INJECTIONS
. Nous mentionnerons encore deux réactifs très employés dans les recherches histologiques :
Nitrate d'argent. — On en fait une solution à 1 pour 100, que l’on peut ensuite additionner d’eau selon les cas particuliers. 11 fournit de très belles préparations pour l’étude des endothéliums. Après avoir laissé le tissu s’imbiber pendant un temps convenable, on l’expose aux rayons solaires qui réduisent l’argent sur les contours des cellules. Pour obtenir de bons résultats, il est nécessaire de suivre exactement un procédé pour le détail duquel nous renvoyons aux traités d’histologie (Ranvier, Traité technique , p. 104).
Chlorure d’or. — Il rend de grands services dans l’étude du système nerveux des coelentérés. On en fait une solution à 1 ou 2 pour 100, que l’on a soin de tenir à l’abri de la lumière, dans un flacon fermé à l’émeri. Chaque cas particulier demande une technique spéciale pour laquelle il faut recourir aux mémoires originaux. On n’a pas encore réussi à réglementer d’une manière générale, l’usage de ce précieux réactif.
D. — Injections .
Les injections sont employées en Anatomie comparée pour l’étude des vaisseaux aquifères, sanguins et lymphatiques; les injections intersticielles servent aussi dans l’étude des tissus. Le commençant
doit apprendre à les faire à la main, au moyen de la seringue à canules mobiles de différents diamètres. Nous renvoyons aux traités spéciaux pour l’énumération des differents appareils à pression continue ou variable, qui remplacent par leur régularité la main, et qui ont été préconisés en grand nombre dans ces dernières années. Pour l’injection de très petits animaux, les canules métalliques sont toujours trop larges, on les remplace par des canules de verre que l’on étire soi-même et auxquelles on peut donner une finesse excessive. Les procédés d’auto-injection par le cœur de l’animal vivant seront décrits plus loin. Pour le moment, nous ne mentionnerons que quelques masses à injections les plus employées.
Masse employée à froid. — Lorsqu'il s’agit simplement de poursuivre des petits vaisseaux dans un animal que l’on ne se propose pas de conserver, on pourra indifféremment employer une matière colorante quelconque réduite en poudre fine et tenue en suspension dans l’eau, ou mieux, dans un mélange de 2 parties de glycérine, 1 partie d’eau et 1 partie d’alcool. Mais, si l’on tient à conserver la préparation, il faut recourir à un liquide plus dense, pouvant se solidifier par la suite. Une masse de cette nature, pénétrante et compacte est encore
GENERALITES SUR LA TECHNIQUE
à trouver. Nous employons le plus communément une solution d.e gomme arabique concentrée et exactement filtrée. L’épaisseur de la solution doit être proportionnée au diamètre des vaisseaux qu’il s’agit de remplir. On y ajoute du jaune de chrome, du vermillon ou du bleu de Prusse. Les granulations de ces deux dernières substances étant plus fines que celles du jaune de chrome, on les préférera pour l’injection des capillaires. On évitera de se servir des couleurs d’aniline, la plupart étant solubles seulement dans l’alcool, qui précipite la gomme, et qui, toutes, présentent l'inconvénient de diffuser dans les tissus, ce qui gêne absolument l’observation du réseau capillaire.
L’animal injecté est plongé ensuite dans l’alcool, qui coagule la gomme et lui donne une certaine consistance. Il est vrai que, par la coagulation, il se forme, surtout dans les vaisseaux de grand calibre, des vides qui créent des solutions de continuité dans la masse. Ce défaut se retrouve également, à un plus haut degré encore, dans les masses ou l’on remplace la gomme par de l’albumine soluble, que l’on coagule ensuite soit dans l’alcool, soit par la chaleur.
Masses employées à chaud. — Ces masses solides à la température ordinaire, se liquéfient vers 30 à 50° centigrades. L’animal dans lequel on les injecte doit être toujours préalablement chauffé. Pour cela, on l'immerge dans de l'eau à 40° environ et on l'y maintient un temps qui varie selon sa taille. Il est indispensable que les organes aient atteint une température peu inférieure à celle de l’injection.
La plus ancienne de ces masses est le suif additionné d’huile et coloré par des couleurs à l’huile. Elle peut encore rendre de bons services pour l’étude des grands troncs vasculaires. Nous lui préférons cependant la suivante, dans tous les cas.
Elle consiste en une solution chaude de gélatine dans l’eau à laquelle on ajoute l’une des substances colorantes indiquées plus haut. La solution ne doit pas être trop concentrée, les chiffres donnés dans les traités sont ordinairement trop élevés. 1 partie de gélatine pour 10 à 20 parties d’eau est suffisante. Moins la solution est concentrée et mieux elle pénétrera. La dissolution se fait au bain-marie et elle doit être soigneusement filtrée sur une mousseline ou sur une flanelle. Pour la colorer en jaune, voici comment on opère :
On mêle 20 centimètres cubes d’une solution concentrée de bichromate de potasse à 80 centimètres cubes de la solution de gélatine. D’autre part, on ajoute 40 centimètres cubes de solution concentrée d’azotate de plomb à 80 centimètres cubes de solution de gélatine. Puis on réunit les deux mélanges, maintenus à une douce température, en agitant constamment avec une baguette de verre. (Thiersch.)
PREPARATIONS MICROSCOPIQUES.
On peut remplacer l’azotate de plomb par l’acétate (sel de Saturne). Voici les proportions indiquées par Frey : On dissout, dans 60 grammes d’eau, 36 grammes d’acétate neutre de plomb, puis, d’un autre côté, 15 grammes de bi-chromate de potasse dans une même quantité d’eau. On mêle les deux solutions, on laisse déposer, on décante, on lave le précipité à l’eau distillée, puis on l’ajoute à la solution de gélatine.
Pour les autres couleurs, le mieux est de se servir de celles que l’on trouve toutes préparées, dans des tubes de plomb, dans le commerce.
Une autre masse très convenable aussi, quoique d’un maniement moins propre que la précédente, est composée de : axonge 40 grammes, blanc de baleine 40 grammes, cire blanche 10 grammes, essence de thérébentine 15 grammes, auxquels on ajoute des couleurs broyées à l’huile, en proportions convenables. (Ch. Robin.) Cette masse se couvre de moisissures lorsqu’on la conserve à l’air; on les évitera, en la recouvrant d’alcool dans un flacon bien fermé.
Enfin, pour les gros animaux, nous mentionnerons la masse suivante : cire jaune 420 grammes, suif 335 grammes, essence de thérébentine 210 grammes, vermillon 210 grammes. La cire jaune et le suif doivent être fondus dans une casserole et, dès qu’ils sont à l’état liquide, on y ajoute, en remuant toujours, le vermillon préalablement broyé dans l’essence de thérébentine. (Mojsisovics von Mojsvar.)
Bleu de Prusse soluble. — Cette substance étant employée seule ou mélangée à l’une des masses aqueuses qui viennent d’être mentionnées, ne se trouve pas dans le commerce ; il faudra donc la préparer soi-même en suivant le procédé indiqué par Ranvier. ( Traité technique , p. 119.)