‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 145 sur 180 · Surface adhérente · texte numérisé non relu

Surface adhérente

Sillous d ;s papilles diî la paume des mains

et de la plante dos pieds.

Ils sout bien distincts des sillons

ou plis losangiques du reste de la peau.

Sous la peau de l'homme, se voit une couche plus ou moins épaisse de tissu adipeux, appelée pannicule graisseux. Ce tissu est contenu dans les mailles circonscrites par les faisceaux fibreux qui se détachent du derme et qui tantôt vont s'implanter aux aponévroses d'enveloppe, auquel cas la peau est dite adhérente, et tantôt s'épanouissent en une membrane aponévrotique très-mince, appelée fascia superfidalis, et alors la peau est mobile. La quantité de tissu adipeux sous-cutané et l'adhérence ou la mobilité de la peau sont dans un rapport constant et nécessaire avec les fonctions que doit remplir telle ou telle région. Ainsi, abondant à la paume de la main et à la plante des pieds, où il forme un coussinet graisseux, le tissu adipeux est nul aux paupières et à la verge, etc.

Lorsque la peau qui avoisine une surface osseuse, doit être à la fois et trèsmobile et exposée à des frottements habituels, on trouve au-dessous d'elle des €jpèces de bourses ou capsules séreuses, dont les unes sont congénitales et entrent dans le plan primitif de l'organisation, et dont les autres sont accidentelles et résultent du frottement.

On doit considérer le tissu adipeux sous-cutané comme une dépendance, et môme comme une partie constituante de la peau ; car il est impossible de l'en isoler complètement. Le tissu adipeux pénètre, en effet, les espaces aréolaires du derme, qu'il remplit entièrement.

Tandis que la peau des mammifères est doublée, dans la plus grande portion de son étendue, par une couche musculeuse destinée/! la mouvoir, peaucicr, pannicule charnu, celle de l'homme n'en présente que des vestiges, tels que le peau-

Pannicule graisseux.

Bourses synoviales sous-culanées.

Le tissu ad-

peux pénètre l,a peau.

(1) Icônes organorum sensuum, fascic. 2.

SI'LANCIINOLOGIE.

Les peii liciers sont coiicuntrùs à la face chez

riiuiiiiiic.

C'est par sa face adhérente que la peau reçoit ses vaisseaux et ses nerfs.

cicr du cou et de la face, le palmaire cutané. Les peauciers de l'homme sont presque tous concentrés à la face, où leur contraction donne à la physionomie ces carçiclères si variables, qui sont l'expression de ce qui se passe dans l'encéphale. Dans quelques régions, on trouve au-dessous de la peau, une couche de fibres musculaires lisses, qui pourrait être considérée commefaisant partie inlégraiile de ce tégument ; c'est ce qui s'observe au pourtour du mamelon, au scrotum.

C'est par sa face adhérente, et plus particulièrement par ses aréoles, que la peau reçoit et émet ses vaisseaux et ses nerfs. Aussi, toutes les fois que la peau est décollée dans une certaine étendue, ou bien elle tombe en gangrène, ou bien l'énergie des phénomènes vitaux . y est tellement altérée qu'elle ne saurait suffire au travail de la cicatrisation.

Rapports. La peau, par sa face profonde, est en rapport avec des organes variés. Le plus souvent, comme nous l'avons vu, elle recouvre l'aponévrose d'enveloppe des muscles, avec laquelle elle est plus ou moins adhérente. Dans quelques régions très-limitées, elle est directement en contact avec le squelette, comme au niveau de la crête du tibia, de la clavicule, de l'épine, de l'omoplate, du sternum. Un grand nombre de saillies osseuses, telles que l'épitrochlée et l'épicondyle de l'humérus, les malléoles, l'épine iliaque antérieure et supérieure, etc., soulèvent la peau, qui glisse sur elles au moyen de bourses séreuses plus ou moins développées. A l'occasion des vaisseaux, nous avons étudié les connexions qu'offre la peau avec les artères, veines et lymphatiques.

JB.

Sitructure «le la pean.

Parties constituantes >le la peau.

La peau est essentiellement constituée par deux couches superposées, qui se

séparent spontanément, sur le

(Fig. 365) {•).

cadavre, par les progrès de la putréfaction, et dont la séparation peut être opérée, sur le vivant, par l'application d'un vésicatoire (I); l'une de ces couches est profonde : c'est le derim ou chorion, dont les papilles sont une dépendance; l'autre est superficielle : c'est Vépiderme, auquel se rattachent le corps muqueux de Malpighi et les ongles.

La limite qui sépare ces deux couches, est ])arfai(ement nette sur une coupe de la peau, surtout lorsque l'épiderme a été coloré préalablement, au moyen de l'acide nitrique, par exemple;

(•) Section horizontale de la peau du bord cubital de la main. - Trois papilici, avec en occupent I axe ont Hé coupées en travers. Dentelures de répiderme, coupées suivant le» bords des papiIlcR, transversalement dans rinlcrvalle des papilles.

(1) II est à remarquer que cette séparalion ne se fait jamais d'une manière parfaite; toujours une notable portion du corps muqueux reste appliquée sur la surface papillairc du derme.

les vaisseaux qui leur longueur sur

DE LA PlîAU.

c'est une ligne onduleuse ou dentelée, qui indique que le derme et l'épiderme se pénètrent mulucllemenf, ce qui contribue à augmenter les adhérences qui les relient l'un à l'autre.

(Fig. 360) (•).

Comme annexes de la peau, nous trouvons les follicules pileux, les follicules ^^^^^^^^^ sébacés et les glandes sudoripares. ^ ^

Enfin, la peau reçoit un très-grand nombre de nerfs et d'artères; elle émet un nombre non moins considérable de veines et de vaisseaux lymphatiques.

Nous allons étudier successivement ces diverses parties.

a. — DERME ou CHORION.

F,e derme ou chorion est une membrane fibro-élastique, riche en vaisseaux et en Le derme

nerfs, qui constitue la partie fondamentale, la charpente de la peau ; c'est à lui g,,3rplnte

■ que ce tégument doit sa résistance, son extensibilité et son élasticité. Si l'on de la peau, conçoit la peau comme formée de plusieurs couches superposées, c'est le derme qui constitue la couche la plus profonde.

L'épaisseur du derme, variable suivant les régions, est toujours en rapport avec Son épais-

le degré de résistance qu'il doit offrir. Ainsi, au crâne, le derme présente une ^î^""",^^'.

° ^ 7 7 r variable sui-

très-grandc épaisseur et une très-grande densité ; à la face, cette épaisseur est ,,ant les généralement moindre qu'au crûne, mais variable dans les diverses régions, régions ; Comparez la densité et l'épaisseur de la peau des lèvres à la ténuité et à la délicatesse de celle des paupières. Au tronc, le derme oiïre, en arrière, une épaisseur presque double de celle qu'il présente en avant. Dans ce dernier sens, la finesse de la peau de la verge, du scrotum et de la mamelle est bien plus grande que celle des autres parties. Aux membres, l'épaisseur du chorion, dans les surfaces qui sont dirigées vers lu ligne médiane, ou dans le sens de la flexion, est beau-

(*) Section à travers la peau de In pulpe d'un (loigl, parallèle aux crites. — 1. Couche corntie. — î, Couche muqueuse. — *, Portion profc-nde do la couche cornée, formée de cellules moins aplaties. — 3, Papilles. — 4, Derme. — 5, Tissu adipeux sous-cutané. — 6, Canaux excréteurs des glandes sudoripares dans l'épidcrme. — 0', Les mêmes dans le derme. — 7, Glomérulcs glandulaires. — 8, Section de vaisseau.

SPLANCIJNOLOGIK.

coup moindre que dans les parties situées dans le sens de l'extension, lesquelles sont plus exposées à. l'action des corps extérieurs, A la paume de la main et à la plante des pieds, qui sont sans cesse en contact avec les corps extérieurs, le derme a une épaisseur très-considérable.

Voici, d'après Krause, les chiffres qui expriment l'épaisseur du derme dans les diverses régions de la peau :

Suivant tes àtjes.

Alvéoles coniques du derme

(Fig. 366) (•).

Gland 0.24

Paupières, prépuce, face interne des grandes lèvres.. . 0,6C

Face, oreille, prépuce, scrotum, auréole du mamelon. . o,7C à I""",!?

Front 1,52

Dos, siège, paume de la main, plante du pied 2,25 à 2,80

L'épaisseur du chorion varie suivant les individus, suivant le sexe, suivant l'âge et suivant les professions. Chez l'enfant âgé de moins de sept ans, le derme offre à peine la moitié de l'épaisseur de celui de l'adulte. Le derme est plus épais chez l'homme que chez la femme, chez le nègre que chez l'individu de race caucasique. Chez le vieillard, le derme participe à l'atrophie des autres tissus; il devient tellement mince qu'il acquiert une sorte de translucidité et permet d'entrevoir, dans certaines régions, l'aspect nacré des tendons et la couleur rougeâtre des muscles (I).— Enfin, le genre de vie, l'hérédité, amènent de grandes différences dans l'épaisseur du derme.

La face profonde du derme, qu'il est impossible d'isoler complètement du tissu adipeux souscutané, présente une foule d'alvéoles ou d'espaces coniques, dont la base répond à la couche adipeuse, et dont le sommet est dirigé du côté de la surface Ubre de la peau. Ces alvéoles fibreux, qu'on trouve à leur maximum de développement à la plante du pied et à la paume de la main, sont remplis de prolongements ou de paquets adipeux conoïdes, dont l'inflammation a été considérée comme constituant le furoncle, et dont la gangrène formerait le bourbillon. C'est dans ces mêmes alvéoles coniques que sont reçus les

mm:

que

i dt^s^aVorlbn InfériLre'd^^^^ u''" °''''q"cm<:nt par rapport à la surface, de sorte

portion supérieure, ce sont les sn«l ^f" PapiUes se trouve inliîrcisée. tandis que dans la

dans le sillon intermédiaire aux T.u sér n! rt„?M ' vasculaires. A la partie infirieurc,

versale des canaux excréteurs (^^"l'ntl l^?!'"!'.'" P«Pi"<= ^""l>'=- - «.M,'. Section traus

des glande» sudoripares.

DE LA. PËAU.

iis?oaux et les nerfs de la peau. Dans beaucoup de régions, des adhérences :s ou moins intimes unissent le derme aux membranes situées plus profondé- ,Mit, particulièrement aux aponévroses d'enveloppe et au.périoste. Là où la peau I irùs-mobile, ou soumise à de fortes pressions, on trouve au-dessous d'elles des "•lies séreuses plus ou moins développées, appelées bourses séreuses sous-cutanées. l Aaminé dans sa structure, le derme est constitué par une membrane fibreuse livmement résistante, membrane peu élastique, d'un blanc mat, beaucoup structure niii» nacrée que les tendons et les aponévroses, et composée d'un tissu conjonctif ''^''""^ .\orsé et entouré de nombreuses fibres élastiques. Le tissu conjonctif est disposé 1 faisceaxix cylindriques ou prismatiques, qui s'entre-croisent dans toutes les

(Fiff. 3C7) (*).

*) Section Ib pciu d'un doigt. — 1, Couche corn^.a. — î, Couclic muqueuse. — .1. Pnpillo.;. — 4, fin*. Les conduits cxcrUeurs spiroïdc* des glan<li!i sudoriparcs ont été sectionnés plusieurs foi.s, tant « la couche cornée (5) que dans la couche muqueuse (6). — 7, Couche de tissu conjonctif (le In pade ces conduits dans l'épaisseur du derme. — 8 , l'^pithélium du canal excréteur. — 9, Lumière da "Msl, que la section a ouvert dans un point situé plus profondément

SPLANCIINOLOGIE.

Des papilles.

directions; ces faisceaux sont séparés les uns des autres par des (Un-es élaslvjm, anastomosées entre elles de manière à former des réseaux, et d'autant plus fines et plus nombreuses qu'on les observe plus près de la surlace du derme. Ce sont ces faisceaux qui circonscrivent les espaces aréolaires dont il a été question, espaces remplis par des tissus adipeux, et logeant, en outre, les follicules pileux et les glandes de la peau.

La portion superficielle ou papillaire du derme, située immédiatement au-dessous de l'épiderme, se fait remarquer par sa densité plus grande et par le peu de netteté des fibres qui la composent ; elle se continue sans limite distincte avec la portion profonde ou aréolaire. Mais ce qui la caractérise essentiellement, ce sont les papilles qui garnissent sa surface libre. On appelle ainsi de petites éminences demi-transparentes, flexibles, offrant la forme d'un cône ou d'une verrue. Pour en avoir une bonne idée, il faut étudier la coupe d'une portion de peau appartenant à la paume de la main ou à la plante du pied ; cette coupe devra ôtre perpendiculaire aux séries linéaires des papilles : on voit alors le derme hérissé de pe. tites saillies conoïdes qui s'enfoncent dans l'épaisseur de l'épiderme, lequel se distingue des papilles par sa transparence et par son aspect corné. Ces papilles, fixées par leur base sur le derme, dont elles ne peuvent être séparées par aucun procédé anatomique, apparaissent mieux encore sur la peau dépouillée de son épiderme par la macération, et étudiée à la loupe sous une couche mince de liquide.

Les papilles les plus développées, en effet, sont celles de la paume de la main et de la

(Fis. 369) n-

plante du pied; elles sont disposées, dans ces régions, . en séries linéaires doubles, supportées chacune par une sorte de bourrelet ou crête du derme, et séparées des crêtes voisines par une gouttière profonde, que remplit la couche profonde de l'épiderme. Kntre les deux rangées de papilles qui constituent chaque série double, passent les canaux excréteurs des glandes sudoripares.

(•) Section de la peau du dos qu'on a fail bouillir, cl traitée par la potasse en solution étendue. — Râteaux des Tibrcs élastiques.

(■*) Section de la peau de la pulpe d'un doigt, perpendiculaire aux crêtes qui supportent les papilles-

DE LA PEAU

La hauteur des papilles varie généralement entre 0""",1 et0""",2, et atteint jusqu'à 0""",;; sur la dernière phalange des doigts, sous le bord libre de l'ongle. Leur base est cyhndrique et offre 0""", 1 2 à 0""", 1 5 de diamètre ; elle supporte 3 à 6 cylindres à sommet arrondi, qui vont en divergeant et qu'on peut considérer comme des subdivisions ou despapilles

tsecondaires. Ces cylindres s'en- ^'"'^ foncent dans l'épaisseur de l'épidcrme, qu'ils pénètrent yusqu'à 0'°'°,3 de sa surface.

Les papilles d'une mûme série se touchent par leur base; celles de la pulpe des doigts sont au nombre de o à 6 sur iune longueur de 1 millimètre.

Dans la plupart des autres régions de la peau, les papilles sont isolées et dissciminées sans ordre ; tantôt elles sont très-rapprochées, comme sur le gland du pénis, aux petites lèvres, au mamelon, et tantôt très-écartées, comme aux membres, au cou, sur la mamelle, l'abdomen, etc.

Au point de vue de leur stnicture, les papilles se distinguent en vàscuîaires et en nei'veuses ; les premières renferment une anse vasculaire, les secondes contiennent un corpuscule ovoïde, appelé corpuscule du tact et reçoivent seules des nerfs. Rarement une papille complexe présente à la fois l'une et l'autre espèce d'éminences. Ce sont les papilles vasculaires qui sont les plus nombreuses. Meissner a trouvé, sur une ligne carrée de la peau qui recouvre la phalange inguéale des doigts, 400 papilles, dont lOS nerveuses. Ces dernières sont bien imoins nombreuses à la deuxième phalange et surtout à la première. Sur la ace dorsale, elles disparaissent presque complètement. On trouve des papilles nerveuses isolées dans la paume de la main. La répartition de ces deux espèces le papilles est fort irréguhère ; cependant, d'après Henle, sur une coupe perpenliculaire à la direction des séries de papilles des doigts , on rencontre généralement 4 à 5 papilles par ligne.

Les corpuscules du tact ont été rencontrées, outre les papilles de la paume de da main et de la plante du pied, dans celles du mamelon, chez l'homme (Kôlliker) et hez la femme ( W. Krause ) , des lèvres '(Meissner), dans la peau de la jambe (Krause).

Dans toutes ces régions, les corpuscules du tact ne présentent pas toujours le mîme degré de développement que dans la pulpe des doigts ; souvent ils sont moins distincts, plus pâles, plus petits, moins pourvus de (stries transversales. Plus souvent encore on rencontre dans les papilles nerveuses de ces régions, comme dans celles de plusieurs muqueuses, des corpuscules plus simples, qu'on pourrait considérer comme des corpuscules du tact rudimentairc, et auxquels Krause a donné le nom de renflements terminaux, crosses tei'minales : ce

{*) Section de la peau injectcic, dont l'épidcrme a été diïtaché parla maniirution. — o,n,a,Corpuscul(is du tact. (**) Papilles du bord labial, contenant des crosses terni iuules. Itenducs transparentes au moyen de la soude

Structure des papilles.

Papilles vasculaires.

Papilles nerveuses.

Corpuscules du tnct.

Uennemcnis terminaux.

SPLANCHNOLOCIE.

Slniclurff

(les corpuscules du tact.

Papilles vasculalreg.

sont de petits corpuscules arrondis ou ovoïdes, qui sont formés d'une substance molle, dépourvue^de noyaux, dont l'axe est occupé par une fibre nerveuse Iréspâle, et qu'entoure une enveloppe cxlrûmement fine.

Les corpuscules du tact occupent le sommet des papilles ; leur diamètre transversal varie entre 0'"'",02 et 0""",045 ; leur diamètre longitudinal est deux ou trois fois plus considérable; leurs bords sont souvent dentelés. De consistance ferme,

(Fig 37-2) (•).

ils se composent d'une enveloppe dense, fibreuse, et d'un contenu mou, granulé, formé d'une substance hyaline et de granulations extrêmement fines.

L'enveloppe des corpuscules du tact présente de fines stries transversales plus ou moins nombreuses. La longueur de ces stries est fort variable, car elles s'étendent tantôt à toute la largeur du corpuscule et tantôt ne mesurent que la moitié de celte largeur; leurs extrémités sont pointues ou renflées. Ces stries ont été diversement interpré-tées ; les uns, tels que Kœlliker, ont voulu y voir des fibres élastiques peu développées ; mais Henle fait remarquer qu'elles sont dissoutes par la potasse et la soude. D'autres les ont considérées comme des subdivisions des tubes nerveux ; en effet, elles ont quelque chose de brillant, qui rappelle les nerfs. D'autre part, Meissner, sur des membres paralysés, a trouvé les corpuscules du tact atrophiés, ayant subi la dégénérescence graisseuse, et W. Krause, ayant, sur des singes, pratiqué la section des nerfs, trouva, au bout de huit jours, les corpuscules du tact sans stries transversales. L'opinion de Meissner paraît donc extrêmement probable ; cependant il serait possible que quelques-unes de ces stries fussent dues à des noyaux de tissu conjonclif, puisque Gerlach a constaté qu elles sont colorées par la solution ammoniacale de carmin.

Les papilles nerveuses reçoivent des ramifications des branches nerveuses qui sont situées au-dessous du derme; chacune d'elles est pénétrée par i ou 2, rarement 3 ou 4 tubes primitifs, qui fréquemment se divisent dichotomiquement dans son épaisseur. Ces tubes nerveux cheminent en hgne droite ou décrivent des ilexuosités dans la papille, gagnent l'extrémité inférieure du corpuscule du tact et se dérobent a la vue à diverses hauteurs. Quelquefois les stries transversales semblent diverger à partir du point où le tube nerveux cesse d'être visible : d'autres lois celui-ci s élève jusqu'au sommet du corpuscule, puis redescend en décrivant des spires autour de lui ; d'autres fois, enfin, il semble pénétrer dans l'intérieur du corpuscule.

L^^ papilles vasculams renferment chacune une anse vasculaire provenant du réseau capillaire du derme. Le sommet de l'anse répond à celui de la papille, c ses deux branches, occupant l'axe de cette dernière, sont juxtaposées, rectihgnesou onduleuses, quelquefois enroulées l'une sur l'autre. Le diamètre de ces vaisseaux varie entre 0-n,02 et 0™^0o, suivant qu'ils sont vides ou remplis

C) rq.illc, de la face palmaire du doigt indicateur, renfermant des corpuscules du tact.

DE LA PIÎAU.

(le sang. Dans le premier cas, on observe autour du vaisseau une substance libroïde, qui paraît composée d'éléments élastiques.

Les papilles vasculaires constituent l'immense majorité des papilles ; dans une foule de régions, elles existent exclusivement.

b. — DE I.'ÈPIDERME.

L'épidei-me {cuticule) est la couche la plus superficielle de la peau, la surpeau, suivant une expression vulgaire : c'est une lamelle demi-transparente, dépourvue de vaisseaux et de nerfs, qui s'applique sur le derme à la manière d'un vernis, et garantit les papilles, organes essentiels de la sensibilité tactile, contre l'impression trop vive des corps extérieurs.

La surface externe de l'épiderme n'est autre chose que la surface libre de la peau, et présente, en conséquence, les plis et sillons déjà décrits, les trous ou pores, dont les uns sont destinés au passage des poils, et dont les autres sont les orifices des follicules sébacés ou des glandes sudatoires. Nous verrons, à l'occasion de ces diverses parties, de quelle manière l'épiderme se comporte à leur égard. Quant aux papilles, tantôt la surface externe de l'épiderme n'en présente aucune trace, comme au bord des lèvres, tantôt elle est soulevée plus ou moins par ces saillies du derme, dont elle traduit jusqu'à un certain point la forme et la disposition ; c'est ce qui s'observe à la paume de la main.

La face interne de l'épiderme adhère à la surface papillaire du derme, dont elle reproduit tous les détails de configuration ; cette adhérence est vaincue, sur le vivant, par l'insolation, un érysipèle, l'action d'un vésicatoire, en un mot, par toute inflammation érythémateuse de la peau, et sur le cadavre, par la macération ; ce qui permet de séparer les deux membranes et de les étudier à part.

Si, après cette séparation, on examine la face profonde de l'épiderme (et l'épiderme de la paume des mains et de la plante des pieds se prête admirablement à cet examen), on voit qu'elle est inégale, comme chagrinée; et une simple loupe permet de reconnaître qu'elle est creusée d'une multitude innombrable de fossettes ou d'alvéoles, dans lesquels sont reçues, comme dans un moule, les papilles de la peau. Le grand développement des papilles de la paume de la main et de la plante des pieds donne aux fossettes ou alvéoles correspondants de l'épiderme l'aspect de tubes ou d'étuis cornés, disposition qu'on voit parfaitement, soit en coupant l'épiderme perpendiculairement à la surface de la peau, soit en séparant ces tubes par lacération.

Dans l'intervalle des séries linéaires de fossettes ou alvéoles, l'épiderme présente des saillies linéaires, qui répondent aux dépressions de la surface libre, et entre les fossettes de la même série, se voient des espèces de piquants sensibles au doigt qui reconnaît des rugosités, sensibles à l'œil nu et surtout à l'œil armé d'une loupe. Ces espèces de piquants ne sont autre chose que des prolongements épidermiques tubulés, qui s'enfoncent dans les orifices des petits conauils qui viennent s'ouvrir à la surface de l'épiderme.

Si l'on examine la surface interne de l'épiderme appartenant à des régions autres que la paume des mains et la plante des pieds, on voit que les alvéoles papillaires, beaucoup moins profonds, sont irrégulièrement disposés comme les papilles, et réunis en groupes inégaux, séparés par des lignes saillantes, irrégulières, quelquefois rameuses, qui ne sont autre chose que des plis de l'épiderme répondant aux sillons de la surface externe.

L'épiderme

est une lamelle cornée.

Surface libre de l'épiderme.

Surface interne ou papillaire.

Des alvéoles

et des tubes papillaires de l'épiderme.

l'rolon j;ements épidermiques ou forme de piquants.

550 SPLANCrmOLOGlE.

Épaisseur I/éjHtissmr dc l'épidermc ne varie pas moins que celle du derme. Absfraclion

, fuite des dépressions qui logent les papilles,

lépiUerme. '

l'épiderme de la plante du pied, qui est le plus mm. mm.

épais, mesure 1.7 à 2,8 d'épaisseur.

celui de la paume de la maifi 0,6 à 1,2 —

celui des paupières, du conduit auditif, du pénis. 0,03 à 0,05 —

des membres, côté de la flexion 0,08 à 0,1 —

celui de la face, des membres, côté de rexlensioii. 0,1 à 0,18 —

Ces différences tiennent presque exclusivement à la couche cornée, la couche muqueuse variant peu.

Sa dirision Structure de l'épiderme. L'épiderme est composé de deux couches : la couche en deux -profonde ou muqueuse, que constitue cette portion d'épiderme qui est creusée de couches, fossettes ou d'alvéoles pour recevoir les papilles, et la couche superficielle ou cornée, ou épiderme proprement dit, qui, bien qu'elle se moule sur la précédente, forme néanmoins un tout continu. La couche profonde ou muqueuse de l'épiderme, plus molle, plus transparente Corps que la couche superficielle, n'est autre chose que le corps muqueiix ou rcticulaire "ji'a'ipighi'^* rfe Malpighi (corpus reticulosum seu cribrosum). Granuleuse à la loupe, cette couche, examinée à un fort grossissement, se compose d'éléments celluleux d'autant plus rapprochés et plus serrés qu'on les observe plus près du derme. Dans les couches les plus superficielles du corps muqueux, ces éléments sont de larges cellules à noyau aplaties ; plus profondément, les noyaux se rapprochent de la forme sphérique et les cellules deviennent de plus en plus petites relativement aux noyaux. Immédiatement au-dessus du derme, enfin, les noyaux sont ordinairement allongés, implantés perpendiculairement à la surface du derme et libres dans la substance amorphe qui les entoure, ou du moins si étroitement enveloppés d'une membrane de cellule, que celle-ci semble faire complètement défaut. Ces éléments allongés, disposés sur une seule couche, ont de 7 à 1 3 millièmes de millimètre de longueur, suivant Kœlliker, et 5 à 6 de largeur, tandis que les cellules superficielles ont 13 à 36 millièmes de diamètre.

Toutes les cellules du corps muqueux sont constituées par une membrane délicate et transparente, renfermant un liquide transparent, très-finement granulé, et un noyau sphérique ou ovalaire. Elles sont peu altérées par l'acide acétique, mais se dissolvent rapidement dans la potasse ou la soude (I).

(1) L'histoire du corps muqueux ou corps réticulaire de Malpighi est curieuse. Malpigh appel reliculum, et depuis ce grand anatomiste, on désigne sous le nom de corps muqueux, corps réticulaire, la couche gélatiniforme sous-épidermique, pénétrée par les papilles qui lui donnent l'aspect d'un réseau. Cette espèce d'enduit que Malpighi avait d'abord démontre sous l'épiderme de la langue soumise à la coction, et qu'il transporta ensuite 4 la peau, a été ensuite diversement envisagée par les analomistes.

Ainsi, Hal er et plusieuVs auteurs qu'il cite, regardent le corps muqueux comme une lame proronde de l'épiderme, que les uns confondent avec le pigmentum, à l'exemple de Alalpighi, et que les autres en distinguent : id verà guod dicitur rcticulam pro interioti iamtnâ epidermths habent {IhWcr).

Bichat appelle corps réticulaire un lacis de vaisseaux extrêmement déliés, un système capillaire. f..rmnnt ave3 les papilles une couche inlermcdiaire au chorion et à l'épiderme, système capillaire dans lequel il admettait une partie destinée au sang, et une partie desUliée à la matière colorante.

Gauthier, étudiant la peau du talon du nègre, reconnut dans le corps muqueux quatre

DE LA PEAU

La couche sii-perfideUe de Tépiderme ou couche cornée est incolore et demi-trans- Couche coriparente; examinée sur une coupe perpendiculaire à ses faces, elle paraît striée, " lamelleuse, ce qui est dû à sa composition. Elle est formée, en effet, d'écaillés i aplaties, polygonales, de 0°'"',02 à 0""°,03 de diamètre, fortement unies entre elles par leurs bords et par leurs faces. Ces lamelles ne sont autre chose que des cellules aplaties, qui, dans les couches profondes, conservent encore assez d'anal igie avec les éléments du corps muqueux dont elles dérivent, mais qui vers la surface de la peau, deviennent irrégulières, à contours déchiquetés, plissés. Sous (; l'influence de la potasse ou de la soude, elles se gonflent, deviennent vésicu- I.'uses, et montrent même une trace du noyau. Dans les régions où la peau se continue avec une muqueuse, les lamelles sont plus larges, plus distinctes, et munies toutes d'un noyau très-apparent.

Les couches superficielles de l'épiderme sont éliminées d'une manière incesffiante, en mûme temps que des cellules nouvelles se produisent à la surface du Iderme, aux dépens des matériaux versés par les vaisseaux de cette membrane. Ces cellules, repoussées graduellement vers la surface par celles qui se dévelop- , pent au-dessous d'elles, subissent des transformations progressives qui les fout passer par les diverses formes que nous trouvons dans les deux couches de l'épiîdcrme. Allongées primitivement, elles croissent d'abord en largeur, et se rapprochent de la forme sphérique. Arrivées sur la limite de la couche cornée, elles ; s'aplatissent brusquement, et revêtent l'apparence d'écaillés, dans lesquelles, en -général, le noyau a complètement disparu.

C'est à la couche profonde de l'épiderme, ou au corps de Malpighi, que sont 'dues principalement les diverses colorations de la peau que l'on observe, dans Coloration certaines régions ou dans certaines circonstances, chez les individus de race de la peau. ■ :aucasique, sur toute la surface du corps, chez ceux de race éthiopienne. Ces j t olorations, qui offrent toutes les nuances entre la couleur blanche et la couleur ;:ioirc, d'une part, le rouge cuivré d'autre part, sont déterminées par le dépôt, dans les couches profondes du corps muqueux, d'une certaine quantité de manière pigmentaire, sous la forme d'une substance homogène ou granuleuse, noire ou brune, dans laquelle Berzelius a trouvé des chlorures et des phosphates de soude et de chaux, ainsi que de l'oxyde de fer. Cette substance colorante n'existe point dans le derme, qui est aussi blanc chez le nègre que chez l'Européen; elle n'est point contenuenon plus dans des cellules spéciales, qui n'existeraient que chez le premier, ou dans les régions pigmentées du second. Elle se rencontre sur tous fies sujets, quelle que soit leur origine, sauf les albinos, dans les cellules les plus "profondes du corps muqueux, mais en quantité très-variable, suivant les diverses •colorations de la peau.

Chez les individus de race blanche, les régions dont la coloration est le plus foncée sont le mamelon et son auréole, surtout chez les femmes qui ont été

couches distinctes, les iour^reons sanguim, la couche albide profonde, les gemmules , la couche albide superficielle.

Se fondant sur l'étude de la peau chez, les quadrupèdes, Dutro^liet admit les couches de Gauthier, sauf les bourgeons sanguins, qu'il regarde avec raison comme faisant partie constituante des papilles ; il appela membrane épidermique la couche albide profonde do Gauthier, couche colorée les gemmules, couche cornée la membrane albide superficielle.

Enfin, Gall, préoccupé par ses idées sur la substance grise du cerveau, a considtiréle Wps muqueux comme une couche de substance nerveuse grise, tout ii fait semblable à 'a «ubslance grise du cerveau et des ganglions nerveux.

SPLANCIINOLOGIE.

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