VOUTE PALATINE ET GENCIVES
La voûte palatine, ou le palais, forme la paroi supérieure de la cavité buccale. C'est une sorte de voûte parabolique, que limitent, en avant et de chaque côté, les arcades dentaires, et qui se continue, en arrière, avec le voile du palais, sans ligne de démarcation bien tranchée.
On y remarque : 1° sur la ligne médiane, un raphé anléro-postérieur, remarquablement saillant, en forme de crête, chez quelques individus (2), à l'extrémité antérieure duquel est un tubercule, qui répond à l'orifice inféiieur du canal palatin antérieur : ce tubercule a été signalé à tort par les physiologistes comme doué d'une sensibilité particulière ; 2° de chaque côté et antérieurement, des rugosités en forme dé crêtes transversales, variables suivant les individus, et qui sont le vestige des rugosités bien plus développées, et môme des concrétions calcaires qui hérissent la voûte palatine de certains animaux. En arrière, la voûte palatine est parfaitement lisse.
Structure. Une charpente osseuse, une membrane fibro-muqueuse, une couche glanduleuse, des vaisseaux et des nerfs : telles sont les parties constiluanles de la voûte palatine.
1" La charpente est formée par la voûte palatine osseuse, déjii décrite [voyez Ostéologie), voûte beaucoup plus épaisse en avant qu'en arrière, soutenue A sa parlie moyenne par l'espèce de colonne formée par le vomer et la lame perpendicu-
Le palais est une voûte parabolique.
Raphé.
Tubercule palatin.
Crêtes de la voûte palatine.
Siructure.
Charpcnle de la voûte palatine.
(1) Ces divers usage» des joues sont démontrés par l'analyse des phénomènes qui ont lieu dans les cas fréquents de paralysie du nerf facial.
(2) J'ai vu plusieurs fois cette crête osseuse médiane, trôs-développée, en imposer pour une cxostose syphilitique, si bien qu'un traitement mercurlel avait été prescrit. M. Cliassaisnac coiisidf're Vi'xoshisn wèlin-]nilnliiii' comme un symptôme fréquenl fk; la .syphilis.
SPLANCIINOLOCIK
laire de rethinoïde, soulcnue en arrière et de chaque côté par la portion verticale des os palatins et par les apophyses ptiîrygoïdes. Nous avons insisté sur les aspérités que présente celte voûte osseuse, aspérités qui paraissent n'avoir d'autre but que l'adhérence intime de la membrane fibro-nuiqueuse aux os. Membrane '2° Membrane palatine etgingivale. C'est une membrane muqueuse remarquable, païaiiue^ cl | pj^j. couleur blauchritre ; 2. par l'épaisseur de son épithélium, surtout antéscs°carac- rieuremout ; 3. par l'épaisseur et la densité de son cborion, qui le cède à peine à lères. celui de la peau, el qui n'est formé que par du lissu conjonclif, sans trace de
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Couche glanduleuse.
Son épaisseur.
Glandes salivaires palatines.
IFiS. 16) (•)
tissu élastique; 4. par son adhérence avec les os, auxquels le chorion envoie des prolongements fibreux très-prononcés; celte adhérence est surtout intime au niveau des sutures qui parcourent la voûte palatine ; 5. par le grand nombre de pertuis, visibles à l'œil nu, dont elle est criblée, surtout en arrière ; 0. par les papilles coniques, qui s'avancent obliquement dans l'épithélium ; ces papilles disparaissent en arriére. Du reste, cette grande épaisseur du la membrane palatine n'est remarquable qu'à la partie antérieure de la voûte, et surtout derrière les dents incisives.
3° Couche glanduleuse. Sur la ligne médiane, la membrane muqueuse palatine se confond avec le périoste des os de la voûle ; mais, de chaque côlé, elle est séparée de cette voûle osseuse par une couche glanduleuse extrOmemenl épaisse, formée par des glandules quelquefois disposées en séries régulières, dans les gouttières antéro-postéiieures que présente cette voûle. Ces- glandules salivaires palatmes, tout à fait semblables aux glandes labiales et buccales déj;\ décriles, sont beaucoup plus multipliées en arrière qu'en avant, el s'ouvrent sur la membrane par une multilude d'orifices, visibles à l'œil nu. Souvent il existe deux orifices ou pertuis beaucoup plus prononcés, qui sont placés l'un à droite, l'autre à gauche de
(') Coupe verticale de la muqueuse de la voùle palatine.
('•) Coupe de In muqueuse palatine faile parullclenienl a sa sui faoe.
Dli LA BOUnilK KT IJE SRS DEPENDANCES.
cxtrémitL^ posti^iieiiro du raplié médian. Ces orifices apparliennent tantôt à lu .oûte pakiline, tantôt au voile du palais.
40 GencivL-s. A la membrane palatine se rattache la description de ce tissu ])articulier qui constitue les ge7icives (cù).v/). On appelle ainsi la portion de la muqueuse buccale qui entoure les dents. Les gencives se dislinguent du reste de la muqueuse par leur adhérence intime au périoste, par leur épaisseur, et surtout par une densité presque cartilagineuse, qui leur permet de résister au choc des corps durs soumis ;\ la mastication. Sous ce dernier rapport et sous celui de leur défaut de sensibilité, les gencives ont beaucoup d'analogie avec la portion de membrane palatine qui les avoisine. Voici, du reste, leur disposition : continues, en arriére, sans ligne de démarcation, avec la membrane fibro-muqueuse qui revêt la voûte palatine, elles commencent, en avant, à deux millimètres environ de la base de l'alvéole, où leurs limites sont établies par un relief comme festonné. Parvenues au bord libre ou base de l'alvéole, les gencives continuent leur trajet, dans l'espace de deux millimètres environ, au delà de l'alvéole, jusqu'au collet de la dent (t). Là, elles se réfléchissent sur elles-mêmes ; le lieu de cette réflexion est un bord libre, semi-lunaire, image du bord dentelé et comme festonné que leprésenlenl les bases des alvéoles. Les dentelures répondent aux intervalles des dfuts, entre lesquelles la portion de gencive qui a revêtu la face antérieure de l'alvéole, se continue avec celle qui a revêtu la face posté-
rieure.
Herluis de la \oùte palatine.
Gencives.
Leurs caraclères.
La. portion réflédre de la gencive répond, sans y adhérer, à la racine de la dent^ dans tonte la partie de celte racine qui déborde l'Ulvéole, puis s'enfonce dans la cavilé de celte alvéole, pour former le périoste aloéolo-dentaire, périoste qui constitue un puissant moyen d'union entre la racine de la dent et l'alvéole.
Ce tissu gingival varie beaucoup, pour la coloration et pour la densité, suivant les individus. Un de ses traits les plus caractéristiques réside dans l'action spéciale qu'exercent sur lui le scorbut et le mercure, sous l'influence desquels il se ramollit, devient fongueux, saignant, et fournit une quantité énorme de tartre. Un autre caractère, mais tout à fait anatomique, consiste dans la présence d'une multitude de dépressions arrondies, semblables aux pores de la peau et que l'on voit même à l'œil nu en se plaçant sous un certain jour ; ces dépressions ne se rapportent nullement à des glandules spéciales, qui seraient chargées de la sécrétion du tartre ; on ne trouve, en eflel, aucune trace de glandes dans l'épaisseur des gencives. Mais leur surface est garnie de papilles allongées, dont les pointes s'avancent trùs-près de la surface de l'épilhélium (;^//. 18). Presque insensible quand on le diviï^e par un instrument tranchant, le tissu gingival paraît déterminer, sous l'influence de la pression exercée par les dents, lors de leur éruption, les accidents les plus graves.
Vaisseaux el nerfs de la voûte palatine et des gencives. Les artères viennent, les unes, de la maxillaire interne : ce sont les rameaux palatins postérieurs, alvéolaires, sous-orbitaire et mentonniers; les autres, de la faciale, savoir : de l'artère coronaire supérieure pour. les gencives supérieures, de la sous mentale et de la sublinguale pour les gencives inférieures. \,es veines portent le même nom. Les nerfs viennent tous de la cinquième paire : ce sont les rameaux palatins et dentaires supérieur et inférieur. Le nerf naso-palutin envoie ses rameaux au petit
Leurs limites.
Trajet des gencives.
Leur réflexion.
Dispiisilion festouuée de leur bord
libre.
Portion réfléchiede la
gencive.
Périoste al-
veolodentaire.
Follicules des genci-
yes.
Couleur des
gencives.
Leur défaut de sensibilité.
Artères.
Veines.
Nerfs.
(I) 11 importe (le rappeler que la racine de la tient diMiordc; do deux iiiiUimèlres environ la base de l'alvéole.
JS8I
Développement.
Opinion des nnteurs.
Usages :
lo De la Toiite pala tine ;
îo Des gencives.
(Fig. 18) n.
30 SIM.ANCHNOLOGIE.
Iiibei'cule mtVlian do la vofite palatine. Il est peu de parties où l'on trouve aus peu de tissu cellulaire.
Développement. Suivant les auteurs modernes les plus recommandables, la
voûte palatine se développe p;ir deux points latéraux, qui se réunissent sur la ligne médiane; en sorte que le vice de conlormation connu sous le nom de bec-de-lièvre avec division de la voûte palatine et du voile du palais, n'est qu'un arrûl de développement. Or, la division peut ûtre simple ou double antérieurement. Dans ce dernier cas, les deux divisions séparent du reste de l'os la portion de l'os maxillaire qui soutient les incisives.
Usages des gencives et de la voûte palatine. La voûte palatine sépare la cavité buccale des fosses nasales. Elle sert de point d'appui à la langue dans la gustation, dans la mastication, dans la déglutition, et dans l'articulation des sons.
Les gencives ferment complètement l'alvéole et servent d'organes immédiats de la mastication avant l'éruption des dents ; après la chule des dents, elles deviennent calleuses, et remplacent ces instruments de la mastication.
Les gencives concourent singulièrement à maintenir solidement les dents dans leurs alvéoles : d'où l'ébranlement des dents dans le scorbut et dans les cas d'abus de mercure. On peut considérer les follicules dentaires comme une dépendance des gencives, qui, d'après celte manière de voir, contiendraient ces follicules ou germes dentaires dans leur épaisseur.