‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 166 sur 180 · DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

DU CRISTALLIN

Le cristallin {corpus crislallinum) est un corps lenticulaire, une lentille biconvexe {lens cristàUina), transparente comme le cristal, située dans la portion antérieure de l'œil, entre le corps vitré, , .

qui est en arrière,et 1 humeur aqueuse, qui est en avant. 11 est maintenu en place par la zone ciliaire, qui l'unit solidement au corps vitré et indirectement à la choroïde et à l'enveloppe flbreuse de l'œil. Il est distant de 2°"°, 5 de la face postérieure de la cornée, et de 14 millimètres de la tache jaune. Le plan de la circonférence du cristallin coupe l'axe visuel à l'union des deux cinquièmes antérieurs avec les trois cinquièmes postérieurs de cet axe. Cette circonférence est régulièrement circulaire et forme, ainsi que nous l'avons vu, la paroi interne du canal de Petit. Le poids du cristallin est de 20 à 25 centigrammes ; son indice de réfraction est de 1,44 (Helmholtz).

Le diamètre du cristallin est de 9 à 10 millimètres; son épaisseur la plus considérable, dans la direction de l'axe visuel, mesure 4, 5 à 6 millimètres et paraît être la même à tous les âges de la vie, le cristallin croissant surtout par allongement de son diamètre. Chez le fœtus, la forme du cristallin est presque sphérique, comme chez les poissons.

Entouré de sa capsule, le cristallin est extrêmement élastique ; au contraire, quand il est déponillé de cette membrane, il est mou et facile à écraser. Ses deux faces sont lisses et unies ; la face antérieure est recouverte par l'iris dans une étendue plus ou moins considérable, suivant la largeur de l'orifice pupillairc. La face postérieure, logée dans la fossette du corps vitré , est beaucoup plus convexe que l'antérieure ; son rayon de courbure est à celui de cette dernière comme 2 : 3.

\/d forme exacte et le degré de courbure des deux faces du cristallin sont trèsdifficiles à déterminer. D'après Kepler, la face antérieure appartiendrait à un

(') Coupe horizontale de l'œil droit, segment supérieur. — 0, nerf optique. — i'c, fossette cenirale. — S, scMrotique. — C/i. choroïde. — H, rétine. — Ou, corps vitré. — (>J, orn scrrala. - Ce, corps ciliaire. — fj, conjonctive.— C, cornée.— J, iris.— L,crislallin,— chambre antérieure. — **, chnnihrc postérieure de l'œil.

Poids.

Dimensions.

l'ormc et courbure.

SPLANCHNOLOGIE.

■ Texture.

Capsule cristaltiue.

Epithélium

Substance propre du cristallin.

segment, de sphéroïde ayant en moyenne 20 millimètres de rayon (Petit), la face postérieure serait une portion de surface d'une hyperbole. Suivant Chossat, les deu.v faces apparliendraicnt à un segment d'ellipsoïde.

Le cristallin se compose d'une capsule et d'une substance propre qui s'y trouve renfermée.

La capsule cristalline ou cristalloîde enveloppe de toutes parts le cristallin, sur lequel elle est moulée exactement. D'une finesse extrême et d'une transparence

parfaite, elle paraît un peu jaunâtre au microscope. Sa surface externe, libre en avant, où elle est en rapport avec l'iris, et baigHée par l'humeur aqueuse, est intimement unie, en arrière, à la membrane hyaloïde, et au niveau de sa circonférence, à la zone cihaire de Zinn. Sa surface interne, en rapport avec la substance propre du cristallin, est recouverte, dans sa moitié antérieure, d'une couche simple et extrcimement régulière de cellules épithéliales aplaties, hexagonales, de 0'""',02 de diamètre, et renfermant un noyau arrondi, avec un nucléole.

La paroi antérieure de la capsule cristalline, appelée aussi cristalloîde ajitérieure, mesure 0""'',Oil à 0""°,Ots d'épaisseur ; derrière l'insertion de la zone de Zinn, elle s'amincit brusquement, si bien que la paroi postérieure de celte membrane présente à peine la moitié de cette épaisseur.

La capsule cristalline est très-élastique; quand on l'incise dans une petite étendue, et la plaie s'agrandit spontanément, et le cristallin est expulsé de sa capsule, qui s'enroule sur est îormfio nnr nr,„ e 1 . elle-même de dedans en dehors. Elle

To i k nCart de? "r^T^'''^"^'"' ^°^«^P'^^' ^'^^^^^^^ ^ verre intuen e tL'la ' T l'«l-ol, les acides, n'exercent

transparence ' ^' nullement la

prcnTtTSrilun^^ """^ transparente chez les jeunes sujets,

agents q^i^Se T:,^^^^ ^^^^ — é. Tous\e;

larendentcomplétementZr; ^7-'^'^"^"^»"'' ^'^Icool, les acides minéraux, lure fibreuse I a conXn ^ ? ' " ^''""^ P^^"^'' P^^^ distinctement sa strucle cen ; 1;:- r '^"^ - en augmentant de la superficie vers

H est inexact de diviser la substance de la lentille en trois couches

(*) Portion pcriphériquc de l i 1»

preintcsdcs limites rfes^ellules I Xin^^^ '".-^'-'r''" ' ■ i^taHi-o- - 1, .Epithélium. - 2, em-

«morphe. i, insertion des rd,res' 1,7 1^, ë ■, " ''" " '"^mi.rane

' '"^ In portion lihro s'est plissée.

ORGANES DE LA VISION

dislinctes, comme on le faisait autrefois, quand on décrivait séparément le noyau, la couche corticale et Vhiinieur de Morgagni. Cette dernière, formant au-dessous de la capsule une couche liquide, plus épaisse en avant qu'en arrière, résulte d'une altération commençante des portions superficielles du cristallin, et n'existe point sur le vivant. Quant à la substance corticale et au noyau, ils ne sont séparés par aucune limite distincte et ne diffèrent entre eux que par leur degré de densité. Dans les espèces animales, la consistance du cristallin est généralement supérieure à celle qu'il présente chez l'homme.

La substance propre du cristallin est formée de fibres transparentes, disposées en couches emboîtées les unes dans les autres. Ces fibres sont des prismes à

Fibres d»

cristallin.

(Fig. 493) (*).

six pans, aplatis dans un sens perpendiculaire à la surface du cristallin et mesurant C'-^jOGO à 0""",Oil de largeur et 0°"",002 à 0""",004 d'épaisseur. Les bords iimincis de ces prismes sont engagés dans les angles rentrants formés, de chaque :ôté, par les deux prismes voisins ; ces bords sont garnis de fines dentelures, olus marquées dans les couches profondes du cristallin, et qui sont extrêmement iiéveloppécs chez les poissons. Les dimensions des fibres du cristallin vont en diminuant <à mesure qu'on pénètre plus profondément; celles des couches centrales présentent un peu plus de la moitié de la largeur et de l'épaisseur des fiures superficielles.

Les fibres du cristallin sont de véritables tubes à parois minces et contiennent un liquide transparent, albumineux, avec un noyau aplati, arrondi ou eUiptilue, situé ordinairement au niveau de la portion moyenne de leur longueur.

Les fibres sont plus solidement unies entre elles dans le sens transversal que Leur mode lans le sens de leur épaisseur, d'où la séparation facile de la substance du cristallin en un certain nombre de lames ou de couches emboîtées les unes

(') Section transversale des libres delà portion corticale du cristallin.

(*') Fibres du noyau du cristallin.— n, fragment d'une libre isolée b, dentelures engrenées vues do

ace. — c, dcnfelurp» vues par le bord. — rf, ces dentelures sur une section des libres.

Leur structure.

d'union.

SPLANCHNOLOGIE.

Leur direction.

dans les autres, comme celles d'un oignon. Dans le noyau, les lames adhèrent entre elles plus solidement que dans la substance corticale. Quant à la direotion des fibres, celles qui occupent l'axe du noyau vont directement d'un pôle à l'autre du cristallin ; celles qui entourent ces fibres centrales, suivent un tra-

(Fig. 495) (').

(Fig. 496) n.

(Fig. 497)

jet analogue, mais en décrivant dans le plan des méridiens un arc de cercle d'autant plus recourbé qu'elles sont plus excentriques. Les noyaux répondent à la région de 1 équateur du cristallin, mais ne se trouvent pas tous à la même haueur , Ils sont répartis dans une zone d'une certaine largeur, à laquelle on a donné

Je nom de zone des noyaux.

rr?^Zl '"'''1''"^'^ corticale, les fibres n'alteigneni point les deux pôles du i wt ' ^"'"'^ ^«"sl^'er sur un cristallin traité par

nitrique, cet organe est divisé en un certain nombre de secteurs, sé-

ligure s2 vuor,le face '="Sl»l'in. vues de profil; celles du bord droit et inférieur de ta

('"i Udgion (?(|unloriale du crieinlii,. » Krieurc de In capsule. «^"s'a'!'»- - . zone des noyaux - figures hexagonales de la lame po»-

ORGANES DE LA VISION

parés les uns des autres par une substance homogène ou granuleuse. Envisagée dans son ensemble, cette substance représente des lames antéro-postérieures qui partent de l'axe du cristallin et rayonnent vers sa circonférence ; considérée dans chaque couche de fibres, elle figure une étoile à branches plus ou moins nombreuses, suivant l'âge du sujet. Chez le fœtus et le nouveau-né, ces branches sont au nombre de trois; mais elles n'offrent pas la môme position sur l'une et l'autre face du cristalUn. En avant, une branche est dirigée en haut, les deux autres en bas ; l'inverse a lieu en arrière : c'est comme si la moitié postérieure du cristallin avait exécuté une rotation de 60° autour de l'axe de l'organe. 11 s'ensuit que les branches anlérieures correspondent au milieu de l'intervalle entre les branches postérieures, et réciproquement. Or, les fibres cristalliniennes, qui toutes s'étendent des branches de l'étoile antérieure à celles de l'étoile postérieure, sont parallèles, dans chaque secteur, au rayon qui le divi-

Étoiles de

substance homojjénc.

(Fig. 498) (•).

(Fig. 499) n.

serait en deux moitiés égales ; elles sont donc d'autant plus courtes, sur une mOme face d'un secteur, qu'elles sont situées plus en dehors du rayon médian. Mais, par suite de la position différente des branches antérieures et postérieures.

Iles fibres les plus courtes en avant sont les plus longues en arrière, elviGevcrsà,à.e sorte que, dans chaque couche, toutes les fibres ont à peu près la même longueur. Chez l'adulte, les branches des étoiles, également au nombre de trois dans le

! noyau du cristaUin, se divisent, dans la substance corticale, en plusieurs bran-

iches secondaires, ce qui rend la disposition des fibres un peu plus compliquée,, quoique toujours basée sur lamème règle. En outre, les fibres de deux secteurs voisins s'inclinent les unes vers les autres, en arc de cercle, au voisinage de leur

; insertion sur une branche commune, qui figure une sorte de rnp/té entre ces fibres. Le cristallin est dépourvu de vaisseaux chez l'adulte. Il n'en est point de même

'Chez le fœtus; au moment de la naissance, la capsule cristalline est encore entourée d'une sorte de sac vasculaire, qui tapisse la fossette crislaUine du corps

■vitré et qui se réfléchit au-devant de la circonférence du cristallin, vers le bord pupillaire de l'iris, d'où il se continue avec la membrane pupillaire. Peu après la naissance, la membrane pupillaire disparaît, ainsi que la membrane capsulo-pupillaire.

Mcinhi'ano capsulo-pupillaire.

(') Crislnlliii vu de profil ; arran(;cnipnt de ses libres et régions où elles font défaut. (") Coupe miiridicnne par le ceiilrc du cristallin.

SPLANCHNOLOGIIÎ.

Chambre postérieure.

Chambre antérieure.

Humeur aqueuse.

(Fig. 500) (*).

m. — nUMEUR AQUEUSE.

On donne le nom à'humeur aqueuse à un liquide d'une limpidité parfaite, qui remplit l'espace entre la face postérieure de la cornée et la face antérieure du cristallin; c'est aussi dans cet espace que se trouve l'iris, dont la présence

a fait admettre l'existence de deux chambres, situées, l'une en avant , l'autre en arrière de ce diaphragme, et communiquant entre elles par l'orifice pupillaire. Nous avons vu, à l'occasion de l'iris, ce qu'il faut penser de cette manière de voir, et nous avons reconnu que l'iris étant appliqué directement sur la face antérieure du cristallin, au moins dans sa portion interne, on pourrait tout au plus donner le nom de chambre postérieure à un espace annulaire répondant à la périphérie du cristallin et présentant la forme d'un prisme triangulaire recourbé, espace dont la paroi antérieure est formée par l'iris, la paroi postérieure par les procès ciliaires etlazone de Zinn, et la paroi interne par le bord du cristallin, laquelle paroi se réunit à angle aigu avec la paroi antérieure, à angle obtus avec la paroi postérieure. La chambre antérieure mesure d3 millimètres de diamètre; limitée en avant par la cornée, en arrière par l'iris et le cristallin, elle a la forme d'une lentille concave-convexe et présente un bord circulaire tranchant, résultant de la rencontre à angle aigu de ses deux parois et constitué par le ligament pectiné.

L'humeur aqueuse peut être considérée comme du sérum sanguin très-dilué. Son pouls spécifique est de 1,0053; son indice de réfraction, l,33f.6 (BrQAVster).

quantité Hélé évaluée à 4 ou ii grains par Petit, à 0,40 ou 0,45 par M. Sappey. Ce qui caractérise l'humeur aqueuse au point de vue chimique, c'est qu'elle ne renferme que des traces d'albumine. Voici d'ailleurs quelle est sa composition, d après Berzélius :

Eau

Albumine

Chlorure de sodium.

Extrait alcoolique.

98,10 traces.

1,16 traces.

Matières extractives solubies dans l'eau 0,75

L'iiumeur aqueuse se renouvelle très-rapidement, lorsqu'elle a été évacuée par une ponction ou qu'elle s'est écoulée par une plaie de la (bornée. La source

" '*sdérZ?..e'''''Ti'''V'' l'r" «"("Sni'"'-. - O. nerf optique. - IV, fossette centrale. -

-^C / roli 'r ~ - «^on-s vitré. - Os, ora serrala. - Ce. corps ciliairr.

l-^ricurc de iVr 1 " ' ^' -^''^'al'i"- - % chambre antérieure. - -, chambre pos'

ORGANES DE L OUÏE

de celte sécrétion ne doit point être recherchée dans des glandes spéciales on dans le corps vitré et le cristallin, comme le pensaient Ribes et Dugùs ; elle réside évidemment dans les nombreux vaisseaux de l'iris et des procès cihaires. La membrane de Demours, à laquelle on a rapporté celte sécrétion et qu'on a désignée sous le nom de membrane de l'humeur aqueuse, a été étudiée à l'occasion de la cornée ; nous avons vu également comment elle se comporte par rapport à l'iris, sur la face postérieure duquel il est impossible de la démontrer, non plus que sur la face antérieure du cristallin.

On a attribué à l'humeur aqueuse une action dissolvante très-énergique qu'elle exercerait sur la substance propre du cristallin, lorsqu'elle est mise di rectement en contact avec cette substance par suite d'une plaie de la capsule cristalline ; celte action dissolvante est loin d'être démontrée, et la résorption du cristallin qui a lieu dans la cataracte traumatique ou après l'opération de la usages, 'discision, peut aussi bien s'interpréter d'une autre façon. Le rôle de l'humeur aqueuse paraît être simplement de maintenir la forme de la cornée et de favoriser les mouvements de l'iris et du cristallin.

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