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MUSCLES DE L'ÉPAULE

Ces muscles, rassemblés autour de l'omoplate, agissent tous sur le bras, qu'ils étendent, fléchissent et portent dans l'abduction ou l'adduction, etc. Ils forment deux régions : l'une externe ou sus-scapulaire, l'autre interne ou sous-scapulaire.

A. Région scapulaire externe.

Elle comprend quatre muscles : le long abducteur du bras., le court abducteur, le sus-épineux et le sous-épineux. Ces muscles sont appliqués sur la face externe du scapulum, et se trouvent recouverts d'un feuillet aponévrotique.

Préparation de la région scapulaire externe. — Séparer le membre du tronc. Enlever les muscles trapèze et mastoïdo-huméral, pour découvrir la face externe de l'aponévrose; se débarrasser également du petit pectoral^ après avoir étudié son mode d'insertion sur cette aponévrose.

Celle-ci une fois connue, on la fera disparaître à son tour, pour mettre à nu les muscles susépineux, sous-épineux et long abducteur du bras ; on conservera seulement le lambeau qui attache à la tubérosité de l'épine la portion antérieure de ce dernier muscle. Il suffira ensuite, pour étudier le court abducteur, de couper transversalement le long abducteur avec le sous-épineux, et de rabattre par en haut et par en bas les fragments musculeux opposés, opération qui exige toujours certaines précautions, à cause de l'adhérence intime du court abducteur avec le sous-épineux.

1° Aponévrose scapulaire externe.

Cette aponévrose, qui a pour tenseur le sterno-préscapulaire et le long abducteur du bras, donne naissance, par sa face interne, à plusieurs cloisons qui pénètrent entre les muscles scapulaires, et qui forment autour de chacun d'eux des gaines contentives plus ou moins complètes; sa face externe est séparée de la peau par lepannicule charnu, le trapèze, le mastoïdo-huméral, et par le fascia aponévrotique qui réunit ces deux derniers muscles. Elle se continue en avant avec la mince expansion fibreuse qui s'étend sur les muscles scapulaires internes ; en arrière et en bas, elle se prolonge sur les muscles du bras et dégénère insensiblement en tissu conjonctif; en haut, elle s'attache sur le prolongement fibro-cartilagineux de l'omoplate.

2° Long abducteur du bras ou portion scapulaire du deltoïde (fig. 105, 1, 1). Sunonymie : Grand soapnlo-liumêral (Gir.).

Situation. Composition. Forme. Direction. — Ce muscle, situé sous l'aponévrose

scapulaire, en arrière du sous-épineux, se compose de deux portions placées l'une audevant de l'autre, et séparées par un interstice superficiel.

La portion postérieure , la plus considérable , est allongée de haut en bas, renllée dans son milieu, rétrécie à ses extrémités, plane sur sa face externe, et convexe sur sa

face interne. Elle longe le bord postérieur du sousépineux, dont elle suit la direction, et se trouve logée dans une dépression du muscle gros extenseur de l'avant-bras.

La portion antérieure, beaucoup plus courte que la précédente, s'étend sur le sous-épineux et sur le court abducteur, en croisant légèrement la direction de ces deux muscles. Épais en bas, ce second corps charnu s'amincit considérablement à son extrémité supérieure.

Structure et attaches. — La première portion, généralement plus pâle que la seconde, est formée de fibres charnues longitudinales entrecoupées profondément de quelques intersections tendineuses. Elle prend son origine, par son extrémité supérieure, sur l'angle dorsal du scapulum.

La portion antérieure est plus foncée en couleur et plus tendineuse que l'autre. Son extrémité supérieure, comprise entre deux lames fibreuses qui résultent du dédoublement de l'aponévrose scapulaire, se fixe, par l'intermédiaire de celle-ci, sur la lubérosité de l'épine acromienne.

Ces deux corps musculeux se réunissent inférieurement, et se terminent ensemble sur l'empreinte deltoïdienne ou crête sous-trochitérienne par des fibres tendineuses et des faisceaux charnus.

Rapports. — Ce muscle répond : en. dehors, à l'aponévrose scapulaire, avec laquelle il fait corps, pour ainsi dire ; en dedans, au sous-épineux, au court abducteur du bras, au gros et au court extenseurs de l'avant-bras.

Usages. — Il imprime à l'humérus un mouvement d'abduction très - prononcé. Il le fait aussi pivoter en dehors; et il agit, en outre, comme fléchisseur de cet os, quand son action se combine avec celle du muscle adducteur du bras. On doit enfin le considérer comme un tenseur énergique de l'aponévrose scapulaire.

FiG. 105. — Muscles externes du membre antérieur (*).

(*) 1, 1, long nbductcnr (In Iirns ; \', son insertion Immi^rnlo ; 2, sns-épinpux ; 3, sons-ùpinenx ; 3', son tendon d'insertion; 4, conrt nljiinclonv dn brns ; 5, bicups; 6, l.rucliinl nntrricMir ; 7, i;riis oxlcnsenr de l'avant-lirns ; 8, court extcnsenr de l'nvant-Iiras ; 9, ancnné ; 11, exlensenr nntérienr dn inétnrni po ; H', son tendon; 12, aponévrose qui fépnre ce mnscle dn liracliial antérienr ; 13, extenseur obliiine rlii métacarpe ; 14, extensenr antérieur des jilialnnges ; 14\ son tendon principal ; 15, la petite branche tendinense qu'il ronrnità l'extensenr latéral ; IG, extensenr latérai des phalanges; 16', son tendon; 17, la brille librenso qu'il reçoit ilu carpe; 18, lléeliisseur externe du métacarpe; 19, son tendon métiiearpicn ; 20, son tendon sns-cnrpien; 21, portion cubitale du perforant; 22, tendon du perforant; 23, sa bride carpiennc; 24, sagatne de renforcement pholangicnnc ; 25, tendon du perforé.

MUSCLES DES MEMRBES ANTÊnTRURS.

3° Court abducteur du bras ou petit rond (fig. 7/1, 2, 3)

Synonymie : Pelil soapulo-lmnuHftl (nii-.).

Volume. Situation. Direction. — Petit muscle allongé, situé on dessous du préi>5dent cl du sous-épineux, le long du bord postérieur de l'omoplate, dont il suit la lirection.

Fo> 'me, Sti'ucluve. — Dans sa moitié inférieure, il est prismatique, charnu, coupé 'd'intersections fibreuses, et facilement divisible en plusieurs faisceaux irréguliers. Dans sa moitié supérieure, il est aplati, entièrement tendineux, et partagé en plusieurs languettes qui sont d'autant plus longues qu'elles sont plus postérieures.

Attaches. — Il prend son origine : 1" par l'intermédiaire de ses languettes tendineuses, au bord postérieur du scapulum et aux empreintes linéaires de la fosse sousépineuse; 2° sur le petit tubercule situé au côté externe du sourcil do la cavité glénoïde, par un court tendon. — Il se termine sur l'humérus, entre la crôte du trochiter et l'empreinte deltoïdienne. »

Rapports. — En dehors, avec le sous-épineux et le long abducteur; en dedans, avec le gros extenseur de l'avant-bras, le court extenseur, et Ja capsule de l'articulation scapulo-humérale.

Usages. — Ce muscle est, comme le précédent, abducteur et rotateur en dehors de l'humérus.

Il" Sus-épineux (fig. 105, 2; 107, 10). Synonymie : Sus-ncromio-trochitérien (Gir.).

Forme. Situation. — Ce muscle, épais et prismatique, plus fort en bas qu'en haut, représente une pyramide très-allongée, qui remplit et déborde même en avant la fosse sus-épineuse.

Structure. Attaches. — Il est formé presque en entier de fibres charnues, attachées, par leur extrémité supérieure, sur le cartilage de prolongement de l'omoplate, à la face interne de l'aponévrose scapulaire, dans la fosse sus-épineuse, au bord antérieur et à l'angle cervical du scapulum [insertion fixe). Ces fibres, arrivées à l'extrémité inférieure du muscle, forment deux branches très-grosses et très-courtes, légèrement tendineuses, et réunies entre el^s par l'aponévrose d'enveloppe du coracoradial ou biceps. La branche externe gagne le sommet du trochiler ; l'interne s'insère sur la partie correspondante du trochin [insertion mobile).

Rapports. — En dehors, «ivec l'aponévrose scapulaire, à laquelle ses fibres adhèrent, comme on vient de le voir, de la manière la plus intime; en dedans, avec l'omoplate et le muscle sous-scapulaire ; en avant, avec le petit pectoral; en arrière, avec l'épine acromienne et le muscle sous-épineux^ Les deux branches terminales recouvrent le tendon du coraco-radial , qu'elles embrassent, et la capsule de l'articulation scapuloluimérale.

Usages. — Ce muscle est extenseur de l'humérus et tenseur de l'aponévrose d'enveloppe du coraco-radial. Il joue aussi, à l'égard de l'articulation de l'épaule, le rôle d'un énergique ligament actif, rôle qu'il partage, du reste, avec la plupart des autres muscles scapulaires,

5° Sous-6pineux (fig. 105, 3, 3').

Synonymie : Snus-nnromio-trocliitrripn (Gir).

Situation. Forme. — Situé, comme son nom l'indique, dans la fosse sous-

épineuse, ce muscle est large, mince et aplati d'un côté à l'autre à son extrémité supérieure, épais et prismatique dans son milieu , conoïde à son extrémité inférieure, qui se termine par deux courtes branches, l'une externe, l'autre interne.

Shiictwe. — Les fibres charnues qui entrent dans sa composition se dirigent, comme le muscle lui-même, en avant et en bas; elles sont mêlées profondément à de fortes lames aponévrotiques. Des deux branches qui le terminent inférieurement, l'externe, la plus forte, est entièrement constituée par un fort tendon; l'interne est à la fois charnue et aponévrolique.

Attaches. — Tous les faisceaux charnus de ce muscle se fixent par leur extrémité supérieure, soit directement, soit par l'intermédiaire des lames tendineuses intérieures: 1° dans toute l'étendue de la fosse sous-épineuse ; 2° sur l'épine acromienne et sa tubérosité; 3° sur le cartilage de prolongement du scapulum; k° à la face interne de l'aponévrose scapulaire {insertion fixe). — Le muscle opère son insertion mobile sur le trochiter, par ses deux branches terminales ; l'interne se rend en dedans de la convexité; le fort tendon qui constitue la branche externe (fig. 105, 3') glisse, au moyen d'une bourse synoviale, à la surface de cette même convexité, et va s'attacher sur la facette raboteuse qui forme la crête du trochiter.

Rapports. — Ce muscle est recouvert par la portion antérieure du long abducteur du bras et par l'aponévrose scapulaire. Il recouvre l'omoplate, son cartilage de prolongement, l'insertion fixe du gros extenseur de l'avant-bras , et le court abducteur, qui lui adhère de la manière la plus intime dans sa portion supérieure ou aponévrotique. Son bord antérieur répond à l'épine acromienne et au sus-épineux; le postérieur est longé par le long abducteur du bras. Son extrémité inférieure protège, en dehors, la capsule de l'articulation scapulo-huraérale, et se trouve cachée sous le mastoïdo-huméral.

[/sages. — Le sous-épineux agit sur l'humérus comme abducteur et comme rotateur en dehors.

B. Région scapulaire interne.

Elle se compose de quatre muscles : trois principaux, le sous-scapulaire, Vadducteur du bras ou grand rond et le coraco-brachial , sont situés à la face interne du scapulum et recouverts d'un très-léger fascia fibreux , qui est formé de quelques fibres éparses parallèles entre elles et transversales à la direction de ces muscles ; le dernier, nommé scapulo-huméral grêle, est un fort petit faisceau logé profondément derrière l'articulation de l'épaule.

Préparation. — Retourner le membre qui a servi à la dissection de la région précédente. Enlever le léger fascia qui constitue l'aponévrose scapulaire interne. Avoir soin de conserver la terminaison du grand dorsal, pour étudier les rapports et les adhérences de ce muscle avec le grand rond , respecter aussi l'insertion humérale du sterno-trochinien, pour voir son union avec le tendon de romo-brachial.jEnJun mot, disposer la région comme elle se trouve représentée dans la figure 107. Quant au petit muscle scapulo-huméral, que cette préparation ne met pas à découvert, il devra être disséqué en même temps que le court fléchisseur de l'avant-bras.

1° Sous-scapulaire (fig. 107, 1). *

Synonymie : Sous-scapulo-troohinien (Gir.).

Situation. Direction. Forme. — Ce muscle , logé dans la fosse sous-scapulaire, dont il porte le nom, affecte la même direction oblique que l'omoplate. Il est plus large en haut qu'en bas et divisé supérieurement en trois pointes ; sa forme répète donc exactement celle de la surface excavée qu'il recouvre.

Structure. — Les fibres charnues du sous-scapulaire convergent légèrement vers son extrémité inférieure, et se rassemblent toutes sur un tendon très-forl, large et court, qui termine celle-ci. Elles sont entremêlées de fibres tendineuses profondes et superficielles, qui augmentent singulièrement la ténacité du muscle. Ces dernières, c'est-à-dire les superficielles, s'étalent sur sa face interne en lames brillantes et nacrées.

Attaches. — Le sous-scapulaire prend son origine dans toute l'étendue de la fosse dont il porte le nom. — Il opère son attache mobile sur le trochin, au moyen du u ndon volumineux qu'il présente à son extrémité inférieure. Une petite bourse synoviale particulière facilite le glissement de ce tendon sur l'éminence qui reçoit son i insertion.

Rapports. — La face externe du muscle est en rapport avec le scapulum. Sa face interne est appliquée contre le grand dentelé , et s'en trouve séparée par une couche épaisse de tissu cellulaire , ainsi que par le fascia rudimentaire qui recouvre en commun les trois muscles de la région scapulaire interne. Son bord antérieur, longé par le sus-épineux, adhère intimement à ce muscle dans ses deux tiers supérieurs; il forme avec lui, par son tiers inférieur, l'espace inter-musculaire traversé par les vaisseaux et les nerfs sus-scapulaires. Son bord postérieur répond à l'adducteur du bras, avec lequel il s'unit également dans la plus grande partie de son étendue ; il est isolé de ce muscle, dans son tiers inférieur, par l'interstice qui loge les vaisseaux et les nerfs sous-scapulaires. Son tendon terminal recouvre la capsule de l'articulation scapulo-humérale, qu'il affermit puissamment; il est recouvert en partie par le tendon d'origine du coraco-huméral , qui glisse à sa surface comme sur une poulie de renvoi, au moyen d'une bourse synoviale.

Usages. — Ce muscle est principalement et peut-être exclusivement adducteur du bras. On admet, cependant, qu'il peut faire éprouver à l'humérus un mouvement de rotation en dedans.

2° Adducteur du bras ou grand rond (fig. 107, 2).

Synonymie : Sous-scapiUo-huméral (Gir.).

Forme. Situation. Direction. — Muscle long, aplati d'un côté à l'autre, renflé dans son milieu, rétréci à ses extrémités, épais à son bord antérieur, mince, au contraire, à son bord postérieur. Il est situé en arrière du précédent, dans la même direction oblique, et se trouve parallèle à la portion postérieure du long abducteur, qu'il semble répéter dans la région scapulaire interne.

Structure. — Ce muscle, presque entièrement charnu, présente seulement quelques ' énervations à sa face interne et à son extrémité supérieure. Son extrémité inférieure se termine par un tendon aplati, qui appartient également au muscle grand dorsal, et dont nous avons déjà fait connaître la disposition (voy. p. 217).

Attaches. — Il se fixe, d'une part, sur l'angle dorsal du scapulum et sur le bord postérieur du muscle sous-scapulaire {origine) ; — d'autre part, par son tendon inférieur, à l'empreinte circulaire que l'on trouve sur la face interne du corps de l'humérus {terminaison).

Rapports. — En dehors, avec l'aponévrose du grand dorsal et celle du long extenseur de l'avant-bras, qui l'isolent du muscle gros extenseur; en dedans, avec le grand dentelé, dont il est séparé par les couches fibreuse et cclluleuse indiquées dans la description du sous-scapulaire. Son extrémité inférieure recouvre le court fléchisseur

et le moyen extenseur de l'avant-bras; elle est recouverte par la longue branche du coraco-brachial et par les troncs vasculaires et nerveux qui distribuent leurs rameaux au bras, à l'avant-bras et au pied.

Usages. — Ce muscle tire le bras dans l'adduction et lui fait éprouver un mouvement de rotation en dedan.s. S'il se contracte en même temps que le long abducteur du bras, il fléchit directement l'humérus.

3° Coraco-brachial, coraco-huméral ou omo-bracliial (fig. 107, 6, 7).

Volume. Situation. Direction. — Petit muscle allongé, qui semble appartenir au bras plutôt qu'à l'épaule, car il est situé à la face interne de l'humérus, dont il croise légèrement la direction. Si nous le décrivons dans la région sous-scapulaire, c'est en considération de ses attaches et de ses usages, lesquels sont, en tous points, analogues h ceux des autres muscles de l'épaule.

Attaches. Forme. Structitre. — Il commence sur le bec de l'apophyse coracoïde, par un petit tendon aplati qui est compris d'abord entre le sus-épineux et le sousscapulaire, et qui sort ensuite de l'interstice formé par ces deux muscles, pour glisser et s'infléchir sur le tendon terminal du dernier. A ce petit tendon succèdent deux branches musculeuses, l'une profonde, l'autre superficielle. La première (fig. 107,7) représente une bandelette large, mince et courte, presque entièrement charnue, attachée sur le corps de l'humérus, au-dessus de la tubérosité interne. La seconde (fig. 107, 6) forme un corps charnu d'une certaine épaisseur, aplati d'un côté à l'autre et fortement aponévrotique ; les faisceaux qui la composent sont d'autant plus longs qu'ils sont plus postérieurs, et se fixent, par leur extrémité inférieure, sur les empreintes de la face antérieure de l'humérus.

Rapports. — Ce muscle est recouvert par le coraco-radial, et par le sterno-lrochinien, lequel s'attache eu partie sur son tendon. Il recouvre l'insertion trochinienne du sous-scapulaire, l'humérus, le tendon commun au grand dorsal et au grand rond, nne petite portion du court fléchisseur et du moyen extenseur de l'avant-bras. Son bord postérieur est longé par les troncs vasculaires et nerveux de la face interne du bras. Le nerf huméral antérieur passe entre ses deux branches, avec un rameau artériel et un rameau veineux.

Usages. — Il est adducteur du bras, qu'il fait aussi pivoter en dedans. La direction de ce muscle et la disposition de ses attaches ne lui permettent point de produire la rotation en dehors, action qui lui est attribuée par plusieurs auteurs.

li° Scapulo-liuméral grêle.

Très-petit faisceau musculeux cylindroïde ; compris entre le gros extenseur de l'avant-bras et la capsule de l'articulation scapulo-humérale; prenant son origine audessus du sourcil de la cavité glénoïde du scapulum; et se terminant au-dessous de la tête de l'humérus, par un tendon grêle qui s'insinue entre les fibres du court fléchisseur de l'avant-bras. Ce muscle semble appartenir en propre aux Solipèdes, et a été regardé par Rigot comme un agent chargé de soulever la capsule de l'articulation scapulo-humérale, lors des mouvements de flexion, pour empêcher celte capsule d'être pincée entre les surfaces articulaires.

CARACTÈnES DIFFÉRENTIELS DES MUSCLES DE L'ÉPAULE DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES'.

Les Carnassiers sont les seuls animaux qui présentent des difl'érences un peu notables dans les muscles de l'épaule.

Ainsi, le long abducteur du bras, très- développé , possède une portion antérieure (|ui provient directement de i'acroniion , et une portion postérieure qui naît de toute l'étendue de l'épine scapulaire, par une courte aponévrose. Le sus-épineux est considérable, et se termine par une seule branche qui va au irochilcr.

Le sous-épineux est moins large que le précédent et indivis aussi à son extrémité iniérieure; c'est la branche profonde qui manque.

Quant au coraco-brachial , il est très-court et composé d'un seul faisceau qui se i. rniinc au-dessus de l'inserlion humérale du grand rond.

Dans le Porc, la disposition de ce muscle est la même ; il est , de plus , fortement iciidineux.

Chez le Dromadaire, 011 trouve à la surface de la région scapulaire externe une lame élastique qui s'étend sur tout le reste du membre el affecte une disposition digne d'être signalée.

Cette lame élastique provient des bords du ligament cervical ; elle recouvre la face externe de l'épaule et du bras, en présentant une assez grande épaisseur en arrière de l'angle scapulo-huméral , c'est-à-dire au niveau de la séparation des abducteurs du bras et des extenseurs de l'avant-bras. Elle descend sur l'avant-bras, en passant en avant de l'articulation liuméro-radiale, et, lorsqu'elle arrive vers le tiers inférieur de la face antérieure de cette région, elle se partage en deux parties. La plus étroite et la moins forte de ces dernières gagne la face antérieure du genou, où elle se perd insensiblement, en devenant plus blanche et plus mince. La portion la plus large se dirige en bas et en arrière, en s'unissant avec un feuillet également élastique qui part de la face interne des muscles olécrâniens et du coude, el sur la face postérieure du cai'pe se divise en plusieurs languettes qui se (ixent : les unes, sur le bord interne du carpe et du métacarpe; les autres, sur les tendons fléchisseurs des phalanges, en arrière des articulations raétacarpo-phalangiennes.

Cet appareil élastique, fort remarquable, tend sans cesse à fléchir les rayons du membre antérieur. Il faut certainement attribuer à sa présence les caractères de la locomotion chez le dromadaire : flexion brusque et presque passive du métacarpe sur l'avant-bras et de l'avant-bras sur le bras.

On remarque encore, chez le Dromadaire, que le muscle lotig abducteur du bras est entièrement charnu et ne se détache que l'épine acromienne.

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