C. — Kiiniaçoii on C€>chléc
Le limaçon {cochlea), ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la coquille du mollusque dont il porte le nom, est \m organe conoïde, qui est formé par un tube criroulé en
C) Labyrinthe gauche, vu par sa face cxlcnie. — 'ï-f, lame criblée spiroide. — Ku, fimétre vcstibii- Inire. — Vc fenêtre cochiccnnc. — «ari, ampoule (lu canal vertical niitéiieur. - ha, ampoule du canal horizontal. — uc. branche coniniune des doux canaux verticaux. — upa, ampouli' du canal vertical posli'ricur.
ORGANES DE l'oUÏE.
spirale {canalis spiralis cocitleœ) autour d'un axe central {are ou columellt) et dont la cavité est divisée en deux demi-cavités ou rampes par une cloison étendue de la base au sommet du tube ; cette cloison porte le nom de lame spirale.
Le limaçon est la partie la plus antérieure de l'oreille interne; il est situé en dedans et en avant de la caisse du tympan, en avant du vestibule ; sa base est appuyée sur le fond du conduit auditif interne.
Sa surface ejténeure est confondue, chez l'adulte, avec le tissu propre du rocher ; en sorte qu'il faut beaucoup d'art pour sculpter le limaçon, à cet âge de la vie, sans pénétrer dans sa cavité. Chez le fœtus, au contraire, rien de plus facile, à raison de la couche mince de tissu spongieux qui isole le limaçon du reste du rocher. La surface du limaçon est en rapport, en haut, avec l'aqueduc' de Fallope ; elle répond, en bas, à la paroi interne de la caisse du tympan, en avant et en dehors, au conduit du muscle interne du marteau ; en avant et en dedans, au canal carotidien.
i° Lame des cunUiuru On appelle lame des contours la lame compacte qui forme les parois ou la coquille du limaçon. Qu'on se figure un tube creux fermé à une de ses extrémités, et enroHlé en spirale autour d'un axe conique {sicut circa fulcnim convolvuhis, Haller), de telle manière que le tour de spire qui avoisine la base, embrasse le tour de spire qui est plus élevé, et que les parois adossées de ces tours de spire se confondent en une cloison simple : on aura une idée assez exacte de la lame des contours. — Ce canal spiral a de 28 à 30 millimètres
Situation.
Surface extérieure.
Rapports.
Idée générale de la lame des contours.
Dimensions
^Fig. S28) (•).
Pai
'le longueur; son diamètre est d'environ 2 millimètres, mais il diminue graduelle- Hient de bas en haut. La base répond au sommet du promontoire ; d'abord aplati Tansversalemenl, il se porte en avant et un peu en bas, puis successivement en
'•) Section du roctier, pratiquée pcrpendicu airement a sou axe longitudinal; surface de section pos- Tipure. l'rti. conduit auditif interne. — Ul, canal du muscle interne du marteau. - S/h, sedion de i cloison qui sépare ce canal de la trompe d'KusIaelic. — sM, canal spiral de l axe
SPLÀNCMNOLOGIIS.
Idée générale de l'acte du limaçun ou
columelle.
Sa base.
Aspect du sommet delà columelle.
Double rainure de la columelle.
nampes du limaçon.
T.ame «piralc du limaçon.
haut, en arrière, en bas, etc., de manière à décrire une spirale formée de deux tours et trois quarts, suivant Henle, de trois tours complets, suivant M. Sappey.
La portion initiale de la lame des contours est détachée du reste du limaçon dans une étendue de 4 à S millimètres, et légèrement évasée, comme le pavillon d'un cor (fig. n21) ; h son sommet, le canal spiral se termine en coupole ou dôme.
La surface interne de la lame des contours présente une paroi externe ou concave et une paroi interne ou convexe, en rapport avec l'axe, auquel elle adhère intimement. Cette dernière ne s'élève que jusqu'au sommet de l'axe, de sorte que dans le tour supérieur le canal spiral est incomplet, et que la coupole n'est 'formée que par la paroi externe et supérieure.
1° Axe ou columelle. Du fond, ou plutôt de la partie antérieure du fond du conduit auditif interne, s'élève un noyau osseux, dirigé horizontalement en dehors et en avant, qui occupe le centre ou l'axe du limaçon, et autour duquel s'enroulent la lame des contours et la lame spirale. Ce noyau osseux porte le nom d'axe du limaçon ou de columelle {modiolus, nucleus). L'axe part de la hase du hmaçon, mais n'atteint point la voûte de cet organe ; sa. longueur est de 2""",5. Extrêmement épais au niveau du premier tour de spire, où son diamètre mesure 2 millimètres, il est déjà beaucoup plus mince au niveau de la première moitié du deuxième tour, et se trouve remplacé, à la hauteur de la seconde moitié du deuxième tour et du troisième demi-tour de spire, par une lamelle appelée infundibulum {scyphus, Vieussens), lamelle caliciforme, dont l'évasement répond à la coupole du limaçon.
La base de la columelle, qui se voit au fond du conduit auditif, est creusée en fossette, et présente une disposition en pas de vis très-prononcée; elle est percée d'une multitude de petits trous, disposés sur une double ligne spirale {tractus spiralis foraminosus, Cotugno ; lame criblée spiroîde, Sappey), et par lesquels s'exprime, pour ainsi dire, le nerf auditif. Ces trous sont répartis sur une double série de fossettes, séparées par des crêtes. Il y a généralement 4 à 6 trous par fossette, et chacun d'eux est l'origine d'un petit canal, qui se porte d'abord parallèlement à Taxe du limaçon, et se réfléchit ensuite en dehors sur la lame spirale, pour s'ouvrir au bord convexe de celle-ci. Cette double série de fossettes criblées décrit deux tours de spire, et se termine par un orifice plus considérable, qui occupe le centre de la base du hmaçon et qui conduit dans un canal occupant l'axe de la columelle {canal central).
Le sommet de la columelle {apex) répond à la fin du deuxième tour du limaçon, et se trouve à un millimètre de distance de la voûte. 11 présente un orifice, terminaison du canal central de l'axe.
La surface de la columelle est unie à la paroi interne de la lame des contours et présente une double rainure, qui correspond aux deux lamelles osseuses de la cloison spirale : cette surface est criblée de trous {foramina modioli), pour le passage des filets du nerf auditif.
Lorsqu'on divise la columelle suivant son axe, on voit qu'A son centre elle est percée d'une foule de conduits destinés au passage du nerf auditif. Ces conduits aboutissent aux trous dont est criblée la surface de la columelle, parmi lesquels il en est un principal {tubulus centralis modioli) pour la branche terminale du
nerf auditif. • x •
.30 Lame spirale. Le canal spiral qui constitue le limaçon, est divisé suivant sa longueur en deux cavités secondaires, désignées sous le nom de rnmpes {scalœ),
ORGANES DE l'oUÏE.
par une cloison qu'on appelle lame spirale. Née de la parlie inférieure et anté-
rieure du vestibule, immédiatement au-dessus de la fenêtre
ronde, où on l'a-
{Fig. 529; C:
perçoit trùs-facilement, la lame spirale se contourne suivant ses bords autour de la columelle, et se termine en pointe un peu au-dessous de la voûte du limaçon. La lame spirale présente sa plus grande largeur dans le premier tour ; elle diminue graduellement dans le second, et cesse au commencement du troisième, où elle se termine par une espèce de crochet ou de bec (hamulus, rostrum laminœ spiralis), dont le bord concave concourt à former l'orifice de communication entre les deux rampes. Par son bord interne, elle appuie sur l'axe du limaçon, auquel elle adhère
intimement ; au-dessus de la columelle, ce bord est libre dans une petite étendue, pour permettre une communication entre les deux rampes. Son bord externe, con-
(Fig. 530)n. {Fig. 531) (•♦•).
vexe, finement dentelé, avance plus ou moins dans le canal spiral, mais n'atteint point la paroi externe de la lame des contours : la cloison entre les deux rampes est complétée par le canal cochléaire, dont il sera question plus lard (portion membraneuse de la lame spirale). Il suit de la forme conique du limaçon que si la lame spirale était déployée, elle représenlorait un triangle isocèle, dont la base répondrait à la fenêtre ronde, et le som-
•) Limaçon osseux du nouveau-né (côté droit), ouvert parla face externe. - So. rampe veslibulaire rampe tympanique. - L*, lame spirale. - C, crêto semi-lunaire. - Ac, orifice interne de l aqueduc du limaçon. - cil, canal central. - iM, canal spiral de l'axe.
(") Section du sommet du limaçon osseux du côté droit, pratiquée parallèlement à la base. - A, surface de section inférieure. - B, surface de seclion supérieure. - cf, aqueduc de l'allope.
) Limaçon osseux droit, ouvert par la face ontérieuro.- M-/, axe. - L,, lame spirale. - H,crochotde celle lame - tec, fenêtre cocliléenne,- f , seclion do la cloison cnlre les tours du limaçon. - ff. exlrémit.» (iipc-rivure de celte cloison.
Orifice interne de l'aqueduc du limaçon.
(Fig. 532) (*).
Aqueduc du limaçon.
met à la voûte du limaçon. Les deux faces de la lame spirale, perpendiculaires à l'axe dans le premier lour, se redressent graduellement vers lui dans les tours suivants; l'une appartient à la rampe vestibulaire, l'autre à la rampe tympanique. Toutes deux, mais particulièrement l'inférieure, sont souvent creusées de sillons parallèles, allant du bord interne vers le bord externe de la lame spirale, mais ne dépassant pas le milieu de sa largeur. Cette cloison osseuse est assez épaisse au niveau de son insertion sur la colu-
melle, mais s'amincit vers son bord libre ; elle est partout composée de deux lamelles unies par de la substance spongieuse, et entre lesquelles se voient des canaux anastomosés extrêmement déliés et trèsnombreux, destinés aux nerfs du limaçon. Ces deux lamelles impriment sur l'axe du limaçon deux rainures bien distinctes.
4» Rampes du limaçon. Les deux cavités secorniaires, appelées rampes du limaçon, scalœ, dans lesquelles la cloison spirale osseuse, complétée par les parties molles de cet organe, divise la cavité du limaçon, sont distinguées en rampe externe et un peu antérieure, oavestibulaire {scalavestitmli), et en rampe interne et un peu postérieure ou tympanique {scala tympani)'. Elles commencent au niveau du promontoire, où elles sont parfaitement séparées l'une de l'autre, pourse terminer au sommet du limaçon, où elles communiquent entre elles par un orifice appelé hélicotrême par Breschet {hiatus de Scarpa). La première s'ouvre directement, à sa base, dans le vestibule, par un orifice elliptique situé à la partie antérieure, inférieure et externe du vestibule, au-dessous de la fossette hémisphérique; la seconde, qui aboutit à la fenêtre ronde, communiquerait avec le tympan, sans la membrane qui obture
cette fenêtre {scala clausa). A son origine immédiatement au-dessus de la fenêtre ronde, la rampe tympanique présente une petite ouverture, orifice interne de l'aqueduc du limaçon, précédée d'une petite crête semi-lunaire qui, du bord adhérent de la lame spirale, s'étend vers la fenêtre rondo. La rampe vestibulaire, d'abord plus étroite que la tympanique, lui devient égale après le premier tour, puis l'emporte notablement en ampleur sur cette dernière. Une coupe de chacune de ces rampes, faite perpendiculairement à leur axe, représente un demi-cercle.
5" Aqueduc du limaçon. On appelle ainsi un conduit de forme pyramidale et triangulaire, ouvert, d'une part, dans la rampe tympanique du limaçon {/ig. 52!i,
(*) Sommet du limaçon osseux du cûté gauche, ouverl pour montrer l'exlrdmité de la lame spirale.
(*•) Section verticale et transversale du temporal gauche, passant derrière la fcncMre coch'(*cunc. Surfare de section oiitérieuic. LTétrier (S) est en place. Le sommet du rocher est incliné en bas. — II*, fossi-tlc hémisphérique. — Cv, créle du vestibule. — Vr, promontoire. - ts, membrane de la fenêtre ronde. — *, trée de la rampe vestibulaire du limaçon.
ORGANES DE l'oUÏE.
Ac), près de la fenûtre ronde, d'autre part, au bord postérieur et inférieur du rocher, à côté de la fosse jugulaire (Voy. Ostéologie, fig. 75, Aec), par une extrémité évasée. 11 n'a nullement l'usage que lui avait assigné Cotugno, et de môme que l'aqueduc du vestibule, il n'est autre chose qu'un canal vasculaire, tapissé par un prolongement de la dure-mère. Le liquide de Cotugno ne saurait donc, en aucune manière, trouver d'écoulement par ce canal, qui est complètement obturé.
6» Conduit auditif interne. Le conduit auditif interne est un canal qui, de la face postérieure du rocher, s'étend à l'oreille interne. Obliquement dirigé en avant et en dehors, il a environ î» millimètres de longueur et 4 millimètres de diamètre. Son extrémité interne est un orifice elliptique, à grand axe horizontal; son extrémité externe est close par une lame osseuse déprimée en fossette, et divisée par une crête transversale en deux fossettes secondaires, l'une supérieure, l'autre inférieure.
I^a fossette supérieure, moins large, mais plus profonde que l'inférieure, présente : en avant. Ventrée de l'aque duc de Fallope (C/), qui donne passage au nerf facial; en arrière, et séparée par une crête verticale tranchante, une excavation profonde, étroite (u*), dont les parois sont percées de petits orifices irréguliers, à travers lesquels la branche supérieure du nerf vestibulaire s'exprime en quelque sorte pour gagner la tache criblée supérieure. La fossette inférieure est divisée par une crête peu saillante en deux parties, l'une antérieure, l'autre postérieure. La première, ou fossette coi-hléenne (Ff), représente une surface circulaire percée de trous, qui répond à la base du limaçon. Nous avons vu que ces trous sont disposés en spirale {Isf, lame criblée spiroide) et qu'au miUeu se trouve le trou central (Fcc). La seconde,ou fossette vestibulaire, également déprimée, arrondie et percée d'orifices (v^), répond, du côté du vestibule, à la tache criblée moyenne; en arrière de cette fossette se voit l'orifice {foramen singulare, Morgagni) d'un canal étroit (v*) par lequel passe le nerf ampullaire du canal vertical postérieur. Au-dessus de cet orifice enfin sont deux groupes d'orifices (w», d«) formant l'entrée d'autant de canalicules par lesquels les divisions du nerf sacculaire sont conduites à la tache criblée moyenne.
Conduit auditif. interne.
Entrée del'aqueduo de Fallope.
n. — LABYRINTHE MEMBRANEUX.
Les parties molles du labyrinthe se composent :
1" Du labyrinthe membraneux proprement dit ou des organes essentiels de l'juie, • comprenant : «) deux vésicules qui occupent le vestibule, l'ulricule et le soccule; ib) les canaux demi-circulaires membraneux, qui s'ouvrent dans la cavité de l'utricule, ict c) le canal cochléaire, situé dans le limaçon osseux et qui communique avec le
n Pond du conduit auditif interne droit, mis à nu par l'ablation de l'os sur ses deux faces. - C.f, coupe de l'aqueduc de Fallope. — Pc, fossette cochléenne. — Fcc, trou central de la fossette cochléenne. — TV, lame criblée spiroïdc. — ul a «8, ouvertures pour l'entrée des branches du nerf vestibulaire daus i le labyrinthe.
700 SPLANCIINOLOGIE.
saccule. Les cavités du labyrinthe membraneux sont distendues par un liquide appelé cndolymphe;
2° Du nerf acoustique, dont les ramifications se distribuent aux diverses parties du labyrinthe membraneux;
3° Du périoste qui tapisse le labyrinthe osseux ; un liquide, appelé pérUymphe, le sépare du labyrinthe membraneux ;
4» Des vaisseaux de l'oreille interne.
Utricule et canaux demi-circulaires membraneux.
Utricule
Vainement chercherait-on à étudier le labyrinthe membraneux sans préparation, chez l'homme. On ouvre le labyrinthe : il est plein de liquide; l'œil ne peut y démêler rien autre chose. L'acide nitrique étendu d'eau a le double avantage de rendre les os sccables, à la manière des parties molles, et de durcir, en même temps qu'il les rend opaques, les parties nerveuses. En faisant macérer pendant un ou deux jours les préparations, aussi fraîches que possible, dans l'acide chlorliydrique dilué, on donne aux os la mollesse nécessaire pour rendre possibles des coupes dans les divers sens. Il convient ensuite de placer la pièce ramollie dans l'alcool absolu, pour donner aux parties molles du labyrinthe plus de consistance. Quelques anatomistes se servent dans le même but d'une solution d'acide chromique ou de chromate de potasse.
On devra, avant d'étudier le labyrinthe membraneux de l'homme, l'étudier d'abord chez les grands poissons cartihigineux, tels que la raie et le turbot qui l'offrent à son maximum de développement. On voit alors que les canaux demi-circulaires et le vestibule •contiennent, indépendamment d'un liquide, des tubes et sacs membraneux^ demi-transparents, dont l'aspect a beaucoup d'analogie avec celui de la rétine. Mais c'est surtout dans l'étude du limaçon membraneux qu'on se heurte à de grandes difficultés, qui, malheureusement, n'ont pas encore été vaincues d'une manière complète.
1 » L'utricule est une vésicule elliptique, aplatie de dehors en dedans, qui occupe
r.ananx (Iciiii -circulaires membraneux.
Leur counguratioii.
Leurs ampoules.
(Fiç. S35) (♦).
la partie supérieure et postérieure du vestibule son grand diamètre mesure 3'"",5. Son extrémité supérieure correspond à la pyramide du vestibule ; à son extrémité inférieure se trouve l'oriflce ampullaire du canal vertical postérieur. La paroi supérieure et interne est unie à la fossette elliptique par du tissu conjonctif, ainsi que par des vaisseaux et des nerfs. Sa paroi externe est libre et séparée du vestibule osseux el de la base de l'étrier par un espace assez considérable , rempli de pèi-Hymplie. Sa paroi inférieure est en rapport avec la paroi supérieure du saccule. Les canaux demi-circulaires membraneux s'ouvrent dans sa cavité
par cinq orifices distincts.
2° Considérés comme des cordons nerveux par Scarpa, qui, le premier, les a décrits, les canaux demi-circulaires membrajimx, bien qu'ils ne remplissent les canaux osseux de mCme nom que d'une manière incomplète, ont absolumenl la môme configuration que ces derniers. Chaque canal membraneux a, comme les canaux osseux, son ampoule {ampulla membranarea) ou sa vésicule-ovoîde. Les deux
(') utricule et canau:. demi-circulaires membraneux [Mi gaucl.c) vus par la face externe. - vn, can.-.! vertical anl..rieur. - vp, canal vertical poslérieur. - canal horiionlal.
ORGANES DE L OUIE
canaux membraneux verticaux se réunissent en un canal commun; il suit de là que les canaux demi-circulaires membraneux, de mûme que les canaux demicirculaires osseux, s'ouvrent dans le „,^. ,. vestibule membraneux par cinq ouvertures bien distinctes, dont trois appartiennent aux extrémités ampullaires et deux aux extrémités non ampuUaires.
Les ampoules membraneuses remplissent presque complètement les parties osseuses correspondantes ; elles se distinguent plus nettement du reste du canal membraneux, plus délié proportionnellement. Les canaux membraneux sont libres au milieu de la périlymphe qui remplit les canaux osseux, auxquels ils ne sont unis que par quelques filaments déliés.
Sur la face interne de l'utricule., on distingue la tache auditive, qui répond à une portion plus épaisse et plus résistante de la paroi utriculaire. Presque circulaire, elle a un diamètre de 2 millimètres, et reçoit les ramifications d'une des branches du nerf acoustique.
A la face interne des ampoules, on trouve la crête auditive , qui porte les terminaisons du nerf ampullaire : c'est une saillie transversale, blanc-jaunâtre, qui proémitie dans la cavité de l'ampoule. Sa forme est semi-lunaire, avec des extrémités arrondies et une portion moyenne un peu étranglée (fig. A). La crû te auditive est située près de l'orifice utriculaire de l'ampoule, sur le prolongement du bord convexe du canal membraneux. C'est à elle qu'aboutissent les vaisseaux' et nerfs ampullaircs.
Les parois de l'utricule et des canaux membraneux sont transparentes, hyalines, très-minces; après l'écoulement du liquide qui les distend {endobjmphe), elles s'affaissent et se plissent.
Quant à la texture de l'utricule et des canaux membraneux, leurs parois, extrêmement minces, se composent d'une couche externe ou fibreuse, très-vasculaire, revêtue intérieurement d'une lamelle hyaline très-mince, que tapisse un épithélium pavime7itmx simple. Les cellules de cet épithélium sont de forme polyédrique et de grosseur variable ; au niveau de la tache auditive elles sont très-volumineuses et mesurent 0'°"',Oir) en diamètre. Sur les crûtes auditives, on trouve un épithélium cylindrique stratifié.
(Fig. B37) (").
f.eurs cinq ouvertures.
Ampoulas ineinbr.i-
Tache auditive.
Crête auditive des ampoules.
Parois de l'utricule cl des canaux
.membraneux.
Texture de l'utricule et des canaux membraneux.
(*) Paroi des canaux demi-circulaires membraneux. — 1, membrane propre. — *, bord de cette mem. brane dilacéré arlificiellcment. — 2, épith<ilium.
(•■) Surface interne de la tache auditive de l'utricule, traitée par la soude.
SPLANCHNOLOGIE.
D'après les nouvelles recherches d'Odénius, l'épilhélium de la lâche auditive de l'utricule, ainsi que du snccule, beaucoup plus épais que celui du reste de la paroi de ces vésicules, se compose de deux éléments: i" de cellules cyliiidnques, renfermant un contenu granuleux jaunâtre ; 2° à' éléments fusi formes, sans
(Fig 538 B) {*).
(Fi g. 538 A) (•).
Otocuiiic.
Sacculc .
(Fig. 338 G) ['].
noyau distinct, auxquels Kœlliker propose de donner le nom de cellules auditives. Ces éléments, remarquables par leur aspect brillant, et dont une des extrémités est garnie de cils auditifs, analogues à ceux qu'on a observés chez les animaux, tandis que leur extrémité opposée semble se continuer avec une fibre nerveuse , sont régulièrement distribués sur toute l'étendue de la tache auditive, entourés des cellules cylindriques, qui, sur la périphérie de la tache, se transforment graduellement en cellules d'épithélium padmenteux. Ces observations concordent avec celles de Kœlliker sur le bœuf.
Dans la région où se distribuent les nerfs, on observe, même à l'œil nu, à la face interne de l'utricule, une tache blanche, nettement délimitée j cette tache est constituée par une multitude de corpuscules microscopiques arrondis ou allongés, dont quelques-uns représentent de véritables prismes à six pans terminés en pointe à leurs extrémités ifig. 539). Ces corpuscules, désignés sous le nom d'otoconie, sable auditif, par Breschet, sont unis entre eux par une substance comme muqueuse et sont formés de carbonate de chaux, peut-être avec un peu de substance organique. Leurs connexions avecla paroi de l'utricule ne sont pas encore nettement établies.
D. — fSacciile et portion membrsincusw du limaçon ou canal cocliléaire.
i° Le saccule {sacculus proprius, sphœricus, Sœmmering), beaucoup plus petit que l'utricule, est une vésicule sphériquede 1°"°,6 de diamètre, supportée par un col étroit. Logé dans la fossette hémisphérique du vestibule, il a son fond tourné en haut et en avant, vers l'utricule. Les parois adossées des deux vésicules sont partiellement unies entre elles; mais leurs cavités sont indépendantes.
A, ampoule ouverte. - crèlc audilivc. - B, portion de la figure A con.prise «ntre les den^ lignes horizontales, avec la terminaison de» nerfs vus de faee. - C, même portion vue sur une coupe transversale.
ORGANES DE l'oCÏE.
Le col {ducius reuniens) naît de la paroi inférieure du saccule, et se dirige en bas et en arrière, vers la paroi supérieure de l'extrémité vestibulaire du canal cochléaire, dans lequel il s'ouvre à angle droit, en laissant à son côté externe un cul-de-sac de ce canal, qui rappelle le grand cul-de-sac de l'estomac. Sa longueur est de0™™,7.
La texture du saccule, le mode de terminaison des nerfs qu'il reçoit, et son contenu rappellent de tous points ce qui s'observe dans l'utricule.
2° La portion membraneuse du limaçon (1) est constituée par un canal membraneux, appelé canal cochléaire {portion molle de la lame spirale des aiiteurs) et qui s'étend
dans toute la longueur du bord externeou convexe de la lame spirale. Ce canal naît
(Fif. 340) (").
Ta a
Son cûl.
Texture.
Canal cochléaire.
(') Portion de la paroi de l'utricule, garnie d'otolilhes.
(*•) Labjrinihe o-scux gauche, dont le vestiliule est ouvert par la face externe, pour montrer les parties du labyrinthe membraneux qu'il renferme. - U, utricule. — S, saccule. — Cr, col du saccule. — De, canal ci.chléaire. — U. lame spirale. — Su, rampe -vestibulaire. — vaa, extnMiiilii anipullaire du canal demi-circulaire vertical antérieur. — lia, extrémité ampullaire du conni horizontal. — A, extrémité non ampullaire de ce canal. — vpa. extrémité ampullaire du canal vertical postérieur. — *, rameau du nerf cochléaire, qui pénètre daus le vestibule par la quatrième tache criblée.
(l) Tous les détails relatifs à celle partie de l'oreille interne seul exlralts du Traité d'à-
SPLANCIINOLOGIE.
Sa forme.
Ses parois.
Bordure de la lame spirale.
par un cul-de-sac logé dans la fossette cocliléaire du vestibule, et qui dépasse un peu le col du saccule, parcourt toute la longueur du canal du limaçon, en diminuant peu à peu de calibre, et se termine par un autre cul-de-sac, plus étroit
que le premier, au sommet du limaçon. Fixé d'une part à la lame spirale, d'autre part à la paroi externe de la lame des contours, le canal cochléaire a la forme d'un prisme triangulaire recourbé. De ses trois 'parois, deux {v et 6), qui lui appartiennent en propre, sont planes, et se détachent du bord externe de la lame spirale ; la troisième (e.\ concave en dedans, est confondue avec le périoste qui tapisse la portion de la lame des contours comprise entre les bords externes des deux premières. Celles-ci sont, l'une (b), inférieure, tournée vers la rampe tympanique : elle porte le nom de membrane basilaire et présente la même direction que la lame spirale, qu'elle semble prolonger en dehors; l'autre, supérieure (v), qui limite la rampe vestibulaire et forme avec la membrane basilaire un angle aigu, qui va en diminuant à mesure qu'on se rapproche du sommet du limaçon. A l'union de la membrane basilaire avec la paroi externe de la lame des contours^ se voit une saillie considératfle qui a été nommée ligament spiral {Lsp).
Surle bord externe delà lame spirale, en dehors de la ligne d'origine de la paroi vestibulaire du canal cochléaire, faisant saillie, par conséquent, dans ce canal, se
fixe une bandeletic (Fig- 5*-) l )• molle, appelée 6o?'(iu/ e
de la lame spirale limbus [Lis) {zone moyenne de BreschetjSone cartilagi neuseàe Huschke); on peut la considérer en quelque sorte comme un épaississement du périoste qui tapisse la face supérieure de cette lame , épaississement qui va en augmentant vers le bord libre de la bandelette, creusé en
(♦) Section transversale d'un tour de spire pris sur un limaçon ramolli dans l'acide clilorhydriquc. — L«, lame spirale.— Ll.i, bordure de la lame spirale. — Su, rampe vestibulaire. — S/, rampi; tympanique.
— De, canal cocliléaire. — Lsp, ligament spiral. — u, membrane vestibulaire. — e, paroi externe du canal cochléaire. — bourrelet de cette paroi. Les lignes ponctuées figurent des sections de la membrane de revêtement et des biitonuots auditifs.
(*•) Section à travers le bord de la lame spirale.— Lu, lèvre vestibulaire. - Ll, lèvre tympanique. — S»p. gouttière spirale. — v, membrane vestibulaire. — 6, membrane basilaire. — ', fibres nerveuses.
— vaisseau spiral.
latomie systématique de Ileiile, dont la description est un modèle de clarté cl de précision.
ORGANES DE L OUÏE
biliaire.
(Fis. 543) (•).
: gouttière {gouttière spirale, Ssp, fig. S42) et présentant deux lèvres, l'une supérieure ou vestibiilaire (Lv), l'autre Inférieure ou tympanique {ht), la première libre, extrêmement tranchante et divisée en dents ; la seconde, plus saillante dans le canal cochléaire, et se continuant avec la membrane basilaire. Les dimensions de la bordure de la lame spirale vont en diminuant vers le sommet du limaçon ; sa largeur est de O'"'°,2o dans le premier tour, et se réduit à 0"",1 2 ivers la fin du troisième.
La lèvre veslibulaire de la bordure, ainsi que sa face supérieure, est garnie de ^èvre vesiisaillies allongées, en forme de papilles (/î^'. 543, t),pluslargesà leur extrémité libre, : qui est arrondie et mesure 0""',0I de diamètre, qu'à leur base d'implantation.
Les papilles augmentent de hauteur vers le bord libre de la bordure, où elles ont 0""",02 ; en même temps elles s'inclinent graduellement vers la face supérieure de la bordure, et finissent par ; lui devenir parallèles, de •sorte que c'est leur ex- : trémité libre qui constitue I le bord de la lèvre vesti-
\ bulaire. Enfin elles s'apla- i
I tissent peu à peu de haut en bas, et prennent la forme de bandelettes quadrangulairesou de dents, d'où le nom de dents auditives (fig. 343, 2; /îy. b44, \), qui leur a été donné par
: Huschke {dents de la première série, Corti). Coupées carrément à leur bord li-
lbre,lesdents auditives sont
I très -régulièrement dispensées sur toute la longueur
'de la bordure, excepté à
json extrémité supérieure,
loù elles se raccourcissent graduellement et disparaissent. Leur longueur
'•est deO°"",03,leurlargftur, de. 0'""',0t2. Leur nombre
Inlal, calculé pour une longueur de 30 millimètres, à laquelle on estime la bor-
(Fig. 544) (••).
Dents auditiTes.
C) Aspect de la goutlicn; spirale vue par la face supérieure. — 1, papilles. — 2, dents de la Inïro VMtibulaire. — 3, bord de la lèvre lympanique. — 4, zone interne de la membrane basilaire. — 5, zone externe — * — . *', restes de l'insertion citerne et interne des bâtonnets auditifs.
\") Bordure de la lame spirale ot fond de la gouttière spirale, vus par la face suptirieurc. — t, dents de la lèvre veslibulaire. — 2, faisceaux nerveux. — 3, épithMium qui les recouvre.
SPLANCIINOLOGIE.
l.cvrc lympauique.
dure, serait de 2,500. Les fenics qui séparent les bords latéraux des dents auditives, plus larges près de la base d'implantation de ces dernières, et les intervalles des papilles sont remplis de petils corpuscules brillants, très-serrés (As- aU), dont la signification n'est pas encore nettement établie. Un épithéHum pavimenteux îi
larges cellules (^.34 1, 3), qui se continue avec le revêtement interne du canal cochléaire , couvre la face supérieure de la lèvre tympanique.
La lèvre tympanique {fig. 5 i2, Lt) est formée de deux feuillets membraneux très-minces, entre lesquels cheminent les faisceaux nerveux qui émergent de la lame spirale et qui se réunissent en dehors pour former un bord tranchant,d'où part la membrane basilaire. Le feuillet supérieur est perforé, dans sa portion périphérique, d'une série régulière d'ouvertures ou plutôt de canaux obliques {fig. 545, 2'), que traversent ces faisceaux nerveux pour pénétrer dans le canal cochléaire, où nous les suivrons plus tard. Membrane La paroi OU membrane vestibuMre du canal cochléaire (fîg. 54 1 , v), extrêmement Testibuiaire. mince et délicate chez l'a-
dulte {0™'",005 d'épaisseur), se voit rarement sur les préparations autrement que par lambeaux (5 48, v). Elle n'est point formée de fibres, mais on y trouve quelques noyaux elhptiques, aplatis, ainsi que des réseaux de capillaires sanguins à larges mailles, établissant une communication entre les vaisseaux de la lame spirale et ceux de la paroi externe de la lame des contours. A sa face interne, on rencontre un épithèliiim simple, à petites cellules.
La membrane basilaire {fig.
Menibrnnc , j i i oea
basilaire. 541,54?, b), continuation delà lèvre tympanique, augmente de largeur de la uase au sommet du limaçon. Sa lanjevr est donc en raison inverse de celle de la lame spirale et de la bordure; elle est, chez le nouveau-né, de C»"',!' au milieu du premier tour de spire du limaçon, de 0°"",3 à la fin de ce tour, de 0"'",45 à la fio
(♦) Préparation prise dans le premier tour de spire du limaçon du chat. — I, dcnls audilivcs. — 2. feuillet supérieur de la lèvre tympanique, auquel adhèrent encore quelques faisceaux nerveux. — 2 , trous de ce feuillet. — 3, région des bâtonnets internes recouverts d'une substance grenue. — 4, extrémités
-iptinilaircs. — S, bAtonnets externes. . , - , \ „^^„T,t
Membrane basilaire du mouton.- A, sur une section transversale. - B, de face - Up, lipament spiral. — L<, Icvrc tymp! ni()uc, avec ses faisceaux nerveux terminaux. — 7,i, Z^, zones interne et cxtcrnr. — vaisseau spiral.
ORGANES DE l'oUÏE.
du deuxième tour, et de 0™™,o au niveau du crochet de la lame spirale (Ilensen).
La membrane basilaire peut se diviser en deux zones ; sur lazone interne (/î^. 543, 4 ; 546, B, Zi; 5o4, B, b) reposent, par leurs deux extrémités, une série simple de petits corps allongés, arqués, bâtonnets auditifs, dont la portion moyenne s'élève en forme de voûte ou de toit au-dessus de cette membcane. La largeur de cette zone, égale à la corde qui sous-tend l'arc décrit par les bâtonnets, est la môme dans tout
(Fig. 547) (♦).
le limaçon (0°"°,0lo). La zone externe {fig. 543, 5 ; 546, Ze), par ses variations de largeur, détermine donc seule celles de la membrane basilaire ; elle peut atteindre 0'°",3 et plus.
Outre Vépithélium qui garnit sa surface, et qui est le même que dans le reste du canal cochléaire, la membrane basilaire se compose de deux couches : 1 ° d'une membrane amorphe, continuation du feuillet supérieur de la lèvre tympaniquo, plus épaisse en dehors qu'en dedans, et couverte à sa surface tympanique, chez les animaux adultes, de petites verrues hémisphériques, analogues à celles qui, dans l'œil, garnissent la périphérie de la membrane de Demours; 2° d'une couche simple de fibres serrées, rectilignes, à direction radiée, qui couvrent la face vcstibulaire de la membrane amorphe {fig. 54:i).
Sur la face tympanique de la membrane basilaire, on observe, au niveau de la zone interne, un vaisseau {vas spirale {fig. oW, B, *; 547, 3') entouré d'une gaine de tissu conjonctif; un autre faisceau du mûmc tissu se trouve près du ligament spiral (4'', de sorte que la zone externe de la membrane amorphe est seule à nu sur cette face.
Le ligament spiral {Lsp, fig. 542, 547, A), qui unit la membrane basilaire à la paroi externe de la lame des contours, est une sorte de bourrelet triangulaire,
(') Paroi iiif -rieure du canal cochlt-aire d'un limaçon d'enfant conserve! dans l'acide cliromique ; la préparation est vue par sa face inférieure. — 1, lamelle osseuse de la lame spirale. — 2, lèvre tympanique et faisceaux nerveux terminaux. — 3, faisceaux spiraux de tissu conjonctif sous-jacents à la zone interne de la membrane basilaire. — 3', vaisseau spiral. — 4, zoue externe de la membrane basilaire, — 4', faisceau spiral de tissu conjonctif. — S, ligament spiral.
Sa structure.
Vaisseau spiral.
Ligament spiral.
(Fig. 548) (•),
Strie vasculaire.
Membrane de reTêtement.
formé do tissu fibreux, sur la face supérieure duquel se prolonge un peu le feuillet amorphe de la membrane basilaire. Les fibres dont il se compose sont analogues à celles du périoste et entremêlées de noyaux; elles convergent toutes vers l'angle interne du ligament.
A 0'"°',2 au-dessus de l'inseption de la membrane basilaire, la paroi externe du
canal cochléaire présente un autre bourrelet ifiq. o48, *\ de 0™°,08 dehauteur,qui s'étend dans toute la longueur de cette paroi. A ce niveau, et dans toute la portion de la lame des con tours qui concourt à former le canal cochléaire, le périoste constitue une couche spéciale, qui se distingue du reste par son épaisseur et par sa ( ouleur jaune - rou- Lieâtre ou brunâtre.
Celle couleur est due aux nombreux vaisseaux de cette région (d'où le nom de strie vascuIairei^Stv], que lui adonnéCorti), et à de petites cellules polygonales, remplies de granulations pigmentaires jaunes, qui entrent dans sa constitution.
Entre le ligament spiral et le bourrelet dont il vient d'tHrc question, se voit l'insertion de la membrane de revétemei}t (membrana tecloria, t), qui dclils'étendîllalùvrc
vcstibulairc de la bordure de la lame spirale, immédiatement en dehors de
n Section à travers la paroi externe du canal cochliiaii c. mSparalion |irovenant d'un limaçon de chat ramolli dans l'acide chlorhydriquo. - n^ canal cochlénire. - S«. rampe vestibulaire. - ^'''/""'P» 'î-^^ paniqne. - U». liL-amcnt spiral. - Sla, sirie vasculaire. - X»v, angle Tesl.bulaire. - «. "'^""^^/"^ vSuîaire.- n^mbranc de revùlement.- *, membrane basilaire. - bourrelet de la parc, externe du canal cochléaire.
ORGANES DE L OUÏE
roriginê de la paroi vestibulaire du canal cochléaire. Parallèle à la membrane basilaire, elle divise le canal cochléaire en deux chambres, Tune supérieure, rempUe d'endoljTnphe, l'autre inférieure, qui contient un organe extrêmement compliqué, auquel Ilenle a donné le nom d'appareil auditif terminal, ha membrane de revêtement est ^pj^ ^^g^
très-mince, mais néanmoins assez résistante, rigide et élastique. Au niveau de son bord externe, elle se dédouble pour loger un canal très-étroit, renfermant peut-être un vaisseau sanguin.
La membrane de revêtement peut être divisée en trois zones ifig. 549) : la'plus interne (I), qui couvre la lèvre vestibulaire, est une membrane amorphe, percée de nombreux trous plus ou moins larges, mais dont le diamètre répond assez bien aux saillies verru-
queuses de cette lèvre, qui semblent y proéminer; cette zone se continue insensiblement avec la zone moyenne. Celle-ci (2), la plus considérable et la plus épaisse, est formée de plusieurs couches de fibres onduleuses, parallèles entre elles dans chaque couche, mais entre-croisées à angle aigu dans les diverses couches, et toutes étendues obliquement de dedans en dehors. La zo7ie externe {3}, enfin, nettement séparée de la zone moyenne, est constituée par un réseau très-fin et très-délicat, à mailles allongées dans le sens de l'axe du canal cochléaire. appareil auditif terminal se compose des parties suivantes :
1» Des bâtonnets auditifs;
2° D'une membrane fenétrée ;
3° De cellules à noyau, de forme variée ;
4° De fibres, dont la nature est encore incertaine.
1» Les bâtonnets auditifs {bacilli acustici ; dents de la deuxième rangée, Corti ; fibres deCorti, Kœlliker) forment la portion la plus remarquable, sinon la plus importante au point de vue physiologique, de l'appareil auditif terminal. Ce sont des corpuscules allongés qui, par leur disposition régulière dans toute la longueur du canal cochléaire et par leurs connexions intimes avec les extrémités terminales du nerf acoustique, rappellent de prime abord les cordes, les marteaux ou les touches d'un piano, et portent à croire que ce sont leurs vibrations qui, transmises à l'encéphale, nous donnent les notions de so/is. Les bâtonnets auditifs forment deux séries, l'une interne, l'autre externe, qui ne concordent pas entre elles, soit pour le nombre, soit pour la forme des éléments dont elles se composent. Articulées ensemble par une de leurs extrémités, qui s'élève au-dessus de la membrane basilaire, les bâtonnets internes et les bâtonnets externes sont fixés sur celte membrane par l'autre extrémité, qu'on peut appeler l'inférieure, ou le pied du bâtonnet.
Appareil auditif terminal.
liàtonnuts auditifs.
(•) Portion de la membrane do revêtement, vue ric fnce.
SPLANCHNOLOGIE.
Iiâtonnets internes.
Bâtonnets externes.
Les bâtonnets internes présentent deux variétés de forme : les uns sont aplatis perpendiculairement à la surface de la membrane basilaire; leur section trans-
(Fig.sso) (*). "^^^^^^ elliptique; ils se
touchent par leurs bords et forment par leur réunion une paroi plane. Les autres sont cylindriques et ne s'élargissent qu'à leurs deux extrémités; en se juxtaposant ils laissent entre eux des intervalles plus ou moins larges. Les bâtonnets internes sont recourbés en S; la courbure interne est à concavité supérieure, la courbure externe à concavité inférieure.
Les bâtonnets externes ont une forme beaucoup plus constante que les bâtonnets internes, et sont toujours cylindriques. Moins nombreux que ces derniers (il y a généralement 12 bâtonnets internes pour 7 à 8 externes), ils sont séparés les uns des autres par des espaces plus larges. Leur trajet est onduleux: tantôt ils sont
simplement recour- ^^'S- bés en S {fig. 5d1, e),
et tantôt ils présentent plusieurs courbures alternatives, ou môme ils sont enroulés en anneau {/ig. b52, 554, B).
La longueur des bâtonnets des deux séries n'est pas la mt5me; toujours les internes sont plus courts que les externes : ces derniers, complètement redressés, atteignent jusqu'à 0™™,06, chez le mouton.
Les bâtonnets sont formés d'une substance ferme, élastique, d'une consistance voisine de celle du cartilage; ils sont difficiles à aplatir, à redresser, et sont réfractaircs aux réactifs : ainsi on les trouve parfaitement intacts sur des préparations qui ont séjourné un ou deux jours dans l'acide chlorhydrique dilué.
C) Appareil auditif terminal du mouton; préparation provenant du premier tour de spire d'un limaçon ramolli dans l'acide chlorhydrique , vue par la face inférieure. — i, bâtonnets internes. — *, leurs surfaces terminales. — f, bâtonnets externes, détachés de la membrane basilaires et renversés. — r, membrane r.iticuléc. — 3, cellules internes de la voûte. — 4. cellules externes de la voiilc.
{*•) Membrane basilaire (6) et bâtonnets auditifs du mouton ; pièce traitée par l'acide chromiquc — n, faisceaui nerveux terminaux. — 7, bâtonnets internes. — e, bâtonnets externes. — fr, membrane bn<!ilaire.
ORGANES DE l'oUÏE.
Eq s'unissant entre eux par leur extrémité supérieure, les bâtonnets externes
' les internes forment une espèce de voûte ou de toit, qui couvre la zone interne de
la membrane basilaire ; la crête de ce toit, qui répond à l'articulation des bâtonnets des deux séries, est plus rapprochée du bord interne que du bord
< externe de cette zone {fig. 554).
L'exirémité inférieure des bâtonnets internes se trouve immédiatement en
. dehors des trous de la lèvre tympanique et des plus fines ramifications des faisceaux nerveux {fig. 551); elle est simplement arrondie pour les bâtonnets plats, plus large et plus volumineuse que le corps du bâtonnet pour les bâtonnets cylindriques. Le bord tourné vers la columelle est coupé carrément {fig. 552); quelquefois cependant il est allongé en pointe {fig. 552). Dansle premier cas, la portion fivée sur la membrane basilaire a la forme d'une lame triangulaire qui se continue en dehors avec le corps du bâtonnet. La surface de cette lame est inégale, quelquefois striée.
Vextrémité inférieure des bâtonnets externes a la forme d'un cône aplati latéralement, et se réunit à angle avec le corps du bâtonnet. En se détachant de la membrane basilaire, sur laquelle cette extrémité est fixée, elle semble obéir à une force de ressort. Deiters veut qu'elle soit creuse; cette opinion demande confirmation. Souvent l'extrémité inférieure des bâtonnets externes renferme un noyau distinct {fig. 550);' son bord externe est large, coupé carrément ; sa surface est gaufrée, ou striée parallèlement aux bords, et comme divisée en fibres, qui semblent se continuer avec la couche fibreuse de la membrane basilaire.
• Les extrémités supéineures des bâtonnets s'unissent à celles de la série opposée. Dans la série interne, ce sont des parallélipipèdes recourbés, dont la face interne est convexe, les faces supérieure, externe et inférieure, concaves {fig. 555, A). — r.ellcs des bâtonnets externes ont été comparées par Deiters à un bateau, dont la
Extrémités inférieures
des bâtoiioets.
Extrémités supérieures des l)àtonuel».
(') Appareil auditiT terminal du mouton, extrait d'un llmaçou ramolli dans l'acide chlorhydriquc. — i, bâtonnets internes. — e, tiâtonnets externes. — i, cellules externes de la Toùte.
(•') Fragment de l'appareil auditif terminal du chat. — t, extrémités externes des bâtonnets internea. — e, bâtonnets externes. — 3 .cellules externes de la voûte. — cellules épithMialcs.
SPLANCIINOLOGIE.
quille serait tournée en dedans, l'éperon en bas et en dehors, se continuant avec le corps du bâtonnet.
Quant au mode d'union des bûtonnels, l'interne présente une sorte de cavité colyloïde, qui reçoit la tête formée par l'extrémité articulaire de l'externe. Le tout
:Fig. 554) n
Membrane réliciilée.
(Fig. 555) (").
est recouvert d'une lame quadrangulaire {ftg. oo4, A, B, f ), qui se continue avec l'extrémité articulaire interne. Chacune de ces lames présente, à l'une des extrémités de son bord interne, un prolongement en pointe, qui avec un prolongement semblable appartenant à la lame voisine, limite une échancrure servant
à loger une cellule sphérique (355, 3) ; le bord externe de ces lames est uni à la membrane réticulée.
2° Cette membrane (laminareiiciilaris cochleœ, Kœlliker) naît de l'articulation des bâtonnets et s'étend parallèlement à la membrane basilaire, pour se fixer à la paroi externe de la lame des contours; elle semble jouer le rûle d'un ligament destiné à maintenir les bâtonnets dans leur position.
La membrane réticulée se compose d'un réseau de tibres hyalines très-fines, circonscri- ^ant de larges mailles quadrangulaires ou arrondies, Irès-réguliôres, disposées en trois séries alternes. Les fibres sont unies, en dedans, aux lames des extrémités articulaires des bâtonnets internes, qu'elles égalent en nombre et avec le bord externe
(*) \, bâtonnet interne et bâtonnet externe articulés ensemble et vus de profil. — B, membrane basilaire [b) avec les Taisceaux nerveux terminaux [n) et les bitonnels interne et externe (i, e). — 1, cellule interne du plancher. — 2, cellule cxt -ruc du plancher. — i'; insertions des cellules de la voùtr. — '% «!p'lliélium.
("•) Appareil auditif terminal du mouton; pri'paration provenant du pren^ier lour de spire d'un limaçon ramolli dans l'acide chlorhydrif|ue, vu pur la lace supérieure. - t, bâtonnets intcrnos. — f, bâtonnets pxinrnes. — 3, cellules internes de la voûte, — 4, cellules externes de la Toute. — r, membrane n^liculcé.
ORGANES DE l'oLÏE.
desquelles elles forment des mailles quadrangulaires, qui parfois se confondent avec les mailles de la première série appartenant à la membrane réticulée, par suite de la disparition de la trabécule transversale intermédiaire {fig. bSï, r'j. Le bord externe des mailles de la troisième série est situé directement au-dessus du pied des bâtonnets externes. Des points d'union des fibres qui forment ces mailles partent des trabécules que presque toujours on trouve arrachées sur les préparations et renversées en haut (r") ; il y a là un tissu fibreux qui sert de soutien aux cellules de cette région.
D'autres fois les fibres de la membrane réticulée sont plus fines, et les mailles qu'elles circonscrivent, plus étroites et comblées par des pellicules très-minces, ;ï l'exception toutefois des trois séries de mailles indiquées ci-dessus, et qui présentent leur disposition habituelle {(ig. 350, r). Suivant Deiters, ces mailles rondes sont elles-mêmes divisées quelquefois par une trabécule transversale {fig. 5b0, r,*) .
Les fibres de la lame réticulée sont réfractaires aux réactifs chimiques, comme les bâtonnets.
3° Les éléments celluleux de l'organe terminal de l'ouïe présentent de grandes cellules, dissemblances, et sont difficiles à caractériser d'une manière bien nette. Tous renferment un noyau. Les uns ont la forme et la disposition des cellules épiihéliales ; les autres, qu'on pourrait être porté à ranger parmi les cellules ganglionnaires, se distinguent cependant de ces dernières par leur contenu limpide, non granuleux, par leur inaltérabilité sous l'influence des acides, quelquefois aussi par leur forme allongée et par les cils qui garnissent leur surface.
a) Cellules épithéliales. On peut comprendre sous cette dénomination toutes ceiiuies les cellules qui sont disposées en couche simple ou multiple sur les parois de la '^p'"'^'"''''' chambre inférieure du canal cochléaire. Elles sont polygonales, et renferment
un noyau aplati, arrondi, nettement limité. On rencontre cet épithélium, simple chez l'adulte, à la surface des faisceaux nerveux étendus sur la lèvre lympanique ; les cellules y sont aplaties, hexagonales, et allongées dans la direction des rayons (^gf. 544, 3) ; on ne peut pas le suivre au delà des extrémités internes des bâtonnets internes. — La surface interne de la membrane basilaire est recouverte, chez le nouveau-né, d'un épithélium continu, qui se compose, dansla zoneinterne, d'une simple couche de petites cellules hexagonales régulières, dansla zone externe, de plusieurs couches de grosses cellules. Ces dernières seules se conservent normalement chez l'adulte; elles augmentent de volume de dedans en dehors et atteignentprèsdela paroi du limaçon un diamètre de 0""",^S {fig. 533 et 556,**).
b) . Cellules non épithéliales. Il y a lieu de distinguer, d'après leur siège, t" celles cellules du plancher, reposant sur la zone de la membrane basilaire que circonscrivent les bâtonnets : les unes sont internes, les autres externes. Ce sont des corpuscules sphériques très-petits, occupant l'angle aigu que forme le pied des bâtonnets
avec la membrane basilaire {fig. 554, B, i, 2). Kœlliker les considère comme des noyaux appartenant au'x bâtonnets eux-mêmes. 2° Celles de la voûte, situées sur celiuk-s la face convexe de la voûte que représentent les bâtonnets. Elles doivent être deinvoiitc distinguées en internes et en externes, suivant qu'elles reposent sur l'une ou sur l'autre série de bâtonnets.
Les cellules internes de la voûte (cellules ciliées internes, Kœlliker) forment lutomca. line série simple qui se trouve au bord interne des extrémités articulaires internes, et remplissent les échancrures de ce bord, limitées par les prolongements en pointe dont il a été question. Elles ont 0""",0i2 de diamètre et une forme conique {fig. m); leur face terminale, ou base du cône, tournée en II. «6
non épithéliales
SPLANCHNOLOGIE.
haut ifig. 5S0, 535, 3), porte un pinceau de pot/s rigides, immobiles, de 0""»,007 de longueur, qui vus par la face supérieure, donnent à la cellule une apparence
Cellules externes <le la vuùtc.
Supérieures.
(Fig. S56) (*),
finement granulée {fig. 533, 3). Le sommet du cône, ou l'exlrémité pomtue de la cellule, se perd dans l'épithélium de la lèvre tympanique. — Outre ces cellules, Deiters en décrit d'autres, plus petites, qui sont arrondies ou fusiformes et qui s'anastomosent entre elles pour former un réseau plus ou moms serré sur les bâtonnets internes. - Henle a rencontré également de ces cellules au-dessous des cellules cylindriques {fig. 550, 3'). Les cellules externes de la voûte correspondent en partie aux cellules mternes ;
mais au lieu de former une 'Fig- S57) {",. série simple, elles sont dis-
posées en triples séries. Les séries supérieures {cellules ciliées externes de Kœllikcr) sont, comme les internes, cylindriques ou coniques, à pointe dirigée en bas, el pourvues de cils à leur face libre; mais elles ont des dimensions un peu moindres {fig. 557, 4). Les trois séries de cellules se recouvrent comme les tuiles d'un toit; elles occupent les trois séries de trous ronds de la membrane réticulée {firj. 550, 4) et sont si bien fixées au pourtour de ces trous que leur paroi supérieure y reste souvent adhérente quand on cherche il les en extraire. Vues a'en haut, elles paraissent sphériques; le noyau occupe leur partie centrale on une de leurs extrémités. Leur extrémité inférieure, sur les cellules isolée?,
(•) Tirée du premier tour de spire d'un limaçon de mouton traité par l'acide chlorhydrique. - 4. cellules externes de la voûte. - épithélium de la zone externe de la membrane basila.rc.
(••) Pn'paration tirée d'un limaçon de mouton traité par lacide chlorhydrique.- -, bâtonnets in>w°^ - e, bâtonnets externes. - 3, cellules internes de la voûte. - 4, cellules externes de la voutc. - . , « . trémités articulaires des bâtonnets.
ORGANES DE l'oUÏE.
est comme arrachée irrégulièrement; quelquefois cependant elle est arrondie.
Une deuxième sàne triple de celhdes extemes de la voûte, qu'on peut appeler inférieure {cellules de Beiters, Kœlliker) est composée d'éléments fusiformes. Leur grand diamètre est parallèle à l'axe des bâtonnets ; leur diamètre transversal, au niveau de la portion renflée, est supérieur à celui des cellules de la première série, mais diminue irrégulièrement vers leurs deux pointes {fig. îiSS, y), qui se prolongent chacune en un long filament très-mince. Le filament supérieur va se fixer à la lame réticulée, l'inférieur s'unit à un filament semblable qui provient de l'extrémité inférieure de la cellule externe supérieure placée audessus, et de cette union résulte une sorte de pédicule commun (Deiters) ; celui-ci descend graduellement vers la membrane basilaire, et se termine par un renflement triangulaire, qui se fixe sur cette membrane. Aux trois séries de pédicules communs répondent des séries d'insertions sur la membrane basilaire, et ces insertions, qui sont alternes comme les trous de la membrane réticulée, se font en dehors des insertions des bâtonnets externes; après l'arrachement des pédicules, elles sont marquées par des taches foncées {fig. 5b2, B, 4').
Les filaments et pédicules communs des cellules présentent l'apparence et les caractères chimiques des fibres de la membrane réticulée, et n'ont aucune tendance à devenir variqueux. Deiters compare leurs insertions triangulaires à celles des fibres radiées de la rétine sur la membrane limitante.
40 Fibres. Nous avons suivi les fibres nerveuses émergeant du bord de la lame spirale jusqu'aux canaux de la lèvre tympanique, qu'elles traversent. Mais que deviennent-elles ensuite? C'est ce qu'il est impossible de dire. Kœlliker et Bœttcher avaient pensé un instant que chaque fibre nerveuse va se rendre à un ou plusieurs bâtonnets; mais ils ont reconnu eux-mêmes qu'il n'en est point ainsi. Ce qui est certain, c'est que, si ces fibres s'avancent plus loin dans le canal cochléaire, ce n'est que sous la forme de filaments plus fins et plus pâles que ceux qui. occupent les canaux de la lèvre tympanique. C'est sous cette forme, en effet, que M. Schultze et Deiters ont décrit les terminaisons du nerf auditif, qu'ils ont trouvées parfois variqueuses. Suivant Deiters, au sortir de canaux de la lèvre tympanique, les fibres nerveuses prennent deux directions différentes : i" un certain nombre d'entre elles conservent leur direction perpendiculaire à l'axe du limaçon, les autres deviennent parallèles à l'axe du canal cochléaire, c'est-à-dire, prennent une direction spirale. Dans le premier groupe, les unes passent sous la voûte formée par les bâtonnets, s'appliquant soit à leur surface inférieure, soit sur la membrane basilaire {ftg. 558, p) et passent généralement dans le système des fibres spirales; les autres cheminent d'abord sur la face supérieure des bâtonnets externes {fig. 5o8, q) et finissent probablement par jiasser également au-dessous d'eux. Les fibres spirales cheminent en faisceaux distincts au-dessous des bâtonnets ; un premier faisceau {g) se voit sous la partie moyenne des bâtonnets externes; un deuxième (/i) correspond aux articulations des bâtonnets; un troisième (i), moins constant, à la face interne des bâtonnets externes, un peu au-dessus de leur pied ; un quatrième (/£)> à. la face interne des pédicules communs. Les fibres spirales semblent diminuer graduellement vers le sommet du limaçon. Elles ne sont pas appliquées directement sur la membrane basilaire ; elles se trouvent un peu au-dessus d'elle, et fixées aux bâiounets et fibres de l'appareil auditif terminal, auxquels elles restent généralement accolées.
Deiters présume que les fibres nerveuses entrent en connexion, au pied des
716 SPLANCHNOLOGIE.
bcltonnets, avec les cellules du plancher qui s'y rencontrent, et Kœlliker espère que des recherches ultérieures établiront l'existence de connexions
(KiR. 558) (•).
entre les fibres nerveuses et les extrémités inférieures des cellules externes supérieures de la voûte. Ces connexions sont regardées comme très-probables par M. Schultze.
PÉRIOSTE DU LABYRINTHE.
Toute la surface interne du labyrinthe osseux est tapissée d'un périoste fort mince, excepté la portion de la lame des contours qui concourt à former la paroi externe du canal cochléaire, où cette membrane prend une certaine épaisseur. Du vestibule, où il recouvre la fenêtre ovale et la base de l'étricr, le périoste passe dans les canaux demi-circulaires et dans la rampe vestipulaire du limaçon, d'où il s'étend, à travers l'hélicotrùme, dans la rampe tympanique et sur la fenêtre ronde ; il envoie également des diverticules dans les
(•) Knsemblc schémaliqiie do l'appareil auditif terminal. — a. dents de la lèvre vcstibulairc. — <5pithélium de la lèvre lympaniquc. — c, trous de celle lèvre. — d, bâtonnets internes. — e, bâtonnets citernes. - r, pédicules communs détachés de leur insertion. — g, h, i, k, k', premier a quatrième laisceau de rd)rc5 nerveuses spirales. — l. faisceaux radiés ascendants, qui se continuent avec P""" faisceau de fibres spirales. - m, cellules internes supérieures de la voûte. - ». cellules *P''''«''f'" " la membrane basilaire (d'après Dciters, cellules des pédicules communs). — o, système des libres (ic lier, des biUonnels, d'après Dciters. — p, libre nerveuse à direction radiée cheminant sur la ™<"n";^« basilaire. — q, fibre nerveuse cheminant sur la face supérieure des bâtonnets. - u, membrane basiiai . — I, cellules externes supérieures de la voûte. — y, cellules externes inférieures de la voûte.
ORGANES DE l'oUÏE. 717
deux aqueducs. Très-adhérent par sa face externe, le périoste du labyrinthe est lisse et brillant à sa face interne, mais non recouvert, d'après Henle, du moins
(Fig. 559) (•). (Fig. 560) (*').
chez l'adulte, d'un épithéliumpavimenteux, comme le veulent quelques auteurs. Dans le vestibule et les cananx demi-circulaires, il se détache, de sa face interne, de nombreux filaments qui se fixent, d'autre part, à la surface des parties membraneuses correspondantes et les maintiennent en place.
Le périoste du labyrinthe est formé de fibres conjonctives rigides, anastomosées entre elles, avec de nombreux noyaux aplatis, arrondis ou elliptiques, disposés quelquefois très-régulièrement. On y trouve, en outre, des cellules pigmentaires étoilées, en nombre variable, ainsi que des corpuscules sphériquesou piriforme ?(**) de nature calcaire. Ce périoste est très-vasculaire, surtout au niveau de la paroi externe du canal cochléaire.
NERF ADDITIF.
Nerf spécial de l'organe de l'ouïe, remarquable par sa mollesse, qui lui a fait donner le nom de portion molle de la septième paire, le nerf auditif naît, au moins Division on en partie, de la paroi antérieure du quatrième ventricule (V. JVéwo/of/ie). Par- '^p'fjggj""" venu au fond du conduit auditif interne, il se divise en deux branches : 1' une, nerf audilif. antérieure OU branche cochléenne, plus considérable, qui est destinée au limaçon et à son appendice vestibulaire, l'autre, postérieure, branche vestibulaire, qu se rend au vestibule et aux ampoules des canaux demi-circulaires.
1° La branche antérieure, cochlée7me ou limacienne {nervuscochlcœ), se contourne Branche en pas de vis, comme la portion du conduit auditif qui lui est destinée ; après avoir fourni un filet pour la fossette cochléenne (extrémité vestibulaire du canal cochléaire), et pour la 4" tache criblée (cloison entre les vésicules du vestibule), elle émet une série de filets nerveux qui s'accolent à la surface de la columelle, s'étaicsùr et s'étalent sur le premier tour de la cloison spirale, en rayonnant de la manière le premier la plus régulière, et, parvenus au voisinage du bord externe de la lame spirale, se îr ^me divisent en deux ou trois ramuscules, qui s'anastomosent entre eux, et forment spirale.
(*) Périoste du Inbyrinthe. — I, périoste.— 2, substance osseuse.— *, noyaux.— **, corpuscules calcaires. (") Périoste de la paroi externe du limaçon, trcs-prcs de l'insertion du canal cochléaire.
SrLANCIlNOLOGIE.
entre les deux feuillets de la lame spirale la portion membraneuse de cette lame. Le tronc du nerf pénètre dans l'axe du limaçon, à travers lesorifices dont est percée
line. 561 A) (*).
sabase, et s'élc'ive vers le sommet du limaçon, tandis que ses faisceaux externes se
réQécbissent successivement en debors pour s'engager également dans la lame spirale.
Les rameaux nerveux qui ne sont pas étalés sur le premier tour delà lame spirale, s'expriment à travers les trous de la columélle, et s'étalent sur le second tour, de la mûme manière que ceux du premier. Enfin les rameaux les plus élevés sortent par l'ouverture du sommet de la columcUe, cl se terminent de môme.
Au niveau du bord adhérent de la lame spirale, les fibres nerveuses sont inter-
(*) Section horizontale de la tête, passant par le labyrinthe; surface de section inférieure. — A. grandeur naturelle. — 1, section du sinus transversc. — 2, cellules tn jstoïdiennes. — 3, cartilage du pavillon de l'oreille — 4, sinus mastoïdien, ouvert par en haut. — a, cavité Ivmpaniquc. — 6, aqueduc de Fallope. — 7, section de la tète du marteau; en dedans d'elle, chemine la corde du tympan. — 8, limaçon.— 9 muscle' interne du marteau, coupé obliquement.— 10, sommet du lobe inférieur du cerveau. -1 1. canal earotidicu entamé. — 12, dure-mère. — 13, section transversale de la carotide interne. — J4. veine osseuse. - 15, section du ccrvdet. - 16, nerf auditif. - 17, vestibule. — IS, section du canal vertical antérieur. — 19, seclion du canal horizontal.
B, section du nerf acoustique et du limaçon, à un grossissement de 3 diamètres. - Ne, nerf cochieen. — Nu. nerf vcstibulairc. - Su, SI, rampe vcslibulairc et rampe tympanique du limaçon. — Ma, cclumelle. — De, canal cochléaire. — Lî, lame spirale.
ORGANES DE LOUÏE.
rompues dans leur trajet par des cellules nerveuses bipolaires, de 0-,03 de LTsueur svr 0-,02 de largeur, avec des noyaux de 0".",01 . Ces cellules consti-
(Fig. 562) (♦).
Lsp
tuent, par leur réunion, une bandclelle ganglionnaire, à laquelle on peut, avec Kœlliker, donner le nom de ganglion (Pi„ 563^
de Corii ou celui de ganglion spiral. Dans l'épaisseur de la lame spirale, les faisceaux nerveux sont aplatis, anastomosés entre eux, et présentent une direction générale rayonnée. Les plexus ainsi formés, d'abord à gros faisceaux et à larges mailles, deviennent très-serrés et plus fins dans la portion externe de la lame spirale, d'où ils s'engagent entre les deux feuillets de la lèvre tympanique.
Là ils se divisent en faisceaux distincts, séparés par des intervalles larges de 0°"",04 à O^^jOC; ces faisceaux, à leur tour,finissentparsesubdiviserentroisou quatre rameaux, dont la largeur répond à l'intervalle de deux trous de la lèvre tympanique, et dont le nombre total est exactement celui de ces trous et aussi, jusqu'à certain point, celui des dents de la lèvre vestibulaire. Ces rameaux, com- ^IT posés de fibres nerveuses très-lines, mais ayant encore les caractères des lubes à
(•) Distribution du nerf cochl«cn droit, vu de la base du limaçon; préparation provenant d'un labyrinthe ramolli dans laeide chlorhydrique. - 1, rameaux pénétrant par la lame tn,pltale~osseuse tronc péné.rant dans Taxe. - 3, plexus nerveux à larges u.ai les contenu dans a J'I^'^^;;,;"'!: - 4 plexus à mailles serr.Ses au bord de cette lame. - 1./, lèvre tympanique de la bordure spirale. 7. , zone interne de la membrane basilaire. - Z., zone externe - ^'P' ''8"'"^'\'j''''""„i,.,e . f„ce supé-
n Raminc.lions du nerf cochléen dans le canal spiral de l'axe et dans a lame ^-^^^/^^^^^^^^ rieure. - »g, bandelette ganglionnaire. - fibres ner-cuses a trajet spiral. - , vtme de la-portion supérieure du canal spiral. - 3, 4, comme dans la figure précédente.
SPLANCIINOLOGIE.
double contour, traversent les trous de la lèvre tympanique (fig. 564) pour pénétrer dans le canal cochléaire, où nous les avons étudiés précédemment. Branche 2" La branche postérieure ou vestibulaire {nervus vestibuU) du nerf acoustiauc
vestibulaire, , , ... iw « ^ i- . . . ^
présente, sur son trajet, un petit renflement ganglionnaire et se divise en trois
rameaux, dont le plus considérable se porte, (Fig. 564) (♦). avec le facial, dans la portion supérieure du
conduit auditif interne, se dirige vers la fossette postérieure et supérieure, pour se rendre à la tache criblée supérieure, et de là à l'ulricule et aux ampoules des canaux membraneux vertical supérieur et horizontal ; le rameau moyen ou nerf sacculaire, s'engage dans le petit groupe douverfures situé au-dessous de l'extrémité postérieure de la crôte horizontale, passe par la tache criblée moyenne pour se rendre au saccule ; le plus petit ou inférieur s'engage dans le foramen dngulare de Morgagni, parcourt le canal qui lui fait suite, arrive ainsi à la tache criblée inférieure et se termine à l'ampoule du canal vertical postérieur. Nous avons dit un mot plus haut du mode de terminaison de ces nerfs (voy. p. 70 i et 702). Les nerfs de l'utricule et du saccule se rendent exclusivement aux taches auditives. Les nerfs ampullaires se distribuent aux crêtes auditives des ampoules; avant de pénétrer dans l'épaisseur de ces crêtes, ils se bifurquent, et des branches de bifurcation part un pinceau de fibres divergentes, qui traversent la crête pour aboutir à la lamelle hyaline sous-épit4iéliale. Quelques observateurs ont même constaté que les tubes nerveux, réduits à l'état de simples cylindres d'axe, perforent cette lamelle, s'engagent dans l' épithélium, et se terminent par des cellules cihées spéciales.