GANGLIONS LYMPHATIQUES
Les ganglions lymphatiques sont des renflements ovoïdes, sphériques ou discoïdes^ médiocrement consistants, gris, roses ou rougeâtres et quelquefois tout à fait noirs, qui interceptent dans plusieurs points les vaisseaux à sang blanc.
Leur nombre est considérable. Mais on les trouve rarement isolés ; le plus souvent ils sont ras'icmblés par groupe le long des vaisseaux sanguins.
Toujours ils sont plus gros dans le jeune âge que dans la vieillesse.
Tous les canaux du système lymphatique sont pourvus d'im ganglion au moins sur leur trajet, et quelques-uns mémo en traversent deux un trois avant de .se jeter dans le canal thoracique ou la grande veine lymphati<|ue.
En arrivant sur ces ganglions, ils ,se plongent dans leur épaisseur, en .se ramifiant, et reparaissent sur le point opposé, après s'être reconstitués en plusieurs canaux principaux, généralement plus gros et moins nombreux que les vaisseaux primitifs. Ceux-ci
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prennent le nom d'afférents ; on nomn)e les autres e/férents, parce qu'ils s'échappent, en effet, des ganglions pour se rapprocher du canal central.
FiG. 252. — Ganglion lymphatique.
Structure. — Les ganglions ont une structure extrêmement compliquée et trèsdifficile à démêler, à cause de la délicatesse de leur tissu. Voici ce que l'on sait de plus positif sur ce sujet.
Les ganglions possèdent une enveloppe de tissu conjonctif. Elle entoure une substance qui se partage assez nettement en deux couches : l'une corticale cl l'autre médullaire, d'un aspect différent. La première paraît granuleuse, la seconde, un peu fibreuse. Cette substance propre est soutenue par des lamelles conjonctives, à l'iniérieur desquelles existent des fibres musculaires lisses. Ces lamelles forment des alvéoles dans la couche corticale et des espèces de petits tubes dans la couche centrale. Les alvéoles sonl divisées, à leur tour, par du tissu réticulaire en loges secondaires d'autant plus petites qu'elles se rapprochent davantage de leur centre; à la périphérie, où elles sont plus volumineuses, elles reçoivent le nom de sinus lymphatiques. Partout, elles sont remplies par des globules lymphatiques. La disposition est identique dans la substance médullaire; à l'intérieur de celle-ci, on constate la présence d'un grand nombre de capillaires artériels. Les nerfs proviennent du sympathique.
Les lymphatiques afférents communiquent avec les alvéoles qui correspondent à la substance corticale où ils pénètrent dans le ganglion ; ces alvéoles sont reliées aux cordons de la couche centrale et ceux-ci sont unis, à leur tour, avec les alvéoles du côté opposé de la substance corticale d'où partent les rameaux elFérenis. La lymphe traverse donc tout(!s les parties du ganglion et, pendant ce trajet très-sinueux, se charge d'éléments solides.
Certains ganglions ont une structure beaucoup plus simple ; ils sont entièrement constitués par des capillaires lymphatiques roulés sur eux-mêmes, pelotonnés, et anastomosés en réseaux. Ces capillaires proviennent de l'arborisation divergente des vaisseaux afférents, et se continuent d'autre part avec les branches convergentes qui forment, par leur réunion, les lymphatiques efférents. Ces organes ont reçu le nom de fausses glandes; mais ils sont réellement des glandes lymphatiques. A l'appui de celte assertion, on peut dire « qu'en descendant la série animale, on voit les ganglions se simplifier de plus en plus, et se transformer sur un grand nombre de points en un lacis de vaisseaux. Chez les oiseaux, ils occupent seulement la base du cou et l'entrée du thorax, et forment, dans toutes les autres régions, de simples plexus; dans les reptiles et les poissons, les glandes lymphatiques disparaissent tout à fait, et les plexus destinés à les remplacer sont eux-mêmes très-peu compliqués (Sappey). »
Préparation des vaisskaux lymphatiques. — Les réseaux lymphatiques ne peuvent être étudiés qu'après avoir élé remplis de mercure au moyen d'une injection, dont nous tracerons le manuel en quelques mots seulement, celte opération n étant pas habituellement pratiquée par les élèves auxquels s'adresse ce livre.
L'appareil qu't)n met en usage consiste en un tube de verre continué par un tube flexible qui porte,
DU CANAL THOUACIQUli;.
à son extrémité inférieure, un robinet de fer et une fine canule de fer également ou bien de verre. Pour faire fonctionner cet appareil, on remplit de niercui e le tube après l'avoir suspendu ; on saisit ensuile la canule avec la main droite, en la tenant parallèlement à la membrane que l'on veut injecter, et on feiilbiice dans la couche la plus superficielle de celte membrane, en labourant la surfitce sur laquelle elle agit. L'extrémité de la canule est ainsi introduite au milieu des maille» du réseau lymphatique, et blesse néceasairemenl quelques-uns des capillaires qui composent ce réseau. En ouvrant alors le robinet, on permet au mercure de couler dans les capillaires par les solutions de continuité qu'ils présentent, et de les remplir de la manière la plus parfaite. Les réseaux lymphatiques étant toujours superposés aux réseaux sanguins, on sera toujours sûr de les injecter exclusivement en prenant la précaution de piquer les membranes aussi superficiellement (jne possible. Si la pointe de la canule pénétre trop profondément, le mercure passe dans les veines, et l'opéralion est manquée ; il faut alors recommencer.
On se bornera pour l'étude des branches et des troncs lymphatiques à les insulller do leur origine vers leurs terminaison. Bien employé, ce procédé, mis presque exclusivement en usage par les anciens anatomisles, donne les résultats les plus satisfaisants; il sufTlt même pour démontrer la texture des ganglions.
Ceux-ci ne demandent pour leur préparation aucune précaution particulière.