ARTÈRES ILIAQUES EXTERNES
1° Deux arléliolcs superficielles innomiiiées, fort grêles, acct/uipaguant les nerfs plantîiires, et rampant sur le côté des trndons fléchisseurs, jusqu'auprès de' la coulisse sésanioïdienue, où ces vaisseaux se réunissent avec les collatérales du doigt (fig. 155, 2^;, — 156, 8).
2" Deux branches profondes constituant les artères interosseuses plantaires, distinguées en externe et interne. — La première n'est qu'un filet vasculaire exlrèmement mince, d'une disposition fort variable, qui n'a d'autre importance que de représenter, à l'état rudimentaire, chez les Si)lipèdes, une artère considérable dans d'autres animaux. Placée en dedans du métaiarsien rudimentaire externe, cette artère s'anastomose par son extrémité inférieure avec une branche de la pédieuse métatarsienne. — Quant à V interosseuse interne, on pourrait la considérer, si l'on voulait négliger l'étude des analogies, comme la coniinuation de la pédieuse perforante, dont elle égale le volume. Elle descend au côié externe du niétaiarsieii interne, sous le bord du ligament suspenseur du boulet, et se termine un peu audessus du boulon du métatarsien externe en se réunissant à angle très aigu a\ec la pédieuse métatarsienne. Celte artère interosseuse donne dans son trajet : la branche médullaire du métatarsic n principal ; une artériole destinée h renforcer l'inlero^seuse externe ; plusieurs ramuscules qui croisent transver.ialemenl le biird postérieur du métatarsien interne, pour se répandre datis le tissu ceiluiaiie, la peau et les tendons appliqués sur le métatarsien médian.
2" ArTÈKE TIBiALE ANTÉRlEiRE (fig. lo6, 1).
Prcparaliuii. — DiicouMir l'arlère en eulevant les muscles autérieuis de la jambe.
1/artère tibiale antérieure est la plus grosse des deux branches de terminaison du tronc poplité. Elle traverse l'arcade tibiale ou tibio-péronière, et se place, avec ses veines satellites, sur la face antérieure du tibia, (ju'elle parcourt de haut en bas en suivant la face profonde du muscle fléchisseur du métatarse. Elle arri\(; ainsi au-devant de l'articulation tibio-tarsicnne, où elle perd son nom pour prendi e celui (Xartèrc pédieuse.
Ce vaisseau laisse échapper un grand nombre de branches collatérales, piincipalen\ent destinées aux muscles libianx. L'une d'elles , descendant le long du péroné sous le muscle extenseur latéral des phalanges, représente assez bien le vestige de Vorfcre pr'ronière de l'homme.
3° Artère pédieuse (flg. iàG, 1).
Suite de la tibiale antérieure, dont le nom change en ai-rivanl dans la région du pied, l'artère pédieuse franchit de haut en bas la face aniéricurc de l'articulation tibio-tarsienne, en s'infléciiissanl légèrement en dehors et en passant sous la branche cuboïdicnne du muscle fléchisseur du métatarse. Arrivée au niveau de la ^ecoilùe rangée des os tarsiens, elle se partage en deux branches, que nous nommerons
l'IG. I oU
M 6 DES AniÉRES.
pcdccusc pcrforo.nte et pédieuse meta tarsienne (1), coUc-ci coiilinuée iiiféiicuie-
incnt par les (oièref; <ligi(ales ou collatérales du doîijt.
Los brandies collatérales énianécs de ce vaisseau sont toutes articulaires ou
cutanées, et sans importance ('2\
Artère i»édieusc perforante. — Elle traverse le larse d'avaut en arrière, en
passant, avec une brandie veineuse, dans le conduit pratiqué entre les os cuboïde, scaphoïde et grand cunéiforme , puis se réunit à l'arcade formée par l'anastomose des deux artères plantaires, divisions terminales de la libiale postérieure (fig. 156, 2).
Artère pèdieuse métatarsienne ou eollatérale cln eanon (3). — Beaucoup plus grosse que la précédente, celte artère (fig. 156, 3) peut être considérée comme la continuation de la pédiense primitive. Elle se loge d'abord dans la .'-cissure située en ddiors du métatarsien médian , (Ml avant du métatarsien externe, passe ensuite entre ces deux os, au-dessus du bouton qui termine le dernier j)ar en bas, et arrive ainsi sur la face postérieure du premier, enire les deux branches inférieures du ligament suspenseur du boulet, au-dessus de la coulisse sésamoïdicnne, où cette artère se bifurque pour former les collatérales du doigt.
L'artère collatérale du canon reçoit, à quelques centimètres au-dessus de cette bifurcation terminale, l'artère interosseuse plantaire interne.
Elle donne dans son trajet: 1° de nombreux rameaux antérieurs pour le tissu cellulaire, les tendons, les lig;imenls, la |)eau de la face antérieure du métatarse et de l'arliculatioii du boulet ; 2° quelques minces divisions postérieuies, dont une remonte en dedans du métatarsien rudimentaire externe pour s'anastomoser avec l'interosseuse plantaire externe, après avoir fourni plusieurs ramuscules ligamenteux, tendineux et cutanés, dans la région métatarsienne postérieure.
(*) Fig. <50. — Artères et veines principales du pied posldrietir. — 1. Ai-lire tibiale aiiteiieuio. \'. A. pédieuse. 2. A. pcdieiise jicrforaiiU-. n. A. pedieuso métatarsienne ou coUateiale du canon. 4. A. Digit;ilr. 5. Veine tibiale anléiicurf. 6. Racine postérieure de la veine saplicne interne. 7. Origine de la sajihèiie txlej ne. S, !>, 10. Veines iiiélularsicnnes. H. Veine digiliilo. li. Késeau veineux du pied.
(1) Ce que nous appelons ici pcdicmc perj'oranle n'est attire chose que la terminaison même de l'artère pétiieuse «le l'homme. Quant à la pédicuse mdtatar sienne, on doit la regarder comme le représentant d'une des intero.sseuses dorsales, à cause de sa position dans l'in- Icrsiice du mclalarsicn médian et du métatarsien latéral externe. L'interstice dorsal du côté itilcrne lof;c é;;alcineiil titie itUerosseuse , l'ourtiie ordinairement par la plantaire externe; mais le diamètre de ce vaisseau est telletnent réduit que nous avons cru devoir en néfjliger rindiralion dans la description didactique de l'arlère tibiale postérieure, pour ne |tas compli(]uer celle descriiition d'un élément à peu près inutile.
('2) L'une d'elles peut être rej^ardée comme l'an.ilogue de la dorsale du- tarse de l'homme.
(;}) Uigot a nommé celle artère, nous ne savons lro|i pourquoi, artère plantaire superficielle. Ne valait-il pas mieuv lui laisser le nom d'artère' latérale du canon qui lui avait clé
ARTÈRES IMAQCES EXTliRNfîS. f)!?
Artères digîtaloK ou collatérales du doigt (fi g, l'tâ, 2'); l.'jn, !i ; 158, 11). — Rcmai'ciiiablc's par loiir voUiine, ces ailères vont porter le saDg à l'appareil kératogène qui enveloppe la phalange ungiiéale, ol liriint de celte desiination une véritable importance, qui nous engage à les étudier avec quelque détail.
Origine. — Les artères digitales succèdent à l'exlrémilé terininale de la collatérale du canon, et se séparent l'une de l'autre en formant un angle aigu, au-dessous de l'arcade veineuse sésamoïdienne, au-drssus do l'articulation du boulet, entre les deux branches du ligament suspenscur, en arrièr(! de l'extrémité inférieure du métatarsien principal, en avant des tendons fléchisseurs des phalanges.
Trajet et rapports. — Ces vaisseaux descendent, l'un à droite, l'autre à gauche, des parties latérales de l'articulation métacarpo-phalaugienne jusqu'à la face interne de l'apophyse basilaire, où ils se bifurquent pour former \e?, artères nngnéales plantaire et pré-plantaire.
« Dans tout ce trajet, elle [Varthe digitale) suit le parcourt des tendons fléchisseurs, sur le bord desquels elle est appuyée et maintenue par un tissu cellulaire lâche. Elle est flanquée en arrière par le nerf plantaire, qui recouvre une partie de sa surface, l'enlace de filets nond)reux, et lui est assez intimement accolé pour être associé à toutes ses flexuosités et ne constituer avec elle qu'un seul cordon.
» iîn avant, elle est longée, mais à une petite dislance, par sa veine satellite, qui repose dans tout son trajet sur les faces latérales des deux premières phalanges.
» A sa partie supérieure, près de son origine, sur les parties latérales de l'articulaiion mélacarpo-phalangicnne, l'artère digitale est croisée d'arrière en avant par la branche antérieure du nerf plantaire, et elle est recouverte dans toute son étendue par le fascia qui fait continuité à la tunique propre du coussinet plantaire, dont la bride ligamenteuse latérale coupe obli'iuenient sa direction de haut en bas et d'arrière en avant, au niveau de la partie moyenne de la première phalange (1). >
Divisions collatérales. — Ce sont: 1" Au niveau du boulet, de nombreux et fins ramuscules destinés à l'articulation métacarpophalangienne, mais surtout à la gaînesésamoïdienne et aux tendons (|ui s'y trouvent logés.
2" Aux environs do l'extrémité supéiieure de la première phalange, une artériole légèrement ascendante, (pielquefois volumineuse, pour le tissu de l'ergot.
3° Vers le milieu du même os, le vaisseau nommé par Percival artère perpendiculaire, et avec juste raison, car ce vaisseau naît à angle droit d(! l'artère digitale pour se diviser presque imméiiiatement en deux séries de rameaux : les uns antérieurs, les autres postérieurs. — Les rameaux antérieurs sont |)resque toujours au nombre de deux principaux : l'un ascendant, passant sous la bride d'assujettissement du tendon extenseur, et remontant sur le ligament capsulaire de l'articula-
donné par Girard. Ce n'est pas, du reste, dans celle seule circonstance que les tentatives de Rigot, pour réformer la nomenclature des artères d'après la nomenclature antliropotomique, ont été malheureuses, car il n'a p.is toujours réussi à trouver chez le cheval les véritables représentants des artères de l'homme. I.a destination de cet ouvrage ne nous a point permis de disciiler les delerminations et les dénominations vicieuses de Rigot toutes les fois que nous les avons rencontrées. Nous nous sommes conlentc de les changer purement et simplement, laissant à la sagacité du lecteur, si ce point peut l'intéresser, le soin de décider si nous avons eu raison.
(t) H. Bon.F.v, Traite de l'organisation du pierl (hi rlicral.
tion (lu hoiilel, à la rencontre des divisions artérielles fournies à ce ligament par la collaiérale du canon dircclement; l'autre descendant, qui gagne le côté de la deuxième phalange, où ses ramnscules s'anasioniosenl avec le cercle coronaire et avec l'artère circonflexe du bourrelet. — Quant aux rameaux postérieurs, le plus souvent aussi au nombre de (ieux principaux , l'un ascendant, l'autre descendant, ils s'insinuent entre les tendons fléchisseurs et les ligaments sésamoïdiens, pour se distribuer à ces organes, mais surtout à la synoviale qui tapisse la grande gaînc sésamoïilienne. On les voit ciueiquefois naître isolément de l'artère digitale. — Il esta remarquer que les divisions fournies par les rameaux antérieurs de celte artère perpendiculaire communiquent avec celles du côié opposé en avant de la première phalange, soii au-dessous, soit au-dessus du tendon principal extenseur du doigt, et que les brandies postérieures offrent une série d'anastomoses analogues; le corps de iii pieniière phalange se trouve donc enveloppé de tous côtés par un réseau arléiiej.
A" A différents points de la hauteur de la première et delà seconde phalange, plusieurs artérioles tendineuses et cutanées, qui sont sans aucune esj»èce d'imporlance. ;")" Varth-e du cousdnot plantaire, qui prend naissance au niveau du bord supérieur du cartilage latéral, et qui se dirige obliquement en arrière et en bas, [)lacée en dedans du bord postérieur de ce même cartilage, i)()ur se distribuer à la partie moyenne de l'appaieil complémentaire du troisième jihalangien , ainsi qu'an lissu velouté et au bourrelet. La branche qui s'épuise dans ce dernier organe procède (juekjuefois directement de la digitale. C'est nue artère fort remarquable (|ui s'infléchit d'arrière en avant, en croisant le bord postérieur de la plaque cartilagineuse du pied, rampe à la face interne on dans l'épaisseur de la peau, un pou audessus de la cutidure, parallèlement à cette portion de l'appareil kératogène, et se termine en s'anastomosant avec une branche de l'arièie que nous allons signaler maintenant.
6" Le cercle coronaire (1), constitué par deux rameaux transverses, l'un antérieur, l'autre postérieur, naissant à ang'e droit de l'artère digitale, sous la pliUjue cartilagineuse de l'os du pied, et se portant autour de l'os de la couronne, à la rencontre des rameaux analogues de l'artère opposée, pour s'anastomoser avec eux à plein canal et par inosculaiion. Le cercle coronaire présente donc deux parties distinctes: l'une postérieure, placée au dessus du bord supérieur du petit sésamoïde, sous le tendon perforant; l'autre antérieure, plus étendue, plus volumineuse, couverte, sur les côtés, par le cartilage latéral du pied, en avant ou dans sa partie moyeime, par l'expansion du tendon extenseur antérieur des phalanges.
Les rainiiscules collatéraux fournis par la partie postérieure du cercle sont peu nombreux, très minces et sans intérêt.
Painil les branches nées de la partie antérieure, nous ne signalerons particulièrement qu'une seide artère paire, remar<piable par son volume, son mode de disiiibution et son im|)ortauce. Celte artère prend son origine vers le bord du tendon de l'extenseur, et se partage presque immédiatement en deux lameaux tout à fait divergents : l'un, imerne, qui passe en travers sur le tendon précité pour
(1) Ainsi appelé parce qu'il entoure l'os de la couronne.
ARTKRES ILiVgOES EXTERNES. .Vl?^
aller s'anastomoser avec le rameau homologue du côté opposé; i'aulre, externe, qui se porte en arrière, à la rencontre de la branche cutigéraie fournie par l'artère du cotiNsinet plantaire, et s'abouche avec ce vaisseau. Ue celte disposition résuite autour (le la couronne une fort belle arcade vasculaiie superlicielle, qui serait 1res bien nommée artère circonflexe du bourrelet, arcade située un peu au-dessus de la cutidure, sous la peau de la cour -nue et comme incrustée dans celle membrane, appuyée par ses extrémités sur les artères du coussinet plantaire, alimentée par les deux branches principales du cercle coronaire, fournissant des rauiuscuk's ascendants anastomosés avec les divisions inférieures de l'artère jerpendiculaire , et de nombreux rameaux descendants (jui se portent dans le bourrelet, puis dans le tissu feuilleté.
Telle est la disposition la plus habituelle du cercle coronaire et de son arcade superficielle, l'artère circonflexe du bourrelet; disposition qui varie beaucoup avec les sujets, et, je dirai plus, dans les pieds différents d'un même sujet. Essayer de décrire les variétés que nous avons déjà observées seraii ici un hors-d'œuvre. Bornons-nous à dire f|ue ces variétés portent à peu près exclusivement sur l'origine des branches consiilunntes de ces deux vaisseaux circulaires et sur leur mode d'arrangement, sans modifier en rien la disposiiion générale des cercles (1).
Divisions tertninales. — Ce sont, comme il a déjà été dit, les artères iinguéales plantaire et pré-pluntaire [1).
a. L'artère 7nu/uéale pré-plantaire est la tnoins considérable de ces deux branches terminales. Placée d'abord en dedans de l'apophyse basilaire du troisième phalangien, elle la contourne pour traverser l'échancrure qui sépare celte apophyse de l'éminence réirossale, se loger, avec un nerf satellite, dans la scissure pré-plantaire, qu'elle parcourt d'arrière eu avant, el se terminei- vers l'extrémité antérieure de cette scissure par plusieurs divisions qui s'enfoncent dans l'os du' pied. Dans son trajet, l'artère pré-plantaire fournit : 1'' avant de traverser l'échancrure sous-basilaire, une branche rétrograde profonde destinée au bulbe du talon et au tissu velouté; 2° immédiatement après sa sortie de cette échancrure, une seconde branche rétrograde dont les divisions se portent en arrière sur la face externe du cartilage latéral, et une artère descendante nui rejoini la grande artère circonflexede l'osdu pied; r>"à son passage dans la scissure pré-plantaire, plusieurs rameaux ascendants et desf^endants, ramifiés dans les feuillets du tissu podophylleux : les premiers anastomosés avec les divisions descendantes du cerch- coronaire et de l'artère circonflexe du bourrelet.
b. Vartère unguéale plantaire doit être regardée, à cause de son volume et de sa direction comme la coniinualion de l'artère digitale. Logée d'abord avec une fine branche nerveuse dans la scissure plantaire, elle s'engage ensuite dans
(11 il est une de ces variét(',s que nous signalerons ici, parce qu'elle se reproduit assez habiluellemeiU au membre aiUérienr, où Toii voit le rameau descendant anu'rienr de I artère perpendiculaire se réunir par son exlrémllé terminale avec l'artère circonflexe du bourrelet, qu'il concourt à former.
(2j Dans tous les traites d'anatomie ces vaisseaux sont désignés simplement sous les noms (i'arlères plantaire el ptr'-plantaife. Nous y avons ajouté l'épitliète vnguéule pour distinguer ces artères des bran- lies phnilnircf; proprement dites, divisions terminales de la libiale postérieure.
1(3 conduit de même nom et pénètre ainsi dans le sinus semi-lunaire de l'os du pied, où elle s'anasiomose par inosculation avec l'artère opposée, en formant une arcade vascuhiire profonde que nous désignerons sous le nom d'arcade ou de ce7xle plantaire, ou, d'après M. II. Bouley, sous celui iVanastoniosc semi-lunaire (fig. 158, 12).
Deux ordres de rameaux émanent de la convexité formée par celte anse anastomotique.
Les uns, ascendants, « s'irradient dans la trame spongieuse de la troisième phalange, et viennent, comme autant de racines chevelues, s'échapper par les nombreuses ouvertures de sa face antérieure où elles forment un réseau très intriqué, en s'anastomosant, dans la trame du tissu feuilleté, avec les divisions extrêmes de la branche antérieure de la digitale et du cercle coronaire. .. C'est à ces divisions que Spooner donne le nom d'artères antérieures des feuillets {anterior laminai arteries). » (H. Bouley.)
Les autres rameaux, descendants, beaucoup plus considérables, nommés par Spooner artères inférieures communicantes [inferior comm.unicating arteries), naissent à angle droit de la circonférence antérieure de l'anastomose semi-lunaire, traversent en rayonnant le tissu de la phalange, et viennent sortir par les grands trous situés un peu au-dessus du bord inférieur de l'os, où ils fournissent une multitude de ramuscules ascendants qui vont concourir à former le réseau artériel du lissu feuilleté. « Puis ils s'anastomosent transversalement par une succession de petites arcades qu'ils se projettent de l'un à l'autre, et forment ainsi un grand canal circonflexe qui suit le contour de la courbe parabolique du bord tranchant de l'os du pied, du côié de sa face inférieure. » (H. Bouley). Cette arcade vasculaire, que nous proposerons d'appeler artère circonflexe inférieure du [lied, pour la distinguer de la circonflexe du bourrelet, s'unit par ses extrémités à l'arière préplaniaire, de même que cette dernière circonflexe se joint à l'artère du coussinet plantaire; elle laisse écha|)per de sa concavité quatorze ou quinze rameaux convergents destinés au tissu velouté de la sole.
§) IV. — Des artères iliaques externes chez les animaux non solipèdes.
1" Artères iliaques externes des ruminants.
Chez le bœuf, à part le volume considérable des artères grandes musculaires de la cuisse, le tronc crural, ainsi (jue les artères fémorale et poplilée, qui le continuent, se comporte à peu jirès comme chez le cheval. C'est seulement quand on arrive aux artères tibiales postérieure et antérieure qu'on trouve quelques particularités dignes de remarque.
Arti^re tibicde /jostérieure. — Beaucoup plus volumineuse que celle des Solipèdes, cette artère suit le même irnjet et se termine d'une manière analogue, c'est-à-dire qu'elle forme à son extrémité inférieure deux branrlies plantaires anastomosées avec la iiédii-use perforante eu arrière de l'extrémité supérieure du métatarsien principal, sous les tendons fléchisseurs et le ligament suspensenr du boulet. Mais ces deux branches sont loin d'avoir le même volume.; l'interne.
ARTERES ILIAOl ES EXTEUNES. 521
incomparableinenl plus grosse que rcxterne, semble être la coniinuaiion directe de l'artère tibiaie postérieure.
De cette anastomose résultent, comme dans le cheval, deux séries de brandies métatarsiennes, les unes profondes, les aulves superficielles.
Les branches profondes, au nombre de deux ou trois, forment sur la face postérieure du métatarsien, en dessous du ligament suspenseur du boulet, des interosseuses postérieures, mêlées à deux ou trois rameaux veineux réticulés, et anastomosées, parleur extrémité inférieure, avec une branche perforante de la collatérale du canon.
Les branches superficielles, semblables à celles qui accompagnent les nerfs plantaires dans le cheval, sont de calibre fort inégal : l'externe est tellement rudimentaire, qu'elle échappe souvent à la dissection; l'interne continue réellement la plantaire du même côté. Toutes deux se réunissent à la branche perforante déj^ signalée.
Artère tibiaie antérieure. — Après avoir franchi de haut en bas toute la longueur de la jambe, placé, comme chez les Solipèdes, sur la face antéro-externe du tibia, ce vaisseau arrive sur le janet où il prend le nom d'artère pédieuse, puis il fournit la pédieuse perforante, et se continue par la pédieuse métatarsienne ou collatérale du canon.
a. La pédieuse perforante \\Q Ax^èx'Q point de celle du cheval.
b. La pédieuse métatarsienne ou collatércde du canon descend, flanquée de deux veines satellites, dans la gouttière de la face antérieure du métatarsien, donne vers l'extrémité inférieure de cette gouttière la branche perforante dont il a déjà été parlé, et se continue dans la légion digitée, en devenant artère digitale commune.
La branche perforante de la collatérale du canon passe dans le trou percé d'avant en arrière à travers l'extrémité inférieure du métatarsien, arrive sous le ligament suspenseur du boulet, et se partage alors en plusieurs rameaux les uns ascendants, les autres descendants. — Les premiers s'abouchent avec les artères métatarsiennes postérieures profondes et superficielles fournies parles artères plantaires et pédieuse perforante. — Parmi les seconds, nous signalerons trois artères digitales, fac-similé en miniature de celles qui seront signalées au membre antérieur : deux latérales descendant sur le côté excentrique des phalanges; une médiane contournant en dedans les tendons fléchisseurs pour se placer en arrière de ces tendons sur la ligne médiane de la région digitée, et se prolongeant dans l'espace inteidigité, où ce vaisseau s'anastomose avec une branche de l'artère principale des doigts.
Quant à cette dernière artère, ou la digitale commune, elle descend dans l'intervalle (les doigts, après avoir p;issé sous le ligament capsulaire des articulations métatarso-phaiangiennes, dans l'échaiicrure comprise entre les deux surfaces articulaires de l'os métatarsien, et se termine au-dessus de l'extrémité inférieure de la iri'inièie phalange par deux artères unguéales dont on trouvera la descrifition à l'ai licle dfs artères du membre antérieur. Dans le nombre des branches collatérales éuianées de ce vaisseau, on remarquera particulièrement un gros rameau qui prend naissance un peu avant la séparation des deux artères unguéales, qui se
522 DES AllTKUES.
dirige d'avanl en arrière ci se partage vers !a parii j postérieure de l'espace inlerdigité en plusieurs divisions, dont voici les principales : 1" deux branches iransverses passant entre les tendons lléchisscurs et les phalanges pour s'adjoindre aux artères digitales latérales ;2" une branche ascendante impaire, s'abonchant avec la digitale postérieure médiane; 3" une branche descendante, également impaire, divisée en deux rameaux, qui gagnent les talons pf)ur se distribuer au coussinet plantaire et au tissu velouté. Ces rameaux représentent les artères du coussinet plantaire du cheval ; on les signalera avec plus de détail dans la description des artères du pied antérieur, où l'on retrouve une disposition exactement semblable en principe.
2" Artères iliaques externes di; porc.
La distribution des artères iliaques externes dans le porc rappelle d'une manière assez reiuarquable celle que nous venons de faire connaître pour les animaux ruminants, même dans la partie terminale des membres, malgré le développement complet des deux doigts latéraux. On remarquera cependant que l'artère libiale postérieure est assez exiguë et qu'elle e.-'t singulièrement renforcée par son anastomose avec la saphènedont les dimensions sont relativement considérables (1).
3" Artères iliaoues externes des carnassiers.
ï.e tronc crural se décompose chez les Carnassiers, comme dans les autres animaux, en trois sections : Vartère iliaque proprement dite, Vartère fémorale, et Varli^re popiitée terminée par les branches tibiales.
Artt^re iliaque [)ropreinent dite. — Ce vaisseau ne donne naissance à aucune branche, car la circonférence iliaque provient directement de l'aorte abdominale.
Artère fémorale. — Elle donne, coniîne chez le cheval : 1° plusieurs rameaux musculaires innoniinés; 2" deux grandes artères musculaires, dont une, la postérieure, fournit U pré-pubienne ; 3" une brandie sap/iène.
Dans la chienne, Vartère honteuse externe émanée de la division pré-pubienne présente quehjues particularités dans sa distribution : elle laisse d'abord échapper une longue branche, placée dans l'épaisseur des mamelles, et qui se porte en avant, à la rencontre du rameau mammaire fourni par la ihoracique interne, pour s'aboucher avec lui; puis elle se rend dans l'entre-deux des cuisses, et gagne, en décrivant des flexuosilés, les lèvres de la vulve, dans lescjuelles on la voit s'épuiser par de nombreux ramuscules anastomosés avec les divisions vulvaires de l'artère honteuse interne.
Quant à V ar l ir e saphène, i'We est aussi remarquable par son fort volume (|ue par sa destination. Elle descend sur la face interne de la jandje, en fournissant de nond)renses divisions sous-cutanées, et se terniine, à la hauteur du jarret, par plusieurs grêles artérioles pdantaires, qui acconipagnent les tendons llécliisseurs.
{V Chez les petits riuninanls, l'artère libiale postérieure proprement dite est également rutlimeiitaire, et c'esi l'artère sapliène qui conslilne le vaisseau principal. D'après une noie tjue nous avons recueillie depuis louj^temps, le premier vais>eau manquerait même quelquefois, et les divisions plantaires vieii<iraieril exclusivement de la sapliène, comme dans les Carnassiers.