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DE LA BOUCHE

Cette cloison, qui continue en arrière la voûte palatine, représente, dans sa forme jxlérieure, une soupape membraneuse, oblique de baut en bas et d'avant en arrière, )eaucoup plus longue que large, dans laquelle ou doit étudier deux faces et quad-e bords.

La face inférieure ou antérieure ^ tournée du côté de la bouche, porte des plis longitudinaux et des rides transversales, et présente les orifices d'une infinité de glandules sons-muqueuses. Elle s'unit par côté avec la base de la langue, au moyen de deux grosses colonnes muqueuses que nous avons nommées piliers postérieurs de la langue. — La face supérieure ou postérieure constitue la paroi antérieure de l'arrière-bouche ; elle oflVe seulement de très-légères rides longitudinales.

Les deux bords latéraux s'insèrent sur les parois des deux cavités que le voile du ipalais sépare l'une de l'autre. — Le bord antérieur, continu avec le palais, est attaché sur l'arcade palatine, et suit la courbe décrite par cette arcade. — Le bord postérieur, le seul libre, affecte la forme concave, et embrasse étroitement la base de l'épiglottc, que l'on trouve le plus ordinairement renversée sur la face postérieure du voile. Ce ibord est continué à ses extrémités par deux prolongements amincis, qu'on suit sur les parois latérales du pharynx jusqu'à l'infundibulum œsophagien, au-dessus duquel on les voit se réunir en arcade. On appelle ces prolongements les piliers postérieurs du voile du palais, par opposition aux deux replis muqueux de la base de la langue, qui constituent, par rapport au voile, de véritables joiYzers antérieurs.

Ce bord postérieur concourt à circonscrire ce que l'on appelle l'isthme gosier, isthme qui est constamment fermé chez les solipèdes, en raison du grand développement du Toile et qui se dilate seulement pour livrer passage aux substances alimentaires lorsqu'elles se rendent dans le pharynx. Alors, l'isthme du gosier n'est pas une simple ouverture, c'est un conduit qui a pour paroi inférieure la base de la langue jusqu'à Tépiglotte, pour paroi supérieure la face antérieure du voile palatin, et pour parois latérales les piliers postérieurs de ce dernier.

Structure. — Pour avoir l'idée la plus simple de la structure du voile palatin,, iqu'on se figure la muqueuse du palais et celle du plancher des cavités nasales se prolonigeant en arrière de l'arcade palatine, parallèlement l'une à l'autre, pour aller se rejoindre et se confondre vers le bord libre du voile; qu'on se représente de plus, dans l'espace compris entre les deux muqueuses, une membrane fibreuse, des muscles, une couche glanduleuse, des vaisseaux et des nerfs : il n'y a point d'autres éléments dans l'organisation du voile du palais. Nous allons étudier ceux-là dans l'ordre suivant : 11" membrane fibreuse; 2° muscles; 3° membranes muqueuses; k° vaisseaux et nerfs.

1" Membrane fibreuse (fig. 126, 5). — Celte membrane, remarquable par sa force de résistance, forme une véritable charpente pour le voile du palais, dont elle occupe la moitié antérieure seulement. Elle s'attache en avant sur l'arcade palatine, et se trouve prolongée en arrière par un muscle particulier, le pharyngo-staphylin.

2" Muscles. — Parmi ces muscles qui sont tous pairs, les uns constituent une couche charnue placée dans l'épaisseur même du voile du palais, et représentent ainsi des muscles intrinsèques; ce sont : le pharyngo-staphylin et le palato-staphylin. Les autres, c'est-à-dire lespéristaphylins externe et interne, s'insèrent sur l'organe seuleiment par leur extrémité terminale, et jouent le rôle de muscles extrinsèques.

Pharynso-Htaphyiin (fig; 126, 6). — En enlevant les couches muqueuse et glanduleuse qui recouvrent la face antérieure du voile, on découvre un large et mince ifaLsceau charnu faisant suite en arrière à la charpente fibreuse, et occupant la moitié [postérieure de l'organe tout entière. Les fibres dont est composé ce faisceau, confon-

36/, du; i/APPAREir, digestif chez les mammifères.

ducs sur In ligne médiane avec celles du muscle opposé, se dirigent en arrière et ( • dehors, les plus postérieures en suivant la courbe du bord libre du voile. Arrivées vci le bord latéral, elles se réfléchissent en haut, passent entre la muqueuse pharyngicnii el le muscle plérygo -pharyngien, avec lequel elles semblent se confondre en arrièm mais on peut les suivre, avec un peu d'attention, jusqu'au bord supérieur du carlilaf! thyroïde, sur lequel elles s'insèrent, après avoir parcouru un assez long trajet sous • muqueuse de l'arrière-bouche.

Ce muscle tend le voile, et rapproche son bord libre de l'infundibulum œsophagia pendant la déglutition pharyngienne.

Painto-stnphyiin. — Petit muscle allongé, cylindrique, d'un rouge vif, accolé si; la ligne médiane à celui du côté opposé, s'étendant sur la surface inférieure du préa dent, de l'arcade palatine au bord libre du voile, qu'il tire en avant et en haut, pou dilater l'isthme du gosier. Il prend son origine par un petit tendon nacré, non pas i palatin, mais à l'aponévrose staphyline (fig. 126, 7). Le faisceau que forment les det palato-staphylins est en grande partie recouvert, dans sa partie moyenne, par les fibn des péristaphylins internes.

Pcristnphylîn externe. — C'est uu petit muscle allongé, déprimé d'un côté' l'autre, renflé dans son milieu, aminci et tendineux à ses extrémités, étendu oblique ment en avant et en bas, depuis l'apophyse styloïde du temporal, où il prend son or gine, jusqu'à la trochîée ptérygoïdienne. Son tendon terminal glisse et s'infléchit c dedans sur cette poulie, pour s'élargir ensuite et se confondre avec la charpente fibreus du voile, charpente qui représente ainsi une sorte d'épanouissement de ce tendon.

Ce muscle est recouvert en dehors par les muscles ptérygoïdiens ; il répond en de dans au péristaphylin interne, qui le sépare de la trompe d'Eustache. '

C'est un tenseur et un abaisseur de l'aponévrose du voile (fig. 131, 11).

Péristaphylin interne. -— Il est formé par une bandelette pâle et mince, qi prend son origine avec le péristaphylin externe, descend entre la trompe d'Eustache ( ce dernier muscle, qu'il abandonne bientôt pour passer en dedans du ptérygo-pharyi gien, se place alors sous la muqueuse de l'arrière-bouche, gagne le voile du palais, ( s'épanouit soit sur la face postérieure du pharyngo-staphylin, soit sur la face antérieur du palato-staphylin , au-dessous de la couche glanduleuse, en confondant ses fibres' sur la ligne médiane, avec celles de l'autre péristaphylin interne.

Ce muscle relève le voile du palais (fig. 131, 12).

3° Couche glanduleuse. — Cette couche, comprise entre la membrane fibreuse et I feuillet muqueux antérieur, se prolonge, en s'amincissant, sur les muscles intrinsèques mais non pas jusqu'au bord libre de l'organe. Elle présente sa plus grande épaisseur d chaque côté du plan médian, où elle forme deux lobes, qui dessinent sur la face anté rieure du voile une saillie allongée, beaucoup plus prononcée chez l'àne que dans h cheval.

Il est digne de remarque que les granulations qui composent celte couche versen toutes leur fluide dans la bouche, c'est-à-dire sur la face antérieure du septum.

W Mem.branes muqueuses^ — Le voile du palais est rcvêlu sur ses faces de dou^ feuillets muqueux, l'un antérieur, l'autre postérieur, réunis, comme on l'a dit, vers li' bord libre de l'organe. L'antérieur se continue en haut avec la muqueuse palatine, sui les côtés avec celle qui tapisse la base de la langue. Il présente la structure de la muqueuse buccale; son épithélium est stratifié et pavimenteux. L'autre feuillet n'est anln chose que la pituitairc étendue sur la face postérieure du seplum, et de là sur les face; latérales du pharynx. Il sera décrit plus longuement à propos de ce dernier organe.

I)K LA BOUCllli. 305

5^" Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté au voile palaliii par l'artère phari/nienne cl la s(ap/ti/im>'. — Les lilets nerveux que reçoit celle cloison émanent de la nquicnie paire encéplialique (branche maxillaire supérieure) et du ganglion de Mecel; ils constiluenl le )icrf staphijiin ou palatin postéri/mr (lig. r2G, 8). La branche laxillaire supérieure est exclusivement sensilive et pourlant le nerf slapliylin est desné à des parties tégumcnlaires ou glandulaires et à des organes coniraclilcs. Comment e nerf slaphylin peut-il remplir cette double destination ? C'est en recevant des fdels m tjanglio» de .^leckel, ganglion qui possède lui-même des libres motrices provenant .11 facial.

Fonctions. — Fendant l'acte de la déglutition, le voile du palais s'élève pour agranlir l'islhme, et laisser passer les aliments ou les boissons. La description que nous vous donnée de ce septum permet de comprendre qu'il remplit le rôle d'une véritable 'oupape, se soulevant bien pendant que le bol alimentaire ou la gorgée de liquide )asse de la bouche dans l'œsophage, à travers le vestibule pharyngien, mais ne laissant )oint revenir les substances ingérées du canal œsophagien dans la cavité buccale. Aussi, ursqu'un obstacle quelconque s'oppose à ce que les aliments descendent dans l'œso- )liage après avoir franchi l'isthme du gosier, ou bien quand l'animal vomit, les maiorcs arrêtées dans leur trajet ou expulsées de l'estomac sont-elles rejetées au dehors )ar les cavités nasales^ après avoir glissé sur la face postérieure du voile du palais. ;;ctlc disposition en cloison complète, qui obture hermétiquement l'orilice de commuuicalion placé entre la bouche et l'arrière-bouche, explique encoi'e pourquoi, dans les circonstances normales, les Solipèdes respirent exclusivement par le nez.

6" Des dents.

Agents passifs de la mastication, les dents sont des organes durs, d'apparence osseuse, implantés dans les mâchoires, et faisant saillie dans l'intérieur de la bouche, )our broyer ou lacérer les substances alimentaires solides.

Identiques chez tous nos animaux domestiques, par leur disposition générale, leur mode de développement et leur structure, ces organes présentent dans leur conformalion extérieure de très-nolables dilîérences, dont l'étude offre le plus grand intérêt au naturaliste. C'est qu'en effet la forme de la dent d'un animal dépend du mode d'alimentation ; c'est que le régime, à son tour, domine les instincts, et commande les diverses modifications des appareils de l'économie; c'est qu'il résulte enfin de cette loi harmonique une corrélation si frappante entre la disposition des dents et la conformation des autres organes, qu'un anatomiste a pu s'écrier avec raison : Donnez-moi la dent (Vun animal, et je vous dirai ses mœurs et sa structure!

Forcé par les dimensions de notre cadre de nous tenir à la partie purement descriptive de l'appareil dentaire, nous ne pourrons nous arrêter davantage aux considérations physiologiques intéressantes dont nous venons de poser le principe, et nous aborderons immédiatement l'étude analomique des dents, en commençant par l'indication de leurs caractères généraux, pour les envisager ensuite successivement dans toutes nos espèces.

A. Caractères généraux des dents. — iMnposîHoh générale. — Les dents sont fixées dans les mâchoires, et rangées les unes à côté des autres, de manière à former deux arcades paraboliepits ouvertes en arrière, qui sont interrompues de chaque côté par l'espace dit inlcrdcnlaire. Distinguées en supérieure et inférieure, connue les

366 1>K l'appareil digestif CHliZ LliS MAMMIFÈRES.

mâchoires elles-mêmes, ces arcades se mettent en contact l'une avec l'autre d'une ma^ nièrc plus ou moins exacte quand la bouche est parfaitement fermée.

Parmi les dents, les unes, placées tout à fait en avant, à la partie moyenne des an cades dentaires, portent le nom d'incisives ; les autres, situées en arrière des précé^ dentés, et toujours au nombre de deux à chaque mâchoire, s'appellent les canines op les crochets; on désigne enfin sous la dénomination de molaires celles qui occupent, dans le fond de la bouche, les parties latérales et les extrémités des arcades dentaires,

Conformation extérieure. — Chaque dent représente, à l'épQque de son cora^ plet développement, un polyèdre allongé, qui a tantôt la forme d'une pyramide et tantôt celle d'un conoïde ou d'un paralléhpipède.

Une partie de la dent est enfoncée et solidement implantée dans l'une des cavités; alvéolaires des os maxillaires : c'est la racine ou la partie enchâssée. L'autre poriion,i circonscrite à sa base par la gencive, sort de l'alvéole pour faire saillie dans l'intérieun de la bouche : elle forme la couronne ou la partie libre. Le rétrécissement très-éiroiti qui sépare la racine de la couronne porte le nom de collet :

La racine est percée à son extrémité d'une ou de plusieurs excavations, qui pénè irent profondémeiit dans l'épaisseur de la dent, et qui admettent à leur intérieur la papille vasculo-nerveuse, simple ou ramifiée, désignée sous le nom de bulk' ou de pulpe dentaire.

La couronne, soumise au frottement pendant la mastication, et par conséquent à. l'usure, offre les formes les plus variées : tantôt, en effet, elle affecte la conformation d'un cône très-aigu; tantôt on la voit divisée en plusieurs tubercules plus ou moins saillants; tantôt, enfin, elle porte à l'extrémité de la dent une surface de frotlementi plus ou moins plane ou régulière.

Structure. — Il entre dans la structure de toutes les dents trois substances essentiellement différentes : l'ivoire, l'émail et le cément, auxquelles on doit joindre des parties molles, la pulpe, la gencive et le pé^noste alvéolo-dentaire.

Ivoire. — V ivoire, h substance ébwnée on h dentine, se présente avec la dureté de l'os, et une couleur blanc jaunâtre, rendue brillante par places par des redets nacrés. C'est elle qui forme la base delà dent; elle enveloppe de toutes parts la cavité intérieure que remplit la pulpe.

Examinée au microscope, cette substance se montre creusée d'une multitude de petits canaux {canalicules dentaires) plongés dans une matière amorphe {substance fondamentale).

Les canalicules s'étendent de la cavité dentaire à la face profonde de l'émail. Simples à leur origine, ils ne tardent pas à se bifurquer plusieurs fois et à s'anastomoser pendant leur trajet légèrement onduleux. Ils se terminent en cul-de-sac ou bien dans des cavités irrégulières situées au-dessous de l'émail, et appelées espaces interglobulaires de Czermak. Les canalicules ont une mince paroi propre et contiennent une fibre dentaire qui est très-probablement un prolongement des cellules de la pulpe. La substance fondamentale est amorphe et très-peu abondante; dans sa masse sont déposées les molécules salines qui donnent à l'ivoire sa consisiance osseuse.

Sa composition chimique la rapproche beaucoup des os ; après un séjour de plusieurs semaines dans l'acide chlorhydrique étendu, elle se comporte comme ces derniers, c'est-à-dire qu'elle abandonne à la solution acide les sels calcaires dont elle est imprégnée, et qu'elle devient molle comme du cartilage, soumise à l'action de l'eau bouillante, elle donne de la gélatine.

Émail — L'émail s'étend en couche sur la substance éburnée de la partie libre de

DE LA BOUCIlIi. 367

1 (Iciii, qu'elle enveloppe cxiérieuremeni tout entière, et se prolonge, chez quelques iiiniaux, sur la racine. Il se replie même dans plusieurs espèces de dents, h l'intcieur de l'organe et parla couronne, jusqu'à une très-grande profondeur. C'est une substance d'un blanc très-brillant, jsi dure qu'elle fait l'eu an briquet.

! Son organisation microscopique est fort intéressante. L'émail est formé de petites baguettes prismatiques hexagonales de 0°"",004 de largeur et dentelées sur leurs faces. Grâce à ces dentelures, les prismes de l'émail sont intimement soudés. Ils forment plusieurs couches s'entrecroisant à angle aigu; dans chaque couche, ils sont exactement parallèles entre eux. En plongeant l'émail dans l'acide chlorhydrique étendu, on détache de sa surface une mince membrane amorphe ou cuticule de l'émail.

Cément. *— Le cément s'étale en couche non continue sur la face extérieure I de l'émail et de l'ivoire. On le trouve accumulé en très-grande quantité dans l'épaisseur de quelques dents, comme nous le verrons en parlant des incisives du cheval et des molaires des herbivores.

La structure et les propriétés de cette substance ne diffèrent en rien de la structure et des propriétés de la substance spongieuse du tissu osseux. A l'état physiologique, le cément ne renferme pas de canaux de Havers.

Pulpe dentaire. — Cette pulpe ou papille est formée par une masse fibrillaire et nucléaire qui remplit exactement ia cavité dentaire intérieure. Elle reçoit des vaisseaux sanguins, des nerfs abon dants, et se trouve enveloppée d'une membrane fort mince, entièrement constituée par plusieurs couches de magnifiques cellules cylindriques ou prismatiques dont les plus superficielles envoient des prolongements fibrillaires dans les canalicules dentaires. Vers la base de la papille, cette membrane prend la texture du tissu conjonctif, et se réfléchit en haut sur la racine de la dent, pour tapisser l'alvéole, et s'en aller rejoindre la gencive à l'origine de la couronne.

(♦) A, émail; B, ivoire ; C, cavités dentaires; D, collât de lu ileiil ; H, Liiniuiit.

FiG, iili. — t'Oupe loiigiiudliiaie 4'unc (\^\\\ incisive, (l'apiTs Magitol [*)^

368 DF. l'appaueil digestif chez les mammifères.

Gencive. — I.a gencive est une poilion de la muqueuse buccale qui entoure < collet de la dent et concourt à la consolider dans sa cavité alvéolaire. Sa structure es' celle de la muqueuse à laquelle elle appartient, c'est-à-dire qu'elle comprend un dermn épais, muni de papilles et un épithélium stratifié pavimenteux; la gencive ne renfermo pas de glandules.

Périoste alvéolo-dcntaire. — il ne dilTère guère du périoste ordinaire; il est cepeni

dant un peu plus mou. Il tapisse l'alvéole et la face externe du cément de la racine.

Uévcioppcmcnt. — Chaque dent se développe ù l'intérieur d'un sac clos de toute

parts, nommé sac ou follicule dentaire, et logé dans une excavation des os maxillaires

Ce sac présente, suivant les animaux, et suivant les espèces de dents, de nombreuse»

variétés auxquelles nous ne devons point nous arrêter. Bornons-nous à faire connaît^

en raccourci les caractères généraux et constants de son organisation.

Le follicule dentaire est constitué par une membrane enveloppante cxtérieurei

dense et fibreuse, doublée intérieurement par une couche de nature cellulo-vas

culaire (fig. 135, A). Il présente à son fond la papille simple ou composée qui es

désignée plus tard sous le nom de pulpe dentaii^e (B)

cet organe, destiné h la sécrétion de l'ivoire, remplit alor

la plus grande partie du follicule. Dans sa partie supérieure

on trouve Vorgane ou le germe de l'émail formé par ui

prolongement de l'épithélium gingival, et relié à celui-ci pai

un petit amas de cellules appelé gubei^naculum dentis. 1

occupe le plus souvent en regard du fond du follicule un(

ou plusieurs papilles qui, dans quelques cas, adhèrent pa

toute leur longueur à l'une des parois latérales du sac foUi

culaire, et dont l'extrémité libre s'entrecroise avec celle dei

papilles de l'ivoire, ou s'enfoncent dans une sorte de calic(

que du sac dentaire d'une creusé sur le sommet de ces derniers appendices (C). incisive remplaçante chez • . • i .ni

le cheval (*) Ceux-ci sont recouverts par la membrane a cellules cy

lindriques signalée plus haut (D). Quant à l'organe de l'émail

sa face interne présente également une couche de cellules cylindriques.

C'est dans l'intervalle de ces deux systèmes papillaires que se dépose, comme dan un moule, la substance dentaire, à la suite d'un travail de sécrétion et de transforma tion, dont la marche et le mécanisme sont assez compliqués.

Vivoire est produit par la métamorphose des cellules superficielles du germe den taire. Ces cellules poussent des prolongements ramifiés qui constituent les canaliculc (le l'ivoire, et celles de la couche moyenne sécrètent une substance amorphe inter canaliculaire dans laquelle se déposent des sels calcaires de dehors en dedans.

L'émail est déposé sur l'ivoire; il résulte de la transformation des cellules cylin driques du germe en prismes de l'émail. Quant à la matière cémenteuse, elle se dépo serait soit sur l'émail, soit sur l'ivoire, après leur formation, et serait produite, comme le tissu osseux, par les parois du sac dentaire, devenues périoste alvéolaire. (On insis icra sur ce développement dans le chapitre du fœtus.)

Une fois formée par les procédés sus-indiqués, la dent perce son follicule, et appa raît à l'intérieur de la bouche, après avoir traversé la table des os maxillaires, s'il y lieu, et la membrane gingivale. A ce moment, elle se trouve définitivement instituée

Fio. 135. — Coupe théori

(') A, moinliran,- proiU'iMh, 5«c ; li, ,.nlpc dentaire; papille d„ cornet cxtéi-iem- de In dent, dépendance du (le 1 email; t , eoiielie epit leliale ilii fçenne de l'ivoii-e; E, eellules rvlindrinues du germe de l'émail; F , i (i, euiail. — La sécrétion du cernent n u point encore eoinnieiieij. - i o

germe voire

«li LA liOUCMi:.

iiiai-ssoii travail d'accroisseniciU ii'a pas cessé. La piilpo, logée dans la cavité dentaire intérieure Cl chargée de la production de la substance éburiiée, continue ses fonctions. i;llc dépose incessamment de nouvelles couches d'ivoire sur celles qui sont priiiiilive-' ment sécrétées; la cavité dentaire diminue graduelli ineiit d'étendue ; la papille s'alrophie; et cette |icipille finit enfin par disparaître tout à fait, dans III âge plus ou moins avancé, suivant les sortes de u nis et les espèces animales.

En considérant l'ensemble de l'appareil dentaire sous le rapport du développement, on constate des différences très-intéressantes dans la marche et l'époque de l'évolution, dilïérences qu'on a mises à profit pour la connaissance de l'âge des animaux, et dans le détail desquelles il serait déplacé d'entrer ici. Bornons-nous à faire remarquer que tous les animaux présentent deux dentitions successives : la première, composée d'un certain nombre de dents qu'on désigne sous le nom de caduques, parce qu'elles tombent bientôt pour faire place à d'autres plus fortes et plus solides; la seconde, comprenant ces derniers organes, c'est-à-dire les de)its remplaçantes, avec (le nouvelles dents non soumises à la caducité et au remplacement, et appelées pour cette raison dents persistantes.

B. Dents des solipèdes. — La dentition des solipèdes adultes se compose de 36 à dents, ainsi réparties sur chaque mâchoire : chez le mâle, 6 incisives, 2 crochets, 12 molaires; chez la femelle, 6 incisives, 12 molaires. Quant à la première dentition, elle comprend les incisives et les 3 avant-molaires seulement ; les crochets et les 3 arrière-molaires étant persistants.

Ces dents (celles de la deuxième dentition) offrent dans leur développement un caractère commun fort remarquable que nous retrouverons rarement chez les autres animaux. Elles poussent pendant toute la vie de l'animal, chassées qu'elles sont des alvéoles pour remplacer la partie usée par

le frottement, en sorte que la couronne est successivement formée par les diverses portions de la racine, qui sortent chacune à leur tour de la cavité alvéolaire.

Incisives. — Ainsi appelées parce qu'elles servent, chez les herbivores surtout, h l'incision des aliments (de incidere, couper); ces dents sont disposées en segment de cercle à l'extrémité de la mâchoire, et distinguées par les noms de pinces, 7riilui/ennes et coins : les pinces sont les deux dents du milieu ; les mitoyennes louchent celles-ci en dehors; les coins occupent les extrémités de l'arcade incisive.

La forme générale de ces dents est celle d'une pyramide trifaciée, présentant une incurvation dont la concavité est tournée vers le fond de la bouclie. La base de cette

FiG. 136. — Ensemble de la dentition de la mâchoire inférieure chez le cheval, les dents vues par leur face de frottement (*).

(■) On r-onsiiltnrn In ligiiri! 19 |irjiii IVnseiiiIiIi: ik' In ili'iililmii CIIAUVKAU. — 2* Odil.

In iiirii'iKiiiv siiputiLMiic

37Ô l'appareil digestif chez les mammifères.

pyiamiilo, fonnée par la couioime, est aplatie d'avanl en arrière; le sommcl, c'està-dire rcxtréniilé tle la racine, se trouve au contraire déprimé d'un côté à l'autre:? quant au fût de la |)yrannde, il offre, sur les différents points de sa hauteur, une série de conformations intermédiaires qu'on a utilisées conune caractères pour la connaissance de l'âge, la pousse continuelle des dents amenant successivement chacune; d'elles sur la surface de frottement de la couronne (fig. 138, 1).

Envisagée dans une jeune dent qui vient de compléter son évolution, la partie libre': présente : une face antérieure, creusée d'une légère cannelure longitudinale, qui se prolonge sur la racine; une face postérieure, arrondie d'un côté à l'autre; deux bords,

dont l'interne est toujours plus épais que l'externe; enfin, la surface de frottement. — Celle-ci n'existe point dans la dent qui n'a point encore usé ; on trouve à la place deux bords tranchants, qui circonscrivent l'entrée d'une cavité désignée sous le nom de cornet dentaire extérieur. Cette cavité se termine par un cul-de-sac conique, qui descend plus ou moins profondément dans l'épaisseur de la dent. Les bords sont distingués en antérieur et postérieur ; celui-ci;, moins élevé que le premier, est entamé par une ou plusieurs écliancrures, toujours i)his profondes dans les coins. C'est par l'usure de ces bords que se forme la surface de frottement, surface au centre de laquelle persiste pendant un certain temps le cul-de-sac du cornet dentaire extérieur (fig. 138, 2).

Quant à la racine^ elle est percée d'un seul oriûce, par lequel la pulpe de la dent pénètre dans la cavité intérieure (fig. 138, 3, c).

On retrouve dans la structure des incisives les trois substances fondamentales de l'organe dentaire. Vivoire (fig. 137 et 138, 3, b) enveloppe, comme on sait, la cavité de la pulpe. Celui qui se dépose dans cette cavité après l'évolution complète de la dent, pour remplacer la pulpe atrophiée, a toujours une teinte plus jaune que l'ivoire de première formation; c'est lui qui forme sur la table de la dent la marque désignée par Girard sous le nom d'e7o?7e dentaire (fig. 138, 4^ c). — V émail recouvre l'ivoire, non-seulement sur la partie libre, mais encore sur la racine des incisives; il ne se prolonge point cependant jusqu'à l'extrémité de cette racine. De plus, on le voit se replier dans le cornet dentaire externe, dont il tapisse toute l'étendue (fig. 137 et 138, 3, o). Aussi, lorsque la surface de frottement se trouve établie, distingue-t-on un cercle d'émail extérieur autour- de cette surface, et un cercle intérieur circonscrivant le culde-sac; le premier cercle constitue ce qu'on a appelé V émail d'encadrement ; le second forme V émail central (fig. 138, h, a, b). Dans la dent vierge, celui-ci se continue avec l'émail externe, et passe sur les bords qui circonscrivent l'entrée du cul-desac. — Quant au cément, il est appliqué sur l'email comme un vernis protecteur; mais il ne présente point partout la même épaisseur : sur les parties en relief, il est extrêmement mince^ et même nul lorsque la dent a subi, depuis quelque temps, les frottements dus au contact des aliments, des lèvres et de la langue ; mais il est plus abondant dans les parties déprimées, comme la cannelure longitudinale de la face anté-

FiG. 137. — Coupe d'une incisive de cheval, montrant la disposition des substances qui entrent dans sa structure (*).

^) I, ivoiie; li, ùmuil ; C, ueuiuiil.

Tiem-e, et surtout le fond du cornet cxicrieur (lig. 1:57). Co|>en(l;(/ii iii ^luitiiiiié accumulée dans le fond de ce cul-dc-sac n'est pas toujours la même ; nous l'avof/S VUe qiMquefois nulle : mais, on revanche, nous possédons des incisives vierges, ou à peu iMs,dans lesquelles le corncl dentaire est presque entièrement obstrué par la'matièrc cémen'teuse. Nous ne sachons point qu'on ait jusqu'à présent tenu compte de ces diiïérences <lans l'appréciation de la marclie du rasfmenf; m comprend cependant (pi' elles doi-

l'iG. 138. — Dciils iri'^isivcs du cheval. Détails d'orgaiiisalion (*).

vent influer d'une manière sensible sur l'époque de l'effacement de la cavité dentaire extérieure.

Tous les caractères que nous venons d'indiquer appartiennent également aux denêa caduques 138, 5). On remarquera cependant que celles-ci sont plus petites que les dents de remplacement; qu'elles reflètent une belle couleur blanc laiteux duc à la minceur ou à l'absence de la couche cémenteuse ; qu'elles offrent, au point de réunion de la partie lii)rc avec la racine, une dépression désignée par le nom de co//e^; que leur couronne est finement striée et non cannelée sur sa face antérieure; que le culdc- sac externe est très-peu profond; qu'elles ne poussent point constamment, leur accroissement s'arrêlant quand elles ont conunencé à s'user. Lorsque les remplaçantes apparaissent, c'est un peu en arrière des caduques, dont elles déterminent la chute en détruisant peu à peu leur racine, qui Huit par ne plus former qu'une longue et mince écaille de substanre éburnée.

(•) 1, IJ..1.I mr LmiivllH su tronvi.,,1 imli.|iu--..8 la fonii.! ^(-ixi-n^W^ .les ii-nsive» ixMi,|.|...:M„t,.s, cl ron.U'S pavlini- ,me prend «nfieHasivenient la talile cleiitairo pnr suite .le I usun- et d,. .. |,.,n5se ,■.„> , ni...|les ,1e e...s .L'iMs. - ■2, .lei.t vierKe, faces a„t6He,.re et iK.st.Tie.ir-e. - 3, ennp.' l.ir.sMln.ll.i.ile .1 un,- .lei.l v,er!,'e, .lestin...'. a m.u.li e.- la f.,r,nntloi, i,,t.'M-ie..ie et la Mn.rl.ne. l'mn- ne p.i. .■.nl.n.nillee la luiiiir, ...i s est «hsl,„u de n.|.r.;MM,le.' le .■.■n„.„l extérieur 01 eoliii .nii est amassé dans le enl de-.M.e .■xl.Tiie. - h, r a' it,.Msv,!r-,ale ..yai.t la même .le,tmatim, :

émuil .iVucudifUient ; b, émail cuiilial ; v, étoile dent.iiié ; ivr.ue. — o, dent ead.i.|ue.

372 Uli L'APPAIU'IL UIGKSTJI' CllIiZ lus MAMMU-kUliS.

Le follicule dans lequel les dcnls incisives se développeiil présente deux papilles : :j luic destinée à la sécrétion de l'ivoire, logée dans la cavité interne de la dent, cl creusée ' d'un calice à son extrémité libre; l'autre contenue dans le cul-de-sac externe , (fig. 135, A, B, C). I

Canines, crochet!» ou dents lanières (1). — « LeS ClOCllCtS des solipètlcs ll'cxis- •

lent que dans le niàle. Ce n'est que par exception qu'on les rencontre quelquefois chez t

la jument, et même ceux qu'elle porte dans ce '1 cas sont rarement aussi forts que ceux du cheval. .1 » Ces dents, au nombre de quatre, sont placées . une à chaque côté de chaque mâchoire, un peu 1 en arrière de l'arcade incisive, dont les canines • inférieures sont beaucoup plus rapprochées que • les supérieures, Elles laissent, en outre, entreelles et la première molaire un espace considé- • rable, qui conslitue la barre à la mâchoire infé- • rieurc.

» La portion libre du crochet, légèrement cour- • bée et déjetée en dehors, surtout à la mâchoire ■ inférieure, nous offre à considérer deux faces,

l-,G. 139. - Cochet de cheval C). ''""'^ externe et l'autre interne, séparées l'une

de l'autre par deux bords tranchants, inclinés du côté interne et se rencontrant en pointe à l'exirémité de la dent.

» La face externe, légèrement arrondie, présente une série de stries fines, longitudinales et parallèles (fig. 139, A).

» L'interne porte sur son milieu une éminence conique^, dont la pointe est dirigée vers celle de la dent, et qui se trouve séparée de chaque bord par un sillon profond (fig. 139, B).

» La racine du crochet, plus courbée que la |)artie libre, porte intérieurement une cavité analogue à celle de la racine des incisives, diminuant et disparaissant comme elle avec l'âge, mais toujours relativement plus grande, à cause de l'absence du cornet extérieur dans les dents canines.

» La forme que nous venons d'assigner aux canines est celle qu'elles présentent étant encore fraîches. A mesure que le cheval vieillit, elles perdent leur blancheur et s'usent d'une manière irrégulière, le plus souvent par l'action du niors ou du billot qui fait partie de la bride; car la différence de position de ces dents aux deux mâchoires fait qu'elles ne frottent point l'une contre l'autre.

» Les crochets ne poussent qu'une fois. Quelques vétérinaires, et entre autres Forthomme et Rigot, ont observé des cas de remplacemcr.t de crochets; mais ces exceptions très-rares ne peuvent pas faire regarder ces dents comme sujettes au remplacement. 11 ne faut pas confondre avec ces" faits exceptionnels la chute d'une petite aiguille qui précède, chez la plupart des chevaux, la sortie des véritables crochets. »

» La structure descrochets est beaucoup plus simple que celle des incisives. On ne trouve en effet dans ceux-là qu'un amas central d'ivoire, creusé par la cavité de la pulpe, et recouvert d'une couche extérieure d'émail, sur laquelle est dé|JOsé un peu de cément.

(1) Dans ce qui va suivre, tgut ce qui est placé entre guillemets est emprunté au Traité de l'exlùrkur du cheval et (la principaux animaux domestiques, jiar M. Lecoq.

(') (i, fuce L'xleriie ; lucf intorue.

oi; i.x iiouoHi;. ;)7;i

0 La disposilioii du follicule do développement se ressent de la simplicité de la structure de ces dents : on y voit, au fond, la papille de la cavité intérieure, papille simple et conique; sur la paroi interne, un double relief l()n|j;iiudinal sur lequel se moulent le relief et les sillons de la face interne de la dent. »

Molaires. — « Les molaires sont au nombre de vingt-quatre, six à chaque côté de chaque mâchoire. Quelquefois, en outre, il existe des molaires supplémentaires, que

Fio. 1/jO. — Profil des dents supérieures du cheval, destiné surtout à montrer les molaires (les racines ont été mises à découvert) {*).

l'on rencontre en avant des vrais molaires, et qui peuvent être au nombre de quatre; ce sont de petites dents ayant peu d'analogie avec les autres, et qui tombent le plus souvent avec la première molaire caduque, pour ne plus être remi)lacées.

» Les arcades molaires, considérées d'une manière générale, n'ont pas la môme disposition aux deux mâchoires. Plus écartées l'une de l'autre à la mâchoire supérieure, elles afFectenl une ligne légèrement courbe, dont la convexité est en dehors. A la mâchoire inférieure, au contraire, la ligne décrite par les molaires présente, en dedans, une légère convexité, on même temps que les deux ai cades s'écartent en forme de V vers le fond de la bouche. Au lieu de se rencontrer par des surfaces droites, les molaires s'opposent par des plans inclinés, de telle sorte que le bord interne est plus élevé que l'externe dans les molaires inférieures, tandis que le contraire existe pour les supérieures.

» Chaque molaire nous olire à étudier, comme les incisives, une partie libre et une partie enchâssée.

" La partie libre, à peu près carrée dans les molaires supérieures, un peu plus étroite que longue dans les inférieures, offre à sa face externe, dans les premières, deux sillons longitudinaux, dont l'antérieur est le plus profond, et qui se continuent sur la partie enchâssée. Cette disposition n'existe pas dans les molaires inférieures, où l'on ne trouve qu'un seul sillon étroit et souvent peu marqué.

» La face interne, aux deux mâchoires, n'ofl'rc qu'un seul' sillon très-peu prononcé, qui .se trouve placé en arrière aux molaires supérieures, et devient plus apparent vers la racine.

.. Les faces antérieure et postérieure sont en rapport avec les faces correspondantes des molaires voisines, excepté aux extrémités des arcades, où la face isolée se convertit en un bord rétréci.

') Quant îi la face de frottement, elle est inclinée, connue nous l'avons déjà vu, en

(*) «, luiilnires ; li, iiioluire supiiIrnionlMli-p ; > . ri nclicl : il, iiioisivi's.

37/| Di; L'APPARIîIL DDGUSTIF chez les MAMMIFliRliS.

dehors ;\ la mâchoire inférieure et en dedans à la mâchoire opposée; ce qui l'ait que les inonvemeiUs laléraux de la mâchoire «e peuvent avoir lieu sans que les incisives s'écartent et se Irouvenl soustraites au frotleuient. » Dans la molaire vierge, cette face, complètement recouverte d'émail, est irrégulièrement ondulée. On y reconnaît l'enlrée de deux cornets émailleux, qui se prolongent % l'intérieur de la dent justprà l'extrémité de la racine, corueis presque entièrement remplis de cément à l'époque où la dent a achevé son évolution, et qu'on ne trouve creux qu'avant la sécrétiou de la suhstance cémeuleuse. Sur la dent qui a usé, cette surface de frottement prend nu aspect particulier, que nous iiidirpicrons dans l'élude de la- structure avec plus de frait pwur l'élève.

« La partie enchâssée, examinée peu de temps après l'éruption de la partie libre, m. présente qu'un fût de la forme de cette dernière^ sans apparence de racines, et portant dans son intérieur une grande cavité. Ce n'est qu'à mesure que la dent est chassée de l'alvéole et qu'elle s'use à sa couronne que les racines se forment, creuses d'abord, pour se remplir plus tard, ainsi que la cavité de la dent, par la formation d'une nouvelle quantité d'ivoire. A partir do ce mosnent, les racines ne croissent plus; mais la dent, constamment poussée hors des alvéoles, laisse se rappiocher les parois de ces cavités, et, dans l'extrême vieillesse, ifarrivc que le fût, complètement usé, laisse à la place delà dent plusieurs chicots formés par les racines.

'> Les molaires des deux mâchoires offrent un nombre de racines différent. On en compte trois dans les molaires qui terminent les arcades, soit en avant, soit en arrière, à l'une et à l'autre mâchoire Quant aux molaires intermédiaires, elles offrent quatte racines à la mâchoire supérieure, et deux seulement à l'inférieure.

û Les molaires s'écartent les uiîes des autres par leur partie enchâssée, surtout aux deux extrémités do l'arcade : disposition qui les renforce en faisant converger vers lemilieu de la ligue l'eiïort éprouvé par celles de ces dents qui la terminent. »

La structure des molaires rappelle celle des incisives, quoiqu'elle soit beaucoup plus compliquée. La cavité intérieure de la dent, cavité extrêmement diverticulée, est enveloppée par Vivorre. L'émail est appliqué en couche sur celui-ci, et se replie dans les cnls-dc-sac externes exactement comme pour les incisives; aussi trouve-t-on, sur la surface de frottement de la dent qui a usé, un encadrement d'émail extérieur, et deux cercles ou plutôt deux polygones irréguliers d'émail central, circonscrivant les deux cornets. Dans les molaires supérieures, l'ensemble de ces rubans d'émail représente un B gothique, portant un petit appendice sur sa boucle la plus rapprochée de l'entrée de la bouche." Celle figure est modifiée dans les dents de la mâchoire inférieure,, l'émail des culs-de-sac se continuant du côté interne avec l'émail extérieur. Quant à la substance câmenteiise, elle est extrêmement abondante, sa quantité totale égalant presque, dans les molaires supérieures, la quantité d'ivoire. On trouve cette substance accumulée dans les culs-dc-sac, et sur la couche d'émail externe» qu'elle recouvre en comblant partiellement les cannelures des faces de la couronne. Le séjour prolongé d'une dent dans l'acide chlorhydrique permet d'isoler ces divers élémenls avec assez de facilité.

Grâce à la disposition que nous venons de faire connaître, la coupe d'une molaire adulte, coupe représentée naturellement par la surface de frottement (fig. montre en dehors de la dent une couche de cément; en second lieu, l'émail extérieur; entre celui-ci et l'émail central, l'ivoire, toujours plus jaune et même noir au milieu; enfin, les rubans émailleux des culs-de-sac et la substance cémenteuse qui remplit ceux-ci. Comme les rubans d'émail sont beaucoup plus durs que les autres substances, ils

JOli I,A BOUCHE. 375

.111 plus lentement et sont toujours en relief sur celles-ci; aussi la surface de frottement a-l-ellc toujours l'aspect d'une véritable meule à broyer, et se trouve admirablc-

iiMii disposée pour la trituration des substances fibreuses dont l'animal fait sn nourriiiiro habituelle.

Le follicule destiné au développement de ces trois éléments, dans la dent molaire I oIVre, à sou fond, une énorme papille, divisée en plusieurs lobes qui sont accolés les lins aux autres sur toute leur longueur ; logée dans la cavité dentaire intérieure, elle décroît successivement connue celle des autres espèces de dents, au fur et à mesure que la cavité se remplit d'ivoire de nouvelle formation. A l'opposé existent les deux longues papilles qui occupent les cornets émaillcux.

(( On a cru longtemps que les molaires des Solipèdes étaient toutes des dents persistantes. Cette erreur, appuyée sur l'autorité d'Aristote, s'était tellement enracinée, que, bien que Ruini eût découvert à la fin du xvr siècle l'existence de deux molaires cadliques, Bourgelat n'y croyait pas encore lorsqu'il fonda les écoles, et n'y crut que lorsque Ténon eut prouvé, eu 1770, par les pièces mêmes, que les trois premières molaires de chaque arcade sont caduques.

1) Le remplacement de ces douze molaires ne se fait pas tout à fait comme celui des incisives. La molaire d'adulte pousse immédiatement sous la caduque et divise en quatre ses deux racines, jusqu'à ce que le corps de la dent, réduit à une simple plaque, tombe pour laisser paraître le sommet rétréci de la remplaçante, qui le pousse et se trouve bientôt de niveau avec le reste de l'arcade.

» La première molaire de remplacement , toujours un peu plus allongée que celle qu'elle chasse, fait le plus souvent tomber avec elle la molaire supplémentaire; ce qui fait que si quarante-quatre dents peuvent se développer dans le cheval mâle, il est très-rare qu'elles existent à la fois. »

7° De la bouche en général.

Nous devons revenir maintenant sur l'ensemble de la cavité dont nous venons d'étudier avec détail les diverses régions, et considérer successivement sa disposition générale, sa capacité et sa membrane muqueuse.

Disposition générale et capacité de la bouche. — La bouche étant allongée dans le sens de la tète offre un grand diamètre antéro-posléricur, et deux petits diamètres, l'un vertical et l'autre iransversc. Le premier s'étend de la base de l'épiglotte à l'ouverture antérieure de la bouche; le second, du palais au fond du canal lingual; le troisième, d'une joue à l'autre. Quand les mâchoires sont rapprochées, l'espace renfermé entre ces limites se trouve partagé on deux régions, l'une centrale, l'autre périphérique. La première est circonscrite par les arcades dentaires; la seconde est comprise entre ces mêmes arcades d'im côté, les joues cl la face interne des lèvres de l'autre côté. On peut remar(|uer alors que la capacité de la bouche est à peu près nulle dans l'une et l'autre région. En elfct, les joues et les lèvres s'appuient à peu près exacte-

FiG. 141. — Coupe transversale d'une molaire supérieure du cheval (*).

(') A, cément cxtiTii-ur : U, l'-moil exti-rictir; i,, ivoire: 1>, rmnil inl^rimir ; I'., d'incnl liili'iiiMU-.

376 DE l'appareil digestif Cmi LES MAMMIFÈUES.

ment sur les arcades dentaires, et la langue, louchant le palais par sa face supérieure, remplit la région centrale presque tout entière. Si les mâciioires s'écartent l'une de l'autre, si les joues s'éloignent des arcades dentaires, la cavité intérieure de la bouche prend du développement, et d'autant plus que les mouvements indiqués sont plus étendus. On ne perdra point de vue que l'écartement des mâchoires se faisant angulairement, la dilatation produite par ce mouvement dans la bouche est plus grande en avant qu'en arrière, l'ouverture de l'angle compris entre les deux mâchoires étant dirigée vei s l'entrée de la bouche.

Membrane muqueuse. — Les parois de la cavité buccale sont tapissées par une membrane tégumentaire, que nous n'avons examinée jusqu'à présent que par parcelles sur les différentes régions qu'elle recouvre. Il importe de noter que ces parcelles ne forment qu'un seul tout, une seule membrane continue, la muqueuse de In bouche.

Celte muqueuse se continue avec la peau extérieure au pourtour de l'ouverture buccale. Suivie de ce point dans l'intérieur de la cavité qu'elle revêt, elle s'étale d'abord sur la face interne des lèvres, et se prolonge en arrière sur les joues, jusqu'au niveau des piliers postérieurs de la langue. Si on la considère ensuite en haut et en bas, au fond du sillon qui répond au point d'insertion des lèvres et des joues, on la voit se porter sur les os maxillaires, pour aller envelopper la base des dents, où elle constitue les gencives. De l'arcade dentaire supérieure, elle s'étend sur la voûte palatine et le voile du palais; de l'arcade inférieure, elle descend dans le fond du canal, et se réfléchit sur la langue pour revêtir cet organe. Au niveau de l'isthme du gosier, elle se continue avec la muqueuse pharyngienne.

L'organisation de la muqueuse de la bouche est parfaitement en rapport avec les actés digestifs qui s'accomplissent dans cette cavité. C'est là que s'opère le broiement des substances alimentaires, substances quelquefois très-dures, très -résistantes, hérissées d'aspérités. Aussi la muqueuse buccale, pour échapper à d'inévitables meurtrissures, est-elle recouverte d'un épithélium très-épais, dans les points qui sont plus spécialement exposés au contact de ces substances, comme la face supérieure de la langue, la voiite palatine, les joues; et le chorion lui-même présente également une grande épaisseur. La nature n'a pas eu celle prévoyance pour les parties soustraites au contact direct des aliments, par exemple les faces latérales de la langue, oti la membrane buccale est finement organisée.

Ajoutons que celte membrane présente dans sa partie linguale les petits organules préparés à la gustation des saveurs, dont l'appréciation est un des actes préparateurs les plus importants de la fonction digeslivo, puisque la sensation qui résulte de cette appréciation constitue un excitant du désir de prendre des aliments, et qu'elle avertit l'animal des propriétés bonnes ou mauvaises des substances introduites dans la bouche.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DE LA BOUCHE DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.

Les diverses régions de la bouche de nos animaux domestiques mammifères doivent présenter des différences que l'on conçoit facilement, puisque tous ne sont pas soumis au même régime ou bien n'offrent pas un genre de vivre uniforme.

RUSIINANïS. — 1° Lèvres. — Les lèvres du iiœiif offrent une épaisseur et une rigidité très-remarquables. Aussi sont-elles peu mobiles, malgré le grand développement des muscles (|ui les meuvent, ci ne concourent-elles qu'indirectement à la préhension des oliinents, la langue étanl chargée de les suppléer en grande partie dans

DE I,A I50UCHE. 377

itte fonction importante. La lèvre supérieure ollVe, de plus, h l'extérieur et sur son ilieu, une large surlace dépourvue de poils, diversement colorée suivant les sujets, ujours humide, du moins quand l'animal est en santé, couverte de mamelons dépriés, criblée de pctils permis (pii amèneiU au dehors le produit de nombreuses glanules sous-cutanées épaisses et jaunâtres, dette surface prolongée entre les deux naaux constitue ce qu'on appelle le 7nu/le.

Chez le nronisuiairc, le Mouton ct la Chèvre, les lèvres sont minces et irès-mo- S)iles; elles jouent un rôle actif dans la préhension des aliments. La supérieure n'olTre looint de mulle et se trouve divisée en deux par un sillon médian. Dans le premier de es animaux, cette division est complète et chaque moitié peut se mouvoir isolément vec facilité.

2° Joues. — Les joues présentent, sur leur face interne, dans le Bœnr, le Mouton, a Chèvre et le Dromadaire, depuis la commissure des lèvres jusqu'auprès de la prenière dent molaire, une multitude de papilles coniques, grosses et longues, dirigées :outes en arrière. Plus loin, on ne rencontre que de petits mamelons arrondis et une seule rangée de papilles volumineuses, semblables aux précédentes, alignées le long des molaires supérieures.

Chez le mouton la muqueuse est quelquefois tachetée de noir; elle est d'un noir uniforme dans le dromadaire.

3° Palais. — Chez le Bœuf, le palais présente une grande étendue. Son tiers postérieur est tout à fait lisse. Les reliefs transversaux occupent donc seulement les deux tiers antérieurs de la surface palatine. Ces crêtes saillantes ne sont point courbées en arc, et se trouvent découpées en dentures à leur sommet, qui s'incline fortement en arrière. Dans le Mouton et la Chèvre, de même que chez le bœuf, tout à fait en avant, c'est-à-dire près du bourrelet qui remplace les dents incisives supérieures, se remarque, dans le plan médian, une sorte de ï dont la tige est dirigée en avant, et qui offre à l'extrémité des branches un pertuis fort étroit, orifice buccal du canal de Jacobson. (Voyez les cavités nasales pour la description de cet appareil.)

Sur le palais du Dromadaire, OU voit une petite crête saillante qui occupe les deux tiers antérieurs de la ligne médiane ; de chaque côté, existent des traces de sillons transversaux, ce sont plutôt de gros tubercules un peu allongés d'un côté à l'autre.

h° Langue. — La langue du Bœuf se distingue par l'énorme développement des muscles qui la forment; elle est garnie de papilles coniques, à étui corné, dont le sommet, dirigé en arrière, donne \\ la langue un toucher très-rude. Elle sert, chez cet animal, à la préhension des aliments ; sa mobilité est grande; elle est jwrtée jusqu'à l'intérieur des naseaux avec assez de facilité.

La langue du Mouton, de la Chèvre et du Dromadaire est proportionnellement moins forte que celle des solipèdes.

Celle de ce dernier animal possède un appareil papillaire extrêmement riche. Sur les bords de la face supérieure de la partie libre, on trouve une sixaine de papilles caliciformes plus ou moins grosses ; quelques-unes ont un diamètre plus grand que celui des trous borgnes de Morgagni. Sur la moitié postérieure de cette même face, on voit des papilles foliacées qui s'écartent et diminuent de volume quand on se dirige en avant et en arrière. Sur les faces latérales existent de petits prolongements perforés analogues aux barbillons des canaux de Wharton.

:')» Voile du palais. — D'une manière générale, on peut dire que la cloison staphyline est, chez les ruminants, moins prolongée que dans le cheval, l'âne et le tnulel. Le Dromadaire fait exception. Chcz lui, le voile du palais est irès-développé, et le

378 DE l'appareil digestif CHEZ LES MAMMIFlîRES.

déiroitqni fait communiquer la bouche avec le pharynx est resserré et très-allongé. I, piliers antérieurs remontent haut sur la face correspondante de l'organe. Cette mê" facc présente un ajjpcndice pyramidal, mou, (lasque, à surface granuleuse, très-mobili

et dont la base est dirigée en avant De chaque côté de son sommet cç appendice offre deux prolongemen qui se recourbent en dehors ei laissant au-dessous d'eux un peti sinus ou divcrticulum ; sur les bor existent des glandules en grapp qui soulèvent irrégulièrement la m queuse antérieure. Celle-ci estd'uuM couleur foncée comme les joues le palais.

Dents. — Les dents du Bœu sont au nombre de trente-deux, don vingt- quatre molaires, disposéei comme celles du cheval, et huit ini cisives appartenant toutes à la mâchoire inférieure. Ces dents sonn remplacées à la mâchoire supérieure' par un bourrelet cartilagineux, épais.recouvert par la muqueuse de la bouche, formant gencive, et fournissant un point d'appui aux incisives de la mâchoire inférieure.

Quelquefois, en outre, on trouve, comme dans le cheval, des molaires supplémentaires, qui jieuvent être au nombre de quatre, et porter ainsi à trente-six le nombre total des dents^ du bœuf; mais il ne les possède pasà la fois, les supplémentaires tom-bant avant que l'arcade molaire soit complétée.

Les substances qui composent les dents du bœuf sont les mômes que celles quii composent les dents du cheval, et ne diffèrent que par leur disposition particulière.

Incisives. — » Lcs incisives, au nombre de huit, sont placées en daviei' à l'extrémité de l'espèce de paleron arrondi par lequel se termine l'os maxillaire, formant versce point un rond parfait, lorsqu'elles ont acquis leur complet développement.

Au lieu d'être fixées dans les alvéoles, comme chez les solipèdes, elles présentent; une certaine mobilité, prise quelquefois pour un état maladif, et qui était nécessaire ■ pour empêcher le bourrelet cartilagineux de la mâchoire supérieure d'être entamé par les dents qui font sur lui leur appui. On les distingue, suivant leur position, en deux pinces , deux premières mitoyennes, deux secondes mitoyennes et deux coins.

Chaque incisive offre à considérer deux parties, l'une libre, l'autre enchâssée, constituant la racine, séparées l'une de l'autre par une dépression très-marquée, désignée

(') i, mâchoire mpérièure : a, viio do la surfoen de froltement; !>, viio de lii Inco fixtprno. 2, mâchoire inférieure .- n, vue de la table dentnii-e ; h, yne île In fnoe oxlerne.

l)E LA BOUCHE.

FiG, 1^3. — Incisive de bœuf (*).

,iis le nom de collet. Cette disposition donne l\ l'ensemble de la denl la forme d'une , Ho dont la racine représente io manche ((ig. l/i3l |;a parlic libre, aplatie do desssns en dosons, d'aulantplus mince et plus large qu'on examine plus près de son extrémité antérieure, présente doux faces, l'une inférieure Il externe, l'autre supérieure ou interne; trois Mords, l'un antérieur et deux latéraux.

La face externe, légèrement convexe, d'un blanc liteux, est parsemée de stries fines, onduleuses, ougiiudiiiales, qui disparaissent avec l'âge pour (lisser à la surface le plus beau poli (fig. 143, D).

]La face interne, plus plane que la précédente, u'éscnte sur son milieu une légère éminence colique, dont la base s'élargit et se termine vers 'extrémité libre de la denl, et qui se trouve cir- :onscrite vers chaque bord par un sillon assez arononcé (ûg. 143, e).

Des deux bords latéraux, l'interne, légèrement :onvexe suivant sa longueur, l'externe légèrement :oncave dans le même sens, donnent à tonte la

)artie libre une apparence déjetée en dehors. Le bord antérieur, tranchant et légèrement convexe d'un côté à l'autre, est la première partie de la dent qui se détruise oar l'usure.

Quant à la racine, elle est arrondie, légèrement conique, implanté dans un alvéole de même forme, et présente dans la jeunesse, à son extrémité, une ouverture communiquant avec une cavité intérieure analogue à celle des dents des Solipèdes, et.se proongeantdans l'intérieur de la partie libre (fig. 143, h).

Dans la dent vierge, l'émail forme autour de la partie libre une couche continue, )eaucoup plus mince à la surface interne de la dent, et se propageant avec très-peu d'épaisseur, il est vrai, sur une partie de la racine.

L'ivoire forme tout le reste de l'organe, et la cavité, qui dès l'origine occupe dans la dent un large espace de même forme qu'elle, se remplit à mesure que l'animal vieillit, d'un ivoire de nouvelle formation, qui présente, comme dans le cheval, une teinte plus aune que l'ivoire primitif.

Une fois que la cavité est complètement remplie, la dent a cessé de croître, et n'est pas poussée, comme dans les solipèdes, au dehors de l'alvéole à proportion de son usure.

La dent incisive est à peine arrivée à son parfait développement que déjà pour elle commence l'usure. Sa position horizontale et son appui sur le bourrelet de la mâchoire supérieure exposent au frottement le bord anlérieur et la face supérieure de la dent, qui s'use ainsi d'avant en arrière. — Le rasement consiste donc, pour le bœuf, dans l'usure de celte face supérieure, qui forme la vraie table de la dent, et que Girard désigne sous le nom iVavalf. Lorsciue l'usure a fait disparaître l'éminencc conique et les .sillons qui la bordent, la dent est nivclw.

A mesure qu'a lieu le rasement, on voit apparaître, dès le principe, à l'extrémité de la dent, une bande jaunâtre, qui est l'ivoire dépouillé de l'émail; et, plus tard, dans cet ivoire, une bande transversale plus jaune; celle-ci, à mesure que le rase-

1 A, punie libre; 11, raninp ; C, rnllet; P; fncc cxlciw ; K, fnne interaR ; F, liord nnlériciir ; fi, bord interne.

i.iITTintéB nu Tmiir ,1.- ly, t/rlr<tr ,ti, , lic<;il ilo M. I.woi), ili.' rai'nu' (pie les fism'i's 13S, 139.)

380 Uli L'APPAREir, DIGESTIF CHEZ LES MAMMIFÈRES.

ment avance, se raccourcit, s'élargit, et finit par former une marque à peu prè' carrée, puis arrondie, qui n'est autre chose que l'ivoire de nouvelle formation reimi plissant la cavité de la pulpe de la dent. C'est une véritable étoile dentairé, analogue i celle de la dent du cheval, et variant de forme avec l'incisive sur laquelle elle appuraîti / A mesure aussi que les incisives s'usent, elles semblent s'écarter les unes des autres-

quoiqu'elles restent toujours à la même place. Cela lient à ce que ces dents, dans i jeunesse, se louchent seulement parleur extrémité, et que cette partie, une fois uséei les dents moins larges doivent nécessairement se trouver écartées les unes des autresi et l'être d'autant plus qu'elles ont usé davantage.

Enfin, lorsque la dent est arrivée au dernier degré d'usure, il iie reste plus que 1; racine, dont la partie supérieure, devenue apparente par le reirait de la gencive, formo un chicot jaunâtre, très-éloigné de ceux qui forment avec lui les restes de i'arcadd incisive.

Les premières incisives du bœuf, connue celles du cheval, sont toutes caduques^ Les dents de lait diffèrent de celles de remplacement par leur volume beaucoup inoindre, leur moins de largeur, la transparence de leur émail et leur forme plu.i couchée en dehors. Leur racine, beaucoup plus courte, est détruite par la dent dd remplacement. Les deux pinces de lait sont toujours séparées par un intervalle mart qué, dépendant de l'épaisseur du fibro-cartilage de la symphyse maxillaire dans Id jeune âge.

molaires. — « Les molaires sont, comme chez les solipèdes, au nombre de six i chaque côlé de chaque mâchoire, mais beaucoup moins larges, et forment une arcadd moins longue. Leur volume réciproque est loin d'être aussi uniforme que chez Id cheval; il va en augmentant de la première à la sixième, dans une proportion telle que l'espace occupé par les trois avant-molaires n'est qu'environ la moitié de celui occupé par les trois molaires postérieures, la dernière molaire occupant près de quatn fois autant de place en longueur que In première.

» Leur surface de frottement, construite d'après le même système que celle des mo-i laires du cheval, présente des éminences un peu plus aiguës. •)

La disposition des trois substances constituantes est la même en principe que chez ce dernier animal.

« Comme dans les solipèdes, les trois avant-molaires sont caduques. »

« Les dents du mouton et de la Chèvre sont, comme celles du bœuf, au nombre de trente-deux, distinguées en huit incisives et vingt-quatre molaires, auxquelles s'ajoutent aussi quelquefois les molaires supplémentaires.

') Les incisives des petits ruminants ne sont pas disposées en clavier comme celles dc^ l'espèce bovine, mais relevées de manière à former la pince, et à s'appuyer sur le bourrelet de la mâchoire supérieure, beaucoup plus par leur extrémité et moins pai leur face interne. Elles sont, en outre, étroites, à peine colletées, et fixées plus solide-ment dans les alvéoles (fig. llik).

0 Leur face externe, blanche, polie, est encadrée vers la gencive par une matière cémenteuse noire.

» La face interne porte deux larges sillons longitudinaux, séparés vers le milieu de la table par une simple arête, qui remplace l'éminencc conique de l'incisive du bœuL Ces sillons sont presque toujours enduits d'une substance cémenteuse noire.

» Les incisives du mouton sont, comme celles du bœuf, distinguées en caduques et en remplaçantes, les premières distinguées des autres par leur petitesse et surtout pan leur peu de largeur.

I)K L/V nOUCHE. 381

I « L'usure des incisives du moulo» doit, d'après leur position, s'elîecluer plus vers le lord antérieur que chez le bœuf; aussi l'étoile dentaire se nionlrc-t-elle plus pioinpniient, et toujours en formant une ligne plus étroite d'avant en arrière.

> L'absence du collet, dans ces dents, fait que l'usure n'aniiine jamais à la mâchoire f lu n)outon l'écartement des incisives que l'on remarcpie à

i lle du bœuf.

j » Les molaires ont la plus grande ressemblance avec celles (lu bœuf, pour la forme générale et les proportions rela-

IIVCS.

') Les dents du «romadairo adultc sont au nombre de

trente-quatre : six incisives à la mâchoire inférieure, dix „

, . . , , „ , . T . 1 ' l'"'- l^'i-— Incisives d'un

mouures et six dents ayant la forme des canines, dont deux mouton de deux ans (*)

■ sont fixées dans l'os intermaxillaire.

> Dans le jeune sujet, les dents incisives, dont le bord libre est tranchant comme chez les autres ruminants, sont fortement inclinées sur le bord du maxillaire; elles se

I redressent au furet à mesure que l'animal avance en âge, de façon à présenter la I disposition des incisives du cheval.

» Les canines de la mâchoire inférieure sont fortes et bien pointues; parmi celles de la mâchoire supérieure, les moyennes présentent seules un grand développement; quelques auteurs les considèrent comme des avant-molaires.

» Quant aux dents molaires proprement dites, elles possèdent la dispositioji générale et l'organisation des dents du bœuf. Elles sont recouvertes d'un cément noirâtre (voy. fig. 28).

» Porc. — 1^ Lèvres. — Chez cet animal, les lèvres sont largement fendues. L'inférieure est pointue et peu développée. La supérieure se confond avec le groin, dont il sera parlé à propos des naseaux.

» 2" Joues. — Elles sont peu étendues, minces et à muqueuse lisse. ,

» 3° Palais. — Étroit et allongé, il est disposé comme chez les Solipèdes. On voit en avant l'orifice de l'organe de Jacobson.

" W Langue. — 5" Voile du palais. — Ces deux organes offrent la disposition indiquée chez les petits ruminants, avec celte différence pourtant que les papilles filiformes de la langue .sont peut-être moins développées que chez eux.

» 6" Uenls. — Les dents du Porc, au nombre de quarante-quatre, se divisent en douze incisives, quatre canines et vingt-huit molaires (fig. iU5).

» Les incisives, au nombre de six à chaque mâchoire, présentent entre elles des différences très-remarquables. Les pinces et les mitoyennes de la mâchoire supérieure offrent, par leur forme et la cavité qu'elles portent à leur table, quelque analogie avec celles du cheval. Ces mêmes dents, à la mâchoire inférieure, sont droites, dirigées en avant, et ont quelque ressemblance avec les incisives des rongeurs. Les coins, aux deux mâchoires, se trouvent isolés entre les mitoyennes et les crochets, et sont bien moins volumineux que les autres incisives.

>' Les crochets, encore appelés défenses, sont Irès-développés, surtout dans le mâle, et croissent pendant toute la vie de l'animal ; ils sortent de la bouche et forment une arme très-dangereuse chez le sanglier. Les crochets de lait sont caducs comme les incisives.

» Quant aux molaires, réparties an nombre de sept à chaque arcade, elles augmentent de volume de la première à la dernière, qui est très-forte. Leur surface de

(■) Los «econdes mitoyennes et le» iioiiis n ont point um oiu <iià icmpliicés.

382 bE L'APPAREIL DIGESTIF CIIE3Î LES MAMMIFERES.

frottement tient le milieu, pour sa disposition, entre celle des carnassiers et des her bivores.

TiG. lib. — Ensemble de la clciilitioii Ju porc (*).

» Carnassiers. — 1" Lèvres. — Les Carnassiers, comme le porc, ne se sejmjnf point de leurs lèvres comme organes de préhension. Elles sont cependant minoos et mobiles.

» Chez le Chien, la lèvre supérieure présente un sillon sur la ligne médiane; ellè retombe par côté sur l'inférieure et la l'ecouvre plus ou moins, suivant les races. Celle-ci est toujours festonnée à son bord libre, près des deux commissures qui remontent trèshaut. Dans le cï»a«, les tentacules pileux se rassendjlent sur la lèvre supérieure en deux longs pinceaux latéraux qui constituent les moustaches. Ces tentacules sont trèsgros et très-mobiles.

» 2° Joues. — 3» Palais. — Les joues ressemblent à celles du porc ; le palais, à celiïi des petits ruminants. La muqueuse de ces régions est souvent marquée par des taches noires; au niveau de celles-ci, du pigment s'est déposé dans les couches profondes de l'épithélium.

» h° Langue. — Elle est mince et très-mobile. Los papilles de la face supérieure varient un peu chez le chat et le chien. Chez le chat, les papilles filiformes des deux tiers antérieurs de la langue sont revêtues d'un étui corné très-fort dont le sommet est dirigé en arrière. Chez le chien, ces papilles sont moins développées ; on y voit surtout des papilles filiformes composées à divisions très-ilexiblos. On trouve encore assez régulièrement disposés au milieu des papilles liliformes, des grains épilhéliaux blancs et brillants; ils répondent à de petites pai)illes fuugil'ormes.

(') 1, JentB sunérieureb vues puv lu fucc de linltemerit ; a, dciitb de lu iiiùchoile iiileri 3, vue latérale des deiix mâchoires (d'après Fréd. Cuvier).

ieurevue6 de la même iiiaiiiere:

m LA BOUCHE. 383

1 A hibase do la langue des Carnassiers, on dedans des piliers antérieurs du voile du .liais, existent deux corps allongés, à extrémités arrondies, à surface bosselée et glis^ aille; ce sont de véritables amygdales, c'est-à-dire des organes formés par une agglo- H i ation de follicules clos.

H 5° Voile du palais. — Dans le chien et le Chat, le voile du palais est très-court; ilinie du gosier constitue un lice largement ouvert; aussi s animaux respirent-ils aiséiit par la bouche et rendent-ils ,11 cette ouverture les substanchassées de l'estomac pensai n le vomissement. A son bord ibre, le voile présente un petit Drolongement qui rappelle la luette.

6" Dents. — Les dents du Chieu sont au nombre de quarante-deux, qui se divisent en tlouze incisives, quatre canines ou crochets et vingt-six molaires.

.) Les incisives, au nombre de Fig. UG. — Vue latérale et générale des dents du chien. |.six à chaque mâchoire, sont plus

développées à la supérieure qu'à l'inférieure, et se distinguent, comme dans les Solipèdes, en pinces, mitoyennes et coins, ces derniers étant plus forts que les mitoyennes, et celles-ci plus fortes que les pinces.

» Leur partie libre présente, dans la dent vierge^ trois tubercules, l'un médian, le plus fort, et les deux autres latéraux, dont l'ensemble imite assez bien uiï trèfle ou la partie supérieure d'une fleur de lis, surtout à la mâchoire supérieure. A la face interne se trouve une table ou avale, ayant quelque analogie avec celle du bceuf et du mouton, et séparée de la racine par un bord très-prononcé, dont les extrémités viennent marquer les lobes latéraux. Cette table ne sert en rien à la cojmaissance de l'âge.

l'iG. 147. — Vue antérieure des incisives et des crochets d'un chien d'un an.

l''i(;. l /i8. — Vue latérale et générale des dénis du chat.

» La racine, très-développéo, aplatie d'un côté à l'autre, et séparée de la partie libre par un collet très-prononcé, s'enchâsse solidement dans des alvéoles profonds. Sa ca vité intérieure s'oblitère très-prompten»ent.

' Lorsque la dent est soumise à l'usure, le lobe moyen disparaît le premier, et l'organe, ne présentant plus le Irèlle, a elï'ectué son rasemont (lig. l/i7).

UE L APl'AlŒIL DIGESTIF CHEZ LES MAMMIFERES.

» Les incisives caduques, bien plus petites, et surtout bien plus pointues que les remi plaçantes, présentent cependant comme elles des lobes latéraux. Elles laissent enin elles un assez grand écartcmcni au moment de leur éruption.

» Les crochets ou dents canines^ au nombre de deux à chaque mâchoire, sont d très-fortes dents allongées, de forme conique, recourbées en arrière et en dehors, t placées immédiatement à la suite des incisives.

» Les crochets supérieurs, plus gros, laissent cependant entre eux et les coins un peti espace où se logent les canines inférieures.

» Ces dents sont caduques comme les incisives. Les canines de lait se distinguent de remplaçantes par leur forme plus grêle et plus allongée.

» Les crochets s'usent plus ou moins vite, suivant le genre de nourriture de l'animal et quelquefois se cassent par suite de l'usage qu'en fait le chien pour attaquer ou s défendre. ,

•) Les molaires sont réparties aux deux mâchoires, au jiombre de douze à la supérieur et de quatorze à l'inférieure. Elles sont presque toutes terminées par des lobes asse

aigus, propres à déchirer une nour riture animale. La plus forte est, chaque mâchoire, la première ar rière- molaire, c'est-à-dire la qua4 Irièraedent à la mâchoire supérieure cl la cinquième à l'inférieure. Toute; celles qui se trouvent placées plus en avant sont sujettes au rcmpla cernent. »

Après leur sortie parfaite des al véoles, les dents du chien ne pousseni plus. Elles sont remarquables par leur éclataute blancheur, qu'elles doivent à l'absence de cément sur la couche émailleuse.

Le Chat présente trente dents douze incisives, quatre crochets et quatorze molaires, dont huit à la mâ choire supérieure et six à l'inférieure Toutes ces dents sont construites sur le même type que celles du chien On peut remarquer cependant que les crochets sont profondément striés sur leur face externe au lieu d'être lisses

Lapin. — Nous signalerons passant que l'on trouve chez le lapin deux incisives à la mâchoire inférieure; quatre à la supérieure, dont deux petites placées en arrière des deux principales; dix molaires à la mâchoire inférieure et douze à la supérieure, conformées en principe comme celles du cheval.

FiG. 149. — Ensemble de la dentition du lapin, les dents vues par leur face de frottement (*),

(') inùelioire siipériulirc ; uiâchoiri! iiiféiieure (d'api-Ès l'réd. Cuvior).

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