‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 14 sur 180 · V. — VOU-E DU PALAIS ET ISTHME DU GOSIER · texte numérisé non relu

V. — VOU-E DU PALAIS ET ISTHME DU GOSIER

Pré/jaration. On peut voir la face inférieure du voile du palais en abaissant fortement la mâchoire inférieure, ou mieux en sciant l'os maxillaire inférieur sur la ligne médiane, et .^n écartant les deux moitiés. Pour en voir la face supérieure, il faut, après avoir fait la coupe du pharynx, diviser verticalement la paroi postérieure de celle cavité. La préparation des di verses couches qui entrent dans la composition du voile du palais et de ses muscles extrinsèques et intrinsèques, ressort de la description qui va suivre.

Définition.

Situation.

CONFOnMATlON UXTÉniEUBE.

Le voile du palais est une valvule musculeuse et membraneuse, qui prolonge en arrière la voûte palatine, et qu'on pourrait appeler, pour celte raison, voûte palatine membraneuse. C'est unesorle de cloison incomplète [seplHm.staphylin,0\^^^^.), qui sépare la cavité buccale des fosses nasales et du pharynx.

(*) Gencive, coupe verticale .

DE LA BOUCm-: ET DE SES DÉPENDANCES.

S;i direclion est curviligne : horizontal dans sa partie supérieure, il se reiiurbe pour se porter presque directement en bas. Pendant la di'iglutilion, le iiile du palais devient horizontal au moment du passage du bol alimentaire, lonr redevenir oblique et curviligne immédiatement après ce passage et s'oppo- ,'rà la rétrogradation des aliments. Dans un assez grand nombre de cas patholoiques, on a vu ce voile renversé en haut, et adhérent à l'orifice postérieur des

ses nasales. Tous ces changements de direction portent sur la portion oblique, i non sur la portion horizontale du voile du palais.

Aplati, quadrilatère, parfaitement symétiique, le voile du palais présente à ^msidércr 1° une face inférieure ou buccale, 'concave, qui continue sans ligne

(Fig. 19)

Changement que ce voile subit dans sa direction.

Figure.

Symétrie.

Face inférieure ou buccale.

dinn.

de démarcation la voûte palatine. Cette face se voit très-bien lorsque la bouche est ouverte; aussi est-elle facilement accessible aux instruments de la chirurgie. On y trouve, sur la ligne médiane, un raphé blanc, faisant suite au raphé Kaidic mcraédian de la voûte palatine; ce raphé est dû à un petit cordon fibreux qui soulève la membrane muqueuse. Chez quelques sujets, on \oit de chaque côté de la ligne médiane, à la jonction du voile du palais avec la voûte palatine, un permis très-prononcé , qui ressemble à l'oritice d'un conduit excréteur tassez considérable. Cet orifice, dont j'ai parlé à l'occasion de la voûte pala-

(*) Vue de la cavité buccale, lorsque par une section verticale et transvcrsiile passant dans la région de la dernière molaire, on a enlevé la face. La langue est abaissée. — 1, sinus sphénoïdnl. — 2, cloison •des fosses nasales. — 3, fosses nasalci". — 4, sinus maxillaire. — 5, voùie palatine. — 6, section de la kinnqueuse buccale. — 7, luette. — 8, pilier postérieur du voile du palais. — 0, section de l'os ninxil- »laire inférieur. — 10, pilier antérieur. - II, replis pharyiigo-épiglottiques. — 12, paroi postérieure du pharynx. — 13, épiglotle.

Sl'hANC.lINOl.OC.IK

Face supérieure ou nasale.

Saillie médiane.

Pourquoi on a cru à l'absence congéniale du \oile du palais.

Son bord supérieur.

Son bord inférieur.

Luette.

Bords latéraux du voile du palais.

(Fig. 20) O

line, est le coiitliionl des conduits excn'teiirs d'un gfand nomljic de glundiilc.-.

2° Une fucc supérieure, ou nasale, convexe, qui prolonge Icplanclicr des l'osscs nasales, et qui, par son inclinaison, dirige les mucosités dans la cavité pharyngienne. Celle face pri'scnle une saillie mi'diiine, qui est due, en haul, uu\ muscles palatoslaphylins, en bas, à un amas de glandules. C'esl sur la ligne médiane qu'a lieu la division congtîniale du voile du palais, cl celte division a pour résultai la

rétraction des deux moitiés de ce voile qui s'efl'acent complètement en restant appliquées contre les piliers correspondants, si bien qu'on a pu croire à son ab.^ence chez certains sujet».

3" Un bord supérieur, épais, solidement fixé au bord postérieur de la voûte palatine.

4° Un bord inférieur, libre, extrêmement mince, circonscrivant gosier ; ce

concave , l'isthme du bord offre, sur la ligne médiane , une espèce d'appendice ou de prolongement , connu sous

le nom de luelh , uvula, appendice conoïde, trésvariable pour le volume et pour la longueur , manquant quelquefois, susceptible d'un allongemenl considérable, et atteignant alors la base de la langue, et non l'orifice supérieur du larynx (t). 11 n'est pas fort rare de voir la luette bifide.

5» Deux bords latéraux, qui limitent de chaque côté le voile du pdais et le séparent de la joue. Celle limite est établie par un rebord saillant, étendu de l'extrémité postérieure du bord alvéolaire supérieur à l'extrémité postérieure du

(*) Base du ciàiie, vue par la face postérieure. — La paroi postérieure du pharynx a été fendue sur la ligne médiane, et loi deux lèvres de la division écartées. — 1, paroi supérieure des fosses nasales. - 2 cloison des fosses nasales. - 3, orifice de la trompe d'Ru.tache. -4, luette. - 5, pilier antérieur du voile du palais — 6. pilier postérieur. —7, voûte palatine. —8, replis ph.iryngo-cpigloltiqucs. - 9, dos de la langue. — 10, cpigloltc, maintenue abaissée par un crochet. — H, ouverture supérieure du larynx. — 12, paroi antérieure du pharynx, couvrant le larynx.

(I) Appelé en coiisultaiion auprè.s d'un malade attaqué de hiryngife chronique, je fus étrangement surpris d'entendre dire par un consultant que cette maladie était le résullat de nnltation que produisait la luette sur rorillco supérieur du larynx. La luette repond toujours à quelques millimètres au-devant de l'épifilotle.

DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES

bord alvéolaire inlVdeur. Celle saillie, qui répond au bord anlérieur du muscle [itérygoïdien interne, est constiluée en grande pai lic par une série de glandules, qui forment, derrière la dernière grosse molaire infthieure, une agglomération considérable, à la manière d'une petite glande.

6" Des piliers du voile du palais. De la luette parlent, de chaque côté, deux espèces de colonnes ou de piliers latéraux, disposés en arcades, et que l'on divise eu antérieur et en postérieur.

Le pilier antérieur part de la base de la luette, se porte en dehors, puis verticalement en bas, en décrivant une courbe dont la concavité est en dedans et en lias, et vient se terminer sur les côtés de la langue, au niveau de l'extrémité antérieure du V que décrivent les papilles caliciformes de cet organe.

Le pilier postérieur naît du sommet de la luette, se recourbe immédiatement en décrivant une arcade à diamètre plus petit que celle représentée par le pilier antérieur, et se dirige obliquement en bas, en arrière et en dehors, pour se terminer sur les côtés du pharynx. C'est ce pilier qui constitue le bord libre du voile ilu palais. 11 déborde de beaucoup, en dedans, le pilier antérieur, en sorte que, sur un individu vivant dont on abaisse la base de la langue, on peut apercevoir on même temps les deux piliers, à la manière de deux rideaux situés sur deux plans différents. Chacun de ces piliers représente un triangle dont la base est en bas et le sommet en haut.

7" Excavation amygdalienne. Il résulte de la direction du pilier antérieur et du pilier postérieur que ces deux piliers, rapprochés en haut, sont séparés en bas par un intervalle considérable. Cet intervalle, rempli en partie par l'amygdale, mérite le nom d'excavation

amygdalienne. Pour en avoirune "'^ ^

bonne idée, il faut l'étudier sur une coupe verticale anléro-poslérieure de la tête. On voit alors une espèce de ventricule, étroit et peu profond en haut, trèslarge et très-profond en bas, surtout chez les sujets dont les amygdales sont peu développées. \ La base de celle excavation répond, d'avant en arrière, à la base de la langue, à l'épigloUe, au larynx et aux parois latérales du pharynx ; le fond de l'excavation amygdalienne répond à l'angle de la mâchoire inférieure et à la parlic latérale de la région sus-hyoïdienne, où elle n'est séparée de la peau que par une couche peu épaisse de parties molles. Fixes en haut, les dimensions de l'excavation amygdalienne sonl très- variables en bas, suivant le volume de l'amygdale

Des piliers.

Pilier aiilcrieiir.

Pilier postérieur.

Il déborde en dedans le pilier antérieur.

Excavation .imygdalienne .

Sa forme.

Ses rap-

Variabilité de ses dimensions iiifcrieu rcnionl.

(■) Seclion horizontale d'une Ictc de fœlus, passant par la commissure des lèvres; portion inférieure. — kqp, section du pilier aiilcricur. — App, seclion du pilier postérieur.— 1, seclion de la brandie du mavillaire inférieur. 2, condyle de l'occiplliil. — 3, npopbyse odontoi le — -i, sommet de l'amygdale.— 5, épinlotle. — fi, lèvre inférienro.

yPLANCHNOLOLilL;.

Islliiiie ilii

Sa dilatabilité est moindre que celle de l'orifice buccal.

Cet orifice peut êire oblitéré par

l'action musculaire.

ol suivant que lu langue est contenue dans la cavité Ijuccale ou portée en avanl.

8» Isllime du gosier. On appelle isthme du gosier l'orifice postérieur de la cavitibuccale. C'est une espiH'e de détroit, qui st'-pare la cavité buccale de la cavité pliaryngionne, cl qu'interceptent, en bas, la base de la langue, sur les cftlés, les piliers antérieurs du voile du palais, lesquels convergent, en haut, vers la luette. Cet orifice postérieur de la bouche, trOis-dilalable, l'est cependant moins que l'orifice antérieur de la môme cavité. 11 est susceptible d'un rétrécissement qui peut aller jusqu'à l'occlusion, non-seulement par l'eilet d'une inflammation des amygdales et des piliers, mais encore, à l'état physiologique, au commencement du deuxième temps de la déglutition, par la contraction des muscles qui entrent dans la composilion du voile du palais et de ses piliers antérieurs, dont les bords internes peuvent se toucher par l'effet d'une contraction trés-forte des muscles contenus dans leur épaisseur. C'est ce qu'on peut voir en examinant le jeu de l'isthme du gosier chez un individu qui se prête à cet examen. Ces différences dans les dimensions de l'isthme sont relatives, non-seulement à la déglutition, mais encore à la produclion de la voix modulée et articulée.

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