Y. APPAREILS DES SENS
Appareil L'ap2Mreil des sensations, destiné à nous mettre en relation avec le monde ma- <ies (ériel, comprend des organes nombreux et divers, que l'on peut diviser en sensations, jj-ois groupes : {° ovganes des sens, chargés de recevoir les impressions que les corps extérieurs peuvent produire sur notre organisme; 2» les nerfs serisitifs, qui ont pour mission de transmettre ces 'impressions de la périphérie au centre; 3° des organes nerveux centraux, destinés à les percevoir et à les transformer en perceptio7is.
Organes des Organes ou mieux les appareils des sens, étant composés de parties plus ou
sens. moins complexes qui reçoivent des ramifications vasculaires et nerveuse^, trouvent naturellement leur place à la suite des autres appareils décrits en splanchnologie. Quant aux nerfs et aux organes centraux, leur description formera la névrologie.
l eurs carac- Lcs organes dcs sens étant chargés de recevoir les impressions du monde '^'rau^v^."'" ^"l^"^"'^? transmettre au cerveau par l'intermédiaire des nerfs, leurs
caractères communs ou généraux sont : 1° d'occuper la périphérie du Corps; 2» de communiquer, par des nerfs plus bu moins volumineux, avec la partie centrale de l'appareil nerveux ; 3° de présenter une structure propre, en harmonie avec les qualités physiques des corps qu'ils sont appelés à nous faire percevoir. Sous ce rapport, on peut distinguer dans chaque appareil sensorial deux portions; l'une fondamentale, ou sensitive, sur laquelle se produit l'impression, l'autre accessoire ou de perfectionnement, appareil physique destiné à placer dans les conditions les plus favorables Varjent qui doit produire l'impression. Cet appareil physique « est d'autant plus complexe que le point de l'économie « où il a son siège, doit moins contribuer à l'accomplissement d'autres fonctions. « Amsi, pour ce qui concerne le tact, qui réside dans la peau, dont chaque par- « t.cule rempht plusieurs fonctions, l'appareil physique, afin de ne pas gôner « ces fonctions, est presque nul; il est déjà un peu modifié pour le toucher, qui « n est lui-mOme qu'une modification du tact porté à un degré plus élevé. Pour la langue organe appelé à remplir plusieurs fonctions, mais moins nombreu- « ses que celles de la peau, l'appareil physique est déjà plus complexe, sans qu'il « perde pourtant ceriains caractères de simplicité. Le nez, remplissant encore moms de fonctions que la langue, possède un appareil physique plus compliqué que celui du goût. Les nerfs sensoriaux des trois organes des sens dont nous venons de parier, n'ont besoin, pour recevoir l'action de leurs excitants, que de plonger par leur extrémité périphérique dans une membrane où ils puis- « sent présenter à ces excitants le plus grand nombre possible de points de con-
DE LA PEAU
<(. tact. Des papilles, des plis et des replis suffisent à cet effet. Les nerfs optique « et acoustique, au contraire, se rendant chacun à un lieu où il ne doit y avoir « qu'une seule fonction, ont chacun aussi un appareil physique des plus com- « plexes, et c'est grâce à lui que les ondes lumineuses et sonores sont recueil # lies, conduites, concentrées, réfractées, réfléchies, etc. » (Longet, Traité de phtjsiologie, t. I, 2« partie, p. 218.)
On admet généralement cinq sens, qui ont leur siège dans autant d'appareils distincts. Ce sont : la peau, appareil du tact et du toucher; la langue, appareil du goût; le nez, appareil de l'olfaction ; l'œil, appareil de la vue, et l'oreille, appareil de l'ouïe. C'est dans cet ordre que nous allons en faire la description. Il est à remarquer que quatre de ces appareils, ceux des sens spéciaux, occupent la tête, pour être aussi rapprochés que possible du cerveau, et que l'appareil du sens général, la peau, enveloppe comme un vêtement tout l'organisme, si bien qu'aucun objet extérieur ne peut être en contact avec notre corps, sans que nous en soyons immédiatement avertis.
Los organes des sens sont au nombre de cinq.
Situation générale des sens spéciaux.
§ 1. — DE .LA PEAU
La peau, siège du tact et du toucher, est une membrane ferme et résistante, qui sert d'enveloppe, de tégument au corps et qui se moule exactement sur toute sa surface, dont elle rend les formes, en même temps qu'elle en voile les inégalités. La peau n'offre point d'interruption dans sa continuité ; au niveau des ouvertures naturelles du corps, au heu d'être perforée, elle se déprime, se réfléchit sur elle-même, et se prolonge, modifiée, dans les cavités intérieures, dont elle forme le tégument interne, sous le nom de membrane muqueuse, ou depeau rentrée, suivant l'ingénieuse dénomination proposée par quelques anatomistes.
On peut considérer la peau comme une limite, à la fois sensible et résistante, de l'organisme, hmite qui, par sa sensibilité, nous met en rapport avec les qualités tactiles des corps extérieurs, et, par sa résistance, nous garantit, jusqu'à un certain point, de leur action. La peau est, en outre, un organe de sécrétion, par lequel l'économie se débarrasse de certains matériaux inutiles ou nuisibles, et une voie d'absorption, toujours ouverte à l'introduction des fluides appliqués à sa surface (I).
(1) C'est par la peau que quelques auteurs anciens, Marc-Aurfele Séverin, entre autres, fidèles à l'ordre de superposition, qu'on appelle quelquefois l'ordre anatomique, commençaient la description du corps humain ; c'est encore par elle, mais pour un motif bien dilTérent, que de Blainville commence la description dans son Anntomie comparée. Ce naturaliste célèbre, poussant en quelque sorte l'induction analogique jusqu'à ses dernières limites, fait de la peau l'organe fondamental de l'économie, rattache à cette mem Lrane tous les organes des sens, qu'il regarde comme des phanères [a] analogues aux poils ; fait sortir l'appareil de la locomotion de l'élasticité de la peau, qui devient conlractilité; les appareils de la digestion et de la respiration, d'une modification de la fa ulté absorbante de l'organe cutané ; les appareils des sécrétions et de la génération, d'une modification de la faculté exhalante. L'appareil circulatoire ost lo seul qu'il ne fasse pas dériver immédiatement de l'enveloppe extérieure. Encore, peu s'en faut qu'il ne regarde l'appareil de la circulation comme une extension du tissu cellulaire sorti des mailles de Ja peau. Ces Idées sont en conti adiclioii avec les notions que nous possédons aujourd'hui «ur le mode de développement des divers appareils organiques.
La peau n'est point perforée.
Sa continuité avec tes membranes muqueuses.
Usages de la peau.
(a', Uot créé par de Blainville, par opposition au mot crypte (de favi^i;, éTident, manifeste, apparent).
SPLAKCIINOLOGIE.
A. Caractère» pliyHiques.
I a peau est une membrane dense, résistante et élastique, qui présente d'abord à éludier : i" sa surface libre ou swpcrfideUe ; 2» sa surface adhérente ou profonde.
objets que présente la
surface iibie de la peau.
Plis de la peau.
I" Plis de locomotion ;
2» Plis par froncoment:
3" l'lis sr^iiilcs, plis par amaigrissement.
1, Surface libre.
La surface libre de la peau nous offre : 1° une coloration variable, suivant les races humaines, suivant les individus et suivant les régions qu'on examine; 2° des plis et des sillons ; 3° des productions cornées, ongles et poils, annexes de la peau ; 4° des pertuis par lesquels s'échappent les produits de diverses sécrétions, et qui appartiennent, les uns, aux glandes sudoripares, les autres aux IbUicules pileux; la plupart des glandes sébacées s'ouvrent dans ces derniers, [.es productions cornées, les pertuis et la coloration de la peau seront étudiés à l'occasion de sa structure.
Un mot sur les plis divers dont la surface de la peau est sillonnée. Ils sont de plusieurs ordres :
i» Il est des pZis de locomotion, qui sont permanents, en quelque sorte inhérents à la constitution de la peau, et en rapport avec les divers mouvements des parties correspondantes. Ils se divisent en grands et qtx petits. Les grands plis s'observent autour des articulations, tant dans le sens de la flexion que dans celui de l'extension; tels sont ceux qui répondent aux articulations des phalanges, les phs de la paume de la main. Les petits plis, étendus entre les orifices des follicules pileux, sillonnent toute la surface de la peau, qu'ils divisent en losanges peu réguUers ; c'est à. ces plis, qui disparaissent par la tension, que la peau doit son aspect mat caractéristique ; les régions dépourvues de poils et celles qui sont fortement tendues, paraissent lisses et brillantes.
2° Il est des plis par froncement, qui résultent de la contraction des muscles subjacents : tels sont les rides transversales qui résultent de la contraction du frontal, les plis verticaux dus à celle des sourciliers, les plis radiés produits par la contraction de l'orbiculaire des paupières, du sphincter. Ces plis, d'abord temporaires, comme la contraction des muscles qui leur donne naissance, deviennent permanents à un certain âge, lorsque la contraction est fréquemment répétée. Leur direction est perpendiculaire à celle des fibres musculaires qui les produisent. Nous devons ranger dans la môme catégorie les plis du scrotum, déterminés par la contraction du dartos.
. 2» Les plis séailes, les plis par amaigrissement résultent de ce que la peau du vieillard, dépouillée du tissu adipeux qui la doublait dans le jeune âge, se trouve relativement trop étendue pour les surfaces qu'elle doit recouvrir. Voilà pourquoi la maigreui' des jeunes sujets ne ressemble nullement à celle du vieillard. Ces plis dérivent surtout du défaut d'élasticité de la peau et sont d'autant plus considérables que la peau a plus perdu de son ressort, et que les organes aoui jacents à la peau ont plus diminué de volume.
Après une distension forcée de la cavité abdominale, la peau du ventre et de la partie supérieure des cuisses, altérée dans sa texture et comme éraillée, présente, outre une grande laxité, des marques blanches ressemblant à des cicatrices, au niveau desquelles l'épiderme semble aminci, mais qui n'ont rien de commun avec les plis sénilcs ; elles portent le nom de vergetures et s'observent
DIS LA PRAU.
chez les femmes, aprùs la grossesse, dans les deux sexes, après une ascile.
4» 11 faut bien distinguer des plis de la peau dont il vient d'âtre question, les sillons superficiels, plus ou moins réguliers, qui séparent les papilles. Quelquefois ces saillies du derme sont complètement effacées par l'épiderme, qui passe au-dessus d'elles sans que sa surface présente la moindre dépression au niveau de l'espace qui les sépare. D'autres fois, elles sont plus ou moins reconnaissables à la surface de la peau, l'épiderme étant soulevé par elles et traduisant à l'extérieur, non point chaque papille individuellement, mais les séries longitudinales qu'elles constituent; c'est là ce qui s'observe à la face palmaire des doigts et à la face plantaire des orteils. Les papilles de la pulpe des doigts, parfaitement figurées par M. Arnold (I), sont disposées les unes en spirale {lineœ et suîci vorticosi), les autres en arcs {lineœ et sulci arcuatï), les autres transversalement {lienœ et sulci tran$versî). Ces sillons des papilles contrastent avec les plis de locomotion situés sur les parties latérales des phalanges.
Toutes les régions de la peau, autres que la paume des mains et la plante des pieds, vues à la loupe, offrent une multitude de petites éminences qui donnent àla peau l'aspect grenu de la surface d'une orange. Ces saillies inégales, qui sont constituées par des papilles, forment des groupes irréguliers séparés par des plis losangiques. Il faut bien distinguer ces éminences papillaires des saillies formées par les follicules sébacés et les follicules pileux, saillies très-variables suivant les individus et qui apparaissent à leur maximum de développement dans le phénomène connu sous le nom de chair de poule.