CHAPITRE PREMIER
APPARKII, ntJ TOUCllElî.
Le sens du loucher est préposé à l'appréciation des sensations tactiles et, accessoirement, de celles qui résultent des variations de température.
L'appareil qui le constitue est formé par les radicules périphériques des nerfs de la sensibilité générale, dispersées dans le tégument externe, c'est-à-dire dans la peau, cette membrane résistante qui enveloppe exactement tout le corps de l'animal, et se continue au pourtour des ouvertures naturelles avec le tégument interne ou les membranes muqueuses.
La peau tout entière représente donc l'organe du loucher; mais celte membrane offre, comme dans l'homme, certaines régions privilégiées qui jouent un rôle beaucoup plus actif que les autres dans l'exercice de ce sens : ce sont les quatre extrémilés et les lèvres.
L'étude de la peau étant du ressort de l'anatomie générale, cette membrane ne peut être décrite ici avec détail ; on se bornera à examiner la disposition foiulamenialc de la pfan priiprciiteiif dite et un ses (ijipeHilicei^.
Akt. I. — De la peau proprement dite.
La peau proprement dite se compose de deux parties : le derme et Vépidermc.
Le derme ou le e/iorion forme presque la totalité de l'épaisseur de la membrane. C'est un tissu de fibres celiuleuses et élastiques, disposées en faisceaux entrecroisés et nattés d'une manière très solide, tissu extrL'mement serré, dans lefjuel se ramifient un nombre considérable de nerfs et de vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Sa face interne adhère plus ou moins aux parties sous-jacentes par l'intermédiaire d'une expansion cellulo-groisseuse. Sa face externe, couverte par l'épiderme, qu'elle sécrète, est percée de trous qui livrent passage aux poils, ou qui versent à la surface de la peau le produit de sécrétion des glandes sudoripares et sébacées, glandes microscopiques situées dans l'épaisseur du tégument ou dans la couche cellulo-graisseuse qui en double la face profonde ; cette face externe présente de plus une multitude de petites élevures désignées sous le nom de papilles, et dans lesquelles se terminent le plus grand nombre des extrémités nerveuses.
Le derme n'a point partout la même épaisseur; il est beaucoup plus mince dans les points qui se trouvent protégés par leur position même contre les causes vulnéranles, comme le dessous du ventre, la face interne des membres, l'entredeux des cuisses, etc. ; il est aussi fort peu épais au pourtour des ouvertures naturelles, pour ménager la transition entre les deux téguments, et laisser à ces ouvertures toute la flexibilité dont elles ont besoin.
Vépiderrne est une mince pellicule recouvrant la face superficielle du derme, pellicule privée de nerfs et de vaisseaux, formée de cellules microscopiques qui sont incessamment déposées sur le chorion, ([ui s'aplatissent en lamelles en s'éloignant de celui-ci, et se détruisent par les frottements extérieurs. Celte pellicule est moulée par sa face profonde sur la face externe du derme ; sa face superficielle se trouve couverte par les jwils.
Chez les Solipèdes et d'autres animaux, l'épiderme est presque généralement coloré en noir par des corpuscules pigmentaires mêlés à ses cellules constituantes, coloration qui a pour but de prévenir les elfets rubéfiants de l'ardeur des rayons solaires en augmentant le pouvoir absorbant et rayonnant de la surface cutanée. Dans le plus grand nombre des cas, celte coloration manque chez le mouton, dont la peau se trouve protégée par une toison épaisse, et le plus souvent aussi chez le l>orc, que ses habitudes, ii l'état sauvage, comme en domesticité, tiennent éloigné de l'action directe du soleil.
Art. h. — Des appendices tégumentaires.
On désigne ainsi ]('s poils et ]cs ])rodzirfio7ts rornf'es, dépendances de la couche épidermi(iue de la peau.
§ I, — Des poils.
Les poils sont les filaments qui forment par leur ensemble le revêtement extérieur de la peau des animaux. Ces hlamenls sont implantés dans l'épaisseur du
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derme et quelquefois même dans les tissus sous-jaccnts, enveloppés par leur base dans un follicule, petite gaine plus ou moins compliquée, nu fond de laquelle se développent les éléments de ces appendices.
chez le cheval, on doit distinguer les C7Hns des poils proprement dits : ceux-ci lins, courts, surtout dans les régions cù la peau est mince, imbriqués les uns sur les autres, et répandus sur toute la surface du corps, en une couche continue qui prend le nom de robe ; ceux-là longs et flottants, occupant le sommet de la tête, où ils représentent le toupet, le bord supérieur de l'encolure, où ils constituent la crinière, et enveloppant d'une belle touffe l'appendice caudal. Quelques-uns forment, au bord libre des paupières, les organes spéciaux désignés sous le nom de cils, et les tentacules des lèvres.
Daiis l'âne et le mulet, le toupet et la crinière sont nuls ou rudimentaires; et les crins de la queue, moins abondants que dans le cheval chez ce dernier animal, sont à peine suffisants chez le premier pour composer un simple bouquet à l'extrémité de l'organe.
Chez le bœuf, il n'existe de crins, comme dans l'àne, qu'à l'extrémité de la queue-
II n'y en a point dans les autres animaux, qui ne possèdent que les poils de la robe.
§ II. — Des productions cornées.
Les tissus cornés forment plusieurs groupes : le premier comprend les cornes des animaux ruminants ; le second, les châtaignes des solipèdes; le troisième, la couche protectrice qui enveloppe l'extrémité des doigts, c'est-à-dire les ongles des carnassiers et des rongeurs, les onglons du porc, du bœuf, du mouton et de la chèvre, les sabots du cheval, de l'âne et du mulet. Ces dernières productions, rangées au nombre des organes les plus importants de l'appareil locomoteur des animaux solipèdes, nous arrêteront seules quelques instants.
1" Des cornes frontales.
Ce sont des étuis coniques, plus ou moins larges, plus ou moins contournés, plus ou moins annelés transversalement, formés de couches ou cornets concentriques dansla constitution desquels n'entrent que des lamelles épilhéliales et quelques corpuscules pigmentaires. Les cornes s'accroissent comme l'épiderme et les poils ; leurs éléments sont sécrétés par la portion du chorion qui s'étend sur les chevilles osseuses du froiual et les enveloppe complètement, portion de peau remarquable par sa grande vascularilé.
2'' Des châtaignes.
On appelle c/iàtuigne une petite plaque cornée qui existe chez le cheval, sur la face interne de l'avant-bras, vers le tiers inférieur de la région, et à l'extrémité supérieure de la face interne du canon, au membre postérieur. C'est un amas de lamelles épithéliales disposées en couches superposées, amas qui leprésenle peutêtre le vestige du pouce chez les animaux Solipèdes (Joly et Lavocai).
l^U AITAREILS DES SENS.
Les châtaignes postérieures manquent dans l'âne. Celles du mulet sont fort petites.
3" Des ongles des carnassiers et des rongeurs.
Chez ces animaux, la troisième phalange des doigts est enveloppée d'un étui conique recourbé par en bas comme celle phalange elle-même. Cet étui corné, désigné sous le nom d'ongle ou de griffe, présente à peu près la même organisation que les cornes des rvuminants ; il se développe et s'accroît de la même manière que le sabot des Solipèdes ; sa matrice est un prolongement du chorion tégumentaire, qui s'étend sur la troisième phalange après s'être enfoncé dans la rainure circulaire creusée autour de la base de cet os.
Placé à l'extrémité de la région digitée, l'ongle, chez aucun de ces animaux, ne sert en rien dans les actes locomoteurs, l'appui des membres sur le sol s'opérant, non par l'extrémité des doigts, mais par toute l'étendue de leur face plantaire. Aussi trouve-t-on sur cette face une sorte de semelle épidermiquc couvrant cinq tubercules fibro-graisseux : qualre petits, placés sur le trajet des quatre doigts principaux (le pouce n'est jamais assez développé pour appuyer à terre), et un plus gros, central, circonscrit en avant par les autres : tubercules destinés à amortir l'effet de la pression du corps.
Chez le chat, les griffes, très aiguës, sont rétractiles, c'est-à-dire qu'elles se relèvent en se renversant dans les espaces interdigités, à l'aide d'un petit ligament jaune élastique qui se porte de la seconde à la troisième phalange. Elles constituent le plus puissant moyen d'attaque et de défense de cet animal. Dans le lapin, elles permettent à l'animal de fouir le sol. Elles peuvent avoir le même usage chez le chien.
4" Des onglons des pachydermes et des ruminants.
L'enveloppe cornée qui revêt l'extrémité des doigts de ces animaux représente une espèce de cupule h parois épaisses, ayant à peu près exactement la forme de la troisième phalange, et généralement désignée sous le nom d'onglon.
On en distingue à chaque membre deux grands et deux petits : les premiers, enveloppant l'extrémité des doigts principaux, reposant seuls sur le sol, et figurant dans leur ensemble le sabot des solipèdes 5 les seconds, placés au-dessus et en arrière des premiers, tout à fait rudimentaires dans les ruminants, où ils prennent particulièrement le nom d'ergots.
Comme les caractères anatomiques de ces onglons, de même que la disposition du chorion formateur, se rapprochent de ce qui existe chez les solipèdes, nous n'entrerons à leur sujet dans aucun détail les concernant spécialement.
5" Du SABOT DES SOLIPÈDES.
Le sabot des solipèdes est d'une étude extrêmement impoi'fante, à tause des nombreuses maladiesdonl cette région peut être le siège. Aussi a-t-il fait à lui seul le sujet de plusieurs ouvrages volumineux auxquels nous renverrons pour l'élude
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complète de son organisation (1), car nous ne pouvons donner ici que les détails .descriptifs essentiels, c'est-à-dire ceux qui sont nécessaires pour remplir le cadre que nous nous sommes tracé.
Nous allons nous occuper d'abord de passer en revue les parties contenues dans le sabot, pour revenir ensuite sur la description de celle boîte cornée.
a. Des parties contenues dans le sabot.
En procédant de dedans en deliors, on trouve à l'intérieur de la boîte cornée '. 1° le troisième phalangien, le petit sésamoïde et la partie inférieure du deuxième phalangien, os réunis par l'articulation du pied ; 2° les quatre ligaments qui assujettissent celte articulation ; 3° le tendon de l'extenseur commun des phalanges, qui l'affermit en avant, et celui du perforant, qui la soutient en arrière, en se fixant sur l'os du pied après avoir glissé sur la face postérieure du petit sésamoïde; U° l'appareil complémentaire du troisième phalangien; 5" la matrice du sabot ou la membrane kératogène, prolongement du derme qui recouvre la région digitée : parties auxquelles il faut joindre les vaisseaux et les nerfs de cette région.
La description des os a été faite pages 83, SU et 85 ;
Celle de rarticulation et de ses ligaments, pages 153 et 154 ;
Celle du tendon de l'extenseur antérieur des phalanges, pages 256 et 257 ;
Celle du tendon du perforant, page 26i ;
Celle des artères, pages 517, 518, 519, 520 ;
Celle des veines, page 578 à 583 ;
Celle des nerfs, page 714.
Il nous reste à nous occuper ici de V appareil complémentaire du truisième phalangien et de la membrane kératogène.
A. Appareil complémeintaire de l'os du pied. — Dans l'indication que nous avons faite de cet appareil à la page 85, nous avons dit qu'il se compose de rt deux pièces latérales, les fibro-cartilages de l'os du pied, réunis en arrière et en bas par le coussinet plantaire, masse fibreuse et élastique sur laquelle repose le petit sésamoïde par l'intermédiaire du tendon perforant. » Nous allons prendre cette distinction pour base de notre étude.
1° Fibro'cartiiages de l'os du pied» — Chacune de ces pièces représente une plaque aplatie d'un côté à l'autre, offrant la forme d'un parallélogramme obliquangle prolongeant en arrière le troisième phalangien. — Leur face externe, convexe, percée de trous qui livrent passage h des veines, surplombe légèrement celle de l'os du pied. — La face interne, concave, creusée de gouttières vasculaires, recouvre en avant l'articulation du pied et le cul-de-sac synovial qui s'échappe entre les deux ligaments latéraux de cette articulation ; en bas et en arrière, elle s'unit au coussinet plantaire, soit par continuité de tissu, ce qui s'observe près du bord inférieur, soit par des tractus libreux qui se portent de l'un à l'autre organe. • — Le bord supérieur, tantôt convexe, tantôt rectiligne, est mince et taillé en écaille ; il est séparé du bord postérieur par un angle obtus, en avant duquel ce
(1) Voir particulièrement, parmi les ouvrages français, le plus complet et le plus récent, le Traite de l'orfjanisation du pied du cheval ^ par M. H, Bouley.
bord est souvent entaillé d'une encoche profonde qui livre passage aux vaisseaux et aux nerfs de la portion digiléc. — Le bord inférieur est attaché en avant sur les apophyses basilaire et rétrossalc. En arrière de celle-ci, il se réfléchit en dedans pour se continuer avec le tissu de la face inférieure du coussinet planiaire. — Le bord postérieur, oblique d'avant en arrière et de haut en bas, est légèrement convexe, et rejoint les deux précédents. — Le bord cuUérieur^ oblique dans le même sens, s'unit de la manière la plus intime au ligamciit laiéral anlérieur de l'articulaiion du pied, dont on ne peut le séparer que par un arlificc de dissection. Il envoie sur ce ligament et sur le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges une expansion fdjreuse qui se confond avec celle du côté opposé.
Les fibio-cartilages comprennent dans leur structure un mélange de tissu fibreux et de tissu cartilagineux, mélange qui est loin d'être parfaitement homogène et fait partout dans les mêmes proportions. L'observation y démontre en outre des vaisseaux et même quelques fibres nerveuses.
Ceux du membre antérieur sont plus épais et plus étendus que les postérieurs.
1° Coussinet plaiitaicc. — Le coussinet plantaire représente une espèce de coin, siiué dans rinlervaile des deux plaques cartilagineuses du troisième phalangien, entre le tendon perforant et la |)aroi inférieure de la boite cornée. Sa forme permet d'y considérer une face antéro-supérieure, une face inféro-postérieure, une base, un sommet, deux bords latéraux.
La face antéro-supérieure, moulée sur l'expansion aponévrotique du tendon perforant, est « revêtue d'une membrane ccllulo-fibreuse, tunique propre dit coussinet plantaire, qui fait conlinuiié par sa face interne aux cloisons fibreuses dont la substance de ce coussinet est traversée, et adhère par sa face externe (c'està-dire la face antérieure) à la gaîne de renforcement inlerjiosée entre elle et le tendon perforant (Bouley). » Cette expansion, qui se prolonge par en haut jusqu'au boulet, où elle se confond avec le fascia superficiel de la région métacarpienne, est bordée latéralement de deux bandelettes ligamenteuses, sorte d'ourlets très résistants, qui croisent très obliquement, dans leur partie moyenne, le faisceau formé par les vaisseaux et les nerfs du doigt. Chacune de ces bandelettes se fixe supérieurement, d'une part, à la base du doigt rudimentaire désigné sous le nom d'ergot, d'autre part au bouton du métacarpien latéral ; leur extrémité inférieure s'attaclie en dedans de l'apophyse rétrossale.
La face inféro-postérieure du coussinet, couverte par la membrane kératogène, présente dans son milieu le corps pyramidal , relief dont la forme rappelle exactement celle de la fourchette, à laquelle ce relief répond. Il présente donc, en avant, un prolongement conique impair ; en arrière, deux saillies divergentes séparées par une excavation médiane,
La base de l'appareil, tournée en arrière et en haut, est divisée par une dépression en deux renflements latéraux , désignés sous le nom de bulbes du coussinet plantaire, renflements sur lesquels arrivent, en dedans, les saillies postérieures du corps inrainidal, et qui se confondent en dehors avec l'angle postérieur et inférieur des i)hiques cartilagineuses. Cette partie du coussinet est, comme la face antérieure couverte d'une expansion cellulo-fibreuse qui la sépare de la peau du paturon , expansion attachée |)ar ses bords latéraux sur le bord postérieur des
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cartilages, et continuée supérieurement sur la surface de l'expansion antérieure, avec laquelle elle ne tarde pas à s'unir.
Le sommet forme un bord tranchant, plus ou moins régulièrement convexe, lixé sur la face plantaire de l'os du pied, en avant de la crête semi-lunaire et de l'inscriion du tendon perforant, avec lequel le coussinet plantaire confond ses fibres il ce point.
Les bo7'ds latéraux prcsenlent plus de largeur en arrière qu'en avant, à cause de la forme en coin qu'aiïecle l'organe tout entier. Ils sont en continuité avec la face interne des cartilages latéraux de la manière que nous avons indiquée en décrivant ceux-ci.
Vorfjanisationàu coussinet plantaire diffère notablement de celle des cartilages. Il a pour base un canevas fibreux, continu avec celui qui constitue la trame fondamentale de ces deux appareils latéraux, extrêmement serré vers la face inféropostérieure de l'organe, devenant de plus en plus lâche en s'éloignant de cette région, et circonscrivant des aréoles remplies d'une pulpe jaunâtre, que M. H. Bouley a démontré être formée par une mince membrane cellulo-fibreuse jaune, élastique, phssée sur elle-même, et non par du tissu adipeux. Des vaisseaux sanguins et des nerfs abondants complètent cette organisation.
B, TÉGUMENT SOUS-CORNÉ OU MEMBRANE KÉRATOGÈNE, — La membrane kéralogèiie enveloppe l'extrémité du doigt, en s'étalant sur l'expansion terminale du tention de l'extenseur principal des phalanges, par l'intermédiaire d'un fascia fibreux, dépendance des cartilages latéraux, sur la moitié inférieure de la face externe de ces cartilages, sur les bulbes du coussinet plantaire, le corps pyramidal, la partie antérieure de la face plantaire du troisième phalangien, et sur la face antérieure du même os. Elle recouvre toutes ces parties à la manière d'un bas, sur lequel le sabot se trouve appliqué comme le soulier qui chausse le pied humain.
Celte membrane se continue avec la peau de la région digitée au niveau d'une ligne circulaire qui coupe la partie moyenne de la deuxième phalange, en s'inclinant obliquement d'avant en arrière et de haut en bas.
En dessous de celte ligne, le tissu sous-ongulé forme, en avant et sur les côtés, un renflement semi-cylindrique, couvert de prolongements villeux, et désigné sous le nom de bourrelet.
Sur le coussinet plantaire et la face inférieure de l'os du pied, elle représente une tunique également villeuse, le tissu velouté, tunique continue vers les bulbes du coussinet avec les extrémités du bourrelet.
La partie étalée sur la face antérieure du troisième phalangien constitue le tissu feuilleté, ainsi appelé à cause des lames ou feuillets parallèles qu'il présente à sa surface.
Nous allons étudier successivement ces trois régions de l'appareil kératogène.
V Bourrelet. — Encore appelé cutidure (Bracy-Clarck), cet organe, qui représente la matrice de la paroi, se trouve logé dans la cavité creusée au bord supérieur de cette partie du sabot. Il forme, selon l'expression de 31. H. Bouley, une saillie arrondie qui « proéminc h la manière d'une corniche d'entablement » audessus du tissu podophylleux.
kl
Son bord inférieur est séparé par une zone blanchâtre de l'extrémité supérieure des feuillets qui constituent ce dernier.
Le bord supérieur est limité par une petite bordure en saillie, large de 2 ou 3 millimètres, désignée sous le nom de bourrelet périoplique , parce que c'est elle qui donne naissance à la corne du périople. Entre cette bordure et le bourrelet principal existe un sillon nettement accusé.
Les extrémités, plus étroites que la partie moyenne, arrivent près des bulbes du coussinet plantaire, et se replient au-dessous d'eux dans les lacunes latérales du corps pyramidal, où elles se confondent avec le tissu velouté.
Quant à la surface de l'organe, elle présente les prolongements filiformes appelés pupilles, villa-papilles, villosités, houppes villeuses, prolongements dont les dimensions sont d'autant plus considérables qu'ils sont rapprochés du bord inférieur du bourrelet, où ils atteignent 5 ou 6 millimètres de longueur. Ceux du bourrelet périoplique ont à peine un demi-millimètre de profondeur. Enfoncés dans les orifices du bord supérieur de la paroi, ces papilles forment, quand on les considère dans leur ensemble, après la chute du sabot déterminée par macération, comme un gazon touffu, qui apparaît de la manière la plus parfaite quand on examine ces petits organes sous l'eau.
La structure du bourrelet rappelle celle du derme cutané, dont cet organe n'est que la continuation. Elle comprend une trame fibreuse remarquable par son épaisseur, avec un nombre considérable de vaisseaux et de nerfs, dont on peut suivre les ramifications jusqu'il l'extrémité des prolongements villeux. Le bourrelet doit à sa grande vascularité la couleur rouge-vif qu'il présente à sa surface, couleur qui est parfois dissimulée par du pigment noir apiiarienant au corps muqueux du sabot.
2" Tissu velouté. — Beaucoup plus mince (jue le bourrelet, le tissu velouté, organe formateur de la sole et de la fourchette, s'étend sur toute la région plantaire du troisième phalangien, et sur le coussinet plantaire, dont il recouvre les bulbes et le renflement pyramidal, en s'adaptant exactement aux reliefs et aux cavités de cette masse élastique.
Sa surface, (jui rappelle tout à fait par sa configuration générale la surface plantaire du sabot, se décompose on deux régions : l'une centrale, répondant au corps pyramidal et à la fourc hetie, et se continuant, sur les bulbes du coussinet, avec les extrémités des deux bourrelets, mais principalement avec celui du périople; l'aune, péiiphériquc, couverte [)ar la sole, séparée du tissu podophylleux par le bord plantaire du pied, envahie en arrière, dans une petite partie de son étendue, l>ar les feuillets de ce tissu qui correspondent aux barres, .se continuant, audessus de ces feuillets, c'est-à-dire par les extrémités du croissant qu'elle représente, avec le bourrelet principal.
La surface du tissu velouté est hérissée de villosités semblables à celles du bourrelet, et, comme elles, de dimensions inégales. Les plus longues, qui ont de 5 à 6 millimètres, existent vers la circonférence de cette surface ; les plus courtes, dans la lacune médiane du corps pyramidal. Toutes se logent dans les porosités de la face interne de la sole et de la fourchette.
Le tissu velouté présente la même organisation que le bourrelet. Le chorion vasculaire, qui en forme la base, se trouve doublé, dans la portion périphérique
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de la membrane, d'un lacis fibreux nommé réiiculum plantaire, dans les mailles diKiucl sont soulenues les veines de la face inférieure du pied.
3" Tissu feuilleté. — Celle partie de la membrane kéiatogène est encore appelée fort souvent tissu podophylleux. Elle est étalée sur la face antérieure du troisième phalaiigien, où elle occupe l'espace compris entre le bord plantaire de cet os et le bord inférieur du bourrelet; son étendue en hauteur est donc plus considérable dans sa partie moyenne, c'est-à-dire au milieu de la face antérieure de la phalange, que sur les côtés, où l'on voit les extrémités de la membrane se réfléchir en dessous des bulbes du coussinet plantaire sur le tissu velouté.
Cette membrane doit son nom aux feuillets qu'elle présente à sa superficie, feuillets au nombre de cinq à six cents, parallèles entre eux, séparés par des sillons profonds, dans lesquels s'engrènent les feuillets analogues de la face interne de la paroi, s'étendant de la zone blanchâtre qui limite le bord inférieur du bourrelet, où leur saillie est à peine sensible, jusqu'au bord plantaire du pied, où ils se terminent par cinq ou six prolongements villeux fort développés, qui s'enfoncent dans les tubes cornés de la circonférence de la sole.
La structure de la membrane podophylleuse rappelle celle des autres parties de l'appareil kératogèue. Son chorion est, comme celui de la partie périphérique du tissu velouté, séparé de l'os du pied par un reticulum fibreux qui supporte les veines, et qui forme en quelque sorte le périoste de la troisième phalange.
Les feuillets de la membrane podophylleuse ne participent point à la formation de la corne ; ils ne font donc pas partie de la matrice proprement dite de l'ongle. Ce sont évidemment d'immenses papilles lamelleuses , qui doivent être rangées au nombre des principaux instruments de la sensibilité tactile du pied du cheval , et (jui jouent de plus un véritable rôle mécanique, en concourant, par leur engrènement avec les lames kéraphy lieuses, à assurer la solidité de l'union du sabot avec les parties vives.
h. Description du sabot.
Le sabot du cheval, considéré dans son ensemble, représente une sorte de boîte engainante, qui enveloppe l'extrémité inférieure du doigt, en s'appliquant exactement sur la membrane kératogène, avec laquelle elle s'unit de la manière la plus intime, par une i)énétralion réciproque des prolongements et des cavités dessinées sur les surfaces en contact.
Sa forme générale est, comme l'a démontré Bracy-Clarck, celle d'une moitié de cylindre coupé très obliquement en travers dans sa partie moyenne, et posé sur la surface de section. Elle affecte cependant sur presque tous les pieds une disposition légèrement conoïdc.
Une macération prolongée divise celte boîte en trois parties: hparoi^ la sole et la fourchette.
Paroi. — La paroi, encore appelée muraille, est la partie du sabot apparente à l'extérieur quand le pied repose sur le sol. L'épaisse lame de corne qu'elle représente s'applique, par sa partie moyenne, sur la face antérieure de la région ongulée, se contourne en arrière et de chaque côté en se rétrécissant graduellement, et en diminuant légèrement d'épaisseur, puis se réfléchit brusquement en dedans près
des bulbes du coussinet plantaire, par ses extrémités, qui s'enclavent entre la fourchelie et le bord interne de la soie, pour se confondre avec ce bord, vers son milieu ou son tiers antérieur, après s'être tout à fait rélrécies et amincies.
La partie moyenne, médiane ou antérieure de cette enveloppe cornée porte le nom de pince ; on appelle mamelles les deux côtés de la pince; les deux régions latérales constituent les quartiers; les talons sont formés par les angles d'inflexion des extrémités; et ces extrémités elles-mêmes, repliées le long du bord interne de la sole, représentent les barres.
Envisagée au point de vue de la direction qu'elle affecte par rapport au sol, cette enveloppe se montre fortement inclinée dans sa région médiane, c'est-à-dire vers la pince, obliquité qui se prononce de moins en moins des mamelles à la partie postérieure des quartiers, où la paroi est presque perpendiculaire à la surface du sol.
Voici les caractères qu'elle offre dans la conformation de ses faces, de ses bords et de ses extrémités.
La face externe, convexe d'un côté à l'autre, et parfaitement rectiligne du bord supérieur au bord inférieur, est lisse, polie, luisante, aspect qu'elle doit à une mince couche cornée, indépendante de la paroi proprement dite, et désignée sous le nom de périople.
Ce périople forme sur la partie supérieure de la face externe de la paroi une espèce de cercle, en continuité, vers les bulbes du coussinet plantaire, avec la fourchette, dont il n'est qu'une dépendance, répondant, par son bord supérieur, au bourrelet périoplique qui le sécrète, et se perdant sur la paroi par son bord inférieur, que les frottements amincissent et détruisent incessamment.
La face interne, présente, dans toute son étendue, des lamelles blanches parallèles, exactement disposées comme celles du tissu podophylleux, avec lesquelles on les voit s'engrener. L'ensemble que forment ces lamelles ou feuillets prend le nom de tissu kéraphylleux.
Le bord supérieur est taillé en un biseau interne excavé, formant une espèce de gouttière circulaire dans laquelle se loge le bourrelet. Cette gouttière, appelée biseau de la paroi à cause de sa forme, cavité cutigérale en raison de ses rapports, offre à son fond une multitude de petits trous , origine des canalicules cornés, dans lesquels s'enfoncent les villosités de la cutidure.
Le bord inférieur, en rapport avec le sol et soumis à l'usure, chez les animaux non ferrés, s'unit en dedans d'une manière intime avec la circonférence de la sole.
Les extrémités, constituées, comme on l'a vu, par les prolongements réfléchis et rentrés désignés sous le nom de barres, forment, en dehors, la paroi externe des lacunes latérales de la fourchette; elles sont pourvues, en dedans, de feuillets comme le reste de la muraille. Le bord supérieur de ces prolongements se confond avec la fourchette et la sole; l'inférieur apparaît entre ces deux parties, et s'efface à une certaine distance de la pointe de la fourchette.
Sole. — La sole est une épaisse plaque cornée comprise entre le bord interne de la paroi et ses prolongements réfléchis , occupant ainsi la face inférieure du sabot.
Elle offre deux faces et deux bords ou circonférences.
DES APPENDICES TliGUMENTAlRES. 7^1 1
La face inférieure ou externe forme une espèce de voûle plus on moins concave, suivant les sujets, — La supérieure, encore appelée /«<?(? interne, répond à la portion périphérique du tissu velouté; elle présente une multitude de petits orifices, analogues à ceux de la cavité cutigérale, et dans lesquels s'enfoncent les papilles de la membrane kératogène.
I Le bord externe, ou la grande circonférence, s'unit dans toute son étendue au contour interne du bord inférieur de la paroi, — Le bord interne, ou la petite circonférence, représente une profonde échancrure, en forme de V ouvert en arrière, qui répond aux barres, et dans le fond de laquelle s'enclave le sommet de la fourchette.
Fourchette, — C'est une masse de corne de forme pyramidale, logée entre les deux portions rentrantes de la paroi.
; On doit y reconnaître quatre plans, une base, un sommet.
! Le plan inférieur et les deux plans latéraux constituent la surface extérieure de l'organe. — Le premier est creusé d'une excavation longitudinale, peu profonde dans les pieds bien conformés, appelée lacune médiane de la fourchette, séparant deux saillies ou branches, divergentes en arrière, qui vont rejoindre les talons, — Les deux autres plans, obliquement dirigés de haut en bas et de dehors en dedans, sont intimement adhérents, par leur tiers supérieur, à la face latérale externe des barres, et antérieurement au bord interne de la sole, « Cette union est telle, qu'il n'existe pas entre ces parties de ligne de démarcation, et que leur séparation ne peut être obtenue que par une macération prolongée, La portion non adhérente ou libre forme le côté interne des cavités angulaires désignées sous le nom de lacunes latérales ou de commissures de la fourchette, dont le côté
■ externe est constitué par la face inférieure des barres. » (H. Bouley.)
1 Le plan supérieur, formant la face interne de la fourchette, criblé de trous comme celui de la sole, se moule exactement sur le corps pyramidal du coussinet plantaire. Aussi représen(e-t-ii une excavation triangulaire, divisée postérieurement en deux gouttières latérales, par une saillie allongée d'avant en arrière, à laquelle les traducteurs de Bracy-Clarck ont donné le nom de arrête- fourchette, expression à laquelle M. H. Bouley préfère celle de arête de la fourchette.
La base, ou Y extrémité postérieure de la fourchette, constituée par l'extrémité des branches de l'organe, forme deux éminences arrondies, flexibles, élastiques, séparées l'une de l'autre par le prolongement de la lacune médiane, recouvrant les angles d'inflexion de la paroi, et se continuant à ce point avec la bande périoplique.
[ Bracy-Clarck les appelle les glômes de la fourchette.
Quant au sommet ou à ['extrémité antérieure de l'organe, c'est une pointe enclavée dans l'angle rentrant compris entre les deux portions du bord interne de
j la sole.
Structure de la corne du sabot. — La substance cornée qui constitue le sabot des animaux solipèdes se présente avec un aspect fibreux, très nettement prononcé dans la paroi, moins apparent dans la fourchette et les parties profondes de la sole, et impossible à distinguer dans la couche superficielle de cette dernière région du sabot, où le travail de désagrégation dont cette couche est le siège sépare la corne en fragments écailleux plus ou moins épais et plus ou moins étendus. La
consistance de cette substance est toujours moindre dans la fourchette que dans la paroi et la sole. Sa couleur est tantôt noire, tantôt blanche, tantôt marbrée par un mélange de ces deux nuances. Jamais la face interne de la paroi ne présente la première, et quand le membre porte une balzane ou un principe de balzane, on peut être sûr que toute l'épaisseur de la muraille offrira la couleur blanche dans les points qui correspondent aux taches blanches de la robe, et partant dans toute l'étendue du sabot si la balzane est complète.
Quelle que soit la région où on l'examine, la corne unguéale se présente toujours avec les mêmes caractères d'organisation intime. Partout elle est creusée de canaux cylindriques dont l'extrémité supérieure, évasée en entonnoir, engaîne les papilles de la matrice de l'ongle, soit du bourrelet, soit du tissu velouté, pendant que l'extrémité inférieure vient s'ouvrir, dans la paroi, sur le bord plantaire, dans la sole et la fourchette, à la face externe ou inférieure.
Ces canaux sont rectilignes, à l'exception de ceux de la fourchette qui se montrent plus ou moins Ilexueux.
Tous affectent la même direction oblique de bas en haut et d'arrière en avant, c'est-à-dire qu'ils suivent l'inclinaison de la partie médiane de la muraille. Ils sont donc à peu près exactement parallèles entre eux, non-seulement dans la même région du sabot, mais encore quand on les envisage dans deux régions différentes.
Leur diamètre peut varier dans des proportions considérables. Ainsi on en trouve qui mesurent seulement 0,""»02, d'autres qui vont jusqu'à 0,3 ou 0,'""'/i. Du reste, les plus petits sont toujours ceux du périople. Dans la paroi, on les voit d'autant plus étroits qu'on les observe plus près de la surface externe.
Ces tubes ne sont point simplement creusés dans la substance cornée, ils ont des parois propres d'une très grande épaisseur, formées elles-mêmes de nombreuses couches concentriques emboîtées les unes dans les autres. La substance cornée qui les réunit ne présente aucune disposiiion stratiforme apparente.
Remplis |)ar les papilles de la membrane kéraiogène à leur extrémité supérieure, ces canaux ne sont point vides dans le reste de leur étendue ; ils contiennent une substance particulière de couleur blanche, et d'une opacité telle, qu'elle paraît d'un beau noir quand on l'examine par transparence sous le microscope. Cette substance n'est pas uniformément déposée dans la longueur des canaux de la corne. Ainsi on la trouve souvent interrompue de dislance en distance, de manière à figurer une corde noueuse ou un chapelet. D'un antre côté, dans les points où elle existe, elle ne remplit pas toujours exactement le calibre du tube corné qui la renferme; on constate un intervalle entre la paroi intérieure de celui-ci et le dépôt intra-tubulaire que cette substance constitue. Quelquefois, elle se répand en dehors des tubes parmi les lamelles concentriques de leurs parois, et même dans la substance cornée intertubulaire.
Si l'on cherche à compléter la connaissance de cette organisation intime de la corne du sabot par l'étude des éléments anatomiques qui en constituent la base, on reconnaît que le tissu corné est formé de lamelles épiihéliales appartenant au genre d'épiderme le plus répandu dans l'économie animale, c'est-à-dire à l'épithélium pavimenteux. Très minces, pales, polygonales, et généralement oblongues, ces lamelles se présentent avec des bords nets et des faces finement granulées.
DES APPENDICES TÉGUMENTATRES. 743
Elles offrent quelquefois un noyau avec nucléole simple on muliiple, noyau qui occupe tantôt le centre, tantôt un autre point de la surface, et qu'on peut rencontrer môme tout à fait sur les bords. L'acide acétique n'agit que très lentement sur elles, et encore se borne-t-il à les rendre plus transparentes. Quant à la potasse caustique, elle les ramollit d'abord, les gonfle, en fait disparaître l'aspect grenu et arrondit leurs contours; sous l'influence de ce puissant réactif, elles deviennent tout à fait diaphanes, et finissent enfin par se dissoudre complètement.
Examinées dans leurs rapports réciproques, ces lamelles épithéliales de la corne ne se présentent point agglomérées confusément les unes à côté des autres. Elles se montrent, au contraire, disposées d'une manière régulière sur un plan bien arrêté, et forment dans le sabot une véritable charpente intérieure qui concourt singulièrement à en assurer la solidité et la flexibilité. Dans les parois des tubes cornés, on les voit, en effet, groupées à plat autour du canal intérieur de ceux-ci, et stratifiées de dedans en dehors de manière h former des couches successives et concentriques. Dans la corne interlobnlaire ces lamelles s'arrangent d'une manière toute différente. Leur stratification n'est plus parallèle à la direction des tubes, mais bien perpendiculaire à celte direction ; la corne interlobulaire est donc formée de lamelles épithéliales empilées les unes sur les autres dans les intervalles qui séparent les tubes cornés.
Indépendamment de ces lamelles épithéliales, base fondamentale du tissu corné on doit signaler au nombre des éléments anatomiques de ce tissu : 1° la substance blanche amorphe dont nous avons déjà parlé ; 2° des corpuscules pigmontaires qui donnent à la corne la coloration noire, corpuscules presque exclusivement dispersés parmi les lamelles des parois des tubes, et qui manquent, bien entendu, quand la corne est blanche.
Mode de développement du sabot. — Le sabot est le résultat d'une sécrétion qui a son siège dans la matrice de l'ongle, c'est-à-dire dans le bourrelet et le tissu velouté, sécrétion dont le mécanisme est des plus simples. Elle consiste dans l'épanchement, à la surface de la membrane kératogène, d'un plasma dans lequel se développent des cellules arrondies, qui s'aplatissent en lamelles dans le sens de la surface sécrétante, au fur et à mesure qu'elles s'éloignent de cette surface. La paroi s'accroît donc de son bord supérieur à son bord inférieur, et les deux autres parties du sabot, de leur face interne à leur face externe. Cet accroissement est permanent, et il finirait par donner au sabot une longueur démesurée sans l'usure produite par les frottements, ou sans l'intervention des instruments du maréchal.
Du sabot cher. Tàne et le mulet. — Toujours plus étroit que celui du cheval, c'est-à-dire déprimé d'un côté à l'autre, il tire de cette forme une apparence carrée en pince. La muraille est du reste plus haute et plus épaisse, la sole plus concave, la fourchette plus petite et profondément enfoncée au fond de l'excavation formée par la sole, la corne beaucoup plus dure et plus résistante.
7û/i APPAREILS DES SENS.