MACÉRATION, DISSOCIATION
potasse sur lequel on laisse tomber avec une pipette quelques gouttes d’acide chlorhydrique, jusqu’à ce qu'il se développe du chlore qui atténue l’intensité de la coloration. On peut accélérer la réaction en plaçant le flacon sur le bain-marie (Paul Mayer) (1). Selon Hertwig, la coloration au carmin de Beale (voyez p. 22), empêche que les objets fixés par l’acide osmique ne noircissent davantage.
Bi-chlorure de mercure ou sublimé corrosif. — La solution saturée de ce sel, employée à chaud ou à froid, selon les cas, est un fixatif de premier ordre, tant pour les animaux inférieurs que pour les éléments des tissus (2). A petite dose, il entre dans la composition de différentes liqueurs que nous indiquerons ici :
Liqueur d'Owen. — Bonne pour la conservation des petits animaux mous, qui n’ont pas le squelette calcaire, surtout les cœlentérés. Elle renferme : 1,680 grammes d’eau, 137 gr. 5 de sel de cuisine, 79 grammes d’alun, et 0 gr. 014 de sublimé corrosif.
Liqueur de Goadby. — Renferme : 2,250 grammes d’eau, 140 grammes de sel de cuisine, 70 grammes d’alun, et 0 gr. 3 de sublimé. Elle sert pour les animaux inférieurs dont on ne veut pas faire de coupes ultérieures, car à la longue ils y durcissent à tel point qu’ils ne peuvent plus servir aux travaux microscopiques, les tissus se pulvérisant sous le rasoir.
Liqueur de A. Lang. — Recommandée tout d’abord pour tuer et durcir les planaires et les trématodes; elle donne aussi de très bons résultats sur une quantité d’autres animaux inférieurs, surtout les cœlentérés, qui y meurent parfaitement étalés. Elle se compose de 100 parties d’eau distillée, 6 à 10 de chlorure de sodium, 5 à 8 d’acide acétique, 3 à 12 de sublimé corrosif, et 1/2 partie d’alun. Pour les objets que l’on se propose de couper, on ne doit la laisser agir que pendant une demi-heure à une heure, selon leur taille, et les plonger ensuite dans de l’alcool à 70, puis à 90 pour 100.
B. — Macération, Dissociation.
Acide acétique cristallisable. — Il est précieux pour éclaircir les tissus conjonctifs et le tissu musculaire. Il fait apparaître les
(1) Paul Mayer emploie la même méthode pour enlever le pigment naturel aux yeux des arthropodes.
t (2) Nous 1 avons vu employer en grand par le Dr A. Lang, à la Station zoologique de Naples. A Iroid, il fixe admirablement les hydraires, bryozoaires, etc. A chaud, il peut fixer de plus grands animaux, tels que les mollusques. Il présente, sur l'acide osmique, 1 avantage de ne pas gêner la coloration ultérieure des tissus, mais de la faciliter, au contraire.
GENERALITES SUR LA TECHNIQUE
noyaux des cellules; son usage en solution à 1 pour 100, ou en solutions plus étendues étant très fréquent, nous aurons l’occasion de le mentionner souvent dans le cours de cet ouvrage.
Les frères Hertwig recommandent comme un excellent procédé de macération, qui leur a rendu de grands services dans leurs travaux sur l’histologie des cœlentérés, un mélange à parties égales d’acide acétique à 0,2 pour 100 et d’acide osmique à 0,05 pour 100. Les objets y sont plongés pendant deux ou trois minutes suivant leur grosseur, puis lavés plusieurs fois dans de l’acide acétique à 0,1 pour 100. On les laisse ensuite pendant un jour dans cette dernière solution avant de dilacérer (1).
Alcool au tiers. — Préconisé par Ranvier, il est un des meilleurs dissociants connus. On y mettra macérer pendant quelques heures ou quelques jours les tissus coupés en petits morceaux que l’on voudra dilacérer. Il se prépare en mélangeant 1 partie d’alcool absolu et 2 parties d’eau distillée.
Acide chromique au 2 ou 3/10,000. — Il dissocie également très bien tous les tissus, mais surtout les tubes et les cellules nerveuses. Il doit agir en grande quantité sur de petits fragments de tissus.
Sérum iodé. — Pour le fabriquer, on fait usage de l’eau de l’amnios ou du sérum sanguin ; pour les recherches délicates d’histologie, cela est même indispensable (Ranvier). Mais comme ces substances ne sont pas toujours faciles à se procurer, on pourra, dans beaucoup de cas, les remplacer par du blanc d’œuf, de l’eau et un peu de sel marin. Voici, à ce propos, la formule employée par H. Frey : eau distillée, 135 grammes ; albumine de l’œuf, 15 grammes; chlorure de sodium, 0 gr. 20. Après avoir filtré, on ajoute 3 grammes de teinture d’iode. L’iode s’évaporant rapidement, il est nécessaire de tenir au fond du flacon quelques paillettes de ce métalloïde.
Ranvier conseille, dans le cas où l’on possède de l’eau d’amnios fraîche, d’y ajouter une quantité de teinture d’iode qui varie selon la rapidité avec laquelle on veut que le liquide agisse. Si le tissu doit y séjourner longtemps, il faut avoir soin d’y rajouter chaque jour quelques gouttes de teinture d’iode, jusqu’à ce qu’il reprenne sa teinte primitive. Le tissu, en absorbant l’iode, le décolore rapidement, et si on n’y prend garde, le sérum ne tarde pas à se putréfier.
Le picro-carminate d’ammoniaque (voir p. 24) a été recommandé par A. Lang. 11 doit agir pendant plusieurs semaines, selon la nature des objets.
(1) O. et R. Hertwig, Bas Nervensystem und die Sinnesorgane dey Medusen. Leipzig, 1878, p. 5.
COLORATION