MILIEUX DE L'OEIL
Indépendamment de la cornée transparente, déjà décrite, on comprend ^' ^
sous le nom de milieux de l'œil le corps vitré, le cristallin et l'humeur aqueuse.
l-airl do la ré in^ . K ~ W ^""'rane limilnnto.- 1, couche pigmontairc. - î, porlion ci-
Nerfs.
Portion ciliaire de la rétine.
Composition.
SPLANr.HNOLOGlE.
I, COUPS VITRÉ OU HYAT.OIDIEN.
Rapports.
Knlre le cristallin cl le corps vitré.
Membrane hyaloïdc.
Le corps vitré ou hyaloïdien (de Û«Xoç, verre), ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec du verre fondu, constitue la partie la plus volumineuse du globe oculaire dont il représente les deux tiers postérieurs. Sa forme est celle d'un sphéroïde déprimé en avant, pour recevoir le cristallin. 11 jouit d'une transparence parfaite et offre la consistance du verre fondu. Son poids spécifique est de 1,005 (Chenevix). Son indice de réfraction est l,r39 (Brewster).
Le corps vitré est enveloppé immédiatement par la rétine, qui lui est simplement contiguë, et présente en arrière une petite dépression, répondant à la saillie de la papille du nerf optique. A l'union du quart antérieur avec les trois quarts postérieurs du corps vitré, on trouve des adhérences intimes entre
le corps vitré et la circonférence de la rétine , qui doit à cette circonstance de rester toujours parfaitement étalée. D'autre part, la zone de Zinn étant fixée elle-même au cristallin et à la choroïde, il en résulte qu'à ce niveau toutes les parties constituantes de l'œil sont unies entre elles et avec la sclérotique et la cornée. Les rapports du corps vitré avec le cristallin ont été diversement interprétés par les anatomistes : pour les uns, ces deux parties sont simplement appliquées l'une contre l'autre ; suivant d'autres , elles seraient unies entre elles par des adhérences intimes ; d'autres enfin admettent qu'il n'existe d'adhérence qu'au niveau de la circonférence du cristallin. La première opinion est celle de M. Sappey : en incisant circulairement la zone de Zinn, on peut, dit-il, retirer le cristallin de sa fossette, sans lésion.
Texture. Le corps vitré est formé par un liquide, Vhumeiir vitrée, et par une membrane, qu'on appelle membrane hyaloide, et dont la zone de Zinn est une dépendance.
Découverte par Fallope, la membrane hyaloïde ou vitrée sert d'enveloppe au corps vitré. Parfaitement transparente, elle est tellement mince qu'elle a été niée par beaucoup d'auteurs, par M. Uobiu entre autres. Suivant H. Millier, elle s épaissit un peu en arrière. Sa face externe est lisse, tendue et appliquée contre a tace interne de la rétine. De sa face interne partent des prolongements lamelieux, qui divisent l'humeur vitrée en un nombre indéterminé de loges ou cellules. Mais la disposition de ces prolongements est encore un sujet de controverse.
C) conioncli.n r «"«"^""«e. - R rétine. - Ou, corps vitré. - Os, ora scrrata - Ce, corps ciliairc. rturrrrœll ~ ^" ' " -'^^ "i^t»»*". - \ chambre antérieure. - chambre post^-
ORGANES DE LA VISION
Pour la déterminer, Deraours se servit d'yeux congelés : les glaçons à iacelles qu'il put retirer du corps vitré, lui firent penser que les prolongements de la membrane hyaloïde forment, dans la cavité circonscrite par cette membrane, un réseau de lames entre-croisées, et son opinion fut adoptée par beaucoup d'auteurs. Brûcke, examinant des yeux qu'il avait plongés dans une solution d'acétate de plomb, arriva à cette idée, que la membrane hyaloïde forme, dans le corps vitré, une série de lames emboîtées les unes dans les autres comme les couches d'un oignon. Mais Bowman fit voir que ces lames sont le produit du réactif qui devait servir à les démontrer. Une objection analogue peut ûtre opposée à l'opinion de Hannover, qui, se servant dans le mCme but d'une solution d'acide chromique, trouva la cavité de la membrane hyaloïde cloisonnée par de nombreuses lames étendues de la superficie vers l'axe du corps vitré. Bowman, enfin, pour résoudre le problème en question, interrogea l'histoire du développement .: or, chez le fœtus, le corps vitré renferme des vaisseaux sanguins supportés par une sorte de tissu conjonctif, et présente une structure fibreuse très-évidente ; les fibres y sont disposées en réseaux serrés, avec des corpuscules aux points d'intersection. Sur des embryons de l'espèce humaine et sur ceux des animaux, KoUiker trouva le corps vitré formé d'une substance muqueuse homogène, renfermant des cellules à noyaux; mais il ne constata aucune trace des membranes décrites par Hannover. Chez l'adulte, ces cellules à noyau ont disparu à peu près complètement, et le corps vitré est formé exclusivement d'un mucus plus ou moins dense.
La portion antérieure de l'hyaloïde présente une disposition particulière, sur laquelle il existe encore de nombreuses dissidences. Il était généralement admis qu'au niveau de Yora serrata, la membrane s'épaissit subitement, puis continue à se porter en avant, et, arrivée à 2 millimètres environ de la circonférence du cristallin, se divise en deux lames, l'une antérieure, qui passe derrière les procès ciliaires, pour s'attacher à la partie antérieure de la circonférence de la lentille, l'autre postérieure, qui tapisse l'excavation cristallinienne et s'unit à la cristalloïde postérieure. Dans cette manière de voir, l'espace triangulaire qui règne tout autour du cristallin et qui a été décrit par F. Petit sous le nom de canal godronné, serait limité par les deux lames de l'hyaloïde et par la circonférence du cristallin. Ce canal circulaire se démontre d'ailleurs très-bien par l'insufflation : on voit alors qu'il est comme étranglé par de petites brides ou replis, qu'il présente, en un mot, l'apparence godronnée. D'autres anatomistes disent, au contraire, que la membrane hyaloïde ne se divise pas en deux lames et qu'elle se porte tout entière derrière le cristallin, pour revCtir la partie antérieure du corps vitré. Ce qu'il y a de positif, c'est qu'on voit se détacher de la
Ses prolongements iaterues.
Portion antérieure de
l'hyaloïde
Canal godronnc.
(*) Section du globe de l'œil suivant le plan d'un méridien. — C, cornée.— J, iris.— ZZ', zone ciliairc. — r,c, corps ciliaire. — S, sclérotique. — C*, choroïde. —U, rétine. — LA, limitante. — L, cristallin. — canal de Pelil.
SPLANCIINOLOGIE.
Zone de Zinii.
partie antérieure de la membrane hyaloïdc une lame circulaire, en forme de couronne rayonnante, parfaitement bien décrite par Petit et Camper, bien qu'elle porte le nom de zone ou couronne dliaire de Zinn, et qui correspond aux procès ciliaires et au corps ciliaire de la cboroïde.
La portion ciliaire de l'hijaloîde ou zone ciliaire de Zinn, procès ciliaires du corps vitré s'aperçoit à travers ce dernier lorsqu'on a enlevé la partie postérieure du globe de l'œil. On la voit directement quand on a séparé la choroïde et l'iris du
corps vitré : c'est elle qui forme, (iig. 490) ( ). au-devant de celui-ci et autour
du cristallin, cette belle couronne radiée qui l'entoure comme une collerette. Sa largeur est de 5 à 6 millimètres au côté externe ou temporal, de 4 à 5 millimètres au côté interne ou nasal. En même temps que l'hyaloïde prend une épaisseur notablement supérieure au voisinage de l'ora serrata, elle change de nature et se décompose en fibres d'une finesse extrême, dont le trajet est tantôt recourbé comme celui des fibres élastiques, et tantôt onduleux comme celui des fibres conjonctives. Appliquée sur la face interne de la portion ciliaire de la choroïde et de la rétine, à laquelle elle adhère intimement, elle est plissée comme elle ; arrivée près du sommet do?
procès ciliaires, elle devient libre dans une très-petite étendue et complète en dehors la paroi postérieure de la chambre de l'humeur aqueuse ; elle se porte ensuite r.«,,..c«^„j 1 , sur la face antérieure du cristallin,
le res P L l/' . .''P'"^' C^tte portion libre, plissée comme
comolséoVo n r'î' P«'-«i intérieure du canal de Petit, est
sls^nc n „?r,,"''^'' '^ "^«"'^t"^^ particulière, unies entre elles par une coit oac^Tar " '"'"^"'^^ '^'^^'^^ circonstance qui a
Pom ormunian^ '^"^ '^"g^^' -Omettre que le canal de
' 1 u^oir r- "'^"'''•^ d-ouvenures avec l chambre de
« rs in é e " r ^"«l'ï"^^ fibres de cette lame
oui smsCrcr sur la capsule cristalline postérieure. Le canal de Petit ne ren-
■vie; ses parois sont juxtaposées comme celles probablement le rôle phy-
ferme aucun Uquide pendant la
des
membranes séreuses, dont elles partagent
anlélicurett"rpLlt?-2,l!"r"dcKÏ'^ ''«'^c «"l'5'-i<"'>-0- - 1, t'pi.hélium de !a p«r.,r
neure de la capsule. - 3', fibres analo.r„n. n„l ~, . '^'^ 1"' P«ssc»' sur la lame aiilé-
eorps ciliaire. ' ''»'"og"'=s passant s..r la lan.e postérieure .le la capsule. - 4, restes d..
ORGANES DE LA. VISION
Biologique, en favorisant les mouvements des procès ciliaires et du cristallin.
M. J. Cloquet a décrit, sous le nom de canal hyaloîdien, un canal cylindroïde résultant de la réflexion de la membrane hyaloïde, laquelle s'enfoncerait en dedans d'elle-mâme pour conduire l'artère nourricière du cristallin, et qui, comme cette artère, traverserait directement le corps vitré d'arrière en avant. Ce canal me parait avoir été admis rationnellement plutôt que démontré anatomiquement.
Canal livaloïdieii