RÉGION ABDOMINALE INFÉRIEURE
Les parois inférieure et latérales de la cavité abdominale sont formées par une large enveloppe rausculo-aponévrotique, qui s'appuie, par sa périphérie, sur le sternum, les
Dtcs, les vertèbres lombaires, l'ilium, l'aponévrose loinbo-illaquc et le pubis. Cette uvoloppe, concave sur sa face supérieure, résulte elle-même de l'assemblage de quatre lands muscles membraneux et pairs, disposés en couches superposées; ce sont en vs comptant de dehors en dedans : le grand oblique ou oblique externe, le pe(i( ■ i/iligue oa oblique interne, le grand droit Qi le transverse. Doublés, en dehors, par une expansion de tissu fibreux jaune, la tunique abdominale, et séparés de ceux du coté opposé par la ligtie blanche, raphé médian qui s'étend du sternum au pubis ces muscles soutiennent la masse intestinale, et se prêtent, par leur relâchement et leur contraction, aux variations de volume qu'elle peut éprouver.
Préparation. — Après avoir placé l'animal en première position, on pratiquera une large ouverture ilans la cavité pectorale, par l'ablation d'un certain nombre de côtes, qui seront sciées, par en bas, au-dessus des attaches costales du muscle grand oblique. On enlèvera le cœur et les poumons; puis on incisera le diaphragme, pour sortir les viscères digestifs renfermés dans la cavité abdominale. On pourrait à la rigueur se dispenser de vider l'abdomen ; mais il faudrait alors avoir soin de faire pénétrer plusieurs ponctions dans le gros intestin, pour empêcher l'accumulation des gaz dans le tube digestif et la distension trop considérable des parois abdominales. Ces précautions préliminaires étant prises, on procédera aux opérations suivantes : i° On dépouillera la région en laissant le panniculc charnu sur la face interne de la peau, pour étudier la face externe de la lunique abdominale. 2° On préparera le grand oblique, en enlevant cette enveloppe fibreuse jaune sur la portion charnue du muscle, avec le sterno-lrochinien. L'anneau : inguinal sera mis à nu par l'ablation du darlos, du fourreau et du pénis, ou des mamelles. 3" Sur le ' côté opposé, on découvrira le petit oblique, en excisant le grand oblique, moins la portion d'aponévrose qui s'intrique avec celle du premier muscle. 4° Celui-ci étant étudié, on disséquera du môme côté le grand droit, en séparant de la ligne blanche, par une incision longitudinale, l'aponévrose commune aux deux obliques, en divisant celte aponévrose et la portion charnue de l'oblique interne, par une autre incision étendue transversalement de l'ombilic au milieu de la région lombaire, et en rabattant l'un des lambeaux musculo-aponévrotiques sur la cuisse, l'autre sur les côtes. 5" On préparera le transverse du côté où a été faite la dissection de l'oblique externe. Pour mettre ce muscle à découvert, il suffira de pratiquer deux incisions semblables aux précédentes, mais qui intéressent à la fois les deux obliques et le grand droit, puis de rabattre les deux lambeaux comme ci-dessus. 6° Enfin on ouvrira tout à fait la cavité abdominale, en incisant le transverse de la même manière ; et l'on étudiera les digitations musculeuses de ce muscle, l'orifice interne du trajet inguinal et le feuillet réfléchi de l'aponévrose du grand oblique.
1" Tunique abdominale.
On appelle ainsi une vaste expansion de tissu fibreux jaune élastique répandue sur les deux muscles obliques externes de l'abdomen.
Très-épaisse sur le tendon pré-pubien des muscles abdominaux et aux alentours de la ligne blanche, cette expansion s'amincit graduellement en se rapprochant du sternum ; aussi disparaît-elle près de l'insertion abdominale des muscles sterno-trochiniens. Elle perd également de son épaisseur en s'cloignant de la ligne médiane; et quand elle arrive sur la portion charnue du muscle grand oblique, elle se trouve réduite à un feuillet extrêmement mince, dont les faisceaux s'écartent les uns des autres, et se raréfient de plus en plus au point de disparaître complètement. Cependant on la voit, en avant, se prolonger par côté jusque sur les digitations postérieures du muscle grand dentelé. Elle fournit, en arrière, quelques trousseaux de libres qui se détachent de la surface du tendon commun, et qui se portent dans l'cntre-deux des cuisses, pour se perdre sur les muscles cruraux internes.
La tunique abdominale est recouverte par la peau et le pannicule charnu, dont elle se trouve séparée par un tissu colluleux abondant. Sa face externe donne attache, chez le mâle, aux ligaments suspenseurs du fourreau et au dartos, chez la femelle, à la capsule élastique qui enveloppe chaque mamelle. Par sa face interne, elle adhère iiUimcmont à l'aponévrose du grand oblicine; mais on la sépare assez facilement de la portion
charnue du môme iirnscle. Elle est traversée par plusieurs trous qui livrent passage, aux vaisseaux et aux nerfs sous-culanés de la région abdominale.
La tunique abdominale fait l'office d'une vaste sangle élastique qui vient en aideli aux muscles abdominaux pour soutenir la masse intestinale. Aussi cette tunique est-j elle d'autant plus épaisse que les organes digestifs abdominaux sont plus voluniineux.>i Aussi, chez le Porc, le Chiun et le cimt, se Irouve-l-elle réduite à une simple lam& cellulo-aponévrotique, parce que l'estomac et les intestins, chez ces animaux, n'exer^ cent qu'une faible pression sur les parois de l'abdomen.
2° Ligne blanche.
La ligne blanche est un cordon fibreux compris entre le bord interne des deux muscles grands droits et regardé comme étant formé par l'entrecroisement, sur 1^ ligne médiane, des aponévroses qui appartiennent aux muscles obliques et iransverses.- Attaché, en avant, sur la face inférieure de l'appendice xiphoïde, ce cordon se con-i fond, en arrière, avec un large tendon que nous avons déjà nommé tendon prépubien, tendon commun des muscles abdominaux , et qui se fixe au bord antérieun des deux pubis (fig. 81, A. — 81, C. — 102, k). Ce tendon, recouvert par la tunique abdominale, contribue à former la commissure interne de l'anneau inguinal, et donne naissance au ligament pubio-fémoral.
Vers l'union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs, la ligne blanche^ s'élargit pour former un espace losangique, au centre duquel on trouve la trace det l'ombilic et du cordon ombilical (fig. 102, 14).
3° Grand oblique ou oblique externe de l'abdiomen (fig. 92, 18; 102, 1). '
Synonymie : Costo-abdominal (Gir.).
Situation. Composition. — Ce muscle, le plus grand des quatre et le plus superficiel, se compose d'une portion charnue et d'une aponévrose.
Forme, structure et attaches de la portion charnue. — La portion charnue, formée de fibres obliquement dirigées en bas et en arrière, représente une large baudet musculeuse, plus étroite en avant qu'en arrière, appliquée sur l'extrémité inférieure^ des treize ou quatorze dernières côtes. Son bord supérieur, concave, s'attache : 1° suri la face externe des côtes précitées , par autant de dentelures légèrement aponévrotiques, dont quatre, les premières, s'entrecroisent avec les dentelures postérieures du grand dentelé ; 2° sur l'aponévrose du muscle 'grand dorsal, depuis la dernière côtC' jusqu'à l'angle externe de l'ilium (fig, 92, 18). Son bord inférieur, convexe et sinueux, se continue avec l'aponévrose ; il descend, en avant, au niveau du cercle cartilagineux' des fausses côtes, qu'il déborde en arrière, et d'autant plus qu'on l'envisage plus près de la région lombaire.
Forme, structure et attaches de Vaponévrose. — Celle-ci , étroite et mince em avant, large et épaisse en arrière, de forme triangulaire, est formée de fibres blanches' d'une couleur nacrée, dirigées dans le môme sens que les fibres de la poriion charnue. Elle se continue, par son bord externe, avec le bord inférieur de cette dernière. Soni bord interne s'insère à la ligne blanche et au tendon pré-pubien. Son bord postérieur, étendu de l'angle externe de l'ilium au bord antérieur du pubis, répond au pli dei l'aine, embrasse les muscles cruraux correspondants, et établit la délimitation enlrci le tronc et le membre abdominal (fig. 102, 10).
L'aponévrose du grand oblique, à son bord postérieur, donne naissance à deux\
MUSCLl'S DU TRONC. 25'')
, iiillets fibreiix fort remarquables qui scmbleut produits par le dédoublement de celte iponévrose en deux lames. L'un de ces feuillets descend sur les muscles internes de la iiisse pour constituer l'aponévrose crurale (fig. 102, 11). L'antre se réilécliit de bas Il haut et d'arrière en avant, pour rentrer dans la cavité abdominale; c'est à ce feuillet réfléchi de l'aponévrose du grand oblique qu'on a donné le nom d'arcade mirale (lig. 95, B).
Près du tendon pré-pubien des muscles abdominaux, et immédiatement avant sa iivision en deux feuillets, l'aponévrose de l'oblique externe est percée d'un large trou ovalaire (fig. 102, 5), orifice inférieur du conduit qui livre passage au cordon lesticuaire chez le mâle , et aux vaisseaux mammaires chez la femelle. Ce conduit a été ippelé canal inguinal.
La description de l'aponévrose fémorale, de l'arcade crurale et de l'anneau inguinal, complément obligé de celle du muscle grand oblique, sera faite ci-après.
Rapports du muscle grand oblique. — Par sa face superficielle, l'oblique externe répond au sterno-trochinien, et à la tunique abdominale, qui le sépare de la peau et du paunicule charnu. Par sa face profonde, il se trouve en rapport avec les côtes sur lesquelles il s'insère, avec leurs cartilages de prolongement, les intercostaux corresipondanls, le petit oblique et le grand droit. Ce dernier muscle semble même attaché, par la moitié antérieure de son bord externe^ sur la portion charnue du grand oblique, au moyen d'une légère lame de tissu jaune élastique qui tapisse, dans une petite étendue, la face profonde des deux muscles.
Usages. — L'oblique externe, en se contractant, comprime les viscères abdomiinaux, fléchit la colonne vertébrale, et agit comme expirateur.
Aponévrose ciiurale interne. — Cette lame fibreuse descend du pli de l'aine sur la rotule et la face interne de la jambe. Elle se confond, en dehors, avec l'aponévrose du fascia lata; en dedans, elle dégénère en tissu cellulaire. Elle recouvre le long adducteur de la jambe , une partie du court adducteur, le vaste interne, et les vaisseaux cruraux, à leur sortie de la cavité abdominale.
Arcade crurale. — C'est, avons-nous dit, le feuillet réfléchi de l'aponévrose du grand oblique. On l'appelle encore ligament de Fallope ou ligament de Poupart. Ce feuillet représente un large ruban attaché, par ses extrémités, sur l'angle externe de l'ilium et sur le bord antérieur du pubis. — Sa face antérieure (fig. 95, B) forme, en dedans, la paroi postérieure du canal inguinal; elle donne attache , en dehors, aux fibres postérieures du muscle petit oblique. — Sa face postérieure, appliquée contre I l'extrémité supérieure des muscles rotuliens, le long adducteur de la jambe, le pecttiné, et les vaisseaux cruraux à leur sortie du bas-ventre, embrasse toutes ces parties [comme dans une vaste arcade (c'est à cette particularité que ce feuillet doit son nom). — Son bord supérieur s'insère , dans sa moitié externe, sur l'aponévrose lomboi iliaque. Dans sa partie moyenne, il s'amincit beaucoup, et se prolonge à la surface i externe du muscle long adducteur de la jambe et du fascia iliaca, pour se confondre t ensuite avec celui-ci. En dedans de l'insertion pcctinéale du petit psoas, il forme le pourtour antérieur de Vanneau crural, orifice triangulaire circonscrit, d'autre part, par le bord antérieur du pubis , l'iliaque et le long adducteur de la jambe, et dans lequel s'engagent les vaisseaux cruraux, pour passer sous l'arcade crurale et sortir de l'abdomen (1). — Le bord inférieur se continue avec l'aponévrose fémorale et celle du grand oblique.
(1) Cet orifice est recouvert par une lame apoiu'vrotiqtic fort mince, qui se prolonge, en hau^ sur les vaisseaux cruraux, en arrière, dans la cavité pelvienne, et qui semble se conlmucr en
25fi DES MUSCLES.
Canal inguinal. — C'est un conduit infundibuliforme et comprimé d'un côtéi à l'autre, par lequel sortent de la cavité abdominale le cordon testiculaire avec l'artère i honteuse externe chez le mâle, et les vaisseaux mammaires externes, chez la femelle. .
Situé sur le côté de la région pré-pubienne, dans une direction oblique de haut en j basj d'avant eu arrière et de dehors en dedans, mesurant 5 à 6 centimètres en longueur, ce canal est pratiqué entre l'arcade crurale, qui constitue sa paroi postérieure, , et la portion charnue du muscle petit oblique, qui en forme la paroi antérieure.
Son orifice inférieur ou cutané, encore appelé anneau inguinal, est beaucoup plus; large que le supéreur. Percé à travers l'aponévrose du grand oblique, dans l'anglet formé par la réunion du bord interne avec le bord postérieur de cette aponévrose, , cette ouverture a la forme d'un ovale obliquement dirigé d'avant en arrière et dec dehors en dedans. Cette forme a permis de lui reconnaître deux lèvres ou piliers, eti deux extrémités ou commissures.
Les piliers, distingués en antérieur et postérieur, sont constitués par des fibress arciformes de l'aponévrose du muscle grand oblique.
Les commissures, l'une interne, l'autre externe, résultent de l'union des deux^ piliers à leurs extrémités. L'interne est hmitée par le tendon pré-pubien des muscless abdominaux.
Vorifice supérieur ou ptéritonéal du canal inguinal est situé en avant et directement en regard de l'anneau crural. C'est une simple fente dilatable comprise, comme le canal lui-même, entre l'arcade crurale et le muscle petit oblique. Mal circonscrite à ses extrémités, cette fente embrasse le collet de la gaîne vaginale.
4° Petit oblique ou oblique interne de l'abdomen (fig. 93, 17'; 102, 2).
Synonymie : Ilio-abdominal (Gir.).
Situation. Composition. — Situé sous le précédent, qui le recouvre exactement,, ce muscle se compose, comme lui, d'une portion charnue et d'une aponévrose.
Forme, structure, position et attaches de la portion charnue. — La portion charnue, très-épaisse, triangulaire et flabelliforme, occupe la région du flanc. Son bordi supérieur est uni, par une épaisse production jaune élastique, à l'aponévrose du grand dorsal et à un petit muscle particulier appelé par les Allemands retractor< costœ {rétracteur de la dernière côte), muscle que nous considérons comme une dépendance du petit oblique. Son bord postérieur se relève légèrement et s'applique contre l'arcade crurale, dont il s'écarte en dedans, pour former le canal inguinal. Soni bord antérieur et inférieur, convexe, irrégulier et plus mince que les autres parliesdu muscle, se continue avec l'aponévrose. Toutes les fibres qui entrent dans la composition de cette portion charnue, étalées comme les layous d'un éventail, partent de l'angle externe de l'ilium et du quart externe de l'arcade crurale, pour se diriger, les> postérieures, en arrière et en dedans, les moyennes, en bas, les antérieures, eu avant, . et pour gagner le bord anléro-inféricur du muscle.
Forme, structure et attaches de l'aponévrose. — L'aponévrose, irrégulièrement, triangulaire, formée de fibres nacrées qui sont dirigées dans le même sens que lesfibres musculcuses et croisent en X les fibres apo névrotiques de l'oblique externe.
avec le bord supérieur du ligament de Fallope. Celle lame n'est peut-être qu'une dépendance del'aponévrose sous-péritoncale. Dans ce cas, elle représenterait le seul vestige du fascia Iransvcrsalia qu'il nous ait été possible de retrouver chez les Solipcdes.
MUSCLES DU THONC. 55^
.succède au bord aiiléro-iiiférieur de la portion charnue. Elle se sépare supérieurement en plusieurs languettes qui gagnent la face iiiterne des derniers cartilages asternaux. Par toute l'étendue de son Lord interne, elle se fixe à la ligne blanche.
Rapports. — Le petit oblique est recouvert |),ir l'oblique externe. Les aponévroses des deux muscles, simplement superposées en dehors, M' confondent, en dedans, d'une manière si intime, qu'on pourrait croire leurs faisceaux n'spectifs nattés les uns avec les autres. — Le petit oblique; recouvre le grand droit et le transverse.
Usages. — Ce muscle , congénère du précédent, comprime les viscères abdominaux, abaisse les dernières côtes et opère la flexion, soit directe, soit latérale, de la colonne vertébrale.
Lu muscle rélracteur de la dernière côte. — Ce petit muscle, aplati d'un côté à l'autre cl triangulaire, prend son origine, par des fibres aponévrotiques, sur le sommet des deux ou trois premières apophyses transverses de la région lombaire. Il se termine sur le bord postérieur de la dernière côte. Recouvert par la dernière languette du dentelé postérieur et par le grand oblique, il recouvre le transverse de l'abdomen. En se contractant, il tire la dernière côte en arrière et la fixe dans celte position, pour permettre l'action expiralrice des intercostaux internes. 11 remplit donc, par rapport à ces
muscles, le rôle que joue le scalène à l'égard des intercostaux externes (fig. 93, 17).
l''iG. 102. — Muscles de la région abdominale inférieure (*).
5° Grand droit de l'abdomen (fig. 92, 20 ; 102, 3). Synonymie : Sterno-publen (Gir.).
Situation. Étendue. Forme. Structure. — C'est une large et puissante bande musculaire, étendue du sternum au pubis, comprise entre l'aponévrose de l'oblique interne et celle du transverse, plus étroite à ses extrémités qu'à sa partie moyenne, entrecoupée de nombreuses intersections fibreuses transversales et disposées en zigzag. Ces intersections, très-adhérentes à l'aponévrose du muscle petit oblique, mieux marquées et plus rapprochées les unes des autres en avant qu'en arrière, sont produites par de petits tendons qui sont placés de dislance en dislance sur le trajet des faisceaux charnus, et qui les rendent, pour ainsi dire, polygaslriques.
Attaches. — En avant : 1» sur les cartilages de prolongement des quatre dernières côtes siernales et des premières asternales; 2° sur la face inférieure du sterimni. —
CilAUVEAU. — 2° éilll.
En dehoi'H, par la moitié antérieure de son bord externe, sur la face interne du grand oblique.
En arrière, sur le bord antérieur du pubis, par l'intermédiaire du tendon commun, , qui est la continuité directe du muscle grand droit.
Rapports. — Par >sa face inférieure et en avant , avec le sterno-trochinien et le grand oblique ; dans le reste de son étendue, avec l'aponévrose du petit oblique. Par sa face supérieure, avec le transverse et les cartilages de plusieurs côtes. Par son bord interne, avec la ligne blanche, qui le sépare du muscle opposé.
Usages. — Il tire le thorax en arrière et comprime les viscères abdominaux. C'est t le principal fléchisseur du rachis.
6° Transverse de l'abdomen («g. 93, 18; 102, 3').
Synonymie : Lombo-abdominal (Gir.).
Situation. Composition. — Ce muscle, situé immédiatement en dehors du péritoine, forme la couche profonde des parois abdominales. Il est charnu en dehors et aponévrotique dans le reste de son étendue.
Forme, structure et attaches de la portion charnue. — Elle représente une bande allongée d'avant en arrière, qui s'étend du sternum aux apophyses transverses des dernières vertèbres lombaires, suit dans son trajet la direction du cercle cartilagineux des côtes, et se trouve formée de fibres parallèles qui se portent d'un bord à l'autre.
Son bord supérieur, concave, est attaché : 1° sur la face interne des côtes asternales, par des dentelures qui se mettent en regard des digitations du diaphragme, mais qui, pour la plupart, ne s'entrecroisent point avec celles-ci ; 2° sur l'extrémité des apophyses transverscs de la région lombaire, par un mince feuillet fibreux. Son bord inférieur est convexe et se continue avec l'aponévrose.
Forme, structure et attaches de l'aponévrose. Elle a la forme d'un triangle à base postérieure et ses fibres alfectent une direction transversale à la ligne médiane. Trèsserrées les unes contre les autres on avant, ces fibres s'écartent en arrière et ne forment plus alors qu'une lame fort mince et incomplète.
Par son bord externe, l'aponévrose se joint au bord inférieur de la portion musculeuse. Son bord interne .se fixe au cartilage xiphoïde et à la ligne blanche. Son bord postérieur, mal défini , semble ne rejoindre l'arcade crurale que tout à fait en dehors.
Rapports. En dehors, avec l'extrémité inférieure des côtes asternales et leurs cartilages de prolongement, avec le grand droit, le petit oblique et le muscle abaisscur de la dernière côte; en dedans, avec le péritoine, dont il est séparé par l'aponévrose sous-péritonéale, feuillet fibreux extrêmement mince, qui , chez l'homme et quelques animaux, s'épaissit beaucoup près de l'arcade crurale, avec laquelle il contracte des adhérences. C'est cette partie épaissie qu'on a décrite, en anatomie humaine, sous le nom de fascia transversalis.
Usages. — Ce muscle, en se contractant, comprime les viscères abdominaux et les refoule vers la colonne vertébrale.
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES MUSCLES DE LA RÉGION ABDOMINALE DANS LES ANIMAUX
AUTRES QUE LES SOLU'ÈDES
Comme il a été dit déjà, le développement de la tunique abdominale est en raison du volume des viscères digestifs; aussi celte membrane est-elle large et très-épaisse chez les Riiiuiiiani»», tandis qu'elle est réduite à un feuillet insignifiant dans le Porc et les Cariiassicrs. Cliez ces mêmes animaux, l'aponévrose crurale interne manque et se
iiouvc reniplacdc par un feuillet ccUuleux. L'aponévrose du grand oblique, au lieu de
Fie. 103. — Muscles du lionc de l'homme^ face antérieure (*). se dédoubler en deux lames à son bord postérieur, se réiléchit donc tout entière pour
(*) 1, 2, (,'i''inil pectoral; 3, delloulc ; 4, |ic'tit pi'clni'iil ; 5, nnisi^lps iiitciriislanx ; 6, Pi'mnlcr iiili'rcostnl ; 7, gniml
tlentiilé; 8, K-rand oMiniiu de rtiljdoinc.n ; U, [.l'iU olilii|nc ; 10, ""U'i'iiMii- dr I iiImI cnj H, iiitersiicUnii iipo-
in''vr<iti,|ti,, de ce; iniiscl« ; 12, [■vramidal ; 13, a|iniirvriisi- ilu «l atid oldii|ui' ; M, niiibilic ; 15, Biiiicnu iiigiiinal oxlcrap.; 16,1 i?,'N(! lilaiicli«; n, a|K.nrvnisu du |iclil (ihliqiiu; 18, liKaiiicnl siispcriscur du pt'iiis; 10, cordou spormuliquei ïWi l'U™» infiirieurc» du petit oblique formiuit le cri'miieter. (Beuuiiis ot Douobnrd.)
former l'arcade crurale. Chez les derniers, le grand oblique se distingue encore par le« grand développemenl de sa portion charnue et l'étroitesse de son aponévrose.
La portion musculaire du petit oblique des Riuninunis occupe tout l'espace com-» pris entre le bord postérieur de la dernière côte, l'extrémité des apophyses tratisversess des vertèbres lombaires, et l'angle externe de l'ilium. Le petit muscle rétracteur de lai dernière côte n'est donc point distinct du muscle principal. Cette disposition existei aussi chez les petits animaux domestiques. On remarque encore chez les ruminants quei les intersections tendineuses du muscle grand droit de l'abdomen sont plus marquées: à sa face supérieure qu'à sa face inférieure; et que l'aponévrose du transverse esti beaucoup plus épaisse et plus résistante que chez les solipèdes.
COMPARAISON DES MUSCLES ABDOMINAUX DE l'HOMME AVEC CEUX DES ANIMAUX.
Sauf quelques légères différences, les muscles abdominaux del'iiomme présentent la; même disposition que ceux des petits animaux.
La tunique abdominale n'existe pas; elle est remplacée par une couche celluleuse< qui sépare la peau de l'aponévrose du grand oblique. La portion charnue de ce umsclet ne prend point attache sur l'aponévrose du grand dorsal.
L'aponévrose du petit oblique se divise en deux feuillets au niveau du bord externe» du grand droit; l'antérieur se soude au grand oblique et passe en avant du grand droit; le postérieur s'unit au transverse et passe en arrière du même muscle.
L'aponévrose du transverse se divise en deux feuillets, dont un seul reste en arrière( du grand droit; ce dernier porte le nom de pli semi-lunaire de Douglas.
Le grand droit de l'abdomen présente trois inlerseclions fibreuses transversales sur sa longueur. A son extrémité supérieure, il se divise en trois branches : l'interne s'attache à l'appendice xiphoïde et au cartilage de la septième côte ; la moyenne, à celuii de la sixième; l'externe, au cartilage de la cinquième.
' « Au grand droit est annexé un petit muscle triangulaire, le pyramidal, qu'on ne» trouve pas chez les animaux. Ce muscle, long de O^jOG environ, manquant quelquefois, plus développé chez les enfants, s'attache par sa base au pubis, entre l'épine et la symphyse, et par son sommet se continue avec un tendon qui se perd dans la ligne blanche, et constitue, avec celui du côté opposé, un cordon fibreux, qui peut être suivi jusqu'à l'ombilic. » (Beaunis et Bouchard.)
Enfin, à la face interne de tous les nmscles de l'abdomen, au-dessous du péritoine,' existe une lame fibreuse, le fasciu Iransversalis. Ce fascia n'a pas une délimitatioDi 'nette en haut et en dehors ; en bas, il se fixe sur l'arcade crurale, au voisinage du canah inguinal et envoie un feuillet à la surface du cordon testiculaire.
RÉGION DIAPHRAGMATIQUE.
Elle se compose d'un seul muscle, le diaphragme.
Diaphragme.
Préparation. — Placer le sujet en première position ; ouvrir l'abJomen et enlever les viscères qu'il contient, ainsi que les troncs vasculaires qui rampent à la région sous -lombaire, détaclier Id péritoine sur la portion charnue du muscle, pour mieux voir les di^nlalioiis de celle-ci, avoir soiii de ne point faire pénétrer l'air dans la cavité thoraciquc, alin que le diaphragme reste tendu e« qu'il garde sa forme concave.
Situation. Direction. — Le diaphragme est une vaste cloison musculo-a|)onévroH tique qui sépare la cavité lhoraci(j[ue de la cavité abdominale, et qui se trouve placée
,.ntio ces doux cavités, dans une direction oliliqne de haut en bas et d'arrière en jvaiit.
Forme. ~ Il est aplati d'avant en arrière, elliptique, pl„s large en l.aut qu'en bas, concave sur sa face postérieure et convexe sur l'antérieure.
Stmcturc- Ce nn.scle comprend : 1" une parlie centrale aponévrolique, désignée sous le nom de centre phrmique, et partagée incomplètement en deux folioles par les inliers, colonnes charnues qui descendent de la région sous-lombaire - «ne portion périphérique formant autour du centre phrénique une large bande mu'sculeuse.
l''iG. lOi. — DLaphragiiu
I Le centre phrénique est constitué par des fibres blanches, nacrées et rayonnantes, qni prennent naissance sur les piliers, et qui se portent dans tontes les directions pour rejoindre les fibres charnues de la portion périphérique. Il est percé, dans sa foliole droite, d'une large ouverture traversée |)ar la veine cave postérieure. I Les piliers sont au nombre de deux, l'un droit, l'autre gauche. — Le pilier droit,
(•) l,V,l.:s deux portions du i.illpr «Imit ; 2, pilier nnn.'l.e : 3, les Ifn.lons lU's piliers ; I, i', pm'Iinn el»>rnno périplié- 1 i.|iie ; S, folinle Rniieli.,. <le la pnrtin,, np.,névrnti(iii(; ; 5, 5', Inlinle .Ir.iile .le l.i in.-'ine ; (i, veine eiive r'*'''"'j"'T; ;, pliiiKc trnvcrflnnt l'o.iverlnre (lu i.ilier .Irnit ; 8, i.nrte p..alérieiMV enlio les ilenx piliers; l^ ',,„,,,,„ entes; 10 et lljenupt! du muselé panas; 12, cniipe d'une veitél.re leniluiire ; 13, eeupo de In musse (nuu. H, muscle rétrne.tpur de In dernière ente; 15, nppendien xypii'>lde du Bterniiui.
le plus considérable, est un faisceau charnu très-épais qui commence sous les lombes, par un fort tendon réuni avec le ligament vertébral conunun inférieur. Il descend ensuite dans le centre phréniquc, auquel il donne la figure d'un cœur de carte îi jouer. Près de son extrémité inférieure, il offre un trou qui laisse pénétrer l'œsophage dans la cavité abdominale. — Le pilier gauche représente un petit faisceau triangulaire, séparé en partie du précédent par un orifice qui est destiné au passage de l'aorte postérieure et du canal thoracique. II naît aussi de la région sous-lombaire, par un tendon i confondu avec celui de son congénère.
La portion charnue périphérique se continue par son bord concentrique avec l'aponévrose centrale. Son bord excentrique est divisé en dentelures. En haut et du côté gauche, elle rejoint presque toujours le pilier gauche. Mais du côté droit, elle s'arrête à une certaine distance du pilier correspondant; en sorte que le centre phrénique n'est pas, vers ce point, enveloppé par la portion périphérique, et qu'il touche la région sous-lombaire.
Attaches. — 1° Sur le corps des vertèbres lombaires, par les tendons de ses deux piliers, tendons qui se confondent ensemble, avons-nous dit, et avec le ligament vertébral commun inférieur ; 1° par le contour extérieur de sa portion charnue, sur la face supérieure de l'appendice xipboïde, et sur la face interne des douze dernières côtes, près de leur extrémité inférieure ou de leur cartilage. Les digitations qui établissent cette dernière insertion ne s'entrecroisent pas, chez nos solipèdes, avec celles du transverse de l'abdomen; elles s'en trouvent séparées par un espace plus large en arrière qu'en avant.
Rappo7'ts. — La face antérieure du diaphragme est tapissée par les plèvres et répond médiatement à la base du poumon. La face postérieure, recouverte par le péritoine, se trouve en rapport avec la plupart des viscères renfermés dans la cavité abdominale : l'estomac, le gros côlon^ la rate, le foie ; ce dernier est même attaché sur cette face dans une certaine partie de son étendue. De chaque côté des piliers, la circonférence du muscle forme une arcade qui passe sur les muscles grand et petit psoas.
Usages. — Le diaphragme, en se contractant, tend à devenir plan; sa partie centrale se porte en arrière, et le diamètre antéro-poslérieur de la poitrine s'agrandit. C'est donc un muscle essentiellement inspirateur. Il peut aussi élever les côtes en prenant un point d'appui sur la masse des viscères abdominaux ; il agit alors comme un muscle réfléchi auquel ces viscères servent de poulie de renvoi.
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DU DIAPHRAGME DES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.
Chez le Bœuf, le diaphragme offre des piliers très-longs et très-volumineux. « Les attaches de la partie musculaire sont beaucoup plus éloignées du cercle cartilagineux que dans le cheval, surtout à la partie supérieure : cette disposition explique l'innocuité de la ponction de la panse au miiieu du dernier espace intercostal; tandis que, chez le cheval, l'instrument enfoncé sur ce point pénétrait dans le thorax. » (Disposition indiquée à M. Lecoq par M. Tabourin.)
Nous n'avons point remarqué, chez le Mouton, que les attaches costales du diaphragme fussent plus antérieures que dans le cheval.
Rigol dit, à tort, que, dans le Porc et le Chien, l'œsophage passe entre les deux piliers du diaphragme; nous avons pu nous convaincre plusieurs fois que ce conduit traverse le pilier droit, comme chez les autres animaux.
COMPAKAISON DU DIAPHRAfiME DE L'iIOMME AVEC CELUI DES ANIMAUX.
Dans le diapliragmc do l'honimc, la portion aponévrolique se divise en trois folioles ce qui l'a fait appeler trèfle apnnévrotique. Entre la foliole médiane et la foliole droite' existe l'orifice traversé par la veine cave inférieure. Les ouvertures destinées au passai de l'œsophage et de l'aorte sont situées entre les deux piliers. On rencontre assez souvent, chez l'homme, un ou deux petits piliers accessoires, séparés des grands piliers par une ouverture qui doime passage, du côté droit, à la veine azygos et au sympathique, du côté gauche, h l'une des veines lombaires et h l'autre cordon du sympathique.
La portion charnue périphérique rejoint toujours, en arrière, la portion charnue centrale.
Art. il — Muscles des membres antérieurs.
Ils se divisent en quatre groupes principaux : les muscles de l'épaule, du bras, de l'avant-bras et du pied.