DU GRAND SYMPATHIQUE
part de l'exlrémité inférieure du ganglion cervical supérieur, s'accole intimement au pneumogastrique, qui le surpasse toujours en volume, et descend ainsi jusqu'à l'entrée de la poitrine, où il se sépare du nerf vague et se jette dans le ganglion cervical inférieur. Il ne reçoit ni ne donne aucune branche dans son trajet.
C. Ganglion cervical inférieur (%. 191, 2). — Généralement plus gros que le supérieur, ce ganglion est placé en dedans de l'insertion costale du muscle scaicne inférieur. Le droit, toujours un peu plus antérieur que l'autre se trouve immédiatement appliqué contre le côté de la trachée. Celui du côté gauche en est séparé par l'œsophage. L'un et l'autre répondent en dehors à l'artère vertébrale.
Le ganglion cervical inférieur présente des formes fort sujettes h varier et très irrégulières. Il est tantôt lenticulaire, tantôt plus ou moins allongé, toujours comme étoile, quelquefois double. Dans ce dernier cas, qui se rencontre peut-être plus fréquemment à gauche qu'à droite, ses deux portions se distinguent en antérieure et postérieure : celle-ci formant le ganglion cervical inférieur proprement dit (fig. 191, 2); celle-là beaucoup plus petite, reliée à l'autre par un large et court ruban grisâtre, et constituant ce qui a été appelé chez l'homme le ganglion cervical moyen [ïig. 191, 3).
En avant, le ganglion dont la description nous occupe reçoit le cordon intermédiaire aux deux renflements ganglionnaires de la région du cou, soit directement, soit par l'intermédiaire du ganglion cervical moyen, quand celui-ci existe. Il se continue en arrière avec la portion dorsale de la chaîne sympathique.
Raïueaui; afférents. — On en compte deux, provenant des paires cervicales.
L'un est un gros nerf satellite de l'artère vertébrale, logé avec elle dans les trous trachéliens des vertèbres du cou, formé par des filets émanés des deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième paires cervicales, et qui apporte ainsi en masse au grand sympathique le contingent de fibres nerveuses afférentes de la plupart des nerfs cervicaux (fig. 191, 1k').
L'autre rameau est une branche isolée venant de la huitième paire cervicale.
On doit signaler de plus, au nombre des afférents, les filets envoyés par le pneumo gastrique, filets qui aboutissent au ganglion cervical moyen lorsque celui-ci ne manque point. [Voir la description du pneumogastrique.)
ltameau:i; émergents. — Ils se détachent de la partie postérieure et inférieure
{*) Fig. 191. — Ensemble du grand sympathique. {Figure en partie the'oriqite, La moelle e'pinière est représentée dépouillée de son étui osseux dans toute l'étendue de ses portions cerficnle, dorsale et lombaire.)
De 1 à d. Portion cert>icale de la chaîne sympathique. — 1. Gangliou cervical supérieur, au milieu du plexus giUliiral. 2. Gajiglioii cervical iuferieur. 5. Ganglion cervical moyen. 4. Cordon cervical interméiliaire, iutiinemenl uni, dans sa partie moyenne, avec le pueuniogaslrique. 5. Nerfs cardiaques.
6. Portion dorsale de la chaîne sympathique. — 7. Nerf ^ranJ splanchniqiie. 8. !Verf petit splanchnique. 0. Gangliou senii-Iunairc, centre du plexussolaire. 10. Portion de l'artère hépatique entourée par son plexus. 11. L'aitcre spléniqiie </e même. \'2. L'artùre gastrique rfe même. 13. L'artère niésentéiique antérieure </e même. 14. RlIu, maintenu relevé par une érigne, recevant le plexus rénal, 13. La capsule surrénale de même. IG. Plexus lombo-aortique.
17. Portion lombaire de la chaîne sympathique. — 18. Plexus mésentérique postérieur. 19. Branches de ( e plexus allant au plexus mésentérique antérieur. 20. Plexus testiculaire. 21. Les raraeaus qui vont au (ilexus pelvien.
-2. Portion sacrée de la chaîne sympathique. — 23. Plexus pelvien.
24. Rameaux afférents fournis au sympathique par les paires rachidiennes. — 24', Le cordon qui reçoit sis des rameaux cervicaux.
"Jn. Nerf pneumogastrique. — 26. Nerf laryngé supérieur (on voit le rameau pharyngien se détacher du pneumogastrique un peu au-dessous). 27. Nerf laryngé inférieur du côté droit. 28. Celui du côté gauche au [l'int où il contourne la crosse de Taorle. 29. Nerfs du plexus lirouchique. 50. Rameau œsophagien supérieur. 51. Rameau œsophagien inférieur, — 52. Nerf spinal, — 53. Nerf hypoglosse, — 34. Nerf glossoplinryngieii (rcpri'senlé trop gros).
du ganglion, el se porlent, pour la plupart, au cœur. Quelques filets exlrûmemeiit fins vont au niédiaslin antérieur ou se jettent sur les artères collatérales du tronc brachial.
Les nerfs cardiaques (fig. 191, 5) traversent le péricarde par sa base, s'accolent à l'aorte primitive, et se distribuent ensuite au tissu des ventricules et des oreillettes. Quelques-uns suivent les divisions de l'artère pulmonaire, et vont concourir à la formation du plexus bronchique.
Pour arriver au cœur, ces nerfs suivent les artères axillaires cl la trachée, en formant sur la face inférieure de ce dernier conduit un très large faisceau nommé plexus trachéal en aiiatomie vétérinaire, plexus impair, traversé d'arrière en avant par les deux nerfs récurrents, qui lui abandonnent ou qui en reçoivent de nombreux filets.
3° Portion dorsale de la chaîne sympathique.
Le cordon représenté par cette portion de la chaîne sympathique part du ganglion cervical inférieur, et s'étend, d'avant en arrière, jusqu'au diaphragme, en passant sous l'extrémité supérieure des côtes, ou plutôt sous les articulations vertébro-costales, contre lesquelles il se trouve appliqué par la plèvre, et en croisant les artèies intercostales. Il se continue dans la cavité abdominale par la portion lombaire, après avoir franchi, avec le petit psoas, l'arcade du bord supérieur du diaphragme.
Ce cordon présente sur son trajet, au niveau de chaque espace intercostal, un petit renflement ganglionnaire fusiforme , soit div-sept en tout. Les deux ou trois premiers manquent le plus souvent; mais alors l'extrémité antérieure du cordon offre , dans une assez grande étendue, l'aspect d'un ganglion rubané, qui semble provenir de l'allongement en arrière de la masse grise inférieure de la portion cervicale.
Rameaux afTérents. — Fournis par les branches inférieures des nerfs dorsaux, ces rameaux sont au nombre de un à trois pour chaque ganglion. Pour se rendre du trou de conjugaison au sympathique, ils traversent l'extrémité supérieure de l'espace intercostal, en passant tantôt en arrière, tantôt en avant de l'artère de même nom.
Rameaux émergents. — Quelques-uns, en fort petit nombre et très déliés, sont destinés aux plèvres. Ceux qui doivent surtout fixer l'attention sont les nerfs grand et petit splanclmiques.
a. Nerf gratid splanchnique {fig. 191, 7). — Il commence à se détacher de la chaîne dorsale vers le sixième ou le septième ganglion, se dirige en arrière, accolé au côté externe de cette chaîne, reçoit un rameau de renforcement de chacun des renflements au voisinage desquels il passe, les deux ou trois derniers exceptés, et pénètre dans la cavité abdomin;ile par l'arcade du psoas, où il présente habituellement une petite masse ganglionnaire; après quoi il s'infléchit en dedans, et se termine, sur le côté de l'aorte, entre les troncs cœliaque et mésentérique, par une seconde masse énormément développée, désignée sous le nom de fjatiylion solaire.
Les deux ganglions solaires ou semi-lunaires, comme on dit encore, les plus
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considrrahles tlo rrconoinie loin cnliùiT, sont allongés d'avanl en arrière et aplatis de dessus en dessous. Ils communiquent l'un avec l'autre au moyen d'un large et fort CM-don grisfilre embrassant en arrière le tronc de la grande mésentérique, et par une multilude de filets qui vont du gauche au droit en avant de ce même vaisseau : disposition d'où résulte un plexus impair situé à la face inférieure de l'aorte entre l'origine des deux troncs artériels précités.
Ce plexus, nommé plexus solaire, reçoit quelques branches du cordon œsophagien supérieur du pneumogastricpie. Il se subdivise, sur la périphérie, en plusieurs plexus secondaires qui partent, comme d'un centre, du réseau principal, et dont les ramifications, très grosses et très nombreuses, se portent dans les oi'gancs voisins en accompagnant les divisions artérielles, autour desquelles on les voit s'enlacer et s'anastomoser d'une manière très compliquée. C'est ainsi que l'on décrit à part : i° un plexus gastrique, allant à l'estomac, sur les parois duquel ses rameaux s'anastomosent avec ceux des pneumogastriques ; 2" un plexus hépatique, destiné au foie, au duodénum, au pylore, au pancréas; 3° un plexus splénique, qui se jette dans la rate et en partie sur l'eston^ac ; W un plexus mésentérique antérieur, le plus considérable de tous, se distribuant aux mêmes organes que l'artère de même nom ; 5° un plexus rénal et un plexus surrénal, ces deux derniers doubles, peu distincts l'un de l'autre, et gagnant, par leurs divisions terminales, les reins et les capsules surrénales.
Il faut ajouter enfin à ce riche appareil nerveux le \^]exus loinbo-aortique, formé par des branches fortes et nombreuses qui naissent du plexus solaire en arrière de l'artère grande mésentérique, rampent sur les côtés et la face inférieure de l'aorte, en s'anastomosant fréquemment ensemble, et se réunissent au plexus mésentérique postérieur.
li. Xerf petit splanchnique [(\^. 191, 8). — Ce rameau est constitué par deux ou trois filets qui émanent des derniers ganglions sous-dorsauv, et qui, au lieu de se réunir, comme les autres, au nerf grand splanchnique, avec lequel ils communiquent, du reste, par une ou deux fines divisions, se rassemblent en un court et mince cordon, dont les ramifications se jettent directement dans le plexus solaire ou se confondent avec les nerfs du rein et de la capsule surrénale.
4° Portion lombaire de la chaîne svmpathiqie.
Klle représente un cordon semblable à celui de la portion dorsale, pourvu de renflements ganglionnaires fusifortnes en nombre égal à celui des paires nerveuses lombaires. Ce cordon, appliqué sur le petit psoas près du ligament vertébral commun inférieur, est recouvert à gauche par l'aorte, à droite par la veine cave postérieure. Il se continue directement avec la portion sacrée de la chaîne sympathique au niveau de l'articulation lombo-sacrée.
Rameaux afTércnts. — Fournis par les branches inférieures des nerfs lombaires, ces rameaux se comportent exactement comme ceux de la région dorsale.
Raiuraiiv cniergents. — Ce sont de courls filets analogues à ceux qui constituent par leur réunion les nerfs splanchuiques. Leur nombre n'est pas constant. Il est, en général, inférieur à celui des ganglions. On eu compte deux ou trois qu
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se réunissent au plexus louibo-aorliqiic. Les autres gagnent l'origine de l'arlèro petite mésentérique, s'anaslomosenl autour d'elle avec l'exirémité postérieure des hranches de ce plexus, et forment ainsi un nouveau réseau nerveux impair désigné sous le nom de pkxm mésentérique postérieur (fig. 191, 18).
Ce plexus, au centre duquel existe un ganglion plus ou moins volumineux, envoie sur les diverses branches de l'artère petite mésentérique des ramifications destinées aux parois du côlon flottant et du rectum.
H fournit do plus : 1" deux ou trois gros rameaux qui suivent la veine mésaraïque postérieure et vont rejoindre le plexus mésentérique antérieur, après avoir jeté quelques divisions dans l'épaisseur du mésentère colique (lig. 191, 19).
2" Des branches satellites des deux artères spermafiqiies, constituant les plexus de même nom (fig. 191, 20).
3° Deux ou trois longues divisions (fig. 191, 21) qui entrent de chaque côté dans le bassin, en rampant sous la face externe du péritoine, et qui gagnent le plan latéral du rectum, où elles rencontrent des filets émanés directement des ner.'"s sacrés inférieurs. De l'anastomose de ces divisions résulte un riche réseau nerveux, appelé chez V\\on\\\\t plexus /njpogaslrique, et que nous désignerons sous le nom Aq plexus pelvien, réseau destiné à tous les organes contenus dans la cavité du bassin (fig. 191, 23).
5° Portion sacrée de la chaIne sympathique.
Continuation du cordon lombaire, celte partie de la chaîne sympathique se trouve située sous le sacrum, en dedans des nerfs sacrés inférieurs. Elle présente quatre ganglions très allongés, qui communiquent avec ces nerfs par un ou plusieurs filets, et qui donnent naissance à plusieurs ramuscules très fins, perdus dans le tissu cellulaire de la face inférieure du sacrum. Son extrémité postérieure, qui termine en arrière le grand sympathique, ne semble pas se comporter toujours de la même manière. On la voit parfois s'efTiler en un ramuscule très délié, qui se porte sur l'artère coccygienne médiane et s'anastomose avec celui du côté opposé. Mais parfois aussi on ne distingue pas ce ramuscule, et le cordon sous-sacré semble être brusquement terminé par le filet de connnunicaiion de la dernière paire sacrée,
LTV RE SEPTIÈME.
APPARF.IlifS nV.H SElfS.
Parmi les nerfs dont la descriplioii vient d'être faite dans le livre précédent, ceux qui ont été désignés sous le nom de nerfs sensibles ont pour usage principal ou même exclusif, avons-nous dit, de conduire à l'encéphale les excitations qui ont leur source dans le monde piiysicjue extérieur. Ces nerfs représentent donc les instruments essentiels des sensations, et les organes dans lesquels ils se rendent constituent les .tppareiu des sens. Ccux-ci, admirablement disposés pour la réception des excitations cérébrales, sont au notnbre de cinq : Vappareii du sens du toucher, Vappareii du (joùt, Y appareil de rodorat, Vappareii de la vision et Vappareii de l'ouïe. Nous allons, dans une esquisse rapide, faire connaître leurs principaux caractères.