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FORAMINIFÈRES

quefois, surtout chez les jeunes espèces, de courtes pointes et sont légèrement onduleux. La coquille, dont le diamètre oscille entre 1 /2 et 1 millimètre, est enroulée en spirales et composée de nombreuses chambres dont on n’aperçoit nettement que celles du dernier tour de spire. Ces chambres sont d’autant plus spacieuses, qu’on

s’éloigné davantage du point de départ de la spire ; on en compte de 20 à 24, dans la circonvolution extérieure, mais en totalité, elles sont au nombre de 30 à 35. Elles sont séparées par une fine cloison calcaire qui montre la même structure que les parois latérales de la coquille, c’est-à-dire qu’elle est percée d’une quantité de petits orifices, per-

Fig. 4. — Polystomella strigilata à coque chambrée et percée d’une infinité de petits pores (po) par lesquels sortent les pseudopodes p, confluant par places les uns avec les autres, donnant l’image des mailles d’un filet, c, coquille chambrée, a, cloisons. (D’après Max Schultze.)

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mettant au protoplasma qui les remplit de passer de lïme dans l’autre. On peut s’assurer de cette conformation sur le feuillet calcaire qui ferme la dernière chambre, et par lequel passent de nombreux pseudopodes; quelques-uns des pores sont plus gros que les autres et leurs bords sont légèrement proéminents, ce qui donne à cette surface une certaine rugosité.

La coquille est épaisse et très transparente lorsqu’elle est fraîche. Elle est couverte de petites papilles coniques qui sont percées par une petite ouverture, l’ouverture terminale d’un fin canalicule qui perce la coquille. Entre ces papilles, se rencontrent encore un grandnombre de pores plus petits, qui ne deviennent visibles que sous de fortes lentilles. C’est par ces ouvertures que sortent les pseudopodes. Pour étudier la structure de la coquille, on pourra écraser l’animal et en observer les débris sous de forts grossissements. Outre les pores que nous venons de signaler, il existe parfois des ouvertures irrégulières beaucoup plus larges que les pores, et par lesquelles passe aussi du protoplasma. Dans chaque chambre, il existe des appendices en forme de tubes, qui se terminent en s’arrondissant vers la paroi postérieure de la chambre, mais ne forment jamais de ponts entre les segments. Le nombre de ces appendices augmente avec la grandeur des chambres. On peut débarrasser l’animal de sa ooquille, en le plongeant dans un acide faible qui dégage des bulles de gaz acide carbonique. La carapace recouvre une couche de protoplasma durci, l’ectosarc, qui conserve pendant quelques instants, grâce à sa rigidité, la forme de l’animal. A la place de l’acide dilué dans l’eau, on obtiendra de meilleurs résultats avec de l’alcool faible légèrement acidulé d’acide azotique ou d’acide chlorhydrique.

L’animal ainsi dépourvu de sa coquille, présente comme le moule exact des chambres ; il est composé d’une série de segments ou de capsules en forme d’un U largement ouvert, disposés en spirale, à la suite les uns des autres et dont la convexité est tournée en avant. Chaque segment porte sur ses bords postérieurs des appendices en forme de doigts légèrement rétrécis au milieu, et qui chevauchent sur le segment précédent. Le nombre de ces appendices est d’autant plus grand, que le segment lui-même est plus développé. Le premier segment de l’animal qui occupe le centre de la spire, est sphérique.

Le protoplasma est homogène et transparent chez les jeunes individus, mais plus tard, il devient plus dense et l’on aperçoit un grand nombre de fines granulations et de petites gouttelettes réfringentes analogues à la graisse, dont les mouvements accusent la direction des courants intérieurs. L’animal prend alors une coloration rouge

FORAMINIFERES.

brunâtre, à l’exception du protoplasma de la dernière chambre, qui se présente d’abord sous la forme d’un réseau de fins filaments analogues aux pseudopodes, qui sortent à travers les parois de la carapace. L’animal entier se décolore, lorsqu’on ne le nourrit pas. (Max Schultze.)

C’est ce protoplasme intérieur qui émet à travers les pores de la coquille, des appendices ou pseudopodes qui servent à la locomotion et à la nutrition de l’animal. Leur longueur peut atteindre jusqu’à quatre ou cinq fois celle du diamètre de la coquille ; ils rayonnent dans tous les sens, et se réunissent souvent en faisceaux pyramidaux, dans la direction où veut avancer l’animal. Lorsque les pseudopodes ont atteint leur plus grande longueur, ils s’aplatissent et confluent au sommet de la pyramide, se fixent ainsi sur un objet quelconque, puis se contractant, le protoplasma reflue à l’intérieur de la coquille qui se déplace en se rapprochant du point de fixation. Il en est à peu près de même, lorsque l’animal veut saisir une proie; il l’enveloppe entièrement d’un pareil faisceau de pseudopodes dont le protoplasma commence son action digestive ; à mesure que la substance de la proie se dissout, on aperçoit des courants de granulations qui se dirigent vers l’intérieur, et lorsque ce travail digestif est accompli, les pseudopodes se contractent de nouveau pour se dilater dans une autre direction.

On est resté longtemps dans le doute sur l’existence d’un noyau. F. E. Schulze l’a mis en évidence dans une espèce voisine de celle qui nous occupe, la Polystomella striato-punctata. Il se présente sous la forme d’un assez gros corps renfermant de grosses granulations sphériques et, peut-être, un nucléole; il occupe le milieu de Lun des segments de la partie moyenne du corps et le dépasse parfois, pour entrer en partie dans le segment voisin. Sa forme sphérique peut s’allonger et devenir plus ou moins irrégulière. Il est quelquefois, mais rarement, double. Schulze employait, pour le mettre en évidence, une décoction de bois de Campêche. Le procédé suivi par R. Hertwig dans ses études sur les noyaux d’autres Foraminifères, c’est-à-dire la fixation de l’animal avec de l’acide chromique de 0,1 pour 100 à 0,5 pour 100 et sa coloration au carmin de Beale, nous paraît préférable. On ne connaît pas le mode de reproduction des Polystomella.

La consistance et la structure des coquilles varient infiniment dans la série des Foraminifères; elle est simple, très mince et transparente chez une forme d’eau douce, Lieberküknia ; elle est plus consistante, parcheminée chez Gromici ; chez d’autres, elle est composée de petits grains de sable, de spiculés d’éponges, réunis par un ciment organique ( Trochammina , Squamulina ), ou enfin, composée d’une couche continue de carbonate de chaux. Elle est tantôt compacte, sans pores,

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lisse ou ornée de côtes et de stries (Imper for ata) ; tantôt, au contraire, elle est percée de pores analogues à ceux que nous avons décrits chez Polystomella (Perforata). Enfin, elle peut être composée d’une seule loge (Monothalames), possédant une large ouverture par laquelle sort le protoplasma, ou plusieurs chambres diversement disposées, les unes par rapport aux autres (Polythalames).

Les Monothalames peuvent être perforés ( Lagena ), ou imperforés ( Gromia ). lien est de même des Polythalames.

Le protoplasma est assez semblable chez les différents Foraminifères, il difflue

parfois à tel point hors de la coquille, qu’il l’enveloppe d’une couche continue, et qu’elle devient interne (fig. 5). Quant aux pseudopodes, ils varient beaucoup dans leur forme, leur longueur et leur largeur, d’un genre à l’autre. C’est ainsi que chez Miliola , par exemple, ils sont beaucoup plus minces que chez Gromia , et se meuvent

Fig. 6.

plus rapidement. Ils confluent ordinairement ensemble et forment des réseaux, des accumulations, etc.

Le protoplasma, ordinairement granuleux , renferme fréquemment des gouttelettes réfringentes quelquefois colorées, qui se déforment facilement par la pression, et qui sont probablement de la graisse. Il est constamment parcouru par des courants rendus visibles par le mouvement des granulations.

Le noyau a été constaté en premier lieu chez Gromia , puis, plus tard, chez Spiroloculina , Miliola , Polystomella , etc. On peut, par analogie, admettre son

Fig. 5. — Gromia oviformis montrant sept noyaux n, et dans le protoplasme intérieur, des tests de navicelles digérées (b). Le protoplasme sort par l’ouverture a et entoure entièrement la coque envoyant des pseudopodes dans toutes les directions. En bas et à gauche, on voit une navicelle qui vient d’être saisie par les pseudopodes. (D’après Max Schultze.)

Fig. 6. — Jeune Miliolia ( Quioiqueloculinci ) préparée à l’acide chromique et colorée au carmin de Beale. Elle montre quatre chambres limitées par des parois à double contour, n, et sept noyaux, n. (D’après R. Iîertwig.)

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