fournis par le plexus brachial. Il naît de
DES NEP.FS.
In première paire dorsale principalement, et se dirige en arrière et en bas, sur la face interne des muscles sousscapulaire et adducteur du bras, dont il croise la direction. Dans cette première partie de son trajet, il marche j)arallèlcment à l'artère humérale et est séparé de ce vaisseau pai- le norf cubital. Arrivé au niveau de l'artère humérale profonde, il la laisse en dehors, et passe derrière l'humérus, avec les divisions de celle arière , en s'engageant entre le gros exienseur et le court fléchisseur de l'avaut-bras. Après avoir longé le hoid postérieur de ce dernier muscle, il gagne la face antérieure de l'articulation du coude et celle du radius, où il se trouve recouvert j)ar les deux principaux extenseurs du iiiélacarpe et des phalanges, et où il rencontre l'artère radiale, qu'il accompagne jusciue sur l'extenseur oblique (lu méiacarpe. Là, il se termine par deux branches qui se plongent dans l'épaisseur de ce muscle.
Dans sou trajet, ce nerf fournit successivement :
1° Avant de quitter la face interne du membre pour passer sous la masse des extenseurs de l'avant-bras, un très gros faisceau composé de plusieurs branches, les unes descendantes, les autres ascendantes: celles-ci contournent le tendon terminal commun au grand dorsal et au sous-scapulo-huméral, pour aller se perdre dans la masse du gros extenseur ; les autres giigncnt, soit le long et le moyeu extenseurs, soit la partie inférieure du muscle principal, c'est-à-dire le gros extenseur.
2° En arrière du bras, des filels pour le court et le peiit extenseurs de
(') Fii^. 187. — Nerji externes du rnembre antérieur. — \. Nerf sus-scapulaire. 2. Neif axiUaire. 5. Nerf racluil. 4. Rameau superficiel du nerf musculo-cutanë. 5. Nerf cubilal. 0. Sa liianche cutane'e terminale. — A. Arlèie ladhile iiiilér ieiire.
PLEXUS BRACHIAL. 713
l'avaiU-bras, et plusiftiirs rameaux ciilanés qui se dégagont de dessous le coiut extenseur, pour descendre sous la peau de la fuce antérieure de l'avant-bras.
3" Dans la région antibrachiale des rameaux pour l'extenseur antérieur et le fléchisseur externe du métacarpe, et |)our les deux extenseurs du doigt.
En résumé, on voit que le nerf radial anime la masse des extenseurs de l'avantbras et du pied, plus un fléchisseur de celte dernière région, et qu'il porte la sensibilité dans le tégument de la région anlibrachinle antérieure.
13" Neuf crBiTO-cuTANé ou cubital (Gg. ISG, 18. — 187, j).
Formé principalement par des fibres des paires dorsales, ce nerf, d'un volume moins con.sidérable que le précédent, se porte en arrière et en bas, et se place derrière l'artère humérale, qu'il accompagne jusqu'au-dessous de l'origine de l'iuimérale profonde. Après avoir croisé ce dernier vaisseau, il s'engage entre le long et le moyen extenseurs de l'avant-bra?, et gagne le cù;é iiitornc du coude, en passant sur l'épicondyle et sous la bandelette cubitale du llécliisseur oblique du métacarpe. Il longe ensuite le boid postérieur de ce dernier muscle, jusqu'auprès de l'os sus-carpien, où il se termine par deux brandies. En accomplissant celte dernière partie de son parcours, il est placé sous l'aponévrose antibrachiale, et accompagné par une division de l'artère épicondylienne.
Des deux branches terminales de ce nerf, l'une cutanée (fig. ISV, 6) traverse l'espace compris entre les tendons terminaux des muscles flécîiisseurs externe et oblique du métacarpe, ainsi que l'aponévrose antibracliiale, pour se répandre par plusieurs filets, les uns ascendants, les autres horizontaux ou descendants, sous la peau de l'avant-bras, de la face antérieure du genou et du côté externe du canon. L'autre branche constitue, avec un rameau du nerf médian, le nerf planf.alre externe.
Dans son trajet, le nerf cubital fournil deux faisceaux de branches collatérales.
Le premier (fig. 186, 19) se détache du tronc principal un peu au-dessus du niveau de l'artère épicondylienne. Il se porte en arrière et en bas, entre le long extenseur de l'avant-bras et le sieriio-aponévroliqne, fournit quelques filets à ce dernier n)uscle, et le tra\erse bientôt pour devenir sous-cutané et se distribuera la peau de l'avant-bras, en dessous du coude {Brachial cutané interne chez l'homme) .
Le second naît au niveau de l'épicondyle, et est destiné aux muscles de la région antibracliiale postérieure, moins les fléchi.sseurs externe et interne du métacai'pe.
14" Nerf cidito-pi. vntuui: nu jiiinuN (fiî. 18(5, 20\
Le cubito-planiaire est composé de fibres qui viennent des paires dorsales et de la huitième cervicale. Il se détache de la partie [)oslérieure du tronc du plexus pour se porter sur l'artère axillaire. Là, il contracte une anastomose avec le nerf brachial antérieur, au moyen de l'anse nerveuse dont nous avons déjà parlé en décrivant ce dernier nerf, anse nerveuse formée par des filets qui se portent réciproquement de l'un à l'autre cordon. A partir de ce point, il se place en avant de l'artère humérale et l'accompagne jusqu'à sa bifurcation terminale ; puis il continue à des-
llk DES NERFS.
rendie sur !a faco iulcrne du membre avec la branche principale de celte artère, c'est-à-dire la radiale postérieure. Il gagne ainsi l'articulalion du coude, où il répond au ligament interne de celte jointure, et où il croise à angle très aigu la direction de son vaisseau satellite pour devenir postérieur ; position qu'il intervertit sous l'articulation, qu'il reprend ensuite et conserve dans la plus grande étendue de son trajet anlibracliial, en restant toujours uj) peu plus superficiel que l'artère. Arrivé au-dessus du tiers inférieur de l'avant-bras, il se bifurque pour former les nerfs plantaires.
Dans son trajet, ce nerffourinl successivement :
1° Avant son arrivée sur l'artère axillaire, l'une des branches d'origine du nerf ihoraciquc destiné au muscle pectoral superficiel.
2" Au niveau du milieu de l'humérus, une longue branche représentée, chez l'homme, par la portion du nerf musculo-cutané qui se rend au muscle brachial antérieur et à la peau de l'avant-bras. Cette branche s'engage sous le coraco-radial ou biceps, et se divise bientôt en deux rameaux : l'un qui s'épuise dans le court fléchisseur de l'avant-bras; l'autre qui passe entre ce dernier muscle et son congénère, le long fléchisseur, pour devenir superficiel et gagner la face interne du membre, rameau se partageant alors en deux filets principaux, qui rampent à la face externede l'aponévrose antibrachiale, et qui accompagnent de leurs divisions les deux veincssouscutanées de l'avant-bras, jusqu'au-dessous de la région carpienne (fig. 186, 21,22).
3° Dans la région antibrachiale, et h diverses hauteurs, mais surtout sous l'articulation du coude, des ramifications pour le fléchisseur interne du métacarpe et les deux fléchisseurs des phalanges.
Xcrfs piamaii*cs. — Ces nerfs, au nombre de deux, sont distingués en interne et en externe.
Le nerf plantaire interne, l'une des branches terminales du nerf médian, s'accole à l'artère collatérale du canon, et suit ce vaisseau, le longdu tendon perforant, jusqu'auprès du boulet, où il se termine par plusieurs branches digitales. Il fournit dans ce trajet plusieurs ramuscules métacarpiens cutanés, et une branche anastomoliquequi, après s'être détachée du tronc principal, vers le milieu à peu près de la région du canon, contourne obliquement en arrière les tendons fléchisseurs pour venir se joindre au nerf plantaire externe .
Celui-ci est formé par la réunion de deux branches : l'une venant du nerf cubital, l'autre émanée du médian, et rejoignant la première au niveau du bord supérieur de l'os crochu, après avoir passé sous l'extrémité inférieure du fléchisseur oblique du métacarpe. Ce nerf, qui accompagne la veine collatérale externe du canon dans toute sa longueur, descend avec ce vaisseau et une artériole qui concourt à former l'arcade sous-carpienne, en dehors des tendons fléchisseurs, dans un canal fibreux particulier de la gaîne carpienne. Arrivé vers l'extrémité supérieure du canon, en dedans tle la tête du métacarpien externe, il envoie sur la face postérieure du ligament suspenseur du boulet une branche plantaire p)'o fonde, principalement destinée h la portion charnue des muscles interosseux (1). Puis il continue son trajet descendant le long du tendon perforant, en émettant quelques
(I) C'est l'.'innloaiio <lo I,i hyanchp juilmalre pmfmiilr du nerrcnbilîii chez rhommn.
IM.EXITS LOMBO-SACKÈ. ' Tlj
rnmuscules niélacarpiens superficiels, reçoit le rameau de renforceinent qui lui est fouini par le uerf interne, et se lerminc coiîime ce dernier, en anivanl sur le boulet, par plusieurs branches digitales dont il nous reste à examiner la disposition. Les bravc/ie^ digitales, ou les branches de terminaison des nerfs plantaires, sont au nombre de trois de chaque côté, accompagnant l'artère et la veine digitale, qu'elles couvrent de leurs divisions dans quelques points. Elles se séparent les unes des antres à peu près à la hauteur de l'insertion du ligament suspcnseur du boulet sur les grands sésamoïdes. Une d'elles descend en avant de la veine; une autre s'engage entre les deux vaisseaux; la troisième suit l'artère en arrière. On peut donc les distinguer, eu égard ;i leur position, en antérieure, moi/enne et postérieure.
La brandie antérieure disperse ses divisions collatérales dans la peau de la face antérieure du doigt, et ses ramuscnles terminaux dans la cutidure.
La branche moyenne. fré(jucmment anastomosée avec les deux autres, surtout avec l'antérieure, au point d'être quelquefois fort peu distincte de celle-ci, se jette dans le bourrelet et le tissu podoph.yileux.
La branche postérieure, beaucoup plus considérable que les précédentes, et véritable continuation du nerf plantaire, est d'abord superposée à l'artère digitale, puis placée immédiatement derrière ce vaisseau. Elle descefid avec lui jusqu'auprès de l'apophyse basilaire du troisième plialangien, suit alors, dans la scissure latérale de cet os, l'artère onguéale pré-plantaire, et s'épuise comme elle au sein du tissu podophylleux, ainsi que dans la substance osseuse. Cette branche nerveuse laisse échapper de nombreux rameaux sur son parcours. On remarquera plus particulièrement : 1" quelques divisions postérieures, se distribuant en arrière des tendons fléchisseurs, surtout au niveau de l'articulation du boulet; 2° une branche satellite de l'artère du coussinet plantaire ; 3° un filet né sous la plaque cartilagineuse, se portant en avant, à proximité de la branche antérieure du cercle coronaire artériel, et se perdant dans les mailles du réseau veineux profond du cartilage latéral ; h° une petite division podophyllcuse, dont le point d'origine est placé au même niveau que le fdet précédent, mais à l'opposé, et qui descend sur l'apophyse réirossale, où elle traverse le tissu cartilagineux, pour se rendre dans le réticulum podophylleux, après avoir envoyé des ramuscnles postérieurs dans le coussinet plantaire ; 5° plusieurs filets extrêmement grêles enlacés autour de l'artère onguéale plantaire, et pénélrant avec elle dans l'intérieur de l'os du pied.
§ III. — Plexus lombo-sacré.
Les deux dernières paires lombaires elles trois premières sacrées, en se fusionnant, forment le plexus lombo-sacré, qui répond de tous points, et par son made de conslitulion et par sa distribution, au plexus du membre thoracique.
On est dans l'habitude, en anatomie humaine, de décrire un plexus lombaire et un pleaus sacré, formés chacun par les branches inférieures de toutes les paires rachidiennesdont ils portent le nom. Ce procédé a, selon nous, deux inconvénients : d'abord, il sépare en deux faisceaux les nerfs du membre abdominal. De plus, en !at!ach;uit à la descriplioti de ces nerfs les |)remières paires lombaires et les der-
nières paires sacrées, il mêle à cette description des éléments qui lui sont tout à fait étrangers. On remarquera, en effet, que les quatre premières paires
(*) Fig. 188. —P/i?.'»'"? loinho'sacre et nerfs inlernes du membre postérieur. — \, 1. l'iexiis lomljo-s;icro'.:2. Nerf ft moral uiiiuricur. 5. Xerfsajihène iiUenip. 4. Neif ol)luraleiir. 3. F.iisceuu (l'origine des neif» grniul et petit fenioro-poplites. 0. Kame.iiix siiperliciels îles nerfs fessieis postérieurs.?. Nerf grand fénioro-poplite.8. Nerl lionloiix interne. 9. Nerf hémonhoidal ou anal. 10. Nerf plantaire interne. H, l--'.SesianiiBcationsiJigilales. Nota. Sur celle ligure on voit la partie pnste'lienrc du plexus formée par les branches nerveuses f|iii sorlenl des trois premieis trous soussacrés. Celle r[ui s'échappe du trou de conjugaison percé entre le sacrum et la derniùie vertèbre lombaire ne donne qu'une faible brandie à cette partie du plexus, et envoie le plus grand nombre de ses fllnes. en deux cordons, à la partie antérieure. Celte disposition n'est pas rare. On la rencontre généralement, croyons-nous, quand il n'eîiste que cinq vertèbres lombaires, comme on le I emarciue chez l'âne et le muleS, et parfois dans le cheval. On comprend qu'alors le nerf décrit par nous comme première paire sacrée devienne di'inière paire lombaire.
lombaires ne .s'anaslomosciit entre elles (quaiul elles s'anaslomo.senl) que par de fort maigres filets; qu'elles n'envoient sur le membre postérieur ([ue des rameaux sous-cutanés ; que les deux dernières branches sacrées, destinées principalement
l'LEXLS LUMlîO-SACUfc;. 717
aux organes génilo-uriiiaircsel à l'exlréinilé poslérieure du iul)e digestif, sont ordiiiaireuient sans communication directe avec les autres; (juc les deux dernières paires lombaires et les trois i)remières sacrées se fasàmnent seules à la manih^e du plexus brachial ^ et se comportent comme ce plexus dans la distrlhutiou de leurs hi'ancJies.
C'est donc avec raison que nous avons décrit d'une manière spéciale les branches inférieures des quatre premières paires lombaires et des deux dernières sacrées, réservant le faisceau formé par les cinq paires intermédiaires pour en faire une description commune sous le uosn de plexus lombo-sacré.
Mode de constitution. — En jetant les yeux sur ce plexus, on peut voir qu'il se divise en deux portions, l'une antérieure, l'autre postérieure, ayant cliacune un gros tronc pour centre.
Le premier de ces troncs est constitué par les deux paires lombaires sus-indi- ([uées, qui se fondent ensemble, après un court trajet en arrière, el aprèsavoir reçu un rameau de renforcement venu de la qualric;nc paire. Le second, plus birge et plus mince que le précédent, comprend les libres des trois jiaires sacrées, qu'on voit sortir de dessous les vaisseaux sous-sacrés et se souder en un seul faisceau. Ces deux troncs sont réunis par un ou dciw rameaux, allant de la première paire sacrée au nerf obturateur, l'une des branches de distribution du premier.
Rapports. — La portion antérieure du plexus lombo-sacré est cachée sous le muscle petit psoas, et séparée par l'artère ilia(|ue interne de la portion postérieure. Celle-ci, placée en haut el sur le côté du bassin, au niveau de la grande ouverture sciatique, répond en dedans aux vaisseaux sous-sacrés, en dehors cl en avant aux vaisseaux fessiers.
Mode de distribution. — La portion antérieure du plexus fournit d'abord plusieurs petits rameaux aux psoas, à l'iliaque surtout, rameaux désignés par Girard sous le nom de nerfs iliaco-musculaires ; puis elle se termine par deux grosses branches : les nerfs crural et obturateur. — ■ La portion postérieure se continue par deux troncs importants, les nerfs grand et petit fémoro-poplités. Elle émet à la base de ceux-ci les nerfs fessiers antérieurs et les fessiers postérieurs. — INous étudierons successivement tous ces cordons et leurs ramifications.
Préparation du plexus lombo-sacué. — Après avoir enlevé la peau sur le sujet, et extrait la niasse de viseères contenue daus l'abdomen, on isolera le tialn postérieur, en sciant la colonne vertébrale eu arrière de la dernière cote; puis, au moyen d'une section presque médiane du bassin, on retranctiera l'un des membres; et la pièce, disposée comme dans la figure 188, sera maintenue en première position, c'est-à-dire que, la croupe reposant sur une table de dissection, près d'une des barres, le membre, dressé verticalement, le pied pur en haut, sera fixé à l'anneau de celte barre au moyen d'une corde.
On exécutera ensuite en deux temps la préparation proprement dite. Dans le premier temps, on disséquera, après l'excision des organes pelviens et du muscle petit jtsons, l'ensemble du plexus et de ses branches de formation, en prenant pour guide la (igine ISS. Dans le deuxième temps, on découvrira, du côté externe, la partie postérieure do plexus avec les nerfs qu'elle émet, en excisant la plus grande partie du muscle fessier princii)nl et la porliou antérieure du long vaste, comme dans la figure 189.
Pour suivre jusqu'à leur fermin;iison les diverses divisions des nerfs émanés du plexus, on fera bien d'employer l'autre membre, qui, n"élant point fixé, pourra être étendu sur une table, el se prêtera ainsi mieux que le premier à celte partie de l'opération.
718 DES ISEUIS.
1" Nerfs iliaco-musculaiuks.
Ces nerfs sont assez peu imporlanls. Nous signalesons cepeiulanl parliculièrcnient le principal, qui accompagne l'arièrc iliaco musculaire, à travers la substance du psoas iliaque.
2" Nerf crural ou fémoral antérieur (fig. 188, 2).
C'est la plus grosso des brandies de la portion antérieure du plexus. Ce iieii descend enire !e petit et le grand psoas, jusque sur l'extrémité conique commune à ce dernier muscle et à l'iliaque, où il se trouve recouvert par le long adducteur de la jambe; puis il se termine par un laige pinceau de rameaux destines à la masse du iriceps crural.
Sous l'adducteur, il laisse échapper successivement deux longues branches qui méritent une description particulière.
La première représente le faisceau nerveux cjui comprend, chez l'homme, les branches musculo- cutané es du crural. Nous la nommerons branche accès soired saphène interne. Elle gagne l'iniersiice creusé entre les deux adducteurs, en croisant très obliquement, par devant, les vaisseaux cruraux. Puis elle sortde cet interstice vers le milieu de la cuisse, pour devenir sous-cutanée, en formant de nombreuses divisions qui entourent l'artère et la veine saphènes.
La deuxième, ou le nerf saphène interne, rampe d'abord entre le long adducteur de la jambe et le vaste interne, en marciianl parallèlement à la première, qui se trouve située plus en dedans et plus en arrière. Arrivée vers lextrémité inférieure de l'interstice qui sépare les deux adducteurs de la jambe, elle s'en échappe pour devenir sous-cutanée, et se divise alors en plusieurs filets qui rencontrent ceux du nerf accessoire.
Ces deux bianchcs nerveuses communiquent ensciiibie par des anses anaslomotiques profondes oi! superficielles. Avant leur sortie de l'interstice i\c^ adducteurs, elles donnent (juchiues minces fileisà ces deux muscles, à l'antérieur surtout. Près de leur origine, elles en donnent liième au psoas iliaque. Devenues sous-cutanées, elles couvrent de leurs rameaux la face interne de la cuisse et de la jambe; les plus longs accompagneiU la veine saphène jusque sur la face antérieure du jiurel,
il peut arriver, et c'est peul-éii-e la disposition la plus fréqueiiie, que le saphène interne et son nerf accessoire ne forment ([u'une branche unique, dont les di\ibiens musculaires ou cutanées se coinporleni du reste exactement comme ci-dessus. C'est ce(iui s'est rencontré sur la pièce (jui a été représentée dans la fig, 188.
3° Nerf obturateur (fig. 188, 4).
Situé sous le j)ériloiiie, en dedans des vaisseaux iliaques, qu'il accompagne jus- (pi'à l'origine de l'artère obturatrice, le nerf obturateur suit celte artère sur la f.iee supérieure du pubis, et passe avec elle sous le innscle obturateur interne, pour traverser l'ouveilure ovalaire. Il arrive ainsi en dehors du bassin, où il reste néan-
l'LEXLS LUMBO-SACKE. 719
nioiiKs j)r(,foiicî('iiieiil c;icho par les masses miiscnlaiies de la l'ace iiilornc de la cuisse. SiS iajiiiiicalious lerminales s'épuiscnl dans robturatciir externe, les adducteurs de là cuisse, le pectine, et le court adducteur de la jambe. La branche dcs-^ liuée à ce dernier muscle est la plus longue; elle sort de i'intersiice pratiqué entre le pectine et le petit adducteur de la cuisse, et descend en arrière sur la face interne du muscle auquel elle est destinée.
4° Nerfs fessiers antérieurs, ou ii.io-iiusculaires (fig. 189, 2, 3, 4, j).
Ces nerfs, au nombre de quatre à cinq, naissent soit isolément, soit p;!r groujies, de la portion postérieure du plexus lombo-s.icré. ils semblent fournis surtout par les deux premières branches sacrées. Tous sortent du bassin par la grande ouverture sciaiiqiie, avec les vaisseaux fessiers antérieurs. Les principauv se p'rdent dans la substance du fessier moyeiî. L'un d'eux (fig. 189, U] croise le colde l'ilinni au-dessus du petit fessier, et se dirige en dehors pour aller se distribuer au muscle du fascia lala. Le dernier, qui est le plus grêle, descend à la surface externe du petit fessier et s'épuise dans sa substance (fig. 189, 5).
5° Nerfs fessiers postébiecss, ou iscuio-muscllaires (Gg. 189, 6, 6 , 8). (Petit sciatiquc chez l'hoRinic).
On en compte ordinairement deux; l'un supérieur, l'autre inférieur.
Le premier sort par la grande échancrure sciatique avec les nerfs fémoro-poplités, et se place à la surface externe du ligament iscliiatique. Puis il se dirige en arrière, entre ce ligament et le fessier moyen, jusque sous la portion antérieure ou croupienne du long vaste, dans laquelle il se perd par plusieurs rameaux. Il donne en plus : 1" en passant sous le fessier moyen, un filet grêle, mais constant, ])our la portion postérieure de ce muscle (1); 2° ui! autre rameau, plus considérable, qui contourne le bord postérieur du fessier précité, pour se porter en avant et en dehors, dans le fessier superficiel.
Le second nerf, situé en dessous du précédent, se délache da bord postérieur du nerf grand fémoro-poplité, dont il pourrait être décrit comme une dépendance, s'il ne formait avec le premier cordon un seul et même système, qui représente dans son ensemble le nerf petit sciatiqiœ de i'iiomrae. Il se. place à la surface ex-
(1) Ce lilet représente le rameau du pyramidal de l'homme. Aussi reconnaissons-nous avec fianchise que nous nous sommes trompé dans la délcrmiuation du muscle pyramidal. L'organe auquel nous avons attribué ce nom (voir à la pape 288) est bien évidemment une portion de l'obturateur interne, comme l'a dit M. Gourdon dans l'analyse qu'il a faite de la première partie de noire li\re {l\enui\ de médecine vétérinaire, année iSu'i'. Nous admettons maintenant avec Meckel que la portion du fessier moyeu qui, chez le cheval, s'attache derrière le trochanter doit être regardée comme l'analogue du pyramidal. D'autres considérations, et princii)alement l'étude des rapports du grand nerf sciatique avec les muscles environnants, mènent éj;alemeat à cette conclusion.
Nous regrettons de ne pouvoir nous entendre aussi aisément avec notre bienveillant critique sur les autres déterminations litigieuses dont il parle dans son analyse. Nos récentes études nous confirment dans notre manière de voir. Nous espérons pouvoir développer un jour avec détail les preuves sur lesquelles nous nous appuyons.
720 DKS NERFS.
terne dii ligament ischialique, se dirige en arrière en rampant sous la portion croupienne du long vaste, traverse ce muscle au-dessus de la tubérosité iscliiale, et descend sous la portion sacrée du demi-tendineux, pour abandoniier bientôt son trajet profond et devenir superficiel. Il s'échappe en effet entre ce dernier muscle
FiG. 1S9(*).
et le long vaste, et se perd sous la peau de la partie postérieure de la cuisse. Sa partie profonde émet des rameaux collatéraux qui renforcent les divisions du nerf honteux interne, ainsi que desfilels pour la longue branche du muscle demi-tendineux.
G" Nerf petit fémoro-poplité, ot; scutique popliîé faterne (lig. 189, 14, — 190, 4).
Le petit fémoro-poplité, placé en avant du grand nerf de même nom, sort avec lui parréchancrure sciatique antérieure, et accomi>agne ce cordon jusque auprès des umeaux du bassin (voir plus loin le trajet parcouru par le grand fémoro-popliié). Il se dirige ensuite en avant et en bas, passe entre le long vaste et le bifémoro-calcanéen, et arrive en dehors de l'extrémité supérieure de la jambe, deriière le ligament latéral de l'articulation fémoro-tibialc, où il se termine por deux branches : le nerf mmculo-cutané el le fibial antérieur.
(■) Fig, 180. — Portion postérieure du plexus loinbo-sacré. — \. Faisceau de ic'iinion des trois premières jioires sacrées. 9, ô, 4, fî. Nerfs fessiers anléiienrs. 6, 6', 8. Nerfs fessiers jio-le'rienrs. 7, 9. Pianieuux qui traversent le grand ligament iscliialir|ue, el qui foni communiquer les briinchps fissières poslcrieures avec les divisions du nerf honteux interne. )0, 11, 12, \7>. Nerf grand femoro-poplile' et ses branches crurales. \i. Nerf petit fémoro-poplité. 15. Son rameau cutané' ou la branche cutanée péronière.
PLEXUS LO.MBO-SACKÉ. 721
Dans le long trajet qu'il parcourt depuis son origine jusqu'à sa bifurcation, le sciatique poplité externe ne fournit qu'un seul rameau collatéral : c'est un nerf cuiat)é qui se détache de la braiiche-nière au-dessus des jumeaux de la jambe, et qui traverse l'extrémité inférieure du long vaste, pour se terminer par des rameaux divergents destinés à la peau de la jambe. Avant de devenir superficiel, ce nerf cutané donne un petit fdet descendant qui va renforcer le nerf sapliènc externe, après avoir ratiipé sur le feuillet aponévrotique du jumeau externe. On voit donc que cette division nerveuse représente de la manière la plus parfaite la branche cutanée péronière de l'honmie et le nerf accessoire du saphène externe. Ce dernier rameau procède quelquefois directement du scialique comme on peut le remarquer dans la figure 190.
Branches terminales. — Ces deux branches animent la contractilité des muscles de la région jambière antérieure, et portent la sensibilité à la peau de la face antérieure du pied.
La nerf muscido-cutané se place sous l'aponévrose jambière, envoie d'abord un paquet de rameaux dans l'extenseur latéral des phalanges, et continue à descendre entre ce muscle etson congénère, l'extenseur antérieur, jusqu'au milieu du tibia. Il traverse alors l'enveloppe fd)reuse des muscles de la jambe, devient souscutané et gagne la face antérieure du niétaiarse, où il se perd dans la peau. Quelques-uns de ses filets terminaux peuvent être suivis jusqu'au boulet et même au delà(fig. 190, 6).
Le nerf tibial antérieur passe en avant du précédent sur le côté de l'extrémité supérieure de la jambe, et se plonge alors sous l'extenseur antérieur des phalanges, en donnant à ce muscle et au fléchisseur du métatarse de forts et courts rameaux. Puis il descend jusqu'au devant du tarse, toujours couvert par l'extenseur antérieur des phalanges, et placé au côté externe des vaisseaux libiaux antérieurs. Quand il arrive en bas du tibia, il s'accole immédiatement à l'artère pédieusc, et la suit dans sa portion métatarsienne jusqu'au-dessus du boulet. Il quitte alors son vaisseau satellite et se porte sur le côté du doigt, où il s'épuise par émission de fdets cutanés (fig. 190, 5).
Parmi les ramuscules que ce nerf abandonne dans son trajet, nous citerons ceux qui portent l'influence nerveuse au muscle pédieux (1).
7° GRAND NERF FÉMORO-POPUTÉ, OU GRAND SCIATIQUE (fig. 189, 10. — 190, 1, 2).
Cet énorme tronc nerveux sort par la grande ouverture sciatique, sous forme d'une large bandelette qui s'applique à la face externe du ligament ischiatique. Compris d'abord entre ce liga-iient et le fessier moyen, il se dirige en arrière, en passant sur l'insertion fixe du petit fessier, et arrive en arrière des muscles ju-
(1) Chez l'homme, le grand nerf sciatique se divise vers le pli du jarret en deux branches terminales, qui ont été nommées nerfs sciatiqiiespopUtés interne elextertie. Le nerf que nous venons de décrire est exactement semblable , sauf son mode d'origine, à cette dernière branche. Quant à la branche interne, elle est représentée, chez le cheval, par toute la portion du grand scialique qui commence au-dessus des jumeaux de la jambe. On comprend que la division presque immédiate du plexus sacré en deux branches ne nous ait point permis de suivre absolument le mode de description adopté jiar les anihropotomisles.
DES NERKS.
meaux pelviens et carré crural. A pariir do ce point, il s'inflécliil pour closcondic derrière la cuisse, où il se trouve logé dans la gaînc niuseuleuse i|ue lui forment
le loufï vaste, le denii-tondiiieux, le deuii-
Fia. 190 (*)
membraneux et le grand adducteur de la cuisse. Arrivé vers l'extrémité supérieure de la jambe, il s'engage entre les deux ventres du bi-fémoro-calcanéen, longe en arrière lo muscle perforé, et descend dans le creux du jarret , sous l'aponévrose jambière, en suivant le bord interne de la lanière fibreuse qui renforci- la corde du jarret. Il se termine enfui au niveau du calcanéum , par deux branches : les lurfs plantaires externe et interne.
Dans son long trajet, ce nerf émet successivement : l" une branche pour les muscles de la région pelvi-crurale profonde; 2" une autre pour les muscles ischio-tibiaux ou cruraux postérieurs; 3" le nerf saphènc externe ; Zi" un faisceau volumineux pour les muscles de la région jambière postérieure. INous étudierons toutes ces branches collatérales du grand sciatiqne avant d'entamer la description des rameaux terminaux.
Briinclics voUatcrales. — 1' Branches des muscles de la région pelvi-crurale profonde. — On sait que cette région comprend l'obturateur interne, le piriforme, les jumeaux et le carré crural. La brandie nerveuse qui leur est destinée se trouve mince et assez longue. Elle se détache du tronc sciatiqne au niveau du milieu de la crête sus-cotyloïdienne, et descend avec ce tronc derrière l'articulation coxu-fémorale, pour distribuer ses divisions terminales aux muscles sus-nommés. La plus longue et la plus forte va au carré crural. Celle de l'obturateur interne rentre dans le bassin par la petite échancrure sciaiique et remonte jusq;ue sur le piriforme.
2" Branche des muscles ischio-tibiaux ou crwaujc postérieurs. — Cette branche est grosse et courte; elle naît du coude formé par le grand fémoro-popliié au niveau des jumeaux pelviens, et se partage bientôt lU plusieurs ramifications qui se jettent dans la courte portion du long vaste, la partie moyenne et inférieure du
Fig. 190. — i\er/i externes du memhiv poste'rieur. — 1,2. Nerf giiind fenioio-poplile. 3. Nerf sapliùiie externe. 4. Nerf petit femoro-poplite. S. Nerf libial antérieur. G. "Nei f imisculociilaiie. 7. Oiigine de la branche culaiiéc pcronière. 8. Uiaucbe accessoire du uerf suphcne c\lcnie. 9. Nei f plaulairc externe avec ses diTÎsioug qui couTrent l'artèrs et la vciue digitales.
DU (.IIANU sv.MrAiiiioi'i;. "/-^
(lemi-icndineux et dans le demi-membraneux. Quelques-uns des filets destinés à ce dcrnifr muscle rampent entre sa substance et celle du grand adducteur de la cuisse, dans lequel ils se terminent en partie (fig. 189, 12).
3° Nerfsaphène externe. — Ce nerf commence à 5 ou 15 centimètres environ du point où le grand scialique se plonge entre les jumeaux de la jambe. Il se place sur le jumeau externe, et descend, en dessous de la lame aponévrotique spéciale fiui recouvre ce muscle, jusqu'à l'origine de la corde du jarret. 11 reçoit alors son ,<rrf accessoire, c'est-i-dire le filet de renforcement qui provient de la branche (iitanée du petit fémoro-poplilé, et se prolonge alors sous l'aponévrose jambière, dans le creux du jarret, en accompagnant la veine sapliène externe, et en suivant le bord externe de la lanière fibreuse destinée au renforcement du tendon d'Achille. Il présente ainsi, on dehors du jarret, la situation que le grand sciatique occupe au côlé interne. On le voit ensuite passer sur la région tarsienne et s'épuiser eu dehors du métatarse par plusieurs filets, dont quelques-uns descendent jusque sur le côlé externe du doigt (fig. 189, 13 et 190, 3).
h" Faisceaux des rauscles jambiers postérieurs, — Ce faisceau est constitué pal' de nombreuses branches qui s'échappent toutes à la fois du sciatique, à son passage entre les jumeaux, en formant un tronc gros et court. Les muscles de la couche superficielle, c'est-à-dire le bi-fémoro-calcanéen, le perforéet le petit ruban charnu, improprement nommé plantaire grêle par les vétérinaires, reçoivent des rameaux qui se distinguent par leur grand nombre et leur brièveté. Ceux de la couche profonde sont animés par les filets d'une branche unique, forte et longue, (pii descend entre le perforé et le jumeau interne. On remarquera que le filet du piétendu plantaire grêle passe sous le jumeau externe en dehors du perforé, et qu'il représente exactement, par sa position, le rameau du soléaire de l'iiomme. Nous avons donc eu raison, avec Vicq-d'Azyr, Cuvier et d'autres auteurs, dé nommer ce petit muscle soléaire, au lieu de lui conserver son nom de plantaire yiêle qui s'applique à un autre élément musculaire.
5" Dans son trajet le long de la corde du jarret, le sciatique émet quelques minces filets cutanés que nous ne croyons pas devoir signaler plus amplement.
Branches terminales. — Nerfs plantaires (fig. 188, 10). — Ces nerfs s'engagent tous deux dans la gaine tarsienne, en arrière du tendon perforant, avec les artères plantaires. Vers l'extrémité supérieure du canon, ils se séparent définitivement l'un de l'autre ; l'externe se porte en dehors entre le tendon précité et le métacarpien rudimentaire; l'interne se place en dedans de ce tendon, et suit le bord postérieur du métacarpien interne. Tous deux descendent ensuite sur le boulet, où ils se comportent comme les nerfs analogues du membre antérieur.