‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 12 sur 180 · II. — DES JOLTS · texte numérisé non relu

II. — DES JOLTS

Les joués constituent les parois latérales de la bouche et les parties latérales de la face. Leurs limites, du côté de la cavité buccale, sont déterminées par la réflpxion de la membrane muqueuse sur les os maxillaires ; extérieurement, leurs limites, beaucoup moins tranchées, sont établies, en dedans, par le sillon biiccolabial, qui les sépare des lèvres ; en dehors, par le bord postérieur de la mâchoire inférieure; en haut, par la base de l'orbite; en bas, par la base de la mâchoire inférieure. Les Joues comprennent donc trois régions bien distinctes : la région malaire, la région massétérine et la région buccale proprement dite.

Leur forme quadrilatère permet de leur considérer : \° une face externe ou cutanée, qui présente, en haut, la saillie de la pommette, éminence molaire, plus bas, une surface convexe et lisse, souvent colorée chez les personnes jeunes qui ont de l'embonpoint, concave et ridée chez les personnes amaigries; 2" une face interne ou muqueuse, libre, qui répond aux arcades alvéolaires et denlaires. Celte face interne de la Joue est remarquable par l'orifice du canal de Sténon, qui se voit au niveau de l'intervalle entre la première et la seconde grosse molaire supérieure.

Structure. Une charpente, constituée par l'os de la pommette et par la branche de la niAchoire inférieure; une couche cutanée, doublée par une grande quantité de tissu adipeux; une couche muqueuse; une couche glanduleuse ; une couche niusculeuse; une couche aponévrolique ; des vaisseaux et des nerfs; un canal excréteur : telles sont les parties coiistituanles des joues proprement dites. Un mol sur ces diverses couches.

La peau, reniarquable par sa finesse et sa vascularilé au niveau et au-dessous de la pommette, ainsi que par la facilité avec laquelle elle s'injecte ou se décolore sous l'inHuence des affections morales, se couvre de barbe en bas et en arrière, chez l'homme, à l'époque de la puberté.

La. membrane muqueuse, continuation de celle des lèvres, présente des caractères analogues; elle porte de nombreuses papilles très-grosses, comparables à celles de la paume de la main.

fl) Cet usiige des lèvres se rapporte surtout à la lèvre inférieure, et, chose l)ien remarquable, jamais In division congéniîilc des lèvres ne se lenconlre i\ la lèvre inférieure. Une autre particiilariié, encore inexplicalile , c'est que les Ijoiitoiis cancéreux drs lèvres, qui sont si fréquents, ne se remarquent que Irùs-raremcnl ;i la lèvre supérieure, presque toujours à la lùvro inférieure. '

Limilef.

Elles com preuneiit trois régions.

Forme qiia- (Irilalère.

Face e:iterne.

Face interne.

OriDce du canal de Sténon.

Structure.

Couche eu tance.

Couche mu queuse.

SPLANCIlNOLOdlK.

Couche (;laiululeuse.

0 landes molaires.

Couche musculeuse.

Couche apoiiévrotique.

Couche adipeuse.

Boule graisseuse de la joue.

Artères.

Veines.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

La joue est traversée par le canal de Sténon.

Développement.

La couche filanduleuse est formt5e par un petit nombre de glandulcs isolées glandules salivaires buccales, (oui à fait seuiblables aux glandules labiales, maimoins nombreuses, et soulevant comme elles la muqueuse, sur laquelle ell('^ s'ouvrent par des orifices distincts. Parmi ces glandules, il on est deux qui onl mérité un nom particulier, à raison de leur volume et de la situation spéciale qu'elles an'ectenl : en ofTet, au lieu d'OIre subjacenles à la muqueuse comme l( préct5dentes, elles sont silutîes entre le buccinaleur et le massélcr ; on les pelle glandes molaires. Leurs orifices excréteurs s'ouvrent au niveaude la dernière dent molaire.

La couche musculeuse est constituée, à la région massétérine, par le masséler et par une portion du peaucier; à la région nialaire, par l'orbiculaire des paupières; à la région buccale proprement dite, par le buccinateur, par le grand et le petit zygomalique.

La couche aponévrutique est formée par l'aponévrose propre du buccinateur.

La couche adipeuse, relativement peu considérable à la région malaire et massétérine, est extrêmement épaisse à la région buccale proprement dile. Biclial a môme signalé dans l'épaisseur de la joue une boule graisseuse qui s'enfonce entre le buccinateur et le masséter, boule graisseu.-e très-développée chez l'enfant, mais dont on retrouve des vestiges môme chez les individus les plus émaciés et les plus avancés en âge ; en sorte qu'on peut considérer cette boule graisseuse comme entrant dans le plan de l'organisation, à la manière du tissu adipeux de l'orbite.

Les artères de la joue viennent, d'une part^ de la faciale et de la Iransvei-sale de la face, branche de la temporale, d'autre part, de la maxillaire interne ; les rameaux émanés de la maxillaire interne appartiennent aux artères sous-orbi taire, dentaire inférieure, buccale, uiassétérine et alvéolaire.

Les veines de la joue se jettent dans la veine faciale et dans un plexus considérable situé dans la fosse zygomatique. Leur trajet, qui diffère notablement de celui des artères correspondantes, ne présente point les flexuosités qu'on observe sur ces dernières.

Les vaisseaux lymphatiques, divisés en ceux de la membrane muqueuse et en ceux de la peau, vont se rendre aux ganglions parolidiens et cervicaux.

].es nerfs de la joue, comme ceux des lèvres, viennent de deux sources : 1° du nerf facial ; ce sont les rameaux buccaux et le rameau malaire, exclusivement destinés à la couche musculeuse; 2» de la cinquième paire : ce sont les nerfs buccal, massétérin, sous-orbitaire et mentonnier, exclusivement destinés à la peau, à la membrane muqueuse et aux glandules, dans l'épaisseur desquelles on les voit pénétrer et se perdre.

La joue est traversée dans son épaisseur par le cana/ de Sténon, qui se porte horizontalement d'arrière en avant, dans l'épaisseur du tissu adipeux sous-cutané, au-dessous de l'os malaire.

Développement. L'absence des dents, la présence d'une grande quantité de graisse, et surtout le développement considérable de la,boule graisseuse, la brièveté de l'os maxillaire supérieur, lequel est dépourvu de sinus à cet Age de la vie, l'angle obtus de la mâchoire inférieure, donnent à la joue de l'enfant l'aspect qui la caractérise. La chute des dents et l'usure des bords alvéolaires, qui diminuent l'espace inlermaxillaire, donnent aux joues amaigries du vieillard une hauteur proportionnelle trop considérable, et par conséquent une llac-

UE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES

cidilé qui est un des traits principaux de sa physionomie. A la puberté, les joues (lo l'homme se couvrent de poils dans une partie de leur surface.

Usages. Les joues forment les parois latérales do la bouche, parois actives, qui Usage s'appliquent fortement contre les bords alvéolaires et les dents, chassent entre les dents les aliments qui s'introduisent entre les joues et les bords alvéolaires, cl par conséquent servent : 1° à la maslic.ition, 2° A la succion (I) ; 3° à l'articulation des sons ; 4» an jeu des instrumenls à vent ; Ei» quant à l'expression des passions, elles y concourent plutôt par le coloris de la région maliiire que par leurs mouvements proprement dits.

Les joues et les lèvres constituent la paroi antérieure et externe d'une cavité buccale supplémentaire, dont les bords alvéolaires et les dents constitueraient la paroi postérieure et interne. Cette cavité, espèce de vestibule de la ca\it6 buccale proprement dite, est susceptible d'une grande dilatation ; elle peut être considérée comme une sorte de réservoir, dans lequel les aliments sont déposés, pour être successivement soumis à l'action des organes masticateurs ; elle peut être également considérée, par rapport aux voies aériennes, comme une poche dans laquelle l'air peut être retenu. Cette cavité buccale vestibulaire est pourvue de glandes salivaires labiales et buccales ; et il n'est pas sans intérêt de remarquer que les glandes salivaires les plus volumineuses* les glandes parotides, y versent les produits de leur sécrétion, tandis que c'est dans la cavité buccale proprement dite que s'ouvrent les glandes sous-maxillaires et sublinguales.

Vestibule de la cavité huecale.

ni.

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