‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 106 sur 262 · DU PHARYNX · texte numérisé non relu

DU PHARYNX

;i» VnisscaK.c et nerfs. — Le sang amené dans le pliarynx vient des artères pha- ■t/nf/ioine-ett/ti/roïdiemie; les norfs sont fournis par le (jlosso-pkarijngicn, le pneu- ,,,,i(/axtriqiie vl le rjrand si/iii/)at/nqiie.

Fonctions. — Le pharynx joue un rôle passif dans la respiration, en servant de iiiial intermédiaire entre les cavités nasales elle larynx.

Mais la fonction principale de cet organe se rapporte aux phénomènes digestifs; L ist en clfet l'agent actif du premier temps de la déglutition, mouvement complexe I lapide qui s'exécute de la manière suivante : Le bol alimentaire, poussé par la

iL^ue dans l'arrière-bouclie, est saisi par les muscles constricteurs, qui entrent tour 1 loiir en action d'avant on arrière, d'une manière péristaltique et involontaire, pour iinfiicr ce bol à l'entrée de l'œsophage. Les aliments passent donc pendant la déglutilioii phiiryngienne au-devant de l'ouverture du larynx; mais ils ne peuvent s'y enga- V 1 : c'csl qu'ils forcent l'épiglottc à se renverser sur cette ouverture pour la boucher a peu près exactement; c'est qu'ils s'opposent à l'aspiration pulmonaire, qui pourrait les détournçr de leur route naturelle pour leur faire prendre la voie aérienne, l'applii iiion des parois du pharynx sur le bol alimentaire, pendant le très-court moment du |iassagede ce bol au-devant du larynx, interceptant toute comnmnication entre l'air I xiérieur et le poumon, et ne permettant l'élévation des côtes qu'avec la plus grande (liilicuUé; c'est enOn, et surtout, à cause de l'extrême rapidité du mouvement de dé- ^lulilion.

, Quant à la déglutition des liquides, elle s'opère d'après un mécanisme analogue.

Une remarque assez curieuse, c'est que, chez les Solipèdes, les aliments ne se imeitcnt point en contact direct avec la plus grande partie de la paroi supérieure du ;pharynx pendant leur passage à travers cette cavité. Quand ces aliments sont poussés par la langue, ils soulèvent le voile du palais, et entraînent son bord postérieur jusiqu'auprès de l'entrée de l'œsophage. L'extrême développement de la cloison staphyline s'oppose donc à ce que la paroi pharyngienne s'applique immédiatement sur les lalimenls; c'est par l'intermédiaire de celte cloison que les constricteurs exercent leur laclion péristaltique sur le bol alimentaire, jusqu'à l'iufundibulum œsophagien.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DU l'IlAUYNX DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.

Le pharynx des ruminants est spacieux et très-allongé. Les trois muscles hijo, tbjro et crico-pliaryngiens, c'est-à-dire premier et deuxième constricteurs moyens et constricteur inférieur sont moins distincts les uns des autres que chez le cheval; le constricteur inférieur est très-petit; le raplié fibreux sur lequel les constricteurs se I réunissent est peu développé. Dans le pharynx du mouton, on constate la présence I d'un repli muqueux qui descend jusqu'au milieu de la paroi postérieure ; il semble I continuer en ai rière et en bas la cloison médiane du nez.

Chez le Dromadaire, cet orgaiic cst remarquable par les grandes dimensions de i son diamètre longitudinal et son étroilesse relative. Il est divisé en deux compartiitncnis par un repli muqueux iransversal qui se détache de la paroi postérieure. Le bord libre de ce repli est concave, ses extrémités suivent les faces latérales et gagnent le voile du palais. Le comparliinont supérieur, ainsi formé, olîre, on haut, les ouvertures gutturales des cavités nasales, ouvertures étroites et allongées verticalement et rorificedes trompes d'Euslache ; au fond du compartiment inférieur, on trouve l'iiifuiidibulum (esophagien et l'entrée du larynx. La muqueuse pharyngienne de cet animal est colorée en noir.

/lOO DE L'APPAUEIL DIGESTJK chez les MAMMIFÈUES.

Dans le Chien, l'infundibulum est très-spacieux. La muqueuse pharyngienne, beaucoup plus line que celle de l'œsophage, se distingue de celle-ci par une ligne de démar- j caiiou nette et tranchée. Le muscle crico-pharyngien est peu distinct du ihyro-pha- 1 ryngien; aussi, pourrait-on, à la rigueur, ne distinguer que trois constricteurs. j

COMPARAISON DU PHARTOX DE L'HOMME AVEC CELUI DES ANIMAUX [Cl^. 150).

A cause du peu de développement du voile du palais, le pharynx de l'houjiuc ne i représente plus qu'une sorte de gouttière qui relie les cavités nasales et la bouche au larynx et à l'œsophage. On le divise habituellement en trois portions : une supérieure ou arrière-cavité des fosses nasales, tapissée par un épilhélium vibraiile; une moyenne ou gutturale, et une inférieure ou œsophagienne revêtues toutes deux d'un épilhélium i pavimenteux.

Les muscles sont à peu près les mêmes que chez le chien, à savoir : une portion du i pharyngo-staphylin, des constricteurs supérieur, moyen et inférieur, et un muscle stylopharyngien.

Eu bas des parois latérales du pharynx, entre les piliers du voile palatin, existent les • amygdales, organes ayant la forme d'une amande, avec une surface creusée de dépressions répondant à des follicules clos qui constituent avec des vaisseaux et un peu de tissu conjonctif toute leur substance.

DE l'œsophage (flg. 157).

Préparation. — Placer le sujet en seconde ou en troisième position, enlever le peaucier cervical du côté gauche ; abattre le membre antérieur correspondant, et procéder à l'excision des côtes • de ce même côté, en respectant la première; disséquer ensuite les vaisseaux et les nerls qui avoi- • sinent le conduit œsophagien, en ayant soin de conserver leurs rapports.

Forme. — L'œsophage est un long canal membraneux, cylindrique, étroit, facilement dilatable dans la plus grande partie de son étendue, chargé de conduire les aliments de l'arrière-bouche dans l'estomac, et d'achever ainsi le mouvement de déglutition.

Trajet. — Ce canal part du pharynx et communique avec lui au moyen de l'ouverture postérieure située au-dessus de la glotte. Il descend ensuite derrière la trachée jusqu'au milieu du cou, et commence alors à se dévier pour se placer au côté gauche du conduit aérien. Il pénètre ainsi dans la cavité thoracique, en passant au côté interne de la première côte gauche, se replace bientôt au-dessus de la trachée, franchit la base du cœur, et gagne l'ouverture du pilier droit du diaphragme, en passant entre les • deux lames du médinstin postérieui-. On le voit alors traverser cette ouverture, pénétrer dans la cavité abdominale, et s'insérer presque immédiatement sur la petite courbure cle l'estomac, par un orifice appelé cardia, qui sera étudié en même temps que ce dernier viscère.

Rapports. — Voici les nombreuses connexions qu'affecte l'œsophage dans son long

A son origine, il est compris entre la poche gutturale et les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs.

Dans la région cervicale, il est enveloppé d'une couche épaisse de tissu conjonctif, qui 1 unit d une manière ladie aux organes environnants. Les rapports que l'œsophage

im L'oEsopiu<;i!;. /(Ol

iilrclieiit avec ces organes varient suivaiU qu'on le considère en liaiil ou en bas. Fn ' ■ irmt, il occupe dans le plan médian l'espace coni|)ris entre la trachée cl le long du rou, et est logé de chaque côté par l'artère carotide primitive, accompagnée de ses lorfs satellites, c'est-à-dire le cordon commun au grand sympathique et an pneumogastrique, et le laryngé inférieur, h'n /m, le canal œsophagien se trouve en rapport

FiG. 157. — Cavité pectorale et médiastiiij avec le trajet de la trachée et de l'œsophage.

avec la trachée, du côté interne, et, du côté externe, avec le muscle scalène inférieur, Tes vaisseaux et lés .nerfs de la gouttière cervicale gauche, y compris la veine jugulaire (1).

A sonontrée dam la cavité thnraciqnc, l'œsophage, encore dévié à gauche et appliqué sur le côté de la trachée, répond en dehors au ganglion cervical inférieur, aux branches nerveuses afférentes et émergentes de ce ganglion, aux artères et aux veines vertébrales, cervicales supérieures et dorso-musculaires, vaisseaux qui croisent obliquement sa direction. Plm loin, il se replace entre la trachée et le long du cou, passe au-dc.^sus de la bronche gauche, à droite de l'aorte thoracique. Puis, arrivé entre les lames du médiafttin postérieur, il se met en rapport, par leur intermédiaire, avec la face interne des poumons, qui .sont creusés l'un et l'autre d'une gouttière pour le recevoir, accompagné alors par l'artère œsophagienne et les cordons œsophagiens du nerf |)netiniogastri(|ue.

La Irh-courlc liorliuii logée dans la cavité abdominale répond, à droite, à une échancrure du bord supérieur du foie, et se trouve enveloppée par le péritoine.

Jnthimr. — l"'ludié à l'intérieur, le canal dont on vient de faire connaître successivement le trajet et les rapports ne présente rien d'intéressant. On remarquera seule-

1^ (1) Il n'est pas ahsoliimcfil laio de voir j'ojsdpliago dévié a droite, en bas du cou, (lu conçoit alors (|Me tes rapports s'intervertissent. Jamais nous n'avons vu ce conduit entrer dans la poitripc ' li lestanl dans le ptaii. médian du corps.

CUAOVBAU. — 2<! cdil, '90

/l02 Dli I-'APPAKEIL DlGliSTlF i'MlL'l IMS MAMMIFKUES.

nicnl (|ue ses parois sont toujours abaissées et en contact avec elles-mêmes, hormis le temps (lu passage des aliments.

Strugtuue. — Il entre dans la constitution de l'œsophage deux tuniques : une muqueuse et une couche charnue.

La membrane muqueuse, continue avec celles du pharynx et de l'estomac, est hlanciiàtre, et présente de nombreux plis longitudinaux qui permettent la dilatation du i canal. Elle n'adhère que faiblement à la tunique charnue, sur laquelle elle peut glisser avec la plus grande facilité. Elle possède un épithélium stratifié pavimenlcux épais et résistant, une couche musculaire et quelques glandules en grappes.

La membrane charnue commence à la partie postérieure du pharynx par les muscles aryténo-pharyngiens et par deux petites bandelettes superficielles qui se détachent de la partie postérieure drs crico-pharyngiens. Celte membrane est formée de fibres longitudinales superficielles, souvent rassemblées en cordons, et de fibres spiroïdes ou circulaires plus profondes; qui s'entrecroisent vers l'extrémité terminale du canal d'une manière à peu près inextricable. Celte couche charnue, dans la portion cervicale de l'œsophage et une grande partie de la ])ortion thoracique, présente la couleur rouge des muscles de la vie animale ; elle devient blanchâtre comme les fibres de la vie organique, après que l'œsophage s'est engagé dans le médiastin, et acquiert alors une épaisseur considérable et une rigidité très-prononcée. 11 est à remarquer que celle disposition de la membrane charnue est surtout évidente vers l'insertion du conduit dans l'estomac, et que le tube musculeux formé à ce point par cette membrane est si étroit, qu'il est rempli, à peu près exactement, par les plis de la membrane muqueuse renfermée dans ce tube. Aussi peut-on insuffler un estomac par le pylore sans appliquer de ligature sur l'œsophage; la lumière de ce canal étant si bien bouchée qu'il ne laisse échapper aucune bulle d'air. Nous reviendrons, en décrivant l'intérieur de l'estomac, sur les conséquences de ce fait anatomique intéressant.

Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté à l'œsophage par des divisions émanées de la carotide primitive ainsi que des artères bronchiques et œsophagiennes. Les nerfs viennent presque exclusivement du pneumogahlriquc; les nerfs moteurs sont les cordons œsophagiens supéi ieurs, branches du pharyngien et du laryngé externe ; les filets sensitifs sont formés par les récurrents.

Fonctions. — Ce canal opère le transport des aliments de l'arrière-bouche dans l'estomac; il n'a point d'autre usage.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DE L'ŒSOPHAGE DANS LES ANIMAUX AUTUES QUE LES SOLU'ÉDES.

Chez tous les animaux domestiqiics autres que les Solipèdes, la cotfche charnue de l'œsophage est rouge dans toute son étendue, et offre partout le même degré d'épaisseur et la même fluidilé. Aussi la lumière du conduit est-elle aussi largement ouverte vers l'extrémité stomacale que vers l'extrémité pharyngienne, et même dans les UUAil- NANTS et les Carnassii;iîs, l'insertion de l'œsophage sur l'estomac se fait en forme d'entonnoir.

La dilatabilité de ce conduit est d'ailleurs fort remarquable chez ces mêmes animaux : dos chiens avalent des morceaux de viande énormes ; des vaches et des bœufsont pu introduire dans leur œsophage de très-grosses raves, ou des corps étrangers volumineux, comme des souliers.

Dli LA CAVITÉ A15D0M1NALK.

COMI'AUAISDN UE L'OESOI'HAGE DE I.'llOMME AVEC CELUI DES ANIMAUX.

I, œsophage de l'i)ommc ressemble à celui des Carnassiers; son diamètre eslà peu )rès uniforme. Il s'incline aussi à gauche, en bas du cou, se replace sur la ligne m6liarie, dans le thorax, et éprouve enfin une deuxième déviation à gauche, au moment le s'insérer sur l'estomac. Comme le thyroïde de l'homme est très-volumineux, il •épond à l'œsophage dans la partie supérieure du cou. On décrit deux petits faisceaux le renfoncement de la couche charnue de ce conduit; ce sont le nmsc/c bnmchn-disu- ')haf/ien qui se détache de la bronche gauche, et le muscle pleuro-œnophagien, ([ui se létache du feuillet gauche du médiastin [wstérieur.

Aiiï. II. — Organes essiîntiels de la digestjon.

Ces organes étant tous renfermés dans la cavité abdominale, nous étudierons d'a- >ord ce réceptacle commun, pour voir ensuite successivement l'estomac, ['intestin, et es organes annexes, c'est-à-dire le foie, le pancréas et la rate.

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