‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 59 sur 128 · Lobe gauche du foie · texte numérisé non relu

Lobe gauche du foie

20. Lobe droit du nièm.. -21 .Vésicule bi'iaiie. 22. Point d'in- Siition des can.inx )iancréati- (jues et biliaires ( les deux conduits pancréatiques sont les plus antérieurs, le canal rhuk'doque iiu hépatique est au milieu , le cnnduit ryslique est le plus postérieur). 23. Pancréas. 2i. Kace diaphragmaliqne du poumon. i!5. Ovaire (en étal d'atrophie). 26. Oviducle.

Ù02 DE l'appareil digestif chez les oiseaux.

disliiicle de la bouche, le voiie du palais manquant absolument chez les Oiseaux. On remarquera, sur la paroi supiHieure, l'orilice guttural des cavités nasales, fente longitudinale divisée en deux par le bord infiiiour du vomer. En bas, se montre une autre fente moins étendue, qui n'est autre chose que l'enlrée du larynx, remarquable par l'absence complète de l'opercule épiglottique.

OESOPHAGE. — Ce canal se distingue par son calibre énorme et sa grande dilatabilité. Les parois en sont très minces, et contiennent dans leur épaisseur des glandules lenticulaires, qui s'aperçoivent très nettement sur un œsophage insulflé, à cause du peu d'épaisseur et de la transparence des tissus,

A son origine, le canal œsophagien n'est point séparé du pharynx par un rétrécissement; il est accolé, dans son trajet, au muscle long du cou et à la trachée; quant à son extrémité terminale, elle s'insère sur le premier compartiment de l'estomac, c'est-à-dire le ventricule succenturié, après avoir pénétré dans la poitrine, en passant au-dessus de l'origine des bronches, puis entre ces deux tuyaux.

Chez les Palmipèdes, l'œsophage est renflé dans sa partie cervicale de manière à représenter, quand ses parois sont distendues, une longue cavité fusiforme.

Dans les Gallinacés {ù^. 127, 3, h, 5), cette dilatation n'existe point; mais l'œsophage présente sur son trajet, immédiatement avant son entrée dans la poitrine, une poche membraneuse ovoïde, sorte de boursouflement latéral des tuniques œsophagiennes, qu'on a désigné sous le nom Aq jabot. On trouve donc dans l'œsophage des oiseaux précités deux sections distinctes, jointes bout à bout, l'une supérieure ou cervicale, l'autre inférieure ou thoracique, sur la limite desquelles se trouve le Joboê.

Celui-ci ne dilTère point dans sa structure de l'œsophage lui-même. Réservoir tempuraiie pour les aliments ingérés par l'animiil pendant son repas, i! les ramollit en les imprégnant d'une certaine quantité de fluide, et les chasse en-mile dans le ventricule succenturié par les contractions de sa membrane externe, avec l'aide d'un large muscle peaucier cervical (|ni recouvre ce réservoir.

Chez les Pigeons, le jabot existe également; mais il est divisé en deux poches latérales, et piésenie des éminences glanduleuses vers l'embouchure conmiune inférieure des poches dans l'œsophage. « Il épiouve d'ailleurs de singuliers cliaugemenls dans la siruciure ai)parente de ses par(»is chez le mâle couiute chez la femelle, peiidant l'incubation, ou pendant les |)remières semaines après la naissance de.s peiiis (c'est à Hunier (|u'on en doit la première observation , 0/js. on certain parts of tlie animal œconomy, London, 1/92). A celte époque, les membranes du jabot s'épaississen! ; les vaisseaux , plus nombreux , plus apparents, rougissent; les glandes se déveloi)pent davantage. La surface interne se divise par des |)lis ou des rides qui s'entrecroisent en s'unissanl en mailles triangulaires. Lue humeur laiieue , en apparenci", sort en abondance des pores sécréteurs, et est versée dans la cavité du jiibol. i.es pigeons en neurrissent exclusivement leurs petits peiiilanl les trois premiers jouis de leur r)aissance (t )• "

EsTuMAC. — l.'e.stouiac présente dans les Oiseaux d'assez ii(>mbreuses variétés.

(l) Duvernoy, Leçons (roiinloniic rnwpaHi' do <!. Ciivier, 2^ cflition.

DE l'appareil digestif CHEZ LES OISEAUX. ÛOS

Sa forme la plus simple est celle qu'il offre chez le héron, le pélican, les pétrels, etc., où l'on trouve un ^^ac unique, qui est pourvu, autour de l'insertion de l'œsophage, d'une ceinture épaisse do glandules chargées de sécréter le suc gastrique. Mais dans la plupart des autres espèces, et spécialement chez nos oiseaux domestiques, la disposition de l'estomac se modifie en se compliquant : la ceinture glanduleuse préposée à la sécréiion du fluide gastrique forme un compartinieiu spécial, appelé ventricule succenturié ; et celui-ci est suivi d'un tieuxième réscr voir, le gésier, remarquable par la forte constitution musciileuse de ses parois. Le premier prend encore le nom d'estomac (/landuleux, et le second celui d'estomac musculeux.

Estomac glanduleux, ou ventricide succenturié (fig. 127, 6). — C'est un sac ovoïde placé dans le plan métiian du corps, eritie les deux lobes du foie, au-dessous de l'artère aorte. Son extrémité antérieure reçoit l'insertion de l'oesophage; la postérieure se continue avec le géNier.

Le volume de cet estomac n'est pas considérable, et sa cavité intérieure est très étroite; aussi les aliments ne s'y accumulent point, et ne font que le traverser, entraînant avec eux le suc acide qui doit opérer plus loin la dissolution de leurs princi|)es protéiques.

Trois tuniques entrent dans l'organisation des parois de l'estomac glanduleux : une externe, constituée par le péritoine ; une moyenne, formée de fibres musculeuses blanches qui se continuent avec celles de l'œsophage; une interne, de nature muqueuse, criblée parles orifices qui mènent dans les glandules du suc gastri([ue. Celles-ci représentent de petits cylindres creux perpendiculaires à la surface de l'estomac, serrés les uns contre les autres à la manière des glandes microscopiques de Liebt'rkiihn, et contenus dans la couche celluleuse qui unit la membrane interne à la tunique moyenne.

La structure glanduleuse de ce réservoir démontre assez qu'on doit l'assimiler au sac droit du ventricule des Solipèdes, et le regarder par conséquent comme le véritable estomac.

E stomac musculeux , ou gésier (fig. 127, 7). — Beaucoup plus volumineux que le précé lenl, cet estomac se présente avec la forme d'une masse ovoïde déprimée d'un côié à l'autre, située en arrière du foie, et couverte en partie par les lobes latéraux de cette glandCi En haut et à droite, il otfre, à une petite distance l'une de l'autre, l'insertion du ventricule succenturié et l'origine du duodénum.

La cavité du gésier contient toujours des alimenis mêlés à une grande quantité de petits cailloux siliceux, dont nous verrons plus loin l'utilité.

On retrouve dans la structure de ce viscère les trois tuniques qui forment les parois de tous les réservoirs abdominaux. La muqueuse, ou la plus interne de ces membranes, se distingue par l'épaisseur et la dureté extraordinaires de sa couche épidermique, laquelle se présente avec la plupart des caractères du tissu corné, et se détache si aisément du cliorion muqueux (pi'on l'a considérée souvent comme une membrane particulière. Sur la face adhérente de ce chorion se trouvent appli(piés deux puissants nmscles rouges, l'un supérieur, l'autre inférieur, occupant les bords de l'organe, et dont les fibres, disposées en anses, se portent d'un côté à l'autre, en s'insérant sur une forte aponévrose nacrée appliquée contre les

UOk UE l'appareil digestif chez les oiseaux.

faces latérales de ce viscère. Enfin, en dehors de cet appareil de contraction, existe

une mince enveloppe périlonéale.

Le gésier constitue l'appareil de tiituralion chez les Oiseaux. Quand les aliments arrivent dans sa cavité, ils n'ont, en effet, subi encore aucune désagrégation; mais ils rencontrent là toutes les conditions indispensables à l'accomplissement de cette désagrégation : deux muscles compresseurs d'une puissante énergie; une lame cornée étendue sur la surface interne du viscère, donnant à cette surface la rigidité nécessaire pour résister à l'énorme pression qui s'exerce sur le contenu de l'estomac; des cailloux siliceux, véritables dents artificielles qu'un admirable instinct porte les Oiseaux à avaler, et entre lesquels sont broyés les aliments sous l'ellort des muscles triturateurs. Cette action triturante du gésier ne s'effectue que dans les oiseaux nourris avec des aliments durs et coriaces, comme les diverses espèces de grains. Elle était inutile dans les oiseaux de proie ; aussi chez ceux-ci, les deux muscles du gésier sont-ils remplacés par une membrane charnue qui offre une épaisseur uniforme de quelques millimètres à peine; la présence de ces muscles est donc inévitablement subordonnée au genre d'alimentation.

Intestin. — La longueur de l'intestin varie, comme dans les Mammifères, avec le mode d'alimentation : fort court dans les oiseaux de proie, ce viscère s'allonge d'une manière très notable chez les omnivores et les granivores. Son diamètre est à peu près uniforme dans toute son étendue ; aussi devient-il difficile d'établir, chez les Oiseaux, les diverses distinctions que nous avons reconnues dans le tube intestinal des Mammifères.

Ce tube commence par une partie ployée en anse qui représente le c/uodénum, et dont les deux branches, accolées l'une à l'autre, marchent parallèlement comme celle de l'anse coli(iue des animaux solipèdes. Fixée par un court frein mésentérique à l'intestin côlon, cette partie du viscère comprend le pancréas entre ses deux branches. Sa courbure flotte librement dans la portion pelvienne de la cavité abdominale (fig. 127,8, 9, 10).

A Vanse duodénale succèdent des circonvolutions suspendues à la paroi souslombaire par un long mésentère, circonvolutions pelotonnées en une seule masse allongée d'avant en arrière, qui occupe une position médiane entre les sacs aériens de la cavité abdominale. L'analogie qui existe entre cette masse de circonvolutions et la portion flottante de l'intestin grêle des 31ammifères n'a pas besoin d'être démontrée (fig. 127, 11, 12).

La partie terminale de cet intestin flottant s'accole à l'anse duodénale, et se trouve flanquée de deux appendices disposés en cœcums. Ceux-ci, à peine indiqués dans le Pigeon par deux petits tubercules placés sur le trajet du tube intestinal, ne présentent pas moins de 15 à 25 centimètres chez nos autres oiseaux domestiques. Ce sont deux étroits culs-de-sac, légèrement renflés en massue à leur extrémité fermée, qui est libre et dirigée vers l'origine de l'intestin, tandis que l'extrémité percée s'ouvre dans le canal intestinal à une dislance très rapprochée de l'anus, il y a toujours des matières alimentaires dans ces deux culs-de-sac; elles s'y introduisent en suivant un trajet rétrograde, par le mécanisme encore si peu connu qui préside à l'accumulation du sperme dans les vésicules séminales. D'après la plupart des naturalistes, ces deux appendices, quoique décrits sous la désigna-

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lion de rœrums, ne représentent point le réservoir qui porte le mémo nom dans les animaux mammifères. Ce réservoir ne serait autre chose ((u'un petit appendice particulier placé sur le trajet de l'intestin, en avant de l'extrémité libre des culs-de-sac décrits ci-dessus, appendice qui n'existe que dans un petit nombre d'oiseaux, parmi lesquels Gurlt (1) afiirme que l'Oie se trouve quelquefois. Dans cette manière de voir, qui nous semble très rationnelle, la portion intestinale comprise entre les deux tubes borgnes annexés au viscère (fig. 127, 12') rappellerait le colon, et ces tubes ne seraient eux-mêmes que des dépendances de cet intestin. Le rectuDi (fig. 127, 15) termine le canal digestif: c'est la courte portion d'intestin qui fait suite à l'embouchure des caecums. Placé à la région sous-lombosacrée, ce viscère se termine par une dilatation, le cloaque (fig. 127, 16), sorte de vestibule commun aux voies digestives et génito-urinaires, qui s'ouvre au dehors par Vanus, loge la verge quand elle existe, et sert de conduent aux uretères, à l'oviducte, à la bourse de Fabricius et aux canaux déférents.

Annexes abdominales du canal digestif. — Foie (fig. 127, 19, 20). — C'est une glande volumineuse divisée en deux lobes principaux : l'un gauche, l'autre droit, celui-ci toujours plus gros que le premier; lobes qui embrassent latéralement, d'une manière incomplète, le gésier et le ventricule succenturié. Cette glande est pourvue, excepté chez le Pigeon, d'une vésicule biliaire (fig. 127, 21) fixée à la face interne du lobe droit. Mais la disposition de l'appareil excréteur n'est cependant pas tout à fait identique avec celle qu'on observe dans les animaux mammifères qui possèdent cette vésicule. En effet, deux conduits biliaires aboutissent isolément dans l'intestin, vers l'extrémité de la seconde branche de l'ans ; duodénale. L'un procède directement des deux lobes du foie : c'est le canal hépatique ou cholédoque. L'autre, ou le conduit cystique, reste indépendant de celui-ci, en arrière duquel on le voit s'ouvrir; ce canal cystique déverse dans le tube digestif la bile accumulée dans la vésicule, oîi ce lluide arrive par un conduit particulier qui vient exclusivement du lobe droit, et sur lequel s'embranche le canal cystique (fig. 127,22).

Pancréas (fig. 127, 23). — Très développée chez les Gallinacés, très longue, tiès étroite, celte glande, comprise dans l'anse duodénale, présente, à son extrémité la plus rapprochée du gésier, deux principaux conduits excréteurs, qui percent isolément les membranes intestinales, un peu en avant du canal hépatique,

liate. — Petit corps de couleur rouge et de forme discoïde, placé à droite des estomacs, sur la limite du gésier et du ventricule succenturié.

(1) Loc. cil.

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