‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 107 sur 262 · DE LA CAVITÉ ABDOMINALE · texte numérisé non relu

DE LA CAVITÉ ABDOMINALE

L'intérieur du tronc est partagé parle diaphragme, chez les animaux mammifères, m deux grandes cavités qui logent la majeure partie des organes si vaguement appelés •iscères. L'antérieure, la plus petite, est la cavité pectorale ou tkoracique; la postélieure prend le nom d'abdomen ou de cavité abdominale. Celle-ci, la seule dont nous yons à nous occuper maintenant, est un vaste réservoir de forme ovoïde, allongé dans î sens antéro-postérieur, ayant pour paroi supérieure les muscles de la région sousjmbaire, fermé en bas et sur les côtés par les muscles de la région abdominale inféieure, borné en avant par le diaphragme, et prolongé en arrière entre les os et les igamenis membraneux du bassin.

On connaît déjà tous les éléments qui forment les parois de cette cavité; nous n'y eviendrons pas. Nous nous bornerons à l'envisager à l'intérieur pour déterminer les 'iverses régions qu'il est possible d'y reconnaître, détermination importante qui faci- 'le singulièrement l'étude topographique des viscères du ventre. Én elîet, dire qu'un Tgane est situé dans la cavité abdominale, c'est donner sur la place qu'il occupe un enseignement peu précis, à cause de la grande étendue de celte cavité; il importe onc de diviser l'abdomen en un certain nombre de régions périphériques, réponant aux dilTérents points de sa paroi, afin de pouvoir mieux préciser la situation des irgancs qui sont logés dans son intérieur, sans complifjuer le langage anatomique. Ou I reconnu six régions principales à la cavité abdominale :

A. La région supérieure ou sous-lombaire répond à la paroi supérieure de l'abomen, c'est-à-dire aux muscles psoas et au corps des vertèbres lombaires; elle s'étend epuis l'ouverture praticpiée entre les deux piliers du diaphragme jusqu'à l'entrée du assin.

! B. f,a région inférieure, limitée sur le côté par les hypochondres et les lianes, 1 tinmence, en avant, au niveau de l'appendice xiphoïdc, et se prolonge, on arrière, ■isqn'au pubis. l'iWv, conqircnd donc tonte r,(!tte partie de l'abdomen (pii répond à la gne blanche cl aux deux muscles droits. Sa grande étendue a nécessité sa subdivision

ni; l'APPAUEIL DIGliSTIF CHliZ LliS MAMMIFÈHES.

en cinq régions secondaires : — La rér/mi sm-slcrnale, nommée V dpujaslre chez l'homme, placée au-dessus de l'appendice xiplioïde du slernum ; — la région ombilicale, située en arrière de la précédente, ainsi appelée parce qu'elle avoisine la partie de paroi au centre de laquelle se trouve percé l'ombilic; — la région pré-pubienne, sus-pubienne dans l'homme, occupant l'espace qui précède le bord antérieur du.pubis : — les deux régions inguinales, diverlicules de la cavité abdominale enfoncés dans le^ trajets inguinaux, où ils forment les réservoirs spéciaux que nous décrirons plus tard sous le nom de gaines vaginales.

C. Les régions latérales ont pour limites : en avant, les attaches costales du diaphragme; en arrière, l'entrée de la cavité pelvienne; en haut, le bord sdpérieur du petit oblique; en bas, l'intervalle compris entre le bord inférieur de ce même miisck et le bord externe du grand droit. — On nomme liypochondre la sous-région qui cor respond au cercle cartilagineux des fausses côtes. — Le flanc est celle qu'on trouM en regard de la portion charnue du muscle petit oblique.

D. La région antérieure ou diapliragmatique comprend la cavité formée par la face postérieure du diaphragme. Elle se divise, comme ce muscle lui-même, en deux régions, l'tuie centrale, l'antre périphérique.

E. La région postérieure on pelvienne est un diverticulum spécial de l'abdomen, décrit sous le nom de cavité du bassin. Cette cavité est bornée, en haut, par le sacrum; en bas, parla face supérieure des pubis cl des ischions, et par le muscle obturateur interne; sur les côtés, par la portion rétrécie des iléons et les hgamenls sacre-sciatiques. L'entrée de ce diverticulum, située au-dessus du pubis, est de forme

ovalaire. L'arrière-fond, plus étroit, est traveisé par le rectum et les organes génito-urinaires, qui vont s'ouvrir a l'extérieur.

Du PÉRITOINE. — La cavité abdominale est tapissée à l'intérieur par une membrane séreuse, le péritoine, dont nous donnerons en quelques mots une idée générale, sans nous arrêter h des~ détails de description qui seraient inutiles ou déplacés.

Comme toutes les séreuses splanchniques, lei péritoine se compose d'un feuillet pariétal et d'uni feuillet viscéral, formant dans leur ensemble uni sac complet, dont la disposition est telle, que les organes contenus dans l'abdomen sont situés oni dehors de ce sac. La figure théorique 1.t8, représentant une coupe transversale de la cavité abdominale, fera comprendre d'un seul coup d'œil cette disposition. Soient A la coupe de l'intestin grêle libre flottant à l'intérieur de la cavité, B celle de l'artère aorte, an niveau de la grande méscntérique : la membrane péritonéale CG revêt les parois de l'abdomen, et dans les points DD se replie autour de la grande méscntérique, de manière à former deux lames FF, qui s'adossent par leur face adhérente, arrivent sur l'intestin, et s'écartent alors pour se développer autour de lui. On voit donc, sur cette figure, le feuillet pariétal CC,- du péritoine, GG le fcuiUet viscéral, I-T les deux lames (|ui établissent la continuité de ces deux feuillets; on reconnaît le sac complet formé par cet ensemble de feuillets et de lames ; cy, se figave infime aisément ce sac simplifié et agrandi par l'écartement et le développement des lames FF; et l'on fkvinc de prinu

FiG. 158. — Coupe théorique de la cavilé abdominale, destinée à montrer la disposition du péritoine.

I)b: l,A CAVITÉ ABDOMINALE. 405

ml coiumeiU l'iiilestin grêle peut (Hre, à la fois, dam VinU'vienr de la cavilé abdoniiiiale, et en dehors du sac formé par la membrane séreuse qui tapisse celle cavilé.

La disposition que nous venons de faire connaître est commune à tons les organes (pli lloltenl librement dans l'abdomen. Les replis séreux qui les suspendent, en unisiit leur iVnillet périlonéal à celui qui recouvre les parois de la cavité, seront étudiés us le nom de liyaments, mésentères, épiploons. Quelques organes, les reins, par xcniple, n'ont point de feuillet viscéral propre; alors ils sont compris enlre la paroi labdominale et la face externe dn péritoine pariétal, et ils manquent des replis dont nous parlons.

Nous allons étudier brièvement les replis, ligaments, mésentères ou épiploons que fournil le péritoine; nous partirons de la région ombilicale, et nous nous dirigerons successivement, de ce point, en avant et en arrière (fig. 159).

Le péritoine, en gagnant la région sus-sternale, forme un repli falciforme étendu de l'ombilic au lobe moyen du foie, et qui se prolonge même entre ce lobe et la face postérieure du diaphragme; au bord libre de ce repli existe un épaississement que l'on , regarde connue les vestiges de la veine ombilicale oblitérée. En se repliant, de la cloison diaphragmalique sur les organes avoisinants, le péritoine constitue : 1° les ligamenls du lobe droit et du lobe gauche du foie; 2° le ligament commun de cette glande qui entoure la veine cave postérieure; 3° le ligament cardiaque qui enveloppe comme un manchon la terminaison de l'œsophage. En arrière du foie, on trouve le ligament hépalo-gastinque, qui fixe l'estomac danls la scissure postérieure du foie; ce frein se prolonge à droite et en arrière, attache le duodénum à la face inférieure du rein droit, puis se dirige de droite à gauche, en se continuant qvec le péritoine pariétal de la région sous-lombaire et le mésentère proprement dit.

Les deux lames du ligament hépato-gastrique s'écartent au niveau de la petite courbure de l'estomac pour tapisser les faces de ce viscère,, se rejoindre au niveau de sa grande courbure, s'adosser et se plonger à l'intérieur de la cavité abdominale. Ce repli porte le nom de grand épiploon ou d'épiploon gastro-colique. Il part de la tubérosité gauche du ventricule qu'il suspend à la région sous-lombaire, et de toute l'étendue de la grande courbure ; à droite, il dépasse même le pylore pour se continuer sur la courbure concave du duodénum jusqu'à la hauteur du cœcum. Pa^ son bord postérieur, le grand épiploon se développe autour de la terminaison du gros côlon et de l'origine du côlon nottani, où il se confond avec le péritoine viscéral de ces organes et avec le péritoine pariétal. De celle disposition il résulte que l'épiploon gastro-colique forme, en arrière de l'estomac et en avant de la portion adhérente du gros côlon, une cavité qui communique avec la grande cavité péritonéale par une ouverture irès-élroite, dite hiatm de Winsloio. Cette ouverture est comprise, entre la veine porte, la veine cave postérieure, l'extrémité antérieure du pancréas et la petite courbure de l'estomac. A gauche de ce dernier viscère et sur la face externe du grand épiploon se trouve sus- .pcndue la raie; aussi appelle-t-on épnploon gastro-spléniquc celle portion du grand épiploon qui s'étend de la rate au ventricule.

Les deux feuillets dont se compose le grand épiploon sont très-minces dans la majeure partie de son étendue, et comprennent enlre eux des vaisseaux sanguins. Chez les animaux maigres, ces vaisseaux se voient admirablement par transparence, ce qui donne à l'épiploon l'aspect d'une dentelle ; mais, chez les animaux gras, ils sont cachés par l(! tissu adipeux qui se dépose sur leur trajet; ce tissu peut s'y accunudcr en quanti lé considérable.

'\ la région sous- lombaire, le péritoine pariétal présente plusieurs replis, qui sont:

Dii l'appareil digestif chez les mammifères.

le lif/amcn/ /n'patico-iyhiai, qui s'éleiid du Jobe droit du foie au bord aulérieur duj rein droit; le /.ùjamenl du lobule de Spigel, le mésentère proprement dit, le mésen- " (ère colique; puis enfin les lames énormément développées qui entourent le caecum, le côlon replié, et constituent ie méso-cwcum et le méso-côlon.

Le grand mésentère se détache du pourtour de l'artère grande mésentérique, et se projette à l'intérieur de la cavité abdominale pour aller gagner ['intestin grêle au niveaw de la petite courbure, et se développer autour de ce conduit.

FiG. 159. — Coupe schématique longitudinale et médiane de la cavité abdominale, montrant la disposition du péritoine (*).

Sa forme est celle d'un triangle irrégulier dont le sommet répond à l'artère mésentérique, dont le bord antérieur, très-court, se continue avec le frein duoclénal, le bord' postérieur, plus long, avec le méso-c<ecum, et dont la base, convexe et festonnée, est aussi longue que l'intestin lui-môme. Entre les deux lames qui entrent dans sa composition, courent les vaisseaux sanguins et lymphatiques ainsi que les nerfs de l'intestin: grêle.

Le mésentère colique se constitue d'après le même procédé que le grand mésentère. Son bord inférieur, plissé ou droit, se fixe sur la petite courbure du côlon (loltant et; sur l'origine du rectum; .son bord supérieur s'étend de l'artère grande mésentérique jusqu'à l'entrée de la cavité pelvienne.

Autour de la crosse du caecum, de l'origine et de la terminaison du gros côlon, le péritoine se replie pour tapisser ces organes ; une lame se porte du bord antérieur du i cœcum sur l'iléon et le côlon replié; elle s'appelle méso-cœcum ; une autre lame, comprise entre la deuxième et la troisième portion du côlon, dont la forme est celle d'une raquette, est désignée sous le nom de méso-côlou.

Si mamtenant nous reprenons le péritoine à la région ombilicale, pour le suivre eni arrière, nous le voyons s'enfoncer dans les trajets inguinaux, couvrir les organesenfermés dans le bassin, et se replier au fond de cette cavité pour se continuer soit avec le péritoine de la région sous- lombaire, soit avec celui des parois latérales de l'abdomen.

La séreuse tapisse le cul-de-sac antérieur de la vessie, et offre à ce niveau trois liga-

(•) i foie; 2, eslomnc- 3 inlcslin gTèle; 4, „nsim. d,i colon IloltanI ; T., mMu.., • C va-in .M niorus ■ 7, vessie; 9, aurte postei'ienre; 10 diuijlii'ai'me: H, veine cave oimtr.rù.n,.,. • -lo •;, ' >"'h , u, i ,.,111 1 1 o i u^ i, .,.,..;/.f,.l. D,. ii„ . ■ 1 1 ""-'"'e ( a\ e postei'nMii'c ; 12, oaioi alidonuna i' iri éi iiMiru. 'p, Pp. pi'nl.niiM

panelnl; Pv, I v, p,.nlnu„. vseerai ; I., lisa.nont hi.pnlo-<,mst,.i,p,e ; M, n'ésentè.v ; .ie, ^-rand épiploon.

IJE LA CAVITK ABDOiMiN ALIi. Z|07

iiienls. Le lii/atiienf moyen, falciforme, part de la grosse extrémité de la vessie, s'att.iclie sur le bord antérieur du pubis, et se perd insensiblement sur la paroi abdominale inférieure; on croit voir à son bord libre un petit cordon fibreux que l'on regarde . Dinîueles restes de l ouraque. Les deux ligamentx latéraux, plus développés, s'élen- ' lit lie l'entrée du bassin au cul-de-sac vésical; ils porleiit manifestement à leur bord Di e les artères ombiHcales oblitérées, ' Chez le mâle, le péritoine se prolonge de la face supérieure de la vessie, sur les renilt inenls des canaux déférents, entre lesquels il jette un repli transversal, sur l'extréité antérieure des vésicules séminales, puis il se rélléchit autour du rectum. Chez la femelle, il se porte de la vessie sur la portion terminale du vagin, sur l'utérus, sur les cornes de cet organe, où il forme trois replis appelés ligaments larges, ligavieiitsde l'ovaire, ligament rond, puis il redescend sur la face supérieure du vagin, et de là enveloppe le rectum autour duquel il se replie d'arrière en avant.

D'après cela, on voit que la terminaison du tube digestif, et la partie des organes géiiito-urinaires situés tout à fait dans l'arrière-fond du bassin, sont placés en dehors de la séreuse péritonéale.

STRUCTtJRE. — Comme toutes les membranes séreuses, le péritoine est formé par une membrane de tissu conjonctif riche en fibres élastiques, recouverte à sa face libre par un épithélium pavimenteux simple. On trouve beaucoup de vaisseaux sanguins dans les parties profondes du péritoine. Les lymphatiques sont abondants dans le feuillet viscéral. Les nerfs proviennent du diaphraginatique, des rameaux lombaires, intercostaux et du grand sympathique.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DE LA CAVITÉ ABDOMINALE DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÉDES.

On remarquera que dans les Carnassiers la cavité abdominale est très-étroite, et qu'elle est, au contraire, très-vaste dans les animaux Ruminants; sa capacité est, du reste, en rapport avec le volume des viscères qu'elle contient.

La disposition générale du péritoine varie peu dans les diverses espèces; on n'observe quelques différences importantes que dans le grand épiploon. Chez le Dwuf, le Mouton et la Cli(>¥re, le grand épiploon se détache du milieu de la face inférieure de la panse, enveloppe le sac droit de cet estomac; la caillette se fixe ensuite sur la granule, courbure de ce dernier réservoir, et se continue en haut avec le mésentère. Chez le Chien et le Porc, Ce repli desccud en avant de la masse intestinale jusqu'auprès du bassin, puis remonte en s'accolant à lui-même pour se déployer ensuite sur le côlon; dans la partie moyenne du grand épiploon, il y a donc quatre feuillels adossés les uns aux autres.

COMPARAISON DE LA CAVITÉ AIIDOMINALE DE l'IIOMME AVEC. CELLE DES ANIMAUX.

La cavité abdominale de l'homme est allongée de haut en bas et possède un arrièrefond qui occupe l'entrée du bassin. Il n'y a rien de bien particulier à signaler dans sa disposition ; les différences sont liées à la forme extérieure du corps. Le péritoine est tendu sur ses parois, à peu près comme chez les Carnassiers ; le grand épiploon constitué par quatre feuillets recouvre comme un tablier la masse des intestins ; entre ses doux lames existe Vnrrière-enoité des épiploons, virluello chez l'adulte.

1)K r.'API'ARKir. DIC.liSTiF CHEZ LES MAMMIFÈRES.

DE' l'estomac.

Vestomac est un sac membraneux, compris entre l'œsophage et l'inleslin il dans . lequel commencent les phénomènes essentiels de la digestion.

1» De restbmac chez les solipèdes (fig. 460, 161, 162, 163).

Vrépuratio)i . — l^our étudier l'orguue dans ses rapports, il suffira d'ouvrir l'abdomen et d'en- ■ lever la masse intestinale, en procédant de la manière suivante : l'animal sera placé en première position, et très-légèrement incliné sur le côté gauche ; on pratiquera une incision cruciale sur la . paroi abdominale inférieure, ou mieux on enlèvera tout à fait cette paroi au moyen d'une incision i circulaire, en ayant soin de ne point blesser quelques parties d'intestin; la masse entière des vis- ■ cères sera ensuite tirée hors de la cavité abdominale, et amenée sur la table qui supporte le sujet; on ne devra point laisser cette masse s'échapper jusqu'à terre, sous peine de s'exposer à des tiraillements et à des déchirures, soit dans l'intestin lui-môme, soit dans les parties qu'on désire conserver intactes dans l'abdomen ; ensuite on incisera le côlon flottant à son point d'union avec le ■ rectum, et le duodénum à son passage derrière l'artère grande mésentérique ; la base du cœcum sera alors détachée de la paroi sous-lombaire, par la rupture du tissu conjonctif qui maintient cet organe appliqué sur le rein droit et le pancréas; et l'on romiira de nièmc le tissu semblable qui existe entre cette, dernière glande et, l'extrémité terminale de la quatrième portion du côlon replié; il ne restera plus, à ce moment qu'à couper l'attache des liens mésentériques à la région sous-lonibaire, avec les vaisseaux contenus entre' les lames de ces ligaments ; la masse intestinale est alors définitivement expulsée de la cavité de l'abdomen, et l'on à mis à découvert et à même de subir une préparation convenable, non-seidement l'estomac, mais encore la rate, le foie, le pancréas, les reins, les uretères, etc.

Il ne nous reste plus qu''à faire connaître le procédé qu'on doit mettre en usage pour retourner l'estomac, soit pour étudier la surface intérieure de ce viscère, soit pour disséquer le plan charnu profond. Nous recommanderons d'abord d'exciser l'estomac, en laissant ay moins 1 décimètre de l'œsophage et 2 décimètres du duodénum. On procédera ensuite au lavage de l'intérieur de l'organe, lavage qui peut être exécuté de pUisieuVs manières. Voici la plus simple : on introduit une certaine quantité d'eau dans l'estomac, en fixant le duodénum au robinet d'une fontaine; puis avec la main droite, on malaxe l'estomac, pendant (jue la main gauche serre le duodénum pour empêcher la sortie du liquide. Les substances alimentaires conteiïues- dans le viscère se mêlent alors au liquide, et peuvent être expulsées par le duodénum à l'aide d'une pression exercée sur l'estcmac ; répétée quatre à cinq fois, cette opération nettoie parfaitement la surface intérieure de l'organe. Pour rendre externe cette surface intérieure, il suffit d'introduire par le duodénum une anse de fil de fer qu'on fait sortir ensuite par l'œsophage ; un lit ciré, très-résistant, est passé dans l'anse, et puis solidement llxé autour de l'œsophage; en tirant sur le fil de ter, on amène celui-ci vers le pylore, qu'on parvient, au moyen de tractions ménagées, à dilater assez pour permettre le passage du cardia et l'inversion complète de l'estomac. L'insufflation rend à cet organe sa forme et sa disposition normales, avec cette différence que la meiTdM-ane muqueuse est extérieure, et la séreuse intérieure. Enfin, pour rendre plus évidents les plans charnus de l'estomac, il est bon de- plonger ce viscère dans l'eau bouillante et de l'y laisser quelques minutes, après lesquelles on le projette dans l'eau froide. Si l'on veut étudier le plan charnu externe et le plan moyen, on insuffle l'estomac et on le débarrasse de la membrane séreuse qui le recouvre ; on enlève cette membrane par lambeau à l'aide du doigt ou de pinces ; si l'on veut montrer le plan profond, on enlève la muqueuse, à l'aide des pinces et du scalpel, sur un estomac préalablement retourné.

Situation. — Vestomac, encore appelé ventricule, est situé dans la région diapliragmatique de l'abdomen, où il affecte une direction transversale au plan médian du corps.

Dimensions. — Sa capacité moyenne, sur un cheval de taille ordinaire, est de 14 à 15 litres; On comprend qu'elle varie dans de grandes proportions suivant le volume des animaux, leur race et la nature de leur alimentation. Pour ces dernières raisons, elle est relativement plus considérable chez les chevaux de races communes et de même chez l'ilne et le mulet. Débarrassé des matières alimentaires, son poids moyen est de 1",875.

Forme. — Allongé d'un côté .V l'autre, incurvé sur lui-même, .souvent étranglé

I)K 1, KSIOMAC.

il;iiis sa pnrtio iiKiyoïinc, cl loi^ÎTciiieiil (li'|)iiiiu' (l'avant cii arrière^ co rcsorvoir oiïrc ;i éliulior, dans sa conforinalion cxlcriciiro : 1" deux. faces, l'une un/én'cure, l'autre iinstérieior, arrondies et lisses; 2" vnm tjrande courbure ou courbure convexe ïwmiwi le bord inférieur de l'organe, et donnant attache, dans toute son étendue, an {^rand i |ii[)loon, re|)li membraneux sur lequel nous r(!viendrons comme une dépendance de la membrane séreuse ; o" une petite cnurha'.'o ou cuitrburc concave, présentant l'insertion lu canal œsopliagiei», «t s'unissant, à droite de ce canal, avec le foje, au moyen du iVeiu que nous forons connaître sous le nom de ligament hépato-gastrique; /i° une exr<':miié f/miche, renflée en forme de grosse tubérosité conique, et constituant le cul-de- >iic gnuc/ic de l'estomac; 5" une extrémité droi/c, plus étroite, recourbée eu haut, et continue avec le duodénum, dont la sépare un rétrécissement très-prononcé : on la nomme le cul-de-sac droit de l'estomac.

Rapports. — l^ltudié dans ses connexions avec les organes environnants, l'estomac

se montre en rapport : par sa face antérieure, avec le diaphragme et lo foie; par sa face postérieure, avec la courbure diapliragmatique du côlon. Son bord inférieur, longé à gauche par la rate, qui lui est suspendue au moyen du grand épiploon, se ironve séparé de la paroi abdominale inférieure par les grosses courbures antérieures du côlon; il est plus ou moins rapproché de celle paroi, suivant son état de plénitude. I/extrérnilé gauche, suspejidue à la région sous-lond)nire à l'aide d'un très-court ligament séreux, dépendance du grand épiploon, répond à la base de la raie, à l'extrémité gauche du pancréas, et moins directement au bord antérieur du rein ganclie.

Fid. 460,

Estomac du cheval (').

/lIO

DE I, APPARIvIL DIGKSTIF GHU7- M-S MAMMIKKIU'S.

I/exlrémil/' droite, plus l)asscqne la gauche, louche le lobe droit du foie et les cour bures inlesliiialcs sus-iiuliquées.

Intérieur. — Quand on ouvre un estomac pour en étudier l'intérieur, on est frappé tout d'abord par la différence d'aspect que présente la membrane interne de ce réservoir, suivant qu'on examine celte membrane à gauche ou à droite. Du côté gauche, elle a tous les caractères de la muqueuse œsophagienne, c'est-à-dire (|u'elle est blan- 1 châtre, sèche, résistante même, et recouverte d'une épaisse couche d'épithélium. A droite, elle devient épaisse, ridée, spongieuse, très-vasculaire, irès-folliculeuse, prend une teinte rouge brunâtre, rendue marbrée par des taches beaucoup plus foncées, perd de sa consistance, et ne paraît plus revêtue que d'une très-légère pellicule épitliéliale. Ce n'est point par une transition insensible que la muqueuse stomacale se partage ainsi en deux portions; le changement de propriétés qui établit cette distinction s'opère brusquement, et la séparation des deux muqueuses est indiquée par une crête saillante plus ou moins sinueuse et très-nettement dessinée. Cette crête divisedonc l'estomac en deux compartimenis, division déjà indiquée à l'extérieur par la dépression circulaire qui existe chez la plupart des sujets. Le compartiment ou sac gavche est considéré conuue une sorte d'évasement de l'œsophage. Le sac droit constitue le véritable estomac des Solipèdes ; c'est à lui seul qu'est dévolue la fonction sécrétoire qui élabore le suc gastrique, agent. essentiel de la digestion stomacale.

L'intérieur de l'estomac (fig. 161) ofï're à étudier deux ouvertures, le cardia et le pylore. Le cardia., ou Vouvertiire œsophagienne, est percé sur la petite courbure dans le

sac gauche de l'estomac. Sa disposition a donné lieu à de nombreuses discussions, car c'est généralement dans celte disposition qu'on a cherché la cause de l'extrême dilTiculté du vomissement chez les Solipèdes. Tantôt on a décrit une valvule semi-lunaire ou une valvule spiroïde, s'opposant au trajet rétrograde des aliments; tantôt on a fait connaître une insertion oblique du canal œsophagien, rappelant celle des uretères dans la vessie, et mettant obstacle, par un mécanisme analogue, au retour des aliments dans l'œsophage : erreur des deux côtés. Quand on observe attentivement la manière dont l'œsophage se comporte à sa terminaison, on le voit s'infléchir en bas, après avoir traversé le pilier droit du diaphragme, et s'insérer sur la petite courbure de l'estomac à peu près perpendiculairement. En s'abouchant avec ce viscère, l'œsophage ne s'évase point en infuudibulnm, comme il fait chez les autres animaux ; au contraire, son calibre est à ce point plus étroit que partout ailleurs. Aussi son orifice stomacal ou le cardia, complètement obstrué par les plis de la membrane muqueuse, n'occupc-t-il qu'une quantité infmiment petite de la surface interne de l'estomac.

Quant au pylore, il représente une large ouverture percée au fond du sac droit, et garnie d'un bourrelet circulaire, ouverture qui est susceptible de se boucher complètement, sousTaclion d'un sphincter énergique qui l'entoure.

STiiuCTURt. — Les parois de l'estomac sont formées par trois membranes : une externe, séreuse; une moyenne, charnue ;\xi\Q interne, muqueuse.

Fig. 161. — Vue intérieure de l'estomac du cheval (*).

(*) A, snp gaiiplio ; li, sac ilroit ; C, m.mIIpiu.miI .IniHlr-iml.

DE r/ESTOMAC.

l" Memôi'onc !<énnm'. — Cello niombraiie, (lépcndancf du pr-riloine, adhère inliincmciil il la liiiiiqiie {•.liai niio, excepté vers les coiuixires de l'organe. An niveau de la petite couriMire, on la trouve eonslanunent doublée par une expansion de tissu élasii(|ue, qui semble avoir pour usage de maintenir les deux extrémités de l'estomac rapprochées l'une de l'autre; car, lorsqu'elle esulélruite, la petite courbure s'allonge con- >i(lérablement.Tout le long de la grande courbure existe un espace triangulaire comblé piir du tissu conjonclif, espace qui disparaît plus ou moins complètement lors de l'am- |)liation du réservoir.

Elle offre trois replis qui se détachent de reslomac pour se porter sur les parties voisines, replis formés d'après le procédé indiqué dans la description générale du péritoine. Ces replis constituent le ligament cardiaque, le ligonien/ ou épiploon hé/jafofjaslriqiie et le graml é/jiploùii.

Le lifjament cardiaque est un court manchon séreux, développé autour de l'extrémité terminale de l'œsophage, et renforcé par des fibres de tissu fibreux jaune. 11 attache l'estomac à la face postérieure du diaphragme, et se continue de côté avec les deux autres replis (pie nous allons décrire.

Le ligament hépato-gastrique est une lame formée de deux feuillets, partant de la petite courbure de l'estomac pour s'insérer dans la scissure postérieure du foie. Il se prolonge en arrière et à droite le long du duodénum, où il constitue un frein séreux particulier, qui sera étudié en même temps que l'intestin grêle.

Le grand épiploon ou épiploon gastro-colique se détache de toute l'étendue de la grande courbure, depuis le cardia jusqu'au pylore, qu'il dépasse même pour se prolonger sur le duodénum. La portion qui règne autour du cul-de-sac gauche est excessivement courte, et se porte sur la paroi sous-lombaire de l'abdomen, à laquelle elle fixe l'estomac. Dans le reste de son étendue, cet épiploon offre un grand développement, et nage librement dans la 'cavité abdominale, parmi les circonvolutions intestinales. Le bord opposé à l'estomac s'attache sur la portion terminale du côlon replié et sur l'origine du côlon flottant (pour plus de détails, voyez la description du péritoine).

Ces trois ligaments constituent les moyens de fixité de l'estomac dans la cavité abdominale, outre l'œsophage et le duodénum qui sont en continuité avec lui.

2" Mernbra?ie musculeuse. — Cette tunique, comprise entre la séreuse et la muqueuse, est doublée en dedans d'une lame de tissu cellulaire condensé, qui lui adhère fortement, et qu'on regarde comme la membrane fibreuse de l'estomac. La dissection montre cette tunique charnue composée de trois plans superposés.

Le plan superficiel enveloppe tout le sac droit. Les fibres qui le constituent sont, pour la plupart, jetées en anses autour du cul-de-sac gauche, et leurs extrémités se perdent sur les faces de l'organe. Quelques-unes remontent assez loin sur la grande courbure, h la surface du sac droit. D'autres se continuent évidemment avec les fibres superficielles de l'œsophage (fig. 162, 1, A).

\.e plan moyen (fig. 162, 1, B) est formé de Gbt cs circulaires répandues sur tout l'organe. Dans le sac droit, elles sont placées immédiatement sous la membrane séreuse; dans le sac gauche, on les voit passer sous les fibres du plan superficiel, et linir par se confondre avec celles-ci, au point (|u'il est impossible de les en distinguer vers la tubérosité formée par l'extrémité gauche. (]cs fibres, en s'accumulant autour du pylore, constituent le sphincter qui enveloppe cet orifice.

Le plan profond (fig. 162, 2, A), spécial comme le premier au sac gauche, ne s'étudie bien que sur un estomac relom-né et débarrassé de sa nniqueuse. Beaucoup |)lus épais que le plan superficiel, il offre avec lui, dans sa disposition générale, de

DE L'AI'PAKKIL DIGIiSTIF CHliZ LKS MAMMII'tKKb.

grandes aiinlogios. Ainsi, ses faisceaux nipréscnteiiL des anses qui enii)rasst'nl le c.iilde-sac gauche pour se perdre, par leurs extréniilés, sur les faces de l'organe, où l'on en voit quelques-uns se continuer avec les fibres circulaires. Les anses les, plus rapprochées de l'œsophage embrassent l'ouverture stomacale de ce conduit, connue dans une véritable cravate. Il est à remarquer (pie les fibres de ce plan profond se croisent avec celles du plan superllciel ; car celles-là vont du sac gauche au sac droit en s'inclinant par en bas vers la grande courbure, tandis que celles-ci se dirigent à droite et légèrement par en haut.

Il résulte de cette disposition, comme l'indique un siinple coup d'œil jeté sur la ligure 162 : 1" que le sac droit ne renferme dans ses parois qu'un seul plan charnu ;

l'Ki. 162.

N" 1 . — Fibres charnues de l'estomac (couclies externe et moyenne) (*).

N° 2. — Fibres charnues de rèslomac (couches profonde et moyenne mises à nu par l'enlèvement de la membrane muqueuse sur un estomac retourné) (**).

'2" qu'il en existe trois au contraire dans le sac gauche, lesquels concourent tons à chasser daiis le compartiment droit, ou le véritable estomac, les aliments qui s'accumulent dans le. compartiment gauche, ou le réservoir œsophagien.

3° Membrand muqueuse. — Indépendamment des caractères généraux que nous avons vus, dans l'étude de la cavité intérieure de l'estomac, nous ajouterons que la mu((ueuse gastrique est unie à la tunique précédente par une expansion de tissu conjonclif, qu'elle est assez faiblement adliérenle dans toute l'étendue du sac droit; surtout vers la grande courbure où elle offre certainement sa plus grande épaisseur; sans plis m rides dans le sac gauche, elle en présente toujours dans le sac droit, même lorsque l'estomac est Insufflé.

A la surface de cette muqueuse, ou. voit des orifices microscopiques qui répondent aux canaux excréteurs des glaudules, rares dans le sac gauche et extrêmement nombreux au contraire dans le sac droit. Dans cette région, les orifices dont nous parlons sont séparés les uns des autres par de petits ponts muqueux qui simulent des papilles; mais celles-c. ne se rencontrent que tout à fait au voisinage du pvlore.

Il entre dans la structure de la muqueuse de l'estomac une couche cpif/ié/iale, et un chorion dans lequel on distingue une coucfœ glanduleuse et une couc/,e musculnire.

* A, libres de la cnucli,' cxtcnic ciiw nni.mil 1,. san emu-hn ■ n i \ i t , , ' i •

, ,., , , ,, , , " " Ç'"»^"e . », lilires du i,lnn moveii dniis In sac droit.

(**) A, libres du jilmi |inili.|Ml i.iivi>ln|.|iiiiil li. 'rtlinriiiu: du siif dmit.

siu' i^imnlm ; 11, fibres du plan moyen loriimiit h idli'S smilrs jii mi-inbi niK»

\)E l''"n'S'i*OMACi /| 13

L'i'pilliôliiim est stratil'K'' cl pavimcntciix dans fc (■on.pjirtiinciil |j;aiiclic, simple cl cvliiidriqiic dans le sac droit où il rcvet les petits ponts me; netix (pii séparent les glan- (liiles el s'enroncc pins ou moins à rintéricui"'dc ceUcA-ci. '

A gauche, on trouve bien quelques organes glandulaires analogacs à ceux de l'œsojiliage, mais la véritable couclie glandùteuse n'appartient qu'à la'poriiori (îroitc'dé fesiiiniac. Là, existent une infinité de glandes en tubes rangées parallèlement les nneiî aux lulres et réunies par une petite quantité d'un tissu conjonctif délicat, hès-richc en noyaux. Elles sécrètent le suc gastrique ou fournissent le mucus qui recouvre la surface de i'épiliiélium; ce qui les fait distinguer en tjlandes à pepsine ci eiï (/hmdèÛ h' mucus ; ks premières sont beaucoup plus nombreuses que les secondes.

FlG. 163. — Section verticale de la muqueuse Img. 164. — Section liorizonlale de la du sac droit de l'estomac (*). muqueuse gastrique (sac droit) ('*).

Elles se composent d'un tube simple et droit à son origine (tube excréteur) qui se divise souvent en deux ou plusieurs tubes flexueux et terminés en cul-de-sac (tubes M'créteuns). L'épitbélium n'est pas le même dans ces deux espèces de glandes ;.les glandes muqueuses (fig. 163) possèdent un épilhélium cylindrique dans i;oute leur étendue; les glandes à pepsine (fig. 1t)/i) sont tapissées par im épilhélium cylindrique à leur origine, mais les tubes sécréteiu's sont remplis par des cellules rondes à pepsine.

La éoHcAc ?/u/sc?</c'i<se est presque immédiatement placée au-dessous de la couche glanduleuse; elle renferme deux plans de fibres entrecroisées. Enfin, Ki niembrane' conjonctive du chorion, épaisse et lâche, renferme des vaisseaux et relie la muqueuse il la tunique charnue de l'estomac.

U" Vaisseau.!- el nerfs. — L'estomac reçoit ses artères des deux branches de la gastrique, de la spléniqve et de son prolongement terminal, Vépiplo'/f/iin gauc/ie, de \apyloriqi.ie et de Vëpiplnïque droile. Los principales ramifications artérielles rampent entre la muqueu.sc et la tunique Charnue, puis elles fournissent deux réseaux capillaires dans la couche glandideuse, l'un profond, qui entoure les tubes sécréteurs, l'antre .siqierficiel, placé entre les orifices d'excrétion. Le sang est transporté hors de l'organe par les hranclies veineuses sat<!liites des artères, et amené dans le tronc de la

(*) K.,i'|.illii'liiini rvliriili ii|iii.' ; C, coiiniii; !j;lmi.lnliMiM'; H. rlpH iiiii rli! In iniii|ni-ii>i'. - I. lilnv? iDiiuilinliiiiili ■^ 'l'' 1" iii<-ln.* iiiiii.f'ii|f lise j 2, liiirirs nircritlnii'fjs (Urct-'ltf! int'iiic ciiiii-'la! ; 3, vnissiîuiix.

(**) !.<•» ^lall(lva ù [jrpsiiie sont i'oii]ir'Cs en IfBvers. On voit.li'iu' liMiiiiTr., Iimu rpilin'lii l li' ti'-Mi uili i

I iii<liil«ire. ■ .

[^ [|^ DE K'AlM'AKIilL DIGESTIF CHEZ LES MAMMll'l' lŒS.

veille porle. Les li/in/j/uttiqucs foi ineiU un réseau sous-séreux et deux réseaux profonds, à la l)ase de la couche glanduleuse et dans la membrane fibreuse. Ils se rendent dans de petits ganglions situés le long des courbures, et de là au réservoir de Pecquet. Les nerfs proviennent des pneumogastriques et du plexus solaire, accompagnent les vaisseaux, présentent des ganglions microscopiques sur leur trajet, et se terminent d'une manière encore iacoiiniie.

Fonctions. — C'est dans l'estomac que commencent les transformations qui rendent les matières alimentaires susceptibles d'être assimilées. Les aliments rencontrent là le suc gastrique, sous l'action duquel 'leurs principaux élémenis, mais surtout les substances albuminoïdes, deviennent solubles et absorbabics, après avoir éprouvé ([uelques mutations isomériques.

C,\K.\CTÈnES DlFrÉRENTlELS DE LESTOMAC DANS LES ANIMAUX AUTllES QUE I.ES SOLIPÈDES.

L'estomac est un organe qui présente de grandes din'érences quand on l'examine chez les divers animaux domestiques. Dans l'étude tic ces dilférences, nous procéderons du simple au compliqué.

1° De l'eslomac du lapin.

Nous citons l'estomac du Lsipin immédiatement après celui des Solipèdes, à cause de l'exacte ressemblance qui existe entre ces deux organes. Comme celui-ci, le premier se divise on deux sacs, l'un gauche et l'autre droit, et présente l'inseriion de l'œsophage sur le milieu de la petite courbure, en sorte que cet estomac offre une grosse tubérosité en cul-de-sac à gauche du cardia. Le sac droit est peut-être plus allongé, plus étroit et plus recourbé dans le cheval. La capacité totale de l'organe est de à 5 décilitres.

2° De l'eslomac du porc.

Chez, le Pore, l'estomac est simple comme dans les précédents animaux. Mais il est moins incurvé sur lui-même, et le cardia est plus rapproché de l'extrémité gauche; de plus, cette extrémité porte un petit renflement conique qu'on a comparé h un capuchon recourbé en arrière. L're.sophagc s'ouvre dans l'estomac par un large infundibulum, et la membrane muqueuse de ce conduit se prolonge sur la surface "stomacale dans un rayon de 5 à 7 centimètres autour du cardia. On retrouve donc encore ici la trace de la division en deux sacs, commune aux Solipèdes et à presque tous les Rongeurs.

La capacité de l'estomac du Porc est, en moyenne, de 7 à 8 litres.

30 De l'estomac des carnassiers (fig. 165).

Dans le Chic, et le Chai, le ventricule est très-peu courbé, et offre la forme d une pon-e dont la petite extrémité répondrait au pylore. Le cardia, dilaté en enionnon-, est plus rapproché de l'extrémiié gauche de l'organe que chez tous les autres a.ii-

maux. La naupieiise œsophagienne s';ii ivip m ni>.>..i,>,,.. i ► -r * • p .

1 I ujjniiin, h.iiicic au pourtour de cet orifice. Aussi 1 esto-

mac smiple des Carnassiers ne forme-t- il nn'im 1,.,:,...,, 1.1 •

' •"■■iiL i 11 qu 1111 s.ic unique, dont la muqueuse inté-

rieure présente, dans toutes ses parties l;i nir<m(. ,..•.,....,•,..1; i 1 j

' ' i'u»ui.s, 1,1 mtme oigamsation que la membrane du

l/liSlOMAC.

, ■..ic (Iloil (k's Solipèdt's. (letlo imi(|iiciisc esl iTiiiar<|n;il)lo pyr les plis oiidulciix et rc;j;iiliLMS qu'elle Ibi iue quaiul rcstoiuac osl vide d'aliiiiciils.

llieii de plus variable <pic la capacité (le l'estotiiac dii Chieti, à cause des dilTéreiices éiiorines qu'on remarque dans la taille de cet animal, suivant les races. i\J. Colin l'a trouvée en minimum do i6 décilitres, et en maximum de 8 litres; iil regarJc la moyenne comme étant de i3 litres euviion. Dans le Clial, celle moyenne est de 30 à ,'52 centilitres environ.

!i° Des estomacs des ruminants.

Les animaux dont nous avons à nous occuper maintenant se distinguent des aiilres parla facullé qu'ils possèdent d'avaler une première fois leurs aliments, après les avoir grossièrement mâchés, et de les faire revenir dans la bouche pour les soumettre à une seconde mastication,

■suivie d'une déglutition définitive. L'appareil stomacal, admirablement disposé pour cette finalité physiologique, se distingue par son énorme développement et sa division en quatre poches séparées, qu'on regarde comme autant d'estomacs.

Ces estomacs représentent une masse considérable qui remplit la plus grande

I partie de la cavité abdominale, et dont la capacité moyenne n'est pas moindre de

:25() litres ! L'un d'eux, le rumm, constitue les 9/10°' de la masse totale; c'est lui qui

j porte l'insertion de l'œsophage. Les trois autres, c'est-à-dire le réseau, le feuillet et la caillette, forment une courte chaîne, continue avec la partie gauche et antérieure du

I rumen. La caillette seule doit être considérée comme un véritable estomac, analogue à celui du chien ou au sac droit du ventricule des Solipèdcs. Les trois autres couipar-

1 liments ne représentent, à l'instar du sac gauche de ces derniers animaux, que des

I renflements œsophagiens.

La description que nous allons donner de chacun des estomacs s'appliquera particu-

I lièrement au Bœuf. Nous aurons soin de signaler, quand il y aura lieu, les particula-

irités spéciales au Mouton, à la Chèvre et au llroniculaire.

RUMi-N (fig. 166). — Ce réservoir, vulgairement la panse, occupe à lui seul les trois

'quarts de la cavité abdominale, dans laquelle il alîecte une direction inclinée de haut en bas et de gauche à droite.

Cnnlormntion extérieure. — Allongé d'avant en arrière et déprimé de dessus en

' dessous, il offre !i étudier : 1" une face inférieure et une face supérieure, presque planes, lisses, et divisées en deux régions latérales par des traces de scissures sensibles seulement aux extrémités de l'organe; 2" un luird (/auelie e[ un hiu-d droit

i lisses, épais et arrondis; IV' une extrémité postérieure, divisée par une écliancru rc profonde en deux lobes, décrits par Cliabert sous le nom de oessies conif/urs ;

') A, •i!80{ihagf ; It, pyloif.

U'' u\K (!xlr(hnit6 anfmourc, OÙ l'on retrouve une (lisp;)silion nnalogue, cachée, à première vue, par la présence des estomacs surajoutés au nunen ; ainsi cette extrémité antéricnrc est également divisée, par "une écliancrurc praii(iuée à droite, en deux culsdc sac inégaux, .sur lesquels nous allons revenir dans un moment.

TiG. lUCi. — Estomac de bœut vu par la face droite et supérieure, la caillette étant abaissée ■

On remarquera que ces deux écliancrures, prolongées sur les faces par les traces de sillons qui partagent ces deux faces en deux régions latérales, divisent le rumen en deux sacs, l'un droit et l'autre fjauclie, division qu'on verra plus manifeste encore à l'intérieur du viscère. — Le sac droit, le plus court, est enveloppé en grande partie par une toile séreuse qui constitue le grand épiploon. — Le sac gauche dépasse le l)remicr par ses deux extrémités, excepté chez le Mouton et la Chèvre, qui présentent leur vessie conique droile plus prolongée que la gauche. L'extrémité antérieure de ce sac g;iuche se renverse sur le lobe correspondant du sac droit ; elle reçoit en haut, l'insertion de l'œ-sophage, et se continue tout à fait en avant avec le réseau.

Rapports. — La forme extérieure du rumen étant ainsi déterminée, l'élude des connexions de l'organe devient facile. — Par sa surface supérieure, il est en rapport avec la masse des intestins; sa face opposée repose sur la paroi abdominale infériciuT. — Son bord gauche, qui supporie la rate, touche la partie la plus élevée du liane et la région sous-lombaire, à laquelle ce bord adhère par du tissu cellulaire, aux environs du, tronc cœliaque et de l'artère grande mésentérique ; le droit, longé par la caillette, répond à la partie la plus déclive de l'hypochondre et du ilanc droits, ainsi qu'aux cu-convolutions intestinales. - L'extrémité antérieure, bornée par le réseau et le feudiet, s'avance jusque auprès du diaphragme; la poslérieiue occupe l'entrée de la cavité pelvienne, où elle se met en contact plus ou moins direct avec les organes génitourinaires contenus dans cette caviié.

(*) A, niiniMi (liOnii^i.licrc E, l'iMiillel; K, cnilluUe.

yiiui'lll') ; It, niiiliMi (li,Mlll,-.[,h,., ,.

I l rriiiiaisori ili- r<in,so|i|iii£;c ; II, rvscnu ;

DK i.';;,sioMA<;. ^ 617

Dans la romolle pleine;, ruk'iiis se prolonge en avant sur la lace supérieure du vis- , ic que nous décrivons.

inti'-rimr (fig. 167). On trouve à l'intérieur du rumen des cloisons incomplètes, qui iclent la division en deux sacs, déjà si marquée à l'extérieur. Ces cloisons, au nombre de deux, représentent de gros piliers cliarims, qui répondent au fond des îcliancrures décrites aux exirémités du viscère. — Le pilier antérieur (fig. 167, G) LMivoie sur la paroi inférieure du rumen un fort. prolongement qui se dirige en arrière et à gauche; il se continue sur la paroi supérieure par deux branches écartées à angle aigu. — l.c i)ilicr postérieur (fig. 167, H), plus volumineux que le précédent, pré-

FiG. 167. — Intérieur des estomacs des ruminants (plan supérieur du rumen et du réseau

avec la gouttière œsophagienne) (*).

sente trois branches à chacune de ses extrémités, une médiane et deux latérales. Les médianes se portent en avant sur la limite des deux sacs, qu'elles séparent l'un de l'autre; celle d'en haut rencontre la branche gauche correspondante du pilier antérieur. Les branches latérales divergent à droite et à gauche en décrivant une courbe, et en circonscrivant l'entrée des vessies coniques, qu'elles transforment en deux compartiments distincts de la partie moyenne des sacs du rumen ; les inférieures marchent au-devant des supérieures, mais sans les joindre tout à fait,

^(La surface intérieure du rumen est hérissée d'une multitude de prolongements papillaires, dépendances de la membrane muqueuse. A droite et dans les culs-de-sac, ces papilles sont remarquables par leur nombre, leur énorme développement et leur forme en général foliacée. Du côté gauche, elles sont plus rares, surtout sm- la paroi supérieure, et ne forment que do très-petits tubercules mamelonnés. Elles sont absentes sur les colonnes charnues. Cet appareil papillairc est encore plus développé chez

(■) A, 3iu: içuui'lii; ilii ninieii; II, cxliiiiiiité anlrriiMiir ilc n' mii' immivci'»!'!! stir le sui'. ilfiiit ; C, extrémilè |mslérieiiri' du méine, on vessie eoniqiic içnnrlw ; I), sne droit ; son extréinilé antérieure ; I'', In postérieure, ou vessie eiuiitpie droite; (i, coupe du pilier nntéricur du rumen : <jii, ses deux Inanclics sutiériuures j 11, pilier postérieur du même : hhh, ses trois branche» inférieure» ; I, cellules du réseau ; J, nnlittière o>«npli«gieniie ; K, oisopliime ; h, caillette.

RHAUVBAU. — 2* ddit. 27

Al'PAllElL^ Uli LA DIGESTION CHEZ LES MAMMIFERES.

certains luminants sauvages : rien ne peut donner une idée de la richesse qu'il présente dans l'estomac des gazelles.

L'intérieur du rumen présente à étudier deux ouvertures, situées à l'cxtrémilé antérieure du sac gauche : l'une est l'orifice œsophagien, percé dans la paroi supérieure, dilaté eu infundibulum, et prolongé sur la petite courbure du réseau par une gouttière particulière qui sera décrite après ce dernier estomac; l'autre, placée au-dessous, et comme en regard du précédent, traverse le fond du cul-de-sac d'avant en arrière, et fait communiquer la panse avec le réseau : c'est une très-vaste ouverture circonscrite en bas et sur les côtés par le bord libre d'une cloison ou valvule semi-lunaire qui résulte de l'adosscment des parois du rumen avec celles dn réseau.

Structure. — Comme tous les organes creux de l'abdomen, le rumen présente dans sa structure trois tuniques : une séreuse, une charnue, une muqueuse.

La séreuse enveloppe l'organe dans toute son étendue, excepté en haut, en avant et à gauche, vers le point qui touche la région sous-lombaire et les piliers du diaphragme, excepté encore dans le fond des échancrures qui séparent les culs-de-sac des extrémités. Cette membrane donne naissance, comme celle de l'estomac du cheval, à un vaste repli constituant le grand épiploon, dont la disposition, assez difficile à observer chez le bœuf, à cause du poids énorme de la masse gastrique, qui ne se laisse pas aisément déplacer, se saisit au contraire assez facilement dans les petits ruminants. On voit ce repli partir du milieu des faces de la panse et de la scissure intermédiaire aux deux vessies coniques, former une large enveloppe dans laquelle sont contenus le sac droit et la caillette, se fixer en passant sur la grande courbure de ce dernier réservoir, et se confondre supérieurement et en arrière avec le grand môsenièrc.

La membrane charnue est très-épaisse. C'est elle qui forme les colonnes intérieures du viscère. Ses fibres sont disposées en plusieurs couches, dont l'étude est assez simple et n'oiïre point de véritable intérêt. Nous citerons cependant une particularité qui mérite d'être signalée : dans les points où la membrane séreuse passe d'un cul-de-sac sur l'autre ou du rumen sur le réseau, elle est souvent accompagnée par des faisceaux charnus minces et larges, qui franchissent comme cette membrane les scissures intermédiaires, et représentent ainsi de véritables fibres communes ou nnitives. Les fibres musculaires du rumen, présentent une striation transversale très évidente; c'est là un caractère physique très-rare dans le tissu musculaire de la vie organique.

La membrane muqueuse o^vc des pariicùlarités sur lesquelles nous allons dire quelques mots. Le derme est d'une grande épaisseur; il renferme probablement quelques glandules, mais elles y sont extrêmement rares. La face libre est excessivement irrégulière, puisqu'elle porte l'appareil papillairc dont il a été parlé plus haut.

Les papilles du rumen sont foliacées, coniques ou fungiformes. Les papilles de la première espèce sont beaucoup plus nombreuses que celles des deux autres. Ces appendices ont tout à fait la forme d'une feuille ovale allongée ; leur sommet est large et arrondi ; leur base se rétrécit et paraît s'implanter sur le chorion. Sur une de leur face existe une petite côte qui part de la base pour se perdre sur la portion élargie; elle rappelle la nervure principale des feuilles des végétaux; sur la face opposée, en face de la nervure, on voit un léger sillon longitudinal.

Elles sont constituées par une lamelle de tissu conjonctif nucléaire revêtue d'une couche épithéliale. Celle-Ih porte sur .ses faces et .ses extrémités de petits prolongements quj rappellent en petit sur la papille principale du rumen les papilles secondaires que nous avons décrites à propos de la muqueuse linguale.

Au centre dft la papille, on trouve un ou deux vaisseaux artériels principaux qui

Dli l'estomac.

proviennent du réseau vasculairc du derme. Ces vaisseaux se dirigenl vers lesomniet cii décrivant (|tiel(ines légères (lexuosités, puis se divisent en i)Iusienrs ramuscules suivis de vaisseaux veineux qui descendent le long des faces de la papille dans chacun des prolungenienls secondaires (|u'ellc fournit, ainsi qu'on le voit sur la (igure 169.

FiG. 168. — Papilles du rumen (*).' Fie. 169. — Coupe transversale de la papille,

faite dans sa moitié supérieure, vue à un faible grossissement (**)

Quant aux papilles coniques et fungiformes, assez jieu nombreuses dans le sac gauche, elles ressemblent aux papilles de même nom dont nous avons parlé à l'article Langue; il est donc inutile de les décrire longuement.

Vépithéiium de la muqueuse du rumen est remarquable par sa force et la cohésion de ses éléments; il appartient à la catégorie des épithéliuras stratifiés pavimenteux. Il forme une gaîne à chaque papille, et recouvre le derme dans les espaces interpapillaires.

On trouve souvent, à l'ouverture du rumen d'un animal fraîchement tué, de larges plaques exfoliées à la surface de cette couche, ce qui indique assez l'activité de la sécrélion de l'épitbélium gastrique et la rapidité de sou renouvellement.

RÉSEAU (fig. let), 167, 171). — Situation, forme, rapports. — Vulgairement appelé bonnet, cet estomac, le plus petit de tous, est allongé d'un côté à l'autre, légèrement incurvé sur lui-même, et placé transversalement entre la face postérieure du diaphragme d'une part, l'exirémité antérieure du sac gauche du rumen d'autre part, extrémité dont il semble n'être à l'extérieur qu'un prolongement ou qu'un diverticuliun.

Il a deux faces, deux courbures et deux extrémités. — La face antérieure adhère au centre aponévrotiquc du diaphragme par du tissu conjonctif. — La face postérieure est accolée à l'extrémité antérieiu'e du rumen. — La grande courbure, courbure inférieure ou convexe, occupe la région sus-sternale. — La petite courbure, courbure supérieure ou concave répond en pai'lie à la petite courbure du feuillet. — ■ \.' extrémité ijaucbi' n'est séparée du rumen que ])ar u.ie scissure dans laquelle rampe

(*) 1, fflciî <|p In fiiipillr |ins(,Miliinl la nerviiri- mriliiini' ; 2, l'di'n o|ipo9cp, nvoc silinn lonsiliulinnl.

(**) 1, (lermi! île lu papille ; \i' ,\', ses pmloniçiiiiiciila si'i'niidaircs ; 2, épitliMlliiin ; 3, conpn de la iiei'v\iro iiUMllaui' ; 4, sillim luii^'itiidirinl ; 5, vuissuiiiix priiii ipaux ceiilraiix ; 0,0, vuisseiiux vcIiilmix deseuiidiiiil le Iciiii; des laces de la pupille.

[^20 i)K l'ai'I>ai!i:ii, oiGtbTH' (.m:/, i-iis mammifèiuïs.

l'artère inférieure du réseau. — V extrémité droite forme un cui-dc-sac globuleux

en rapport avec la base de la cailletle.

Intérieur (fig. 167, 170, 171). — La surface intérieure du réseau est divisée, par des lames de la membrane muqueuse, en cellules polyédriques d'un fort joli aspect.— Ces cellules, (|ui rappellent celles des ruches d'abeilles par leur disposition régulière, sont surtout largos et profondes dans le cul-de-sac; elles deviennent de plus eu plus

petites en se rapprochant de la courbure supérieure. L'intérieur de ces cellules est lui-même divisé en loges de moins en inoins spacieuses, incluses les unes dans les autres par des cloisons secondaires successivement décroissantes.

Les cloisons principales des cellules présentent, à leur bord libre, une série de prolongements coniques à sommet rude et corné ; sur leurs faces, elles sont hérissées de petites papilles mamelonnées ou pointues. Les cloisons secondaires offrent aussi de semblables prolongements; il est même à noter que ceux du bord libre des cloisons secondaires sont plus développés que sur les cloisons principales. Enfin, du fond des cellules s'élèvent une foule de longues papilles coniques, très-pointues, rappelant des stalagmites par leur disposition.

Il est à remarquer que les corps étrangers avalés si fréquemment par l'animal s'arrêtent d'habitude dans le réseau. Aussi trouve-t-on au fond des cellules que nous venons de décrire, soit do petites pierres, soit des aiguilles ou des épingles, souvent fichées dans les cloisons intermédiaires, soit encore dés clous, des morceaux de fer, etc.

L'intérieur du réseau communique avec le sac gauche du rumen par l'ouverture que nous avons déjà décrite (fig. 171, O), et avec le feuillet, au moyen, d'un orifice

Pic. 170. — Cellules du réseau du bœui ouvertes par un de leurs bords (*).

l'iG. 171. — Vue aulcrieure des estomacs du bœuf (la paroi antérieure du réseau a été enlevée

pour montrer la gouttière œsophagienne) (**).

particulier placé vers le milieu de la petite courbure, un peu plus à droite qu'à gauche cependant (fig. 171, V). Cet orifice, huit à dix fois plus petit que le précédent, se trouve relié à l'infundibulum du cardia par une remarquable gouttière, dite œsophagienne,

pÛeJ^^miquur" '"""■'1'"''^'^' 2,2,2, ,.l„is„„s s,™,,,!,,!,-... lC„„.e ..cllos-i, lu f,m,l ,l.s ..elluK.. Uvh^ ,1e lni,sm.s

"' I ""vn'iuv,. ,|,u r„ii ,.„„„„„„i,|„„, I,. ,,,„„ '

DE I-'KSTOMAC.

iloiil la descriplion sera faite à part, celle goullière n'appailenanl point en propre au réseau.

Structure. — La membrane séreuse n'enveloppe point loutc la l'ace antérieure de i'organe, attendu que celle-ci adhère à la face postérieure du diaphragme. — La tunique charniu; est beaucoup plus mince que celle de la panse et beaucoup pins fasciculée. Les libres aiïectent toutes la même direction. — Le derme de la membrane muqueuse envoie un prolongement dans cliacune des cloisons des alvéoles et dans chacune des papilles coniques que portent les cloisons ou le fond de ces alvéoles, L'épilhélium slratilié pavimcnteux oflre une grande épaisseur ; sa couche cornée est Irèsdéveloppée au sommet des papilles.

GouTTlÈPvE OESOPHAGIENNE ((ig. 167, 171). — Cette gouttière, ainsi appelée parce qu'elle semble continuer l'œsophage à l'intérieur même des estomacs, s'étend sur la petite courbure du réseau depuis le cardia jusqu'à l'entrée du feuillet. Elle a donc son origine dans le rumen ; mais elle appai'tient au bonnet par le reste de son étendue. Long de 15 à 20 centimètres, ce demi-canal se dirigi; de haut en bas et de gauche à droite, entre deux lèvres mobiles, fixées par leur bord adhérent sur la paroi supérieure du réseau. Ces deux lèvres sont renllées à leur bord libre, ([ui regarde à gauche et en bas. A leur origine, c'est-à-dire vers i'infundibuluiii œsophagien, elles sont minces el peu élevées; mais elles deviennent épaisses et saiilanlcsen arrivant près de l'orifice du feuillet, orifice qu'elles circonscrivent en se (lévelop|)anl autour de lui, sans se rencontrer ni se confondre.

La mucpicuse qui revêt ces deux lèvres est fortement ridée en dehors et sur le bord libre; mais à l'inlérieur même de la gouttière, celle membrane se montre avec les c;iraclères de la muqueuse œsophagienne, c'est-à-dire qu'elle est lisse, blanr.liAire el plis.sée longitudinalement; elle oH're, près de l'orifice du feiiillel, quelques grosses pa- ]iilles coniques.

Si l'on enlève cette membrane muqueuse pour étudier le tissu sous-jacent, on observe la çlisposition suivante : Au fond de la gouttière et dans l'espace compris entre ses deux lèvres, se remarquent des fibres charnues transversales qui appartiennent aux parois du réseau ou du rumen. Quant aux lèvres elles-mêmes, elles sont entièrement constituées par des faisceaux musculeux longitudinaux, abondants fTlnnout vers le bord libre; ces faisceaux se confondeùl avec les fibres propres des estomacs, veis les extré mités du canal, et se portent d'une lèvre dans l'autre, en formant des anses autour des orifices que ce canal met en communication.

Chez le Dromadaire, le réseau ne forme pas un compartiment distinct du rumen ; son existence n'est indiquée que par la présence de quelques cellules profondes, dans la partie antérieure de ce dernier estomac.

L'insertion de l'œsophage sur la panse est oblique de gauche à droite. La gouttière œsophagienne est limitée par deux lèvres inégales; la poslérieure est très-peu saillante, surtout dans son milieu.

Feuillet (fig. 166, 171). — Cet estomac est connu encore sous les nomsde millefeuillet, livret ou psautier. Chez le Bœuf, il est plus grand que le réseau, mais il est

plus petit dans le Mouton et la Chèvre.

Situation, foimie, rapports. — Situé au-dessus du cul-de-sac du réseau et de l'extrémité antérieure du sac droit du rumen, cet estomac, quand il est plein, présente la forme d'un ovoïde, légèrement incurvé en sens inverse du bonnet, el déprimé d'avant en arrière. Il a donc : une face antérieure, appliquée contre le diaphargme, auquel elle lient quelquefois par du tissu conjonctif; une face postérieure, renversée sur la

/,.22 DE l'appaueil digestif chez les mammifères.

panse; une (immle courbure, tournée en haut, et fixée dans la scissure postérieure du foie i)nr un frein épiploïque rpii se cDiilinue sur la petite courbure de la caillette et dn duodénum ; une petite cowbure, qui regarde on bas et répond au réseau ; une exh mité rjauc/ie, présentant le a;/ qui répond à l'orifice de communication percé entre le réseau et le feuillet; mie extrémité droite, se continuant avec la base de la caillette, dont elle est séparée par un rétrécissement analogue à celui de l'extrémité antérieure, mais beaucoup moins prononcé.

Intérieur. — Le feuillet présente à son intérieur les deux orifices placés à ses extrémités. Le droit, c'est-à-dire celai qui s'ouvre dans la caillette, est beaucoup plus large que le gauche, ou celui du réseau. La cavité que ces deux orifices font communiquer avec les estomacs voisins offre une des plus curieuses dispositions qu'il soit possible de rencontrer dans les viscères. Celte cavité est remplie par des lames muqueuses inégalement développées, qui suivent la longueur du feuillet, (jcs lames ont un bord adhérent attaché, soit sur la grande courbure, soit sur les faces de l'organe, et un bord libre

FiG. 172. — Coupe des parois du feuillet du mouton, faite au niveau de la grande courbure de cet estomac, montrant l'origine des lames

concave tourné vers la petite courbure. Elles commencent du côté de l'orifice du réseau par des crêtes denticulées, entre lesquelles régnent des rigoles, qui se prolongent à la base de ces lames jusqu'à l'entrée de la caillette. Du côté de ce dernier orifice, elles s'éteignent après s'être rapidement abaissées. Sur leurs faces, elles sont parsemées d'une multitude de mamelons papillaires très-durs, semblables à des grains de millet. Sur quelques lames ces papilles sont plus développées et présentent la foi me conique. Tous ces prolongements lamelleux sont loin d'avoir la même étendue. On en trouve de douze à quinze assez larges pour que leur bord s'avance très-près de la petite courbure du vi.scère. Entre ces lames principales, il en existe d'autres de plus en plus étroites, assez régulièrement disposées : ainsi l'on remarque d'abord une lame secondaue, moitié moins grande que les prolongements principaux entre lesquels elle setrouve comprise; puis, à chacun de ses côtés, une lamelle moitié plus petite ; et enfin, à la base de celle-ci, deux lamines denticulées plus ou moins saillantes. D'une manière générale, les lames qui s'insèrent sur la grande courbure sont les plus longtu.'S et les plus larges; celles qui s'attachent sur les faces du viscère sont d'autant plus courtes et plus étroites que leur insertion est plus rapprochée de la petite courbure. L'espace

inlD^lm^^^1«^^ l^m'tn^M^'' ^ m,,scubnsfi ; K, épill.cli,,,,.. - dj,l,uncs pnncipal.s ,!,> feuillet

iriteirniiinues omis Iimu' liuiUoiir a, In mes sucoiuln i'p<i ■ '\ M ln..w.ii, i . ■ ■ i l i • i .• i-

5,5, ,l«u.x pla„8.1c. Iil,n.s i>umu,>lair,; ,|„i .nnnt.° Z,, l'v.nlJs's.n^ I t.-r„M,.nu,. nr.lr.. ; 4, l.-».,.,,.- .lonUou ;

Dli L'iiSTOMAC, ti'2'6

coini)iis eiilre ces prolongemeiils est toujours rempli par des matières alimentaires très-atténu(5os, qui sont ordinairenieiit imprégnées d'une fort petite quautilé de liquide, souvent sèches, et quel<iuefois durcies en plaques compactes.

Structure. — La couche séreuse, dépendance du péritoine, n'ofl're rien de particulier ; elle ne tapisse pas complètement la face antérieure.

La Innique charnue, fortement fasciculée ne présente pas une grande épaisseur. Elle

FiG. 173. — Coupe d'une lamelle du feuillet {*). Fio. 174. — Coupe longitudinale d'une

grosse papille du feuillet (**).

est constituée par deux plans de fibres qui n'alfectent pas la même direction. Des dépendances de cette tunique charnue s'enfoncent dans l'épaisseur des lamelles qui remplissent les cavités de l'organe.

La membrane muqueuse est remarquable par l'épaisseur de son épilhélium stratifié et pavimenteux. Par ses replis, elle forme les prolongements lamelleux du feuillet. Ces prolongements possèdent une structure sur laquelle nous croyons utile d'insister un peu.

Les lames principales sont constituées par la muqueuse complète qui s'adosse à ellemême et par deux lames de fibres musculaires. Ces deux plans sont en regard l'un de l'autre, séparés à leur origine par un vaisseau transversal, et dans le reste de leur étendue, par des vaisseaux qui se dirigent vers le bord dès lames. Leurs fibres se détachent de la surface de la tunique charnue ou bien semblent, dans certains points, partir des couches profondes de celte tunique.

Les lamelles plus petites sont également formées par un repli de la muqueuse; mais les fibres musculaires (ju'elles peuvent présenter ne sont plus décomposables en deux plans.

Sur les lames du feuillet existent des papilles dont les dimensions varient, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut.

Les plus petites, celles qui montrent l'aspect de grains de millet, ont pour base un amas de tissu conjonctif condensé, dont les fibres superficielles sont disposées de façon

former une sorte de coque (fig. 173), Les plus grosses ont la forme d'une massue; elles reçoivent des vaisseaux, et, nous avons trouvé, dans le tissu conjonctif qui en constitue la base, des éléments à contours un peu irrégnliers munis do noyaux, que nous considérons coimne des cellides nerveuses ((ig. \ lh).

Le feuillet du Dromadnîre présente, au lieu de lamelles, de profondes aréoles; l'ouverture qui le fait communiquer avec la caillette est relativement très-étroite.

CA.ILLETTE (fig. 1(3(3, 1(37, 171). — Situation, forme, rapports. — La caillette,

(■) 1,1, plans uiiisMilnircs ; v, viiissenu; 2, l'iiitliéliiim ; 3,3, pn|iilles ilc pcliles iliniPiisions, nnvinillc>! et ilnrps, {") Fllf pn'spnln.ili'» ppHiiIps iiprvpiisPfl i"i !>on inir'iicnr.

/l2/i DE L'APPAUEir. DIGESTIF CHEZ LES MAMMIFliRKS.

OU franche-mule., vient après la panse pour la capacité. C'est un réservoir pirifornie, incurvé sur lui-même, allongé d'avant en arrière, situé à la suite du feuillet, au-dessus du sac droit du rumen. A droite, elle touche le diaphragme et l'hypochondre; à gauche, elle répond à la panse. La grande courbure, tournée en bas, reçoit l'insertion du grand épiploon. Ldi ijef.it c courbure, qui regarde en haut, donne attache au lien séreux que nous avons déjà signalé en parlant de la grande courbure du feuillet. Sa base est en contact avec le cul-de-sac du réseau, et se trouve séparée du feuillet par le rétrécissement, en forme de col épais, qui répond à l'orifice de communication des deux estomacs. Sa pointe, dirigée en haut et en arrière, se continue avec le duodénum.

Intérieur. — La caillette étant l'estomac proprement dit des Ruminants, la muqueuse étendue à son intérieur acquiert tous les caractères d'organisation qui distinguent celle de l'estomac des Carnassiers ou celle du sac droit dans le ventricule du Cheval. Cette membrane est donc molle, spongieuse, douce au toucher, vasculaire, rougeâtre, revêtue d'un mince épithélinm, et pourvue de glandules nombreuses pour la sécrétion du suc gastrique. Plus mince que chez les animaux monogastriques, cette muqueuse présente , par compensation , une étendue beaucoup plus considérable, et cette étendue est encore augmentée par de nombreux replis lamelleux. Ces replis, analogues à ceux du feuillet par leur constitution, croisent très-obliquement le grand axe delà caillette, et alTectent dans leur ensemble une certaine disposition spiroïde.

La caillette est percée de deux orifices : l'un, situé à sa base, aboutit dans le feuillet; le second, placé à l'opposé et beaucoup plus étroit, n'est autre chose que le pylore, circonscrit, comme chez les autres animaux, par un anneau musculeux.

Structure. — La membrane séreuse se continue avec les épiploons qui viennent aboutir à la grande et à la petite courbure du viscère. — Quant à la couche charnue, elle offre la même épaisseur que dans le feuillet. — Les caractères de la tunique interne ont été indiqués plus haut.

RÔLE DES ESTOMACS DES RUMINANTS. — Nous ne pouvous ni ne devons faire ici l'histoire complète des phénomènes de la rumination. Et même, malgré le soin que nous mettrions à abréger autant que possible l'exposition du mécanisme de ce phénomène, nous serions entraîné si loin de notre' domaine, que nous nous bornerons à dire en quelques mots quelles sont les principales attributions de chaque renflement gastrique.

Le rumen est un sac où les aliments pris pendant le repas sont mis comme en réserve, et d'où ceux-ci sont ramenés dans la bouche lors de la rumination, après s'être plus ou moins ramollis.

Le réseau participe aux fonctions du rumen, dont il n'est qu'une sorte de diverticulum. C'est surtout à l'égard des liquides qu'il joue le rôle de réservoir : les substances solides contenues dans cet estomac étant toujours délayées dans une grande quantité d'eau.

La gouttière œsophagienne amène dans le feuillet les substances dégluties pour la seconde fois, c'est-à-dire après la rumination, ou bien celles que l'animal ingère en trèspetite quantité pour la première fois.

Quant au feuillet, il achève la trituration et l'atténuation des aliments en les pressant entre ses lames.

La caillette, enfin, joue le rôle d'un véritable estomac chargé de la sécrétion du suc gastrique. C'est dans ce réservoir que s'opèrent les véritables phénomènes de la digestion stomacale.

DR l'intestin.

COMPARA1SON7dF. l'estomac. IIK. 1,'llOMMr. AVrX CKr.UI DES ANIMAUX.

Par sa forme, l'estomac de l'Iiommc se nippioclie beaucoup de celui des Carnasis; seulemeiil, l'iiiserlioa de l'œsophage ne présente pas un infundibulum aussi dii.aé. Il est situé dans riiypochondre gauche et allecte une direction presque horizon-

lali'.

Partout la nuiqueuse stomacale est rouge et glanduleuse. Les libres charnues sont . [imposées en trois plans comme chez les Solipédes; mais les plans superficiel et prol'ond sont spécialement alîectés au sac gauche,

DE 1,'INTESTIN (flg. 176. 177).

Le canal alimentaire se continue dans la cavité abdominale, à la suite de l'estomac, par un long tube replié un très-grand nombre de fois sur lui-même, qui vient se terminer à l'ouverture postérieure de l'appareil digestif. Ce tube n'est autre chose que Yintestin. i^vo'xi et d'un diamètre uniforme dans sa partie antérieure, qui prend le nom d'intestin grêle, il se renfle irrégulièrement et se bosselle à sa surface dans sa partie postérieure, qui s'appelle le gt^os intestin. Ces deux portions d'un même tout, si nettement délimitées chez tous les mammifères domestiques, ne se distinguent qu'imparfaitement l'une de l'autre par la nature des phénomènes digestifs qui se passent à leur intérieur. Nous les étudierons chez toutes les espèces qui nous intéressent et nous terminerons par un examen général et comparatif de toute la portion abdominale du canal digestif.

Pviqinyntion. — L'étude des intestins n'exige, à proprennent parler, aucune préparation spéciale, puisqu'il suint d'inciser la paroi inférieure de l'abdomen pour mettre ces viscères en évidence. Mais comme la masse qu'ils constituent est lourde et difficile à remuer, nous conseillerons d'en expulser le contenu, en employant un procédé analogue à celui qui a été signalé pour la préparalion de l'estomac : une ponction à la poinle du caecum sulTira pour permettre la sortie des substances accumulées dans ce réservoir ; celles qui remplissent le côlon replié seront retirées par une incision pratiquée vers la courbure pelvienne; c'est par le rectum qu'on fera sortir les matières fécales contenues dans Is côlon flottant; quant à l'intestin grêle, on le videra par trois ou quatre ouvertures, à peu près également espacées sur la longeur du viscère. Celte opération terminée, on insuffle les intestins pour leur donner à peu près leur volume normal; et la pièce ainsi préparée permet d'étudier avec la plus grande facilité la disposition générale de la masse intestinale à l'intérieur de l'abdomen.

Il sera bon aussi d'enlever cette masse hors du corps de l'animal et de l'étendre sur une table pour en isoler les diverses parties, étudier leur succession, et se rendre compte de leur forme.

1° De l'intestin grêle (fig. 176, 177).

Longueur. Diamètre. — L'intestin grêle est un long conduit qui, chez un cheval de taille ordinaire, peut avoir 22 mètres de longueur en moyenne sur 3 à /i centimètres de diamètre; diamètre qui est susceptible de varier, du reste, suivant l'état de contraction de la tunique musculeu.se de ce viscère.

Forme. — Ce tube est cylindrique, incurvé sur lui-même, et présente deux courbures : une convexe, parfaitement libre; l'autre concave, dite petite courbure, servant de point d'insertion au mésentère qui soutient l'organe. Cette disposition est telle que l'intestin grêle, sorti de la cavilé abdominale, débarrassé des liens séreux qui le suspendent, et distendu par de l'air ou de l'eau, se contourne naturellement en spirale.

Irujet et rapports.^ — L'intestin grêle part du cul-dc-sac droit de l'estomac, culde-sac dont il est séparé par le rétrécissement pylorique. A son origine même, il pré-

/,>2(i DK l'appareil DIGIiSTTF CHIiZ. UiS MAMMlFlUiLS.

seule une dilatalion qui, par sa forme, simule lout à fait un polit estomac, dont le courliures seraient inversement disposées à celles de l'estomac véritable. Placé à la faci postérieure du foie, ce rcnllement, létc de l'intestin grôlc,' donne naissance à une por lion plus étroite qui se dirige d'abord en avant, et revient brus(]uement en arrière, ei formant une anse, pour contourner ensuite la base du caîcum, du côté droit, et si porter à gauche en croisant transversalement la région sous-lombaire, derrière rarlèr( grande mésentérique, où cette jwrtion intestinale s'unit à l'origine du côlon flollan par un frein séreux très-court. L'intestin grêle gagne alors le liane gauche, et s'y log( en formant mille replis qui flottent librement dans la cavité abdominale, mêlés aux cir convolutions du petit côlon. La partie terminale du conduit, facile h reconnaître à 1; grande épaisseur de ses parois et à son plus petit diamètre, se dégage d'entre ces plis pour revenir à droite, et aboutir dans la concavité du caicuuj, au-dessous et un peu en dedans du point oi!i le gros côlon prend son origine.

Dans le langage de l'école, cette partie terminale prend le nom d'iléon; la portioni qui flotte dans le flanc gauche, c'est-à-dire la masse principale de l'intestin, s'appelle jéjunum; et la courbure que forme le viscère à son oi igine, depuis le pylore jusqu'à la grande mésentérique, est désignée ])ar la dénomination particulière de duodénum. Cette division classique de l'inteslin grêle est tout à fait arbitraire, et ne mérite guère d'être conservée; on pourrait tout au plus distinguer dans cet intestin une portion fîx( ou duodénale, et une portion flottante.

Moyens de fixité. — L'inteslin grêle est maintenu dans sa position, à ses extrémités, par l'estomac et le cœcum. iMais son principal moyen de fixité consiste dans un vaste repli péritonéal (|ui doit à son usage le nom de mésentère. Cette lame séreuse présente d'abord une partie antérieure très-étroite, soutenant le duodénum, qui est ainsi fixé de manière à ne pouvoir éprouver de déplacements considérables; continue en avant avec l'épiploon liépato-gastrique, cette portion du mésentère se détache successivement de la base dn foie, de la face inférieure du rein droit, ou même du contour extérieur de la base du cœcuiTi, puis de la^ région sous-lombaire, pour se confondre bientôt avec le mésentère principal. Celui-ci est d'autant plus large, qu'on le considère plus près de l'extrémité caecale. Il part, comme d'un centre, du pourtour de la grande mésentérique pour se développer dans toutes les directions, et s'insérer sur la petite courbure de la portion flottante du viscère. La grande longueur de cette insertion fait que, pour étendre exactement le mésentère dans toutes ses parties, on doit le disposer en forme de spire ou de pas de vis autour de son point de départ. Il est ii remarquer que l'extrémité terminale de l'intestin est contenue entre les deux feuillets séreux du mésentère, à une certaine distance du bord libre de celui-ci. Ce repli péritonéal forme donc à ce point, du côlé opposé à son insertion sur le tube intestinal, un frein particulier qu'on voit se porter sur la face antérieure du Ctecum.

Intérieur. — L'intérieur du tube cylindrique formé par l'intestin grêle, présente des plis longitudinaux qui s'effacent par la distension, excepté vers l'origine de la portion duodénale. Ceux qu'on rencontre à cet endroit possèdent, quoi qu'on ait pu dire, tous les caractèi-es des valvtdes connioentes de l'homme ; ils résistent, en efl'el, à l'elTort des tractions exercées sur les membranes intestinales, et sont tous constitués par deux feuillets inuqueux adossés, entre lesquels existe du tissu conjonclif en abondance.

La surface intérieure de l'intestin grêle offre encore à étudier une multitude de villosilés et d'orifices glanduleux ou lolliculeux, dont il sera question plus loin.

Elle communique avec celle de l'estomac par l'orifice pvl()ri(iuc, et avec colle du

I DE l'intestin. /l'i7

, a'cuii» au moyen d'une ouverlure qui faii saillie à l'intérieur de ce réservoir, comme un robinet dans un tonneau. Cette saillie, assez peu prononcée, est formée par un ivpli uuiqueux circulaire que dos libres ciiarnues rcnl'orcent extérieurement ; on la iKiinmc la valvule iléo-cœcule ou de Baukin. Deux autres orifices viennent s'ouvrir riicore à la surface de l'intestin grêle, dans la portion duodénale, à la dislance de 12 à 20 centimètres du pylore : l'un est l'emboucburc conmuuie au canal cholédoque el au principal conduit pancréatique, l'autre celle du conduit pancréatique accessoire.

Structuhe. — Trois tuniques forment les parois de l'inleslin grêle, comme celles Ides autres viscères creux de la cavité abdominale.

1° Membrane séreuse. — Elle enveloppe l'organe de toutes parts, excepté vers la petite courbure, qui reçoit l'insertion du mésentère ; elle adhère intimement aux faces et à la grande courbure.

2° Membrane charnue. — Doublée à l'intérienr d'une lame de tissu cellulaire condensé, cette membrane, la moyenne par sa position, comprend deux plans de fibres : l'un, superficiel, est formé de fibres longitudinales uniformément répandues sur toute la surface du viscère; l'antre, profond, se trouve composé de libres circulaires qui font tuite à celles du bourrelet pylorique.

3° Membrane muqueuse. — Cette tunique, extrêmement intéressante dans son étude, est molle, spongieuse, très-vasculaire, d'une texture fort délicate et d'une couleur jaune rougeàlre. Sa face externe adhère d'une manière peu intime à la couche imusculeuse. Sa face libre oiïre les viiiosités et les orifices g^anduleux on folliculeux que mous avons déjà signalés.

Elle comprend, dans' sa structure, un revêtement épithélial et un derme muquenx,

La couche épithéliale est formée par une seule rangée de cellules cyfindriques implantées par leur sommet sur la surface du derme; elles s'enfoncent à l'intérieur des orifices qui s'ouvrent sur celle-ci. La base de ces celluies présente un bourrelet amorphe, qui, en se réunissant, semble représenter une lamelle mince étalée sur la face interne de l'intestin.

Le derme muqueux, épais et lâche dans sa profondeur, est constitué par des faisceaux de tissu conjonctif mélangés à des fibres élastiques et h des éléments lymphoïdes. Il offre à sa face libre des saillies (viiiosités) et des dépressions (|ui répondent à des glandes. Il possède une couche musculaire dont les fibres lisses ailectent une disposition analogue à celles de la membrane charnue. Enfin,- il renferme des follicules clos, des réseaux vasculaires et nerveux. Étudions maintenant chacune de ces parties.

Les î;«7/oszVes sont des appendices foliacés ou coniques, qu'on trouve d'autant plus développés que le tube intestinal est plus court ; aussi sont-elles à leur summum de longueur chez les Oiseaux et les Carnassiers, tandis qu'elles se présentent à l'état rudimentairc chez tous les Ruminants. Quelle que soit, du reste, la petitesse de leurs dimensions, elles restent toujours visibles à l'œil uu. Leur nombre est considérable ; on les a comparées avec raison à un gazon lonlTn. Étudiées dans leur structure, les viiiosités intestinales se montrent formées d'une petite masse de tissu conjonctif embryonnaire, au centre de laquelle on trouve un ou plusieurs vaisseaux lymphatiques, avec un magnilique réseau de capillaires sanguins sur la périphérie, le tout coiffé d'une gaine épithéliale complète.

Les orifices percés sur la muqueuse intestinale appartiennent soit aux glandes de Brunner, .soit aux glandes de Lieberkuhn.

Les fjlandes de firunner forment comme une couche continue .sons la muqueuse

/l2S W. r.'APPAniiIL DIGESTIF CWZ LliS MAAIMII'ÈRES.

rliiodt'iiale. Ce sont des grains glanduleux exactemcnl semblables dans lenrorganisalioi iuwaciiii des glandes salivaires: rliaciin de ces grains possède un canal excréleiii extrêmement court ([iii traverse Ja mu(|ueuse d'outre en outre.

Les glandes fk Licbnrkûlin ou de Galcali, placées dans l'épaisseur même de 1, membrane intestinale, se distinguent parleurs dimensions microscopiques, leur nombre considérable et leur forme tubuleuse, qui a fait comparer chacune d'elles à un doide gant, implanté perpendiculairement dans la muqueuse et ouvert à la surface libre di cette membrane. On les trouve dans toute l'étendue de l'intestin. lilles sont tapisséi.' intérieurement par un épilhélium cylindrique.

FiG. 175. — Structure de l'intestin grêle (*).

Les follicules solilaires sont des grains arrondis, saillants, et visibles à l'œil nu: Ih sont assez rares dans l'intestin grêle. On les retrouve en plus grande abondance dansi la parlie postérieure du gros intestin. Ces follicules solitaires sont formés par un amaa d'éléments lymphoïdes enveloppés de quelques faisceaux condensés de tissu conjonctif.

cniiiH. sui une lis.in! do 1 mtoslin ilo ,.,.| imiiiml .lisposcV .•ommo In lî^iiir l(i3.

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dl: L'l^ riis'JiN.

\ li'iir niveau, la imi(|iu'usc osl légôrcrnciil niiibili(|iu''i' cl privée de villosilés cL de ^liindesde Liobcrkulin ; celles-ci sont disposées en cercle autour des follicules, corona nliidonmi.

r.es follicules agminés ne sont autre chose que des follicules solitaires rassemblés siir lui esjKicc liuiité, où ils constituent ce que l'on a appelé les glandes de Pei/er ou ,1c Peddin, les plaques gaufrées. Absenles dans le diiodéiuiui et même au comnience- , lueiil du jcjuiuim, ces glandes, an nombre d'une centaine environ, sont très-irrégulièrement espacées à la surface interne de l'intestin, du côté de la grande courbure, en îtregardde l'insertion du mésentère, où on les trouve presque toujours. Leur forme est ovale ou circulaire. Les petites n'ont guère que quelques millimètres carrés d'étendue ; le diamètre des plus grandes va jusqu'à .'i centimètres.

/(" \'aisseau.c et nerfs. — L'intestin grêle reçoit ses artères de la grande niâserUcr/y«e presque exclusivement. L'une d'elles, destinée au duodénum, provient du Ivonc : cœliaque. Ces artères forment un réseau sous-muqueux d'où partent des branches en dehors et en dedans, destinées, les premières à la tunique musculaire et à la tunique 'Séreuse, les secondes aux glandes et aux villosilés. On trouve un réseau tubuleux autour Ide chaque glande de Lieberkiihn, dans chaque villosité, et un réseau sphérique autour des follicules clos; ce dernier abandonne des anses qui arrivent jusque auprès du

i centre des follicnles. — Les veines ont la même disposition, et aboutissent dans la veine porte.

lymphatiques constituent trois réseaux superposés dans la membrane muqueuse. Le premier est situé autour des orifices glandulaires; il reçoit le chylifère central de i chaque villosité; le second est placé entre la couche glandulaire et la couche niuscujilairc de la muqueuse; enfin, le troisième existe dans la partie profonde de la muiiqueuse; ce dernier communique avec les mailles qui entourent les follicules clos. Les 1 vaisseaux plus volumineux qui émergent de ces trois réseaux percent les parois de l'intestin, rampent avec les vaisseaux sanguins entre les lames du mésentère, iraverisent les ganglions mésentériques et se jettent dans le réservoir de Pecquet.

Les ?7e?"/s proviennent du plexus solaire. Ils forment un plexus sous-muqueux et un \ iile.vis mijentérique, compris entre les deux plans de la tunique musculaire. On trouve I des ganglions microscopiques sur le trajet de ces nerfs.

! DÉVELOPPEMENT. — L'intestin grêle apparaît de fort bonne heure dans le fœtus.

1 II conserve, pendant toute la vie fœtale", chez les herbivores, une prédominance fort

I remarquable sur le gros intestin, prédominance également marquée dans les vaisseaux qu'il reçoit, car nous avons trouvé, sur un fœtus de cinq mois, que l'ensemble des artères de l'intestin grêle é(iuivalait à dix fois environ le volume des artères du caecum

• et du côlon.

Fonctions. — C'est dans l'intestin grêle que s'achèvent, sous l'innuencc des sucs ' versés à sa surface intérieure, par les glandes hépali(iue, pancréatique et intestinales, les transformations moléculaires qui constituent les actions digestives proprement dites. C'est aussi dans cet intestin que commence l'absorption des sucs nutritifs et des boissons, absorption dont les villosilés inlestinalos repré.senleut les organes essentiels.

2" Du gros intestin.

f.e gros inloslin counnenco par un vaste réservoir en cul-dc-sac nonnné cœcuui. 11 se citutinue par le côlon, dont l'extrémité postérieure est suivie du rccttiiii. Il est séparé de l'intestin grêle \y,\y la valvule iléo-cœcale.

DE L'APPAIŒIL DIGtSTIl- CHEZ l,ES MAMMIFÈRES.

A. Cœciim (Ug. 170, 177).

Situalioiu direction. — C'est un sac lrè's-;iiiii)lc cL allongé (|iii occupe l'Iiypoi chondrc dioil, où il affecte une direction oblique de liaul en i)as et d'arrière eu avanl.l

Dimension, capacité. — Sa longueur est de 1 nièlre environ; sa capacité, dd 35 litres en moyenne.

Forme, surface extérieure. — Le sac allongé (jue repré^senle le cuicuni est dil forme conique, terminé en pointe inférieuremcnl, renflé el incurvé en crosse à surJ cxirémité su|)érieure. Il offre à sa surface extérieure une grande quantité de sillons circulaires inierrompns par des bandes charnues longitudinales, (|u'on trouve au nombre de ([uatre dans la partie moyenne de l'organe, et qui disparaissent à une distance plus ou moins rapprochée des extrémités, l.c fond de ces sillons répond nécessairemenli a des saillies intérieures. On les fait disparaître en détruisant les bandes longitudinales, et le caecum s'allonge alors considérablement. Ils sont donc dus à la présence de ce;: cordons rubanés, qui mainliçnncnt ainsi l'organe plissé transversalement, el semblent! avoir pour destination de le raccourcir en lui conservant la même étendue de surface.

Bnpports. — Pour l'élude des rapports, on divise le caecum en trois régions :

1" V extrémité mpérieure, h base oa V arc, ou mieux encore la crosse, présente dans la concavité de sa courbure, concavité tournée en avant, l'insertion de l'intestiui

FiG. 176. — Vue générale des intestins du cheval (l'animal a été ouvert du côté droit, et la courbure pelvienne sortie de la cavité abdominale avec une porlion de l'intestin grêle) (*}.

grêle et l'origine du côlon. Placée dans la région sous-lombaire, elle répond supérieurement au rein droit ot au pancréas, par l'intermédiaire d'un ti.ssu conjonclif abondant.

C. rMinrl.iiiM. stf.i nnln . Il i„. .■ 1'"""", 1j, online iHi culiiii l'oiil,,.; .• , nviu iiMT piir i lii ('"Inii replié';

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Uli l'intestin.

, dehors, cllo loiiclu; la paroi (lu flanc droit, et est conlouriiéc par le (iiiodéiiuni. IJu j côté interne, elle adlière, par du tissu cellulaire, à la lerniinaison du gros côlon, et se met en rapport avec les circonvolutions de l'intestin grôie.

'1° La parlie moyenne se trouve en rapport, en dedans, avec ces mêmes circon\()- Jiitions et le côlon replié; en dehors, avec le cercle cartilagineux des fausses côtes, dont . elle suit la courbure.

3° L'extrémité inférieure ou h pointe s'appuie ordinairement sur le pi olongement ihdoniinal du sternum. Mais, comme elle est libre, et peut flotter en tous sens dans la riivité abdominale, il arrive souvent qu'elle se déplace de cette position.

Moi/cns de fixité. — Le cœcum est (ixé à In paroi sous-lombaire et à l'extrémité icrininale du gros côlon par une large surface adhérenlc. Tout autour de cette surface >e replie le péritoine qui se porte sur l'organe pour en constituer le revêtement séreux. I n sautant du caecum sur l'origine du côlon, celle tunique forme un frein particulier iiès-court et très-peu prolongé, désigné parle nom de méso-ccecum.

Intérieur. — Vu à l'intérieur, le caecum offre à étudier les valvules ou saillies trans- \( rses qui répondent aux sillons extérieurs. On sait déjà qu'elles sont dues à de simples plis circulaires, comprenant dans leur épaisseur les trois membranes de l'organe, I l ([uc, bien différentes des valvules conniventes de l'iniesiin grêle, elles sont susceptibles de s'eilacer par la distension, pour reparaître ensuite en nombre et en position \iiriables.

Deux orifices, placés l'un au-dessus de l'autre, s'ouvrent sur la surface intérieure (hi cœcum, au point qui répond à la concavité de la crosse. Le plus inférieur représente l'ouverture terminale de l'intestin grêle, ouverture percée au centre de la valvule iléo-cœeale, dont on a nié la présence dans les animaux domestiques pnr une fausse appréciation des analogies, et qui n'est autre chose que la saillie déjà décrite à la lerminai.son du petit intestin. Le deuxième trou, placé à ti ou 5 cenliniètrcs environ

I au-dessus du précédent, et froncé à son pourtour, fait communiquer le cœcum avec le côlon; il se montre on ne peut plus étroit si on le compare à la capacité du canal

: dont il forme l'origine.

Structure. — La tvnique séreuse ne donne pas lieu à des considérations autres que celles exposées à propos des moyens de fixité propres au caecum. — La musculeusc est formée de libres circulaires, croisées extérieurement par les cordons charnus longitudinaux qui tiennent le viscère plissé en travers. — La muqueuse est plus épaisse que celle de l'intestin grôle, et s'en distingue encore par l'absence des glandes agminées et de Brunner. On y retrouve les follicules solitaires et les glandes de Lieber-

' kuhn, avec de très-rares villosités intestinales. — Les vaisseaux sanguins na sont autre chose que les artères et les veines cœcalcs. — Les lymphatiques gagnent la citerne

•sous-lombaire. — Les nerfs viennent dn plexus de la grande méscntérique.

Fonctions, — Le caecum sert de réservoir pour les quantités énormes de boissons

■ avalées parles animaux herbivores. Ces boissons, dans leur passage rapide à travers l'estomac et l'intestin grêle, échappent en grande partie à l'aclion absorbante desvillo-

• sités, et viennent s'accumuler dans le caecum, où elles lavent pour ainsi dire la masse d'aliments qu'elles y rencontrent, en l'épuisant dos matières solublcs et assimilablos

i f|uc cette masse contient encore pour pénétrer eiisni le dans le torrent de la circulation par riininen.se sin face d'absorption que forme la muqueuse du gros intestin. Il ne

I paraît pas que les aliments subissent dans le ciccuni aucune transformation, toutes les

' mutations moléculaires qui constituent l'action digeslive proprement dite étant ache-

' vées(|uand la pâte alimentaire arrive à l'intérieur de ce viscère.

l/Al-l'Alllill. DlCIiSTli'- CllK/. l.liS MAMMIl'-liltliS.

FiG. 177. — Vue générale des intestins du clieval {l'animal est sur le dos et la masse intestinale»

est déployée) (*).

(') A, ilii'j(l''tiiini II son iKissiiirp tli'i'i-ii'fR tu "i-n..! , ... ■ é. .

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DE L'iNTliSTlN.

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