‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 128 sur 262 · APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL RESPIRATOIRE

se reproduit, à l'état rudimenlaire, chez les oiseaux de basse-cour, car leur dernière^ pièce trachéale, légèrement renflée, oiïre, du côté de l'origine des bronches, une larae< membraneuse dont la vibration produit les cris ou le chant. Quelques autres parlicula-, rites singulières, relatives à la trachée, mériteraient encore d'être décrites ici si ellesf n'étaient l'apanage exclusif de quelques animaux sauvages. Contentons-nous d'indiquen la présence du tambour osseux qui existe à l'extrémité terminale de la trachée chez let Canard siffleur, et les remarquables circonvolutions décrites par ce tube dans l'épaisseur du bréchet chez les Grues et les Cygnes mâles.

Les bronches n'offrent plus, dans leur structure, que des anneaux incomplets. Elles se plongent dans le poumon en pénétrant par la face inférieure de celui-ci, qu'elles* atteignent vers l'union de son tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs. Nous reviendrons, en décrivant l'organe pulmonaire, sur leur mode de ramescence, et Ui nature des rapports qu'elles entretiennent avec le tissu propre de cet organe.

Des POUMONS. — Voici comment les décrit M. Sappey, dans son remarquable mémoire (1) :

« Les poumons de l'oiseau sont situés sur les parties latérales des vertèbres du dos» qui les séparent, et adossés à la voûte de la cavité ihoracique^ à laquelle ils adhèrent; leur couleur rosée rappelle celle que ces organes présentent chez l'homme et les mammifères pendant la durée de la vie intra-utérine et quelque temps après la naissance;, ils sont surtout remarquables par les proportions restreintes de leur volume, qui représente à peine la huitième partie de la capacité du thorax. Leur configuration s'éloigne à la fois et de la forme conique qu'affectent les poumons des mammifères, et de la il forme ovoïde qui est propre aux poumons des reptiles; elle est semi-ellipsoïde : en op- j posant base à base les deux poumons d'un mammifère, on pourrait la reproduire; pour ^ obtenir les mêmes résultats avec les poumons d'un reptile, il faudrait les diviser dansle sens de leur grand axe.

» Cette forme permet de distinguer, sur les poumons de l'oiseau, deux faces : l'une convexe, l'autre concave; deux bords : l'un interne, l'autre externe; deux extrémités; l'une antérieure, l'autre postérieure.

)) La face convexe, appelée aussi face dorsale, costale ou supérieure, correspond! en dedans aux vertèbres dorsales, et en dehors aux côtes et aux muscles intercostaux ; , elle se moule exactement sur les parois du thorax, et comme les côtes font saillie à lai surface interne de ces parois, il en résulte que la face costale des poumons est creusée ■ de sillons transversaux qui lui donnent un aspect lobulé ; mais ces lobes ou lobules, n'offrent rien de commun avec ceux qui composent l'organe de l'hématose chez les . mammifères. Dans cette dernière classe, l'existence des lobes et des lobules pulmonaires est un fait réel qui reconnaît pour cause la division dichotomique des bronches; dans les oiseaux, elle est seulement apparente et dépend de l'épaisseur moindre que présente le poumon au niveau de chaque côte. Cette face, complètement injperforée, est recouverte d'une couche mince de tissu cellulaire qui l'unit à la voûte du thorax.

» La face plane ou concave regarde en bas ; elle est en rapport avec le diaphragme, qui la sépare des viscères du thorax et de l'abdomen; de là les noms de /«ce inférieure, diaphragmatique ou viscérale, sous lesquels elle sera désignée. Comme la précédente, elle est tapissée d'une couche de tissu cellulaire à grains très-fins, qui établit ses adhérences avec le diaphragme; mais elle en diffère par les orifices qu'elle présente, orifices qui sont au nombre (ie cjnq. et qui constituent de véritables canaux à

(1) Sappey, Recherches sur l'appareil respiratoire des oiseaux. Paris, ISàl.

DE L'APPARlilL RESPIRATOIRE CHEZ LES OISEAUX.

travers lesquels l'air atmosphérique fluc et reflue sans cesse du poumon vers les réservoirs, et de ces réservoirs vers le poumon.

.) Les bords sont parallèles à l'axe du corps; l'interne est rectiligne, épais el mousse ; l'externe convexe, mince et tranchant.

.) Des deux extrémités, l'antériewe, très-aiguë, occupe l'angle rentrant formé par • le rachis en dedans et la première côte en dehors ; la poslériewe, plus considérable, affecte une forme arrondie, d

Sous le rapport de la structure, ce qui distingue le poumon de l'oiseau de celui du mammifère, c'est le mode de distribution et de terminaison des canaux aériens. En effet, chez les mammifères, les gros tuyaux broncliiques, placés au centre du poumon, envoient leurs divisions vers la surface de l'organe, c'est-à-dire que ces divisions sont centrifuges; dans les oiseaux, ces mêmes tuyaux sont disposés à la périphérie du poumon, et envoient vers le centre leurs différents rameaux, qui offrent ainsi la disposition centripète. D'un autre côté, la division en arborisation des canaux bronchiques chez les mammifères est remplacée, dans les oiseaux, par la ramescence penniforme. Enfui les brouchules terminales, au lieu d'aboutir à une série de vésicules closes, comme chez les manmiifères, s'anastomosent dans les oiseaux les unes avec les autres, de manière à former un réseau aérien inextricable.

Voici, du reste, comment M. Sappey a développé les connaissances acquises sur cet intéressant sujet :

a Parvenu dans le tissu pulmonaire, il (le tronc bronchique) se dilate, se divise, se rétrécit progressivement en suivant sa direction primitive, et gagne ainsi l'extrémité postérieure de l'organe, ofiil-se termine en s'ouvrant dans le réservoir abdominal.

» Ce tronc aérlfère présente donc deux portions bien distinctes, l'une extra-pulmonaire et l'autre intra-pulmonaire.

» La première offre la plus grande analogie avec les bronches des mammifères; comme celle-ci, en effet, elle est membraneuse à sa partie interne, élastique et fibreuse dans le reste de son étendue, pourvue en dehors de cerceaux cartilagineux qui embrassent les trois quarts de sa circonférence, et doublée à l'intérieur par une membrane muqueuse que caractérisent sa couleur d'un rose pâle et son adhérence très-prononcée.

» La seconde diffère de la précédente par ses dimensions, sa forme et sa structure. Ses dimensions sont plus considérables, ce qui résulte de la dilatation qu'elle éprouve à son entrée dans le poumon; prise au niveau de cette dilatation, le diamètre de la portion intra-pulmonaire est à celui de la portion extra-pulmonaire : : 3 : 2. A partir de ce renflement, elle diminue de capacité par l'émission des branches qu'elle fournit, et perd sa forme cylindrique pour prendre celle d'un cône tronqué à son sommet. Ses parois sont presque entièrement' dépourvues de cerceaux cartilagineux, en sorte que l'origine des principaux conduits est constamment membraneuse.

» Les conduits aérifères qui naissent de ce tronc commun, pour aller constituer la chai-pente du poumon, sont remarquables par l'uniformité de nombre, de forme et de direction qu'ils présentent dans toutes les classes d'oiseaux. On en compte généralement douze, dont les origines sont ainsi réparties : quatre prennent naissance sur la paroi interne du tronc par une série d'orifices placés les uns à la suite des autres; sept se détachent de sa paroi externe par une seconde série d'orifices également disposés en séries linéaires; le douzième part de sa paroi inférieure, et se dirige aussitôt en bas et en dehors, pour aller s'ouvrir dans le réservoir diaphragmatiquc postérieur.

jjQ^ APPAREIL UI'SPIRATOIRE.

Ce dernier pourrait être considéré comme une branche de terminaison du tronci principal.

.) Tous les canaux qui ont pour point de départ les orifices disposés en séries^ linéaires sur les parois interne et externe du tronc [générateur offrent cette disposition ij commune, qu'ils se portent dès leur naissance à la périphérie du poumon, qu'ils se divisent et se subdivisent sur cette périphérie, qu'ils la recouvrent de leurs ramifica--; tiens adossées, et ne l'abandonnent, pour rentrer dans le parenchyme pulmonaire, qu'après avoir subi dans leur volume une réduction considérable.

» Les conduits qui partent des orifices situés sur la paroi interne du tronc aérifère se ramifient sur la lace inférieure du poumon; ceux qui font suite aux orifices échelonnés sur la paroi externe se distribuent sur la face opposée. Les premiers constituent les bronches diaphragmatiques, et les seconds les bronches costales.

» Les bronches diaphragmatiques, au nombre de quatre, comme les orifices qui leur donnent naissance, peuvent être distinguées par les noms numériques de première, seconde, troisième et quatrième, en procédant d'avant en arrière ; la première bronche diaphragmaiique se porte horizontalement en avant, la seconde transversalement en dedans, la troisième obliquement en dedans et en arrière, la quatrième directement en arrière. En ayant égard à leur direction divergente, qui rappelle la forme d'un éventail, on pourrait aussi les désigner sous les dénominations de bronches diaphragmatiques antérieure, interne et postérieure. Pour dill'érencier ces deux dernières, nous appellerons grande bronche diaphragmaiique postérieure celle qui se dirige obliquement en arrière et en dedans, qui est en effet beaucoup plus volumi neuse, et petite bronche diaphragmaiique postérieure celle qui se porte directement en arrière.

■) Les bronches costales, au nombre de se|)l, peuvent être aussi désignées sous les noms de première, seconde, troisième, etc., en procédant d'avant en arrière; parallèles à leur origine, et juxtaposées à la manière de tuyaux d'orgue, elles s'écartent après avoir parcouru un certain trajet, et affectent, par celte dft'ergence, la forme en éventail que nous avons déjà observée dans la disposition des bronches diaphragmatiques. Comme ces dernières, les bronches costales deviennent périphériques dès leur naissance; comme elles aussi, elles rayonnent du centre à la circonférence. La première-bronche costale se porte très-obliquement en haut et en dedans pour atteindre l'extrémité antérieure du poumon ; tous les rameaux qu'elle fournit naissent de sa paroi antérieure; ceux qui sont les plus rapprochés de son origine s'inlléchissent pour gagner le bord externe de l'organe; les suivants se dirigent en avant, les autres en avant et en dedans; tous ces rameaux marchent à la rencontre de ceux qui proviennent de la bronche diaphragmaiique antérieure, mais ils ne s'anastomosent point avec eux • les uns et les autres, parvenus au contact, se plongent dans le tissu pulmonaire, de telle sorte que, lorsqu'oii insuffle le poumon, on observe entre ces deux ordres de ramifications un sillon très-manifeste et parfaitement distinct de ceux (pii sont dus à la saillie des côtes; ce sillon représente évidemment, mais à l'élat rudimentaire, les scissures interlobaires du poumon des quadrupèdes.

» La deuxième, la troisième et la quatrième bronches costales suivent une direction ransversale et se ramifient sur le bord interne du poumon; la cinquième et la sixième s'inclinent vers l'extrémité postérieure de cet organe; la septième, très-petite, aileinl cette extrémité et s'y épuise.

..La première bronche costale est la plus volumineuse; les suivantes diminuent graduellement de calibre. A leur point d'émergence, elles adhèrent d'une manière

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assez iiiiime aux côtes. Toutes sont inipeii'orces et se distinguent essentiellement par cette iiuperfoi ation générale de celles qui occupent la face opposée.

I) Les canaUcules aérifevesi « fournis par ces tuyaux principaux » ne diffèrent pas sensiblement de calibre dans les diverses bronclies : ceux qui naissent des canaux les plus volumineux, comme ceux qui proviennent des plus petits, ceux qui occupent l'origine d'une bronche, comme ceux qui émanent de ses ramifications, offrent un égal diamètre; leurs dimensions sont seulement en rapport avec le volume total du poumon. Tous se détachent à angle droit de la paroi pulmonaire de chaque bronche et se jettent perpendiculairement dans le poumon; tous, depuis leur naissance jusqu'à leur terminaison, conservent le même diamètre, et par conséquent la même forme cylindrique. Si l'on compare ce mode de ramification avec celui qu'on observe dans les mammifères, on voit qu'il en diffère considérablement. Dans cette dernière classe, les conduits aérifères affectent la division dichotomique propre aux artères et aux veines; le résultat de toutes ces divisions est une série de canaux à capacité décroissante, dont l'ensemble est arboriforme. Dans les oiseaux, on n'observe que deux ordres de conduits ; les uns, primitifs et périphériques, disposés sur un axe générateur comme les barbes d'une plume sur leur tige; les autres, secondaires et parenchymateux, implantés sur la paroi pulmonaire des premiers, comme les poils d'une brosse sur leur base commune. Ces deux dispositions sont évidemment semblables; seulement les canaux périphériques, qui sont peu nombreux, ne forment de chaque côté qu'une rangée unique, tandis que les canalicules, qui sont très-multipliés, en forment plusieurs. Par conséquent, ou peut dire que le mode de ramification propre aux mammifères est essentiellement dichotomique, et celui qu'on observe chez les oiseaux essentiellement penni forme.

» Indépendamment des canalicules qui viennent de la paroi pulmonaire des bronches diaphragmatiques et costales, il en est d'autres qui naissent directement du tronc générateur; mais ces derniers, par leurs dimensions, leur direction, leur forme et leur disposition générale, ne diffèrent nullement des précédents.

') Quel est le mode de terminaison de tous ces conduits? Malgré l'importance que présente cette question, elle a été généralement négligée; et cependant, de sa solution seule pouvaient naître les analogies et les différences nécessaires pour le parallèle qu'on a voulu de tout temps établir entre le poumon des oiseaux et celui des autres vertébrés: nos recherches spéciales pour arriver à des données précises sur ce point d'anatomie nous conduisent à conclure que tous les canalicules aérifères s'ouvrent les uns dans les autres, et constituent, par ces anastomoses, un plexus inextricable, dont les diverses parties communiquent entre elles. »

Oisons pour terminer que c les parois des canalicules pulmonaires, examinées à la loupe, paraissent hérissées à l'intérieur de saillies, de cloisons irrégulières qui circonscrivent (les aréoles et leur doimejit un aspect ccUuleux. »

Des iifiSERVOiRS AfauENS (1). — « Dans les oiseaux, la muqueuse pulmonaire se continue, au niveau des orifices que i)réscnte le poumon, avec des cavités utriculiformes qui se développent entre les parois du thorax et de l'abdomen d'une part, et les viscères thoraciques et abdominaux de l'autre.

» Ces réservoirs aériens existent dans tous les vertébrés de la seconde classe. Dans tons, ils sont situés à la périphérie des viscères du tronc, de telle sorte (|ue Carus a pa dire avec raison que les poumons chez les oiseaux renferment tous les autres

(1) Ce que nous disons de ces réservoirs est encore tir6 du mémoire de M. Sappcy (Kcclierc/tes ■lur l'appareil respirnloirt; des ninenux. Paris, i^lil, in-4).

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