‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 168 sur 180 · I. — PAVILLON DE l'oREILLE · texte numérisé non relu

I. — PAVILLON DE l'oREILLE

Situation du pavillon de l'oreille.

Variétés individuelles.

Face mastoïdienne.

Face externe .

Conque.

Le tragus est l'opercule du conduit auditif externe.

Antitragus.

Anthélix.

Le 'pavillon de l'oreille, vulgairement connu sous le nom d'oreille, auricule (Chauss.), occupe la région latérale de la tête, et se trouve situé derrière l'articulation de la mâchoire inférieure, au-devant de la région mastoïdienne - c'est une lame élastique, ovalaire, diversement plissée sur elle-miîme et comme onduleuse.

Libre en haut, en arrière et en bas, le pavillon de l'oreille est très-fortement fixé en avant et en dedans, et cela d'une manière tellement solide que les oreilles peuvent supporter le poids de tout le corps.

Les variétés individuelles de forme, de direction, de relief et de dimensions de l'auricule sont généralement connues. De ces variétés, les unes sont congémales, les autres, acquises. Parmi ces dernières, on doit signaler l'habitude d emprisonner plus ou moins étroitement dans la coiffure l'appareil entier de 1 audition. La direction ou le relief du pavillon n'est pas sans quelque influence sur 1 audition, dont la perfection, suivant Buchanan, serait en raison de l'angle que forme le pavillon avec la face latérale de la téte, angle qui, dans une bonne conformation, doit être de 25 à 30 degrés.

La face interne ou mastoïdienne du pavillon présente des éminences et des enfoncements qui trouvent leur explication dans la disposition des éminences et enfoncements de la face externe.

Pt'i^lî'T'T remarquable par sa disposition alternativement saillante r eure Z 1 ^'f'''''' ^ P''^^ P^^^ cependant de la partie infé-

orme et d'.^n ' ^ f Périeure, la conque, ex6avation infundibuliforme, d'une

antrieurp ZTi^'T «"^ ««"^^ ^ans son fond et à sa partie

antérieure 1 orifice du conduit auditif externe '

par sa S mn' ' T ^'^^ueUe triangulaire, adhérente

EeraX ^ ^^-'^"teten dedans, libre par son sommet, qui esl

pression de ce opercule complètement obturé par la dé-

est hérissée de Ju. Z ,' , ''''' ^"^^"^ «ï^^ P'^^"'' de la conque,

cules qui voirgent dan7 ra?;."^- " ^^"^ "^^'^^^ ''^^''''^ ^-P-

<mgL,'k4'uefteTril"I'„îr '^T'^' ^«"5"^ «^^i^ée par l'anii-

ane é;hanc;u e a 3 ^ T^^^ T ^«"^ « 'p"^'^ P-

En arrière et Tn Tm' i ^ ^'^^^^ào., Véchancrure de la conque.

qui commence au-dessus do vZT '^«'^'"^^tée par l'«„</.dfe, repli curviligne aessus de 1 antitragus, dont il est séparé par une dépression

celxderm!mSs'qti7e''v^^^^^^^^ les mammifères, ....

séquetil, dont rnudilioi. ..w. „ conslnmmenf dans un milieu aérien, et, par con-

>. est pas aérienne, en sont-ils dépourvus.

encore

ORGANES DE l'oUÏE,

légère, se porte en haut et en avant et se bifurque, pour se terminer dans la rainure de l'hélix. Les deux branches de bifurcation de l'anthélix, dont la supé- ;rieure est large et mousse, et l'inférieure comme tranchante, interceptent un enfoncement superficiel, appelé fosse scaphoîde ou naviculaire, et qui serait mieux : nommé fossette de l'anthélix.

On appelle {hélix, ■nXi^, ligne spirale, d'éxelv, envelopper) un repli curviligne qui constitue la limite du pavillon, dont il forme la bordure extérieure. Il com- ■mence dans la cavité de , la conque, qu'il divise en I deux parties inégales , i l'une supérieure , plus étroite, l'autre inférieure, plus large; se porte en ) grossissant d'une manière insensible en haut et en avant, au-dessus du con- • duit auditif, puis au-des- : sus du tragus, dont il est séparé par un sillon trèsprononcé , puis directement en haut ; se re- I courbe en arrière, descend en bas pour former le bord postérieur de l'oreille, et se termine en se continuant , en avant , avec l'anthélix, en arrière avec le lobule.

On appelle rainure ou sillon de l'hélix une gouttière concentrique à l'hélix, qui la circonscrit et qu'elle sépare de l'anthélix.

Le lobule occupe la partie inférieure ou petite extrémité du pavillon, dont il est distinct par sa mollesse ; il est surmonté en avant par le tragus, en arrière par l'antitragus, et au milieu par l'échancrure de la conque. C'est au lobule de l'oreille, dont les dimensions sont d'ailleurs extrûmement variables, suivant les sujets, que la plupart des peuples sont dans l'habitude de suspendre des anneaux.

Structure. Le pavillon est formé par une lame fibro-cartilagineusc, complétée en certains points par des parties fibreuses et donnant insertion à plusieurs muscles ; cette lame est recouverte d'une enveloppe cutanée, qui reçoit des vais seaux et des nerfs.

a. Cartilage auriculaire. Il constitue lacharpente du pavillon, dontildétermineeu

(•) Face latérale du crâne et cartilage de l'oreille; le cartilage en gouttière du conduit auditif externe (CM) est «^taléct tiré en bas. — 1, méat auditif externe. — i, tuliercule articulaire du temporal. — apophyse niastoïdc. — t, section de l'os malaire. — H, hélix. - H', sou origine. - II", apophyse de l'hcMix.

— A/i. anthélix. — Kh', branche supérieure de l'anthélix. — AA", branche inférieure.— l'V. fossc triangulaire ou scaphoîde.— S, sillon de L'hélix. - Vc, conque.— C/i, extrémité caudale de l'hélix et de l'anthélix.

— Kt, antitragus. — T, tragus.— *. incisuresdu cartilage du conduit auditif «•xlernc.

Hélix.

Sillon de l'hélix.

Lobule.

Forme du cartilage auriculairu.

SPLANCHNOLOGIE,

Apophyse de l'hélix.

Extrémité caudale de l'hélix et de lanlhélix.'

Rpaississement linéaire de

la confine.

Ses incisures.

(Fig. 302) (*).

CM

grande partie a forme, et qui lui doit également sa souplesse et son élasticité.

Dépouillé de la peau, le cartilage auriculaire présente donc les éminences et dépressions que nous avons décrites à l'occasion de la conformation extérieure du pavillon, toutefois avec quelques modifications: ainsi, le cartilage n'offre rien qui réponde au lobule ; le repli cartilagineux qui constitue l'hélix cesse au niveau du milieu de la conque, où il est continué par un repli de la peau qui, d'ailleurs, le déborde dans presque toute son étendue et en augmente le relief. Le cartilage du pivillon offre, en outre :

1° Une éminence apophysaire, en forme de mamelon, apophyse de Vhélix, très-considérable, d'une grande densité, qui naît du bord antérieur de l'hélix, immédiatementau-dessus du tragus. Cette apophyse donne attache à trois des muscles du pavillon.

2" Une languette en forme de queue, séparée de l'antitragus et de la conque par une fente très-prolongée, que remplissent des fibres . ligamenteuses.

Cette languette, qui est formée par les extrémités réunies de l'hélix et de l'anthélix, est très-épaisse, irès-deusc \ on peut l'appeler eœirémîïc caudale de Vhélix et de l'anthélix; elle 'soutient la base du lobule.

3° Un évaissmer>xent extrêmement prononcé, épaississement de la conque, avec modification dans la couleur, qui est d'un blanc mat. Cet épaississemcnt est dispose suivant unehgne verticale, et règne sur la face mastoïdienne de la conque, pour se ermincr à la partie inférieure du cartilage ; il semble destiné à main-

]p oMn . ' '''"'ï"^' ""^^ impossible de déplisser avant lu seclioa

de cette portion épaissie du cartilage.

m?iT'r''" ""^'''^ ^^ï-'il^ge auriculaire, plusieurs fentes ou inci-

sures, qui Je divisent incomplètement en plusieurs pièces mobiles les unes sur

l'u'nion dn'carlMuKe^'lu'^oatn f*^!"'. P^^saiit par le conduit auditif externe et par l'oreille, à

réduite à une lanière étroite (CM '\ r^^^^ cd"! <lu conduit auditif. La paroi supérieure de ce conduit est apophyse de l'hélix. -I, |ol,„'|e • c ' ^n"' '"'^'^''"''"■'^ conduit auditif externe cartilagineux. — H', clc auriculaire antérieur '— 2 mn 1 ' " , t'oniissant le bord du conduit auditif osseux. 1 . niusdu conduit auditif osseux K T >l f "'"^"l"'™ supérieur. 3. muscle temporal. — 4. paroi supérieure

'""e. - 9, conduit audi,- f in',; ^Zmi ~ fn " "

'I. parotides. auditif. |o, ,,„,.,„ ,nf,incBrc du conduit auditif osseux.

CM

OUGANES DE L OUÏE.

les aufrcs cl unies entre elles par des ligaments. F.es incisures principales sont, indépendamment de la fente que j'ai indiquée entre l'antitragus ell'extrémité caudale de l'hélix et de l'anthélix : t° une petite incisure verticale sur l'hélix, au niveau de son bord antérieur; 2° une petite incisure, également verticale, sur le tragus; 3» plusieurs échancrures peu régulières de l'héUx ; 4" je reviendrai, à roccasion du conduit auditif, sur une fente plus importante encore, située entre l'hélix et le tragus, et qui se prolonge sur la moitié externe de l'orifice du conduit auditif.

Le cartilage du pavillon, flexible mais fragile, se rapproche, par sa structure, du caiiilage jaune ou réticulé; ses cellules, extrêmement nombreuses, ont, en moyenne, 0'°'",02 de diamètre. Un périchondre serré recouvre sa surface. b. Liijaments. On les divise en extrinsèques et en intrinsèques. Les lii/aments extrinsèques, qui unissent le pavillon au temporal, sont : 1» le ligament postérieur : c'est une couche fibreuse, épaisse, étendue de la convexité de la conque à la base de l'apophyse mastoïde ; 2» le ligament antérieur, triangulaire, très-large et très-résistant, qui naît de l'apophyse de l'hélix et de la portion voisine du pourtour de l'hélix, et vient se terminer à l'arcade zygomatique, en se confondant avec l'aponévrose temporale superficielle; le ligament du tragus, très-fort, étendu du tragus à la portion voisine de l'arcade zygomalique.

Les ligaments intrinsèques ont pour objet de maintenir le cartilage du pavillon plissé sur lui-même; ce sont : t° le ligament qui maintient la queue de l'hélix appliquée contre la conque ; 2° le hgament très-fort qui va du tragus cà l'hélix, et qui unit la moitié externe du pourtour du conduit auditif au cartilage du pavillon ; 3" les trousseaux très-forts qui se trouvent à la face mastoïdienne du pavillon, et qui maintiennent ses replis: leur section permet de déplisser le pavillon ; 4" les trousseaux ligamenteux les plus remarquables occupant l'épaisseur du repli que présente la branche de bifurcation inférieure de l'anthélix.

f. Muscles. Les trois musclesextrinsèques, qui sont à l'état de vestige chez l'homme, et qui sont si développés chez les animaux timides, sont destinés à mouvoir le pavillon en totalité. {Voyez Myologie.)

Les muscles intrinsèques meuvent les diverses parties du cartilage auriculaire. Comme les extrinsèques, ils sont rudimentaires. Ils ne sont ni plus ni moins développés chez les peuples sauvages que chez les peuples policés. Ils sont au nombre de cinq, dont quatre occupent la face externe, et un seul la face interne : du pavillon.

i" Le grand muscle de l'hélix (fig. 303) est verticalement placé sur la partie antérieure de l'hélix, au-dessus du tragus: c'est une languette étroite, oblongue, charnue à sa partie moyenne et tendineuse à ses extrémités. Il s'insère, en ibas, à l'apophyse de l'hélix, en haut, à la peau qui recouvre le cartilage.

2» Le petU muscle de l'hélix, le plus petit des muscles intrinsèques, est couché >8ur cette portion de l'hélix qui divise la conque en deux parties. Il se fixe à la ipeau par ses deux extrémités.

Muscle du tragus. Quadrilatère, cquchô sur la face externe du tragus; ses Iflbres sont verticalement dirigées. Il s'attache, en haut, au bord supérieur du llragus, en bas, à la face antérieure de ce cartilage.

Au bord externe de ce muscle, suivant Henle, plusieurs faisceaux dépassent ^quelquefois le tragus en haut et vont se fixer A l'apophyse de l'hélix Uig. 503,

Muscle de l'antitragus. Languette qui couvre la face externe de l'antitra-

Struclurc.

Ligaments extrinsèques.

Intrinsèques.

Muscles extrinsèques.

liilriiisèqucs.

Grand muscle de l'hélix.

Petit muscle de l'Iiiilix.

1\1 usclc du tragus.

De l'antitragus.

SPLANCITNOLOGIE.

Muscle trnnsverse.

Kiis et qui de là, va se fixer par un tendon àla partie supérieure de l'exlrémil, caudale dé l'hélix. Il pourrait avoir pour usage de mouvoir cette extrémit. caudale sur l'anlitragus. . , ^, ,

5» Muscle transverse. Il occupe la face mastoïdienne de 1 auricule. C est, d apre.^

Sœmmering, une couche

Peau du pavillon.

(Fig. 503) C).

Eas

Hm

transversale de fibres d'inégale longueur, étendue en demi-cercle de la convexité de la conque à. la saillie qui correspond à la rainure de l'hélix. Le faisceau le plus élevé, séparé du reste du muscle par un intervalle plus ou moins considérable, est désigné par quelques auteurs sous le nom de muscle oblique.

Entremêlé de fibres ligamenteuses,le muscle transverse constitue une sorte de ligament intrinsèque, destiné à maintenir le repli delà portion d'anthélix qui limite la conque en arrière et en haut.

Action des muscles du pavillon. Les muscles intrinsèques du pavillon ne paraissent point, vu leur faible développement, en état de modifier sensiblement la forme de cet organe ; peut-être ont-ils une certaine influence sur la manière de vibrer de la lame cartilagineuse, en la rendant plus rigide. Suivant M. Duchenne, ils modifient la réflexion des sons ; ceux du conduit auditif rétrécissent l'entrée de ce canal et modèrent les sons ; le grand et le petit muscle de l'hélix, et notamment ce dernier, facilitent l'accès des ondes sonores.

d. Peau du pavillon. Remarquable par sa finesse et par sa transparence qui permettent de voir au travers de cette membrane et sans dissection préalable le réseau vasculaire sous-cutané, elle ne l'est pas moins par sa tension et par son adhérence au cartilage, sur lequel elle se moule, et dont elle traduit les formes à l'extérieur. Je signalerai plus particulièrement, sous le rapport de la ténuité et de l'adhérence, la région de peau qui tient àla conque.

La peau qui répond à la circonférence de l'oreille est peu adhérente à l'hélix, qu'elle déborde ; repliée sur elle-même, elle continue inférieurement l'hélix et forme à elle seule le lobule. Celui-ci et la partie voisine de la circon-

(') .Muscles du pavillon, face exle.ue. - J. échaucrure de la conque. - H', apophvse .le VhUn- ' mT:. pT ? supérieur.- grand muscle de l'hélix. - Hm, pelil muscle de I hélix. - T,

ORGANES DE L OUÏE

(Fig. 504 (*).

fércnce de l'oreille ne sont autre chose qu'un repli de la peau, dans l'épaisseur duquel est contenue une graisse molle. On trouve aussi un peu de graisse sur toute la circonférence de l'oreille, jamais ailleurs.

La peau du pavillon de l'oreille est garnie de poils riidimenfaires extrêmement nombreux ; elle est pourvue de glandes sébacées très-développées, et qu'on observe surtout dans la conque et dans la fossette de l'anthélix. Enfin des glandes sudonpares se rencontrent sous le derme de la face interne du pavillon.

€. Vaisseaux et nerfs. Les artères du pavillon sont H" l'auriculaire postérieure, dont une branche remarquable fraver.e le cartilage entre l'extrémité caudale de l'hélix et la conque, pour venir se répandre dans la cavité de la conque. Toutes les autres branches auriculaires postérieures se distribuent à la face mastoïdienne du pavillon ; parvenues à la grande circonférence de l'hélix, elles se recourbent sur cette circonférence pour gagner la face externe de Fauricule; -10 les auriculaires antérieures, qui émanent de la carotide externe et de la temporale : elles se divisent en branches inférieures ou artères du lobule et en branches ascendantes, qui vont au tragus et à la partie antérieure de l'hélix

Les veines portent le môme nom et suivent la même direction Les antérieures se jettent dans la jugulaire externe, les postérieures, plus nombreuses aboutissent au tronc veineux qui traverse la portion mastoïdienne du temporal pour se rendre au sinus latéral.

Les lymphatiques couvrent d'un réseau serré toute la surface du pavillon • de ce réseau partent des troncs antérieurs, qui convergent vers l'échancrure' de 1 oreille et aboutissent à un ganglion lymphatique situé en avant du tragus et des troncs postérieurs, plus nombreux, qui se dirigent vers la circonférence du pavillon, gagnent la face interne, et se jettent dans les ganglions sousoccipitaux. °

Les nerfs viennent soit du nerf auriculaire, branche du plexus cervical, soit du nerf auriculo-temporal, division du maxillaire inférieur ; trois ou quatre rameaux nerveux s épanouissent sur la surface interne de l'auricule. Un ra- .meau remarquable traverse le cartilage de l'auricule entre l'antilragus et l'extrémité cauda e de 1 hélix pour aller se distribuer à la peau qui revût la conque. Outre ces nerfs scns.tifs, le pavillon doit recevoir des nerfs moteurs, provenant probablement du facial, pour les muscles qui le couvrent.

Le lobule est un repli de la peau.

Follicules sébacés.

Glandes sudoripares.

Vaisseaux du pavillon.

Nerfs lu pavilloD.

{*) Cartilage de l'oreille avec ses muscles, vu par sa fan. iiiiPrn,- r« a i -,

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SPLANCIlNOLOriIK.

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