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YL

Fig. 43.

CNIDAIRES.

On peut voir, en examinant un polype bien étalé ou aussi des coupes transversales faites à différentes hauteurs, que la bouche (fig. 44) se présente sous la forme d’une fente plus ou moins ovalaire et allongée, protégée par un rebord de la paroi du corps, le disque buccal, dans lequel les couches musculaires sont fortement développées. Cet allongement de la bouche en fente, correspond à 1 arrangement des cloisons et festons mésentériques qui obéit, tout en présentant une disposition rayonnée, en même temps à un arrangement symétrique. L axe de l'orifice buccal est en effet celui d’un plan vertical traversant le polype dans sa longueur et séparant le corps entier en deux moitiés, chacune montrant quatre cloisons. Ces cloisons

étant de longueur différente et présentant aussi des écartements inégaux, on peut distinguer deux paires de cloisons plus courtes, ^ une antérieure et une postérieure, qui correspondent aux deux gouttières formées par les e coins de la bouche ovalaire et deux paires de cloisons latérales. Par cette disposition, huit espaces longitudinaux sont séparés les uns des autres, dont deux sont impairs, tandis que de chaque côté se trouvent trois ng. 44. espaces pairs. Des espaces im-

pairs, l’un acquiert, par la disposition des faisceaux musculaires, une signification particulière. On a nommé cet espace l'espace ventral de direction , l’autre opposé, l'espace dorsal.

Outre l’épithélium endodermique décrit plus haut, les festons mésentériques présentent en effet des faisceaux musculaires, dont les uns, longitudinaux, sont des rétracteurs, tandis que les autres, étalés sur la lamelle de soutien, courent parallèlement à celle-ci. Ces derniers sont si peu développés chez Alcyonium, qu'il faut des grossissements très forts pour les apercevoir, et encore, font-ils défaut sur bien des places. Les faisceaux rétracteurs, au contraire, forment sur chaque feston un muscle assez considérable qui, sur les coupes

Fig. 44. — Coupe schématique transversale d’un polype au commencement des cloisons mésentériques, a, ectoderme; b, mésoderme; c, endoderme; d, fanons musculaires; e, tube buccal; f, gouttière ventrale; g, gouttière dorsale; h, espace ventral de direction; i, espace dorsal de direction (d’après Hertwig).

CORALLIAIRES

transversales, se dessine comme un mamelon, caractérisé par les fibres coupées en travers, qui se présentent comme des granulations à traînées ramifiées. On a appelé ces masses les fanons musculaires. Or, ces fanons ont une disposition particulière, n’étant développés que sur une des faces du pli mésentérique. Cette disposition est, chez Alcyonium, la suivante : dans l'espace ventral de direction, les fanons se regardent, dans les espaces latéraux ils se trouvent sur la surface tournée du côté de l’espace ventral de direction et sur les cloisons dorsales, ils sont du coté opposé à l’espace dorsal de direction. Chez les autres Zoanthaires où les cloisons se multiplient, la disposition des fanons est, le plus souvent, différente. Ils manquent complètement sur les cloisons rudimentaires des canaux gastro-vasculaires.

On distingue dans le polypier deux parties peu distinctes : la tige , entourée d’une croûte dure et presque lisse, raboteuse au toucher et dépourvue de polypes, puis la partie polypifère , divisée en branches ou lobes sur laquelle on voit les polypes lorsqu’ils sont étalés.

Le polypier est composé, dans sa masse entière, d'un coenenchyrne ( g , fig. 41) clair, homogène, transparent, sans aucune trace de structure et qui est en tout semblable au tissu connectif des animaux supérieurs. Ce tissu est parcouru par les canaux gastro-vasculaires (D, fig. 41), dirigés en général longitudinalement et parallèlement aux axes de la tige et des branches ; il contient en outre des spiculés de formes différentes, des traînées cellulaires ou des canaux plus petits ramifiés sous forme de réticulations vasculaires et des faisceaux de fibres musculaires.

La disposition des canaux gastrovasculaires est, en définitive, fort simple. Lorsqu’on fait une coupe transversale de la tige, on voit les canaux coupés ayant une lumière quelquefois de plusieurs millimètres, séparés par des parois peu épaisses, membraneuses et communiquant ensemble par de rares canaux transverses. On voit à l'intérieur de ces canaux les huit cloisons (D, fig. 41) incomplètes, comme des saillies membraneuses plissées à bord libre plus épais. En examinant une coupe longitudinale, on voit en outre que les parois du canal sont plissées transversalement, de manière qu'on aperçoit déjà à l’œil nu des lignes transverses serrées les unes contre les autres et produisant des raies ombrées et claires alternantes. Lorsque les coupes sont faites dans les ramifications du polypier portant des polypes, elles montrent les cloisons plus festonnées, plus épaisses et gonflées sur les bords libres et passant, sans discontinuité, aux festons mésentériques.

CNIDAIRES .

Dans les branches bourgeonnantes du polypier on voit souvent, sur des coupes transversales (fig. 43, 45, 46, 47, 48), des lumières de canaux beaucoup plus petits, dont les parois sont revêtues d’un . épithélium très serré, et dans lequel le grand nombre de noyaux et de granules indique un travail très actif. Nous appellerons ces canaux les canaux nourriciers. Quelquefois cette masse cellulaire, floconneuse à l’origine, remplit le canal tout entier. Sur des coupes longitudinales, on peut se convaincre que ces petits canaux sont

Fig. 45.

fermés en coecums à leur extrémité périphérique, tandis qu’ils sont en communication avec des canaux partant des loges des polypes.

En examinant de près avec des grossissements assez forts et sur des coupes décalcifiées on aperçoit dans la masse du coenenchyme un système réticulé, lequel, sous de petits grossissements présente l’aspect de vaisseaux ramifiés et se résolvant, depuis des troncs plus considérables, que nous appellerons canaux collecteurs ( mm , fig. 43 ; b, fig. 45), dans un réseau à mailles grossières ressemblant aux vaisseaux capillaires d’un blastoderme d’embryon (d, fig. 45). Sous des

Fig. 45. — Partie de la figure 43 clans le voisinage du bourgeon B2, sous un fort grossissement; a, cellules constituantes du bourgeon, fortement chargées de granulations; b, canal collecteur ; c, communications de ce canal avec le bourgeon ; d, réseau capillaire des canaux nourriciers ; e, faisceau de fibres musculaires.

CO RALLIAI RE S

grossissements plus forts (fig. 46), ce réseau paraît composé de traînées de cellules ordinairement ovalaires et granulées, à gros noyaux, rangées comme des chapelets les unes à la suite des autres et qui

montrent souvent des ramifications plus minces étoilées. Dans les gros troncs collecteurs qui entourent à distance les canaux gastrovasculaires, les bourgeons et les polypes, ces cellules (a, fig. 45) s’accu-

Fig. 47.

Fig. 46. — Coupe transversale de canaux nourriciers bourgeonnants ; a a a, canaux en voie de bourgeonnement montrant l’épithélium b, qui les tapisse et la lumière centrale; c c, communications avec des canaux plus fins; cl, coupes transversales de canaux fins.

Fig. 47. — Coupe longitudinale contenant un canal nourricier en bourgeonnement; a, croûte périphérique du corme; b, canaux nourriciers de la périphérie du coenenchyme; c, canal collecteur en bourgeonnement, montrant des boursouflures ; cZ, réseau capillaire en communication avec ce canal; e, paroi de la loge d’un polype voisin; f, épithélium endodermique de ce polype ; g, communication de l’épithélium avec le canal bourgeonnant ; h, faisceau musculaire.

CNID AIRES.

mulent souvent à tel point, qu’elles ne forment plus que des amas confus; dans les réseaux, elles sont plus isolées et on croit fréquemment alors leur voir des parois, mais ce ne sont en réalité que les lignes de contour des creux qu’elles occupent (d, fig. 46). Les cellules et les granules qui les remplissent se colorent beaucoup plus vivement que la masse du coenenchyme.

Il ne peut pas y avoir de doute que ces traînées cellulaires, renfermées dans les canaux nourriciers, sont des productions directes ou plutôt des continuations de l’endoderme, qui tapisse les canaux gastrovasculaires et constitue les bourgeons. On peut voir (c, fig. 46) la continuation directe de l’épithélium tapissant un canal à bour-

Fig. 48.

geonnement dans une traînée cellulaire semblable. La figure 45 c , où nous avons représenté sous un fort grossissement une partie des environs du bourgeon B2 (fig. 43), montre les nombreux points de contact entre les branches du réseau et les cellules, très remplies de granulations, de la paroi ventrale du bourgeon. Les mêmes continuations se laissent observer sur des coupes longitudinales des canaux gastro vasculaires ( g , fig. 47) où l’on voit dans les rentrées entre les festons mésentériques, les canaux nourriciers avec leurs cellules se continuer dans la masse du coenenchyme.

Celui-ci est donc traversé jusqu’au bord extérieur par ces canaux nourriciers, remplis par des traînées cellulaires de l’endoderme, qui

Fig. 48. — Coupe montrant un bourgeon avancé; aaa , contours de trois loges de'polypes voisins; b, croûte périphérique du corme; c, enfoncement marquant les bords de l’éminence en forme de papille du polype futur; d, invagination commençante de l’orifice externe; e, bouche du bourgeon; f, tentacules en voie de formation; g, bourrelets de la collerette avec spiculés encore rudimentaires; h, canaux collecteurs en rapport avec le bourgeon; i, réseau capillaire des canaux nourriciers dans le coenenchyme.

CORALLIAIRES

sans doute sont chargées de l’échange des matières et de la nutrition.

souvent des ramifications finissant en pointe et ne joignant pas le réseau ; mais comme les traînées se dirigent dans toutes les directions, il reste douteux si ce ne sont pas des traînées coupées. Ces canaux nourriciers mettent donc en communication tous les polypes et tous les bourgeons entre eux et avec toute la masse du coenenchyme. Nous y reviendrons en parlant du bourgeonnement.

On rencontre dans le coenenchyme en second lieu, des faisceaux de fibres musculaires (p, fig. 43 ; fig. 45) ; ce sont des fibres lisses, très fines, un peu ondulées, mal accusées, dont les faisceaux paraissent disposés en général parallèlement à l’axe du polypier, et qui se rencontrent, le plus souvent, vers la partie extérieure de ce dernier. Sur des coupes réussies, on voit des faisceaux rayonnants de ces

fibres se porter du coenenchyme vers la base du polype en contournant le repli formé par l’enveloppe du col du polype (/, fig. 42).

Enfin, le dernier élément qui se trouve dans le coenenchyme comme dans les polypes, est constitué par les spiculés calcaires. C’est dans la collerette des polypes, que l’on voit les spiculés les plus considérables, disposés comme nous l’avons dit, en chevrons sur les bourrelets et transversalement sur la base de la collerette. Ces spiculés (fig. 49) sont très forts et longs, un peu courbés et finissent des deux côtés par des prolongements simulant des racines. Ils sont tout couverts d’aspérités arrondies comme des verrues et colorés en rouge ou en jaune. Les spiculés dans l’intérieur du coenenchyme sont couverts de verrues, mais ils sont plus sveltes, finissant en pointes émoussées des deux côtés et ordinairement parfaitement incolores. Enfin, sur la circonférence des polypiers, des spiculés brisés, d autres en forme d’étoiles irrégulières et des corpuscules

polypes.

fig. 50. Croûte périphérique du polypier fortement grossie avec spiculés cassés, étoi-

lés et cristalloïdes.

CNID AIRES.

cristalloïdes sans forme déterminée, constituent une croûte plus ou moins épaisse (fig. 50) collée ensemble par une substance organique, qui se colore assez vivement parle carmin, mais ne laisse apercevoir aucun élément figuré. Sauf dans la collerette des polypes, les spiculés sont dispersés dans le coenenchyme sans ordre, mais ils sont plus accumulés vers la périphérie et plus rares dans les parties du coenenchyme qui séparent les canaux.

Il nous reste à parler des modes de reproduction en tant qu’on peut les observer dans les cormes : de la formation des produits sexuels et du bourgeonnement.

Nous avons déjà dit, que les cellules à zoospermes comme les œufs se développent dans l’épithélium qui recouvre les festons mésentériques. On voit (fig. 51) cet épithélium se boursoufler par amas arrondis comme des verrues, se condenser de manière à présenter

des granulations et des noyaux si bien accumulés, qu’on ne peut plus y distinguer les parois cellulaires, et présenter au milieu de chaque amas une cellule plus grande, claire, à noyau clair, autour duquel sont disposés quelques corpuscules arrondis à contours très accusés. Les cellules augmentent en grandeur pendant que les corpuscules se multiplient considérablement et bientôt on aperçoit de grosses cellules à centres plus clairs. Elles sont rendues opaques à la périphérie par la grande quantité de corpuscules qui sont évidemment les têtes des zoospermes et elles sont entourées par un revêtement de cellules vibratiles (fig. 52). Nous n’avons pu suivre plus loin la délivrance des zoospermes qui, par la rupture de la paroi cellulaire doivent entrer dans les canaux gastrovasculaires avec d’autant plus de facilité, que l’épithélium qui les entourait, s'est résorbé presque complètement, et ne consiste à la fin, que dans cette couche simple de cellules vibratiles que nous venons de mentionner.

Fig. 51. — Portion d’un pli mésentérique coupé longitudinalement. Grossissement de 600 diamètres, a, épithélium non modifié; b, lamelle de soutien (mésoderme); c, cellule séminale au milieu d'un boursouflement de cellules épithéliales modifiées d.

Fig. 52. — Cellules séminales mûres. Grossissement, 300 diamètres.

CORALLIAIRES

Les œufs (C, fig. 41) subissent un développement analogue à celui des cellules primitives mâles, ont le même aspect et la même disposition ; seulement plus tard, le vitellus devient opaque, cachant ainsi entièrement le noyau et le nucléole, primitivement très apparents, tandis que la paroi cellulaire à revêtement vibratile devient plus épaisse et forme une véritable coque, dans laquelle il nous semble même voir des granulations minéralisées (fig. 41).

Les œufs restent attachés assez longtemps par un pédoncule et il nous a semblé voir quelquefois, que c’est au point d’insertion de ce pédoncule sur la coque, que se trouve un espace clair, indiquant peut-être un micropyle pour l’entrée des zoospermes.

Nous avons déjà dit, que par le développement des produits génésiques, il se creuse des cavités latérales dans le coenenchyme, dans lesquelles on les trouve logés.

Le bourgeonnement ne se fait pas directement par les polypes, mais par les canaux nourriciers.

Dans les parties sans bourgeonnement on voit ces canaux tels que les représente, sous un petit grossissement, la figure 43, et par un grossissement plus fort la figure 45, constituant des canaux collecteurs plus grands, entourant les loges et les reliant ensemble, réunissant les canaux plus minces des réseaux et sans contours très nettement accusés. Mais dans les parties bourgeonnantes des rameaux on aperçoit, sur des coupes transversales ( a , fig. 46), les lumières d’espaces à contours fortement accusés, tapissés de couches multiples de cellules qui augmentent souvent de manière à remplir totalement la lumière de l’espace. Sur des coupes longitudinales (c, fig. 47), on voit les canaux collecteurs noueux et comme boursouflés par des verrues arrondies disposées en chapelet et remplies entièrement de cellules en travail de multiplication. Il n’est pas difficile de constater que ces canaux noueux sont en communication directe avec l’épithélium endodermique des loges et des plis mésentériques des polypes, et qu’ils relient ensemble, soit directement, soit par l’intermédiaire de canaux nourriciers plus minces, les loges de tous les polypes du voisinage (a, fig. 48). C’est dans ces nodosités des canaux nourriciers plus gros, se trouvant dans le coenenchyme à quelque distance de la périphérie, que se forment les bourgeons par un travail intime de la masse cellulaire, qui remplit les nodosités. La masse augmente et la nodosité devient une loge globulaire, creusée simplement dans le coenenchyme. Petit à petit on voit s’accuser les parties rayonnantes, la bouche, les cloisons mésentériques, et à mesure que cette différenciation s’accuse, le bourgeon avance vers la périphérie (B1 et B2, fig. 43). On voit sur la figure 48 le bourgeon dans sa loge encore fermée, avec

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les bourrelets de la collerette, marqués par des spiculés encore fort courts en voie de formation, avec l’espace indiquant l’orifice de la bouche et autour les accumulations cellulaires qui vont devenir les tentacules repliés. Ce bourgeon est relié par deux forts canaux nourriciers, bourrés de cellules, à deux loges voisines de polypes, et par des canaux plus minces à une troisième loge. Enfin, sur la périphérie on voit s’accuser, au milieu d’un mamelon, l’enfoncement médian qui, par l’invagination successive vers l’intérieur, va former le repli du coenenchyme et qui, dans le polype étendu, constitue la gaine de la collerette et du col.

Il résulte de ces faits que les bourgeons se forment sur le réservoir commun constitué par l’ensemble des canaux nourriciers, qu'ils ne sont point enfantés par un seul polype et que tous les organes du polype, sauf la gaine des parties exsertiles, se différencient aux dépens des cellules de l’épithélium endodermique tapissant les canaux gastro vasculaires et nourriciers.

Les polypes des Anthozoaires sont, dans la règle, homomorphes en ce sens, qu’il n’y a qu’une seule sorte d’individus sur un corme. Les Pennatulides et quelques Alcyonides seuls présentent des individus dimorphes : les uns sexuels et munis de tentacules et de huit plis mésentériques, tandis que les autres, appelés Zooïdes par Kolliker, n’ont ni produits sexuels, ni tentacules, et seulement deux plis mésentériques opposés. La symétrie primitive de tous les Anthozoaires se conserve donc chez ces Zooïdes pendant toute la vie. L’organisation des polypes est sensiblement la même chez tous les Octactiniens. Chez beaucoup cependant, la gaine du col devient plus raide, de manière qu’ils ne peuvent plus se retirer dans leurs loges. Les plis mésentériques sont diversement développés; chez beaucoup d’entre eux, il se forme des prolongements libres, des filaments mésentériqnes. Les cloisons des Octactiniens ne sont jamais calcifiées et le plus souvent incomplètes, en ce sens qu’elles font seulement des saillies vers la lumière des canaux gastrovasculaires. Les rapports de ces canaux avec les polypes et leurs loges varient beaucoup. Chez les uns, les canaux constituent, comme chez notre espèce type, des continuations directes des loges, de manière que les plis mésentériques se prolongent aussi dans la lumière des canaux; chez les autres, les loges sont plus fermées, et ne communiquent avec le coenenchyme que par des canaux nourriciers, dans lesquels on ne trouve plus trace de plis mésentériques. Les canaux nourriciers varient aussi beaucoup dans leurs allures. Dans le Corail rouge, comme en général chez les Gorgonidcs et les Isidées, les canaux collecteurs entourent la tige squelettaire, serrés longitudinalement les uns contre les autres; dans les Pennatulides, ces canaux collecteurs sont en nombre très restreint et courent parallèlement à l’axe. 11 n’y a que fort peu de genres d’Octactiniens qui restent isolés [Ilciimea) ; chez les autres, le bourgeonnement constitutif de la colonie se fait, suivant toute vraisemblance, toujours sur les canaux nourriciers et jamais en dépendance directe avec les polypes. Dans la règle, tous les individus composant un corme sont du même sexe; on a cependant constaté chez le Corail (Lacaze-Duthiers), des cormes composés d’individus de sexes ditférents, et môme dans des cas très rares des individus hermaphrodites. Les Octactiniens sont vivipares; les œufs sont fécondés par les zoospermes, lâchés par les cormes mâles dans la mer, d’où ils parviennent dans les cavités gastrovasculaires des cormes femelles, et se mettent en contact avec les œufs; les embryons sortis des œufs sont des planules à téguments vibratiles, qui

CORALLIAIRES

sont vomies par la bouche des polypes et nagent pendant quelque temps librement dans la mer avant de se fixer pour devenir polypes.

Les formations squelettaires ne manquent jamais chez les Octactiniens, mais elles peuvent être constituées de différentes manières. Chez quelques-uns (Virgularici, Cornularia ), on ne trouve que des durcissements du coenenchyme prenant un aspect corné et ce squelette corné peut constituer une thèque, entourant les stolons et les polypes en forme de cupules ( Cornularia ), ou bien des axes plus ou moins solides et centraux qu’enveloppe le coenenchyme plus mou dans lequel sont logés les polypes. Ces formations axiales composées dans la plupart des cas par des couches concentriques, conduisent vers celles des Gorgonides, où Taxe reste corné, tandis que le coenenchyme se charge de spiculés calcaires et vers les Isidôes et le Corail, où des spiculés entrent dans la constitution de l’axe, soit seulement sur certaines parties, soit sur toute sa longueur. Chez le Corail, le calcaire devenu assez homogène, remplace presque entièrement la substance cornée. Chez tous les autres, nous rencontrons dans le coenenchyme des spiculés calcaires de formes très différentes, cylindriques, verruqueuses, étoilées, etc., qui tantôt sont plus épars, tantôt se soudent ensemble par le coenenchyme durci. Ces spiculés peuvent aussi envahir plus ou moins les polypes. Plus les spiculés s’accumulent dans le coenenchyme, plus celui-ci devient dur et suivant qu’ils se fusionnent dans des différentes parties des cormes, il est formé des axes ( Corallium ), des tubes juxtaposés (Tubipora) ou des masses pierreuses à structure pseudocristalline [Heliopora).

Dans les Hexactiniens , les conformations squelettaires prennent, sauf chez les Malacoclerm.es , une importance plus considérable par le fait que des cristallisations primitives, qui se forment dans le mésoderme engendrent, en se fusionnant, des masses pierreuses à structure cristalline, laquelle du reste se fait déjà remarquer dans les Tubiporicles , où les parois des tubes ainsi que les planchers sont composés de pièces cristallines juxtaposées. Chez tous les Madréporides , les parties squelettaires ne résultent point de la fusion de spiculés, mais sont, dès leur première apparition, formées de ces pièces cristallines, dans l’arrangement desquelles on distingue deux dispositions principales : une disposition rayonnante formant des figures comme des plumes, et en second lieu une disposition plus irrégulière sans ordre déterminé. Pour étudier ces dispositions, on fera des coupes, qu’on usera et polira comme on fait pour les coupes de minéraux. Si le corail sec, qu’on sciera en tranches destinées à être usées, menace de se désagréger, on peut le plonger pendant un temps suffisant dans delà paraffine fondue que l’on enlèvera ensuite sur les coupes amincies par un dissolvant quelconque (thérébentine, benzine, etc.).

Une autre complication considérable résulte de la calcification de presque toutes les parties constituant, soit les polypes, soit le corme dans son entier. Dans les cas extrêmes, ce ne sont que les tentacules rétractiles avec les parties proches de leur base, qui ne sont pas envahies par la calcification; tout le reste, cloisons avec les plis mésentériques, coenenchyme, périphérie, se pétrifient plus ou moins. C’est de ces calcifications que résultent les différentes parties distinguées par les zoologistes : la muraille ou thèque externe, perforée ou non ; les cloisons ou rayons, qui se réunissent souvent au centre des loges des polypes dans des palis , baguettes verticales séparées les unes des autres, ou dans une columelle centrale ordinairement poreuse. Les différentes modifications de ces parties, auxquelles s’ajoutent encore souvent des planchers horizontaux ou dissépiments , ont une importance considérable pour la zoologie descriptive. Nous avons seulement à ajouter que toutes ces parties se forment dans le mésoderme et qu’il n'y a pas deux modes différents pour leur constitution, comme on avait cru jusqu’à présent.

L’examen des Ilectaliniens à squelette est très difficile. Il faut, pour arriver à quelques résultats, combiner les observations faites sur des parties coupées à des polypiers vivants, telles que les tentacules au moment de leur plus grand

CNIDAIRES.

étalement, avec celles obtenues sur des polypiers décalcifiés, durcis et débités en coupes, et enfin avec celles des lamelles minces usées du polypier débarrassé des parties organiques et desséché ensuite. On peut encore [voir Koch) réunir ces deux méthodes en faisant des coupes minces par usure sur des polypiers durcis et enfermés dans la paraffine, que l’on traite seulement superficiellement avec des acides dilués. Mais pour obtenir des résultats sur les parties molles on s’adressera aux Malacodermes et en premier lieu aux Actiniens, si communs sur toutes les côtes et dans tous les bassins marins des aquariums.

Ici se présentent d’autres difficultés. Les Actinies se contractent tellement et collent si bien ensemble toutes leurs parties externes et internes par d’abondantes sécrétions de mucosités au moment de leur mort, que tout devient méconnaissable. Nous renvoyons, pour le détail des précautions à prendre et des méthodes de recherche à employer, à l’excellent travail des frères Hertwig (Iéna, Zeitschr ., t. XIII et XIV) en indiquant seulement les traits principaux de ces méthodes. Pour faire mourir les Actinies à l’état étalé, on insuffle dans un bocal rempli d’eau de mer et renversé dans un autre de la fumée de tabac, et on continue ce manège jusqu’à ce que l’Actinie ne réagisse plus au pincement des tentacules. On l’ouvre alors pour injecter dans l’intérieur les réactifs fixants ou dissociants, que l’on veut employer et dans lesquels on plonge le corps tout entier. Comme dissociant on emploie un mélange d’acide acétique de 0,2 pour 100 et d’acide osmique à 0,04 pour 100 avec de l’eau de mer en grande quantité. On y laisse les parties pendant cinq ou dix minutes, puis on les lave largement pendant plusieurs heures avec de l’acide acétique pur à 0,2 pour 100. On dilacère avec des aiguilles et on continue la dissociation sous le microscope en tapant légèrement sur le couvre-objet sous lequel on a placé un cheveu pour empêcher une trop forte pression. On colore, soit avant soit après cette opération, avec du picro-carminate ou du carmin de Beale et on conserve dans de la glycérine, étendue d’une quantité égale d’eau et en y ajoutant quelques gouttes d’acide phénique concentré pour empêcher les moisissures. Pour faire des coupes fines, on durcit dans de l’alcool ou de l’acide osmique à 0,5 pour 100, on teint avec du picro-carminate ou du carmin de Grenadier. Mais pour couper il faut enfermer les objets dans un mélange de glycérine et de gomme. Les substances telles que la paraffine, etc., qui se liquéfient par la chaleur, ne peuvent être employées dans ce but.

Les Actiniens ne présentant pas de formes coloniales, il ne peut être question de canaux gastrovasculaires ou nourriciers. Leur corps se présente comme un double sac formé par invagination du tube buccal lequel est retenu dans sa position par des cloisons nombreuses, dont les premières sont toujours entières, reliant le tube au sac extérieur, tandisque les cloisons secondaires sont souvent incomplètes, mais partent, dans ce cas, de la périphérie sans atteindre le tube buccal. Les cloisons qui se relient à ce dernier, sont toujours percées au moins par un orifice transverse, souvent par deux, qui font ainsi communiquer ensemble les espaces circonscrits entre les cloisons. Le sac extérieur n’étant pas protégé par un squelette, est très épais et musculeux ; on y distingue la paroi périphérique, le mur , et souvent un disque pédieux épaissi. Le sac est infléchi en dedans, pour former le disque buccal , dans lequel les muscles et les nerfs montrent leur développement le plus considérable et sur le bord périphérique duquel sont placés les tentacules toujours creux, de formes diverses et souvent disposés en cercles concentriques et alternants. La bouche placée au centre du disque est toujours plus ou moins en fente ovalaire. Le tube buccal se termine près du disque pédieux par un bord libre. Les cloisons , à disposition symétrique chez les larves, augmentent souvent en nombre; elles portent les organes génitaux , les festons mésentériques et dans quelques genres ( Sâgarlia , Adamsia) les aconties, longs filaments armés de nombreuses cellules urticantes, qui partent des bords libres des cloisons et peuvent être lancées au dehors par des ouvertures percées dans le mur qu’on a appelé les cinclides. Les aconties servent d’armes défensives.

HYDROMÉDUSES

L’ecloderme et l’endoderme présentent, comme chez les autres Zoanthaires, absolument les mêmes éléments. On trouve, dans les deux, des cellules vibratiles, urticantes et glandulaires ; on trouve en outre, dans l’ectoderme et surtout sur les tentacules et le disque buccal, des cellules sensitives filiformes, à poil très fin et filament nerveux très délicat se continuant vers une couche de cellules nerveuses située au fond de l’épithélium. Fibres et cellules nerveuses sont distribuées partout; les dernières sont de préférence multipolaires; on les trouve surtout développées dans les tentacules et le disque buccal. Des couches musculaires appliquées au mésoderme, se rencontrent dans l’ectoderme comme dans l’endoderme. Des faisceaux particuliers constituent les fanons musculaires des cloisons, orientés de manière différente chez quelques Actinies. Les organes génitaux, etc., n’offrent pas de particularités bien différentes des conformations qui se trouvent chez les Octactiniens.

Littérature.

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