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METHODES DE DURCISSEMENT ET DE CONSERVATION

tirer parti d’un instrument, alors même que cet instrument n’est pas parfaitement approprié à son usage.

Les deux principales qualités pour le naturaliste chercheur, sont la patience et la propreté.

Trop se hâter équivaut à perdre du temps. C’est cependant le défaut commun à tous les débutants avides de voir beaucoup et de passer rapidement et superficiellement sur chaque forme. Un instant de réflexion suffit pour se convaincre de la nécessité d’un certain temps pour bien voir. Les plus grands observateurs regardent à trois fois avant d’oser affirmer avoir vu. Combien cette précaution n est-elle pas plus nécessaire à celui qui commence à observer !

Le manque de propreté est une source continuelle d'erreurs et un danger constant, surtout lorsqu il s’agit de l’emploi des instruments d’optique. Une lame de verre mal lavée, une lentille grasse, un verre de montre insuffisamment essuyé, deviennent la cause de troubles sérieux dans l’observation. Il faut, par conséquent, apprendre à être propre, et dès l’origine se prémunir contre les fausses interprétations auxquelles donnent lieu, dans les observations microscopiques, les imperfections du verre, les poussières et les débris de toute nature.

Enfin, nous ne saurions trop recommander au commençant, de se donner l’obligation de dessiner exactement les préparations anatomiques et microscopiques. Cest le meilleur moyen pour apprendre à ’voii, cai il 1 oblige a porter son attention sur une foule de détails importants qui, sans cela, lui échapperaient, et il les grave plus profondément dans sa mémoire. L'habitude du dessin doit être prise dès

l’origine des études dans le laboratoire et toujours sévèrement observée.

A. Méthodes de duvcissoYyieo'it et de coïisewcitioix.

Tous les tissus animaux renfermant do l’eau et des substances albuminoïdes éminemment putrescibles; les procédés de durcissement et de conservation reposent tous sur l’emploi de réactifs propres à diminuer la quantité de la première et à précipiter et rendre incorruptibles les seconds. Nous signalerons les principaux, parmi ces réactifs.

Alcool. Au premiei îang se place 1 alcool. On l’emploie à trois degrés, à 70 pour 100, à 90 pour 100 et absolu. L’application de ce dernier n a lieu que lorsqu’on tient à déshydrater complètement les tissus, de manière à les imbiber ensuite de liquides ne se mêlant pas à l’eau, tels que : essence de girofle, thérébentine, créosote, etc. Il est nécessaire de ne pas le faire agir en premier lieu, car son avidité pour

16 GÉNÉRALITÉS SUR LA TECHNIQUE

l’eau est telle, qu'il déforme les éléments histologiques. On se servira d’abord de l’alcool faible, puis de l’alcool à 90 pour 100, et en dernier lieu de l’alcool absolu. Le durcissement doit se faire dans un flacon fermé à l’émeri. L’alcool à 70 pour 100 ou même des alcools plus faibles (esprit de vin du commerce) suffisent pour conserver les animaux, à condition qu’ils aient été préalablement plongés quelque temps et pénétrés d’alcool plus fort, souvent renouvelé. Sans cette précaution, les animaux finissent par y pourrir.

Pour les tissus qui doivent être coupés en préparations microscopiques, il faut pour bien les durcir, les fragmenter en morceaux n’excédant pas un ou deux centimètres, que l’on plonge dans dix ou vingt fois leur volume d’alcool.

Paul Mayer recommande pour les collections dans les musées comme préférable à l'alcool pur, l’alcool à 90 pour 100, acidulé de 3 pour 100 d'acide chlorhydrique, qui empêche la formation des précipités. Pour les arthropodes et les animaux chitineux, le même auteur emploie l’alcool absolu bouillant qui pénètre beaucoup plus rapidement que l’alcool froid.

Glycérine. — Un grand nombre de préparations pourront être conservées dans la glycérine, qui a l’avantage de ne pas s’évaporer et de rendre les tissus plus transparents. Toutefois, il est bien rare que sa grande avidité pour l’eau et l'action déformatrice qu’elle exerce sur les tissus, permettent de l’employer pure. La bonne glycérine se dissout en toutes proportions dans l’eau et l’alcool. On se servira, en général, d’abord de glycérine renfermant deux fois son volume d’eau, puis on augmentera peu à peu sa densité en ajoutant de la glycérine pure. Pour empêcher les moisissures, on y mettra quelques gouttes d’alcool.

Nous mentionnerons, parmi les solutions renfermant de la glycérine, les deux suivantes :

Solution de Gust. Juger. — Renfermant 1 partie de glycérine, 1 partie d’alcool et 10 parlies d’eau de mer. Elle est excellente pour conserver les petits animaux marins. Pour ceux dont la taille est plus considérable, on pourra doubler ou tripler la teneur en alcool et en glycérine. Pour la conservation des foraminifères, des calcisponges et autres animaux à squelette calcaire délicat, il faudra s’assurer de la neutralité de la glycérine au moyen du papier de tournesol, car ce liquide, tel qu’on le trouve dans le commerce, est souvent acide.

Solution de C. Langer. — Elle renferme 100 parties de glycérine, 15 à 17 parties d’acide phénique et 11 parties d’alcool, et elle sert à être injectée dans les artères, de manière à pénétrer toutes les parties du corps. Elle permet de conserver pendant quelque temps

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