‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 52 sur 262 · STRUCTURE DES MUSCLES STRIÉS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES MUSCLES STRIÉS

Il entre dans la structure des muscles : 1 ° du tissu musculaire proprement dii 2° du tissu conjonctif sous la forme de lamelles délicates, d'aponévroses ou de teiti| dons; 3° des vaisseaux et des nerfs.

A. Tissu musculaire. — Ce tissu se compose de faisceaux prismatiques qu'il cl

(1) Ce n'est cependant pas que l'ancienne ncmenclature présente, sous ce rapport, beauco^j plus d'avantages que la nouvelle, et les exemples ne manqueraient pas sous notre plume pour r prouver. Quoi de plus impropre, en effet, que les noms de deltoïde, splénius, soléaire, digal trique, etc.? Est-ce que les muscles qui portent ces noms, considérés chez les mammilères seu ment, offrent dans toutes les espèces la l'orme ou la structure qui justide l'emploi de ces nomspoJ l'espèce humaine? Est-ce que les épithètes distinctives de grand, moyen, petit, etc., allribuée!^ beaucoup d'entre eux, sont raisonnablement applicables dans tous les cas? Kst-ce que le niéii| reproche ne peut être adressé à la plupart des noms tirés des usages, de la complication, etc.?

11 n'y a donc point de nomenclature myologique véritablement philosophique ; et nous somnrij de ceux qui croient à l'indispensable nécessité d'en créer une. Nous pensons même qu'il serl simple et facile d'atteindre ce résultat en partant d'une base dont la fixité et l'invariabilité serait! bien constatées. Or cette base est, selon nous, toute trouvée : c'est le prihcijjc des comtexiom pçJ par E. Geoffroy Saint-Hilaire dans son immortelle Philosophie anatomique, principe auquel science moderne doit certainement ses plus belles conquêtes.

C'est un sujet que nous nous proposons de traiter à part dans un travail spécial ; nous indigi^j rons cependant ici la manière dont nous le comprenons.

Nous voudrions que la nomenclature myologique reposât tout entière : en premier lieu, sur rapports des muscles avec les pièces du squelette ou avec d'autres organes également fixes et frl importants; en second Heu, sur les connexions réciproques des muscles.

Telle est notre règle. Elle n'est pas précisément neuve ; car les anciens analomistes s'en siJ inspirés plusieurs fois (à leur insu, il est vrai, puisque le principe sur lequel elle est assise hl était parfaitement inconnu); et cette circonstance va nous mettre à même d'en apprécier iramédf tement la valeur. Par exemple, quoi de plus iieureux que le nom d'intercostaux donné aux musc-J situés entre les côtes, et que leur distinction en externes et en internes? Voilà bien des noms • rappellent les rapports des muscles qu'ils désignent avec les pièces du squelette et les conncxiil réciproques de ces muscles. A\issi s'appliquent-ils d'une manière également rigoureuse à toutes J espèces. Nous citerons encore les sus-coslaux, les intertransversairns, le transversaire cpineux,>| sous-scapulaire, le sus épineux, le sous-épineux, etc., comme se trouvant, à un degré plusa moins marqué, dans des conditions identiques.

D'autres muscles ont reçu des noms tirés en partie de leur situation, en partie de leur volurl Ces noms sont loin de convenir autant que les premiers ; qu'on en juge par les exemples suivantij Il existe chez le plus grand nombre des vertébrés trois muscles imporiants situés au-dessus etT arrière du bassin, et formant la base de la fesse; ces muscles ont été appelés fessiers, et ce nJ leur convient, puisqu'il rappelle leur situation. Mais pour les distinguer las uns des autres, on aJ égard à leur volume, et l'on a fait un muscle grand fessier, un moyen fessier et un petit fessiij c'est là le tort, car le volume des muscles est sujet aux plus grandes variations : tel muscle vol mineux dans une espèce est fort pelit dans d'autres, et vice vcrsd. Aussi le muscle analogue! grand fessier de l'homme a-l-il été décrit par lîourgelal sous le nom de petit fessier; Lafosse Itigot l'ont appelé moyeu fessier. Quant au moyen fessier de l'homme, son représentant chez les il maux a été désigné sous le nom de grand fessier par la plupart des anatomistcs vétérinaires. Quif confusion! et combien il était facile de l'éviter en distinguant ces muscles, non plus par 1| volume, mais par leurs connexions réciproques, qui sont les mômes dans toutes les espèces ! Et rien de plus naturel, en effet, que les noms de fessier superficiel, fessier moyen et fessier profol substitués à ceux de grand lessier, etc. ?

La môme remarque est applicable aux muscles qui recouvrent, chez l'homme, la face anlcrie de la poitrine. Désignés en commun, avec raison, sous le nom de pectoraux, ces muscles si distingués à tert en grand et en petit ; car ce dernier, qui est déjà un muscle énorme chez les pe| ruminants, se trouve représenté chez les solipèdes par deux muscles considérables, immenséniJ plus volumineux que le muscle analogue au grand pectoral. 11 ne faut donc voir ici qu'un peclfj superficiel et un pectoral profond.

ipossiblc de diviser el de subdiviser en plusieurs autres faisceaux de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'on soit arrivé îi la fibre musculaire ou faisceau primitif.

L.1 fibre musculaire est une sorte de polyèdre irrégulicr, à angles arrondis et à exlréuiités lerniinécs eu pointe mousse. Elle se montre tantôt droite, tantôt plissée ; toujours striée, soit dans le sens longitudinal, soit dans le sens transversal^ soit dans les deux sens h la fois.

Celle fibre est formée par une enveloppe et un contenu.

Venveloppe est une membrane très-délicate, anbisie, de nature élastique, désignée isous le nom de sarcolemme ou de myolemme. On voit à sa face interne des noyaux en plus ou moins grand nombre.

Le contenu se décompose en fibrilles contractiles et en substance interstitielle.

La fibrille contractile constitue l'élément primitif du muscle strié. C'est une petite colon nette dont la surface, d'après Rouget, présente les tours alternativement creux let saillants d'une hélice plus ou moins serrée, et qui, d'après Bowman, est formée koar un amas de petits disques nommés par cet auteur sarcous éléments.

La substance interstitielle, granuleuse et nucléaire, est chargée de réunir les fibrilles 1 l'intérieur du sarcolemme, et, de plus, dans l'hypothèse de Bowman, les disques qui entrent dans la composition de chaque fibrille.

L'accolemeni des fibrilles produit la strialion longitudinale ; quant à la striation transversale, elle serait le résultat ou de la disposition hélicoïde des fibrilles ou de la soudure des sarcous éléments qui forment ces dernières, suivant l'opinion admise sur la structure de l'élément contractile.

-'iG. 86. — Fibre musculaire Fie. 87. — Quelques types de FiG. 88. — Figure schématique déchirée, les deux fragments fibres musculaires (*). représentant l'union d'un

sontréunisparlesarcolemme. muscle avec son tendon.

Les fibres musculaires se réunissent parallèlement pour former des faisceaux secondaires entourés d'une gaînc conjonctive qu'on appelle perimt/sium. Ces faisceaux wconclaires s'accolent pour constituer des faisceaux plus volumineux (jui, à leur tour, ibrmenl le muscle tout entier. La gaînc conjonctive qui enveloppe le muscle est dési- ?née sous le nom Aa perimysium externe.

B. Tf.ndo.ns liT APONÉVROSES. — Les tendons sont des cordons d'un blanc nacré, brrondis ou aplatis, fixés sur les extrémités des muscles longs. Ces organes se composent de faisceaux de tissu conjonctif condensé, all'eclant une direction parallèle, el 'éanis les uns aux autres par des gaines connectives.

Les aponévroses appartiennent presque exclusivement aux muscles larges; elles sont

1 (*) •, niirns miiscitUires irembryoïi uvfc stiialion IratuvcrSttlo i-l un uoj au ; b, Hhin» "vec plusioiu* tn>} aux, OHAUVBAU. — 2« ëdit.

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formées de plusieurs plans de fibres parallèles et non entrecroisées dans leur partie t moyenne; mais les faisceaux fibreux se nattent d'une façon plus ou moins inextricable» à leur superficie.

Il est très-iutéressanl d'étudier le mode d'union des fibres musculaires avec le tissu des aponévroses et des tendons, ainsi que les rapports réciproques de ces deux partie

La fibre musculaire peut se trouver dans la môme direction que le tendon, ou bien tomber obliquement sur celui-ci. Dans les deux cas, il n'y a pas de transition inseu-i sible établie entre la fibre musculaire et le faisceau de tissu fibreux; au contraire, la fibre contractile se termine par une extrémité arrondie qui s'enfonce dans une déprc sion correspondante du tendon ou de l'aponévrose. L'uuion du tissu musculaire avec le tissu fibreux est très-intime; sur les muscles soumis à une force de traction suflisanl' pour déterminer une rupture, celle-ci ne s'observe jamais au niveau de cette union.

Les tendons commencent tantôt par un cône creux qui reçoit sur sa face intern l'insertion des fibres charnues, tantôt par une pointe amincie, souvent divisée, qui si plonge dans l'épaisseur du muscle.

Il est digne de remarque qu'un muscle pom vu de deux tendons présente la |)re mière disposition à l'une de ses extrémités, et l'autre disposition à l'extrémité o|)posée en sorte que toutes les fibres charnues qui composent ce muscle offrent à peu pre la môme longueur, celles qui partent du sommet du tendon intérieur allant se fixei. au fond du cône creux formé par le second tendon, et réciproquement.

Les fibres musculaires qui se continuent avec des faisceaux fibreux peuvent ètr divergentes ou parallèles. Dans le premier cas (exemple le diaphragme), les fibres coni nectives sont dans la même direction que les fibres musculaires. Dans le second C(^s on peut observer plusieurs dispositions :

1° Les tendons peuvent se trouver dans la même direction que les fibres nmscr laires. C'est le cas le plus simple (A). Mais le muscle peut cire partagé on deux corj charnus ou ventres par un tendon médian ; il prend alors le nom de digostrique. ■

(') M, corps charnii du miiscli'; T, T', tendon • a. b, longueur du corps chainu musculaire. — A, B, C. D, divi modes d'agencement des libres musculaires. (lîcuuiiis et Bouchard, .-InaJomic dcscnptitc. Parie, 1868, p. 211.) y

CONSIDÉRATIONS -GÉNÉllALES SUR LES MUSCLES STRIÉS, 195

Les faisceaux musculaires viennent tons du même côté se réunir îi la corde tendineuse (B et C) ; ce qui constitue le muscle semi-penné.

3" Les faisceaux musculaires peuvent s'implanter à droite et à gauche du tendon (D). [1 eu résulte un muscle penné on pennifoi^me.

(. Cet agencement de fibres nous montre qu'on doit distinguer avec soin la lon- » gueur d'un muscle, la longueur de son ventre charnu et la longueur des fibres ) musculaires. Le premier terme s'applique au muscle en totalité, le tendon compris; ) le deuxième, au corps charnu du muscle, abstraction faite de son tendon; le troi- ) siènie, aux faisceaux musculaires qui constituent ce corps charnu ; celte dernière I notion est la plus importante, car elle nous indique seule le degré de raccourcisse- I ment dont le muscle est susceptible, et par suite l'étendue possible du mouvement . qu'il est destiné à effectuer. » (Beaunis et Bouchard.)

C. Vaisseaux ET NERF8. — Le musculaire reçoit beaucoup de sang; mais il Ml arrive très-peu à l'élément fibreux. Les artères sont grosses, nombreuses et accomjagnées chacune par deux veines. Les vaisseaux capillaires s'anastomosent de manière . former des mailles rectangulaires dont le grand diamètre est dirigé dans le sens de a longueur du muscle.

Les vaisseaux lymp/iatiques des muscles sont peu nombreux; ils pénètrent quel- (uefois à leur intérieur en suivant les capillaires sanguins; d'autres fois, ils restent à la urface, dans le périmysium externe. L'existence des lymphatiques n'a pas encore été -émontrée dans les tendons, les aponévroses et les membranes syuoviales.

Les nerfs émanent du centre cérébro-spinal. A leur extrémité terminale, ils préentent un petit renflement appelé par Rouget plaque motrice terminale, et par Joyère et Kiihne, colline nerveuse. On admet que le tube moteur traverse le sarblemme en perdant son enveloppe, et que la substance du cylindre s'étale à la surface tes fibrilles musculaires pour former la plaque motrice ou la colline nerveuse.

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