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SOUS-EMBRANCHEMENT DES SPONGIAIRES OU PORIFÈRES

Animaux composés d’éléments cellulaires agglutinés, ordinairement soutenus par une charpente de consistance et de composition chimique très variées. Les parois de leur corps sont percées d’orifices qui servent, soit à l’entrée de l’eau {pores), soit à sa sortie (oscules). On les divise selon la nature de leur squelette en :

Premier ordre : les Fibrosponges, comprenant toutes les Éponges fibreuses, dépourvues de squelette (Myxosponges), possédant un squelette corné (Ceraosponges), ou siliceux (Éponges siliceuses).

Deuxième ordre : les Calcisponges ou Éponges calcaires,

comprenant toutes les Éponges dont le squelette est formé de spiculés de carbonate de chaux.

Remarque. — La composition chimique du squelette et la forme des éléments qui le constituent, sont les caractères qui varient le moins. La forme du corps, la structure et la disposition des pores et des oscules sont, au contraire, variables chez toutes les Éponges.

Type : Leucandra aspera (1) (Haeckel). — Éponge à squelette calcaire. Elle vit, soit à l’état solitaire, soit en groupes de quelques individus (rarement plus de dix), dans la Méditerranée et l’Adriatique. On peut se la procurer facilement par l’intermédiaire des stations zoologiques établies sur les côtes de ces mers.

La Leucandra aspera (fig. 31) a la forme d’un œuf, d’un fuseau, d’une bouteille, etc., de dimensions variables, 3 à 10 centimètres de long. Sa couleur varie du blanc au jaune et au brun. Elle est fixée par l’une de ses extrémités contre des corps sous-marins. Une première observation à l’œil nu ou à la loupe, nous la fait connaître comme un petit sac portant une grande ouverture o (fig. 31) à la par-

(1) Nous avions pensé décrire en détail la Spongilla fluviatilis qui, vivant dans l’eau douce, nous paraissait devoir être plus à la portée de chacun, mais sa structure est fort compliquée et elle ne fournirait au commençant qu'une idée incomplète du type de l'Éponge simple. Chez la plupart des Spongiaires, le bourgeonnement colonial efface les caractères typiques de l’individu. Nous nous sommes aidés, dans la description de la Leucandra, d’un travail récent de Vosmaer: U eber Leucandra aspera., in Tijdschr. d. Ned. Dierk. Vereen , t. V.

SPONGIAIRES

tie opposée à son point de fixation ; cette ouverture ou osculum est le plus souvent entourée d’une couronne de fines aiguilles d’aspect soyeux; elle conduit dans une cavité tantôt large, tantôt comprimée, la cavité centrale c. Dans les individus agrégés, la cavité intérieure de l’un est ordinairement en communication avec celles des individus voisins. Nous fendons l’Éponge longitudinalement (fig. 31) ; l’épaisseur de ses parois varie infiniment, elle ne dépasse guère 1 à 2 millimètres chez les jeunes individus. Nous pouvons alors distinguer une face externe ou dermique (. Dermalflàche ) et une face interne ou gastrique (Gastr al fâche). La première montre sous la loupe un grand nombre de petites ouvertures à peu près de mêmes dimensions et régulièrement distribuées , et quelques aiguilles calcaires qui la dépassent en se dirigeant vers l’osculum. Ces aiguilles donnent à cette face un toucher rugueux. La face interne est également parsemée d’ouvertures qui se distinguent des précédentes en ce qu’elles sont de dimensions variables et plus irrégulièrement distribuées. Cette face est dépourvue de spiculés proéminents. C’est là à peu près tout ce que l’on peut voir à l’œil nu ou sous une loupe ordinaire. Afin de poursuivre notre étude, nous devons faire subir à l’Éponge la préparation suivante :

Dans le cas où l’Éponge est fraîche on peut en fixer les éléments soit à l’acide chromique, soit à l’acide osmique ; dans le cas le plus fréquent où l’on ne possède que des individus déjà durcis dans l’alcool, ce traitement est inutile. Nous faisons de l’Éponge deux parts, l’une qui nous servira à l’étude du squelette calcaire, l’autre sur laquelle nous observerons les tissus organiques. Cette dernière doit être décalcifiée par un séjour dans l’acide chromique, l’acide acétique faible, le vinaigre de bois ou dans de l'alcool additionné de quelques gouttes d’acide chlorhydrique (Vosmaer). Dans tous les cas, l’éponge doit être durcie à l’alcool, colorée au carmin, à l'hématoxyline de

f ig. 31. — A gauche, un exemplaire entier de Leucaudra aspera. o , osculum entouré •le fines aiguilles calcaires. A droite, le même coupé longitudidalement ; o, osculum ; p, parois du corps; c, cavité centrale; c', pores. Dessiné d’après un individu fixé par l’alcool.

METAZOAIRES.

Kleinenberg, etc. ; puis en partie incluse dans la paraffine pour y pratiquer des coupes dans différentes directions. Enfin, la dilacération nous fournira des données tant sur les pièces du squelette que sur les éléments des tissus organiques.

On peut distinguer trois couches diverses chez Leucandra aspera , une couche cellulaire externe ou ectoderme , une couche moyenne composée d’éléments divers, épaisse et renfermant le squelette, le mèsoderme , et une couche cellulaire interne, V endoderme, figure 32 (1).

L'épithélium de l’endoderme et de l’ectoderme (ec et en) est

composé de cellules plates, de formes variables, losangées ou polygonales. Leur contenu est granuleux. Elles possèdent un noyau (fig. 33 et 34) qui se colore plus vivement que le reste du protoplasma et un nucléole. La présence d’une paroi n’est pas évidente; le protoplasma de la cellule paraît simplement épaissi dans la couche externe. Les cellules ne se touchent pas immédiatement. On aperçoit entre elles des traînées plus claires qui demeurent incolores (Y, fig. 34). Cet épithélium qui ne s’étend jamais que sur une seule couche peut être

Fig. 32. — Coupe verticale à travers la paroi de Leucandra aspera. ec, ectoderme composé d’un épithélium aplati tapissant la face interne des canaux afférents c. en , endoderme constitué par des cellules analogues à celles de l’ectoderme; c\ lumière d'un canal porique coupé transversalement; s , syncytium du mésoderme; es, cellules étoilées du syncytium; cf , chambres flagellées. (D’après Vosmaer.)

(l)La question desavoir si ces trois couches chez l’adulte correspondent aux trois feuillets dermiques de l’embryon n’est pas résolue.

SPONGIAIRES

enlevé avec des pinces chez certains individus, il est naturellement très mince. On le rend plus visible en imprégnant l’éponge d’une solution à 1 ou 2 pour 100 de nitrate d’argent, et en l’exposant ensuite au soleil. Il se continue contre les parois des canaux du mésoderme, à l’exception des chambres ciliées dont nous parlerons plus loin, et il enveloppe, partiellement du moins, les grandes aiguilles du mésoderme (fig. 35). Les cellules de la couche gastrique sont ordinairement un peu plus petites que celles de la couche dermique (Vosmaer).

Le mésoderme, beaucoup plus épais, est composé d’une masse molle, hyaline, dans laquelle sont dispersés des noyaux, des granulations, des cellules étoilées vésiculaires (cv, fig. 33) sans membrane, et un grand nombre de spiculés calcaires de differentes formes. L’étude de cette masse est rendue difficile par l’accumulation de ces éléments divers et par la présence, en grande quantité parfois, des chambres ciliées qui font partie du système canaliculaire traversant le mésoderme. Nous pouvons la considérer comme le résultat de la

Fig. 33. — Portion du mésoderme de Leucandra aspera, dans laquelle on aperçoit des granulations s, des cellules fusiformes et des cellules étoilées à vacuoles eu; ec, cellules épithéliales de l’ectoderme. (D’après Vosmaer.)

Fig. 34. — Leucandra aspera. Cellules aplaties de l’endoderme en; t, traînées plus claires qui séparent les cellules; sp , spiculés calcaires du mésoderme.

(D'après Vosmaer.)

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