CHAPITRE II
Ces organes rappellent ceux du mâle par leur disposition générale. Ainsi, on trouve dans la femelle : 1° deux organes sécréteurs analogues aux testicules, et chargés de la fabrication du germe : ce sont les ovaires; 1° la trompe utérine, disposée, comme l'épididyme et le canal déférent, en un tube flcxueux dans lequel s'engage l'ovule à sa sortie de l'ovaire ; ?i° l'utérus, réservoir impair, formé de deux moitiés latérales qui rappellent les vésicules séminales : c'est là, en ciïet, que séjourne le germe jusqu'à son entier développement ; h" le vagin, canal membraneux analogue à l'urèthre, et livrant passage au nouvel être qui s'est formé dans la matrice : ce canal, qui reçoit le pénis pendant l'accouplement, présente même à son ouverture extérieure, désignée sous le nom de vulve, un appareil érectile appelé clitoris, véiitable rudiment du corps caverneux du mfde. Les femelles présentent enfin des glandes particulières qui, dans beaucoup d'espèces, existent à l'état de vestige chez le nulle ; nous voulons parler des mamelles, organes préposés \\ la sécrétion du lait, première nourriture du jeune sujet.
On peut remarquer, d'après cet énoncé, que les appareils génitaux mrdc et femelle sont construits d'après un type unique, caractère qui se montre encore plus clairement
922 4PPA«liir.S DE f.K GliNfilunON,
clans les premiers icmps de la vie iiiira-ulérino, où il est impossible de distinguer le séxe des individus.
1° Des ovaires (ftg. 334 cl 337).
Situation, forme et rapports. — Les ovaires, organes essentiels de la génération chez la femelle, sont deux corps ovoïdes, plus petits que les testicules, mais de môme forme, situés dans la cavité abdominale (1), et suspendus à la région sous-lombaire, où ils répondent aux: circonvolutions intestinales, un peu en arrière des reins. Lisses à leur surface, ces organes présentent, sur le milieu de leur plan supérieur, une scissure profonde plus ou moins oblique, qui rappelle le /lile du rein, et qui donne attache au pavillon de la trompe,
Moyens de fixité. — L'ovaire flotte au bord antérieur du ligament large. Il est encore soutenu par les vaisseaux qui le pénètrent et par un petit cordon de libres musculaires lisses appelé ligament de l'ovaire, qui le rattache à l'utérus.
STBUCTURii. — L'organisation des ovaires comprend une membrane séreuse, une tunique albuginée, un tissu propre, et les vésicules de Graaf, noyées dans ce tissu.
Membrane séreuse. — Continue avec les ligaments larges, elle enveloppe tout l'organe, en adhérant intimement k la tunique albuginée.
Tunique albuginée. — Celle-ci, exacten>ent semblable à la membrane propre du testiculé, représente une coque fibreuse très-résistante, qui envoie des prolongements lamelleux dons la substance de l'ovaire.
FiG. 33/i. — Coupe de l'ovaire, d'après Sclirœn (*).
(1) Les ovaires quittent parfois cette position. Ainsi M. Dupont, de Piazac. vient d'observer, sur quatre truies, la présence des ovaires dans la région périnéale : ils occupaient de petites cavités analogues aux bourses du mâle. [Journal des vétérinaires du Midi, décembre 1869.)
(*) 1, vésicules corticales; 2, vésicules pins voliiminenses ; 3, vésicules entourées de la membrane granuleuse ; 4, 5, G, 7, 8, loUieules à îles degrés divers de développement; 9, membrane granuleuse ; 10, ovule; 11, cumulus proligére ; 12, follicule qui n'a point été ouvert, entouré par un réseau vasculairo ; 13, follicule dont le contenu s'est échappé eu partie ; 14, slroma de la zone corticale ; 15, vaisseaux pénétrant par le bile de la glande ; 10, stroma du hilft ; 17, niemlnane externe d'un corps jaune ; 18, artères du corps jaune ; 19, sa veine centrale.
ORGANES GÉNITAUX DJ'; LA niMlCIJ.E. 923 Tissu prupve, — Le lissu propre on le slroina do l'ovaire, plus consislaiU que celui (lu ^cslicule, esl dur et cric sous l'iusIrumcuL Irauchaul; il s'olîrc aux yeux avec uuo leiutc grisâtre plus ou uioins niarbrcc. Il s(! divise en doux couches assez disliiicles pJir leur aspect et par leur structure (fig. 334),
1" La couche médullaire, la plus rapprochée du hile, est un peu l oiigeâlro et spon» ffipiisc; elle est formée i)nr un entrecroisement de libres connectives, de fibres musculaires lisses, cl par un grand nombre de vaisseaux qui partent du centre pour rayoïuier vers la périphérie.
2» La couche coiHicale a pour base les éléments du tissu conjonctif; elle est \m\ vasculaire, mais elle renferme dans sou épaisseur les vésicules ou follicules de Graaf, et, pour cela, ou la nomme souvent cnuche ovicjène.
Ces vésicules sont à divers états de développement; les plus petites. sont situées audessous de la tunique aibuginée ; elles descendent vers la couche profonde, au fur et à mesure qu'elles augmentent de volume. Quand elles sont au terme de leur croissance, (Iles sont remplies d'un licpiide citrin, transparent; la couche ovigèno ne suffit plus pour les contenir, alors elles forment une saillie plus ou moins considérable à la surface (le l'ovaire.
Une vésicule de Graaf, à l'état parfait, se compose d'une enveloppe et d'un contenu. — Venveloppe comprend: une membrane fibreuse se confondant en dehors avec le slroma de l'ovaire, et dans laquelle on peut reconnaître deux couches, dont l'interne est riche en vaisseaux; puis un cpithélium, membrane granuleuse, constitué par des cellules granuleuses, rondes ou polygonales. Au fond du follicule, cet épithéhum forme un amas, cumulus prolitjer, au centre du quel existe l'ovule ou l'œuf du mammifère. Le contenu est un liquide jaunâtre, transparent, qui devient rougeâire par son mélange avec une certaine quantité de sang, au moment de la rupture de la vésicule.
Quant à V ovule ou oiuf, c'est une cellule de 1/10 de millimètre de diamètre renfermée au milieu du disque ou cumulus l,rnli(jer. L'ovule a pour parois une membrane amorphe, épaisse, appelée zone transparente; son contenu granuleux porte le nom de vitellus ou jaune: son noyau, appliqué sur un point de la zone pellucide et nommé vésicule f/erminative, présente à son centre une tache blanchâtre ou tache rjerminative.
Vaisseaux et nerfs. — Les divisions artérielles, grosses et Ilexueuses, viennent de Vartiire utéro-ovarienne ; elles rampent dans des vacuoles de la tunique aibuginée avant de gagner la substance propre en s'y enfonçant i)ar le hile. — Les veines sont d'un calibre énorme; elles forment un léseau très-riche autour de la glande, bulbe de Vovaire,(il se dégorgent dans le tronc de la veine cave, près des veines rénales. — Les lvmphati(pies vont aux ganglions sous-lombaires. — Les nerfs én\anenl du plexus de la petile uïéscntérique.
{*) A mpiiiliriinn rxlorno (lu folliciilft ; H, sn noiiclie inlcnic ; C, moinlii'aim snimilnisc ; f , •'"vili'' c'" Wic"''' : F. oviik • r. r-iimnlii-» riioliKMr.". — \, nicinbrniK! vilellinc- 2, vilcUiis; 3, vésimile mMrninalivi'.
APPAKlilLS DE LA GÉNÉRATION.
DÉVELOPPEMENT. — L'ovairc des solipèdes préseiuo un volume énorme chez le fœtus; il est souvent aussi gros que dans l'animal adulte. La figure 336 montre la pro-
Graaf existent déjà dans l'ovaire du fœtus, à plus forte raison existent-elles pendant la jeunesse de l'animal; mais elles n'entrent franchement en activité qu'à partir de l'âge de la puberté.
Tous les follicules de Graaf ne sont pas formés au moment de la naissance; il s'en développe sans cesse de nouveaux, et ce développement s'opère au-dessous de la tunique albuginée.
Au début, une vésicule consiste en une petite cellule (fig. 334,1) qui présente toutes les parties constitutives de l'ovule. Au fur et à mesure qu'elle se développe, elle s'enfonce dans la couche corticale (2), poussée qu'elle est par celles qui naissent au-dessus d'elle, et, de plus, s'entoure d'une membrane granuleuse formée aux dépens des éléments nucléaires du tissu conjonctif environnant. La membrane granuleuse devient double (3), et bientôt ses deux feuillets se séparent, en un point, pour former une cavité qui s'agrandit peu à peu en s'emplissant de liquide : c'est la cavité de la vésicule (5, 6, 7). Comme cette séparation n'est pas complète, l'ovule, entouré par la membrane granuleuse interne, reste accolé à la membrane granuleuse externe. Pendant que la cavité de la vésicule s'agrandit, le tissu de l'ovaire, pressé autour d'elle, se condense et constitue la paroi fibreuse de la vésicule; celle-ci reçoit ensuite un réseau de vaisseaux.
Rupture des vésicules de Graaf. — Jusqu'au moment de la puberté, les vésicules ne sont pas le siège de phénomènes bien marqués ; mais à cette époque l'ovaire se vascularise, et un certain nombre de vésicules de Graaf augmentent de volume. A l'époque des chaleurs, une ou plusieurs d'entre elles, suivant les espèces, participent au mouvement fluxionnaire de l'ovaire, se vascularisent, se distendent, et finissent par se rompre et par projeter au dehors de leur cavité le disque proligèreet l'ovule. Celui-ci est reçu dans la trompe et conduit vers l'utérus.
Corps jaune. — la rupture d'une vésicule de Graaf, sa cavité .se remplit d'un
portion qui existe entre ce volume et celui de l'utérus dans un fœtus de six mois. Cet organe s'atrophie chez les bêtes âgées.
FiG. 33G. — Ovaires, oviductesjet utérus d'un jeune fœtus.
Fonctions. — Organes producteurs du germe ou de l'œuf, les ovaires sont les testicules de la femelle. Ils forment d'abord l'ovule, puis, à des époques périodiques, mettent cet ovule en liberté. Comme les ovules sont renfermés à l'intérieur des vési cules de Graaf, il nous faut donc étudier: i° le' développement de ces vésicules; 2" leur rupture ou déhiscencc, et 3" enfin les phénomènes dont elles sont le siège après cette rupture.
Développement des vésicules de Graaf. — Les vésicules de
caillot sanguin qui peu à peu se rétracte et se décolore; en même temps la membrane fibreuse s'hypertropliic, et la couclie granuleuse se plisse et se transforme en épitliéliam cylindrique. A cette période de progression succède une période de régression, pendant laquelle les cellules cylindriques s'infiltrent de graisse et sont graduellement résorbées. On appelle corps Jaune, la cicatrice (jui résulte de la rupture d'une vésicule de Graaf. — La marche des phénomènes d'hypertrophie et de régression est plus lente quand la chute de l'ovule a été suivie d'une fécondation; aussi distingue-t-on le corps jaune faux et le corps Jaune vrai ou de la gestation ; céim-ci ne disparaît que plusieurs semaines après la parturition.
Telles sont, très-résumées, les fonctions de l'ovaire.
2° Des trompes utérines, trompes de Fallope ou oviductes.
La trompe utérine est un petit canal flexueux logé dans le hgament large, près du bord antérieur de cette lame séreuse. Il commence sur l'ovaire par une extrémité libre, évasée, fortnant le pavillon de la trompe, et se termine sur le cul-de-sac de la corne utérine en s'abouchant avec celle-ci. Son calibre intérieur ne peut guère admettre qu'un très-mince chalumeau de paille dans la partie moyenne; il est encore plus étroit vers l'extrémité utérine ; mais il s'agrandit près de l'ovaire au point de permettre Pintroduclion d'une grosse plume à écrire.
L'orifice de Vextrémité utérine est percé sur un tout petit tubercule très-dur.
V extrémité ovarienne présente, chez tous les mammifères, une disposition fort remarquable. Elle s'ouvre dans la cavité du péritoine, près de la scissure de l'ovaire, au centre de l'évascment que nous avons appelé le pavillon de la trompe et qui porte encore le nom de morceau frangé : pavillon fixé au côlé externe de l'ovaire, offrant une circonférence fort irrégulière, découpée en plusieurs prolongements lancéolés, inégaux, qui flottent librement dans l'abdomen. II y a donc là deux faits anatomiques Importants : la discontinuité entre une glande et son canal excréteur, et la communication d'une cavité séreuse avec l'extérieur.
Structure. — L'oviducte est formé d'une couche séreuse, d'une couche contractile et d'une membrane muqueuse. La séreuse est fournie par le ligament; c'est donc une dépendance du péritoine. La couche moyenne est constituée par des fibres musculaires li.sses que l'on trouve disséminées aussi dans l'épaisseur du pavillon. Enfin la 772mbrane muqueuse est plissée longitudinalement dans la trompe et rayonnée dans le pavillon; elle est recouverte par un épithélium cylindrique vibratile. Cette membrane s'arrête brusquement sur le bord des franges du pavillon et se continue, à ce point, avec le péritoine.
EONCTiONS, — Canal sécréteur de l'ovaire, la trompe utérine saisit l'ovule cliassé de la vésicule de Graaf, et le transporte dans la matrice. Il faut donc qu'au moment de la rupture de chaque vésicule, le morceau frangé s'applique sur l'ovaire pour recevoir le germe et l'amener à l'orifice abdominal de la trompe. L'application du pavillon sur l'ovaire s'opère, soit par la contraction des fibres lisses qu'il renferme, soit par le gonllomcnt du bulbe de l'ovaire. Ce mécanisme est quchpiefois insufiisant; l'œuf tombe alors dans la cavité abHoininale, s'y greffe et s'y développe, .s'il a été préalablement fécondé, fait qui con.slilue la variété la plus remarquable des gestations exlra-utérines. -
C'est encore l'oviducte qui porte la liqueur fécondante du niàle à lu rencontre de l'œuf.
APPAREILS !)[•: LA GÉNIiRATlON.
3» De l'utérus ou de la matrice (fig. 337 et 338).
L'utérus est un sac iriembraneux dans lequel arrive et se développe l'ovule.
Situation. — Il est situé dans la cavité abdominale, à la région sous-lombaire, a l'entrée de la cavité pelvienne, où son extrémité postérieure se trouve engagée.
Forme et rapports. — Dans sa moitié postérieure, la matrice représente un réservoir simple, cylindrique, légèrement déprimé de dessus en dessous, «t nommé le corps de rutérus. Dans sa moitié antérieure, il est bifide et divisé en deux cornés recourbées par en haut. . '
Le corps répond, par sa face supérieure, au rectum, qui s'applique sur lui après avoir passé entre les deux tornes; il reçoit, sur les côtés de celte face, l'insertion des ligaments larges; ses faces latérales et antérieure sont en rapport avec les circonvolutions intestinales. — Son extrémité antérieure se continue, sans délimitation, avec chacune des cornes; la postérieure est séparée du vagin par un rétrécissement qui prend le nom de col de l'utérus.
Les cornes, mêlées aux diverses portions de l'intestin qui occupent la même région, offrent : une courbm^e inférieure convexe et libre ; une courbure supérieure concave, sur laquelle s'attachent les ligaments suspenseurs ; une extrémité postérieure ou base, fixée au corps de l'organe; une extrémité antérieure, ou sommet, arrondie en cul-desac, tournée en haut, présentant l'insertion de l'oviducte.
Moyens de fixité. — Flottant dans la cavité abdominale à la manière des intestins, l'utérus se trouve attaché comme eux par des liens lamelleux, qui le suspendent à la région sous-lombaire, et qui orit reçu pour cette raison la dénomination de ligaments larges ou ligaments suspenseurs de Vulérus.
Ces liens, au nombre de deux, sont plus développés en avant qu'en arrière, et irrégulièrement triangulaires. Rapprochés l'un de l'autre en arrière, écartés en avant comme les branches d'un V, ils partent de la paroi sous-lombaire et descendent vers l'utérus pour se fixer, par leur bord inférieur, sur les côtés de la face supérieure du corps et sur la petite courbure des cornes. Leur bord antérieur est libre; il soutient les oviducics et les ovaires : l'oviducte est compris entre les deux lames séreuses du ligament; l'ovaire, placé en dedans de ce ligament, reçoit]une lamelle détachée de la lame principale, et formant avec elle, en dessous de l'ovaire, une sorte de petite cupule.
Une autre petite lamelle, étroite et longue, existe en dehors du ligament large. On peut la suivre postérieurement Jusqu'il l'anneau inguinal supérieur; antérieurement, elle oifre un petit a|)pendice renflé; entre les deux feuillets qui forment ce repli se trouve un muscle grêle tout à fait semblable au crémaster du mâle, avant la descente du testicule dans les bourses. On doit voir dans cette lamelle l'analogue du ligament rond de la femme.
L'utérus se trouve encore fixé par sa continuité avec le vagin.
Intérieur. — La surface intérieure de cet organe olïre des replis nuuiueux qui existent déjà chez le fœtus. Ces replis, rangés en séries longitudinales, sont ineflaçabics par la distension; mais ils disparaissent pendant la gestation, sous* l'influence du travail d'agrandissement dont la cavité utérine est le siège.
Celte cavité présente trois conipartimenls : la cavité du corps et les cavitvs de.< cornes. Celles-ci sont percées à leur fond par l'orifice utérin de la trompe de Fallopc. Celle-là conuuunique avec le vagin par un étroit canal qui traverse le réirécissenienl
OUGAiSliS GÉNITAUX DE LA FEMELLE. 927
postérieur de la matrice, et qui s'appelle, en analomie huniaiue, la cavité du col. Chez toutes les femelles domestiques, la lapine exceptée, on voit le canal utérin ])rolonger au fond du vagin, à la niaiiirre d'un robinet dans un tonneau, et former ainsi une sail-
W VliHMUHCKtW se
ViG. 337. — Organes génitaux de la juraenl isolés cl oiivorls eu partie (*).
lie toujours très-prononcée. C'est sur cette saillie qu'est percé l'orifice vaginal du canal dont nous parlons. Au pourtour de celle ouverture, la muqueuse uléro- vaginale présente des plis transversaux, disposés circulairement, qui donnent au prolongement tapissé par cette membrane l'apparence d'une lleur radiée; aussi appelle-t-on cette
(') i, 1, Oïnircs; 9, 2, trompos do Tnllnpo ; 3, iiiivillnii di- lu Irniiipu (focu externe); 4, piivillnii do la Irompo (fiicn itilrnie nvi.-n l'orifiei? im iniliciil; .">, liK'Jnient de l'oviiire ; (!, coriii.' ntÎM'ieiu inliip|i> ; 7 diriio uli'iiiii' "UVitIi- ; 8, corps
di! l'iiliTiis (fnoi- snixjrii'iirr); '.), liL'niiiiMil. inigu ; 10, col de riitcrus iivci; les plis innipionN (pii fnvit I In llciii'
imuiu ; H, ciil-dc-snc ilii Vll^ill ; 12, iiilcricwi' du vu^in itvi'.r les plis de lu iiieiiiliriiiie iniii|ue\isi' ; 111, iiiciil iirlnuiie: H, valvule lin niéiit iiriiiiiirr ; \fi, pli niii.pieii^, Iriice do l'Iiviiien ; iniciieiir ,le lu vulve ; 17, clilmis ; 18, 18, li'Vl'ea' de lu vidve ; 11), cnniiiiissiire iiiféiieure de In vidve.
saillie du col, fleur épanouie, dans le langage de l'analomie vétérinaire ; c'est le museau de tanche chez la femme.
Structure. — Les parois de la matrice sont composées de trois membranes : une externe, séreuse ; une moyenne, charnue; une interne, muqueuse; avec des vaisseaux et des nerfs.
La tunique séreuse enveloppe tout l'organe : c'est une expansion des ligaments Jarges, laquelle se prolonge en arrière sur l'extrémité postérieure du vagin et se replie ensuite circulairement autour de ce canal pour se porter, soit sur le rectum, soit sur la vessie, soit sur les parois latérales du bassin. Entre les deux cornes, cette membrane forme un frein particulier très-peu développé chez les solipèdes.
La couche charnue comprend des fibres longitudinales et des fibres circulaires, analogues à celles de l'intestin grêle. Elle émet, vers l'insertion des ligaments larges, une. série de faisceaux qui se prolongent entre les deux lames de ces ligaments. Ce ne sont pas les seules fibres musculaires lisses que l'on rencontre dans les ligaments. Rouget a vu ces fibres dans toute leur étendue, et surtout au voisinage des ovaires (1).
Chez la femelle en éiat de gestation, le nombre des libres qui composent cette couche est beaucoup plus considérable que dans les circonstances ordinaires. Cet accroissement a pour but de permettre la dilatation de l'utérus sans trop amincir les parois de ce réservoir; elles s'amincissent cependant, plus ou moins, suivant les espèces. On remarque .aussi, pendant la grossesse, que les fibres musculaires présentent une slriation manifeste.
La membrane muqueuse mince, délicate et plissée, est recouverte par un épithélium vibralile qui devient simplement cylindrique dans la cavité du col etpavimenteux sur les plis de la fleur épanouie.
La muqueuse utérine est dépourvue de papilles^ mais elle loge un grand nombre de glandes en tubes simples ou ïamifiés, droites ou légèrement flexueuses à leur extrémité; au niveau du col, ces glandes s'élargissent à leur fond et prennent un peu les caractères des glandes acineuses.
Vaisseaux. — Nerfs. — Le sang, amené dans l'utérus par les artères utérines et utérO'Ovariennes, est transporté hors de l'organe par les veines correspondantes à ces derniers vaisseaux.
Chez les femelles qui ont eu plusieurs portées, ces vaisseaux se distinguent par leur énorme volume et par les flexuosités qu'ils décrivent.
Les lymphatiques qui sortent de la matrice sont aussi remarquables parleur nombre que par leurs dimensions. Ils gagnent la région sous-lombaire.
Les nerfs qui abordent l'organe viennent du plexus de la petite mésentérique et du plexus pelvien.
DÉVELOPPEMENT. — Étroit daus le fœtus et la femelle adulle qui n'a point encore été fécondée, l'utérus prend plus d'ampleur chez les bêtes qui ont mis bas plusieurs fois.
FoNCTiOiNS. — La matrice est le lieu où se développe l'embryon. C'est sur la membrane muqueuse de ce réservoir que l'œuf se greffe par son appareil placentaire, pour' puiser indirectement dans le sang de la mère les matériaux de son développement. Celte fonction de l'utérus donne lieu aux considérations anatomiques et physiologiques les plus intéressantes. Nous aurons à y revenir en faisant l'histoire de l'œuf.
(1) Des fibres coiiliiictiles lisses existent aussi, (JieZ le mâle, le long du cordon lesticulairc, sous le feuillet viscéral de lu gaîiio vaginale.
ào Du vagin (Rg. 337, 338).
Lo vagin csl un canal iiieiiibraiioux à minces parois, faisant suite à l'utérus, et se terminant en arrière par l'ouverture extérieure désignée sous le nom de vulve.
Situation et rapports. — Situé dans la cavité pelvienne, qu'il traverse Iiorizontalement d'avant en arrièie, le vagin est en rapport, en haut avec le rectum, en bas
H Sa-
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avec la vessie, et par côté il répond aux parois latérales du bassin et aux uretères. Un tissu conjonctif lâclie et graisseux l'entoure en arrière.
Conformation intérieure. — La surface intérieure du vagin, toujours lubniiéc par un mucus abondant, est plissée longitudinalemenl. On y remarffuc en avant, au fond
CHAUVEAU. — 2« ëdil.
930 APPAREILS DE LA GfiNÉRATION.
du canal, la saillie formée par le col ulérin, c'esl-à-dire le museau de tanche ou la [leur épanouie. En arrière, cette surface se continue avec celle de la vulve.
Structure. — Étudié dans sa structure, le vagin se montre formé de deux membranes : une interne., muqueuse; une externe, musculaire.
La membrane muqueuse se continue avec celle de la vulve et de l'utérus; elle est pourvue de papilles et munie d'un épithélium stratifié pavimenieux.
La couche musculaire, rosée, traversée par un grand nombre de vaisseaux, est entourée, dans la plus grande partie de son étendue, d'une couche abondante de tissu conjonctif, qui la met en rapport avec les organes renfermés dans la cavité pelvienne ; mais, en avant, elle se trouve enveloppée par la membrane péritonéale, repliée circulairement autour du canal vaginal pour se porter sur l'utérus.
Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté à ces membranes |)ar l'artère honteuse interne; il en sort par des veines nombreuses qui sont disposées en plexus autour de l'organe et se dégorgent dans le tronc satellite de l'artère. — Les nerfs viennent du plexus pelvien.
Fonctions. — Le vagin reçoit l'organe mâle pendant l'accouplement, et livre passage au fœtus à l'époque de l'accouchement.
5° De la vulve.
Orifice extérieur du vagin, la vulve se trouve située dans la région périnéale, immédiatement au-dessous de l'anus: Nous considérerons successivement sou ouvertwe extérieure, sa cavité intérieure, sa structure.
Ouverture extérieure de la vulve. — C'est une fente allongée verticalement, > présentant deux lèvres ei deux commissures: — Les lèvres, tapissées en dehors par une peau riche en pigment colorant, fine, lisse, onctueuse et dépourvue de poils, sont recouvertes en dedans par la muqueuse ; sur leur bord libre, se trouve la limite nette eti précise des deux téguments. — La commissure supérieure est très-aiguë et répond i presque à l'anus, dont on la voit néanmoins séparée par un espace étroit constituant! \q périnée. — La commissure inférieure est obtuse et arrondie; elle loge le clitoris.
Cavité intérieure de la vulve. — Cette cavité est décrite dans tous les auteurs^ d'anatomie vétérinaire comme appartenant au vagin, dont elle forme l'entrée; la considération des analogies qui existent entre les parties génitales de la femme et celles de; brutes femelles exige cependant qu'on dislingue cette cavité du canal vaginal. Ellei offre à étudier la membrane hymen, qui la sépare de celui-ci, le méat urinairç et sas valvule, et enfin le clitoris.
Du clitoris. — Exactement semblable au corps caverneux du mâle, dont il représente une véritable miniature, long de 5 à 8 centimètres, le clitoris commence par deuX) racines fixées sur l'arcade ischiale et recouvertes d'un muscle ischio-caverneux rudimentaire. Après s'être attaché sur la symphyse ischiale, au moyen d'un ligament suspenseur analogue à celui du mâle, il se dirige en arrière et vient faire saillie dans la. cavité vulvaire, vers la commissure inférieure. Son extrémité libre, ainsi logée dansi celte commissure, s'enveloppe d'un capuchon muqueux constituant le prépuce dut clitoris, prépuce plissé en dilférents sens et creusé, vers le centre du tubercule dite-» rien, d'une cavité folliculeuse qui représente celle de l'extrémité de la verge du mâle.- L'organisation du clitoris rappelle de tous points la structure du corps caverneux pénien : charpente fibreuse, tissu érectile, vaisseaux caverneux, tout se ressemble de lal |
OUCANES CÈNITAUX DV. 1,A l'IiMliLLL;. DSI
inaiiièie la plus exacte. C'est l'alloiicheiuent exercé par la verge du niàle sur cet organe, peiidaul la copulation, qui développe principalement l'excitation vénérienne.
Du luéat iiriiiaire et de sa valvule. — Le canal de l'urèthro, cliez la femelle, est excessivement court. Il s'engage immédiatement sous le muscle sphincter antérieur de la vulve, et après un trajet de quelques centimètres, dans l'épaisseur de la paroi inférieure du vagin, il s'ouvre à l'intérieur de la cavité vulvaire, par un orifice couvert d'une large valvule muqueuse : c'est là le méat urinuire et sa valvule. — Vorific.e ufiiiaire, percé sur le plan inférieur de la cavité de la vulve, à 10 ou l^i centimètres de l'ouverture extérieure, est plus large que le canal urétiiral du mâle, et peut admettre ainsi des sondes d'un assez fort calibre, pour le cathétérisme de la vessie. — La valvule a son bord libre tourné en arrière; elle semble ainsi diriger les urines vers l'ouverture extérieure de la vulve, et empêcher leur reflux au fond du vagin.
De la menibrauc hyuien. — Cette membrane, quand elle existe, sépare de la manière la plus nette la cavité vulvaire de la cavité vaginale. Mais elle se rencontre fort rarement; nous avons pu cependant l'observer plusieurs fois chez la jument adulte. Elle forme une cloison circulaire, fixée par son contour sur les parois vulvo-vaginales ainsi que sur la valvule du méat urinaire, et percée d'une ou plusieurs ouvertures, quelquefois fort étroites, chargées de faire communiquer la vulve avec le vagin. Maintes fois nous avons trouvé sur les vieilles juments poulinières des appendices pédiculés, débris de cette cloison muqueuse.
Structure de la vulve. — La vulve offre à étudier dans sa structure : 1° la ?«mù)-nne muqueuse qui tapisse sa cavité intérieure ; 2" un corps érectile appliqué sur cette membrane, et désigné sous le nom de bulbe vaginal ; S'' deux muscles constricteurs, l'un antérieur, ïaulre postéi'ieur ; U° deux ligaments musculeux ; 5° \di peau extérieure.
\° Membrane muqueuse. — Continue avec celle du vagin et de la vessie, cette membrane offre une couleur rosée qui peut passer au rouge vif à l'époque des chaleurs. Souvent elle présente, près du bord libre des lèvres, des taches pigmentaires qui la colorent en noir, ou lui donnent une teinte marbrée : c'est le cas ordinaire du capuchon clitorien. Elle possède dans son épaisseur une grande quantité de follicules muqueux et de glandes sébacées. Celles-ci existent près du bord libre, et se trouvent surtout accunmlées sur le clitoris, ainsi que dans l'espace compris entre cet organe érectile et la commissure inférieure de la vulve, où on les voit confluer dans plusieurs petits sinus. Xa muqueuse de la vulve munie de papilles est tapissée par un épithélium pavimenteux stratifié.
X Bulbe vaginal. — C'est un organe entièrement formé de tissu érectile à larges aréoles, et divisé en deux branches, qui partent des environs des racines clitoriennes, pour se porter sur les côtés de la vulve, où on les voit se terminer par un lobe arrondi. Recouvert par le constricteur postérieur de la vulve, le bulbe vaginal communique inférieurement avec les veines caverneuses. L'afflux du sang dans les cellules de son tissu resserre la cavité vulvaire, et concourt à rendre plus parfaite la coaptation des organes copulateurs pendant l'acte de l'accouplement.
3° Muscles de la vulve. — Imparfaitement décrits et déterminés dans les ouvrages d'analomie vétérinaire, ils appartiennent à la catégorie des muscles volontaires. Nous en reconnaissons deux que nous décrivons sous les noms de constricteurs postérieur et antérieur.
Constricteur postérieur de In vulve. — Ânalogue au constricteur du vagin de la femme, ce muscle forme un véritable sphincter compris dans l'épaisseur des lèvres
932 APPAKlilLS Dli LA GÉNÉKATION.
de la vulve. Supéricuroiiient, ses fibres se confondent avec celles du sphincter anal, ou s'attachent au sacrum par l'inleruiédiaire des ligaments suspenseurs. Inférieurenient, les plus antérieures se fixent sur la base du clitoris; les moyennes se prolongent dans l'entre-deux des cuisses, et s'insèrent sur la face interne de la peau.
En dedans, il répond au bulbe vaginal et à la muqueuse de la vulve. Sa face externe est séparée de la peau des lèvres par un tissu cellulo-fibreux irès-vasculaire, susceptible d'éprouver la contraction tonique, tissu au milieu duquel on rencontre toujours plusieurs faisceaux rouges isolés, dépendances du muscle principal.
Ce muscle, en se contractant pendant la copulation, resserre l'entrée du vagin et comprime la verge; et comme, en raison de son attache au clitoris, il ne peut entrer en action sans relever cet organe érectile, il l'applique sur l'organe du mâle, en rendant ainsi les attouchements plus sensibles. Chez les femelles en chaleur, on voit souvent les mouvements du clitoris amener cet oigane en dehors, surtout après l'expulsion de l'urine ; dans ce cas, les fibres du constricteur attachées sur le clitoris relèvent celui-ci par sa base, et celles qui prennent leur appui sur la peau de l'eutre-deux des cuisses abaissent la conunissure inférieure de la vulve : celte double action découvre nécessairement le tubercule érectile logé dans cette commissure.
Constricteur antérieur de l.a vulve. — Analogue au niUSCle de WilsOQ du
màle, ce constricteur est formé de fibres arciformes qui enveloppent, en dessous et par côté, les parois du vagin, à l'entrée même de ce conduit, et dont les extrémités sont continuées, au moyeu de faisceaux aponévrotiques, jusque sur les côtés du rectum, où elles se perdent. Par sou bord postérieur, ce muscle se confond avec le précédent.
lx° Ligaments musculeux de la vulve. — Trace des cordons suspenseurs de la verge du mâle, ces ligaments se montrent disposés de la même manière à leur origine. Après s'être réunis sous le rectum, ils descendent en plusieurs faisceaux dans les lèvres de la vulve, et se perdent parmi les fibres du constricteur postérieur.
5° Peau extérieure. — Elle est fine, noire, dépourvue de poils, lisse, onctueuse, et fortement adhérente aux tissus sous-jacenls.
6' Des mamelles.
Les mamelles sont des organes glanduleux chargés de sécréter le fluide qui doit nourrir le petit sujet dans les premiers mois qui suivent la naissance; organes rudimentaires dans la jeunesse, se développant à l'âge où les femelles deviennent aptes à la reproduction, prenant tout leur volume à la fin de la gestation, entrant en pleine activité après la mise-bas, se tarissant et revenant sur elles-mêmes quand la période d'allaitement est terminée.
Structure. — Elles sont au nombre de deux, accolées l'une à l'autre, et placées dans la région inguinale, où elles occupent la place des bourses, chez le mâle.
Forme. — A l'extérieure, elles représentent deux masses hémisphériques, séparées l'une de l'autre par un sillon médian peu profond, présentant chacune dans leur centre un prolongement dit trayon, mamelon ou tetine, prolongement percé à son extrémité libre de plusieurs orifices, d'où s'échappe le lait, et par lequel le petit sujet opère la succion.
Ces deux masses sont fixées dans leur position par la peau qui les recouvre, peau miuce, noirâtre, couverte d'un duvet court et fin, et tout à fait dépourvue de poils aux
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMLLLIi. ' 933
environs du mamelon ainsi que sur ce prolongement, où la surface cutanée se montre lisse, grasse et onctueuse. Elles se trouvent de plus allacliées à la tunique abdominale h l'aide de plusieurs lames ùlastiques, larges et courtes, rappelant les ligaments suspenseurs du fourreau chez le mille.
Structure. — Étudiées dans leur structure, les glandes maiumaires oll'rent à considérer : 1" une enveloppe fibreuse jaune ; 2° un tissu glandulaire ; '6° lessmM,s'OU 7'éservoirs galactophoi^es ; h° les canaux excréteurs pi'opre/ncnt dits, ou les conduits du mamelon.
Venveloppe de tissu élastique, adossée sur la ligne médiane avec son homologue,' se confond avec les lames de suspension qui descendent de la tunique abdominale, et envoie dans l'épaisseur de la glande un certain nombre de cloisons interposées entre les principaux lobules.
Le tissu glandulaire se décompose en grains ou acini, rassemblés en grappes sur les canaux lactifères. Ceux-ci commencent par des extrémités en cul-de-sac, se jettent les uns dans les autres, et finissent par constituer un certain nombre de canaux principaux, qui s'ouvrent dans les sinus galactophores. Les culs-de-sac glandulaires sont tapissés par un épithélium polyédrique qui devient sphérique et infiltré de graisse au moment de la lactation.
Placés à la base du mamelon, les sinus, ou réservoi7's galactophores, sont généralement au nombre de deux principaux, quelquefois trois et même quatre, communiquant ensemble presque toujours, et prolongés dans le mamelon par un nombre égal de canaux excréteurs définitifs parfaitement indépendants, dont les orifices, toujours très-étroits, se montrent les uns à côté des autres à l'extrémité libre de la tetine. Une fine membrane muqueuse tapisse la face interne de cet appareil d'excrétion, membrane doublée, dans le mamelon, par une couche épaisse de tissu; et cette couche est ellemême enveloppée par la peau, qui lui adhère intimement.
Du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs connus complètent cette organisation.
Fonctions. — Les mamelles sécrètent le lait. Ces glandes subissent des modifications remarquables à l'âge de la puberté et à la fin de chaque grossesse. Ces modifications portent non-seulement sur leur volume, leur sécrétion, mais encore sur leur structure intime. En dehors de la grossesse, les culs-de-sac glandulaires sont revenus sur eux-mêmes, atrophiés en quelque sorte et munis seulement d'un épithélium polygonal. A la fin de la grossesse, les culs-de-sac anciens grandissent, quelques culs-de-sac nouveaux se développent, et l'épithélium change de caractère. Celui-ci remplit les cavités glandulaires, devient sphérique et se charge de granulations graisseuses. La période de lactation achevée, la mamelle reprend son premier caractère.
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMELLE DANS LHB MAMMITÈRES DOMESTIQUES AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.
Certains organes présentent quelques différences dignes d'être mentionnées. D'autres sont conformés comme chez les solipèdes.
Ruminants. — Ovaires. — Chez la Vache, les ovaires sont relativement beaucoup plus petits que chez la jument, mais leur forme et leur structure sont identiques.
Utérus. — L'utérus do In 'Vache, comparé à celui de la jument, no présente que" très-peu do caractères différentiels, ou égard à sa disposition générale dans les cavilés pelvienne et abdominale ; seulement, il s'avance un peu moins dans cette dernière cavité. En effet, l'utérus étant supposé parfaitement horizontal, une ligne transverse titée
dans le plan de l'abdomen, en avant de l'angle externe de l'ilium, se trouverait dépassée tout au plus de kk 5 centimètres par l'extrémité des cornes, ce qui revient à dire que l'animal étant sur le dos, l'ulérus se prolongerait seulement jusqu'au niveau de la quatrième ou de la cinquième verlèbre lombaire.
Étudié au point de vue de la forme, l'ulérus présente chez la vache une disposition fort remarquable qu'il importe de noter : la courbure concave des cornes regarde en bas, tandis que cette même courbure est tournée en haut dans l'utérus de la jument. Or, chez l'une et l'autre femelle, l'attache des ligaments sous-lombaires se fait sur la concavité des cornes ; il arrive donc chez la vache, si l'on considère l'utérus librement suspendu dans l'abdomen, que l'extrémité des cornes se montre tordue en dehors et en haut, tandis que la base, bien que tirée dans le même sens par ces ligaments, conserve sa direction, maintenue qu'elle se trouve, d'une manière fixe et invariable, par le corps de l'utérus. Celui-ci reçoit, comme les cornes, l'insertion des ligaments larges sur son plan inférieur. Aussi proémine-t-il au-dessus de cette insertion, tandis que celui de la jument fait saillie par dessous. Ces ligaments sont, du reste, très-amples, surtout à leur bord antérieur, et fortement écartés l'un de l'autre, eu avant, vers leur attache sous-lorabaire, qui se prolonge même sur les parois du flanc : on pourrait les comparer, dans leur ensemble, à une cravate triangulaire dont l'angle impair secait attaché au fond de la cavité pelvienne, et les deux autres aux tubérosités des hanches ; sur cette cravate reposeraient le corps et une partie des cornes de l'utérus (1).
Les cornes utérines sont minces et effilées à leur extrémité antérieure. Le corps est court et étroit.
La cavité intérieure de la matrice, chez la Vache, est moins ample que dans la jtiment. Cette cavité se montre parsemée de tubercules arrondis désignés sous le nom de cotylédons, e.t qui seront étudiés dans l'histoire du fœtus; bornons-nous à indiquer que les cotylédons sont nombreux dans les cornes, rares et petits dans le corps.
Le col utérin, long de 7 à 8 centimètres, est étroit et irrégulier. La fleur épanouie, plus finement plissée que chez la jument, présente une consistance presque cartilagineuse. Trois autres anneaux plissés, de plus en plus petits, sont échelonnés dans la cavité du col depuis la fleur épanouie jusqu'au corps.
Sous le rapport des particularités de structure générale, nous n'avons rien à signaler, sinon que la membrane charnue est généralement plus épaisse que chez les solipèdes.
Dans la Brebis et dans la Chèvre, on retrouve la disposition décrite chez la vache; mais les cotylédons sont creusés en cupule à leur centre. Aussi méritent-ils parfaitement leur nom. ,
Chez le Dromadaire, le col de l'utérus est très-long et entouré de six couronnes de replis muqueux superposés, durs et roides à leur surface. La cavité du corps est divisée en deux, dans la plus grande partie de son étendue, par une cloison résultant de l'adossèment des deux cornes.
Vagin. — Dans la Vache, les parois latérales du vagin sont parcourues, jusqu'à une certaine distance, par un canal muqueux qui s'ouvre dans la cavité vulvaire, à côté du méat urinaire. Ces conduits, dont la signification est inconnue, sont désignés sous le nom de canaux de Gœrtner. On ne voit rien de semblable chez la Brebis et la
Chèvre.
Vulve. — Elle a des lèvres épaisses dans la Vache. La commissure inférieure est aiguë et munie d'un bouquet de poils. Le méat urinaire est disposé comme chez la (1) ChauveaUj Recueil de médecine vétérinaire, 1848.
OUGANES «ÉNITAUX DIS \.^ FKMELLK. 9î55
jument; mais il existe à l'iiUérieiir du canal de l'urèthro, sur la paroi inférieure, une valvule dont le bord libre est dirigé en arrière. Cette valvule surmonte un cul-de-sac d'un centimètre, qu'il faut savoir éviter dans le cathétérisme de la vessie.
A 2 ou 3 centimètres en avant de l'entrée de la vulve, on trouve, enfermées dans l'épaisseur des lèvres, les glandes vulvo-vnginales. Découvertes par Duverney, décrites par Bartholin et depuis par M. G. Colin (1), ces glandes ont la forme d'une grosse amande dont l'extrémité renflée est dirigée par en haut; l'extrémité effilée, située au voisinage du niuscle iscliio-clitorien, donne naissance aux canalicules excréteurs. Ces organes sont des glandes en grappes dont les canalicules excréteurs se réunissent pour former une sorte de sinus qui vient s'ouvrir définitivement dans la cavité des organes génitaux, î» lui décimètre environ en avant des lèvres de la vulve.
Mamelles. — Chez la Vache, chaque masse mammaire latérale, quoique enveloppée dans une seule capsule fibreuse, se compose de deux glandes bien distinctes, ayant chacune lexiv trayon. Cet animal possède donc réellement quatre •marne lies et quatre tétines. On trouve même souvent, en arrière de celles-ci, deux petits trayons rudimenlaires et imperforés.
Au centre de chaque glande, et à la base de la tetine, existe un seul sinus galactophore, confluent général de tous les conduits lactifères, vaste cavité ouverte à l'extérieur par un canal excréteur définitif.
Dans la Brebis et dans la chèvre, il n'y a que deux mamelles, comme chez la jument ou l'ânesse ; mais ces mamelles sont exactement conformées sur le même plan que celles de la vache. La chèvre présenlesouvent deux mamelons postérieurs rudimentaires.
POKC. — L'ovaire de la Truie présente un aspect lobulé qui rappelle la grappe ovarienne des oiseaux. Cet aspect est dû aux vésicules de Graaf qui, lorsqu'elles sont bien développées, font saillie à la surface de l'organe, au lieu de rester englobées dans le stroraa. Voviducte est moins flexueux, mais sa longueur est proportionnellement plus grande que dans les autres espèces. Le corps de Vutérus est court; les cornes sont au contraire excessivement longues, repliées et flottantes au milieu des circonvolutions intestinales. Le vagin présente des canaux de Gœrtner comme chez la vache. La commissure inférieure de la vulve est encore plus aiguë que dans les ruminants. Les mamelles sont au nombre de dix, disposées sur deux rangées latérales étendues depuis le pli de l'afnc jusque sous la poitrine. Elles n'offrent plus, comme dans les grands quadrupèdes, de réservoirs galactophores, les canaux lactifères se réunissant directement en un nombre variable de conduits définitifs qui traversent le mamelon pour s'ouvrir à son extrémité par cinq à dix orifices.
Carnassiers. — Dans la chienne et la Chatte, les ovaires et X'ulérus affectent la disposition que nous venons de décrire pour la truie ; on remarque, de plus, que les ovaires sont logés dans un repli particulier des ligaments larges qui forme une sorte de cupule. Pas de canaux de Gaertner dans le vagin. La vulve de la Chienne est triangulaire, aiguë à sa commissure inférieure. La chatte présente un petit os clitorien. Les mamelles sont au nombre de dix chez la chienne et de huit chez la chatte : elles se distinguent, comme dans la truie, en inguinales, abdominales et pectorales.
Rongeurs. — Ovaires. — Ces organes, chez la Lapine, ont environ \ centimètre et demi de longueur sur /^i à 5 millimètres de largeur ; leur teinte générale est d'un blanc légèrement rosé. Les vésicules de Graaf et les corps jaunes, extrêmement nombreux, sont disséminés sur toute la surface des glandes ovigènes.
Oviducte. — Le pavillon de la trompe est très-devéloppé ; il dépasse, en avant, l'ex-
(1) G. Colin, Traité de physiologie comparée des animaux domestiques, 2" édit. Paris, 1871,
U'émité de l'ovaire; il se replie de haut en bas et d'avant en arrière, pour venir se fixer sur cet organe.
Utérus. — La Lapine présente deuv. utérus distincts, accolés l'un à l'autre à l'origine, divergents dans le reste de leur étendue. Leur longueur moyenne est de 10 à 12 centimètres. Chaque utérus est cylindrique, légèrement floxueux, et s'ouvre, au fond du vagin, par une petite lleur épanouie.
Les ligaments larges se fixent sur l'utérus d'après le mode que nous avons étudié chez la vache ; aussi l'utérus est-il tiré en dehors et en haut.
Vagin. — Il est aplati de haut en bas, soutenu par les bords de sa face inférieure et long de 6 à 8 centimètres environ. Son origine n'est pas nettement indiquée, parce que le méat urinaire s'entiecroise plus ou moins avec un canal de Gaertner qui doit naturellement appartenir au vagin. Ce canal est situé à gauche du méat ; il cesse bientôt pour reparaître au voisinage du canal utérin gauche.
Vulve. — Longue de 6 centimètres, la cavité vulvaire est presque entièrement située au delà de l'arcade ischiale, attachée avec le rectum à la face inférieure de la région coccygienne.
L'orifice de la vulve présente des r/randes et des petites lèvres. Les premières sont garnies, près de leur commissure inférieure, d'un bouquet de poils longs et fins. Les secondes commencent vers la commissure supérieure et viennent se fixer iuférieurement sur les bords du clitoris. Ce dernier organe a pour base un corps caverneux de U centimètres de longueur ; la partie libre est aj)latie et effilée ; elle peut devenir trèssaillante, lorsqu'on tire les lèvres de la vulve en avant, et être prise, à ce moment, pour un petit pénis.
Les muscles de la vulve sont: 1° un constricteur postérieur; 2° un constricteur antérieur, très- large, commençant sur les vertèbres coccygiennes et s'insérant sur les > bords du clitoris ; 3" deux ischio-caverneux, et lx° un sous-ischio-caverneux moins volumineux que dans le mâle, mais de même forme.
Mamelles. — Elles sont disposées comme chez la truie et la chienne.
Glandes. — La Lapine possède, comme le mâle, une paire de glandes rectales et de glandes anales.
On remarque, sur le Léporide femelle, que les organes génitaux externes ressemblent à ceux de la lapine, et que les organes génitaux internes tiennent le milieu entre ceux de la lapine et ceux de la hase. Dans tous les cas, ces organes présentent tout ce qui est nécessaire pour la reproduction.
COMPARAISON DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME AVEC CEUX DES FEMELLES DOMESTIQUES.
Ovaires. — Ces organes, ovoïdes, longs de ()"',038 et larges de 0'",020, sont logés dans l'aileron postérieur du ligament large. Ils sont rattachés à l'utérus par le ligament de l'ovaire et réunis à la trompe de Fallope par le ligament de la trompe. Structure, comme chez les grands animaux. Une vésicule de Graaf arrive habituellement à terme tous les mois; la rupture correspond avec une époque menstruelle.
On trouve, clicz la femme, annexé à l'ovaire, Yorganc de Rosenmïtller ; il se compose de quinze à vingt conduits llexueux aboutissant à une branche transversale. Ces conduits, tapissés par un épilhélium vibratile et remplis d'un liquide jaunâtre, forment un système clos compris dans le ligament large, entre l'ovaire et la trompe.
Trompe utérine. — Placée au bord supérieur du ligament large, elle est à peine flexueuse, et se termine par un pavillon découpé en une quinzaine de franges inégales.
Utérus. — L'ulérus de la femme est situé entre le rectum et la vessie, où il est légèrement oblique de haut en bas et d'avant en arrière. Sa forme s'éloigne dé toutes celles que nous avons étudiées jusqu'ici; il a la forme d'une gourde aplatie, son volume varie avec l'âge, le nombre des gestations; il pèse en moyenne h'I grammes.
On distingue aussi dans l'utérus de la femme le corps et le col. Le corps est triangulaire; aux extrémités de son bord supérieur viennent s'ouvrir les trompes. Le col est fusiforme; la saillie qu'il fait au fond du vagin présente le museau de tanche, fente transversale bordée par deux lèvres inégaies. La face inlerne du col porte les plis palmés, arborisations formées par la membrane muqueuse.
Comme structure, nous n'avons rien à dire de particulier.
Les ligaments larges comprennent entre leurs lames des fibres musculaires qui s'accunmlent dans certains points pour constiluer des replis accessoires; les plus importants parmi ceux-ci sont les iigam.ents ronds. Les ligaments ronds partent de la face antérieure de l'utérus, se dirigent en avant et en dehors, s'engagent dans les anneaux inguinaux et viennent se terminer dans le tissu conjonctif du mont de Vénus.
FiG. 339. — Organes génitaux internes de la femme (*).
Vagin. — Ce canal a une largeur de O^.OS environ; il est adossé au rectum et répond en avant, par du tissu conjonctif, à la vessie et au canal de l'urèthre.- Sa face interne offre des plis longitudinaux, colonnes du vagin, qui sont coupés par des plis transversaux. Au-dessous de l'orifice de l'urèthre se trouve l'entrée du vagin, ouverture arrondie, fermée en partie chez les femmes vierges par la membrane hymen. Rarement complète, cette membrane peutiilTecter dilférentes formes qui l'ont fait appeler hymen en fer à cheval, hymen bilabié, hymen semi-lunaire, hymen annulaire et hymen frangé. Lorsqu'elle est rom|)ue, elle se rétracte fortement; mais il en reste toujours quelques vestiges que l'on désigne sous les noms de caroncules myrtiformes.
' (*) i, l'iilfriis et le vngiii sont ouverts ; l'civnire est fendu d'un coté, iiinsi que In trompe. — n, fond de l'uli^nis ; h, cavité de l'ulrnis; c, eiivitr du col ; ((, trompe utérine; c, pavillon de Itt trompe; f, f, ovaire ; ij, ligament de l'oToire ; i, ligament rond ; le, ligament large ; t, vagin.
Vulve. — La vulve présente une cavité et un orifice, comme chez les femelles domestiques; mais la cavité, moins profonde, ])rend le nom de vestibule du vagin; elle s'étend jusqu'à l'hymen ou ses débris.
Ventrée de la vulve est percée au milieu d'une saillie cunéiforme qui se confond, en haut, avec une sorte de mamelon, mont de Vénus, qui semble protéger la symphyse ischiale. Elle est bordée par deux replis : l'un cutané, les grandes lèvres; l'autre muqueux, les petites lèvres. Les grandes lèvres convexes, en dehors, se continuent, en haut, avec le mont de Vénus, et se réunissent, en bas, en formant un angle assez aigu appelé fourchette; elles son|^ couvertes de poils sur leur partie externe. Les petites lèvres, plus ou moins développées, partent de la fourchette, s'élèvent contre les bords de l'entrée du vagin et s'unissent au-dessus du clitoris en formant le prépuce de cet organe.
Le clitoris est logé dans la commissure supérieure de la vulve; sa pointe est dirigée par en bas, surtout pendant l'érection; sa base est reliée de chaque côté aux deux lobes érectiles qui constituent le bulbe du vagin.
Deux glandes en grappe versent leurs produits sur les parois du vestibule ; ce sont les glandes vulvo-vaginales ou de Bartkolin.
Mamelles. — Elles sont pectorales et au nombre de deux. Elles présentent à leur milieu une énorme papille sur laquelle s'ouvrent les canaux excréteurs, c'est le mamelon. Celui-ci est entouré d'un cercle brunâtre, auréole du mamelon.