‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 10 sur 180 · I. — DES LÈVBES · texte numérisé non relu

I. — DES LÈVBES

Les lèvres, paroi antérieure de la bouche, sont deux replis membraneux épais, mobiles, extensibles et contractiles, qui circonscrivent l'ouverture antérieure de cette cavité.

On les distingue en supérieure et en inférieure.

Leur .direction est verticale, comme celle des arcades alvéolaires et dentaires, Ladireciion sur lesquelles elles sont appliquées. Cette direction est propre à l'espèce hu-

Il 1., . , , . est vertica-

niame, et plus particulièrement à la race caucasique ; des lèvres déjelées en ic chez avant, comme chez les animaux, et non placées sur le même, plan vertical, don- i'ii»"""c- 1 ncnt h la physionomie un caractère peu distingué. Leur hauteur est mesurée par celle des arcades alvéolaires et dentaires. La lèvre supérieure a une plus grande hauteur que la lèvre inférieure.

Les deux lèvres présentent à considérer une face antérieure ou cutanée, une face postérieure ou muqueuse, un bord adhérent, un bord libre et deux corn-

missures. rienredeln

Icvre siipc-

«. Face antérieure. Elle offre, à la lèvre supérieure, i° sur la liane médiane, une „.,1"""'*"

' ' ' ' Sillon sous-

ramure verticale, sillon sous-nasnl, qui naît de la sous-cloison du nez et se ter- nasni.

Face antérieure (le la lèvre inférieure.

Face postérieure.

Frein ou filet de la lèvre.

Uéfaut d'adhérence des lèvres aux os maxillaires.

Limite des lèvres en arrièri;.

20 Sl'I.ANCHNOLOGIlC.

mine, en bas, à un tubercule plus ou moins proéminent, suivant les individus (1). Cette rainure, très variable, plus ou moins prononcée, quelquefois triangulaire, à base dirigée en (f-'P- If) (')• bas, a été considérée à

tort comme le vestige d une division de la lèvre, qui est naturelle à plusieurs mammifères. Le vice de conformation connu sous le nom de becde-lièvre occupe toujours l'un des bords de la rainure, quand il est simple, et les deux bords, quand il est double. 2» De chaque côté, la lèvre supérieure est convexe, couverte d'un léger duvet chez la femme et chez l'homme impubère, et, à l'époque de la puberté chez l'homme, de poils longs et roides qui se dirigent obliquement en dehors.

En avant, la lèvre inférieure regarde un peu en bas, et se couvre de poils seulement à sa partie

moyenne; qui n'oflVc pas de dépression médiane.

p. Face postérieure. En arrière, les deux lèvres sont libres, excepté sur la hgne médiane, où se voit un petit repli muqueux, appelé frein ou filet de la lèvre, plus prononcé pour la lèvre supérieure que pour la lèvre inférieure; cette face est humide et én rapport avec les arcades alvéolaires et denlaires. L'indépendance complèle des lèvres, par rapport aux os maxillaires, rend compte de l'cxlrè.iie mobilité (2) de ces voiles membraneux.

■Y Bords adhérents des lèvres. Les lèvros sont limilées à leur face pos'.éneure par la réCexion de la muqueuse, qui, de la lèvre, se porte sur la mâchoire en sorte qu'il existe entre les lèvres et les os maxillaires un sillon profond et fort

(.) Section autéro-postérieure de la lêle, passant à gauche de la cloison des fosses " J-j';

Vcî première et seconde verlcbre cervicale. - Vp, voile du pala.s. - M. e,.Jot e. - I. orifice de ^a tiTd-k .slache. - 2. os hyo> le. - 3. cartilage thyroïde. - 4. cartilage aryteno.de. - ^ car.dage cricoïdc. — G, phuiynx.

(I) L'élude des muscles de la face nous a appris (t. I, p. G.'O) que celte rainure lient à la di«DO.silion des muscles releveurs de la lèvre supérieure, les fibres de ces mus les s arrelant brusquement au niveau des bords de cette rainure, donl le fond est exclusivement occupe par l'orbiculaire des lèvres. Les variétés de profondeur cl de forme de celle rainure sex- Dliauenl parfaitement par les variétés de disposition des muscles releveurs.

2) Les mammifères seuls sont pourvus de lèvres mobiles, indépendantes des n.acho.res; mais celle indépendance est encore bien plus prononcée cl.e^ l'homme.

DE 1>A BOUCHE ET DE SIÎS DÉPENDANCES

remarquable, et qu'on peut considérer l'inlervalle qui sépare les lèvres des dents l'I des os maxillaires, comme une cavité buccale anléricurp, ou vestibule de la bouche.

En avant, la lèvre supérieure est limitée par la base du nez, et de chaque ( ùté, elle est distincte des joues par la saillie du bord interne du muscle releveur superticiel de la lèvre supérieure. La lèvre inférieure est limitée sur la ligne médiane par une dépression transversale qui la sépare du menton, sillon menlo- ' ibial, dépression remarquable par les poils perpendiculaires qui en naissent,

liez l'homme, à l'époque de la puberté; de chaque côté, elle est distincte des joues par la saillie du bord interne du muscle triangulaire des lèvres (t).

La ligne ou le sillon qui sépare les lèvres des joues, commence à l'aile du nez .■t porte le nom de Urine naso-labiale (2) : elle serait mieux appelée ligne ou sillon

iicco-labial.

On voit que la limite entre les lèvres et les joues est purement artificielle, et que les deux lèvres, prises collectivement, représentent une ellipse dont le : grand diamètre est transversal.

S. Bords libres des lèvres. Les bords libres des lèvres sont arrondis, recouverts par un tégument rosé, qui tient le milieu entre le tissu cutané et le tissu muqueux, coupés par des plis ou rides perpendiculaires à la longueur des lèvres, qui sont la trace des plis produits par la contraction du muscle orbiculaire. Ces bords libres, qui sont comme renversés en dehors, surtout à la lèvre inférieure, présentent, en avant, une ligne qui établit une démarcation bien tranchée entre la peau et la membrane muqueuse. Ils décrivent une ligne ondulée, qui a fixé l'attention du peintre bien plus encore que celle de l'anatomiste, et que le chirurgien doit chercher à imiter dans certaines opérations chirurgicales.

Pour la lèvre supérieure : une saillie médiane légère, très-prononcée et en forme de mamelon chez quelques individus; de chaque côté, une légère dépression. Pour la lèvre inférieure : une dépression médiane légère, et quelquefois deux saillies latérales : tels sont les traits les plus remarquables de ces bords libres, qui sont contigus l'un à l'autre dans leur rapprochement, et ferment complètement l'ouverture de la bouche.

Uu reste, les bords libres des lèvres sont la partie la plus épaisse de ces voiles mobiles, et l'épaisseur de ces bords va en diminuant de leur partie moyenne ;\ leurs extrémités. Cette épaisseur varie d'ailleurs beaucoup, suivant les sujets ; en général on regarde des lèvres épaisses comme le cachet de l'affection scrofuleuse. Mais, dans l'appréciation de cette épaisseur, il faut bien'distin- . guer le volume qui dépend de la prédominance de la couche musculaire, de celui qui dépend de la prédominance de la peau et du tissu cellulaire. Dans la race éthiopienne, le volume des lèvres tient exclusivement aux muscles.

Pour terminer ce qui a trait aux bords libres des lèvres, disons qu'il existe sur ces bords libres des follicules sébacés, très-apparents chez certains sujets ; ces follicules, beaucoup plus prononcés à la lèvre supérieure qu'à la lèvre infér Pleure, occupent surtout les parties de ces bords libres qui sont en contact l'une avec l'autre dans le rapprochement ordinaire des lèvres.

Vestibule lie la bouche.

Limites des lèvres eu avant.

Sillou mento-labial.

Silloo buc- I co-labial.

Hlisou'rides du bord libre des lèvres.

Ligne ondulée de ce bord.

Description succincte de ce bord.

Inégalité d'épaisseur du bord libre des lè-

Distinction importante relative à cette épaisseur.

(1) i.a dépression mento-labiale est due, l"nu muiicie orbiculaire des lèvres, dont le bord ' inférieur répond à cette dépression ; 2° au ligament jaune de la houppe du menton, quillxe

au niveau de ce point la lèvre inférieure à l'os de la màclioire.

(2) On attadie, en séniéiotique, l)caucoiip d'imiiorlance à ce sillon, qu'on a appelé iillon iiliilotiiinaL, parce qu'il devient Irèa-prononcé dans les maladies de ralidomcn.

SPLANCllNOLOGIE.

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