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CONSIDERATIONS GÉNÉRALES SUR LKS MUSCLES DE LA VIE ANIMALE

qui sont situés profondément sont immédiatement appliqués par leur corps contre los pièces du squelette.

c. Les muscles se mettent en rapport entre eux d'une manière plus ou moins intime. Tantôt ils adhèrent fortement les uns aux autres; tantôt ils se trouvent isolés par des interstices qui sont remplis de graisse et de tissu cellulaire et parcourus généralement par des vaisseaux et des nerfs.

d. Les connexions des muscles avec ces derniers organes prennent quelquefois un caractère remarquable : c'est quand l'un d'eux accompagne comme un satellite des troncs vasculaires et nerveux cachés sous sa face profonde. Il y a dans cette circonstance un fait important d'anaiomie chirurgicale.

Structure. — Il entre dans la structure des muscles : 1° des fibres rouges , molles et contractiles, ou le tissu musculaire proprement dit; 2° des fibres blanches, résistantes, inextensibles, formant les tendons et les aponévroses d'insertion; 3° du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.

Tissu musculaire. — - Ce tissu, qui constitue la viande servie comme aliment sur nos tables, est remarquable par sa couleur rouge , la grande force de résistance qu'il possède pendant la vie , et le peu de ténacité qu'il conserve après la mort. Il se compose de faisceaux prismatiques qu'il est possible de diviser et de subdiviser en plusieurs autres faisceaux de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la fibre élémentaire. Celle-ci, examinée au microscope, se montre sous des aspects variés: tantôt droite , tantôt flexueuse; toujours striée, soit dans le sens longitudinal, soit dans le sens transversal, soit dans les deux sens à la fois. On démontre que cette fibre élémentaire, la plus grosse de toutes celles qui entrent dans l'organisation animale, se trouve formée par de très petites fibrilles accolées parallèlement et renfermées dans une gaîne spéciale extrêmement mince. Lorsque ces fibrilles ont été isolées les unes des autres, opération qui nous a semblé plus facile sur les muscles paralysés depuis plusieurs semaines par la section des nerfs, elles ne se présentent point avec un diamètre régulier, car elles offrent , de distance en distance, de légers renflements fusiformes qui les rendent plus ou moins noueuses. C'est à l'accolement de ces fibrilles que sont dues les stries longitudinales de la fibre élémentaire; on ne sait rien de précis sur les causes de la striation transversale. Quant à la gaîne d'enveloppe des fibrilles, elle est formée par une matière amorphe qu'on peut considérer avec M. Denonvilliers comme les premiers rudiments du tissu cellulaire unissant des muscles.

Dans les muscles longs, les fibres charnues sont le plus souvent parallèles, ou à peu près, au grand axe de ces muscles : ex., le sterno- maxillaire; mais quelquefois elles croisent plus ou moins obliquement la direction de cet axe : ex. , les muscles pennés et semi-pennés. Dans les muscles plats, elles peuvent être rayonnées ou flabelli formes : ex., le diaphragme, le grand dentelé; parallèles au plus grand des deux axes principaux: ex., le grand droit de l'abdomen ; parallèles au plus petit i ex., le carré pronateur du chien ; étendues obliquement d'un bord à l'autre: ex. , les intercostaux. Dans les muscles courts, les faisceaux constituants sont ou parallèles entre eux : ex. , les obliques de la tête ; ou plus ou moins rayonnés : ex. , l'obturateur externe .

Tendons et aponévroses d'insertion. — Lorsque les deux insertions d'un muscle

sont très rapprochées l'une de l'antre et que cet organe n'offre qu'un petit volome, ses fibres charnues peuvent se porter directement d'un os à l'autre. Mais il n'en est pas de même quand le muscle possède un volume ou une longueur considérable, comme on le remarque dans les rayons inférieurs des membres, parce que les surfaces osseuses ne présenteraient pas assez d'éiendue pour recevoir tous les faisceaux contractiles qui le constituent, et qu'en passant sur les articulations, la masse formée par ces faisceaux gênerait la liberté des mouvements et altérerait la beauté des formes de l'animal. Les attaches de ces faisceaux sur les leviers qu'ils doivent mouvoir se font alors par l'intermédiaire de fibres blanches inextensibles, qui se continuent par un de leurs bouts avec l'extrémité correspondante des fibres musculaires proprement dites. Ces fibres blanches étant incomparablement plus petites, plus serrées les unes contre les autres, et moins nombreuses que ces dernières, elles se rassemblent en faisceaux relativement très minces, qui peuvent opérer leur insertion sur des surfaces fort restreintes ; de plus, ces faisceaux peuvent transmettre l'action d'un muscle situé dans une région quelconque sur un os très éloigné de cette région, sans nuire, a cause de leur petit volume, au jeu des articulations que ce muscle est obligé de franchir, et sans altérer l'harmonie des formes de la charpente animale.

Le tissu fibreux blanc des muscles possède la même texture, les mêmes propriétés que les ligaments blancs, et se dispose, soit en cordons rubanés ou funiculaires qui constituent les tendons, soit en membranes larges et minces qui forment les apouévroses, soit en lames irrégulières et plus ou moins abondantes appelées intersections fibreuses.

Les tendons terminent généralement les extrémités des muscles longs. Ils commencent, tantôt par un cône creux qui reçoit sur sa face interne l'insertion des fibres charnues, tantôt par une pointe amincie, souvent divisée, qui se plonge dans l'épaisseur du muscle. Il est digne de remarque qu'un muscle pourvu de deux tendons présente la première disposition à Tune de ses extrémités, et l'autre disposition à l'extrémité opposée; en sorte que toutes les fibres charnues qui composent ce muscle offrent à peu près la même longueur, celles qui partent du sommet du tendon intérieur allant se fixer au fond du cône creux formé par le second tendon, et réciproquement (1).

Quelquefois un muscle long et aplati ne possède qu'un seul tendon sur lequel les fibres charnues s'implantent par côté eu barbe de plume ; dans ce cas, le muscle est dit penné ou penni forme ; il s'appelle semi-penné, quand les faisceaux musculaires viennent tous du même côté se réunir à la corde leudiucuse.

Il peut encore arriver qu'un muscle soit partagé en deux corps charnus ou en deux ventres par un tendon médian : il prend alors le nom todigastrique.

Les aponévi'oses appartiennent presque exclusivement aux muscles larges, avec les bords desquels elles se continuent; elles sont formées de fibres parallèles non entrecroisées, caractère qui les distingue essentiellement des aponévroses de contention.

(1) On admet aujourd'hui que tous les muscles, sans eiccption , sont dans ce cas. Mais ce Tail est loin d'être démontré; car il existe évidemment des muscles peoni formes , <!«s muscles larges et des muscles courts qui échappent à celte loi , <|u'on a voulu rendre tropgcnérale.

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