‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 11 sur 180 · C.omniissures ou augles des lèvres · texte numérisé non relu

C.omniissures ou augles des lèvres

Ouverture antérieure (le la bouche.

Sa dilatabilité.

Structure des lèvres.

Couche cutanée .

Sa résistance et sa sensibilité.

Couche muqueuse.

t. Cuinmissures. Les extrémités des bords libres des h;vres sont minces, et consliluent par leur réunion les a7igles ou commissures des lèvres (commissure, de cum miscere).

X,. Ouverture antérieure de la bouche. Les bords libres des lèvres interceptent une fente transversale : c'est Xouverture antérieure de la houclœ, dont les dimensions, variables chez l'homme, ont motivé la distinction de la bouche en moyenne, (jrande, petite; distinction qui ne porte nullement sur la cavité buccale proprement dite, mais bien sur son orifice. Au reste, l'ouverture antérieure de la bouche est éminemment dilatable, se prête à l'introduction de coi'ps très-volumineux, et rend facile l'exploration de tous les recoins de la cavité buccale.

Y). Structure des lèvres. Deux couches tégumentaires. dont l'ime cutanée et l'autre muqueuse; une couche musculeuse ; une couche glanduleuse; des vaisseaux, des nerfs et du tissu cellulaire : telles sont les parties constituantes des lèvres. \. Couche cutanée. Elle est remarquable par sa densité, par son épaisseur, par

le volume des follicules pileux, qui sont logés (Fip. 14^ (*). en partie au-dessous d'elle, par l'intimité de

son adhérence avec la couche musculaire, si

P ^^P^^^^l'^^PWi ^^^^ ^^'^^ impossible de la disséquer sans mim<~^m. mâ^'^ ?% m empiéter soit sur elle, soit sur les fibres charnues. On peut la considérer comme constituant la charpente de la lèvre. Sa sensibilité est exquise, et chez plusieurs animaux elle jouit d'un tact si délié, que le moindre mouvement imprimé à l'extrémité des longs poils dont elle est pourvue, avertit ces animaux de la pré • sence des objets (1).

L'épaisseur de la couche cutanée va en diminuant à mesure qu'on approche du bord libre des lèvres.

2. Couche muqueuse. Mince et transparente, cette membrane revêt le bord libre des lèvres, en sorte que, par une exception rare en anatomie, une partie de cette muqueuse est en contact habituel avec l'air extérieur. Son adhérence n'est intime qu'au niveau du bord libre. Son chorion porte des papilles simples, de forme conique, en général vasculaires et logées dans des dépressions de la face adhérente de l'épithélium pavimenteux et stratifié. Ces papilles reposent sur des crûtes verticales anastomosées entre elles {fig. 14).

{•) Ilevètemeut épitliclial de la face interne des lèvres, détaché par la macération et vu par sa face profonde ou adhérente. Les parties déprimées ou foncées répondent aux crèles de la muqueuse qu. supportent les papilles.

(1) L'adhérence intiine de la peau aux couches subjacentes est due à celte circonstance qu'un grand nomliie de fibres musculaires s'insèrent à ces téguments par de courtes fil)res aponévroliques; elle explique pourquoi, dans les plaies des lèvres, il suffit d'agir sur la peau !\ l'aide de handclcllcs agiîlutiiuitives bien collantes, pour entraîner toute 1 épaisseur rlcJa lèvre.

DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES

3. Couche glanduleuse. Siluée entre la muqueuse, qu'elle soulève inégalement, t!l le sphincter buccal, la louche glanduleuse s'amincit vers la ligne médiane, et manque complètement au niveau des commissures. Elle est constituée par de petites glandes sphéroïdales, de volume inégal, juxtaposées, bien distinctes les

r.ouelie glanduleuse.

les.

Couche musculeuse.

unes des autres, qui, examinées à la loupe, représentent de petites glandes sali- Elle est cou vaires; chacune de ces glandes est pourvue d'un conduit excréteur, lequel vient delgUndTs' s'ouvrir à la face postérieure de la muqueuse, par un orifice bien distinct. Ce et non pai sont des glandes salivaires labiales. °

4. Couche musculeuse. Elle est essentiellement constituée par un muscle iritrinsôque, l'orbiculaire des lèvres, auquel viennent aboutir la plupart des muscles de la face, savoir : l» pour la lèvre supérieure, les releveurs superficiels, les releveurs profonds et les petils zygomaliques, qui forment la couche la plus superficielle, et qui sont remarquables parleur couleur pâle, par la disposition non fasciculée de leurs fibres, par leur densité et par leur adhérence intime à la peau ; 2° pour la lèvre inférieure, les muscles carrés, qui représentent, à !a lèvre inférieure, les releveurs de la lèvre supérieure par leur situation superficielle, leur adhérence à la peau, leur disposition non fasciculée et la pAleur de leurs fibres ; 3» pour les deux lèvres, le buccinateur, que nous avons consiiléré comme

(*) Tèlc vue (le profil On a enlevé In peau des joues et des lèvres, le peaucler du cou, le buccinateur et le sphincler buccal. Glandes buccales et labiales. Parotide en place. — /.. muscle zygomatique cijupp jii/js de son origine. — M, mnssclcîr. — Scm, slérno-clcido-niastoïdien.

SPLANCHNOLOGIE.

Aucun tissu

fibreux n'onlre dans la siruclure (les lèvres.

Artères,

Veioes.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

Tissu cellulaire.

Développement.

Longueur (les lèvres chez l'eiifaiit nouveau-né et chezlevieillarcl.

conslituanl par sa bifurcation le muscle orbîculaire; 4° pour les commissures, le grand zygomalique, le triangulaire, le canin et le risorius de Sanlorini; en tout quinze muscles, y compris l'orbiculaire des lùvres, sans compter le petit zygomalique et le risorius, qui ne sont pas constants, i.es dilîéiences que présente le bord libre des lèvres, chez les divers individus, tiennent h. l'épaisseur plus ou moins considérable de la zone de l'orbiculaire qui rt^pond à ce bord libre.

On voit que rien de fibreux n'entre dans la composition des lèvres, lesquelles sont exclusivement formées par des fibres charnues; disposition qui leur permet une extension considérable, que le chirurgien utilise pour pratiquer des opérations dans la cavité buccale et dans le pharynx.

5. Vaisseaux, nerfs, cellulosité. 11 est peu de parties aussi abondamment pourvues que les lèvres de vaisseaux et de nerfs. Les artères des lèvres viennent de deux sources principales : 1° de la faciale; ce sont les coronaires, qui traversent la couche musculeuse, cheminent dans l'épaisseur de la couche glanduleuse, au voisinage du bord libre des lèvres, et s'anastomosent entre elles sur la ligne médiane, en fournissant de nombreux rameaux aux glandes et à la muqueuse labiale ; 2" de l'artère maxillaire interne ; ce sont les artères buccales, sous-orbitaires, alvéolaires, pour la lèvre supérieure, et mentonnières, pour la lèvre inférieure. L'artère sous-mentale, branche de la faciale, et l'artère transversale de la face, branche de la temporale, y envoient aussi quelques rameaux.

Les veines des lèvres naissent surtout de la couche glanduleuse; elles traversent la couche musculeuse, cheminent sous la peau, en communiquant les unes avec les aulres, et aboutissent aux veines faciales.

Les vaisseaux lymphatiques, faciles à injecter sur le bord libre et sur la face profonde des lèvres, vont s'ouvrir dans les ganglions lymphatiques de la base de la mâchoire (l ).

Les nerfs des lèvres viennent de deux sources bien distinctes : t» de la cinquième paire, exclusivement destinée à la membrane muqueuse, à la peau et à la couche glanduleuse; 2» de la septième paire, exclusivement destinée à la couche musculeuse.

Le tissu cellulaire contenu dans l'épaisseur des lèvres est extrêmement rare. On ne le rencontre à l'état libre qu'entre les glandules qui séparent la muqueuse de la couche musculaire. Il peut s'infilli'er d'une grande quantité de sérosité; tandis que chez les individus pourvus du plus fort embonpoint, il ne se pénètre jamais que d'une très-petite quantité de graisse.

Développement. Le développement de la face se fait par la progression lente vers le cenire buccal de trois bourgeons : un médian (bourgeon naso-incisiO, portant la cloison des fosses nasales ; deux latéraux (mandibules supérieures), portant les deux saillies palatines ou moitiés encore incomplètes de la voùle palatine. Du quinzième au quarante cinquième jour de la vie intra-utérine, le fœtus humain offre ainsi normalement le plus haut degré du bec-de-Iièvre, la gueule de loup.

La longueur des lèvres chez l'enfant nouveau- né, longueur qi;i est si éminemment favorable à la succion, tient k l'absence des dents. C'est à la même cause, jointe à l'absence des bords alvéolaires, qu'est due la longueur des lèvres chez le vieillard.

(IJ D'oii reiigorsenient des gtinglions lynipliatiques sous-tnaxillaiios tlans les tnalatiies (les lèvres.

DE LA BOUCHE ET DE ShS DÉPENDANCES.

Uioges. Les lèvres, paroi antérieure iIc la bouche, forment au-devant des ar- usages, c udes alvéolaires et dentaires une espèce de chausst'e qui refient la salive. Leur i inportance comme obstacle à l'émission continue delà salive est telle, que, dans \c cas où elles sont détruites, cet écoulement peut devenir une cause d'épuisement et de mort (1). lîllcs servent à la préhension des liquides, à la succion, à iclion de siffler, au jeu des instrunienis à vent, à l'articulation des sons. Elles ,,jLient un très-grand rôle dans l'expression des passions, que nous avons vues se [larfrger, pour ainsi dire, les muscles de la face : la fierté, le dédain, la joie, la douleur, la colère, toules les nuances dont les passions sont susceptibles, se peignent d'une manière frappante sur le pourtour des lèvres. La bouche est plus parliculièrement le siège des grimaces, qui ne sont autre chose que l'expression lies passions ridiculement exagérée.

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