DÉVELOPPEMENT DES TESTICULES
fémorale, au voisinage du pilier externe, et qu'il m'a étiî facile de reconnaître pour le crémaster. Ces faisceaux musculeux sont supportés par une lame celluleuse, plus profonde, qu'on peut considérer comme une couche particulière et une dépendance du fascia transversalis.
Lorsque le teslicule descend, et cette descente s'opère comme si elle était le résultat de la traction exercée sur le testicule par le crémaster contracté, le péritoine qui recouvre la partie inférieure du gubernacuhm testis, s'enfonce déjà dans le canal inguinal, de manière à former un canal infundibuliforme prêt à recevoir le testicule : c'est ce canal infundibuliforme qui constituera plus lard le feuillet pariétal de la tunique vaginale. En descendant dans le canal inguinal, le testicule entraîne le péritoine qui le recouvre, et pénètre ainsi tapissé dans )e canal infundibuliforme. En même temps le gubernaculura se retourne comme un doigt de gant, de sorte que la portion du péritoine qui recouvre sa partie supérieure, va constituer le fond de la cavité vaginale, le crémaster, qai occupait le centre du gubernaculum, devient superficiel, et le péritoine, qui occupait la surface, devient la couche la plus profonde.
Le renversement du gubernaculum n'est complet que lorsque le testicule est parvenu dans le scrotum.
il suit de là que, conformément à l'opinion émise depuis longtemps par Breschet, aucune tunique, si ce n'est le dartos, ne doit exister dans le scrotum avant la descente du testicule ; et c'est en effet ce que m'a démontré l'observation : sur un vieillard, chez lequel le testicnle était situé derrière l'anneau inguinal, complètement oblitéré, il n'y avait rien dans le scrotum, à l'exception d'une couche mince du tissu musculaire appartenant au dartos.
Une autre conséquence, c'est que le véritable gubernaculum testis de Hunier, c'est le crémaster; et, en effet, chez le vieillard dont je viens de parler, de l'épididyme partait un cordon enveloppé par un repli du péritoine; ce cordon était formé par le crémaster très-développé. Le crémaster, -voilà donc le véritable gubernaculum testis (1).
Le crémaster, si bien nommé musculus testis, n'est donc pas formé parles fibres i nférieures du muscle oblique interne et transverse; il constitue un muscle particu-
(1) W. Hunter avait entrevu cette disposition : voici les propres paroles de John Hunier snr le crémaster et sur le gubernaculum : relativement au muscle crémaster, il dit : « Chez « le fœtus humain, tant que le testicule est retenu dans l'abdomen, le crémaster est si
• mince que je ne puis le suivre d'une manière qui me satisfasse, et déterminer s'il monte Il vers le testicule ou s'il descend vers le scrotum. Cependant on peut admettre par analo- « gie qu'il se porte en haut vers le testicule. » Relativement au gubernaculum, voici les paroles de Hunter : « Cette union (l'union du testicule au scrotum) a lieu par l'intermédiaire « d'une substance qui se rend de l'extrémité inférieure du testicule au scrotum, et que j'ap- " pellerai désormais le ligament du testicule ou gubernaculum testis, parce qu'elle unit le « testicule au scrotum et qu'elle semble diriger son trajet à travers les anneaux des mus- « des abdominaux. Ce ligament est de forme pyramidale; sa tète volumineuse, en forme " de i)ullje, est située en haut et fixée à l'extrémité inférieure du testicule et deTépidiilyme ;
< • son extrémité inférieure se perd dans le tissu cellulaire du scrotum Il est difficile de
* dire quelle est la structure ou la composition de ce ligament : il est certainement vascu- « laire etlltireux, elles fibres suivent la direction du ligament lui-même, qui est recouvert « par les fibres du crémaster ou musculus testis, placé immédiatement derrière le péri- « toine ; celte circonstance n'est pas facile à constater chez l'homme, mais elle est très « évidente chez les autres animaux, et surtout chez ceux dont les testicules restent dans " l'abdomen après l'entier développement de l'animal. "
Changements qui s'opèrent dans le gubernaculum lors de la descente du teslicule.
Le crémaster constitue un muscle propre.
SPLANCHNOLOGIK
La tunique vaginale se sépare complclcmeut du périloiue.
Permanence accidentelle de la communication entre le péritoine et la tunique vaginale.;
lier, indi^pcndant des muscles abdominaux. La disposition à anses, indiquée comn le résultat de la traction exercée sur les bords inférieui s du muscle petit obliq et transverse, lors de la descente des testicules, ne s'applique donc pas au musi crémaster proprement dit, dont l'existence est antérieui'C àla descente du teslicu et indépendante de cette descente, au lieu d'être postérieure et dépendanii .
La tunique vaginale, qui a tant de rapports avec un sac herniaire, communique d'abord largement avec la cavité du péritoine ; mais cette communication, qui existe toute la vie chez un grand nombre d'animaux, et chez le chien en particulier, ne tarde pas à ûtreinterrompue. Un travail d'adhésion s'établit dans la portion du péritoine qui répond au trajet inguinal, et bientôt la tunique vaginale se pare complètement du péritoine. Cette séparation (1) paraît s'effectuerbien peu de temps après lasortie du testicule^ car elle esten général complète au moment H, la naissance. Elle ne consiste pas dans une occlusion circulaire, mais elle a li' dans toute la longueur du trajet inguinal, et môme au-dessous, jusqu'au voisina, du testicule. Au reste, cette occlusion n'a certainement pas lieu dans une au;;, grande étendue qu'il le semblerait d'abord, car il me paraît évident que le testicule s'élo gne de l'anneau après cette séparation, qui ne laisse aucune trace chez le plus grand nombre des sujets (2).
Dans certains cas, le travail d'oblitération ne s'effectue pas; alors la communication entre la tunique vaginale et le péritoine persiste toute la vie. L'hydrocèle congéniale, la hernie inguinale dite congéniale sont la conséquence de cette communication anormale. Quelquefois, suivant la remarque de Hunier, ce travail d'oblitération ne se fait pas complètement; il est en quelque sorte interrompu à la partie moyenne du canal inguinal, et n'a lieu qu'aux deux extrémités de ce canal; il y a alors une hydrocèle enkystée du cordon, qui ne communique ni a\< la tunique vaginale, ni avec le péritoine.
§ 4. — DE LA VERGE
Situation.
Direction.
Forme.
Parties coustituanles de la verge,
La verge ou le ;;e«î5, organe delà copulation chez l'homme, estsituée au-devant delà symphyse pubienne. Molle et pendante au-devant des bourses dans l'état de flaccidité, elle devient dure, beaucoup plus volumineuse, et se relève du cOté de l'abdomen pendant l'éreclion.
Sa fonne est cylindroïde dans l'élat de flaccidité ; elle l'eprèsente, au contraire, un prisme triangulaire à bords mousses dans l'état d'érection : deux des bords du prisme sont latéraux, et formés par le rehef des corps caverneux ; l'autre bord est antérieur, et correspond à l'urôthre.
Son extrémité postérieure, ou racine de la wr^e, fixée au pubis, se prolonge dans 1 épaisseur du périnée; son extrémité antérieure, formée par un renflement conoide qu'on appelle gla,id, présente l'orifice de l'urèthre.
Structure. - La verge est essentiellement constituée, i" par les corps caverneux; 20 par lurèthre, dont l'extrémité renflée a reçu le nom de gland. Des
lJ,lî,,urhi2r?"rr P^'-^r"^'*^ ^ ^'l^^^-^^- ^oute à cause de sa destination à
on hP vZ.t V T"'""' ^'^ ^«"'=°"trée chez l'orang-outans d'Afrique, et non cliez 1 orang indien, et on exnlinup ppffp Hifrnro.,„ . . . . .
l'nn ,io l'nntPP Zr i„ i '""'"^ "^^"^ tliircrencc entre deux animaux aussi voisins
1 un ac 1 autre par la force p us crande du mpmi,..„ • . ,
v;.„r, n ,11. . . b «"'ue au membre inférieur chez le premier de ces singes. (2) Scarpa dit quon trouve toujours, même chez l'adulte un cordon particulier celluleux, qu'il considère comme un dél.ris du canal de communicri nn i Particulier, celluleux
, . , • ■• , " ""^ •"""■"'""'cation, il assure même ou on parvient
toujours, parla maroralion, reproduire ce canal.
DE LA VERGE
muscles propres lui sont annexés; elle reçoit des vaisseaux et des nerfs volumineux; elle est recouverte, enfin, par des enveloppes, qui vont d'abord fixer notre attention.
A. — Eaveloppes «le la vergue.
Elles sont au nombre de deux : une enveloppe cutanée et nne enveloppe celluleuse.
La peau de la verge, continue en arrière et en haut avec celle du pénil, en arrière et en bas avec le scrotum, est remarquable 1° par sa finesse, moindre cependant que celle des bourses et des paupières. Sa ténuité contraste avec l'épaisseur de la peau, matelassée de graisse et couverte de poils, qui
■ revôt la symphyse ; 2° par sa couleur, qui, de même que celle du scrotum, est . généralement plus brune que dans les autres parties du corps; 3° par le faible
développement de ses follicules pileux, qui vont en diminuant de volume à me-
■ sure qu'on approche de l'extrémité libre de la verge ; 4° par son extrême mobilité, qui lui permet de glisser sur les corps caverneux, de servir au développement de la verge dans l'érection, et aussi des tumeurs des bourses, et de se plisser sur elle-même, de manière à se concentrer sur la verge réduite au volume le plus
; petit. Cette grande mobilité de la peau, due à la laxité du tissu cellulaire sousi cutané de la verge, est un peu moindre le long du raphé, qui est fixé solidement au tissu spongieux de l'urèthre par des adhérences assez serrées ; ce tissu cellulaire ne contient jamais de graisse, mais il est traversé par des faisceaux nombreux et volumineux de fibres musculaires lisses, dirigées longitudinalement (1) ; 3° par l'existence d'un raphé médian, continuation de celui des bourses, et qui se prolonge, en avant, jusque sur le prépuce.
Au niveau du gland, la peau de la verge se replie sur elle-même, pour former une gaine non adhérente à ce renflement, sur lequel elle s'avance • et qu'elle déborde ou par lequel elle est débordée, suivant que la verge est dans l'état de flaccidité ou dans l'état d'érection; c'est à ce repli tégumentaire qu'on a donné le nom de prépuce. Voici de quelle manière on peut en concevoir la formation ; la peau de la verge, parvenue derrière la couronne du gland, devenant libre par sa face profonde, enveloppe le gland comme dans une gaine, sans contracter avec lui aucune adhérence ; après avoir débordé
plus ou moins le gland, suivant les sujets, cette peau se réfléchit en dedans
(*) Section médiane de l'extrémité libre du pénis. — 1, corps caverneux de la verge. — 2, pointe par I laquelle il se termine. — 3, corps spongieux de l'urèthre. — 4, cloison médiane de ce dernier. — 5, corps
spongieux du gland. — (i, urcthre. — 7, fosse naviculiiire. — 8, réseau veineux du dos de la verge.— I », reseau veineux de la gouttière uréthrale.— 10, peau. — 11, prépuce. - 12, tégumeut du gland. -
'»t — frein du prépuce.
(I) Des auteurs ont décrit ce tissu cellulaire sous-cutané comme un vérital)le fascin {fascia pénis). Cette aponévrose làciie enveloppe tout le tissu caverneux jusqu'au gland,
Ténuité de
la peau de la verge.
(Fig. 256) n-
Sa mobilité.
Qualité du tissu cellulaire souscutané.
Prépuce.
Le prépuce est formé
par la peau réfléchie d'avant en arrière.
SPLANCIINOLOGIE.
Étroilesse de l'orifice du prépuce.
Longueur variable.
Frein du prépuce.
Glandes de Tyson.
(Fig. 257) r).
d'elle-mûme, pour constituer Yorifice du prépuce. Dans celte réflexion, la peau change de caractère et devient une membrane muqueuse, qui se porte d'ava en arrière jusqu'au delà de la base du gland, en s'adossant à la lame cutanée, , laquelle elle adhère, sans contracter elle-même aucune adhérence avec la suiface du gland. Parvenue derrière la couronne du gland, au niveau de l'espc de rétrécissement ou collet situé autour de cette couronne, la membrane muqueuse ou peau réfléchie se réfléchit encore sur elle-même, mais cette foid'arrière en avant, pour se continuer sur le gland et lui former une envelopi<( propre très-adhérente, qui va, sur le pourtour de l'orifice uréthral, se coijtinuer avec la muqueuse del'urèthre.
L'orifice du prépuce conduit dans une cavité en cul-de-sac annulaire, intermédiaire au prépuce et au gland, et dans lequel s'amasse, chez les gens peu soigneux, une matière molle, blanchâtre et très-odoranlc connue sous le nom de smegma prépulial; celte matii ! résulte tout simplement de l'altération des lamelles ép théhales détachéesde l'une et de l'autre paroi de la cavi lé.
Quelquefois l'orifice libre de cette espèce d'étui moitié cutané, moitié muqueux que forme le prépuce, est assez étroit pour s'opposer à ce qu'il soit facilement ramené en arrière, surtout pendant l'érection. C'est cette disposition qui constitue le phimosis (1). La circoncision, opération qui consiste à enlever un lambeau annulaire du prépuce, était, comme on le sait, en usage chez le peuple juif, et a été consacrée comme opération chirurgicale.
La longueur du prépuce est variable chez les divers individus: chez quelquesuns, le prépuce, extrêmement court, ne recouvre que la moitié ou le tiers postérieur du gland.
On appelle frein ou ftîet un petit repli muqueux triangulaire, analogue au frein ou filet de la langue, formé par la muqueuse qui, du prépuce, se réfléchit sur le sillon inférieur du gland, au-dessous de l'orifice uréthral. Quelquefois le filet, prolongé jusqu'à cet orifice , rend l'érection douloureuse et nécessite une légère opération nommée section du frein ou filet.
Le feuillet cutané du prépuce a tous les caractères de la peau de la vergej son feuillet muqueux se distingue par sa surface parfaitement lisse, par l'absence
(•) Section transversale de la portion moyenne du gland 4, couche interne, et 4', couche citerne dn
corps spongieux du Kland. — 5, tégument du gland. — 6, prépuce. — *, prolongement de la cloison des corps caverneux de la verge. - *% cloison du corps spongieux de l'urèthre. - y, frein.
OÙ elle devient très-mince et se contiuue, dit Huschke, avec le darlos, l'aponévrose superficielle du périnée, continuité établie par M. Velpeau, enfin avec celle des aineslet du pénis. Elle tient intimement au ligament suspenseur, qui paraît en être un épaississement. On peut en lire une description détaillée dans la Revue clinique du 15 décembre 1849, description faite par un chirurgien de l'hôpital de New-York, M, Gardon-Buck. D'après cet auteur, l'extrémité antérieure de cet étui membraneux adhérerait intimement à la base du gland.
(1) Par suite de la conformation vicieuse qui consiste dans l'étroitesse de l'orifice du prépuce, il arrive souvent que celui-ci ne peut plus revenir sur le cland, après avoir été refoulé en arrière au delà de sa base. Cette impossibilité de ramener le prépuce en avant, et l'espèce d'étranglement qui en résulte, constituent l'alTection désignée sous le nom de para phimosi.i.
DE LA VERGE
de pigment dans ses cellules lîpidermiques profondes, et parcelle de follicules pileux et de glandes sudoripares dans l'épaisseur de son chorion ; il est également moins épais que le feuillet cutané.
Le feuillet muqueux du prépuce, ainsi que l'enveloppe muqueuse du gland, renferme des glandes sébacées, connues sous le nom de glandes du prépuce ou glandes de Txjson, mais dont le nombre et le volume sont loin d'être constants. Celles du prépuce, qui sont les plus grosses, ont de 0""",2 à 0""»,3 de diamètre, et forment quelquefois une légère saillie à la surface de la muqueuse. On les rencontre surtout au voisinage du frein. Leur .structure estcellede toutes lesglandes sébacées.
Le tissu cellulaire intermédiaire à la lame cutanée et à la lame muqueuse du prépuce est d'une laxité extrême, et permet au prépuce de se dédoubler lorsqu'on découvre le gland, en portant fortement la peau en arrière, d'où résulte ce qu'on appelle vulgairement le décalotlement du gland; ce dédoublement a également lieu d'une manière plus ou moins complète pendant l'érection et pendant la copulation, chez les individus dont l'orifice du prépuce n'est pas trop étroit. Au voisinage du feuillet cutané, ce tissu cellulaire est plus serré, et renferme de nombreuses fibres^élastiques, dirigées circulairement.
Les usages du prépuce sont évidemment de protéger le gland et de lui conserver l'exquise sensibilité dont il est doué.
Tissu cellulaire du prépuce.
Usages.
B. — Corps cavernfiix.
Les corps caverneux, ainsi nommés à cause de leur structure spongieuse, forment la plus grande partie et comme le corps, la partie fondamentale de la verge: ils s'étendent du périnée à la base du gland, que nous verrons lui être complètement étranger. Ils commencent en arrière, de chaque côté , par une extrémité conoïde, qui constitue leur ravine. Chaque racine naît immédiatement en fiedans de la partie la plus élevée de la tubérosité ischiatique, se renfle progressivement à meure qu'elle se porte en avant, en haut et en dedans, le long de la lèvre interne de la bran- I he ascendante de l'ischion et de la branche descendante du s pubis, auxquelles elle est inli- ^' moment adhérente. Arrivées au
niveau de la portion inférieure de la symphyse pubienne, les deux racines se réunissent au-dessus de l'urèthre, pour former avec ce dernier ]a. verge ou \c pénis. I/espace triangulaire inlerceplé par les deux racines des corps caverneux est occupé, en bas, par l'urèthre.
(*; Paroi antérieure du bassin el racine du pénis, prcsi|uc de prolil. La portion latcr.dc du ligament «uspeuseur {ni, si') a été divisée à son origine. — I . symphyse p»l)ienne. — 2, 3, 4, veine, nrlèrc cl nerf dorsaux du péiiis. — 4, portion moyenne du ligament suspenseur du pénis. — Cr/), corps caverneux du pénis.— Ce, corps spongieux de l'urcilire. — Ile, muscle bullio-cavcrneux.— .le. muscle iscliio-caverneiix.
.Je}
Corps caverneux.
Des racines du corps caverneux.
Leur origine
Leur réunion.
SPLANCIINOLOGIE
Sajforme est cyliadroïde.
Ses sillons.
Ligament suspeuseur.
Son extrémité antérieure.
Structure des corps
caverneux.
Epaisseur.
Albuginée.
(Fig. 259) n.
Résistance, extensibilité etélasiicilé.
11 existe donc deux corps caverneux; mais la séparation n'est complète qu'a niveau de leurs racines; en avant, les deux corps caverneux adossés commun qiient largement l'un avec l'autre, par des orifices dont est percée leur cloisi commune, de sorte qu'on a pu les considérer comme les deux portions d'un se et même organe.
Les corps caverneux, par leur réunion, forment un corps cylindroïde, un [u aplati de haut en bas, qui présente, 1° supérieurement, un sillon longitudinal, qui loge les vaisseaux et nerfs dorsaux de la verge, et que j'ai vu, dans un ca-^ particulier, recevoir un canal résultant de. la réunion des deux conduits éjacilateurs; 2° inférieurement, une gouttière large et assez profonde, dans laquellest reçu l'urèthre.
Les extrémités postérieures des corps caverneux, qui divergent à partir de 1 ■ sj'mphyse pubienne, sont intimement fixées aux branches ischio-pubiennes fl bassin ; en avant de la symphyse pubienne, la verge reçoit par sa face supérieuj le ligament suspenseur du pénis, dans lequel on peut distinguer une portir* médiane et deux portions latéi'ales. La portion mndiane est une lame fibreutriangulaire dont le bord supérieur s'attache à la portion inférieure de la symphyse pubienne, dont le bord inférieur, divisé en deux feuillets, se fixe solidr ment à l'albuginée des corps caverneux, à droite et à gauche du sillon média:, qui loge la veine dorsale du pénis; le bord antérieur est libre. Lesportions latérale^ sont des ligaments blancs, brillants, qui du bord des pubis s'étendent à la face
externe de l'albuginée, avec laquelle ils se confondent. Leur face externe donne insertion aux adducteurs; leur face interne est lisse et couvre l'artère et les branches nerveuses qui vont du bassin au pénis.
L'extrémité antérieure, arrondie et obtuse des corps caverneux est embiassée par la base du gland. L'indépendance du gland et des corps caverneux devient manifeste par une coupe longitudinale faite à la verge depuis le gland jusqu'aux racines des corps caverneux.
Structure. Les corps caverneux sont constitués 1" par une membrane d'enveloppe ou albuginée, dont la cloison est une dépendance; 2° par un tissu spongieux ou érectile qui la remplit.
i° Albuginée. La membrane d'enveloppe des corps caverneux du pénis est un cylindre fibreux extrêmement serré, d'un blanc opaque, remarquable 10 par son épaisseur, qui est de plus de 2 millimètres dans l'état de flaccidité de la verge, r.or.Hor , ,w„„ ,. „ "^'^'^ ^"i se réduit à moins d'un demi-millimètre
C.V . n n^^^ par sa résistance à la traction, résistance telle que les corps
Z TZu T T'T' ^^"^P'-^' P«ids du corps ainsi qu'on
S slln ^'^"'«^.r^,"'^ ^«davre par la verge 3" par sa ré istance à la distension, lorsque cette d stensinn no r\âr^„^.^ .
' . u'sicnsion ne dépasse pas une certaine mesure; 4° par
(*) Sections transversales du pénis. — A à IVlai dp r. •
et artère dorsales du pénis. - 3, alvéoles du ZVVl . ~ ^ ^'érection. - 1, 2, veine
6. albuginée du corps' spongieux'de iSh -T f"'^: " " »• P""" "
M ai>(.oies ae ce dernier. — 8, urclhrr.
DE LA VEHGE.
son extensibilité et par son élasticité, se manifestant, la première, dans le phénomène de l'érection, et la seconde, dans le relâchement qui la suit.
L'albuginée des corps caverneux est composée presque exclusivement de fais- structureceaux de tissu conjonctif; ce n'est que vers sa face profonde qu'on rencontre une quantilé notable de fibres élastiques. Ces faisceaux sont disposés sur deux couches assez nellemenl limitées, et dont l'inlerne est circulaire, l'externe longitudinale. L'albuginée est traversée par un petit nombre de vaisseaux sanguins d'un très-faible calibre, remarquables par leur trajet flexueux, et formant les radicules antérieures de la veine dorsale; d'autres, plus considérables, naissent de la profondeur de l'organe, et se dégagent sous son bord postérieur.
La cavité limitée par l'albuginée est divisée en deux moitiés latérales par une cloison des cloison, qui résulte de l'adosseraent des parois internes des deux corps caver- corps
.1 o .1 T 1 . -, > • 1 j- caverneux.
neux, comme il est facile de le voir en arrière, ou ces parois sont encore distinctes et unies ensemble par du tissu cellulaire irtche. Cette cloison est moins épaisse que l'albuginée elle-même, et s'amincit d'arrière en avant; elle est constituée par des colonnes fibreuses très-fortes, verticalement dirigées, beaucoup plus épaisses et plus multipliées vers les racines du pénis qu'au voisinage du gland. Elle n'établit point une'séparation complète entre les deux corps caverneux, puisqu'elle est perforée d'ouvertures nombreuses, surtout dans la partie antérieure du pénis, ouvertures plus rapprochées de la paroi supérieure que de la paroi inférieure des corps caverneux. Constituée exclusivement par des faisceaux tendineux, la cloison paraît avoir pour usage principal d'apporter des limites à une distension trop grande des corps caverneux dans l'érection et de conserver à la verge sa forme aplatie.
2° Tissu spongieux ou érectile. Un tissu aréolaire, dont les mailles contiennent du Tissu sponsang en quantité plus ou moins considérable, remplitle cylindre fibreux des corps Ç^^g^^i^g, caverneux. Ce tissu spongieux, qui présente une coloration rougeâtre, est com-
(Fig. 260) (').
posé d'une multitude innombrable de fibres et lamelles réunies et entre-croisées flans tous les sens, de manière à diviser la cavité circonscrite par l'albuginée en aréoles ii régulières, ressemblant parfaitement aux vacuoles d'une éponge.
Les mailles du tissu spongieux sont beaucoup plus larges ;ï la partie centrale des corps caverneux qu'au voisinage de l'albuginée, où leurs dimensions se réduisent graduellciTicnt à celles des capillaires ordinaires.
I.a direction générale, des Irabécules est longitudinale; mais elles s'unissent
l'( Portion (l'une seclion transversale de l'albuginée et <lu corps caverneux du pénis, injeclée par l'artère profonde du pénis. - section de l'ai tere profonde du pénis et des vasa vasorum compris dans sa paroi.
Sl'LANCilNO].OGlE
Struclure.
Vaisseaux des corps caverneux.
Artères.
Rameaux nutritifs.
Artères hélicines.
(Fig. 261) (').
fréquemment enire elles à angle aigu, de manière à c.onsliluor des réseaux. .No: distendues, les aréoles se présentent sur une coupe longitudinale sous la forn. de fentes allongées, sur une coupe transversale, sous la forme de fentes éloiléc.^.
Toutes ces trabécules sont composées de tissu conjonctif, de fibres élasliqur et de tibres musculaires lisses en diverses proportions.
Le tissu co}ijonctif enire pour une large part dans la composition du tissu caverneux; les trabécules les plus fines de la portion centrale en sont exclusivement formées. Le Hssu élastique est peu abondant; quant aux faisceaux musculaires, ils sont surtout nombreux et volumineux au pourtour des ramifications artérielles ; mais on en trouve aussi dans l'épaisseur ou à la surface des trabécules (V. fig. 2G1).
Certaines trabécules logent dans leur intérieur un ramuscule artériel, dont le trajet en tireboucbon leur donne une apparence ondulée. Quelquefois aussi on y trouve de petits ramuscules nerveux.
Bien que les aréoles du tissu spongieux aient la signification du réseau capillaire intermédiaire aux artères et aux veines, leurs parois ne sont pas toujours tapissées par une membrane épithéliale. Ce n'est que sur les trabécules trèsvolumineuses qu'on voit souvent des séries de noyaux qu'on pourrait rapporter à un épilhélium ; les trabécules plus fines, quel que soit le tissu qui les compose, en sont complètement dépourvues, et conséquemment sont directement baignées par le sang.
3» Vaisseaux, a. Artères. Les corps caverneux reçoivent cbacun une brancbe volumineuse delà honteuse interne, qui porle le nom d'artère caverneuse, et quelques rameaux, en général très-grêles, provenant de l'artère dorsale de la verge.
L'artère caverneuse, avant de pénétrer dans l'épaisseur du corps caverneux, fournit un rameau rétrograde, qui s'enfonce dans la racine de cet organe et s'y ramifie ; puis elle traverse l'albuginée au voisinage de la cloison et près du bord supérieur de cette dernière, qu'elle suit d'arrière en avant, au milieu du tissu spongieux et entourée d'une gaîne de tissu conjoncîif, qui se continue avec le réseau des trabécules. Arrivée à l'extrémité antérieure du corps cavcineux, elle se recourbe en arcade pour se continuer avec celle du côté opposé.
Dans ce trajet, elle s'anastomose fréquemment, à travers les perforations de la cloison, avec l'artère caverneuse du côté opposé, et fournit an tissu spongieux des corps caverneux de nombreux rameaux qui se répandent dans toutes les directions et dont la disposition toute spéciale, signalée par J. Miillcr, est encore aujourd'hui une cause de dissidences parmi les anatomistes.
Dans un mémoire publié en 183o (!) J. Mûller distingue les rameaux fûurIli^ par l'artère caverneuse en rameaux nutritifs, qui se résolvent en capillaire.'^, à la manière ordinaire, dans l'épaisseur des trabécules, et se continuent en suilc avec des veines; et en rameaux hélicim, petites divisions artérielles con-
(•) Section transversale du corps caverneux du péuis à l'étal de llaccidité.
(I) Arch. fie Millier, 1835, p. 202.
DE LA VERGE
Opinion ;|e Valcnliu
tournées en tire-bouchon, affectant la forme de diverticules qui se terminent en cul-de-sac et font saillie dans les aréoles du tissu spongieux, lladmit d'abord que ce cul-de-sac était percé d'une ^^^^^ ouverture, par laquelle le sang de l'artère hélicine était versé dans les aréoles. Plus tard il avança que ces ouvertures n'existaient point et que les artères hélicines étaient de simples diverticules, sans communication directe avec les aréoles du tissu spongieux.
L'existence des artères hélicines a été combattue surtout par Valentin, qui les considéra comme des produits artificiels, résullant de la déchirure des trabécules du tissu spongieux, lesquelles, devenues libres, obéissaient à leur élasticité et à celle du vaisseau en tire-bouchon contenu dans leur intérieur, et s'enroulaient en spirale. Ce dernier fait a été conteste He„ie par Henle. D'autre part, Kœlliker, généralisant un fait observé par Mûller, sou- ivœihker. tient que de l'extrémité en culde-sac des artères hélicines par- ^"'S ^'^^^ tent des vaisseaux très-fins, de 0'"'",014 à 0°"",02 de largeur, que (lorlach dit avoir vus s'ouvrir dans les aréoles du tissus pongieux. Enfin M. Rouget attribue à des injections incomplètes cette apparence de cul -de -sac terminé par un capillaire. Suivant cet habile anatomiste, ce qui caractérise les artères dans les organes érectiles, c'est uniquemen t la multiplicité des rameaux, qui se détachent sous forme de bouquets, et leur trajet flexueux, en tire-bouchon, qui ne s'efface jamais complètement, môme lorsque l'organe est arrivé à son maximum de distension.
Les dernières recherches de Henle tendent de nouveau à faire admettre les artères hélicines. Sur des pièces parfaitement injectées, cet éminenl anatomiste a vu les rameaux de l'artère ca-
['\ Coupe longitudinale du corps caverneux du pénis injecté par Tartère caverneuse. - '\ artères l.cli-
"n'Arléres hélicines avec leur gaine et les prolongements compris dan, l'^l>a'«8«"j/«J«''' - A, n, des corps caverneux du pénis. - I), du corps spongieux de
sale d'une artère helicinc. - faisceaux de tissu conjonctif, pa. tant du sommet de la gaine hélicines.
Uouget.
Dernières recherches de Henle.
SPLANCIINOLOGIE.
verneuse garnis sur tout leur pourtour cl jusqu'à leur terminaison de proloi gements très-serrés et très-fins, terminés par un cul-de-sac arrondi, quelqu fois renflé, ou par une anse. Ces prolongements pénétrent dans l'épaisseur di l'enveloppe celluleuse des artères, mais ne font pas saillie à sa surface exlerni leur existence est un caractère qui distingue nettement les artères hélicines <U branches qui les fournissent. De la gaîne de tissu conjonctif qui entoure les artères hélicines part souvent une lamelle de même nature, qui la fixe à une trabécules voisines. Rarement celte lamelle contient dans son épaisseur un ca pillaire, provenant de l'artère hélicine.
Les ramifications de l'artère caverneuse sont remarquables par l'épaisseur considérable de leur couche annulaire, épaisseur qui se montre jusqu'à leur termi naison; elles aboutissent pour la plupart aux fines aréoles périphériques de la substance spongieuse. Les artères hélicines, qui n'existent, suivant Valenlin. que vers les racines des corps caverneux et dans le bulbe de l'urèthre, s'observent, au contraire, dans la portion centrale de ces organes, c'est-à-dire dansceli dont les aréoles sont les plus larges; elles naissent directement des branched'un certain volume et mesurent 0"'"',4 à 0"'"',S en longueur, sur O™",! à O"" j en largeur. Leurs parois, qui entrent pour la moitié ou les deux tiers dans c' dernières dimensions, présentent partout une couche élastique à fibres lonaitudmales et une couche musculaire à faisceaux annulaires, enveloppées à'mw couche de tissu conjonctif.
Suivant Valentin, il y aurait en outre des rameaux de 0'°"',01 à 0°"°,09 de diu-
(•) Arcade pubienne avec I.» <lîn..i,n„ d" pénis (Cep), ainsi qne le r.uJScZZZ"jL"n"\ " "'V"" ''" '"'^ corps cave,ueux:droi.
son segment antérieur a é.,! porté au TLT ^ '^'^ "'"^ ''"'^'^ ''e son origine , et
dorsaux d„ pénis, coupes à leur sortie du v.«T, ^^^'l"" P"''ienne. - ?, 3. 4, veine, artère et nerf bout anléneur (5') a suivi le ,,é„is , ., , '"■ P'-oronde du pénis, conp.e en travers; le
l".etl>re.- fir, muscle buibo caverneux ril T ■'" '""^i"- " '>«, corps spongieux de
"ée. - S, sphincter de l anus. ' ''''' '""sdcs Irausvcrses superficiel .1 profond du péri-
DE l'urèthre. 391
b. Veines. Les veines qui naissent du tissu spongieux des corps caverneux sont veiues. a-ès-nombreuses ; on peut les distinguer en {° veines inférieures, qui émergent les corps caverneux au niveau de la gouttière uréthrale, où elles s'abouchent ivec de petites veinules provenant du corps spongieux de l'urèthre. La plupart de jes veines, qui forment une double série antéro-postérieure, contournent, de chaque côté, le corps caverneux correspondant, reçoivent, dans ce trajet, quelques veinules issues des parties latérales de ce dernier et vont se jeter dans la veine dorsale de la verge. Celles qui naissent au voisinage de la symphyse, aboutissent au plexus veineux situé sur les côtés de la racine du pénis, ou vont rejoindre les veines sous-cutanées abdominales ; 2° veines supérieures, qui sortent des corps caverneux le long delà ligne médiane supérieure delà verge, et se jettent immédiatement dans la veine dorsale ou dans ses branches; 3° veines postérieures ou caverneuses, très- volumineuses, et constituant les principaux vaisseaux efférents (les corps caverneux, qu'elles quittent au niveau de l'angle de réunion de leurs racines, pour passer au-dessous de l'arcade pubienne et se jeter dans le plexus prostatique ; 4" wînes antérieures, naissant, au nombre de deux ou trois, de Texirémité antérieure des corps caverneux; ces veines reçoivent immédiatement des radicules qui émergent de la base du gland, et se réunissent en une ou deux branches qui cheminent entre le gland et les corps caverneux, pour gagner l'origine de la veine dorsale. 11 faut ajouter que Kobelt (1) a vu;plusieurs veines sortir de la face interne des racines des corps caverneux, en transversant les faisceaux du muscle ischio-caverneux, et se jeter soit dans la veine honteuse, soit dans la veine obturatrice.
Les veines caverneuses, en passant au-dessous de la symphyse, sont reçues dans des espèces de canaux à parois fibreuses qtfi les transmettent dans l'intérieur du bassin. Ces veines sont pourvues d'un grand nombre de valvules, qui = s'opposent à ce que les injections passent des troncs dans les branches. ^^^^ 4» Nerfs. Les7ierfs propres des corps caverneux n'ont pas été suffisamment étudiés. Ils sont une émanation du plexus caverneux et pénètrent avec l'artère caverneuse dans les trabécules du tissu spongieux, où leur mode de terminaison est encore inconnu. Le nerf honteux interne fournit également quelques filets aux corps caverneux.