COMPARAISON DES GLANDES SALIVAIRES DE L'OOMME AVEC CELLES DES ANIMAUX
Comme dans les animaux, la parotide est, chez l'homme, la plus volumineuse des ii,Iandes salivaires. Son tissu est gris rougeâtre, lobulé, et à lobules fortement adhérents les uns aux autres. Sa forme est irrégulière; la glande est moulée sur l'excavalion parotidienne située en arrière de l'angle de la mâchoire. Le canal de Sténon |)iisse en travers du masséter, présente sur son trajet quelques lobules salivaires formant ce qu'on appelle h parotide accessoire, et vient s'ouvrir en face de la troisième molaire supérieure (fig. 154).
La glande sous-maxillaire pèse environ 6 grammes. Elle est située, en partie, sous l'aponévrose cervicale et le peaucier, en partie à la face profonde du maxillaire, entre le mylo-hyoïdien et le basio-glosse. Les lobules qui la constituent sont plus lâchement unis que dans la parotide. Le canal de Wharton s'ouvre sur les côtés du frein de la langue, par un petit orifice percé au sommet d'un tubercule arrondi.
Chez l'homme, la glande sublinguale offre une disposition analogue à celle que nous avons décrite chez le Bœuf et le Porc. Il y a deux sublinguales : l'une antérieure, de la grosseur d'une amande, et munie d'un canal excréteur unique {canal de Bartkoliv) qui vient se terminer près du canal de AVharlon; l'autre postérieure, formée de plusieurs lobules isolés, avec des canaux excréteurs multiples [canaux de Rfbinus).
Dans la bouche de l'homme, on trouve aussi des glandules labiales, slaphylines et linguales. On voit, en outre, près du frein de la langue, une petite glande conglomérée, glande de Nuhn, qui possède un conduit particulier.
1^ DU PHARYNX OU ARRIÈRE-BOUCHE (fig. 155, 156).
Préparation. — 1" Étudier la disposition générale et la situation de ce vestibule sur la coupe anléro-postérieure et verticale de la tète (fig. 155). — 2" Pour examiner convenablement son intérieur, on séparera la tôle du tronc, en laissant une certaine longueur de la Ifachée et de l'œsophage ; puis, au moyen d'un trait de scie transversal, on abattra toute la portion de la boîte crânienne qui dépasse en arrière les articulations lemporo-maxillaircs ; on pourra môme faire passer la scie par le milieu de ces articulations ; la paroi postérieure du pharynx est alors rendue accessible à l'observation, et l'on peut la disséquer pour étudier les muscles (lïg. 15G) ou bien la fendre sur la ligne médiane pour arriver dans l'intérieur de la cavité. — S*" Les muscles seront préparés avec ceux de la langue, et d'après le même procédé.
Situation. — Le pharynx est un vestibule membraneux commun aux voies digestives et aux voies aériennes; situé en arrière du voile du palais, qui le sépare de la bouche; fixé, en haut, sur ta base du crâne, en bas sur l'appareil laryngien.
Forme et disposition intérieure. — Kn raison de la conformation du voile du palais, qui, chez nos animaux domestiques, les Solipèdes surtout, se prolonge jusqu'à
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la base de IVipigloUo, le pharynx forme une cavilé cylindrique, allongée dans lo sons s ahtéro-post(''rieur, fermée sur les côlés el on arrière par dos muscles larges et minces <| que nous (Mudierons plus loin, avec le voile du palais pom- paroi anU-ricure. Aux deux i, cxlrémités de relie cavilc se irouvenl percées des ouvertures (pu font con)uuiniquer l'arrière-bouche avec d'autres condiiils ou cavités, et dont nous éludierons immédiate- -1 ment la disposition.
A l'extrémité supérieure du grand axe de la cavilô pharyngienne, on remarque : ;i Ven avant, les deux ouvertures postérieures des cavités nasales; 2" en arrière et directement en regard des précédentes, les deux orilices pharyngiens des trompes d'Eustache, orifices fermés par une espèce de clapet cartilagineux (1).
A l'extrémité inférieure de ce même axe, on trouve : 1° D'abord, au centre, un vaste orifice béant qui fait proéminence dans l'inlérieur de la cavilc pharyngienne, îi la manière d'im robinet dans un tonneau : c'est Ventrée du larynx, dont la saillie forme, sur les parois du pharynx, deux gouttières latérales limitées supérieurement par les piliers postérieurs du voile palatin ; 2° en avant et au-dessous de celle-ci, Visdime du gosier ; ca arrière et au-dessus, V ouverture œsophagienne, pratiquée au fond d'un infundibulum, que l'on a voulu considérer comme une région spéciale du pharynx.
Ce qui fait en tout sept ouvertures, qui donnent à l'arrière-bouche l'apparence d'un véritable carrefour, dans lequel viennent aboutir différentes voies de communication. Il importe de remarquer que les voies aérienne et digcslive se croisent à l'intérieur de
l'iG. 155. — Coupe antéio-pustérieure de la lêle, monlranl dans leur cnscmblela bouche, l'arrière-bouche, le larynx et les cavités nasales (*).
ce carrefour, en sorte que, pendant la déglutition, le bol alimentaire passe au-devant de l'entrée du larynx pour gagner l'ouverture oesophagienne. Celle particularité est aisément saisie au moyen d'un simple coup d'œil jeté sur la figure 155.
(1) Celle région répond, chez l'homme, à l'arrière-fond des cavités nasales, diverliculum qui ne se distingue point du pharynx chez nos animaux domestiques. On verra, du reste, que nous désignons sous le nom d'arrière-fond des fosses nasales rexlrômito postérieure de ces cavités.
( ) 1 >nnsH.- g.mo-s osso ; 2, n.nsclo ?ù,uo-l,yni.ii.n ; 3, Pon|.f. du voilo ,1„ nnlais ; i. onvif. ,,l,arvnqi..n„o ; 5, ,t ,,lu,S.; 0 pocho gUlurak.; 7, o„vj.,.t„,,. plm,-y„gio„„a .le la tro.npe ,rK„Ma,.l,o 8, .a vil ■ .1,, la,- nx;' «J, e.ifùc' d.l v
.«.n mont e TÔl.rul .le la cav te cn.nicnnc ; 15 compartiment cénibellcnx ; 10, l««x du cc-vem. ou cloison infUin 17, cloison tninsvcrse eu U-,nte du cecvelel ; 18, Icv.r snpcricui-,. ; lèv.-è inlôneure
snvenconianc;
DU IMIAUYINX. 397
Riipports. — Envisagé à rexlérieur, pour réliido do ses connexions, le pharynx c'poiul, en arrière, aux poches gutturales et aux ganglions lympiiatiques gutturaux; mr côlé, à la grande branche de l'hyoïde ou os slyloïde, aux muscles ptérygoïdien iiiierne, stylo-iiyoïdien, aux nerfs glosso-pharyngien, grand hypoglosse et laryngé supérieur, et à l'artère glosso-laciale.
Sthucture. — Les parois du pharynx sont formées par une membrane muqueuse, tu dehors de laquelle se trouve appliquée une couche charnue.
[" Membrane muqueuse. — Celte membrane, doublée en dehors par une mince wiiiche de libres jaunes élastiques, esl beaucoup plus délicate et moins protégée par sdii épilhéliuin que la muqueuse buccale, à laquelle elle fait suite ; elle communique t L,';demenl avec celle de l'œsophage, du larynx, des fosses nasales et des trompes il'l.'ustache.
\j'é/jithéliam de la muqueuse pharyngienne est stratifié dans toute son étendue, mais il est plus mince et vibratile thm la partie supérieure, plus épais et pavimenteux dans la moitié inférieure qui appartient plus spécialement à l'appareil digestif.
Partout on trouve des glandes en grappe ; pouriant elles sont plus nombreuses près de la voûte du pharynx. Il existe aussi quelques follicules clos sous la muqueuse, au I voisinage de l'ouverture gutturale des cavités nasales et des trompes.
2° Couche charnue. — Cette couche se compose de sept paires de muscles, indiquées dans l'énuméralion suivante : le pharyngo-staphi/lin, \e ptéry go-pharyngien ow constricteur supérieur, \' hyo-pharyngien ou premier constricteur moyen, le thyrophuryngien ou deuxième constricteur moyen, le crico-pharyngien ou constricteur inférieur, Varyténo-pharyngien, le stylo-pharyngien.
Pliar}ngo-staph;^'iin. — Ce muscle, qui a élé décrit comme appartenant au voile du palais, se prolonge en arrière sur la paroi latérale du pharynx, oij il confond ses fibres avec celles du ptérygo-pharyngien, pour aller s'attacher au bord supérieur du cartilage thyroïde, en passant sous les muscles hyo-pharyngien et ihyro-pharyngien. C'est donc un muscle qui fait aussi partie du pharynx.
Plérygo-pharynsîenOU CONSTRICTEUR SUPÉRIIiUK. — (^C musclc eSt minCC, large,
aplati, triangulaire. Il prend soii origine sur l'apophyse ptérygoïde, d'où ses fibres se portent, en divergeant, les unes en arrière, les autres en dedans. Celles-là se confondent avec le pharyngo-staphylin, et se comportent connue ce muscle; celles-ci se réunissent sur la ligne médiane avec les fibres analogues du côté opposé, en formant une sorte de ceinture autour de l'origine des trompes d'Euslache. Ce nuiscle est doublé en dehors par une couche de tissu jaune élastique, qui s'attache avec lui à l'os ptérygoïde, se fixe e^isuite au bord supérieur de la grande branche hyoïdienne, et se prolonge même, à la surface externe du muscle qu'elle revêt, jus(iu'au cartilage thyroïde. L'élasticité de ce feuillet fibreux joue un certain rôle dans la locomotion de l'appareil hyolaryngien : c'est un antagoniste i)assif des nmscles abaisseurs de cet appareil.
Ce muscle n'est et ne peut être qu'un cou-stricteur du pharynx el même un consiricleur des plus parfaits, puisqu'il raccourcit tous les diamètres de l'organe : le diamètre longiliidinal, au moyen des fibres postérieures, qui tirent le cartilage thyroïde en avant; les diamètres transversaux, par la cravate jelée autour de l'orifice des trompes d'Euslache (fig. 131, 6 etfig. IfiG, 2).
Il^o-pliaryiiKirn OU PRI-MIER CONSTRICTEUR MOYEN ; thyro-pliaryiigicn OU DEUXIÈME CONSTRICTEUR MOYEN ; erieo-i»lK«r.T"Klci» OU CONSTUICTEUR INFÉRIEUR.
— Les deux premiers de ces nuiscles n'en forment (pi'(m chez l'honuue, le ronslricteur moyen du pharynx, l'ous les trois représentent des bandelettes charnues qui se 1er-
DE l'appareil digestif CHEZ LES MAMMIFÈRES.
minent au-dessus du pliai-ynx, sur un repli libreux médian, assez large quelquefoiJ pour figurer une véritable aponévrose. Elles procèdent, la première, de la corne d(j l'hyoïde ; la seconde, de la surface extérieure du cartilage thyroïde ; la troisième, dd la face superficielle du cartilage cricoïdc.
FiG. 150, — Pliaryiix vu par sa face postérieure (*).
Leur action n'est point douteuse; tout le monde les regarde comme des constricteurs (lig. 155, 7, 8, 9 et fig. 156, 3, U, 5).
On rencontre quelquefois deux faisceaux dans le muscle crico-pharyngien. Le faisceau supplémentaire, assez grcle, provient du bord postérieur du chaton du cricoide cli monte parallèlement à l'œsophage se terminer avec le faisceau principal.
Arytcno-piiaryngicn. — On a décrit SOUS ce uom uu petit faisccau, extrêmement: grêle chez les Solipèdcs, qui se porte du bord postérieur du cartilage arylénoïde à l'origine de l'œsophage. Pour découvrir ce muscle, que nous ne regardons pas comme constant, il faut renverser l'œsophage d'arrière en avant sur la face supérieure du pharynx.
§tyio-i>liuryng'ien. — Étroite bandelette qui descend de la face interne de l'os slyloïde sur le côté du pharynx, où elle confond ses fibres avec celles du piérygo-pharyngien. Ce muscle élève le pharynx en se contractant. On le regarde aussi comme uu dilatateur. Mais la disposition des parois pharyngiennes et son faible volume ne lui permettent guère de remplir un rôle bien efficace dans l'agrandissement de l'arrièrebouche ; à peine pourrait-il produire un très-léger infundibulum au niveau de son insertion. Le véritable agent dilatateur de la cavité pharyngienne, c'est la poussée du bol ahmentairc, poussée due à l'action de la langue (fig. 131, 5).
Il n'est pas rare de rencontrer un second muscle stylo-pharyngien, aboutissant au même point que le premier, mais procédant de l'extrémité inférieure de la grande branche hyoïdienne ou os styloïdc, au lieu de partir de la partie supérieure. Certains anatomistcs l'appellent kéraio-pharyngicn iuféi ieur et le considèrent connue un constricteur du pharynx. Ce muscle n'existe quelquefois que d'un seul côté.