‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 129 sur 262 · APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL RESPIRATOIRE

viscères; de telle sorte encore que lorsqu'ils se distendent par l'entrée de l'air, ils ont pour effet commun d'abaisser ces viscères en les repoussant vers le plan médian. Dans tous, ils sont indépendants les uns des autres, et en libre communication, soit avec b poumon par un orifice unique, soit avec les os par une ou i)lusieurs ouvertures. Danstous, enfin, ils se présentent au nombre de neuf.

» Ces réservoirs sont : le sac thoracique situé à la partie antérieure du thorax, les; deux reservoM's ceryzcawa; situés à la base du cou, les àexw réservoirs diaphragmatiques antérieurs placés entre les deux diaphragmes, les deux réservoirs diaphragmatiques postérieurs placés aussi entre les deux diaphragmes, en arrière des précédents, enfin les deux réservoirs abdominaux adossés à la paroi supérieure der l'abdomen. De ces neuf réservoirs, le premier est impair et symétrique; les autres^ sont pairs et semblablement disposés de chaque côté du plan médian.

» Les réservoirs thoracique et cervicaux sont situés au-dessous et en avant des pou-mons; les réservoirs abdominaux en arrière de ces organes, et les quatre réservoirs» diaphragmaiiques à leur partie inférieure entre les précédents; de là la dénomination) de réservoirs moyens sous laquelle nous désignerons quelquefois ces derniers par opposition aux premiers, que nous appellerons réservoirs antérieurs, et aux seconds, qui prendront le nom de réservoirs postérieurs. »

Conformation extérieure des réservoirs. — 1° Réservoir thoracique{Ùg. 20h,

2). — « Il est situé au-dessus des clavicules et de l'espace inler-claviculaire, dans la cavité du thorax, dont il franchit l'enceinte, pour se porter de chaque côté vers la racine des ailes autour de l'articulation de l'épaule. Ce réservoir est en rapport : en haut, avec la trachée et l'œsophage sur le plan médian, avec les poumons et l'origine des réservoirs cervicaux sur les parties latérales; en bas, avec le sternum, les clavicules et l'aponévrose inter-claviculaire; en arrière, avec le cœur et les réservoirs diaphragmaiiques antérieurs, au-dessous desquels il se prolonge, en formant de chaque côté une longue pointe; en avant, avec les téguments du cou, qu'il soulève en hémisphère chez les Palmipèdes, et qui se dépriment angulairemeni dans les autres classes; sur les côtés, avec les côtes sternales, les deux clavicules et la membrane qui les unit.

» Les prolongements qui naissent des parties latérales de ces réservoirs, et traversent les parois du thorax pour se porter autour de l'articulation de l'épaule, sont au nombre de trois; on peut les distinguer en inférieur ou sous-pectoral, supérieur ou sous-scapulaire, et moyen ou huméral.

» Le prolongement sous-pectoral (fig. 20h, D) sort du réservoir thoracique par un orifice situé en arrière de la clavicule postérieure, et se porte au-dessous du tendon du muscle grand pectoral, où il s'épanouit sous la forme d'une cavité lenticulaire. Les rapports qu'il affecte avec ce muscle sont remarquables : chez les oiseaux plus encore que chez Thomme et un grand nombre de quadrupèdes, le tendon du grand pectoral est formé de deux parties, l'une directe et l'autre réfléchie ; c'est entre les deux lames de ce tendon que ce petit sac aérien s'insinue en contractant avec elles une adhérence très-solide, adhérence qui a pour effet, au moment où le grand pectoral se contracte, de dilater la cellule sous-jacente et d'y appeler une plus grande quantité d'air.

» Les prolongements sot<s-scapulaire et /minéral communiquent avec le réservoir principal par une ouverture commune placée en arrière du petit muscle adducteur de l'humérus. Après avoir franchi cet orifice, le sac sous-scapulaire s'étale sous l'omoplate et le muscle sous-scapulaire, qu'il sépare des côtes et des inter-costaux correspondants; il se développe surtout dans le sens longitudinal.

DE l'appareil respiratoire chez les oiseaux. 507

» Le prolongement huméral occupe le creux de l'aisselle ; il est plus petit que les précédents, de forme pyramidale, et s'ouvre par son sommet dans une fosse infundibiiliforme qui conduit dans le canal de l'humérus.

» Le réservoir ihoracique diiïérc de tous les autres par les replis extrêmement nombreux qui cloisonnent sa cavité. La membrane qui le forme étant en effet continue à elle-même, tout organe qui traversera le thorax deviendra la cause d'une plicature dans laquelle elle l'emprisonnera en s'adossani à elle-même; et comme la cavité thoracique est traversée par la trachée et l'œsophage, par les muscles qui meuvent le larynx inférieur, par des artères et des veines, on comprend comment ce réservoir devient irrégulier par l'effet de ces divers cloisonnements, et comment aussi les autres sacs aériens situés entre les viscères et les parois du tronc, c'est-à-dire entre deux surfaces simplement contiguës, conservent la forme régulière qui leur est propre.

» Le réservoir ihoracique communique avec l'un et l'autre poumon par un orifice infundibul; forme situé sur le côté externe de l'embouchure de chaque bronche; cet orifice est dilaté au moment de l'inspiration par la contraction des deux premiers faisceaux du diaphragme pulmonaire. »

2" Rés&'voirs cervicaux (fig. 204, 1)1). — «Us sont situés au-dessus du précédent, à la partie inféiieure du cou et antérieure du poumon; insufflés après avoir été isolés des parties environnantes, ils se présentent sous la fornrte de deux cônes, dont la base arrondie .regarde en avant, et dont le sommet pédiculé se dirige en arrière.

» Supérieurement, ces réservoirs s'adossent aux muscles cervicaux.

» Inférieurement, ils correspondent au sac aérien du thorax, dont ils sont séparés par la trachée, l'œsophage, les nerfs pneumogastriques et les veines jugulaires.

« En dedans, ils sont juxtaposés, et constituent par cette juxtaposition une cloison médiane qui contient dans son épaisseur les deux artères carotides primitives.

» En dehors, ils sont en rapport avec l'origine des nerfs cervicaux, à chacun desquels ils fournissent une petite gaîne, avec l'artère vertébrale qu'ils entourent sans la contenir dans leur cavité, avec un muscle peaucier et la peau.

Par leur sommet, ils communiquent avec la bronche diaphragmatique antérieure.

» Par leur base, ils émettent un prolongement qui conduit l'air atmosphérique dans toutes les vertèbres du cou, dans toutes celles du dos, dans toutes les côtes vertébrales, et enfin dans l'intérieur du canal rachidien.

» Dans leur portion cervicale, ces prolongements se présentent sous la forme de deux conduits étendus de la base des réservoirs cervicaux à la base du crâne, où ils se terminent; parallèles et contigus aux artères vertébrales, ils habitent comme elles les canaux creusés dans l'épaisseur des apophyses transverses.

» De leur partie. externe naissent, au niveau des six dernières vertèbres cervicales, autant de diverticulums qui se portent de chaque côté, au milieu des muscles postérieurs du cou, s'adossent les uns aux autres, s'entourent d'une membrane fibreuse commune, et semblent former une sorte de canal à la partie inférieure de cette région ; mais lorsqu'on enlève la membrane fibreuse qui les entoure, il devient facile de les isoler; on reconnaît alors qu'ils sont complètement indépendants, et assez semblables à de petites cornues. Très développés chez les Palmipèdes, ils n'existent dans les autres classes qu'à l'état rudimentairc.

» Sur le côté interne des mômes conduits, on voit, au niveau de chaque vertèbre, un ou plusieurs orifices par lesquels l'air pénètre dans leur partie antérieure, et à la hauteur de chaque trou de conjugaison un autre orifice qui verse le même fluide dans le canal rachidien; de la communication établie par ces derniers orifices entre l'appa-

508 APPAUlilL KtSPIRATOIRli.

reil respiratoire et la cavité du racliis, il suit que chez les oiseaux la région cervicale est parcourue par trois courants atmosphériques, deux latéraux ou intra-transversaires, parallèles aux artères vertébrales, le troisième médian ou intra-rachidien parallèle à la moelle épinière.

» De même que le tissu médullaire est remplacé par un fluide aériforme dans les os des oiseaux, de même on pouvait penser que le liquide sous-arachnoïdicn était remplacé par ce même fluide autour de leur moelle épinière; l'observation justifie en eiïet

celte prévision : la dure-mère, dont la capacité est si supérieure au volume de la moelle chez les mammifères, mesure exactement le volume de cet organe chez les oiseaux, de telle sorte qu'il n'existe entre les surfaces fibreuse et nerveuse aucun espace qui puisse se prêter à une accumulation de liquide; ce fait anatomique suffit pour démontrer l'absence du liquide sous-arachnoïdien chez les oiseaux. En niant l'existence de ce fluide, nous devons ajouter que dans cette classe de vertébrés, comme dans la précédente, le prolongement rachidien est entouré d'une triple enveloppe ; que dans l'une et dans l'autre, entre la pie-mère et la duremère, on trouve une membrane mince et transparente, dont les parois sont lubrifiées par un fluide séreux; mais ici ce fluide ne se présente pas à l'état de collection, il humecte seulement les parois de l'arachnoïde.

» Considérés dans leur portion dorsale, les prolongements qui naissent des réservoirs cervicaux présentent une disposition tout à fait dilTérenie de celle

FiG. 20â. — Vue générale des réservoirs aériens que nous venons d'exposcr.

du canard ouverts par leur partie inférieure, et ., Le courant intra-rachidien, parvenu rapports de ces i eservoirs avec les principaux vis- . , , • ,

cères du tronc (*). au niveau du thorax, se ternime en pé-

nétrant dans la première vertèbre du dos; après avoir parcouru toutes les parties de cette vertèbre, ce courant en sort par un orifice latéral, et s'épanche dans un petit sac aérien situé entre les deux premières côtes à l'origine du premier nerf dorsal ; de ce sac, il passe dans la seconde vertèbre par un permis placé sur sa partie latérale pt antérieure, puis reflue de celle-ci dans un nouveau sac aérien développé entre la seconde et la troisième côte; et passant de la même manière dans la troisième vertèbre pour s'épancher dans un troisième sac inter-

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DE L'APPAlllilL KliSl'}»AT01Hli CllIiZ LliS OISliAUX. 509

coslal, il arrive de proche en proche jusqu'à la dernière vertèbre du dos. J)ans leur portion dorsale les prolongements émanés des réservoh's cervicaux forment donc aussi tloux courants, seulement ces courants sont constitués alternativement par les verlèhres et les petits sacs aériens placés sur leur partie latérale. En même temps que ces saccules reçoivent l'air de la vertèbre qui les précède, et le transmettent à celle qui les suit, ils communiquent ce fluide à toutes les côtes vertébrales.

» Dans aucun ordre d'oiseaux les courants aériens qui partent des réservoirs cervicaux ne communiquent avec ceux qui circulent dans le crâne. Les liquides injectés, soit par la portion aérienne du canal vertébral^ soit par les prolongements latéraux du cou, ne pénètrent jamais dans les os de celte cavité. Pensant que l'injection pénétrerait peut-être plus facilement en la chassant dans une direction inverse, nous avons perforé les os du crâne ; à cette perforation nous avons adapté l'extrémité d'une seringue d'acier remplie de mercure; mais le métal n'est point parvenu dans les prolongements aérifères du cou. De cette double expérience, nous avons dû conclure que les os du crâne n'ont aucune communication avec l'appareil respiratoire. »

3° Réservoirs diaphragmatiques antérieurs (fig. 20^, 3). — <- Placés entre les deux diaphragmes, ils correspondent : en avant, au réservoir thoracique, auquel ils sont adossés; en arrière, aux réservoirs diaphragmatiques postérieurs; en dehors, aux côtes et aux muscles in ter-costaux ; en dedans, au diaphragme thoraco-abdominal et à l'œsophage ; en bas, à la partie la plus reculée du réservoir thoracique; en haut, au diaphragme pulmonaire, qui les sépare du poumon correspondant.

» Ces sacs aériens communiquent avec l'organe de l'hématose par une ouverture circulaire, qui a son siège à l'origine même de la grande bronche diaphragmatique postérieure; souvent il existe une seconde ouverture de communication en dehors de l'embouchure du tronc aérifère ; ce réservoir est le seul qui reçoit l'air du poumon par un double orifice. »

lx° Béservoirs diaphragmatiques postérieurs (fig. 204, h). — « De forme ovoïde comme les précédents, situés comme eux dans l'inlervaile qui sépare les deux diaphragmes, ces sacs aériens sont en contact, par leur partie antérieure, avec les réservoirs diaphragmatiques antérieurs auxquels ils s'adossent pour former une cloison verticale et transversale. Tantôt cette cloison se porte un peu plus en avant, et alors le réservoir antérieur est plus petit : c'est ce qu'on observe particulièrement chez les palmipèdes. Tantôt elle s'incline en arrière, et alors le réservoir antérieur devient plus considérable : cette seconde disposition est particulière aux Gallinacés. Quelquefois enfin cette cloison divise l'espace intercepté entre les deux diaphragmes en deux cavités égales : les oiseaux rapaces nous offrent de nombreux exemples d'une semblable égalité.

" En arrière, ces réservoirs s'adossent aux sacs abdominaux, dont ils sont séparés par le diaphragme thoraco-abdominal ; en bas, ils répondent aux côtes sternales et aux parties latérales du sternum; en haut, au diaphragme pulmonaire ; en dedans, au diaphragme thoraco-abdominal ; en dehors, aux côtes vertébrales et aux muscles intercostaux.

') tine ouverture parabolique, située sur la partie moyenne du bord externe du poumon, ou un peu plus en arrière, établit leur comnumication avec l'organe de l'hématose. Cet orifice, remarquable par ses grandes dimensions, occupe l'extrémité terminale d'une bronche volumineuse, qui suit la direction du tronc générateur, de telle sorte que ce tronc semble se porter directement vers le réservoir diaphragmatique postérieur et s'y ouvrir à plein canal, d

510 APPAREtL RESPIRATOIRE.

S" Rései^oirs abdominaux (fig. 20^», 5). — « Les deux sacs aériens situés dans < l'abdomen se présentent, lorsqu'ils sont distendus par l'insufflation, sous la forme de deux énormes vessies, dont la capacité pour chacune d'elles diffère peu du volume du tronc. Situés entre les parois supérieure et latérales de l'abdomen d'une part, et les> viscères abdominaux de l'autre, ils ne peuvent se dilater sans refouler en bas et en i dedans la masse intestinale.

» Leur extrémité antérieure, continue au poumon, s'infléchit en quelque sorte pour passer sous l'arcade fibreuse étendue du rachis au bassin.

)) Leur extrémité postérieure, renflée et volumineuse, répond au cloaque. » En dehors, ils adhèrent par du tissu cellulaire au diaphragme thoraco-abdominal, aux parois de l'abdomen et à celles du bassin.

0 En dedans, ils sont en contact avec la masse intestinale et les testicules ou les ovaires. ') En bas et en avant, ils s'appuient sur une cloison fibreuse qui divise chez tous les oiseaux la cavité abdominale en deux cavités plus petites, l'une antérieure, qui représente l'abdomen et qui loge le foie, l'autre postérieure, qui représente le bassin et qui loge l'estomac et les intestins. Cette cloison fibreuse, extrêmement remarquable dans les grands oiseaux, et particulièrement dans l'autruche, où elle a été décrite par Perrault sous le nom de diaphragme transversal, s'insère à toute la circonférence des os du bassin, et soutient l'estomac ainsi que le tube intestinal. En bas et en arrière, les réservoirs abdominaux sont couchés sur les intestins.

» En haut, ces mêmes sacs tapissent la face inférieure des reins, et fournissent, au niveau de ces organes, trois prolongements : 1° un prolongement sus-rénal ; 2° deux prolongements fémoraux.

» Le prolongement sus-rénal part du réservoir principal, au niveau de la partie postérieure et externe des reins ; de là il se porte obliquement en haut et en avant pour s'étaler sur la face supérieure de l'organe sécnîtcur de l'urine, qui s'abaisse lorsqu'on insuffle le sac abdominal. Parvenus au bord interne des reins, ces prolongements s'introduisent entre les apophyses trartsverses des vertèbres sacrées, et remontent d'arrière en avant jusqu'à la hauteur des deux dernières vertèbres du dos, en constituant deux canaux triangulaires situés au-dessus du sacram, dans les gouttières sacrées, et séparés l'un de l'autre par la série des apophyses épineuses correspondantes. Les prolongements sus-rénaux n'existent pas dans tous les oiseaux; on les observe particulièrement dans les Gallinacés et les Rapaces diurnes. Dans quelques Palmipèdes, le cygne par exemple, ils sont également très-développés ; dans l'autruche, ils sont remplacés par les canaux sus-rachidiens.

.>]Les prolongements fémoraux, au nombre de deux, l'un antérieur, plus petit, l'autre postérieur, plus grand, naissent du réservoir abdominal au niveau des cavités cotyloïdes, et sortent du bassin en traversant les orilices osseux qui livrent passage aux vaisseaux cruraux ; après avoir franchi les limites de ces cavités, ils s'épanouissent autour de l'articulation coxo-fémorale, et se terminent en caecum dans le plus grand nombre des oiseaux. Dans les oiseaux de proie diurnes, ils communiquent avec le canal du fémur par un orifice situé à la partie antérieure du grand trochanter. Ces mêmes prolongements, très-développés chez l'autruche, s'ouvrent également chez elle dans la cavité fémorale ; ce n'est pas sans surprise que l'on voit cette disposition, particulière aux oiseaux les plus remarquables par la rapidité et la puissance du vol, se présenter également dans celui auquel la locomotion aérienne a été le plus entièrement refusée.

» Les réservoirs de l'abdomen communiquent avec le poumon par un orifice situé sous l'arcade fibreuse du diaphragme, et disposé en pomme d'arrosoir. »

DE l'appareil RESPlIlATOIRE CHEZ LES OISEAUX. SU Coimuiinicntioii «les réservoirs avec les os. — « Les communications de

l'appareil lespiraloire avec le squelette des oiseaux sont extrêmement nombreuses. Nous examinerons successivement celles qui se rattachent à chaque réservoir.

>) Les os qui puisent le fluide atmosphérique dans le réservoir ihoracique sont: 1° la clavicule antérieure, qui est perforée à ses deux extrémités; 2" les clavicules postérieures, qui le sont un peu au-dessous de leur extrémité scapulaire ; 3° le sternum, qui présente deux séries d'orifices : les uns médians, qui conduisent l'air dans la crête sternale ; les autres latéraux, très-petits, au nombre de six à huit, correspondant aux espaces intercostaux; U° les omoplates, qui offrent un ou plusieurs pertuis à leur extrémité antérieure et qui puisent l'air dans le prolongement sous-scapulaire ; 5° les humérus, qui reçoivent l'air du prolongement huméral par une fossette située à la partie inférieure et interne de leur tête articulaire; 6" enfin les côtes sternales, qui laissent pénétrer ce fluide par de petits pertuis situés à leur extrémité inférieure. En résumé, huit os, sans compter les côtes sternales, dont le nombre varie, empruntent l'air qui les pénètre au réservoir du thorax.

» Les réservoirs cervicaux conduisent l'air : 1° dans toutes les vertèbres cervicales ; 2° dans toutes les vertèbres dorsales ; 3° dans toutes les côtes vertébrales. Les vertèbres du cou sont aérées dans leur partie antérieure par les courants qui accompagnent l'artère vertébrale, et dans leur partie postérieure par le courant intra-rachidien ; les premiers s'insinuent dans le segment antérieur par un ou plusieurs orifices creusés sur la paroi interne des canaux intra-transversaires ; le courant médian pénètre dans le segment postérieur par deux orifices, l'un droit et l'autre gauche, situés sur la paroi interne et médullaire de ce segment. La première vertèbre du dos est pourvue d'air de la même manière par les courants médians et latéraux du cou. Cet air, après avoir parcouru la première vertèbre, sort par ses parties latérales, pour s'épancher dans un petit saccule; de ce saccule il passe dans la partie supérieure de la seconde vertèbre, sort de celle-ci par sa partie inférieure pour s'épancher de nouveau dans un saccule latéral, et parvient ainsi jusqu'à la dernière vertèbre dorsale. Ces mêmes saccules alimentent d'air les côtes vertébrales qui reçoivent le fluide par de très-petits pertuis situés h leur extrémité rachidienne.

>' Les réservoirs diaphragmatiques ne présentent aucune communication osseuse.

» Les réservoirs abdominaux alimentent : 1° le sacrum ; 2° les vertèbres coccygiennes; 3" les os iliaques ; .4° les fémurs. L'air qui parcourt le sacrum, le coccyx et les os iliaques vient directement dos prolongements sus-rénaux, et celui qui rempUt la cavité du fémur des prolongements fémoraux,

» Dans l'énumération que nous venons de faire des communications du squelette avec l'appareil respiratoire, nous avons pris pour type le squelette le plus aérifère, celui (les oiseaux de proie diurnes, tels que l'Aigle, le Milan, l'Épervier, etc.; mais les os qui communiquent avec les sacs aériens sont moins nombreux dans les autres classes. Sous ce rapport, ils peuvent être rangés en trois catégories : 1° ceux qui sont aérifères dans toutes les classes; 2" ceux qui le sont dans certaines classes seulement; 3" enfin ceux qui ne le sont dans aucune classe.

» Les os constamment aérifèrcs sont les vertèbres cervicales et dorsales, le sternum, et nous ajouterons les humérus, bien qu'ils ne soient pas aérifères dans l'Autruche.

» Les os aérifères dans quelques classes seulement sont : la fourchette, les clavicules, les omoplates, les côtes vertébrales, les côles sternales, le sacrum, le coccyx et les fénuirs.

') Enfin les os qui ne deviennent jamais aérifères sont ceux de l'avant-bras et de la main, ceux de la jambe et du pied. »

APPAREIL IIESPIRATOIRIC.

•Structure des réservoirs. — Les parois de ces cavilés sont essciiliellcineiiL formées d'une mince membrane celliiln séreuse, fortifiée sur quelques points par une enveloppe extérieure de tissu fibreux élastique. Des vaisseaux sanguins, longs et grêles, rampent dans l'épaisseur de ces parois; ils appartiennent, non pas à la circulation pulmonaire, mais au système de la circulation générale; ainsi les artères naissent de l'arbre aortique, et les vaisseaux veineux se jettent, soit directement, soit indirectement, dans les veines caves. On n'a point trouvé de lymphatiques dans les sacs aérifères.

MÉCANISME DE LA RESPIRATION DANS LES OISEAUX. — La disposition anatomiquc que nous venons de faire connaître diffère à tant d'égards de ce qui existe chez les mammifères, qu'elle doit apporter d'importantes modifications dans le mécanisme do la fonction respiratoire. Il ne nous appartient point de faire l'histoire de ces niodifica lions; nous ne pouvons cependant nous dispenser d'en indiquer sommairement les principaux caractères, pour faire comprendre, au moins d'une manière générale, la signification de l'organisation spéciale qu'offre l'appareil de l'hématose chez les oiseaux.

On remarquera d'abord que le peu de mobilité des côtes vertébrales et l'adhérence du poumon à la face interne de ces os ne permettent qu'une bien faible dilatation du viscère, au moment du mouvement inspiratoire. Aussi n'est-ce point h cette dilatation qu'est due la pénétration de l'air extérieur au sein du tissu pulmonaire. L'air est appelé, dans ce tissu, d'une autre manière, et c'est par la dilatation des réservoirs diaphragmatiques. La position de ces réservoirs leur permet effectivement de s'agrandir par le jeu des côtes inférieures sur les supérieures; l'air se précipite alors dans leur cavité, après avoir traversé les gros tuyaux bronchiques qui viennent s'y ouvrir, et une certaine région du réseau capillaire formé par les canalicules aériens, réseau dans lequel l'air se met en rapport médiat avec le sang, et subit les transformations dues à l'action réciproque de ces deux fluides. L'air atmosphérique arrive donc dans les sacs diaphragmatiques, partie à l'état pur, partie altéré par son contact avec le sang. Au moment de l'expiration, ce gaz prend de nouveau la route qu'il avait suivie lors de son introduction, traverse une seconde fois le poumon et se trouve ainsi respiré derechef avant d'être chassé au dehors. On voit donc que les transformations hématosiques qui s'accomplissent dans le poumon s'opèrent dans les deux temps du mécanisme respiratoire, pendant l'inspiration et pendant l'expiration.

En étudiant la part que les autres réservoirs prennent à ce mécanisme, M. Sappey est arrivé à prouver qu'ils se comportent en antagonistes des premiers, c'est-à-dire qu'ils se resserrent dans l'inspiration et se dilatent quand survient l'expiration. Sans doute qu'au moment de la contraction des réservoirs moyens, une petite quantité de gaz qu'ils contiennent reflue dans les sacs antérieurs et postérieurs en passant h travers le poumon ; sans doute encore que ceux-ci cèdent, au contraire, une partie de leur contenu aux sacs diaphragmatiques au moment de l'expansion qui appelle l'air atmosphérique dans ces réservoirs. M. Sappey a vu, du reste, que ce contenu est. toujours constitué par de l'air entièrement vicié, tandis que l'air des réservoirs moyens n'a été respiré qu'en partie.

Il est bon d'ajouter que là ne se borne point le rôle des sacs aériens. On démontre qu'ils exercent une influence très-prononcée : 1° sur la locomotion, en diminuant le poids du corps et en rendant, par leur position, l'équilibre plus stable; 2° sur la voix, dont ils augmentent l'étendue et la puissance.

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