I.cs oagles sont une tiépendanci
(le l'épiderme.
Ce sont des lames cornées.
Les ongles sont chez l'homme à IVlat de vestige.
mères; puis viennent les petites lùvres, le scrotum, le pénis, la cavité axillain le pourtour de l'anus. Mais cette coloration, qui est généralement en rappoi avec celle du système pileux, peut aussi se développer accidentellement sui d'autres points, comme, par exemple, dans les régions habituellement décoi. vertes, sous l'influence d'un soleil ardent, ou plutôt d'une vive lumière, ou p^i suite d'influences pathologiques.
Dans toutes ces circonstances, la matière colorante s'observe dans les cellules qn reposent immédiatement sur la face externe du derme. Suivant l'intensité de 1 coloration, elle est simplement déposée à la surface du iioyau, le reste de la cellul' conservant son aspect transparent et incolore ; ou bien celle-ci est envahie tout eu tière,et la membrane d'enveloppe seule reste incolore. Enfin, au lieu de se bornci àune seule couche de cellules, la matière pigmentairepeuts'étendreàdeuxouplu sieurs couches ; mais ce sont toujours les plus profondes qui en renferment le plus
C'est cette dernière circonstance qui s'observe chez le nègre. La couche la plu profonde du corps muqueux, composée d'éléments allongés, perpendiculaires la surface du derme, est remplie d'un pigment brun très-foncé ou noir, t forme, sur une coupe de la peau, une ligne foncée qui tranche nettement su: la couleur blanche du derme. Plus superficiellement, les cellules contiennent une matière brune, accumulée surtout dans les dépressions qui séparent le papilles, mais existant également dans les autres portions du corps muqueux. La coloration est moindre au voisinage de la couche cornée, mais c'est toujourautour du noyau, dans chaque cellule, qu'elle est le -plus accentuée.
La couche cornée, qui est parfaitement incolore chez l'Européen, présente dw le nègre une teinte jaunâtre ou brunâtre, mais qui n'est point comparable à cell du corps muqueux.
11 faut donc admettre que la matière pigmentaire, développée dans les cellule profondes du corps muqueux, se détruit petit à petit, à mesure que ces celhikse portent vers la superficie, pour disparaître à peu près complètement lors^ qu'elles se transforment en lamelles cornées.
c. — PES ONGLES.
Les ongles sont une dépendance de l'épiderme, sous le rapport anafomique e! physiologique, comme sous le rapport de la composition chimique. Ce sont des portions d'épiderme épaissies, condensées et modifiées.
Les ongles de l'homme sont des écailles dures, et néanmoins flexibles et élastiques, demi-transparentes, et ayant l'aspect d'une lame de corne; ils occupcni la face dorsqle de la dernière phalange des doigts et des oreilles, appelée pour cette raison Tyhalancje ungucale, et paraissent bien plutôt destinés à soutenir et à protéger la pulpe de cette phalange qu'à servir de moyens d'attaque, de défcns.' ou de préhension. Aussi l'homme civilisé coupe-t-il la portion de l'ongle qui aepassele bout du doigt. Assez d'instruments, créés par son intelligence, armeron sa main pour qu'il puisse faire le sacrifice de cette arme naturelle, çv.' d ailleurs n est chez lui qu'à l'état de vestige, et dont le développement pourrai! nuire à la perfection du tact. if
Nous verrons également, en traitant des poils, que les productions pileuses qui couvrent la surface du corps de l'homme, sont plutôt chez lui un ornemenl qu une protection, en sorte que, de tous les animaux soumis aux mOmcs influences almosphériques, l'homme est celui dont les productions pileuses et coi-
DE LA PEAU
nées sont au minimum de développement ; ses vêtements suppléent au pelage dont la nature a été si prodigue pour les animaux.
Le caractère propre de l'ongle humain, c'est de ne recouvrir que la face dorsale de la dernière phalange des doigts, et de présenter une largeur considérable, proportionnée à l'espèce de fer à cheval que figure cette même phalange. Il résulte de cette disposition que la pulpe digitale tout entière est employée au toucher (1).
Les ongles représentent des lames cornées de 0™",3 à 0'"°',4 d'épaisseur, fortement recourbées dans le sens transversal, droites ou légèrement convexes dans le sens longitudinal. Leur face libre est marquée de stries ou de légères cannelures parallèles à leur axe, et qui sont une trace des papilles de la matrice sur lesquelles se moule la lame cornée.
On distingue dans l'ongle une racine, un corps et une portion libre. La racine est cette portion de l'ongle qui est comme implantée dans la peau, dont elle est recouverte par ses deux faces ; le corps est la portion de l'ongle qui est libre par une de ses faces ; la portion libre, enfin, est celle qui déborde la phalange en avant, et qui tend à se recourber en crochet lorsqu'elle est abandonnée à son accroissement naturel.
Pour avoir une bonne idée de la disposition de l'ongle, il faut, sur un cadavre, soumettre à une coupe verticale antéro-postérieure et à diverses coupes transversales la phalange unguéale du pouce ou du gros orteil. On voit alors : 1» que la racine de l'ongle forme le quart environ de la longueur du corps de l'ongle ; 2° qu'elle est la portion la plus mince de l'ongle ; que son épaisseur diminue à mesure qu'on approche de son bord postérieur, qui est légèrement dentelé, et qu'elle augmente à mesure qu'on approche du corps de l'ongle ; 3" qu'elle est flexible et reçue dans un repli de la peau, auquel elle adhère par ses deux faces; 4" que le bord postérieur et la face inférieure de la racine sont si peu adhérents à la peau qu'on dirait qu'il y a simple contiguïté ; S» que la face supérieure de la racine, bien qu'elle soit plus adhérente à la peau que la face inférieure, l'est beaucoup moins cependant que le corps de l'ongle, pour l'avulsion duquel on est obligé d'user d'une grande violence ; 6° qu'un derme très-épais sépare l'ongle de la phalange ; que ce derme est blanc au niveau de la racine et que la couleur blanche se prolonge même un peu au delà de celte racine, sous la forme d'une tache blanche semi-lunaire, visible par transparence à travers l'ongle, et qu'on appelle lunule ; que le derme, ou plutôt le corps papillaire qui répond au corps de l'ongle, est extrêmement vasculaire, d'où la couleur rosée de l'ongle, lequel, à raison de sa demi-transparence, permet d'apercevoir la couleur de la peau subjacente, circonstance qui n'est pas à dédaigner en séméiotique.
Un des points les plus importants dans l'étude de l'ongle est la détermination de ses connexions avec la peau. La peau de la face dorsale de la dernière pha-
(1) Le sahoty dont le cheval offre un type très-complet, n'est autre chose qu'un ongle qui enveloppe de toutes parts les phalanges uiiguciales réunies, à la manière du sabot de bois qui nous sert quelquefois de chaussure ; la (/r>/fe du carnassier est un ongle qui recouvre les deux tiers de la phalange unguéale effllée, dont les deux moitiés latérales sont appliquées l'une contre l'autre, et qui se termine par un crochet pointu. L'ongle proprement dit n'appartient qu'à l'homme et au singe, et encore, chez ce dernier, l'ongle se rapproche-t-il de la griffe. La division des mammifères en ongulés et en onguiculés est extrêmement naturelle, et se retrouve par des différences corrélatives et constantes dans tous les autres systèmes d'organes. (V. Anatomie comparée de Blainville.)
Caractère propre lie l'ongle humain.
Diverses parties de l'ongle.
Disposition de la
racine et du corps de l'ongle.
Extrême ■vascularité de la peau subjaceute au corps de l'ongle. .
Connexions de la peau avec l'ongle.
Derme sousongueal
SPLANCIINOLOGIE.
et des orteils se prolonge sur la face correspondante de l'ongle ;
(Fig. 373) (*).
Papilles.
lango des doigts j ,
arrivée au niveau du bord parabolique qui limite le corps de 1 ongle en arrière, elle se réflécbil d'avant en arrière, en s'adossant à elle-naCme, jusqu'au niveau
du bord adhérent de cette production cornée. Là, elle se réfléchit de nouveau sur elle-même, d'arrière en avant, en passant derrière le bord adhérent de l'ongle, entre sa face inférieure et la face dorsale de la phalange. De cette double réflexion résultent : i° un pli que forme le derme sur la face dorsale de l'ongle, pli sus-onguéal, composé de deux lames, dont l'une est superficielle, l'autre profonde; 2" un cul-de-sac ou une rainure qui sépare le pli, sus-onguéaj de la portion du derme qui supporte l'ongle {derme sous-onguéal on lit de l'ongle). Cette rainure, qui loge la racine et les bords latéraux de l'ongle, a la forme d'un fer à cheval : elle a de 4 à 7 millimètres de profondeur à sa partii' moyenne et finit en mourant vers ses extrémités ; c'est elle qu'on désigne généralement sous le nom de matrice de l'ongle.
Le derme sous-onguéal ou Ut de l'ongle, dense et serré, est remarquable par la régularité avec laquelle sont disposés les faisceaux de tissu conjonctif qui le composent; ils sont tous parallèles ou perpendiculaires à l'axe du doigt, et forment des mailles rectangulaires. Uni au périoste par un tissu cellulaire lâche, dan? lequel on ne trouve que très-peu de graisse, le derme sous-onguéal porte à sa surface, dans toute sa portion qui est recouverte par le pli sus-onguéal, de fortes papilles vasculaires, inclinées en avant, mesurant de O""",! à 0°"°,2 en
longueur
(•) Section verticale antdro-postéricure de la rainure ongudalc, divisant le doigt en une nioitiiï droite et une moitié gauche. La racine de l'ongle, dont la face palmaire, dirigc-c à droite sur la figure, est garnie de pointes isolées qui pénètrent entre les papilles pointues ou en bulbe du lit de l'ongle
(••) Section horizontale à travers la portion la plus élevée de la rainure onguéalc. — La couche nui- Mucuse de l'ongle contient des sections transversales des papilles.
DE LA PEAU
et O^^jOS à O^^jOe en diamètre. Plus en avant, au niveau du corps de l'ongle, les papilles sont remplacées par de petites crêtes antéro-poslérieures, parallèles Crêtes, entre elles et à l'axe de l'ongle. Ces crêtes, qui mesurent toute la longueur du lit de l'ongle, ont en moyenne 0""",l de hauteur et 0'"'",02 de largeur; leur bord
(ris- 375) n.
(Fig. 376)
adhérent est aminci; leur bord libre^ plus épais et dentelé. Séparées les unes des autres par des sillons dont la largeur est généralement double de celle des crêtes, elles sont au nombre de 50 à 90 pour chaque doigt, et peuvent être considérées, d'après Henle, comme des séries de papilles soudées entre elles, mais dont on reconnaît encore les limites, sur des sections horizontales, dans des rétrécissements séparant les régions dans lesquelles pénètrent les anses vasculaires. D'ailleurs, vers l'extrémité du doigt, ces papilles s'isolent de nouveau. Les vaisseaux qui vont à ces crêtes du derme sous-onguéal, sont plus nombreux que ceux de la région couverte de papilles; vue à travers l'ongle, elle présente une coloration rouge limitée en arrière par une ligne courbe à convexité antérieure qui la sépare de la lunule.
La face inférieure du pli sus-onguéal ne présente point des crêtes analogues à celles du lit de l'ongle; on y trouve seulement quelques papilles isolées. Le feuillet supérieur ou libre de ce repli n'a rien qui le distingue du reste de la peau.
Le fond de la rainure 07igiiéale, ou l'angle que forme le
; pli sus-onguéal avec le lit de l'ongle, paraît aigu quand on l'examine à l'œil nu sur une coupe; mais il se montre
«arrondi ou tronqué sous le microscope. Le bord postérieur de l'ongle, moulé sur cette rainure, est donc lui-même ar-
' rondi ou tronqué, ou même creusé en gouttière [fuj. 373). ^ C'est le fond de la rainure onguéale qui est la véritable matrice de ''ongle; ce sont les cellules qui s'y produisent et qui, s'ajoutant au bord postérieur de l'ongle, le poussent incessamment vers l'extrémité du doigt, qui sont la principale cause de la croissance de l'ongle. Cependant les portions du pli :
sus-
{) Section transversale <le l'ongle cl du dcnne sous-ongu(inl. — I, portions les plus profundes de la couche cornée. — 2, couche mufiucuse de l'oncle. - 3, crêtes du derme sous-ongu(!al. — 4, dorme.
l ) Section du derme sous-onguiial, faite parallèlement à la surface de l'ongle. — Les crêtes du dorme présentent, dans les régions renflées, des anses vasculaires. — Les intervalles des crêlos sont remplis par la couche muqueuse.
Ilalnurc onguéale.
SPLANCHNOLOGIE.
Manière duut se comporte l'épiderme par rapport à l'ongle.
Mode de continuité de
l'épiderme.
et de l'ongle
démontré
par la uiacération.
Structure.
Souche mil •
l|UCUS3.
oneuéal et du lit de l'ongle voisines du fond du cul-de-sac jouissent également de la propriété de produire de la substance cornée, qui, s'appliquant sur les faces deVon-lc en augmente l'épaisseur. Mais celle-ci est complète quand l'ongle a dépassé^c'bord libre du pli sus-onguéal ; la portion du derme sous-onguéal qui est en avant de ce bord, n'y ajoute rien à l'état normal.
Des ner/s pénètrent dans toutes les portions du derme qui ont des connexions avec l'ongle; ceux qui vont au derme sous-onguéal, sont même assez nombreux. On ignore encore leur mode de terminaison.
Qu'est devenu l'épiderme SiU moment de la première réflexion de la peau? Il s'est prolongé un peu au-devant de la ligne parabolique de réflexion du derme, et forme une espèce de zone ou de bandelette semi-circulaire, qui se termine par un bord bien net, et qui adhère faiblement à l'ongle. Les auteurs ne s'accordent pas sur la disposition ultérieure de l'épiderme. Les uns admettent qu'il se prolonge sur la face libre de l'ongle, mais qu'il est détruit incessamment par les frottements ; la régularité accoutumée du rebord épidermique est difficile à concilier avec cette manière de voir. Les autres pensent que l'épiderme se réflécliit d'avant en arrière comme le derme ; mais tous n'exposent pas de la môme manière son trajet ultérieur : les uns veulent, avec Bicliat, que l'épiderme se continue avec le bord postérieur de l'ongle ; les autres prétendent qu'il se réfléchit de nouveau sur lui-môme d'arrière en avant, comme le derme, qu'il n'abandonnerait jamais dans cette hypothèse.
Une préparation bien simple établit de la manière la plus positive les rapports de continuité de l'épiderme et de l'ongle : elle consiste à faire macérer un doigt. Bientôt l'épiderme et l'ongle se détacheront en même temps, et l'on obtiendra une gaine épidermique et cornée, dans laquelle on voit l'épiderme se réfléchir d'avant en arrière sur la surface dorsale de la racine de l'ongle, en se confondant avec lui, tandis qu'en avant, aux limites du corps et de la portion libre de l'ongle, ce môme épiderme se contisue manifestement avec la couche la plus profonde de la lame cornée.
Le feuillet profond du pli sus-onguéal a donc son épiderme propre, dont la couche muqueuse se confond, au fond de la rainure onguéale, avec celle de l'ongle, et dont la couche cornée va en diminuant d'épaisseur depuis le bord libre du pli jusqu'au fond de la rainure.
Structure deV ongle. L'ongle ne diffère de l'épiderme que 1° parce qu'il est plus épais, plus dur et plus cassant, propriété qui serait due, d'après Laulli, à une proportion plus considérable de phosphate de chaux, et 2° parce qu'il est moins facilement attaqué par la potasse caustique.
De même que l'épiderme, l'ongle se compose de deux couches, une cowAe muqueuse et une couche cornée.
La couche muqueuse forme le bord adhérent de l'ongle et recouvre la face inférieure de la racine et du corps de l'ongle, ainsi qu'une petite portion de la face supérieure de la racine ; elle entoure de toutes parts les papilles du derme sousonguéal, couvre les crêtes qui le garnissent et les sillons qui les séparent [^q. 37b). C'est une substance molle et blanchritre, dont l'épaisseur, suivant Kœlliker, est de 0"'",27 sur la face inférieure de la racine de l'ongle, près de son bord postérieur, de O'"™,.?! sur la face supérieure de la racine; de 0""°,54 à 0'"'",G0 à la partie antérieure de la racine, et de 0™'",09 à 0""»,2 sous le corps de l'ongle.
Elle se compose des mêmes éléments que la couche muqueuse de l'épiderme, c'est-à-dire de cellules à noyau, dont les plus profondes, perpendiculaires à la
DE LA PEAU
surlace du derme et disposées sur plusieurs couches, n'ont qu'une membrane d'enveloppe peu distincte, et qui deviennent un peu plus volumineuses en approchant de la couche cornée. La limite entre les deux couches de l'ongle est insen- ^'^'^ sible au niveau du bord postérieur de la racine, nette et tranchée au niveau du corps de l'ongle, où elle est marquée par une ligne foncée, parallèle à la surface libre de l'ongle.
La couche cornée, ou l'ongle proprement dit, remplace la couche cornée de l'épiderme sur la plus grande partie du derme sous-onguéal ; ce n'est que sur les côtés du pli sus-onguéal et au niveau de la portion antérieure du corps de l'ongle qu'on voit, entre la couche cornée de l'ongle et la couche muqueuse, une couche de lamelles plus molles, moins aplaties, plus faciles à attaquer par les alcalis et qu'on doit considérer comme la continuation de la couche cornée de l'épiderme.
L'épaisseur du corps de l'ongle n'augmente point sensiblement d'arrière en avant ; elle va en diminuant rapidement vers le bord libre de la racine, et aussi sur les côtés, dans les portions contenues dans la rainure onguéale.
De mûme que celle de l'épiderme, la couche cornée de l'ongle résulte de la transformation en lamelles cornées des cellules épidermiques qui composent la couche muqueuse. Celte transformation
( ) Section verlicale antéro-posidricurc du bout du doigt. Union de l'ongle avec la couche cornde de l epidermc. Les surfaces correspondantes de la portion libre de l'ongle et du bout du doigt sont couvertes «écailles épidcrmif|uc8 irrégulières, desséchées et rugueuses, comme déchirées.
( ') Section horizontale de la portion latérale du sillon et de l'ongle, destinée i montrer Ici rapports de la wuche cornée de l'épiderme avec celle de l'ongle.
Couche cornée.
SPLANCIINOLOGIE.
Les ongles ne sont point un produit de sécrétion.
Structure de la couche cornée.
Accroissement continuel de l'ongle en longueur.
a lieu partout où les deux couches sont en contact, mais principalement au niveau du bord postérieur et sur la face inférieure de la racine. En mCme temps que de nouvelles cellules du corps muqueux se produisent, les anciennes, métamorphosées en lamelles cornées, poussent vers le bout du doigt l'ongle déjà formé.
Les ongles ne sont donc pas, non plus que l'épiderme, un produit de sécrétion privé de vie. Le développement des cellules du corps muqueux et leur transformation en lamelles cornées sont des actes essentiellement vitaux, et n'ont rien de commun avec cette dessiccation d'une sorte de vernis organique sécrété par le derme, qu'on a admise pendant longtemps. Les ongles, il est vrai, comme l'épiderme, ne reçoivent ni vaisseaux ni nerfs, et leurs altérations résultent, non de maladies inhérentes à l'ongle lui-même, mais d'une lésion de l'organe formateur. Mais ces raisons ne suffisent point pour faire considérer les ongles comme des produits privés d'organisation et de vie.
Les points où de nouvelles qu'antités de substance cornée s'ajoutent à l'ongle déjà formé, sont le bord libre de la racine, et la portion la plus reculée du derme sous-onguéal et même de sa face supérieure ou antérieure. Les papilles et crêtes qui garnissent les portions antérieures du derme sous-ongéal, n'ajoutent presque rien à l'épaisseur de l'ongle.
La structure de la couche cornée de l'ongle ne peut être dévoilée qu'au moyen de réactifs. De fines sections de l'ongle, faites dans divers sens et examinées au microscope, ne présentent qu'une vague apparence de lamelles superposées, sans structure, ou avec des traces peu distinctes de noyau. Mais lorsqu'on humecte ces sections avec de la potasse ou de la soude caustique, ou qu'on a fait préalablement bouillir l'ongle dans l'un de ces réactifs, toutes ces lamelles apparaissent sous la forme de cellules à noyau parfaitement distinctes, d'autant plus aplaties qu'elles sont plus superficielles.
L'ongle croît indéfiniment en longueur si on le coupe de temps en temps. Sinon , il atteint une longueur de 4 à 5 centimètres , qu'il ne dépasse point ; en même temps il se recourbe autour de l'extrémité du doigt ou de l'orteil. Il ne croit pas sensiblement en épaisseur, à moins d'un état morbide de la matrice. La croissance des ongles est soumise aux conditions générales qui règlent la nutrition de tous les tissus et organes. Aussi éprouve-t-elle fréquemment, à l'état pathologique, des ralentissements qui se traduisent à l'extérieur par des irrégularités de la surface libre de l'ongle, et que l'on a souvent utilisés pour la connaissance des maladies.