‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 183 sur 262 · CONFORMATION EXTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

CONFORMATION EXTÉRIEURE DU CERVEAU

Au lieu d'examiner l'organe en masse sous le rapport de sa conformation extérieure, nous considérerons d'abord la grande scm'M/'e interlobaire qui le divise dans sa longueur, et nous étudierons ensuite ses deux moitiés latérales ou les hémisphères cérébraux, ces deux moitiés constituant réellement deux organes symétriques.

1° lîe la scissure interlobaire (llg. 265, 5).

Cette scissure règne sur toute la circonférence verticale cl antéro-postérieure du cerveau, mais elle n'offre pas partout la même disposition.

Du côté de la face supérieure de l'organe elle est très-profonde, et quand on écarte les deux hémisphères pour en découvrir toute l'étendue, on voit qu'elle arrive sur la face supérieure de la grande commissure d(nU il a déjà été parlé, c'est-à-dire le corps calleux. En arrière, elle se contourne entre les lobes postérieurs des hémisphères, mais sans répondre directement, par son fond, au bourrelet postérieur du corps calleux, au-dessus duquel une adhérence établie entre les deux moitiés du cerveau forme une espèce de pont. Mais elle s'enfonce en avant jusqu'au bourrelet antérieur de cette commissure, en se prolongeant dans l'intervalle des lobes antérieurs des hémisphères pour gagner la face inférieure du cerveau.

Examinée du côté de cette face inférieure, la scissure interlobaire se distingue trèsnettement en avant, où on la voit atleindre, venons-nous de dire, le bord antérieur du corps calleux; mais en arrière, à partir du chiasma des nerfs optiques, qui marque la limite antérieure de l'isthme, cette scissure semble s'arrêter brusquement. C'est qu'elle s'élargit considérablement et se change en une vaste échancrure qui admet l'extrémité antérieure de l'isthme, ou plutôt elle se bifurque pour courir de chaque côté entre l'hémisphère et l'extrémité antérieure du prolongement médullaire, en croisant d'abord le nerf optique, puis en contournant les pédoncules cérébraux et les tubercules bigéminés, au-dessus desquels ses branches se réunissent et se confondent avec la partie indivise de la scissure qui .sépare les lobes postérieurs des hénu"sphères.

Il existe donc tout autour du point d'ihfmcrgence de l'isthme dans le cerveau une ligne de démarcation bien tranchée : cette ligne de démarcation constitue, sur les côtés et en haut, une fente très -profonde dans laquelle s'enfonce l'expansion vasculaire

73/, DE l'axe central du système nerveux. i

coniuie sous le nom de loile clioroïdienne ; on l'appelle fente de liichat ou grande : fente cérébrale. 1 La scissure iiilerlobairo reçoit la cloison longitudinale de la dure-mère ou la faux i du cerveau. Elle loge encore des vaisseaux artériels et veineux, parmi lesquels il faut distinguer la grande veine de Galien, qui s'élève du fond même de la scissure, après n avoir contourné le bord postériegr du corps calleux.

2" Des hémisphères cérébraux.

Chaque hémisphère ou chaque moitié latérale du cerveau représente un segment " d'ovoïde, dans lequel on peut considérer quatre faces et deux extrémités.

La face supérieure, convexe, est couverte par la voûte du crâne, que forment le frontal et le pariétal. — V externe, également convexe, insensiblement confondue avec les faces adjacentes, répond aux parois latérales de cette même cavité, c'est-à-dire à la portion écailleuse dû temporal, au pariétal, au frontal et à l'aile du sphénoïde. — - V inférieure, irrégulièrement mamelonnée, repose sur le sphénoïde. — L'interne, . plane, se met en rapport, dans la plus grande partie de son étendue, avec l'autre hémi- sphère, par l'intermédiaire de la faux du cerveau; c'est dans sa portion centrale ett inférieure que s'opère la réunion des deux moitiés du cerveau, au moyen de la grande commissure cérébrale et de l'extrémité antérieure de l'isthme.

V extrémité postérieure de l'hémisphère répond au cervelet, qui la déprime légère- ■ ment et dont elle est séparée par la cloison transverse de la dure-mère. — Vextrémité ou le lobe antérieur se loge dans la fosse formée de chaque côté de l'apophyse crista- ■ gain par le frontal et le sphénoïde.

En recherchant les particularités anatomiques qui se dessinent sur ces diiïérentes • régions de la surface extérieure de l'hémisphère, on reconnaît: 1° sur la face inférieure, et d'avant en arrière, un appendice détaché constituant le lobule olfactif ou i' ethmoidal, un sillon transverse nommé scissure de Sglvius, une éminence allongée • appelée lobule mastoïde ; 2° sur tous les autres points, les circonvolutions cérébrales^ , saillies déprimées, contournées de mille manières, et séparées par des interstices plus ■ ou moins profonds.

Nous allons procéder à l'étude de ces particularités dans un ordre inverse à celui de ' leur énumération.

1° Circonvolutions cérêhralcs (fig. 265, 266, 270). — Les circonvolutious céré- • braies sont constituées par. les plis de la surface extérieure du cerveau, ayant pour destination apparente d'augmenter considérablement l'étendue de cette surface. Ces plis, qui sont très-profonds, présentent une extrême irrégularité ; leur ensemble ligure à la surface des hémisphères un dessin qui rappelle la disposition des circonvolutions de la masse intestinale, d'où le nom sous lequel on les désigne. Leur nombre est considérable chez les Solipèdes, qui ne le cèdent en rien, sous ce rapport, à l'espèce humaine.

Les circonvolutions cérébrales, malgré leur grande irrégularité, oITrent une disposl* tion assez constante, aussi est-il possible de les décrire une à une pour ainsi dire. C'est un travail qui a été fait en anatomie humaine ; mais nous ne le répéterons pas pour nos animaux domestiques, à cause du peu d'utilité d'une pareille description.

2° Lobule mastoïde ou spiiénoïdai (fig. 266, 10). — C'est une forte éminence piriforme occupant la partie postérieure de* la face inférieure de l'hémisphère. Cette éminence, incurvée sur elle-même, présente sa convexité en dehors. Son bord interne, qui répond au pédoncule cérébral, concourt à la formation de la grande fente céré-

brale. Sa grosse extrémité est tournée en avant et bordée par la scissure de Sylvius. L'exlréniilé postérieure se perd insensiblement sur le côté interne du lobe postérieur de l'Iiémisphère.

Cette émineuce doit être considérée comme une forte circonvolution en saillie. Elle est creusée intérieurement d'une cavité en cul-de-sac, qui constitue le fond de la partie postérieure ou réilécbie des ventricules latéraux.

3" ScisBHi-c de ^.yiviiis (fig. 266, 12). — On appelle ainsi une dépression transversale située en avant du nerf optique et du lobule mastoïde, dépression dans laquelle se trouve logée l'artère cérébrale moyenne.

'i- Lobule olfactif on ctlimoïd»! (Cig. 265, 6; — 266, 13; — 270, 26; — 271, 16). — L'appendice désigné sous ce nom se détache de la face inférieure de l'hémisphère où il prend naissance par deux racines de couleur blanche, l'une externe, continue avec une longue circonvolution qui borde le lobule mastoïde en dehors; l'autre î'n^enie, plus courte, prenant naissance sur la face interne de l'hémisphère, en avant du chiasma des nerfs optiques : racines entre lesquelles apparaît une surface en saillie, de forme triangulaire, constituant le noyau extraventriculaire du corps strié (lig. 266, 11). Cet appendice, ainsi formé, se dirige en avant et se termine par un renflement ovalaire, qui dépasse de beaucoup l'extrémité antérieure du cerveau pour se loger dans la fosse ethmoïdale.

Le lobe olfactif est creusé à l'intérieur d'une cavité, diverticulura du ventricule latéral.

On le regarde comme la première paire nerveuse crânienne; aussi devons-nous revenir sur sa description quand nous nous occuperons des nerfs encéphaliques.

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