‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 135 sur 262 · OH. NOËL · texte numérisé non relu

OH. NOËL

FiG. 223. — Coupe transversale d'une artère collatérale des doigts (d'après Gimbert) {*).

(l'une couche ùpilliélialc simple, eu conlacl avec le sang, et formée par des cellules lusiformcs renflées au niveau du noyau. Ces cellules se délaclionl parfois et sont ctilrainées dans le liquide nourricier où, après (piolque temps, elles ressemblent à des globules sanguins plus ou moins déformés. L epitliélium est doublé par une lame de tissu élastique, amorphe, percée d'ouvertures, dite mcmhnuie fenêtrée ; celle-ci est parcourue, sur sa face externe, par des fdires élastiques pro|)rement dites, dirigées suivant la longueur du vaisseau.

La tunique moyenne est remarquable par son épaisseur, son élasticité et la couleur jaune qu'elle présente dans les vaisseaux principaux, Elle est formée par un mélange de fibres élastiques et (le fibres musculaires lisses. Les premières constituent une sorte de réseau dans les mailles duquel sont disposées, circulairement autour du vaisseau, les fibres contractiles.

La proportion de ces deux élémenis varie avec le volume et avec la situation de l'artère. Dans les gros troncs, comme l'aorte, les fibres élastiques l'emporlent de beaucoup sur l'élément contractile ; dans les artères d'une grosseur moyenne, l'association est faite il quantités à peu près égales; enfin, dans les artérioles, où la force contractile du cœur ne se fait plus sentir à cause de la distance, les fibres musculaires forment à peu près exclusivement la tunique moyenne.

La tunique externe n'est autre chose qu'une lame de tissu conjonctif, dans la profondeur de laquelle on trouve quelques fibres élastiques réticulées et longitudinales. Cette lame est fort mince ; elle jouit néanmoins d'une grande force de résistance, car un nœud de fil serré fortement autour d'une artère détermine la rupture des autres membranes et n'entame point la tunique externe.

Cette structure ne reste pas la même dans les vaisseaux capillaires ; elle se modifie et d'autant plus profondément que les capillaires sont plus fins. Dans les capillaires les plus ténus, les parois sont formées par une mince membrane amorphe dans laquelle des noyaux sont disséminés avec assez de régularité. Dans les capillaires moyens, on trouve, en dehors de la paroi précédemment décrite, une couche qui renferme des noyaux transversaux. Enfin, dans les capillaires les plus volumineux, ceux qui font suite immédiatement aux artérioles, ces deux couches nucléaires sont enveloppées par une mince tunique de tissu conjonctif.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères possèdent des vaisseaux appelés vasa vasorurn qui sont fournis, soit par les artères qui en sont munies, soit par les artères voisines. Ces vasa vasorum représentent un réseau superficiel à mailles quadrilatères et un réseau profond dont les branches principales sont hélicoïdes. La plupart des anatomislcs croient, que ce réseau ne dépasse pas la tunique externe.

(*) A, tunique externe ; B, tuniciue innyenne ; C, tuni(ine iiilenie. — Ou voit iliins la l,urii(iue externe la eiiupe ,1e deux vnsavnsorum, et à la périphérie de la tuuique moyenne les liranclies nerveuses des nerfs vaso-moteurs, i|ni . ' mhleiit s'y tcriniaer.

(**} rt, ff. vflisFenîix nnnstnnmfîés daii'ï lu Innique externe.

c H . .tJ 0 C L , 0

FiG. 224. — Vasa vasorum (d'après Gimbert) ("*).

Les vaisseaux lymphatiques enlreliennent, dans certaines régions, des rapports intimes avec les capillaires. Dans le cerveau et la rate, on a découvert, autour des capillaires artériels, un vaisseau qui les enveloppe complètement; on l'a appelé gaîrw lymphatique.

CH:NOEl D,

FiG. 225. — Vaso-moteurs accompagnant les capillaires de la muqueuse palatine de la grenouille

(d'après Gimbert) (*).

Les nerfs dits vaso-moteurs accompagnent les vaisseaux et pénètrent dans la tunique musculeuse à laquelle ils sont naturellement destinés. Ces filets vaso-moteurs s'accolent aux branches des réseaux capillaires et forment dans les points où ils se rencontrent des espèces de renflements ganglionnaires d'où partent les fibres de Remak dont la terminaison est inconnue.

Anomalies des artères. — Les artères présentent fort souvent dans leur disposition des anomalies contre lesquelles le chirurgien doit se tenir en garde. Ces anomalies portent ordinairement sur le nombre, le point d'origine et le volume des vaisseaux. Elles n'offrent aucun intérêt au point de vue de l'anatomie et de la physiologie pures; il importe peu, en effet, que le sang vienne d'une source plutôt que d'une autre, qu'une voie collatérale devienne voie principale aux dépens de la branche mère qui la fournit, pourvu que les rapports ne changent point et que le principe de l'imnuiabilité des connexions se trouve ainsi respecté.

Préparation des artères. — La préparation des artères exige deux opérations successives : 1" l'injection; 2" la dissection.

(**) 0,0, vaisseaux camllaires ; N, nerf vaso-molenr; G, G, G, ganglions qne forment le!! hrnnelies nerveuses au niveau des anastomoses des capdlaires artériels ; H, fibre de Renmk isolée et terminée en pointe.

CONSIDÉRATIONS GÈNftllALi; S. 551

Injeclion des arthes. — I/injectioii est une opération qui a pour but rintroduclion ù l'intérieur des vaisseaux d'une substance solidifiable, destinée ù rendre à ces canaux le volume et la conformation qu'ils présentent pendant la vie, quand ils sont remplis de sang.

Le suif, coloré par du noir de fumée, est la matière à injection dont l'emploi est le pins commode et le plus habituel. On se sert aussi quelquefois d'une solution de gélatine additionnée d'une certaine quantité de plâtre à mouler; mais ce procédé est peu usité dans les écoles françaises.

Une seringue de cuivre ou de laiton et une canule à robinet ajustée sur l'extrémité de la seringue sont les seuls instruments nécessaires pour pousser ces matières dans les vaisseaux artériels.

Voici les détails du manuel opératoire quand on veut faire une injection générale : L'animal étant couché sur une table, on met l'artère carotide à nu, au moyen d'une incision pratiquée dans la gouttière jugulaire. Le vaisseau est fendu longitudinalement. Une ligature est appliquée au dessus de l'ouverture, et la canule à robinet est fixée solidement dans la lumière de l'artère, du côté duVœur, à l'aide d'une seconde ligature. La matière à injection, préparée à l'avance, est introduite par aspiration dans la seringue. On adapte celle-ci sur l'ajutage h robinet, et l'on pousse le piston pour faire passer le contenu de l'instrument dans les canaux artériels. Pour réussir pleinement son opération, on devra s'astreindre aux précautions suivantes : 1° Faire l'injection sur un animal qui vient d'être tué par effusion de sang, encore chaud par conséquent.

2" Donner au suif (si c'est du suif qu'on emploie, et nous le conseillerons toujours) le degré de chaleur suffisant pour que le doigt ait peine à le supporter. Plus froid, le suif se solidifie trop vite ; plus chaud, il crispe les valvules sigmoïdes, passe dans le ventricule gauche, et de là dans l'oreillette et les veines pulmonaires, accident qu'on attribue généralement à une trop forte impulsion communiquée au piston de la seringue.

3" Éviter, du reste, des efforts exagérés dans la manœuvre du piston, quoiqu'ils ne fassent point céder les valvules sigmoïdes anssi souvent qu'on veut bien le dire.

4" Arrêter l'injection, quand les artères réagissent, par leur élasticité, sur le piston, d'une manière assez vigoureuse pour le chasser d'une extrémité à l'autre du corps de pompe.

Pour être plus siir de ne point forcer les valvules sigmoïdes et de conserver la matière injectée dans le système artériel, on peut fixer dans le tronc aortique un bouchon que Ton introduit par le ventricule gauche. Pour maintenir ce bouchon en place, il faut qu'il soit muni d'une rainure transversale dans laquelle vient se placer la ligature que l'on ferme énergiquement à l'aide d'un petit garrot de fil de fer ou de bois.

Au lieu de pousser l'injection par la carotide, on peut encore fixer une longue canule courbe au tronc aortique lui-même, après avoir pratiqué une fenêtre sur le côté gauche de la poitrine, au niveau du cœur, par l'ablation de deux segments de côtes, et avoir incisé le péricarde avec le ventricule gauche pour introduire la canule dans l'aorte. Ce procédé permet d'employer, pour l'injection, du suif aussi chaud que possible, et donne ainsi de bien meilleurs résultats, car le suif peut alors pénétrer, si l'on sait se placer dans de bonnes conditions, jusqu'aux vaisseaux capillaires ; on peut même, sur certains organes, forcer la matière injectée à revenir par les veines.

Mais quel que soit le procédé que l'on mette en usage, il est plusieurs parties où l'on ne réussi! jamais à faire arriver le suif dans une injection générale : nous voLdons parler des quatre extrémités. On est donc forcé de recourir à une opération spéciale pour remplir les vaisseaux de ces extrémités. Après les avoir séparées du tronc en les sciant au-dessus du genou ou du jarret, on les laisse séjourner pendant deux heures dans un bain d'eau tenue constamment à 60 ou 70 degrés au plus, et on les injecte alors très-facilement, soit par l'artère radiale postérieure, soit par la tibiale antérieure, après avoir lié les autres artères qui présentent leur lumière ouverte sur la coupe du membre.

Si l'on voulait exécuter des injections partielles dans d'autres parties du corps, on se trouverait mieux de ne point les séparer préalablement du tronc, en se bornant à lier les vaisseaux qui pourraient établir des communications anastomotiques entre les artères à injecter et celles dont on veut éviter l'injection. Par exemple, pour les artères de la tête, il suffit de pousser le suif dans l'une des deux carotides primitives, après avoir lié l'autre au milieu du cou et les deux artères vertébrales dans l'interstice des deux portions du muscle scalène.

On peut donner au suif plus de fluidité et une plus grande pénétration en îui associant un pou d'essence de térébenthine, ou bien plus de consistance, en le mélangeant avec une petite proportion de cire. *

Voici deux mélanges que nous empruntons à l'anatomie de Cruveilhier :

1" Suif !) parties.

2" Térébenthine 1 —

3" Noir d'ivoire délayé avec de l'essence de térébenthine 2 —

l)i;S ARTÈRES.

Pour Ips injections à conserver :

Cire 1 partie.

Suif... 3 —

Vermillon, indigo, ou bleu de i'russc iiuinilitc snlTisante.

Préalablement délayé dans l'essence de tôrébcnlliine.

Il est bien enlendii que toutes ces indications ne se rajjportent qu'aux injections d'amphithéâln^ destinées à l'étude de l'anatomie descriptive. Pour exécuter les injections qui ont pour but de remplir le système capillaire, il faut avoir recours à d'autres sub.stances et à d'autres procédés, liornonsnous à dire ici que ces injections s'exécutent avec des liquides froids, tels que le vernis, l'alcool, l'essence de térébenthine, tenant en suspension des matières colorantes extrêmement fines, l,i somme arabique dissoute et colorée par une matière disssoute elle-même, etc. , et mieux encore les couleurs broyées à rh\iiln et délayées dans l'essence de térébenthine.

Disseclinn des nrfrrfs. — Il n'y a point de règles {générales à donner pour la dissection des artères.

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