LITRE QUATRIÈME
APPARI<:iL. DE LA ȃl>lJRATIOM URIMAIRE.
Cet appareil, quoique très simple, joue un grand rôle dans l'économie animale, puisqu'il est chargé d'éliminer du sang, avec l'eau excédante et d'autres substances accessoires, les produits azotés excrémenliels qui proviennent du mouvement vital. Ces produits se retrouvent dans l'urine, liciuide sécrété par les i^eins, transporté par les uretères dans un réservoir spécial , la vessie, où il s'accumule et d'où il est expulsé au dehors par le canal de l'arèthre, à des intervalles plus ou moins rapprochés, suivant les besoins de l'animal.
Les reins, organes essentiels de la dépuration urinaire, seront étudiés d'abord. Nous verrons ensuite V appareil excréteur^ pour dire enfin quel(|ues mois des capsules surrénales, petits corps appendiculaircs annexés aux reins, et dont le rôle n'a pas encore été déterminé.
Préparation. — Placer l'animal en première position. Abattre l'un des membres posté^ rieurs. Extraire les intestins de l'abdomen en prenant les précautions indiquées page 355. Faire passer un trait de scie par la symphyse pelvienne ; scier en second lieu le col de l'ilium du côté opposé au membre abdominal restant; et faire sauter la portion de coxal comprise entre ces deux traits de scie. La cavité pelvienne étant ainsi ouverte, l'ensemble de l'appareil urinaire est mis en évidence, et il sufût de quelques coups de scalpel pour compléter la préparation. En disséquant les reins, on conservera leurs vaisseaux et leurs rapports avec le pancréas et les capsules surrénales. L'excision du péritoine suffira pour la préparation des uretères. Quant à celle de la vessie, elle exige une insul'llalion préalable de l'organe; on aura soin de conserver le repli péritonéal orbiculaire qui enveloppe le cul-desac de cet organe, et pour y parvenir il est indispensable de détacher cette membrane de la paroi pelvienne avant de procéder à l'excision du lambeau osseux.
Indépendamment de cette préparation sur place, il sera bon d'avoir sous les yeux l'ensemble de l'aijpareil urinaire isolé, étalé sur une table cl disposé à peu près comme dans la ligure lil. Cette pièce permet d'étudier: 1" au moyen de coupes, la structure des reins et la disposition du bassinet; 2" le mode de terminaison des uretères; 3" l'iulérieur de la vessie.
1° Des reins (fig. 124. lit).
Ce sont deux organes glanduleux situés dans la cavité abdominale, à droite et à gauche de la région sous-lombaire, appliqués contre les muscles grands psoas, et maintenus dans cette position : 1° par une almosphèrc de lissu cellulo-graisseux ; 2" par le péritoine qui passe au-dessous d'eux ; 5" par la pression des organes digestifs contenus dans la cavité abdominale.
Leur situation n'est pas absolument semblable, car le (h oit s'avance jusqu'audessous des deux dernières côles, tandis (juc le yauchc ne dépasse guère en avant la dix- huitième. Celui-ci est donc plus postérieur que le premier.
Étudiés dans leur conformation extérieure, les reins se présentent avec ulic
forme spéciale qui sert souvent de terme de comparaison dans le langage, et qui rappelle plus ou moins celle d'un haricot ou celle d'un cœur de carte à jouer.
FiG. 141 (')
(') Fig. 14t. — Vue générnle et supe'rieure de l'appareil ge'nilo-nrinaire du mâle avec les vaisseaux artériels. — A. Rein giuichc. B. Keiii droit, a, h. Uretcres. C, C. Capsules surrénales. D. Vessie urinaire. E, F.. Testicules, e. Trie dc! Pi-pididjme. e'. Queue de repididyme F. Canal dcifereiU. G. Renllemenl pilvien du canal déferont. H. Vésicule séminale gauche la droite a été enleve'e avec le canal défèrent du même coté, pour montrer l'insertion de l'urelùre dans la vessie). I. Prostate. J. Glajides de Covper. K. Portion membraneuse ou inlra-pelvienne du canal de l'urèthi e. !.. Portion liullicuse du même. M. Corps caverneux du pénis. »i, n. Ses racines. N. Tète du pénis. î. Aorte abdominale. 2. 2. A. renfles donnant la principale artère capsulaire. 3. A. giandc lestirulaire ou spermatique 4. Origine commune désaltères honteusiï interne et ombilicale. 5. A. ombilicale, C. Brauche vcsicale de celle arlcre, 7, A. bonleuso interne. 8. Sa braucbc vc'sico-proslatique.
llbU APPAREIL DE LA DÉPURATION URLNAIUE.
Celle dernière configuration est plus souvent marquée dans le rein droit, le rein gauche ayant presque généralement la premic're.
Aplatis de dessus en dessous, les reins offrent deux faces parfaitement lisses, et une circonférence décomposable en trois bords, dont l'interne seul présente un certain intérêt. Ce bord est cffeciivement profondément échancré pour former la scissure ou le hile du rein, qui loge les vaisseaux et les nerfs de l'organe, ainsi que l'origine de son canal excréteur.
Les rapports que ces deux glandes entretiennent avec les parties voisines doivent être examinés iiarticulièrement pour chacune d'elles. — Le rein droit répond, par sa face supérieure, au grand psoas, à la portion charnue du diaphragme, h la dernière côte et même à l'avant-dernière. Sa face inférieure, recouverte incomplètement par le péritoine, adhère dans la plus grande partie de son étendue, soit au pancréas et à la capsule surrénale, soit à la base du cœcum , au moyen d'un lissu cellulaire lâche et abondant. Le bord interne est en coniact avec la veine cave postérieure et le petit psoas; l'antérieur, avec la base du lobe droit du foie et le lobule de SjMgel, par l'intermédiaire du péritoine; quant au postérieur, il est envelop|)é par la membrane péritonéale. — Le rein gauche afTccle, par sa face supérieure, les mêmes connexions que le droit (sauf le rapport avec l'avant-dernière côte). Sa face inférieure est couverte presque tout entière par le péritoine ; elle répond, en dedans et en avant, à la capsule surrénale. Le bord interne est longé par l'aorte ; l'antérieur touche la base de la rate et l'extrémité gauche du pancréas; le postérieur est, comme la face inférieure, en rapport avec la membrane séreuse de la cavité abdominale.
Striicïure. — Les reins présentent h étudier dans leur structure : 1° une tunique d'enveloppe ; 2 ' le tissu propre qui les constitue; 3" une cavité dite bassinet rénal, où vient se rendre l'urine sécrétée dans le tissu glanduleux, et qui sert d'origine à l'uretère.
1° Tunique d'enveloppe. — C'est une membrane de nature fd)reuse, unie assez intimement à la substance propre du rein, dans laquelle elle envoie une multitude de petits tractus, et repliée autour des vaisseaux sanguins de manière à leur former des gaines qui pénètrent avec eux dans l'organe.
2" Tissu propre. — Le tissu glanduleux des reins se présente à l'extérieur avec une couleur rouge brun, plus ou moins foncée suivant les individus. Il est lourd, friable, facile à déchirer quand il est privé de sa membrane d'enveloppe. La substance qui compose ce lissu n'est pas homogène dans tous ses points : très foncée à l'extérieur, où elle forme ce qu'on appelle la couche corticale, elle devient blanchâtre autour du bassinet rénal, où elle constitue la couche médullaire; celle-ci prend une teinte lie de vin à son contact avec la première, et souvent même près du bassinet. Ces deux couches ne sont point nettement délimitées ; elles se pénètrent récipioquement et figurent ainsi à leur point de jonction des fustons irréguliers, qu'on aperçoit très bien sur une coupe horizontale du rein (fig. Iû2).
Celte même coupe permetdevoir que le tissu propre du rein est formé de fibres rayonnantes qui partent de tous les points de la surface extériein-e de l'organe, pour venir converger vers la crête du bassinet. L'examen microscopique, aidé des injections mercuriellcs, démontre que ces fibres sont creuses intérieurement ; ce sont
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donc de véritables canaux, dits luhcs uriniferes ou de Bellini; tubes droits et fréquemment anastomosés entre eux dans la couche médullaire, très flexueux, au contraire, dans la substance corticale, où les anastomoses sont moins nombreuses. Ces tubes uriniferes commencent dans cette dernière substance par des culs-de-sac
FiG. ■i42(*].
non renflés en ampoules. Ils marchent vers la cavité centrale du rein, en se jetant les uns dans les autres à leur passage dans la couche médullaire, et ils finissent par former un nombre relativement restreint de canaux définitifs qui s'ouvrent tous sur la crête du bassinet.
Dans la substance corticale existe un nouvel élément dont nous ne devons pas oublier de signaler tout au moins la présence, nous voulons parler des cor/jusailes de Malpiglii: ce sont de petites si)hères rougeâlres, facilement visibles à l'œil nu, placées sur le trajet des artériolcs de la couche extérieure du rein, et mêlées aux tubes uriniferes; on les regarde comme étant principalement formés par des capillaires artériels peletonnés.
3° Bassinet (fig. \k1, D). — Placé au centre du rein, près du hile, le bassinet est une cavité allongée d'avant en arrière, et déprimée de dessus en dessous. On y remarque, en dedans, un large infundibulum qui représente l'origine de l'uretère. En regard de cet entonnoir se trouve une crête très saillante, qui parcourt le côté externe du bassinet dans toute sa longueur, et sur laquelle on remarque les orifices des tubes uriniferes, orifices plus ou moins larges, par lesquels on voit aisément sourdre l'urine accumulée dans ces tubes, quand ou presse entre les doigts le tissu du rein. Les deux petits diverlicules que forme la cavité rénale eu avant et en arrière de l'infundibulum s'appellent les bras du bassinet.
Le bassinet rénal est tapissé par une membrane muqueuse plissée transversale-
(•)Fig. 142. — Coupe horizontale du rein du cheval, — A. Couche coilicale. B. Couche mcdulhiite. C. Parlie periphéii(iu« de ceUc-ci. D. Intérieur du bassiuel. D', D'. liras du b.issinel. E. Bjrd de la cièle. F. Infundibulum, G. Uretère.
ment, continue avec celle de l'urelère. Arrivée à la base de la crête, cette membrane semble s'arrêter brus(|uement , mais elle ne fait que changer de nature; elle devient en effet extrêmement mince pour pouvoir se prolonger à l'intérieur des tubes de Bellini.
U" Vaisseaux et nerfs. — Le rein possède une artère et une veiiie spéciales, remarquables par leur énorme volume et principalement ramifiées dans la substance corticale. — Les lijmpliutiques, abond;inls à la superficie de l'organe, gagnent les ganglions sous-lombaires. — Les nerfs, émanes du plexus solaire, fornient autour des divisions artérielles un plexus particulier.
DÉVELOPPEMENT. — Les reins apparaissent de bonne heure dans le fœlus. Ils sont alors lobés comme chez le bœuf adulte , disposition qui a tout à fait disparu à l'époque de la naissance, par suite de la soudure progressive des lobules primitifs (fig. \hb).
Fonctions. — Les reins sont les organes de sécrétion de l'urine. Mais cette sécrétion ne s'opère point d'une manière égale dans toutes les parties de leur tissu. L'abondance des vaisseaux dans la substance corticale, la présence des granulations découvertes par Malpighi, et les Ilexuosités décrites par les lubcs urinifères indiquent assez que cette substance doit être le siège principal, sinon exclusif, du mouvement sécrètoire.
Différences. — Chez le Bœuf, les reins ont une forme allongée d'avant en arrière tout à fait caractéristique. De plus, ils conservent pendant toute la vie la disposition lobulée qu'ils offrent chez les autres animaux dans le cours de l'existence intra-utérine seulement. Chaque agglomération se compose de quinze à vingt petits reins secondaires. Le bassinet n'est pas creusé au centre de cette agglomération; il est reporté tout à fait en dehors, et occupe une excavation de la face inférieure de l'organe, excavation qui représente la scissure rénale. Ce bassinet se divise en autant de courts prolongements évasés, appelés calices, qu'il y a de lobules principaux; et les tubes urinifères de chaque lobule viennent s'ouvrir sur un petit mamelon qui fait saillie au fond du calice; ce mamelon n'est donc autre chose que la crête du bassinet simple des animaux solipèdes (fig. liS).
Chez les Carnassiers, il n'y a point de calices comparables à ceux des Ruminants ou à ceux de l'homme. Le bassinet est simple, quoi qu'on ait pu dire, et présente à son fond un seul gros tubercule allongé, exactement analogue à la crête du bassinet dans le cheval; seulement ce tubercule offre à sa base quelques reliefs ou piliers très courts.
Dans les Oiseaux, les reins « sont logés à la même hauteur, derrière le péritoine, immédiatement en arrière des poumons, et dans les régions lombaire et pelvienne, où ils occupent plusieurs fosses creusées le long de la face supérieure du bassin. Leur forme est assez irrégulière, plus ou moins allongée, dépendante des os et des autres parties contre lesquelles ces organes sont appliqués, et se moulent pour ainsi dire. Dans beaucoup d'oiseaux cependant on peut y reconnaître trois parties plus ou moins séparées par des scissures. Nous appellerons iléo-lombaire la portion la plus avancée, à cause de sa position constante dans celte région; c'est assez souvent la plus large. La moyenne est la plus étroite; elle se contourne dans la région iléo-sacrée pour entrer dans le bassin. La postérieure s'y trouve enfoncée j elle est
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(le nouveau plus large. iNous désignerons ces deux dernières par les dénominations de pelvienne antérieure ou supérieure, et de pelvienne inférieure ou profonde. Ces
FiG. 143 (*].
portions pelviennes ont souvent leur bord interne et supérieur échancré par une série de scissures transversales produites par la saillie des apophyses transverses des vertèbres sacrées , absolument comme les poumons, par les saillies des côtes. » (GuviER, Anatomie comparée.)
2" Des uretères (flg. l-tl.)
Vurefère est un canal membraneux, du diamètre d'une très grosse plume à écrire, qui conduit l'urine du bassinet dans la vessie. Nous considérerons successivement son origine, son trajet, sa terminaison, sa structure.
On sait que Vorigine de l'uretère est représentée par l'infundibulum du bassinet. Ce canal sort du rein par la scissure interne, décrit une courbe à concavité externe, et s'infléchit en arrière pour abandonner l'organe qui lui donne naissance.
Le trajet qu'il accomplit ensuite jusqu'à sa terminaison s'eiïectue à peu près en ligne droite. On voit ce tube se diriger vers la cavité pelvienne, longeant l'aorte ou la veine cave postérieure, selon le côté auquel il appartient, appliqué contre le petit
(') Fig. 143. — Reins du bœuf. — A. Rein droit vu par sa face externe et supérieure. — B. Rein gauche vu par sa face inlernè et inférieure, a. Bassinel. b, b, b. Branches du bussiiicl, se teiminanl aux calices, c. Uretèie. d. Arlùie reaaie. — C. Les calices sur le rein gauche. Ou a excisé loules les pallies coiileimcsdans l'écliauciure lenale. y compris les lu anches du basiiuel, pour iiictlre à decnuverl Ifs l.ihcrcules loges au fond de ces calices. U u'y eu a que sept de visibles. Les autres suut caches sous les bords de la scissure re'uale.
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psoas, et marchant au-dessus du péritoine. Après avoir dépassé les branches terminales de l'aorie, qu'il croise très obliquement, il s'envelojipe d'un court repli péritonéal qui le mainiicnt contre la paroi latérale du bassin, et s'en dégage ensuite pour gagner la partie postérieure et supérieure de la vessie.
C'est là qu'a lieu la terminaison de l'uretère, terminaison qui s'opère de la manière suivante: Au lieu de s'ouvrir directement dans la vessie, en traversant d'une seule fois et perpendiculairement les deux membranes qui forment cet organe, l'uretère perce d'abord la membrane musculeuse, parcourt FiG, I îi (*). lin trajet de 2 h 3 centimètres entre cette membrane et la
muqueuse, et finit alors par s'ouvrir à la surface de cette dernière (lig. \hk); disposition qui a pour but d'empêcher l'urine de refluer, lors des efforts d'expulsion, dans le conduit qui l'a apportée; la portion inlcr-membraneuse de ce conduit se trouve, en effet, fortement comprimée par la pression extérieure qu'exerce à ce moment la couche charnue, et par la résistance intérieure que l'urine accumulée dans la vessie oppose à cette pression. Le but que la nature s'est proposé en instituant ce mode de terminaison de l'uretère est si bien rempli, qu'on peut insuffler de l'air dans la vessie par ce conduit, après avoir lié le canal de l'urèihre, et presser ensuite vigoureusement sur l'organe distendu, sans faire sortir la plus petite bulle d'air par l'uretère resté librement ouvert.
Le conduit excréteur du rein se compose, comme les canaux de même nature, d'une membrane muqueuse enveloppée par une couche de tissu dartoïque, dont les contractions ont pour but d'accélérer le transport de l'urine.
3" De la vessie (fig. 141).
Position. — C'est un réservoir membraneux logé dans la cavité pelvienne, où il occupe plus ou moins de place, suivant la quantité d'urine qu'il contient; il peut même déborder le pubis et s'avancer dans la cavité abdominale.
Forme. — Considérée dans un état moyen de plénitude, la vessie représente un ovoïde, dont la grosse extrémité, tournée en avant, forme un cul-de-sac arrondi, sur le fond duquel on remarque une espèce de cicatrice, qui provient de l'oblitération de l'ouraciue. L'autre extrémité se termine en arrière par un rétrécissement fortement prononcé, qu'on appelle le col de la vessie, et qui donne naissance au canal de l'urèihre.
Rapports et moyens de fixité. — La vessie répond : en haut, aux vésicules séminales, aux renflements pelviens des canaux déférents, ainsi qu'au rectum; en bas, à la paroi inférieure du bassin, sur laquelle elle repose; par côté, aux parois latérales de cette même cavité. Chez la femelle, la face supérieure est en rapport avec le vagin et l'utérus, qui séparent tout à fait la vessie du rectum. — L'extrémité postérieure ou le col, flaïuiuée de côté par les lobes de la prostate, est fixée, par en bas, à la symphyse ischio-pubienne, au moyen d'un ligament particulier. Ce lien est un
(*) Fi". (44. Coupe iheori/jne de la vessie, desliiic'c à montrer le mode de terminaison de l'uretère.
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faisceau de fibres clasiiques et conlracliles, qui se dciache de la menil)rane charnue pour se porter en arrière cl en bas, après s'êlre épanoui sur la face inférieure du muscle de Wiison. — L'extrémité antérieure ou le cul-de-sac de la vessie répond ordinairement à la courbure pelvienne du côlon replié.
On remarquera que ce cul-de-sac est coiffé d'une calotte séreuse, qui se prolonge en arrière sur la partie moyenne de l'organe, plus par en haut que par en bas.
Celte calotte, continue avec le feuillet pariétal du péritoine, et fortement adhérente à la couche charnue de la vessie, constitue le principal appareil de fixité de ce réservoir ; sa disposition est exactement semblable en priiici|)e à celle des autres membranes séreuses viscérales. Ainsi le péritoine, après avoir tapissé les parois du bassin, se réfléchit sur les organes contenus dans celte cavité, et en particulier sur la vessie, autour de laquelle il forme un repli orbiculaire. Ce repli donne lui-même naissance à trois replis secondaires, sortes de lames séreuses, qu'on est convenu, bien gratuitement du reste, d'appeler les ligaments de la vessie. L'une de ces lames, impaire et verticale, se fixe sur la partie inférieure du cul-de-sac ; il n'est pas rare de la voir se prolonger en avant sur la paroi inférieure de l'abdomen jusqu'à l'ombilic; elle porte, dil-on, à son bord libre, un mince ourlet, dernier vestige du canal ouraque; si cet ourlet existe, ce qui nous semble douteux, il ne peut avoir la signification qu'on veut bien lui attribuer ; car l'ouraque n'a point, comme les artères ombilicales, une portion abdominale; il commence seulement au niveau de l'ombilic, pour se prolonger dans le cordon jusqu'à l'allantoïde. Les deux autres lames séreuses, paires et horizontales, s'attachent sur les côtés du culde-sac, et présentent à leur bord libre un gros cordon, qui n'est autre chose que l'artère ombilicale oblitérée.
Grâce à cette disposition du péritoine, la vessie se trouve divisée en deux régions parfaitement distinctes: l'une antérieure, enveloppée d'un feuillet séreux; l'autre postérieure, se mettant en rapport avec les organes environnants par l'intermédiaire du tissu cellulaire, si lâche et si abondant, de la région pelvienne. Ce tissu, constamment mêlé à des pelotons adipeux autour du col, se prête, aussi bien que la membrane séreuse de la région antérieure, aux changements de forme et aux déplacements continuels de la poche urinaire.
Intérieur. — Celte poche, étudiée à l'intérieur, offre des plis et des rides, plus ou moins marqués suivant son état de plénitude. On y remarque, en arrière, l'ouverture du col, qui communique avec le canal de l'urèlhre, et, un peu plus haut, l'embouchure des uretères. Ces trois orifices circonscrivent un espace triangulaire qui a reçu le nom de trigône vésical.
Structure. — La structure de la vessie est fort simple. Deux membranes composent les parois de ce réservoir : l'interne est une muqueuse pâle et mince, garnie de follicules simples, continue avec la membrane profonde des uretères et du canal de l'urèthre; l'externe, de nature charnue, est formée par des fibres blanches ou de la vie organique, fibres circulaires, louji,itudinales, obliques, spiroïdcs, tourbillonnantes même vers le fond de l'organe, et dont la disposition n'offre rien de bien constant. Dans la région antérieure de la vessie, celte couche musculeuse est doublée en dehors par la calotte séreuse dont nous avons parlé plus haut. Dans la
région postérieure, elle constitue un sphincter autour du col, mais un sphincter bien mince, bien peu énergique, et suppléé dans ses fonctions par le muscle de "NVilson, qui enveloppe la portion membraneuse du canal de l'urèthre. Ces deux membranes reçoivent le sang artériel de plusieurs sources, mais principalement de l'artère vésicale. Leurs 7ierfs viennent du plexus pelvien ou bypogastrique. Les lymphatiques gagnent les ganglions sous-lombaires.
Développement. — L'étude du développement du réservoir urinaire est fort intéressante. Ce réservoir, plus étroit et plus allongé dans le fœtus que chez l'adulte, offre une capacité relativement plus considérable pendant toute la durée de la vie
FlG. Uo{%
f*) Fig. M,^. — Lcs reins et la vessie citez le Jwtus îles solipètles. — K. Cay<sa\e surrénale. B. Bein. . Uretère, C. Vessie. U. Oiir.ifiue. 1. Aorle ubdoiiiinale. 2. Arlùre iliaque externe. 5. Arlcre ombilicale.