‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 37 sur 262 · DES MEMBRES EN GÉNÉRAL ET DE LEUR PARALLÈLE · texte numérisé non relu

DES MEMBRES EN GÉNÉRAL ET DE LEUR PARALLÈLE

Quant h la cavité cotyloïdc, elle répète dans le membre postérieur la cavité glénoïde • le l'oniopiate. Reste à déterminer dans ce dernier os les portions analogues à l'ischium 'tau pubis. Or, en se basant sur les insertions musculaires, on arrive à reconnaître |iie l'ischium répond h l'apophyse coracoïde, et le pubis h la clavicule chez les aninnux qui en sont pourvus. Ou remarquera que le coxal est dirigé en arrière, tandis |iie l'omoplate est oblique en avant ; cette opposition dans la direction des deux os l'ciltère en aucune façon leurs analogies; le rôle des membres auxquels ils correspondent commandait cette situation inverse.

Parallèle du fémur et de Ihuménis. — La ressemblance de ces deux os est remarquable. Ainsi, on trouve dans le premier : 1° une tête articulaire mieux détachée que celle de l'humérus, mais configurée de la même manière ; 2" un trochanter analogue m trochitcr, et décomposé comme lui en trois parties distinctes : le sommet, la crête Bt la convexité ; 3» un trochantin qui représente le trochin; k" une éminence, destinée à l'insertion du fessier superficiel, qui rappelle l'empreinte deltoïdienne ; 5° une poulie articulaire inférieure continuée entre les deux condyles par une gorge non articulaire ; cette trochlée répond certainement à la gorge médiane de la surface huméralc inférieure.

On constate cependant des différences entre ces deux os ; mais elles sont sans portée sur le résultat que nous avons indiqué. Ainsi, la ligne âpre du fémur est située en arrière ; celle de l'humérus en avant. Dans le fémur, les deux condyles de l'extrémité inférieure sont placés en arrière de la trochlée ; c'est le contraire dans l'humérus. Ces modifications étaient nécessaires, afin de donner aux mouvements des membres une direction convenable : la jambe se fléchit en arrière sur la cuisse, tandis que l'avantbras se fléchit en avant sur l'humérus.

Pûrallèle entre les os de la jambe et ceux de l' avant-bi^as . — C'est surtout pour ces deux régions que la question des analogies a été résolue d'une manière contradictoire par les anatomistes. Elle eût paru moins embrouillée, si on l'avait étudiée sur un grand nombre d'espèces.

On a prétendu que la rotule et la partie supérieure du tibia représentent l'extrémité supérieure du cubitus et du radius ; et que la partie inférieure du cubitus est représentée par le péroné, et la partie inférieure du radius par celle du tibia. Cette opinion était erronée.

Il est vrai que, chez l'homme, le tibia et la rotule s'articulent avec le fémur comme l'extrémité supérieure du cubitus et du radius répond à l'humérus.

Mais, dans les quadrupèdes, dont les membres thoraciques sont destinés h soutenir le poids du corps, on n'observe plus cette disposition ; on voit le radius servir d'appui à toute la surface humérale, comme on voit, en arrière, le tibia recevoir la surface fémorale ; de plus, le cubitus ne devient qu'un simple complément de l'articulation du icoude, comme le péroné dans l'articulation fémoro-tibiale.

Le tibia répond donc au radius et le péroné au cubitus.

Quant à l'olécràne, il est représenté par le noyau supérieur du péroné et non par la iroiule. Ce dernier os n'est pas autre chose qu'une sorte de sésamoïde destiné à faciliter l'action des muscles extenseurs de la jambe. On pourrait peut-être objecter îi ce rapprochement que, dans le membre antérieur, les muscles extenseurs s'attachent îi l'olécràne. Nous répondrons qu'il importe peu que les muscles qui meuvent la jambe ou le bras se fixent sur l'un ou l'autre des deux os de ces régions, puisque ces os sont solidaires dans les mouvements d'extension et de flexion.

Parallèle entre les os du pied postérieur et ceux du pied antérieur. — I/analogic

devient si saisissable quand on compare ces deux régions, qu'il est à peine besoin de la i signaler. Les os du tarse sont bien au membre postérieur ce que les os carpiens sont [ au membre antérieur; il est même possible de comparer une à une les pièces de ces rO gions. Les métatarsiens répètent tout îi fait les métacarpiens. Quant aux os des doigts ils sont si exactement ressemblants, qu'il devient fort difficile de distinguer les phalangt postérieures des antérieures.

Ces animaux, destinés pour la plupart h se soutenir dans les airs^ devaient présenter, dans la conformation de leur squelette, toutes les conditions qui peuvent favoriser lai locomotion aérienne. De là des différences qui le distinguent du squelette des mammi-i fères, différences dont nous allons tracer un tableau raccourci dans une rapide esquisse.

Colonne vertébrale. — Vertèbres cervicales. — La tige cervicale représente, chez l'oiseau comme chez le mammifère, une espèce de balancier contourné en S, qui supporte la tête et fait varier, par ses changements de forme et de direction, la situation du centre de gravité. Que l'oiseau s'élève dans les airs et s'abandonne à l'élan d'un vol rapide, on le verra allonger le cou et étendre la tête pour porter le centre de' gravité en avant. Qu'il vienne se reposer sur le sol, il forcera alors l'inflexion naturel^ et plus ou moins gracieuse de son balancier cervical, pour renverser la tête en arrière, et reporter la plus grande partie du poids du corps sur les colonnes de soutien formées par les membres postérieurs. Ces déplacements du centre de gravité s'exécutent che^ l'oiseau sur une échelle plus étendue que chez le' mammifère; aussi voit-on la tige cervicale du premier offrir plus de longueur, plus de légèreté, et jouir d'une mobilit excessive. ,

Les vertèbres qui la composent sont au nombre de 14 chez le coq, de 12 chez k i pigeon, de 15 chez le canard et de 18 chez Voie; on en compte jusqu'à 23 chez k \ cygne : curieuse variété qui contraste singulièrement avec l'unité numérique dont oi a signalé l'existence comme un des caractères les plus l'emarquables de la classe de.' mammifères! Ces vertèbres, généralement plus longues que chez ces derniers animaux, se distinguent surtout par la configuration des surfaces articulaires de la parti( inférieure ou du corps. Ce sont, en effet, des facettes diarthrodiales convexes dans ui sens et concaves dans l'autre, articulant les corps vertébraux par un véritable emboîte ment réciproque. Ainsi, la tête antérieure du corps de chaque vertèbre est remplacée par une facette concave d'un côté à l'autre et convexe verticalement; tandis que l'cx trémité postérieure de l'os porte, au lieu de cavité, une facette convexe dans le sen; latéral et concave de haut en bas. La crête inférieure du corps (fig. 60, 2, 2') n'cxistr que dans les premières et dans les dernières vertèbres; mais elle forme une vériiabk épine analogue à celle que nous avons déjà signalée sous le corps des vertèbres lombaires du lapin. L'apophyse épineuse (fig. 60, 1, 1') ne constitue qu'une simple crêtci; dans la partie moyenne du cou; elle devient plus saillante dans les vertèbres qui occu-i peut les deux extrémités de la région. L'apophyse transverse représente sur le côté dci la vertèbre un gros tubercule obtus et irrégulier, situé sous l'apophyse articulaire

intérieure et percé à sa base d'un large trou tracliélicn (fig. 60, !\, W). Elle est

Fifi. 60. — Squelelle de coq (*).

•onrvue le plus souvent d'un petit prolongement styloïde (fig. 60, .S, 3') dirigé en

(*) Do A A n, vartcUrun ccrvimlca ; 4, fipnpliyse ôpinnupp (lo In troisuMllo ; 2, ci'i'^te infiTiniiro <lii rnrps iln lu iin^mû ;

prnlnngeinnnt styloiile ilo l'npnpliysc trniiRversn de In nii'mn j \, trou traplicMinn de la iik'-ihc ; 1', 2', 3', K', li's mi'ine» nrties dnim In dnnzinmc vcrtùhriï. — Di; 1) k C, vcrlèhrnu ilnrmlea ; G, npnpliyai! npincnsn de In pnMiiii'ro ; 7, criMi; loniUM» nr ift anudiin! dcsi nntrtis npopliyses i''pinniiso9. — Mo I) il V,, vfrlnlirrs mccyninincu. — I', Cr, /('/c; 8, cloison inlci'rbitairn ; 9, trou do cnmninnip'ntioii mlvi; 1ns deux nrliiti-s ; 10, os intonnnxilinin'; 10', oiivi'i liiros oxtc'rieiin-'S 1, maxillaire; 12, 09 enrré ; 13, os jiignl. — II, siernum ; 14, lireoliet ; iTy, npoplivso épislonudo ; 10, npoplivse Inli rnle iterne; 17, apophyse lotcirolc externe ; 18, membrane (|ni lioiielie l'écliniienirn interne; 19, membrane de 1 iVlianoriire Kterne. — I, cte.,c<)(e» lupérieuns ; 20, npophyae pnsti^rienre de la eimpiième. — .1, rôles infMciires. — h, omo;i(a(e.

DES os.

arrière et en bas, faisant ^piphyse clans le jeune Age, et représentant une vériiah! côte avortée.

L'ailas manque d'apophyses transverses. Cette vertèbre a la figure d'un minc^ anneau creusé, sur son contour antérieur, d'une petite cavité dans laquelle est reçu 1^ condylc unique de l'occipital.

L'axis offre une apophyse odontoïde très-prononcée avec une seule facette impair^ sous cette éminence.

Vertèbres dorsales (fig. 60, B, C). — Au nombre de 7 chez le coq et le pirjeoii de 9 chez l'oîeet le canard, ces vertèbres se soudent presque toujours en une pièc. unique pour fixer le tronc et offrir aux ailes un point d'appui solide dans les violenb efforts qu'exige le vol. Les deux ou trois dernières se trouvent même recouvertes p;n les os des iles et réunies avec eux.

La crôle inférieure du corps forme une très-longue épine, du moins dans les pre mières vertèbres. Les apophyses épineuses, plates, larges, courtes et soudées eniii elles par leurs bords opposés^ constituent une longue crête étendue de la dernièn vertèbre cervicale à l'os des iles (fig. 60, 7). Les apophyses transverses s'élargissen à leur sommet; chez le coq, elles se soudent à peu près constamment les unes aus autres.

Vertèbres lombaires et sacrées. — Toutes ces vertèbres sont exactement confor mées sur le même type; aussi devient-il fort difficile, pour ne pas dire impossible, dt préciser le point où finit la région des lombes et où commence la région sacrée. D'abord indépendantes les unes des autres, ces vertèbres, au nombre de l^i, ne tar dent pas h se souder entre elles et avec les coxaux; mais leur séparation primitive esi toujours indiquée par les cloisons latérales que forment, à leur face inférieure, les ves liges des apophyses transverses. La première s'unit étroitement à la dernière de i. ; région du dos. I

Vertèbres coccygiennes. — Dans la région coccygienne, le rachis recouvre sa nu bilité. La queue de l'oiseau remplit, en effet, l'office d'un gouvernail propre à le diri ger pendant le vol; et il fallait de toute nécessité que les vertèbres qui servent de basi aux pennes rectrices conservassent leur indépendance, pour permettre à celles-ci se porter à droite, à gauche, en haut ou en bas. Ces vertèbres, au nombre de 7 présentent des apophyses épineuses souvent bifurquées, des apophyses transverses très^ développées, et quelquefois même des épines plus ou moins longues sur la face infé rieure de leur corps. La dernière vertèbre est toujours la plus volumineuse; elle es aplatie d'un côté à l'autre, terminée en pointe et recourbée par en haut.

TÊTE (fig. 60, G, 61). — La tête de l'oiseau est petite et de forme conique L'extrénn'lé antérieure s'allonge en effet et se termine par un bec pointu ou aplati disposition qui permet à cet animal de fendre l'air avec plus de facilité.

Os du crâne. — Les os qui composent le crâne sont, comme chez les mammi i fères, un occipital, un pariétal, un frontal, un ethmoïde, un sphénoïde et dcu i temporaux. Ces os ne sont isolés les uns des autres que chez les jeunes encor | dans la coquille. Le travail d'ossification qui les réunit est si rapide, que le cràn peu de temps après l'éclosion, se trouve déjà formé d'une seule pièce. Il n'entre pa dans nos vues de donner la description détaillée de chacun de ces os; nous nou

os coracotdicn. — M, fonrchcltc; m, m, Ecs deux liranclics. — N, humérus. — 0, cuhilus; o, rndiii.i. — P.P'i '

ibt carpe. OjQ'i mclncarpe. — H, preniiiM'i; plinlnn.!;p iln grand doigt de l'aile; r, sccoiuli; ]ilmlan!^o du iiii'ni'

](', plinlnnge du ponce.— S, ilium. — S', lichiiim.— S", ;iuhis ; 21, trou scintique ; 22, ouverUii'c o^ulnirc— T, fériiv

u'^ ronde. — V, /i7<!«. — X, péroné. — y, os unique au mrsc. — Y, mélalarsc; 23, npopliyse supérieure rcprésoi

tant uu métatarsien soudé ; 24, apopliyse qui supporte l'ergot. — Z, etc., doigts.

)oi iierons à quelques obscrvaiions sommaires dont la connaissance peut être de quel- [iie utilité.

Ainsi V occipital ne présente, pour s'articuler avec le rachis, qu'un seul condyle iliic sous le trou occipital, et creusé à sa surface d'une légère rainure. Dans les lalmipèdes, cet os est percé, en arrière des crêtes iiargées de donner attache aux muscles extenseurs, le deux trous qui pénètrent dans le crâne et qui repré- ,1'iitent deux fontanelles persistantes. — Le pariétal st peu développé et formé seulement par deux noyaux irimitifs. Le frontal est le plus grand des os du crâne; .(111 apophyse orbitaire (fig. 61, 11) est portée par une )iùce particulière, que l'on considère généralement oinme appartenant à la grande aile du sphénoïde. — 1,1 lame 'perpendiculaire de Vethmoïde est considé- ,il)le, et constitue entre les deux orbites une mince loison verticale (fig. 60, 8). Son bord postérieur est khancré en regard du trou optique, et forme ainsi iiit' ouverture qui fait communiquer les deux cavités Il hitaires (fig. 60, 9). On remarque de plus qu'elle est misée, près de son bord supérieur, d'une scissure aboutit par ses extrémités à deux orifices, dont .'un pénètre dans le crâne, et l'autre dans les cavités aasales. Cette scissure et ces trous livrent passage nu nerf cthmoïdal, qui traverse ainsi l'orbite avant l'arriver à son lieu de destination. — Les volutes ethmoïdales sont plutôt membraneuses qu'osseuses. Leur base est attachée sur une iame iransverse fort délicate, souvent membraneuse elle-même et non criblée, qui lorme en partie la paroi antérieure de l'orbite. Ces volutes remplacent à la fois les masses latérales de l'ethmoïde et les cornets des animaux mammifères. — Le sphénoïde paraît formé d'une pièce unique, et offre sur les côtés de son corps deux facettes diarihrodiales qui répondent aux ptérygoïdiens. Il est percé d'un seul trou pour le passage des nerfs optiques ; mais ce trou s'ouvre au dehors en regard de l'échancrure postérieure de la cloison inter-orbitaire, comme on vient de le voir; et il permet ainsi à chacun des nerfs qui le traversent de gagner l'œil auquel il est destiné. Il est digne de remarque qu'une disposition analogue se rencontre également dans le lapin (1). — Les temporaux Iprésentent à leur base une surface articulaire qui répond à l'os carré. Chez les animaux du genre coq, l'apophyse zygomatique (fig. 61, 12, 12') forme une petite languette aplatie, dirigée en avant, tantôt libre, tantôt unie par son bord supérieur avec le sommet de l'apophyse orbitaire. Ces deux éminences sont excessivement courtes dans les pigeons. Chez les Palmipèdes, elles se soudent et se confondent

FiG. 61. — Tête de coq (grandeur naturelle) vue par sa face postérieure (*).

(1) Cette analogie est véritablement frappante, et pourrait, suivant nous, servir de base à une nouvelle détermination de la cloison inlerorbitaire. Nous sommes tenté, en effet, de considérer cette lame osseuse comme le spliénoïde inférieur et la partie moyenne de rellimoïdc des oiseaux. Cette manière de voir viendrait confirmer les idées de M. Tabourin sur le spliénoïde inférieur ei l'ethmoïde des mammifères.

(*) 1, trou oneipiul ; 2, coiulyle unique do l'oraifiitul ; 3, plirygoîdien ; 4, sni fnce nrticnluiro inWfleurG do l'os ottrl-é; 5, fi|]n|iliyse onténeurc du iiuVnc ; 0,0, fncc iiifiTitiue du.? |wilnliiis foriimnt l'niiliGc gultiirol dus cnvilc'S imonli'S ; 7, l'Xi IriNnilB poslùricuri! dos mèiiins ; 8, zygoiiinlKnic ; 9, lacryiiinl ; 10, interuinxilluiro ; H , uiioiiliysc orbitBiie ; lï, "l'uphyie zygumotiqHo droilu ; 12', celle ilu colo opposii rùuiiio à ru]iopliy8c oibiloiic.

d'une manière si intime, qu'il devient impossible de les distinguer l'une de l'autre. De cette union résulte une longue et forte apophyse, qui se dirige en avant et vient à la rencontre d'un prolongement particulier de l'os unguis, en formant avec celui ci une véritable arcade osseuse. Celte arcade limite en bas et en dehors la cavité > orbitaire. 1

Os de la face. — La mâchoire supérieure comprend : un intermaxillaire, deux oaC nasaux, deux lacrymaux, deux palatins, deux ptérygoïdiens, deux zygomatiques et una vomer. La mâchoire inférieure a pour base un maxillaire, qui s'articule avec le crânai par l'intermédiaire de deux os supplémentaires nommés os carrés. I

V intermaxillaire (fig. 60 et 61, 10) est formé, avant l'éclosion, de deux pièce?» latérales qui représentent les deux intermaxillaires des mammifères. Cet os esi ( très-considérable et forme à lui seul la base du bec supérieur, dont il détermine 1 forme ; aussi est-il pointu et conique chez les Gallinacés, large et aplati de dessus ei dessous chez les Palmipèdes. Il circonscrit en avant les ouvertures externes du nez, < se prolonge supérieurement en deux longues apophyses qui s'enclavent entre les ii nasaux. Deux apophyses inférieures, appartenant aussi à cet os, concourent à la for malion de la voûte palatine. — Les maxillaires supérieurs, analogues aux grands su maxillaires des mammifères, sont deux os rudimentaires situés sur les côtés et à la ba.^ du bec. Us forment une partie de la voûte palatine et des parois des cavités nasales. — Les os nasaux circonscrivent en haut, en dedans et même en dehors, les orifices exlc rieurs de ces cavités. • — Les pjalatins entourent, comme chez les mammifères, k ouvertures gutturales du nez, et constituent une grande partie de la voûte palatine. Leur extrémité postérieure s'appuie contre les ptérygoïdiens. L'antérieure vient re-^ joindre les sus-maxillaires et les apophyses inférieures de l'intermaxillaire. — Les ptérygoïdiens s'étendent obliquement du sphénoïde aux os carrés. On remarquer? qu'ils s'unissent avec le sphénoïde par articulation diarthrodiale. — Les zt/gomadque» ont la forme de deux stylets très-grêles unis à l'os carré par leur extrémité postérieure! et soudés au sus-maxillaire par leur extrémité antérieure. — Le vomer sépare l'une dd l'autre les ouvei'tures [gutturales du nez.

Les os de la mâchoire supérieure ne se soudent point entre eux d'une manière ausss rapide que les os du crâne. Les apophyses montantes de l'inter-maxillaire et les or nasaux restent môme pendant fort longtemps unis au frontal par une simple articulatioi synarthrodiale. Cette disposition permet au bec supérieur d'exécuter un certain moi vement d'élévation, mouvement dont nous ferons connaître le mécanisme en purlau i des articulations. j

Le maxillaire inférieur est formé primitivement d'un grand nombre de segmenU^ distincts qui se soudent bientôt pour constituer un os unique. L'os carré ou tijmpaniqm doit être considéré comme une pièce osseuse détachée du temporal. C'est un os pris-s matique, pourvu, sur sa face supérieure, d'une facette diarthrodiale qui l'unit au tem-i poral, et, sur sa face inférieure, d'une autre facette articulée avec la branche dt! maxillaire. Il se joint en dehors avec le zygomatique, en dedans avec le ptérygoïdien. Eu arrière, il donne attache à la membrane du tympan. Il présente en avant uik petite éminence d'insertion que Meckel considère comme une seconde apophyst zygomatique.

Thorax. — Sternum (fig. 60, //; 62, 1). — Le sternujn des oiseaux, servant dd point d^appui aux muscles moteurs de l'aile, devait offrir, et offre, en effet, une forcd remarquable, à cause du volume extraordinaire de ces muscles. Or, ceux-ci étan d'autant plus forts et plus énergiques que l'oiseau présente h un plus haut degr<

aptitude au vol, il en résulte que la charpente du sternum se trouve elle-même 'aillant plus solide que les oiseaux chez lesquels on le considère sont meilleurs voiliers.

i ii résulte encore qu'on peut pressentir, d'une manière presque infaillible, l'étendue la puissance du vol d'un oiseau à la seule inspection du sternum des individus de

11) espèce. On comprend fort bien, du reste, que nous n'énonçons en ce moment l u'uiie application particulière des règles posées par la grande loi de concordance entre disposition anatomique des organes et leur finalité physiologique. E ludié chez les Palmipèdes, qui nous serviront de type de description, le sternum

■ lu ôsente sous la forme d'une large cuirasse rectangulaire, allongée d'avant en arrière, ui constitue à elle seule la paroi inférieure de la cage thoracique, et qui pvotége même

1 ande partie la cavité abdominale. — Sa face supérieure est concave. — Sa face lU rieure est convexe et se trouve occupée tout entière par l'insertion des muscles cioraux. Elle présente sur la ligne médiane une crête mince et très-saillanle, qui

ii te le nom de bréchet (fig. 60, 14; — 62, B, 2), et qui multiplie d'une manière Miarquable les points d'attache de ces muscles. — Le bord antérieur offre dans son lilieu une petite éminence d'insertion dite épi-sternale (fig. 60, 15; — 62, A, 2). On voit latéralement deux rainures articulaires qui répondent aux coracoïdiens. — Le ord postérieur est entaillé de deux échancrures souvent converties en trous (fig. 62, ', 3, 3). — On observe sur les bords latéraux de petites facettes articulaires doubles ui répondent aux côtes inférieures. Les angles qui séparent ces deux bords de l'anléeur se prolongent tous deux en une petite éminence, nommée par quelques auteurs oophi/se costale (fig. 62, A, 3,3).

Chez le Coq, le sternum est beaucoup plus faible que chez les Oîes et les Canards. I présente, en effet, de chaque côié du bréchet deux larges échancrures qui entament •ofondément sa substance et la réduisent à fort peu de chose. Ces échancrures (fig. 61, 3, 19; — 62, A, 6, 7), bouchées à l'état frais par des membranes, sont distinguées 1 externe et en interne. Celle-ci, beaucoup plus vaste que l'autre, s'étend jusqu'auprès

l'extrémité antérieure de l'os. De cette division des lames latérales du sternum «ultent deux apophyses grêles et longues dirigées en arrière (fig. 60, 16, 17; — 2, A, k, 5). L'externe se termine en s'élargissant, et forme une espèce de plaque •iseuse qui recouvre les dernières côtes inférieures.

Le sternum des Pirjeons se distingue par l'énorme développement du bréchet. Les eux échancrures qui existent chez le coq se rencontrent aussi dans ces oiseaux. Mais interne est presque toujours convertie en un irou étroit.

' Cette étude comparative du sternum chez nos principaux oiseaux domestiques nous let à même d'apprécier la justesse des principes qui ont été posés plus haut sur la rme et l'étendue que cet os peut i)résenter. Ainsi les Gallinaccs proprement dits, qui )lent peu et mal, ont le sternum singulièrement affaibli par les échancrures profondes ui évident ses parties latérales. Chez les Palmipèdes, le sternum est large et légèrement échancré; aussi l'oie et le canard, que nous voyons se traîner si lourdement sur

■ sol dans nos basses-cours, sont- ils capables de soutenir une course aérienne longue ■■ rapide, comme les individus de leur espèce qui vivent à l'état sauvage. Quant aux 'igeons, connus pour la rapidité et la puissance de leur vol, ne doivent-ils pas cet /antage au développement extraordinaire de la carène qui constitue le bréchet?

' Cûles (fig. 60, I, etc.). — Il existe sept paires de côtes chez le Coq et le rigt-om 1 en compte neuf chez le Canard. Articulés supérieurement avec les vertèbres dor- Jes de la môme manière que chez les manmiifères, ces os sont pourvus, vers leur îriie moyenne, d'une éminence aplatie qui part du bord postérieur, et qui se dirige

en arrière et en haut pour aller s'appuyer, par son extrémité libre, sur la face externe de la côte suivante. Ces éminenccs (fig. 60, 20) font épipliyse dans le jeune âge, et manquent ordinairement dans les premières et les dernières côtes. Elles concoureni; d'une manière efficace à assurer la solidité de la cage thoracique. ;

Les cartilages costaux des mammifères se trouvent transformés chez les oiseaux er; véritables côtes inférieures, unies aux côtes supérieures par une articulation diarihro diale (fig. 60, etc.). Ces pièces osseuses sont longues, fortes, et se terminent toui( à leur extrémité inférieure par une double facette qui s'articule avec le bord latéral di sternum; elles manquent presque toujours dans les deux premières côtes. 11 n'est rare de voir la dernière s'unir à l'avant-dernière, au lieu de gagner directement 1 sternum ; elle se comporte dans ce cas comme les côtes asternales des mammifères.

FiG. 62. — sternums et os de l'aile {*).

Membres antérieurs, — Os de l'épaule. — L'épaule comprend : une omoplateun os particulier nommé par G. Cuvier coracoïdien ; et une clavicule qui forme, en s soudant avec celle du côté opposé, un os impair appelé fourchette ou os furculain —V omoplate (fig. 60, K; — 62, ^, 8) est étroite, allongée, falciforme, et ne présent aucune trace d'épine. Son extrémité antérieure forme une partie seulement de la cavil glénoïde, et s'unit par l'iniermédiaire d'un fibro-cartilage, avec la fourchette et Vv coracoïdien. — Celui-ci (fig. 60, L-, - 62, A, 9; —62, B, Ix), ainsi nommé parrf qu'il représente l'apopiiyse coracoïde des mammifères, est un os long et prismatiqu

(') A, slcrmm ci os de l'aile chez le Coq (uns d'en haut) : 1, corps du sternum ; 2, son ilpoptiyso i5pl-stci"nale ; 3,3, f apophyses costales; 4,4, ses upopliyses latérales externes; 5,5, ses apophyses latérales internes; 6,6, cchancrur internes; 7,7, éeliancrures externes; 8, omoplate; 9, corucoïilicn ; 10, fonrcliettc; : dl, trou pour le passade «lu relevr de l'aile; 13, humérus; 14, trou aérien de cet os; 15, cubitus; 16, radius; 17, os carpien cubital ; 18, os carpi' radial; 19, lîrand métacarpien; 20, petit métacarpien; 21, première phalange du grand doigt ; 21', seconde plialsn! du même ; 22, petite phalanje accolée ou premier os du graud doigt et représentant le vestige d'un troisième doig ! 23, pouce.

■ It sternum et os de l'épaule d'un jeune canard {vus d'en bas) : 1,1, sternum ; 2, bréchet ; 3,3, icliancrures latérale ( 4,4,'coracoidien8 ; B,5, fourchette; 6, trou pour le passage du releveur de l'aile.

DES OS CHEZ LES OISEAUX. l'29

dirigé obii((ncment de haut en bas et d'avant en arrière. Son extrémité supérieure, souvent soudée au scapulum, s'unit à angle aigu avec cet os, et forme une partie de la cavité articulaire qui reçoit la tête de l'Iiumérus. Son extrémité inférieure est aplatie d'avant en arrière, et répond, par une articulation diarthrodiale, au bord antérieur du sternum. Le coracoïdien est long chez les oiseaux qui volent lourdement; il est, au contraire, court, épais, et partant très-solide chez les fins voiliers. — La fourchette (fig. 60, M ; — G2 B, 5,5) est un os impair, en forme de V ou à'U, situé à la base des deux ailes, en avant du tronc, dans une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière. Les deux branches qui la constituent représentent, avons-nous dit, les clavicules; elles se rapprochent par leur extrémité inférieure, pour se souder entre biles et former un angle curviligne plus ou moins ouvert, uni au bréchet à l'aide d'un ligament membraneux; leur extrémité supérieure vient s'appuyer, en dedans, et à ('opposé de la cavité glénoïde, contre le scapulum et le coracoïdien, en formant avec ces deux os un trou remarquable dans lequel s'engage le tendon du muscle releveur de l'aile (fig. 62; — A, k-, — B, 6). La fourchette joue le rôle d'un ressort élastique, bhargé d'empêcher le rapprochement des ailes pendant la contraction des muscles iibaisseurs. Aussi la conformation de cet os est-elle, comme celle du sternum, en rapport avec l'étendue et la puissance du vol : c'est ainsi que les deux branches de l'os l'urcnlaire sont épaisses, solides, fortement écartées et incurvées en U chez les oiseaui [ins voiliers; tandis que chez ceux qui ont le vol lourd et difficile, ces mêmes branches jont minces, faibles et réunies à angle aigu. Celte dernière disposition surtout enlève oeaucoup de force à la fourchette, en amoindrissant singulièrement la puissance de d'éaction de l'arc osseux qu'elle représente.

Os du bim. — L'humérus (fig. 60, N; — 62 A, 13) offre une tête articulaire de forme ovalaire et un trou aérien placé sous celte éminence. II est long chez les Palmioèdes, de moyenne grandeur chez les Gallinacés proprement dits, et très-court chez es Pigeons.

Os de l'avant-bras (fig. 60, 0, o; — 62 A, 15 et 16). — Le radius est beaucoup moins volumineux que le cubitus. Celui-ci n'a qu'un olécrane extrêmement court. Ces deux os sont écartés l'un de l'autre dans leur partie moyenne et se rapprochent à leurs extrémités, qui s'unissent entre elles au moyen de liens ligamenteux,- de manière à -endre impossibles les mouvements de pronation et de supination. Ce mode de fixité, ijui n'empêche cependant pas les deux os de l'avant-bras de glisser légèrement l'un îur l'autre dans le sens de leur longueur, a été sagement institué par la nature pour que l'aile pût frapper l'air à la manière d'une rame, par sa face inférieure; autrement a résistance des couches aériennes eût fait pivoter les deux rayons osseux de l'avant- 9ras, et l'aile se fût présentée contre l'air de champ ou par son tranchant.

Os du carpe (fig. 60, P'; — 62, A , 17, 18). -—On en compte deux seulement listingués sons les noms de radial et de cubital, parce qu'ils répondent plus parti- 'ulièrcment, l'un au radius, l'autre au cubitus.

Os du métacarpe (fig. 60, Q, Q' ; — 62, A, 19, 20). — Ils sont au nombre de 'ieux, écartés l'un de l'autre dans leur partie moyenne, soudés par leurs extrémités.

Os de la région dirjifée. — L'aile des oiseaux comprend trois doigts. — L'un d'eux, tiui simule le pouce et forme la charpente osseuse de l'ailc bàtarde, se compose d'une icnle phalange styloïde, articulée à la base d'une petite apophyse particulière (|ue oorte l'extrémité supérieure du plus grand métacarpien (fig. 60, /{'; — 62, A, 23).— Le plus grand doi^^t est conslitué par deux phalanges qui font suite à ce dernier os Tig. 60, //, ?•; — 62, A, 21, 21'). — Le troisième doigt est représenté par une petite

CIUUVEAU — 2* cdil. ^

phalange rudiineiitaire (fig. 62, A, 22) qui répond à l'extrémité inférieure du plus • petit métacarpien, et qui s'accole à la première phalange du grand doigt de la manière la plus intime.

Il est bon de remarquer que la main et l'avant-bras sont d'autant plus longs que ■ les oiseaux sont meilleurs voiliers ; aussi ces deux rayons de l'aile sont-ils très-courts • chez les Gallinacées proprement dits. •;

Membres postérieurs. — Coxal ou os iliaque. — C'est une pièce volumineuse et . très-solide, surtout chez les oiseaux marcheurs, composée, comme dans les mammifères, d'un ilium, d'un ischium et d'un pubis. — Vilium (fig. 60, S), très-allongé, se soude avec les dernières vertèbres dorsales, les vertèbres lombaires et les vertèbres sacrées; il est excavé sur sa face externe. — Vischium ferme en partie, par côté, la cavité pelvieime; entre son bord interne et le bord externe de l'ilium se trouve ménagé un orifice qui remplace la grande échancrure sciatique. Son bord inférieur s'unit au pubis. Celui-ci (fig. 60, S"), mince et allongé, suit la direction du bord inférieur de l'ischium, et circonscrit avec ce dernier os une ouverture ovalaire plus ou moins spacieuse (fig. 60, 22). Son extrémité inférieure dépasse l'ischium pour se recourber en dedans vers celle du côté opposé, mais sans la rejoindre et sans s'unir avec elle. Il n'y a donc point, chez les oiseaux, de symphyse pelvienne, et le bassin est largement ouvert par en bas, disposition qui facilite le passage de l'œuf h travers celte cavité et sa sortie du cloaque. — On observera enfin que la cavité cotyloïde est percée à son fond d'un trou qui traverse l'os d'outre en outre.

Os de la cuisse. — Le fémur (fig, 60, T) est articulé inférieurement avec la rotule, le tibia et le péroné. Chez tous les oiseaux marcheurs, comme les gallinacés, il est « long et fort, ainsi que les rayons qui suivent.

Os de la jambe. — La rotule (fig. 60, U) est mince et large. — Le tibia (fig. 60, V) se termine en bas comme l'extrémité inférieure du fémur retournée, c'est-à-dire qu'il! présente deux condyles séparés par une gorge qui devient articulaire en arrière. — Le : péroné (fig. 60, X) s'articule par sa tête avec le condyle externe du fémur. Il se soude au tibia et ne descend jamais jusqu'à l'extrémité inférieure de cet os.

Os du tarse. — Le tarse semble manquer tout à fait chez les oiseaux. Cependant i on peut hardiment considérer comme un vestige des os de cette région un petit noyau i osseux perdu au milieu d'une masse ûbro-cartilagineuse qui glisse sur la poulie postérieure du tibia. Ce noyau (fig. 60, y) représenterait le calcanéum des mammifères.

Os du métatarse. — Ou trouve chez les oiseaux un seul métatarsien, articulé supérieurement avec l'extrémité inférieure du tibia, terminé inférieurement par trois poulies qui supportent les trois doigts principaux. Cet os (fig. 60, Y) présente chez le Coq, près de son tiers inférieur, une apophyse conique tournée en arrière, qui sert • de base à l'ergot (fig. 60, 2(x). En arrière de son extrémité supérieure, il en oITre une autre qu'on peut considérer comme un métatarsien soudé (fig. 60, 23).

Os de la région digitée (fig. 60, Z, etc.). — Les oiseaux domestiques possèdent i tous quatre doigts aux membres inférieurs : trois principaux, dirigés en avant, et un ' rudimentaire, qui se porte en arrière. — Les premiers, distingués en interne, en iTiédian et en externe, s'articulent avec les poulies inférieures du métatarsien. L'interne est formé de trois phalanges, le second en a quatre et le troisième cinq. Ces plia- • langes sont conformées à peu près comme celles des carnassiers; la dernière est pointue, . conique et enveloppée d'un étui corné. Quant au quatrième doigt, c'esl-à-dire le pouce, il comprend trois articles, dont un, le premier, est généralement considéré

comme un métatarsien rudimentaiie. Cet article est altacliô par du tissu fibro-cartila- •jiiieux eu dedans et en arrière de l'extrémité inférieure du métatarsien principal.

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