CLASSE DES RADIOLAIRES
Sarcodés portant le plus souvent un squelette organique ou siliceux, de forme radiaire, et une capsule centrale.
Premier ordre : les Thalassicolles ou Gollides. Individus simples, sans squelette, ou dont le squelette n’est formé que de quelques spiculés épars (Thalassicolla).
Deuxième ordre : les Polycystines. Squelette treillissé de formes très variées, composé souvent de plusieurs tests sphériques emboîtés les uns dans les autres (Lithocampe , Aulosphaera).
Troisième ordre : les Acanthometrae. Squelette composé de piquants rayonnés qui percent la capsule centrale, et se réunissent au centre ( Acanthometra , Dorotaspis).
Quatrième ordre : les Polycyttaires. Radiolaires renfermant plusieurs capsules centrales, ils peuvent être considérés comme des colonies (Sphaerozoum, Collosphaera).
Type : Acanthometra elastica (Haeckel). — Nous choisissons cette espèce, qui n’est pas rare dans la Méditerranée et l’Adriatique, parce qu’elle est une des plus transparentes, et se prête le mieux à l’observation à cause de la rareté du pigment ’ dans le protoplasma de sa capsule centrale.
Cet animal se présente sous la forme d'une sphère, [du centre de laquelle partent vingt piquants étoilés, auxquels leur consistance molle permet de se ployer sans se casser, ce dont on pourra se convaincre en exerçant une légère pression sur le couvre-objet. Ces piquants sont très fins, cylindriques et terminés en pointe; ils sont simples, et ne se bifurquent jamais comme ceux d’espèces voisines (1). On
(1) La bifurcation des piquants ne paraît pas être normale chez aucun genre. C’est probablement un phénomène de décomposition.
PROTOZOAIRES
peut les isoler par l’écrasement, et constater qu’ils sont réunis par l’application , les unes contre les autres, de leurs bases cunéiformes (fig. 12). Les vingt piquants sont groupés, comme c’est toujours le cas, dans la famille des Acanthométrides, selon cinq zones : une zone impaire et deux zones paires, comprenant chacune quatre piquants. La zone impaire est équatoriale, et les quatre piquants qui la constituent sont placés sur un même plan, ils se coupent à angles droits, et forment une croix à leur point de rencontre. Les deux zones paires sont dans des plans différents, se répétant de même des (leux côtés de la zone équatoriale, eu sorte qu’il suffit de regarder deux de ces zones pour connaître les deux autres. Entre les zones à piquants existent deux zones qui en sont dépourvues, les zones
polaires. Nous orientons le radiolaire comme Hertwig l’indique, de manière à ce que l’on regarde l’un des pôles sans piquants, et que les piquants de la zone impaire tombent dans le plan horizontal.
Les piquants ne sont pas creusés d’un canal comme il y paraît lorsqu’on ne les place pas exactement au point et le
protoplasma du corps ne pénètre pas à leur intérieur. Chez A. elastica , ils ne sont pas incrustés de silice, comme c’est le cas chez d’autres acanthométrides, mais ils sont formés par une substance organique très soluble dans les acides, provenant d’une sécrétion du protoplasma et connue sous le nom acanthine . L’acide osmique
lui-même, dont on fera usage pour l’étude des noyaux et des corpuscules graisseux dont nous allons parler, la dissout si on le laisse agir trop longtemps. Une goutte d’acide sulfurique ou d acide chlorhydrique suffit pour la faire disparaître. Il en est de même de la potasse caustique et de la chaleur, ce qui prouve bien sa nature exclusivement organique.
On peut distinguer dans l’animal deux couches : l’une interne,
Fig. 12. — Acanthometra elastica. Fragment de la capsule centrale sous un fort grossissement pour montrer comment les fibres axiales des pseudopodes pénètrent dans la capsule centrale. A l’un des piquants, les fibrilles contractiles /'sont étalées; à l’autre, / , elles sont contractées; n, noyaux; g, membrane de la capsule centrale; d, corps jaunes; a, piquants; D, les corps jaunes sous un plus fort grossissement montrant leur noyau après traitement à l’acide osmique et coloration au carmin. (D’après R. Hertwig.)
RADIOLAIRES
l’autre externe, séparées par une membrane ordinairement si mince, qu’on ne l’aperçoit que comme une ligne très fine. La couche interne, enveloppée de la membrane, constitue la capsule centrale ou endosarc; elle est sphérique, mais sa membrane est relevée au point d’émergence des piquants, et elle entraîne le protoplasma intia-capsulaire jusqu’à former une gaine autour de ces derniers.
Le protoplasma qui la remplit montre, sous un tort grossissement,
de fines granulations et un nombre variable de noyaux (cellules incolores de Millier), sphéj riques ou ovalaires,
situés surtout à la périphérie et paraissant parfaitement homogènes sur l’animal vi-
vant. L’acide osmique les fixe dans leur forme, et ils se colorent vivement en rouge par le carmin neutre ou le carmin de Beale.
C’est ainsi préparés, que l’on constate à leur intérieur l’existence d’un petit corps également sphérique et plus foncé, le nucléole. La grosseur des noyaux varie selon les individus et elle est en raison inverse de leur nombre (Haeckel).
Le protoplasma granuleux est ordinairement séparé de la membrane par une zone translucide probablement plus liquide ; il renferme souvent un pigment brun rougeâtre ou jaunâtre, plus ou moins