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MÉTHODES DE DURCISSEMENT ET DE CONSERVATION

des animaux que l’on ne voudrait pas plonger immédiatement dans l’alcool.

Solution de Hantsch. — Elle renferme 3 parties alcool absolu, 2 parties eau distillée, 1 partie glycérine. Elle est excellente pour les crustacés, elle en conserve relativement bien les couleurs.

Acide chromique. — 11 est d’un grand usage dans les recherches histologiques, il précipite le protoplasma et le rend insoluble. Son titrage exact dans chaque cas particulier ayant une grande importance, on devra l’acheter cristallisé, puis, selon le conseil de Ranvier, on en fera une solution à 1 pour 100 qui servira à la préparation de solutions plus diluées et qui, telle quelle, pourra être employée à la conservation d’une quantité de petits animaux invertébrés. L’acide chromique faible fixe les éléments histologiques ; son maniement est très délicat et il est indispensable de chercher le degré de concentration approprié à chaque cas particulier, car à trop forte dose, il rend les tissus cassants et friables. Il faut ordinairement commencer par se servir de solutions très faibles, que l’on fait agir en grande quantité.

Il est aussi employé pour débarrasser lentement de leur carbonate de chaux, les éponges, les coraux, les échinodermes, etc.

Le bichromate de potasse et le bichromate d' ammoniaque peuvent remplacer l’acide chromique. Le dernier de ces sels, en solutions de 1 à 5 pour 100, donne de bons résultats dans le durcissement du tissu nerveux (moelle épinière, cerveau), qui y devient moins cassant que dans l’acide chromique, mais qui demande, pour se durcir, un temps beaucoup plus considérable.

La liqueur de Muller , renfermant 2 à 2,50 grammes de bi-chromate de potasse, 1 gramme de sulfate de soude et 100 grammes d’eau distillée, permet de conserver une quantité de petits mollusques, de petits vers ou des organes entiers, tels que les yeux des vertébrés, surtout lorsqu’on se propose de faire des coupes de la rétine, etc.

Acide picrique. — On l’emploie en solution saturée que l’on maintient toujours telle, en laissant un excès de cristaux de cet acide dans le fond du flacon où on le conserve. L’acide picrique est précieux pour la fixation et le durcissement des tissus très mous, surtout des tissus embryonnaires. Il a sur l’acide chromique l’avantage de pouvoir être enlevé des tissus par un, lavage répété à l’eau ou à l’alcool à 70 pour 100.

Acide picro-sul funque , ou liquide de Kleinenberg . — Ce liquide, d un usage continuel pour les embryons et les animaux inférieurs, se compose de 100 parties d’une solution saturée d’acide picrique à

GENERALITES SUR LA TECHNIQUE

froid, et de 2 parties d’acide sulfurique, à laquelle on ajoute deux à trois fois son volume d’eau (1). (Pour les arthropodes, il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’eau. Paul Mayer.)

Dans les tissus renfermant une certaine quantité de sels calcaires, il se forme quelquefois des cristaux de sulfate de chaux. Pour éviter cet inconvénient, on peut remplacer l’acide sulfurique par de l’acide azotique ou de l’acide chlorhydrique. A la solution saturée d’acide picrique, on ajoute 8 parties d’acide chlorhydrique, ou 5 parties d’acide azotique sur 100. Ces acides agissant brusquement sur le carbonate de chaux, développent de l’acide carbonique qui blesse les tissus en se dégageant.

Tout tissu traité pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures dans le liquide de Kleinenberg doit être soigneusement décoloré par l’eau ou l’alcool à 70 pour 100, avant d’être plongé dans de l’alcool plus fort.

Acide osmique. — Cet acide, très toxique, nécessite dans son emploi de grandes précautions. Il se vend dans le commerce sous forme de cristaux jaunâtres, dans de petits tubes de verre fermés à la lampe, et renfermant ordinairement 1 gramme. On brise ces tubes dans un flacon à l’émeri à large ouverture, contenant 50 grammes d’eau distillée. Il est important de bien nettoyer le flacon, et de le débarrasser de toute trace de matière organique. La dissolution de l'acide est lente à se faire. Pour s’assurer de la quantité exacte d’acide contenu dans le tube, on le pèse avant et après la dissolution, la différence de poids indique celui de l’acide dissous. La solution à 2 pour 100, préparée ainsi en petite quantité, doit être conservée à l’abri de la lumière dans un flacon noirci ; on s’en sert selon les cas pour préparer les solutions plus étendues.

L’acide osmique est le meilleur fixatif connu pour les éléments histologiques. On s’en sert, soit en solution aqueuse, soit à l’état de vapeur, pour tuer instantanément une foule de petits organismes auxquels il conserve leurs formes normales. Malheureusement, son pouvoir de pénétration est très faible.

L’acide osmique noircit les corps gras, et aussi le protoplasma lorsqu’on le laisse agir un temps trop long. Il colore la myéline en noir bleuâtre, la graisse en noir brun, le muscle en brun clair (Ranvier). Le tissu qui y a été plongé continue à se colorer une fois qu’il a été retiré. Il doit, en tous cas, être très exactement lavé. Une préparation trop colorée ne montre plus rien ; on peut l’éclaircir en la plaçant dans un flacon dont le fond est saupoudré de chlorate de

(1) En ajoutant l’acide sulfurique, il se forme un précipité que l’on sépare par décantation.

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