‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 24 sur 128 · DES ARTICULATIONS DES MAIVOUFÈRES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES ARTICULATIONS DES MAIVOUFÈRES EN PARTICULIER

Nous suivrons, pour l'étude spéciale des articulations, le même ordre que pour les os, c'est-à-dire que nous commencerons par les articulations du rachis pour continuer par celles de la tête, du thorax, des membres antérieurs et des membres postérieurs.

Préparation. — La préparation des os qui viennent d'être décrits n'a fait le sujet d'aucune recommandation particulière, parce qu'il suffit, pour étudier ces organes, de les débarrasser des parties molles qui les entourent, soit parlacoction, soit par la macération , soit par la rugination.

Mais quand on arrive à l'examen des parties molles, il devient nécessaire, pour en tirer tout le fruit possible, d'apprendre à l'avance les règles qui doivent guider dans la préparation de ces parties. Nous posons ci-après celles qui concernent l'étude des articulations :

\° Pour préparer les articulations, on choisira les sujets jeunes de préférence aux sujets déjà avancés en âge, parce que !a densité du tissu cellulaire est moins grande chez les premiers, et que ce tissu se prête plus facilement à l'isolement des ligaments. Comme ceux-ci se préparent avec difficulté quand leur surface extérieure est desséchée, on aura soin , en attendant le moment de les disséquer, de les tenir à l'abri de l'air en les recouvrant avec "des linges humectés ou avec la peau de l'animal.

2" Il conviendra de séparer l'articulation que Ton veut étudier, en sciant les os à une certaine distance des surfaces articulaires. Le maniement de la pièce est alors rendu plus facile, et sa dissection peut se faire dans des conditions plus favorables.

3" 11 importe de respecter, autant que possible, les muscles qui entourent les articulations, alin de pouvoir étudier leurs rapports avec les ligaments qui assujettissent celles-ci. !?'il est absolument nécessaire de les enlever, on conservera toujours les insertions correspondantes à l'articulation.

4° On étudiera d'abord les ligaments capsulaires, qui seront enlevés ensuite pour mieux mettre eh évidence les liens funiculaires. Ceux-ci seront à leur tour sacrifiés pour découvrir, au moyen de différentes coupes, les cordons inter-osseux, quand ils existent. On séparera enfin d'une manière complète les deux surfaces articulaires, afin de les mettre à nu et de (louvoir examiner leur conformation.

5" Les synoviales avec leurs différents culs-de-sac étant d'une étude très importante, au point de vue du diagnostic et de la thérapeutique des tumeurs articulaires, il conviendra de consacrer une pièce spéciale à l'étude de ces membranes séreuses. Il sera même très utile d'injecter leur cavité intérieure avec du plitre ou du suif coloré en noir, pour distendre leurs culs-de-sac et favoriser l'étude des rapports qu'ils affectent vis-à-vis des ligaments, des tendons ou des muscles.

(Juani au mode de préparation propre à chaque articulation, nous croyons pouvoir nous dispenser d'en parler. Un simple coup d'œil jeté sur les figures qui accompagnent la description suffira à l'élève pour sortir d'embarras, toutes les fois qu'il aura besoin d'indications particulières.

Art. I. — Articulations du rachis.

Ces articulations sont intrinsèques o\x extrinsèques. Les premières comprennent toutes les articulations des vertèbres entre elles; les .secondes, celles du rachis avec la tête, les côtes et les coxaux.

Articulation-; des vertèbres entre elles ou inter-vertébrales (Fig. 50, ol, r>3 et 54).

Les vertèbres se correspondent : 1" par leur corps ; 2° par leur partie spinale ou annulaire. Il résulte de cette union deux sortes d'articulations que nous étudierons séparément, parce qu'elles n'appartiennent point à la même classe. Il est bon de dire ici que les détails généraux dans lesquels cette élude va nous entraîner s'appliqueront seulement aux articulations qui réunissent les six dernières vertèbres cervicales, toutes les vertèbres dorsales et lombaires et la première vertèbre sacrée. Union des vertèbres par leur corps. — Les articulations qui établissent cette union sont autant d'amphiarthroses.

Surfaces articulaires. — Les corps vertébraux se metteut en rapport par les surfaces qui les terminent en avant et en arrière. Dans la région cervicale, ces surfaces représentent, l'antérieure une véritable tête, la postérieure une cavité cotyloïde qui reçoit la têle de la vertèbre suivante. A partir de la première vertèbre dorsale jusqu'au sacrum, elles tendent à s'elïaccr et à devenir de plus en plus planes ; elles conservent toujours néanmoins, l'une sa convexité, l'autre sa concavité. Moyens cVunion. — 1" Des fibro-cariilages interposés entre les surfaces articulaires ; 2° un ligament vertébral commun supérieur; 3" un ligament vertébral commun inférieur.

a. Fibro-cartilages inter-vertébro.ux (fig. 50, 1,1). — Ce sont des disques circulaires ou elliptiques, convexes en avant, concaves en arrière, solidement fixés par leurs faces sur les plans articulaires qu'ils séparent. La substance fibro-cartilagineuse qui les forme se décompose en couches concentriques, d'autant plus denses et plus serrées les unes contre les autres qu'elles sont plus rapprochées de la circonférence. Ces couches disparaissent môme vers le centre du disque, où l'on voit la substance fihro-cartilagineuse devenir pulpeuse et prendre les caractères histologiques du cartilage pur. On peut remarquer que chacune de ces couches est constituée par un assemblage de gros filaments parallèles, qui se croisent en X avec ceux des couches voisines, et qui s'attachent à leurs extrémités sur les surfaces articulaires. De cette disposition résulte une adhérence si intime des corps vertébraux et de leurs fibro-cartilages intermédiaires, qu'un effort tenté dans le but de les désunir déterminera plutôt la rupture des premiers.

Les fibro-cartilages, plus épais dans les régions cervicale et lombaire que dans la région dorsale, répondent par leur circonférence aux deux ligaments communs. Ceux qui séparent les vertèbres du dos concourent à former les cavités inter-vertébrales destinées à la réception delà tête des côtes, et donnent attache aux ligaments inler-osseux verlébro-costaux.

b. Ligament vertébral commun supérieur (fig. 53, 1). — Ce ligament, étendu de l'axis au sacrum et logé dans le canal rachidien, représente un long ruban fibreux découpé sur ses bords en très larges festons. Par sa face inférieure, il s'attache sur les disques inter-vertébraux et sur les empreintes triangulaires que présentent les vertèbres à la face supérieure de leur corps. Sa face supérieure répond à la dure-mère par l'intermédiaire d'un tissu cellulo-adipeux abondant. Ses bords sont longés par les sinus veineux intra-rachidieiis.

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