‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 184 sur 262 · CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU

En écartant l'un de l'autre les hémisphères cérébraux par leur face supérieure, on découvre, comme ou sait, la grande commissure désignée sous le nom de corps calleux. Cette commissure s'offre donc la première à l'étude parmi les particularités de la conformation intérieure du cerveau.

Si l'on enlève ensuite, avec l'instrument tranchant et au moyen d'une coupe horizontale, toute la portion des hémisphères qui recouvre cette commissure ; si, de plus, on. excise celle-ci dans une certaine étendue à droite et à gauche de la ligne médiane, on pénètre dans deux cavités symétriquement disposées au centre de chaque hémisphère. Ces cavités portent le nom de ventricules latéraux ou cérébraux.

Elles sont séparées, dans le plan médian, par une mince cloison, le septum lucidum, . attachée au corps calleux par son bord supérieur, implantée par son bord inférieur I sur le trigone cérébral, sorte d'arcade impaire et médiane sous laquelle existe le trou de Monro, c'est-à-dire l'orifice qu'on sait déjà être chargé d'établir une communica- I tion entre les deux ventricules.

Sur le plancher de ces cavités s'observent deux grosses éminences, le corps strié et \V hippocampe, avec un cordon vasculaire, d'apparence grenue, formant le plexus 1 choroïde cérébral, dépendance de la toile choroïdienne.

11 nous reste à signaler avec quelques détails les caractères anatomiqucs de toutes ces parties.

1» Du corps calleux (fig. 270 et 272).

Le corps calleux représente une espèce de voûte jetée au-dessus des deux ventrl-

[)E L'AXli CtîNTHAL DU SYSTÈME NERVEUX.

cnics latéraux, en même icmps qu'une commissure chargée d'unir les deux hémisphères. C'est un organe exclusivement propre aux mammifères.

Cette voûte, entièrement constituée par de la substance blanche, aflecte la forme d'un quadrilatère allongé dans le sens antéro-postéricur, el présente ainsi à étudier deux faces, deux bords et deux extrémités. La face supérieure, libre dans son milieu, qui répond au fond de la scissure inler-

lobaire, se trouve couverte, à droite et à gauche, par la substance des hémisphères. Elle est parcourue d'avant en arrière par deux cordons blancs, généralement fort délicats, désignés sous le nom de iractus longitudinaux du corps calleux, cordons accolés l'un à l'autre sur la ligne médiane, — La face inférieure est divisée par l'insertion du septumlucidum en deux moitiés latérales, qui forment chacune le plafond d'un des ventricules cérébraux.

Les deux bords latéraux du corps calleux sont comme perdus dans la substance centrale des hémisphères, où il est à peu près impossible de distinguer leurs limites. Vextrémité postérieure apparaît dans

le fond de la scissure interlobaire, après la Fi(i. 272. — Le corps calleux (on a enlevé la par- , . i ,, ,i . , . ,

tie supérieure des hémisphères cérébraux) (*). destruction de 1 adhérence généralement

établie au - dessus d'elle entre les deux hémisphères, sous forme d'un bourrelet arrondi, se repliant e7i genou, par on bas, pour se confondre avec la partie médiane du trigone. Elle se prolonge latéralement au-dessus des cavités ventriculaires, en formant deux angles ([m se perdent bientôt dans la substance blanche centrale du cerveau. — L'extrémité antérieure se comporte d'une manière analogue entre les lobes antérieurs des hémisphères.

2° Des ventricules latéraux ou cérébraux (fig. 269 et 273).

Les ventricules latéraux sont deux grandes cavités allongées, creusées dans les hémisphères, adossées l'une conire l'autre dans leur moitié antérieure, divergentes dans leur partie postérieure, qui se recourbe fortement en arrière, en dehors et en bas, pour venir aboutir dans l'épaisseur du lobule mastoïde ou sphénoïdal.

Celte disposition permet de diviser les ventricules cérébraux en deux régions : l'une antérieure, l'autre postérieure ou réfléchie. ■

La région antérieure est séparée, dans le plan médian, du ventricule opposé par le septum lucidum et le sommet du trigone, sous lequel existe le trou de iMonro, c'est-àdire l'orifice de communication du ventricule moyen avec les deux ventricules latéraux el de ces deux dernières cavités entre elles. — En haut, elle offre une paroi lisse constituée par le corps calleux. — En bas ou sur son plancher, on remarque : en avant, le corps strié; en arrière, la partie interne de l'hippocampe; dans le milieu, un sillon oblique d'arrière en avant el de dehors en dedans, au fond duquel flotte le plexus cho-

(') 1 , ciiiilre ovule de ViousscMi» ; ii, 2, liUros Iruiisvci-sos ,lu cinis (..iHoux : ;^, 3, Inictus lonuitu.liimux ; i, 4, «.nies im «Bgles de 1 l'xtiemitc! puslrncnre ; 5, 5, colles de l'e.xtivniiUi untôri^

ÛtJ CEUVEAU. 73?

roide. — L'extrémité antérieure de celte région, occupée par la base du corps strié, se continue par une étroite ouverture dans l'inlérieur du loinUe olfactif. — La postérieure est jM-olongée, sans ligne de démarcation, par la portion ré/léchie de la cavité veiitriculaire.

Quaut à cette dernière région, elle occupe la partie la plus déclive du lobe postérieur de riiéuiispbère et représente uu canal fortement recourbé, dont la concavité regarde en avant; canal terminé en cul-de-sac dans l'épaisseur du lobule mastoïde. Sur le plancher de ce canal se dessine la partie postérieure de l'hippocampe et du plexus choroïde.

Une très-fine membrane, Varachnoïde ventriculaire, remplissant le rôle d'une , séreuse, tapisse les parois de ces cavités; membrane recouverte par un épithéliuni ivibratile, étendue partout sur une couche de substance blanche, prolongée dans le .diverticulum ethmoïdal, et continue, par le trou de IMonro, avec celle du ventricule I moyen. Cette membrane sécrète une humeur limpide et transparente, analogue ail

fluide céphalo-rachidien; mais cette humeur, dans l'état normal, est toujours fort

peu abondante.

3" Du septurn lucidum, ou cloison transparente (fig. 270, 24).

On désigne ainsi une mince lamelle médiane, dressée verticalement entre les deux 1 ventricules cérébraux, allongée d'avant en arrière, élargie en spatule à son extrémité lantérieure, terminée en pointe à son extrémité postérieure, insérée en haut sur le corps calleux, en bas sur le dos -du trigone.

Sur les faces de cette lamelle, qui est formée de substance blanche, s'étend la membrane propre des ventricules latéraux.

On a décrit dans son épaisseur, chez l'espèce humaine, une étroite cavité ventricu- .laire ; mais cette cavité ne paraît pas exister dans nos animaux domestiques.

4° Du trigone cérébral (fig. 273, 3).

Encore appelé voûte à trois ou à quatre piliers, le trigone cérébral représente une ipièce impaire et médiane de la charpente intérieure du cerveau, concourant à séparer lies deux ventricules et servant de su|>port à la cloison transparente.

Cette pièce, déprimée de dessous en dessus, affecte la forme d'un triangle isocèle regardant en avant et en bas par son sommet; pièce jetée, dans le plan médian, auidessus du trou de Monro et des couches optiques, séparée de ces dernières parla toile clioroïdienne et les hippocampes, recevant sur sa face supérieure l'insertion du septum Jucidum.

En arrière, c'est-à-dire du côté de sa base, le trigone se confond dans le plan médian avec le corps calleux, qu'il supporte; et il se prolonge de chaque côté par une Jame répandue à la surface de l'hippocampe, formant ainsi la couche corticale de cette circonvolution profonde du cerveau, lame constituant, avec sa congénère, les piliers ^postérieurs du trigone.

En avant, c'est-à-dire à son sommet, le trigone se soude également avec le corps «alleux, puis se divise en deux cordons ou piliers antérieurs (fig. 267, 17) qui passent en .nvant de la commissure cérébrale antérieure, et s'inlléchissent en bas et en arrière œn traversant répnis.seur 'de la couche optique, sur les côtés du ventricule moyen, pour aller se confondre, par leur extrémité, avec le tubercule mamillaire. Ces deux

CHAUVEAU. — 2» édit, kl

•y3S 1)H: l'axe CliNTUAL DU SYSTÈME NEUVEUX.

pilitTs borneiil en avant Vouverture commune antérieure ou trou de Monru, au-dessus diK|iiel le sommet lui-même du trigone se trouve jeté à la manière d'une arcade.

Le trigone offre la couleur blanche dans toute son étendue, couleur qui reflète une teinte grisâtre vers le sommet de l'organe.

5° Des hippocampes (fig. 273, 4).

Vhippocompe ou la corne d'Ammon est une saillie allongée, véritable circonvolution intérieure du cerveau, laquelle occupe en arrière le plancher dti la région antérieure du ventricule latéral, et se prolonge dans toute l'étendue de sa portion réfléchie,dont elle suit exactement la courbure.

Considérés dans leur ensemble, les deux hippocampes ra])pellent assez bien la disposition des cornes utérines de la vache.

Par leur extrémité interne, ils se mettent en contact l'un avec l'autre en dessous de la partie moyenne du trigone, au-dessus de la couche optique, qui s'en trouve séparée par la toile choroïdienne (fig. 270, 9).

Leur extrémité externe occupe, dans le lobule masloïde, le cul-de-sac de la portion réfléchie du ventricule cérébral.

C'est un noyau de substance grise qui forme la masse centrale de cette saillie; mais elle est recouverte à sa superficie d'une couche corticale de substance blanche, prolongement des piliers postérieurs du trigone. Vers le bord concave de l'hippocampe, cette lame blanche présente une espèce de large ourlet , de dessous lequel s'échappe le plexus choroïde; ourlet constituant une petite bandelette courbe, comme la corne d'Ammon, plus large dans sa partie moyenne qu'à ses extrémités, et nommée la ba7idelette ou le tœnia de l'hippocampe.

6° Des corps striés ffig. 273, 7).

Le corps strié est une autre saillie du plancher du ventricule cérébral, occupant la

région antérieure de celte cavité.

Cette saillie est piriforme, allongée obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans. Sa surface est lisse et régulièrement convexe. Sa base ou son extrémité antérieure répond au cul-de-snc antérieur du ventricule. Le sommet ou l'extrémité postérieure disparaît à l'entrée de la portion réfléchie de la cavité ventriculaire. En dehors, le corps strié est limité par un sillon formant l'angle de réunion du plancher et du plafond du ventricule. En dedans, il est séparé de la couche optique et de la corne d'Ammon par un autre sillon dans lequel flotte le plexus choroïde, sillon oblique en Fig. 273. — Partie antérieure des ventricules dedans et en avant, au fond duquel OU dércheTïedrnTo.'" P'^'^"' ^«"^''''^ 1« bandelette demi-circulaire (fi-

gure 267, 13) ; celle-ci est un cordon blanc

(*) 1, coi'ps calleux : 2, pm-tie aiitiii'ipMm ,1a ne m . ^ m poui le tn5,nne (3, i) ■ 4, lMppocum|,e : 5, bamlolelto ,1e Thippocumpc. ; 6. plexus ,.l.oro,do ; 7, ™rps

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aplali, qui se perd en dedans vers le trou de Monro, et qui se contourne en dehors le long dti nerf optique jusqu'à 1 centimètre environ du ciiiasma, en formant ainsi une espèce de lien circulaire autour de l'cxlrémité anièrieure de l'isllime, lien sous lequel passent loiiies les libres de celui-ci pour gagner les liémisplièrcs cérébraux.

l.e corps strié doit son nom h sa structure. Jl est con.stiiué, en elTct, par un épais noyau de substance grise que traversent les fibres longitudinales de l'istlune encèpliali(iue, en allant s'épanonir dans les liémisphères, fibres qui apparaissent, dans plusieurs points de l'épaisseur de ce noyau, sous forme de stries blanches très-nctlenienl accusées.

Ce noyau profond, intermédiaire à l'extrémité supérieure de l'isthme cl h la niasse principale de l'hémisphère, comprend toute l'épaisseur du plancher du ventricule latéral, et il vient faire saillie au dehors, sons la face inférieure de rhéinis|)hèrc, entre les deux racines du lobe olfactif, où il constitue le noyau extra-veniriculaire du corps strié, ainsi appelé par opposition à l'émineuce oblongue de l'intérieur du ventricule, que l'on désigne le plus souvent sous le nom de no)/au intra-ventriculaire du corps strié.

7" Des plexus choroïdes cérébraux et de la loile clioroïdienne (fig. 273, 6).

La toile chnroïdiennc est une expansion vasculaire dépendante de la pie-mère, ex|)ansion qui pénèire dans le cerveau par la grande fenle cérébrale, en s'insinuant enire la couche optique et la circonvolution de la corne d'Anunon.

Celte loile, arrivée sous la bandelette de l'hippocampe, se termine par le plexus choroïde, cordon grenu, rouge, qui est suspendu à son bord antéro-exterue et fait saillie à l'intérieur du ventricule latéral.

Les plexus choroïdes du cerceau s'étendent depuis l'extrémité antérieure du corps strié jusqu'au fond du cul-de-sac de l'éininence masloïde. Dans la région antérieure du ventricule, ils occupent la scissure oblique que traverse celle région en dedans du corps slrié. Dans la région postérieure, ils lloUent en avant de la corne d'Amnion.

Leur extrémité antérieure ou interne, p)us voluniineuse (|ue l'externe, forme toujours un petit appendice tout à fait libie. Us s'unissent Tun à l'auire, près de cette extrémité, par un cordon intermédiaire qui traverse le trou de Monro, en passant sous le irigone cérébral.

Les plexus choroïdes sont formés, comme la loile choroïdienne, par un réseau de vaisseaux artériels et veineux. Ils sont souvent incrustés de substance calcaire et peuvent être le siège de kystes plus ou moins volumineux.

Les veines (]ui s'échappent de cet appareil vasculaire sont très-volumineuses. En se réunissant, elles constituent la grande veine de Galien, qui contourne le bourrelet postérieur du corps calleux, pour gagner la scissure inlerlobaire et s'élever vers le sinus de la faux du cerveau.

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