EMBRANCHEMENT DES COELENTÉRÉS OU ZOOPHYTES
Plus nous avançons dans la connaissance de la structure et de
l’ontogénie des animaux, dont on a composé cet embranchement, plus nous devons avouer que la réunion des Éponges et des Coelentérés proprement dits n’est basée que sur une ressemblance secondaire, mais non sur une affinité réelle.
Si l’on a caractérisé dans les manuels les plus modernes de Zoologie, les Coelentérés comme « Métazoaires à organes cellulaires différenciés, à symétrie rayonnée, pourvus d’une cavité digestive centrale et d’un système de canaux périphériques », il faut avouer que cette définition n’embrasse guère les Spongiaires, et qu’elle n’est applicable qu’aux Cnidaires. Les Spongiaires, en effet, sont formés d’agrégats de cellules nues qui ne composent encore ni des organes, ni des tissus proprement dits; ils ne montrent aucune trace de symétrie rayonnée; leur cavité centrale n’est point digestive, et leurs canaux périphériques ont une toute autre signification que ceux des Cnidaires, les uns étant ouverts au dehors par des pores, et communiquant, à l’intérieur, avec un réservoir d’expulsion, tandis que les autres ne sont ouverts que dans la cavité centrale réellement digestive et réceptive.
Il ne reste donc qu’une ressemblance secondaire imputable au fait, que dans les uns comme dans les autres, il existe une cavité centrale qui, chez les Spongiaires, est toujours à l’origine en rapport avec le milieu ambiant par des canaux partant des pores extérieurs afférents primitifs et par un orifice de sortie central secondaire, tandis que chez les Cnidaires, l’orifice central ingérant est de formation primitive, et que la cavité peut être, dans la plupart des cas, en communication avec des canaux distributeurs, mais qu’elle peut rester aussi unique et non vascularisée. Chez les Spongiaires, les pores avec leurs canaux menant à l’intérieur, se forment en premier lieu, et c’est seulement parleur concours que se constituent la cavité centrale et l’osculum de sortie; chez les Cnidaires, au contraire, la cavité centrale se développe en premier lieu, pour s’ouvrir par une bouche ingérante, et les canaux gastrovasculaires ne sont qu’une conformation consécutive.
Nous renonçons donc à donner ici des généralités sur l’embranchement en entier, en réservant nos observations aux classes compo-
METAZOAIRES.
sant les deux sous-embranchements, celui des Spongiaires ou Porifères et celui des Coelentérés proprement dits ou Cnidaires. Nous sommes persuadés qu’on repoussera sous peu la réunion de ces organismes en un seul embranchement, et que l’on distinguera dans 1 avenir entièrement les Spongiaires et les Coelentérés comme deux types parfaitement distincts.